enfants

  • Philomena

    Nous avons tous entendu parler du scandale des adoptions forcées en Irlande. Certaines personnes savent même que ces pratiques ne sont pas seulement irlandaises. Ce film parle de l'un de ces scandales. Philomena est une femme qui pleure la perte de son premier enfant qui aurait dû avoir 50 ans. Sa fille n'était au courant de rien ni personne d'autre d'ailleurs. Mais cette fois elle souhaite vraiment savoir ou se trouve son fils. Elle prend donc contact avec un ancien journaliste récemment expulsé de son travail à Downing Street, Sixsmith. Bien que les pistes irlandaises ne donnent rien il et elle continuent leur quête aux USA. Ce voyage leur permettra d'apprendre plusieurs choses sur le fils de Philomena et sur les raisons de l'adoption.

    On le sait, le début du XXe siècle ne fut pas le plus facile pour les personnes un peu marginales. De nombreuses institutions s'occupaient d'elles et pouvaient les enfermer plusieurs années sans se justifier. Mais ce film n'explore pas vraiment ce coté de l'histoire. Il préfère se concentrer sur la relation entre deux personnes: un journaliste et politicien désabusé et choqué par ce qu'il découvre et une femme qui tente seulement de retrouver son fils et non de trouver des coupables. Ainsi, les deux personnages interagissent selon des buts différents et des moyens différents. Alors que Sixsmith observe le récit comme un journaliste qui souhaite pointer du doigt des personnes Philomena cherche des informations. Les deux personnages sont magnifiquement joués par les deux personnes qui ont été choisies pour cela. Leur duo fonctionne parfaitement bien et c'est toujours un plaisir d'observer Judi Dench à l'écran.

    • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

    • Twilight.

    • Film de vacances.

    • Bon scénario.

    • Joss Whedon. Un film magnifiquement joué sur un thème qu'il aurait été facile de tourner vers le pathos. Le choix de ne pas expliquer le contexte mais d'observer deux personnes est, à mon avis, une magnifique idée.

    Image: Site officiel

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  • Enfants placés, enfances perdues sous la direction de Marco Leueuberger et Loretta Seglias

    Titre: Enfants placés, enfances perdues27000100166090L.gif
    Titre original: Versogt und vergessen. Ehemalige Verdingkinder erzählen
    Auteurs: sous la direction de Marco Leueuberger et Loretta Seglias
    Traducteur: François Schmitt
    Éditeur: Édition d'en bas 2009 (Rotpunktverlag 2008 édition originale)
    Pages: 283

    Durant la première moitié du XXe siècle il y eut de nombreux enfants placés en Suisse. Ces placements dépendaient de plusieurs facteurs, comme la pauvreté ou le divorce, et avaient le but de faire grandir l'enfant dans un environnement familial complet. Il faut entendre par complet la famille traditionnelle bourgeoise: un homme qui travaille, une femme qui s'occupe du ménage et les enfants. Mais de multiples abus ont été commis contre ces enfants. Ce livre a le but de les analyser et de les mettre en lumière. Quels sont ces abus? Le premier qui saute aux yeux concerne le travail. Ces enfants placés n'étaient plus considérés comme des enfants mais comme une force de travail corvéable sans limite. On leur donnait énormément de travail à accomplir sans prendre en compte leur âge. Cet abus peut être lié à un second problème qui était l'école et à la formation. En effet, ces enfants avaient souvent du mal à travailler pour l'école quand ils n'y étaient pas directement discriminés. Ceci pouvait aller plus loin puisque les tuteurs et les familles d’accueil pouvaient contester des décisions professionnels de ces enfants placés et les forcer à travailler pour eux ou d'autres familles. Enfin, et c'est probablement le problème le plus développé, ces enfants avaient surtout un manque affectif. On ne les traitait pas comme des membres de la famille mais comme des choses. On ne leur parlait pas forcément, on refusait qu'ils puissent contacter leur véritable famille et on les mettaient souvent à l'écart. Cependant, il existe des cas de placement heureux et la plupart des enfants qui ont témoignés dans ce livre ont pu réussir leur vie.

    Que penser de ce livre? Outre qu'il nous permet de connaître, en plongeant directement dans les souvenirs des acteurs concernés, une page sombre et oubliée de l'histoire Suisse il nous permet aussi de comprendre les raisons de ces abus. La raison principale est l'incapacité des autorités à surveiller les placements. Aucun effort réel n'était fait pour comprendre les enfants et vérifier leur état de santé. Une autre raison peut être vue dans l'idée commune de l'époque d'une forme d'hérédité de la pauvreté. Il fallait donc protéger ces enfants même contre eux-même. L'avantage de ce livre est qu'il nous donne un accès aux souvenirs des personnes placées tout en nous offrant des synthèses historiques à chaque début de chapitre. Mais on sait que l'histoire orale est souvent critiquée pour son manque, possible, d'objectivité. Les auteurs y répondent en écrivant un chapitre conclusif concernant la méthode. Bien que les analyses historiques soient courtes je dois donc dire que je trouve ce livre bien construit et complet. Du moins en ce qui concerne l'état actuel de la recherche. Il est, cependant, dommage que la traduction n'ait pas été mieux faites. On lit, par exemple, systématiquement "moins" à la place de "moyens". Ces fautes assez grossières nuisent considérablement à la lecture et au sérieux du travail présenté.

    Image: Le comptoir des presses d'universités