enquête historique

  • Le génocide voilé. Enquête historique par Tidiane N'Diaye

    Titre : Le génocide voilé. Enquête historique
    Auteur : Tidiane N'Diaye
    Éditeur : Folio 2008
    Pages : 311

    TW : Mentions de supplices

    Je me dois de l'exprimer immédiatement, je ne suis pas un grand connaisseur de l'histoire de l'esclavage. En dehors de connaissances scolaires, j'ai lu quelques livres mais rien qui ne me permette d'avoir une connaissance précise des faits et de leur interprétation. C'est la raison pour laquelle on m'a prêté ce livre, avec l'espoir personnel de mieux comprendre une partie spécifique de l'histoire de l'esclavage sur le continent africain.

    Ce livre se concentre sur la mise en esclavage des populations du continent africain par les arabes de confusion musulmane. L'auteur essaie d'en faire un bilan sur le long terme tout en s'intéressant aux sévices infligés. Ceux-ci conduisent l'auteur à considérer que l'esclavage est une forme de génocide puisque les personnes enlevées sont empêchées dans leur capacité de faire des enfants. De plus, l'auteur s'intéresse fortement à l'idéologie qui permet de justifier l'esclavage. Il mentionne, bien entendu, le Coran mais aussi la Bible. Cela lui permet de démontrer qu'il existe une hiérarchie entre les humain-e-s qui permet de justifier l'esclavage. Cette hiérarchie se base sur la "race" mais aussi sur la religion.

    Je suis emprunté dans ma présentation de ce livre. En effet, celui-ci nomme des crimes inhumains. Il met évidence un esclavage massif qui existe encore sous certaines formes. Mais l'auteur ne prouve ses propos que par de vagues références sans jamais nous donner les documents précis. Bien entendu, on peut se baser sur l'histoire oral. L'auteur le fait mais ne nous donne pas sa méthodologie. Mais ce qui me gêne le plus dans ce livre est son examen de l'occident. Il est connu et accepté que la traite atlantique est un crime. Dans ce livre l'auteur semble minimiser ce crime et marquer l'occident comme pourvoyeur de justice face à des musulmans criminels. Cela le conduit même à louer l'action de la Belgique au Congo ! À peine mentionne-t-il les raisons purement économiques derrière la lutte occidentale contre l'esclavage et la colonisation. Et jamais le livre ne mentionne ce qu'a permis l'occident dans les colonies. Cela me parait un manque important qui déséquilibre fortement ce livre et sa thèse.

    Image : Éditeur

  • L'inquisition. Enquête historique. France, XIIIe-XVe siècle par Didier le Fur

    Titre : L'inquisition. Enquête historique. France, XIIIe-XVe siècle
    Autrice : Didier le Fur
    Éditeur : Livre de poche 14 janvier 2015
    Pages : 183

    L'inquisition est une institution que l'on connait par de nombreuses adaptations sur l'époque médiévale. Elle est montrée comme un milieu sans pitié, ses membres seraient des adorateurs de la torture et des mises à mort. L'inquisition aurait mis en place un climat de terreur que seul l'arrivée des Lumières a permis de stopper. En somme, c'est l'un des aspects de la légende noir du Moyen-Âge. Ce petit livre propose de condenser les informations que l'on sur le fonctionnement de l'Inquisition afin de mieux comprendre de quelle manière elle a été mise en place, les raisons de son existence et surtout d'éviter les mythes pour mieux se rapprocher d'une réalité scientifique. Cet exercice de Didier le Fur prend moins de 200 pages et 3 parties. À cela il faut ajouter une introduction qui revient en partie sur l'historiographie ainsi que des annexes dans lesquelles on trouve une chronologie ainsi que les interrogatoires proposés par Bernard Gui.

    La première partie se concentre sur la mise en place de l'Inquisition. L'auteur y explique que le royaume de France, sur lequel il porte son attention, est considéré comme envahi par les hérésies. En effet, plusieurs groupements se constituent et critiques le fonctionnement de l’Église de Rome. L'auteur étudie les vaudois, il explique que ce groupe essaie de mettre en place une règle de vie mais son chef refuse les ordres du Pape ce qui conduit à une lutte contre ses fidèles. Ce qui pose problème est la possibilité des femmes et des laïcs de prêcher. Le second groupe est celui des Cathares. Il semble bien plus critique que les vaudois puisque le monde et l’Église sont qualifiés de création d'un dieu mauvais, suivant en cela une forme de manichéisme. Dans les deux cas, il a été nécessaire de mettre en place une procédure afin de lutter contre ces hérésies, bien que parfois certaines raisons politiques puissent expliquer les poursuites.

    Le fonctionnement de l'Inquisition est examiné dans la seconde partie. Didier le Fur est très clair et divise la procédure en différentes étapes, tout en explicitant en quoi l'Inquisition ne fonctionne pas selon les règles du droit de l'époque. En effet, la défense et les témoins ainsi que les preuves sont acceptées tant que l'inquisiteur les considère utiles. Didier le Fur explicite aussi le fonctionnement de la torture. Loin d'être utilisée largement elle doit suivre une procédure spécifique puisque les membres du clergé n'ont pas le droit de verser le sang. Ainsi, il est nécessaire de présenter les instruments, de commencer par le moins douloureux et surtout de s'arrêter dès qu'un aveu est obtenu. L'auteur explique que le seul but de la procédure est de recevoir cet aveu qui, dans les cas de torture, peut être récusé après 24 heures. Ce qui crée des problèmes pour les personnalités de l'époque qui hésitent entre recommencer la torture ou considérer la personne comme parjure. Suite à l'aveu, il est possible de lancer le jugement et de choisir une peine, celle-ci étant double : une peine ecclésiastique qui permet la repentance et une peine laïque.

    La troisième partie s'intéresse au lien entre inquisition et sorcellerie. En effet, l'auteur montre que l'Inquisition s'intéresse en grande partie aux hérésies, la sorcellerie n'est pas considérée comme un danger aussi sérieux. Cependant, le Pape Jean XXII au XIVème siècle ouvre la voie à une répression des personnes soupçonnées de sorcellerie. Le problème est lié à l'hérésie étant donné que la sorcellerie est conçue comme un pouvoir obtenu non pas de dieu mais du diable, en échange d'une adoration de ce dernier. Sans s'y intéresser d'une manière précise, l'auteur explicite les rapports entre la chrétienté et le diable. Il nous parle aussi de la mise en place du sabbat comme rituel spécifique aux sorcières. Mais il nous montre surtout de quelle manière la procédure est adaptée afin de prendre en compte cette nouvelle cible.

    Ce petit livre est intéressant pour les personnes qui s'intéressent aux hérésies et à l'Inquisition durant l'époque médiévale. Il est complet et permet de mieux comprendre le fonctionnement d'une institution qui donne souvent lieu à des fantasmes, bien qu'il ne faille pas laisser de côté une forme d'érotisme aux dépens des femmes. Court et synthétique il s'y ajoute une bibliographie qui permet de se lancer dans des aspects plus précis.

    Image : Éditeur

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