espionnage

  • Kingsman

    Kingsman est, selon la pub, le film drôle à voir en ce début d'année. Armé d'un livre (pour le voyage), de popcorns (en fait non, c'est beaucoup trop cher et jamais de la vie je n'introduirais du popcorn amené en contrebande dans le cinéma ! Je suis un homme honnête moi !) et de ma carte VIP je me suis jeté dans la salle à peine les portes ouvertes. Kingsman est le nom de code d'un service tellement secret qu'il agit au-delà des états sans que ces derniers ne soient au courant. Ses membres sont peu nombreux et se vouent à deux buts : être des gentleman et préserver la paix. Lorsqu'un Kingsman meurt la tradition veut que les membres proposent chacun un-e remplaçant-e. Tous les candidat-e-s seront testé-e-s lors d'épreuves dangereuses voir sadiques afin de trouver la personne qui peut être un Kingsman (ou kingswoman d'ailleurs). Pendant ce temps, une organisation kidnappe des VIPs dans le monde entier et prennent le contrôle d'autres. Quel est le but de cette organisation ? Et comment lutter contre les personnes censées nous protéger ? Simple, il suffit d'être un gentleman.

    Dès le début on se rend compte que Vaughn ne souhaite que trois choses : s'éclater, nous faire rire et rendre hommage aux vieux James Bond bien moins sérieux que les actuels (je n'aime pas les nouveaux Bond, il n'y a même pas de gadgets !). Les références à ces vieux films sont très nombreuses. On les trouve aussi bien dans les répliques, les scènes que lors de conversations entre personnages (ce qui flirte fortement avec le quatrième mur). Je ne peux qu'avouer que le film réussit à être drôle tout en parodiant un genre. Entre l'espion gentleman qui explique calmement être un adorateur de Satan dans une Église de fondamentalistes haineux, le grand méchant qui ne supporte pas la violence et sa garde du corps, Gazelle, capable de tuer d'une jambe on a de tout. La violence est très présente et tellement exagérée qu'on n'arrive pas à la considérer comme réelle. Cependant, je trouve que le film tombe à plat. Il y a tellement de référence, d'humour et de parodies qu'on ne trouve quasiment pas d'intrigue. Une grande partie de l'humour est bien dosée mais une autre est très lourde et ne fonctionne tout simplement pas sur moi (par exemple la fameuse blague sexy qui transforme l'un des trois personnages féminins en récompense pour le héros blanc hétéro). Au final le film ne fait que du très classique qu'il saupoudre d'un peu d'irrévérencieux sans réussir à me convaincre.

    • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.
    • Twilight.
    • Film de vacances. Pas mauvais ni bon un film parfaitement moyen qui vous fera oublier de réfléchir pendant deux heures pour être définitivement oublié à peine sorti de la salle.
    • Bon scénario.
    • Joss Whedon.

    Image : Allociné

    Site officiel

     

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  • Homeland par Cory Doctorow

    Titre : Homeland
    Directeur : Cory Doctorow
    Éditeur : Site de l'auteur
    Pages : 343

    Je retourne chez Cory Doctorow pour encore trois romans dont celui-ci. Ceux et celles qui me lisent régulièrement savent que j'ai un léger problème avec Doctorow. Soit j'apprécie énormément ce qu'il écrit soit je trouve que ça manque singulièrement de rythme. Une petite perle comme Little Brother se trouve laisse la place à un livre trop long comme Maker. Mais c'est de Homeland que je souhaite parler maintenant. Ce roman est la suite de Little Brother. Marcus a connu un peu de célébrité mais il a aussi dû continuer à vivre et prendre des cours à l'université. Malheureusement les temps sont difficiles et ses deux parents ont perdus leur travail. Comme sa bourse dépendait du travail de son père Marcus s'est endetté de plus en plus avec des prêts étudiants (ces prêts sont probablement la pire idée au monde!) et il a du quitter l'université car il ne pouvait plus tenter de travailler pour un salaire et étudier en même temps. S'en est suivi une année de chômage plus ou moins intense. Pour oublier cette période de sa vie Marcus a donc décidé d'aller au Burning Man avec sa copine Ange. Mais une vieille connaissance le rencontre à l’événement et lui donne une clé USB qui possède des documents très embarrassant pour une certaine compagnie et une certaine Carrie Johnstone. Quand cette connaissance disparaît Marcus doit décider que faire de ces documents et s'il accepte de risquer la torture à nouveau.

    Comme souvent Doctorow donne un message militant dans ses romans. Celui-ci ne sera pas l'exception à la règle. Doctorow y développe une histoire qui se concentre sur une compagnie privée de mercenaire qui développe un très fort lobby pour faire entrer des lois qui l'arrange. Cette compagnie regroupe tout ce que l'état n'a pas eu envie d'engager pour diverses raisons ou les personnes qui ont été virées de leur poste à l'armée, la CIA ou d'autres. Doctorow décrit une entreprise qui n'hésite pas à violer la vie privée des citoyens, à faire du chantage, de la corruption voir à kidnapper des personnes qui peuvent lui poser des problèmes. C'est donc le danger des compagnies de mercenaires qui est développé ici. Mais ce n'est pas le seul message. L'auteur essaie aussi de comprendre comment un système peut perdre la tête et comment on peut le remettre en place. L'économie est presque inexistante et Los Angeles est sinistrée, derrière se cachent de puissants intérêts privées qui font tout pour sauvegarder leur argent et en récolter plus. Ils le font grâce à la police parfois mais ces derniers ne sont pas décrits, ni considérés, comme mauvais. Au contraire Doctorow montre une forme de quasi-honte de ces policiers de devoir réprimer des manifestations de masse qu'ils supportent probablement dans leur vie privée. Ce dernier point, la vie privée, est aussi un thème majeur de Doctorow. Ce dernier pense qu'une démocratie ne peut fonctionner sans une dose minimum de protection de la vie privée. C'est la raison pour laquelle Marcus est si sensible envers ses informations personnelles et la manière de les protéger. Ce qui permet à Doctorow de nous offrir quelques recettes qui permettent de se protéger (j'ai découvert paranoid android qui existe réellement). Au final, c'est une réflexion sur la démocratie, ses besoins et son fonctionnement que nous offre Doctorow.

    Je peux donc dire que j'ai apprécié ma lecture. Le livre est bien écrit et intéressant. Cependant je trouve que l'auteur s'y est moins bien prit que dans Little Brother. La fin, par exemple, est un peu frustrante. On ne sait pas vraiment ce qui s'est passé, si les personnages dont on nous parler durant 300 pages ont connu le succès ou non. On doit deviner sans avoir aucun indice ou presque aucun. Cependant, toutes personnes qui se dit démocrate ou qui s’inquiète pour la vie privée y trouvera une histoire qui lui plaira.

    • L’écrivain est voué au septième cercle des enfers.

    • Papier toilette.

    • Roman de gare.

    • A lire. Doctorow n'est pas le meilleur écrivain au monde. Mais il réussit à mettre en place des histoires intéressantes que j'ai plaisir à lire. Cependant il y a souvent des petites imperfections qui m'empêchent de considère Doctorow comme l'un de mes auteurs fétiches.

    • Tolkien.

    Image: Site de l'auteur

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  • Tinker, Tailor, Soldier, Spy (des plans dans les plans dans les plans)

    Une fois n'est pas coutume on se trouve face à un film d'espionnage qui se déroule en Angleterre et qui ne parler pas de 007. Il y a sûrement d'autres agents secrets que James Bond et d'autres adaptations cinématographiques que les romans qui prennent le célèbre agent britannique comme héros. Mais j'avoue ne pas les connaître. Tinker, Tailor, Soldier, Spy est très différent de ce dont je viens de parler. Nous sommes dans les années 70 au centre du Cirque aka le MI6. Contrôle est poussé à la démission avec son âme grise Smiley. Cependant ce dernier est très rapidement convoqué par ses anciens patrons. En effet, Contrôle avait une théorie étrange à laquelle personne ne croyait vraiment mais qui est suffisamment inquiétante pour impliquer une enquête officielle. Mais celle-ci ne peut pas être confiée à un membre interne des services secrets. En effet, Contrôle pensait qu'une taupe se cachait dans les plus hauts échelons du Cirque. Et il se trouve que quelque chose de louche se déroule sous les yeux de Smiley.

    Ce film est probablement l'un des plus maîtrisé que j'aie vu. Cependant, je peux parfaitement comprendre que son style puisse ne pas plaire et que l'intrigue puisse sembler très nébuleuse. En effet, nous nous trouvons face à un film lent. L'enquête ne se fait pas dans la rue avec des armes mais dans des bureaux avec des livres de comptes. Ce qui en fait un film bien plus réaliste que la plupart des histoires d'espionnages. Mais cette intrigue nous mène aussi dans les tréfonds obscures de la torture. Les personnages qui nous sont présentés semblent l'accepter et l'utiliser de temps en temps. Mais l'enquête n'est que le premier plan de l'intrigue. La véritable intrigue c'est une lutte de pouvoir à distance entre deux hommes. Une lutte entre Smiley et Karla chef d'un service d'espionnage soviétique. Cette lutte de pouvoir ne se fait pas à l'aide d'armes mais sur des informations, des informateurs et de petites opérations de temps en temps. Mais l'information est la clé de l'histoire si on souhaite comprendre l'intrigue de ce film. Outre cette maîtrise dans le fonctionnement et le déroulement nous avons aussi des acteurs fabuleusement bon. Colin Firth reste l'un des meilleurs acteurs que je connaisse mais n’éclipse absolument la performance des autres aussi mineurs qu'ils puissent être. Bien que je considère que Tinker Tailor Soldier Spy est dirigé de main de maître je pense que l'aspect à la fois lent et sous-entendu de l'intrigue ainsi que la pléthore de personnages et d'intrigues dont lesquels on doit naviguer peut rebuter ou perdre des spectateurs qui ne souhaitent pas faire l'effort d'une certaine concentration.

    Image: allocine

    Site officiel

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