12/10/2015

Le plus bel âge? Jeunes et jeunesse en France de l'aube des "Trente Glorieuses" à la guerre d'Algérie par Ludivine Bantigny

Titre : Le plus bel âge ? Jeunes et jeunesse en France de l'aube des "Trente Glorieuses" à la guerre d'Algérie9782213628707-T_0.jpg?itok=XqTlXKUF
Auteure : Ludivine Bantigny
Éditeur : Fayard 2007
Pages : 498

Ce gros livre, en effet il est massif, est l'adaptation d'une thèse de la part de Ludivine Bantigny sur l'histoire de la jeunesse française depuis l'après-guerre jusqu'à la fin de la guerre d’Algérie. L'auteure s'y pose la question de ce qui constitue la jeunesse. Est-ce un simple mot ou est-ce plus compliqué. Pour cela elle tente de comprendre ce qui a constitué la jeunesse, comment on en a parlé et quelles sont les expériences communes qui permettent de former une génération. Elle construit son travail en quatre parties de trois chapitres chacune ce qui lui permet de passer sur tous les aspects de la jeunesse. Elle début tout de même avec une introduction et un prologue afin de poser les bases méthodologiques de sa recherche.

La première partie, nommée "Les travaux et les jours", permet à Bantigny de placer la jeunesse sur le marché du travail et de l'éducation. Le premier chapitre permet de montrer comment les relations entre les générations et entre les jeunes se forment. Quels sont les moyens économiques que les jeunes possèdent ? Mais aussi comment font-ils pour avoir des loisirs ? Le chapitre suivant permet d'étudier le fonctionnement de l'école alors que de plus en plus de personnes s'y rendent. L'auteure dépeint une école encore ancienne, rigide, basée dans des locaux exigus et inadaptés à tels point que certaines personnes les considéraient comme insalubres. Elle montre aussi les nombreux débats qui se sont formés autours de l'école et de sa mission. En effet, l'école était pensée comme trop livresque et trop peu basée sur les besoins économiques. Enfin, Ludivine Bantigny se pose la question du marché du travail. Elle montre un oubli des agriculteurs dont le travail est presque gratuit. Cependant, les autres jeunes ne sont pas en reste. Les relations avec les collègues et les patrons sont souvent difficiles voir humiliantes. Les jeunes peuvent être soumis à un régime illégal sans être bien payé. Mais il n'y a pas de révoltes devant ces conditions considérées comme passagères.

La seconde partie concerne le danger social des jeunes. En effet, il y a eu, et il y a encore, une peur de la jeunesse. Le premier chapitre examine à quoi ressemble le jeune dangereux. Bantigny y décortique la délinquance mais aussi la manière dont celle-ci est pensée par les acteurs de la société. Elle montre comment, presque du jour au lendemain, on voit apparaitre les blousons noirs et la peur des gangs de jeunes à la violence irrationnelle. Tandis que la majorité des jeunes garçons et jeunes filles ne portent le blouson que pour se détacher. Elle explique aussi, dans un second et troisième chapitre, de quelle manière les jeunes dangereux (ou en danger de le devenir) passent sous la loupe de nombreux observateurs. Ces derniers sont chargés de comprendre le jeune délinquant et de trouver un bon moyen de le "guérir". Malgré que les centre d'observations ne soient pas des prisons Bantigny montre que les jeunes qui y sont enfermés se pensent en prison. Ils sont derrière des murs et n'ont pas de libertés. Pire encore, ils ne savent pas quand ils sortiront.

Une troisième partie permet d'examiner les politiques de la jeunesse mises en place par les différents gouvernements. Ludivine Bantigny montre la difficulté de créer ces politiques bien que la jeunesse soit pensée comme un avenir dont il faut prendre soin. Elle montre quels sont les politiciens les plus appréciés et comment les jeunes entrent en politique que ce soit à droite ou à gauche. Cette partie s'articule bien avec la suivante qui concerne la guerre d'Algérie. En effet, Bantigny commence par montrer comment la politique de la jeunesse fut mise à mal par la une guerre qui n'en portait pas le nom. Elle continue sur la critique de l'école formée par l'armée qui considère que les jeunes ne sont pas assez éduqués à la nation française. Elle montre aussi quel fut l'expérience de la guerre pour cette génération. Au début il y a revendications, craintes et peurs car on envoie pour 28 mois des personnes se battre au nom de la pacification. À la fin, il y a le silence et l'habitude de l'horreur. Alors que sont ces jeunes qui reviennent ? De nombreux journaux se posent la question et ne peuvent pas toujours y répondre.

J'ai lu cette thèse avec un très grand intérêt. L'auteure y fait une peinture très complète de la jeunesse et, surtout, des différentes institutions qui s'occupent d'elle. Elle montre comment les jeunes sont pensés mais aussi ce qui forme une génération. Ainsi, quelques années suffisent pour tout changer entre les jeunes nés durant la guerre et ceux du baby-boom. De nombreux point développés par Ludivine Bantigny pourraient être utilisés pour mieux comprendre ce que l'on dit actuellement sur, en particulier, la mode, la moralité, l'école et la délinquance des jeunes.

Image : Editeur

30/03/2014

Misères et tourments de la chair durant la Grande Guerre. Les moeurs sexuelles des Français 1914-1918 par Jean-Yves le Naour

Titre : Misères et tourments de la chair durant la Grande Guerre. Les moeurs sexuelles des Français 1914-19189782700723298_cm.jpg
Auteur : Jean-Yves le Naour
Éditeur : Aubier 2002
Pages : 411

L'histoire militaire de la première guerre mondiale ne m'intéresse pas. Mais l'histoire de la vie quotidienne et des significations est beaucoup plus à mon goût. Ce livre, tiré d'une thèse de doctorat, s'intéresse à la vision de la sexualité et des mœurs durant la Première guerre mondiale. L'auteur forme son analyse en quatre parties de deux à trois chapitres chacun. Il commence par un examen de ce qu'il nomme "la guerre moralisatrice". Il y montre que la guerre fut d'abord considérée comme un moyen de remoraliser le pays. Le feu purificateur devait recréer des hommes et des femmes aux bonnes mœurs. La séparation ne devait pas briser les ménages mais, au contraire, leur permettre de trouver une nouvelle vie. La guerre est aussi vue comme un moyen d'épuration des mœurs licencieuses. Aussi bien à l'aide de la censure que de la production d'une culture particulière. Dans ce contexte les femmes étaient particulièrement surveillées et leur proximité avec les hommes, même dans un cadre légitime, était suspecte. Mais la guerre n'est pas qu'une bataille entre soldats. C'est aussi une bataille de populations. Face à une Allemagne forte d'un grand nombre de naissance et à la mort il est nécessaire de repeupler le pays. Pour cela il faut lutter contre l'avortement et le contrôle des naissances ainsi que conseiller aux soldats de pratiquer leur "devoir conjugal" qui se mue en "devoir national".

Une seconde partie permet de dépeindre les peurs médicales. L'auteur commence par montrer le danger, tel que vu à l'époque, des maladies vénériennes. Ces maladies sont dangereuses car elles agissent dans l'hérédité même. Ainsi, l'immoralité d'un individu met en danger la race française entière. La réponse de l'armée oscille entre autoritarisme et libéralisme. Mais c'est cette dernière solution qui sera choisie vers la fin de la guerre par la mise en place d'un contrôle individuel. Ce péril se joint de celui de la prostitution. En effet, celle-ci se développe de plus en plus et les soldats sont des clients demandeurs. Alors qu'il est tenté d'empêcher leur trop grande attention envers les soldats par l'internement et le contrôle l'armée commence à changer d'avis. C'est ainsi qu'elle met en place ses propres maisons closes. Ce choix se heurtera à l'incompréhension des armées anglaises et américaines qui interdiront à leurs soldats de se rendre dans ces établissements. Ce choix est une lourde défaite pour le courant abolitionniste qui est fortement critique.

Une troisième partie analyse les transgressions. Celles-ci sont tout d'abord les infidélités. Mais ce n'est pas celle du soldat qui est condamnée (du moins pas autant). C'est celle de la femme qui attend. Cette attente est une posture normale face au héros qui se sacrifie. Le contrôle par les proches est très important sur ce point et les plaintes suite à des dénonciations sont importantes. Les amants sont punis de manière plus importante que durant la paix car outre la trahison du maris c'est la trahison du soldat qui est condamnée. Les critiques et leurs peurs venues du front sont très importantes et les meurtres existent. Ces derniers sont peu punis par la justice. Une seconde transgression est celle de l'amour de l'ennemi et/ou de l'autre. Cet autre est aussi bien le soldat colonial qui risque, par l'affection des femmes françaises, de perdre son respect envers les colons que l'américain qui, bien qu'un sauveteur, est vu comme un concurrent injuste sur le marché matrimonial face aux poilus français au sacrifice plus long. Parfois cette transgression continue après la guerre par un mariage et une tentative de vie commune qui est incomprise par les autorités. Mais c'est aussi le lien avec des soldats ennemis, en zone occupée, qui fait peur. Les femmes qui en sont coupables, que ce soit volontairement ou non car les viols furent nombreux, mettent en danger la race par des enfants allemands et se mettent en danger face à leurs proches qui peuvent réagi vivement. Cependant, cette relation peut aussi être un moyen de survie dans une période difficile. Les femmes sont suspectes d'avoir apprécié et voulu la relation avec l'allemand même en cas de viol.

La dernière partie s'intéresse à la démoralisation. Alors que le début de la guerre voyait les intellectuels parler de renouveau moral c'est une perte importante que subit toute la société française. Non seulement la fin de la guerre voit revenir des hommes mutilés qui ont peur de la réaction des femmes, ces dernières devant se sacrifier à la beauté intérieure, mais il y a la peur du changement dans l'ordre social. En effet, les femmes ont appris à se débrouiller seule. De plus, il y a eu oubli et tabou sur la misère sexuelle des hommes. Celle-ci s'observe aussi bien face aux fantasmes de viols sur les femmes allemandes que dans une tentative de retrouver le couple sur le front malgré l'interdiction qui est faite. Au final c'est un bilan de démoralisation qui est fait après la guerre. Les femmes ne sont plus à leur place et les mœurs ont changé. La sexualité est plus libre qu'auparavant ce que les élites médicales n'arrivent pas à comprendre. La Deuxième guerre mondiale sera donc vue avec pessimisme en ce qui concerne la morale.

Au final ce livre est très intéressant. Il permet d'entrer dans la vie quotidienne des soldats en analysant leurs choix et leurs correspondances. Mais c'est aussi un moyen d'observer comment une armée tente de réagir face à des problèmes de mœurs inattendus. Malgré les volontés prohibitionnistes c'est une forme de libéralisme qui peut se mette en place. On observe aussi un tabou très important sur les souffrances des hommes qui sont envoyés au front. Face à l'idéal de virilité et de chasteté les peurs, souffrances et besoins sont niées jusqu'au bout et ce bien après la fin de la guerre. J'ai lu ce livre avec beaucoup d'intérêt.

Image: Éditeur

16:44 Écrit par Hassan dans contemporain | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guerre, moeurs, sexualité, france | | | |  Facebook

17/07/2013

World War Z

J'avais lu le livre et maintenant j'ai vu le film. L'histoire commence dans une grande ville américaine. Une famille de banlieue se trouve coincé dans les bouchons et patiente comme elle peu à l'instar du reste du monde. C'est une belle journée qui s'annonce et rien ne semble pouvoir briser la normalité ambiante. Mais les deux parents, Gerry Lane et Karen Lane, commencent à observer des choses bizarres. Des hélicoptères survolent la route, la police fonce, sans faire attention, en amont de la rue et soudain une explosion et des hurlements. Ce n'est pas un attentat, c'est le début de la première guerre zombie. Gerry est immédiatement mobilisé par l'ONU pour reprendre son ancien travail: enquêter sur le terrain et trouver l'origine pour trouver un moyen de gagner la guerre. Et il faut faire vite car en 24 heures des villes entières ont été rayée de la carte.

Il faut le dire immédiatement: le film n'a que peu à voir avec le livre. En effet, ce dernier est écrit après la guerre. Il est formé de rapports sur la manière dont des individus ont vécu cette guerre et comment ils ont survécu ce dans le monde entier. Bien entendu, aucun film ne pouvait suivre une telle structure. C'est la raison de la création du héros: Gerry. Celui-ci permet de relier les différents aspect du livre autours d'un seul personnage qui voyage dans un certain nombre de pays. Heureusement pour moi, ce film n'entre pas non plus dans l'horreur. On aurait pu faire bien pire mais le réalisateur à délibérément choisi rendre les choses moins difficiles à voir ce qui m'a permis de dormir sans trop de problèmes (je hais les zombies). Certains points clés de l'ouvrage sont respectés comme Israël, l'Inde et le point de départ. Mais beaucoup de choses ont été inventée comme la vitesse des zombies. Personnellement je trouve un zombie lent bien plus effrayant car ils ne renoncent jamais! Imaginez, vous marcher depuis 13 heures pour survivre et décidez de dormir. Mais si vous dormez trop longtemps vous êtes morts... Cependant, le film est loin d'être parfait et pose quelques problèmes de cohérences. Par exemple on se demande comment une épidémie qui prend 12 secondes à se déclarer a pu arriver sur un autre continent. Pourquoi le héros doit-il systématiquement tout faire alors qu'il possède un téléphone? Et surtout, à quoi servent les autres personnages? La plupart d'entre-eux sont inutiles et ne sont que des faire-valoir pour le héros tout puissant. Je pense, par exemple, à Israël. Mais ce film reste un bon divertissement.

  • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

  • Twilight.

  • Film de vacances. Intéressant, bon spectacle. Mais de gros problèmes de cohérences et rien de particulièrement critique ou intéressant.

  • Bon scénario.

  • Joss Whedon.

Image: Site officiel

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12:04 Écrit par Hassan dans science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : zombies, guerre, fin de l'humanité | | | |  Facebook

31/05/2013

Epic

Quand on marche dans la forêt on ne voit que les arbres et certains animaux. Mais sommes-nous vraiment capables d'observer tout ce qui se cache derrière les feuilles? Marie-Kate ne comprend pas la passion de son père pour cette forêt et ces petits êtres tout droit sortis de son imagination. Après une discussion difficile face à quelqu'un qui ne l'écoute pas elle décide de partir et de laisser son père à son fantasme. Mais ,alors qu'elle tente de contacter un taxi, le chien de la famille court dans les bois. Se sentant obligée de le suivre elle observe la mort d'un minuscule être dont le dernier souffle l’emmène au cœur d'un combat centenaire entre les forces de la vie et de la mort. Qu'elle est sa mission? Personne ne le sait mais elle sera obligée de prendre parti dans ce combat.

L'histoire d'un peuple minuscule caché et dont on ne peut observer les activités que très difficilement et sans avoir de preuves certaines n'est de loin pas neuve. On pourrait même dire que cette histoire est vieille comme le monde. Ceci ne m'empêche pas d'aimer l'histoire. Et surtout d'apprécier la manière dont le film est techniquement construit. L'animation est vraiment belle et à la fois fantastique et réaliste. On entre vraiment dans un monde différent dans lequel les règles changent. Certaines scènes sont tout simplement impressionnantes. L'histoire, elle, reste classique et ne mérite pas vraiment d'en parler. Par contre, on peut en faire une analyse. En effet, malgré la qualité de l'animation et le bon moment que j'ai passé devant ce film il me pose problème et ce d'autant plus qu'il est censé être destiné à un public enfantin.

Quel est ce problème? Il concerne la manière dont les personnages féminins et masculins sont caractérisés. En effet, les mâles sont ici des soldats. Leur but ultime dans la vie, leur seule raison d'être, est la protection de la vie. Les mâles qui ne sont pas soldats sont ceux qui tentent de détruire la vie ainsi les deux forces viriles de ce film sont le protecteur par excellence et le destructeur par excellence. La vie, elle, est incarnée par les personnages féminins. Ainsi, le seul but de la reine est de recréer la vie dans la forêt tandis que ses ennemis mâles la détruisent. Le film commence alors qu'une nouvelle reine sera désignée et cela se fait via un bourgeon allégorie de la maternité? L'arrivée de Marie-Kate ne fait que renforcer cette image. Elle se retrouve comme mère de substitution attachée physiquement au bourgeon. Les femmes, dans ce film, sont fondamentalement des mères, des créatrices de vie. Derrière une histoire sympathique et une technique qui crée une belle animation on retrouve, encore une fois, la mise en place de rôles genrés fortement différenciés entre les personnages masculins et féminins ce qui est franchement dommage.

  • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

  • Twilight.

  • Film de vacances. Une histoire sympathique et une animation réussie (malgré la 3D) pour une histoire déjà connue. Le coté très traditionnel des personnages est difficile à laisser de coté.

  • Bon scénario.

  • Joss Whedon.

Image: Site officiel

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12:02 Écrit par Hassan dans Fantasy | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : epic, guerre, vie | | | |  Facebook

18/12/2012

La guerre éternelle par Joe Haldeman

Titre : La guerre éternelle9782290308257_cb.jpg
Auteur : Joe Haldeman
Éditeur : Opta 1976 (1974 édition originale)
Pages : 281

Il y a très longtemps que je n'ai pas relu ce livre. Je pense que je devais avoir treize ans la première fois. Je n'avais pas tout compris et je me souvenais très vaguement de l'histoire. Donc quand on m'a offert ce livre j'ai décidé de le relire avec un peu plus d'attention. L'histoire commence à la fin du XXe siècle. L'humanité a découvert des objets étranges nommé collapsar. Ceux-ci permettent de voyager presque instantanément entre deux points de l'univers. L'humanité a donc une porte ouverte sur la galaxie et commence à peuple différentes mondes. Mais tout s'arrête quand la première rencontre avec une race alien se termine par le massacre de l'équipage et des civils. La guerre éternelle commence.

L'auteur cumule deux aspects très positifs dans ce livre. Le premier est une critique acerbe de l'armée et de la guerre. La guerre du Vietnam, à laquelle l'auteur a participé, a très probablement fortement influé sur ce livre. Le héros, est un étudiant en physique, un génie, forcé d'entrer dans l'armée. L'auteur a fait des études de physiques. L'armée est dépeinte de manière très défavorable dans ce livre. C'est une institution lourde aux multiples exercices inutiles qui n'a aucune pensée pour les vies humaines. L'armée souhaite des soldats et est prête à tout pour cela. Ainsi, l'armée manipule la psychologie des soldats, les informations sur Terre, les possibilités d'emploi et l'inflation dans le but de forcer les vétérans à se réengager. L'armée met en place des campagnes absurdes qui ne peuvent qu'échouer tout en menaçant d'exécution les personnes qui refusent les ordres. Bref, l'armée est inhumaine. L'expérience de la guerre n'est pas sympathique. loin d'un sentiment de camaraderie au milieu du combat l'auteur décrit la peur et la tristesse quand on enterre ses amis les uns après les autres. Le second aspect génial de ce livre est la science. L'auteur a fait des études de physique et on le sent. Toutes les informations qui nous sont données semblent réalistes (du moins pour l'époque) et prennent en compte le peu de lois de la physique que je connais. Ainsi les effets de l'accélération mais aussi de la dilatation temporelle permettent elles à un homme jeune de dépasser les 300 ans et d'observer les changements sur Terre. Au final, voila un très bon livre et même un classique de la science-fiction que je conseille à tous les amateurs du genre.

Image: Éditeur

10:45 Écrit par Hassan dans contemporain, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : guerre, physique, humanité, alien | | | |  Facebook

15/08/2012

After the siege par Cory Doctorow

Titre : After the siege
Auteur : Cory Doctorow
Éditeur : Auto-édité dans sa version numérique
Pages : 51

Cory Doctorow est un auteur de science fiction connu pour ses positions résolument anti-drm et en faveurs d'une révision du droit d'auteur. Mais il ne se contente pas de parler puisque toutes ses œuvres sont disponibles en versions numériques sans drm et sans coûts pour le lecteur. Chacun à le choix d'offrir de l'argent à Doctorow ou de s'acheter le livre en papier. After the siege est une nouvelle publiée dans le recueil Overclocked. Mais la version numérique est téléchargeable seule. C'est l'histoire d'une jeune fille, Valentine, qui vit dans une ville magnifique. Cette dernière a connu, il y a quelques années, une révolution quand plusieurs gouvernements successifs ont été incapable de distribuer des médicaments à une population décimée par la maladie du zombiisme. Cette révolution a conduit les nouveaux dirigeants à mettre en place une forme de distribution large, et sans coûts, de tous les biens. Mais un jour un pays voisin, soutenu par l'UE et les USA, décide de faire la guerre à la ville au nom de la perte des royalties subies par cette politique. La jeune Valentine verra sa famille se sacrifier pour défendre leur mode de vie tout comme les autres familles. Mais elle découvrira surtout un homme qui se fait appeler le magicien et qui ne souffre pas des privations de la guerre.

Outre l'aspect politique que l'on peut tirer de la description, très fragmentaire, de cette ville (et que je ne suis pas certain d'avoir bien interprété) on peut apprécier cette nouvelle pour d'autres raisons. En effet, avec la guerre pour arrière fond c'est le passage à l'âge adulte d'un enfant que Doctorow nous décrit. La nouvelle commence dans un monde quasiment féerique ou tout est possible. Mais au fil des pages la jeune fille devient adolescente puis une femme et observe de manière de plus en plus crue les réalités de la guerre et de sa vie. Cette nouvelle a aussi été écrite en réaction à la vie d'un membre de la famille de Doctorow. Sa grand-mère aurait connu le siège de Prague et Doctorow a tenté de décrire les horreurs de la guerre. Mais il va plus loin encore puisque ces horreurs sont aussi un prétexte pour la mise en place d'un spectacle macabre. Ce qui se rapproche en partie des actes de certains journalistes de guerre qui filment sans agir des horreurs qui passent ensuite au journal du soir devant les familles.

Nouvelle disponible sur le site de l'auteur

15:50 Écrit par Hassan dans science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guerre, doctorow | | | |  Facebook

06/02/2012

La guerre des romands (cette fois y en a marre!)

En passant dans une grande enseigne multimédia (mais qui n'a aucuns vendeurs professionnels) dernièrement j'ai remarqué des images qui ressemblaient beaucoup à Battlestar Gallactica. C'est à ce moment que j'ai découvert une guerre qui couvait depuis longtemps. Nous sommes sur le fameux VSS Couchepin en l'an 3000. Ce magnifique vaisseau transporte dans l'espace le Valais dans son entier (une idée piquée par les Anglais si on suit Doctor Who). Le commandant de ce glorieux vaisseau n'a pas énormément de souci mis à part le vin et le raclette dont l'AOC n'est toujours pas reconnue. Alors qu'il vaquait à ses affaires les vaudois passent par là et comme il est de coutume offrent aux valaisans l'apéro. Mais cette invitation cache un terrible piège qui éveillera la colère des valaisans. Cette fois y en a marre il n'y a qu'une seule issue possible à cette humiliation: la guerre!

Pour une production Suisse elle est réussie. Les effets spéciaux, pour le budget, n'ont pas à rougir. Au contraire, ceux-ci permettent de reconnaître des influences probables. Ainsi, bien que le VSS Couchepin ressemble à un nez suivi d'un plat à raclette puis de bouteilles de blanc il ressemble aussi un peu au Galactica. Mais ce qui est réussi dans ce petit film ce sont les manières dont sont dépeints les protagonistes. Ce film, et les 4 épisodes des Valaisans dans l'Espace dont il est la conclusion, nous montre un agrégat impressionnant de raccourcis que nous avons tous connus. Les valaisans sont des machos dont l'amour du vin n'est dépassé que par l'amour des montagnes. Les vaudois, eux, sont très propres mais aussi un peu dictatoriaux. J'ai beaucoup aimé l'interdiction des voitures dans les pays de Vaud à cause des frais de radars et le nouveau métro. Les genevois sont aussi très drôles. Ce court film est l'occasion de multiplier les gags on observe, par exemple, plusieurs armes de destructions massives qui sont aussi bien la musique populaire que l'amnistie fiscale. Le film est accompagné de plusieurs bonus mais surtout des quatre épisodes des Valaisans dans l'Espace. Ces derniers sont très réussis et multiplient les références à la sauce valaisanne (je salue au passage l'alien dahu). Voila une production Suisse très réussie et si je dois trouver un point négatif c'est que ce film ne donne pas lieu à une série télévisée. En effet, je suis sur que la télévision Suisse aurait pu monter une production intéressante et drôle qui aurait pu être appréciée par un certains nombre de personnes.

Image: Site Officiel

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11:37 Écrit par Hassan dans Images, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : valais, vaud, guerre | | | |  Facebook

13/04/2008

La Première Guerre Mondiale

Titre: La première Guerre Mondiale9782262023782.gif

Auteur: John Keegan 

Edition: Perrin

Collection: Tempus

ISBN:  2-262-02378-6

 

Je me baladais dans ma librairie préférée à la recherche d'un bon bouquin a feuilleter quand je vis  ce titre rouge en dessus d'une image de dévastation. Curieux je déchiffrais le titre "La première guerre mondiale". Me rappelant du peu que j'en sais je décidais de l'acheter tout en attendant pas grand chose d'un livre traitant d'une guerre que je pensais atroce mais bien ennuyeuse, de soldats restant dans les tranchées jours après jours puis en sortant pour se faire massacrer. Je dois avouer, bien que je le savais déjà, que j'avais tort. Keegan rend parfaitement l'ambiance de la guerre, nous permet de comprendre ce qu'il s'est passé et pourquoi. Non seulement par les témoignages des grands généraux, présidents et autres empereurs mais aussi par les témoignages de simple soldats tout cela a coté des chiffres.

Je vous conseille très fortement de lire John Keegan si vous souhaitez en savoir plus sur la première guerre et pourquoi elle fut ainsi et ce sans vous ennuyer. 

 

Image: FNAC