guerre de l'eau

  • Même la pluie

    Il n'y a pas eu beaucoup de films, cet hiver, qui m'ont paru mémorable. J'ai déjà parlé de The King's speech qui, à mon avis, mérite amplement ses oscars. Aujourd'hui je vais vous parler d'un film franco-mexicain-espagnol nommé Même la Pluie. L'intrigue de ce film nous emmène en Bolivie sur les traces d'un réalisateur espagnol qui souhaite réaliser une histoire de l'arrivée de Christophe Colomb aux Amériques. Ce film lui permettrait de montrer comment l'homme blanc a pris le pouvoir sur les populations autochtones en lui volant ses terres et ses ressources à l'aide d'une brutalité impressionnante. Mais aussi de montrer ceux qui se sont élevés contre ces traitements inhumains. Mais le contexte politique bolivien est lourd de tensions. En effet, le gouvernement souhaite privatiser l'accès aux ressources naturelles hydrauliques en interdisant même la récolte de pluie (d'où le titre du film...). Le réalisateur se rend rapidement compte que ses acteurs sont très impliqués dans cette lutte. Il doit donc choisi entre son film et les droits des populations locales à vivre.

    Je suis très emprunté à l'idée de parler de ce film. Il est tellement bon et impressionnant que j'ai peur de ne pas en parler comme il le mérite. Je peux, en tout cas, affirmer que c'est probablement l'un des deux meilleurs films de ce début d'année. La réalisation et les acteurs sont tout simplement magnifiques dans leurs rôles respectifs et l'intrigue n'a rien à rougir de la comparaison. J'ai énormément apprécié les liens qui sont faits entre le film et les événements politiques. On observe le leader des "indiens" se soulever en même temps que son interprète se soulève contre la privatisation de l'eau. Alors que les personnages historiques espagnols répriment ou soutiennent les indiens on observe que les policiers et les espagnols se retrouvent dans la même situation. Les deux événements sont, donc, superbement mis en parallèle.

    Le message principal que j'ai ressorti du film concerne une lutte pour l'eau et, donc, pour la survie puisque, comme le dit le héros, l'eau c'est la vie. La question est donc de savoir si une entreprise privée quelconque à le droit légitime (le droit peut être légal mais ne pas être légitime) de contrôler des ressources nécessaire à la survie de populations locales. Le film permet de mettre en place une intense contestation de la volonté de certains de contrôler les ressources en eau sans égards pour les êtres humains qui ont en besoin. Au travers du vol légal de cet eau c'est aussi la main mise - que je suis tenté de qualifier de néocolonialiste - de sociétés occidentales sur les ressources de pays dit émergent qui est dénoncées. Une main mise encouragée par des organismes internationaux dont l'idéologie et la structure conduit à avantager une partie de la population mondiale face au reste du monde. C'est aussi un film qui montre la difficulté de critiquer une main mise qui nous est avantageuse mais dont on peut contester la moralité. C'est, donc, un film de combat.

    Image: Allocine

     

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