30/09/2018

Noumenon par Marina J. Lostetter

Titre : Noumenon
Autrice : Marina J. Lostetter
Éditeur : Harper Collins 8 janvier 2017
Pages : 432

2088, un astrophysicien du nom de Reggie Straifer découvre une anomalie autours d'une lointaine étoile. Il a de la chance car, pour la première fois, la Terre est à la fois en paix, unie et capable d'envoyer des vaisseaux pour des voyages interstellaires. Le monde décide de créer plusieurs groupes de vaisseaux pour des missions qui prendraient 200 ans pour l'équipage mais près de 2000 ans en ce qui concerne la Terre. Tout doit être minutieusement préparé tout en permettant assez de souplesse pour s'adapter aux problèmes inattendus. La mission mise en place par Straifer est la seule à offrir la possibilité de découvrir une intelligence extraterrestre, même si celle-ci est minime. L'équipage est constitué en conséquence et la mission prend le nom de Noumenon.

SPOILERS

Il y a longtemps que je n'avais pas ressenti autant de plaisir face à un livre de SF. L'intrigue est simple : il y a un objet étrange quelque part dans l'espace pourquoi ne pas envoyer une équipe l'étudier. C'est le début de beaucoup de livres de SF prenant place dans l'espace. Ce livre prend le soin de s'intéresser largement au fonctionnement de la mission et à la manière dont les vaisseaux et l'équipage sont conçus afin de survivre pour plusieurs siècles. L'autrice offre aussi un sens du merveilleux. Elle donne l'espoir d'observer, à travers ses pages, l'humanité choisir de partir dans l'espace pour la simple envie de mieux comprendre l'univers. Au fur et à mesure que le vaisseau se rapproche de sa destination je me suis pris à ressentir l'anticipation, les craintes et les souhaits de l'équipage. J'ai eu l'impression de vivre leur étonnement car l'autrice a pris soin de rendre les personnages uniques malgré la construction du roman en plusieurs fenêtres lors d'épisodes précis du voyage.

J'apprécie aussi énormément l'intérêt premier de l'autrice. Elle n'essaie pas de trop expliquer le fonctionnement du vaisseau ni de l'objet, ce n'est pas un roman de Hard Science. Elle s'intéresse bien plus aux individus mais aussi à la société dans son ensemble. Chacune des fenêtres prend le point de vue d'une personne précise qui possède un rôle précis, dépendant de son héritage génétique en vue de créer une société stable. Le fonctionnement de cette société est explicité par les impressions de ces personnages qui commentent les changements nécessaires ou souhaités mais aussi les problèmes. Petit à petit, l'autrice nous montre une société changer, s'adapter, selon les besoins du moment. Lostetter n'oublie pas la Terre qui disparait rapidement pour ne réapparaitre que tardivement. Les changements sont un choc aussi bien pour la personne qui lit le roman que pour les membres de l'équipage. Un choc à la mesure du temps passé et des changements économiques, sociologiques, politiques mais aussi technologiques. Les idées de l'autrice sont à la fois intéressantes, logique dans le cadre de son roman et profondément déprimantes.

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***** L'un des meilleurs romans de SF lu cette année. Je me réjouis de lire sa suite, déjà sortie sous le titre de Noumenon Infinity.

Image : Éditeur

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28/06/2018

The Firemane saga 1. King of ashes par Raymond E. Feist

Titre : The Firemane saga 1. King of ashes
Auteurs : Raymond E. Feist
Éditeur : Harper Collins 5 aout 2018
Pages : 512

Comme le dit l'histoire, le monde a connu des siècles de paix sous le patronage de 5 royaumes et de leurs souverains. Ensemble, un équilibre a été mis en place qui a permis au commerce et à la culture de prospérer. Mais un jour quatre royaumes se sont retournés contre le cinquième et, par traitrise, détruit toute la lignée ainsi que la ville la plus riche du monde. Tout le monde pense que la lignée a été annihilée. Mais, un enfant a survécu. Il a été envoyé dans une nation secrète. Pendant 17 ans il a été instruit afin de lui permettre de survivre à ses ennemis. Maintenant qu'il approche de sa majorité il est temps pour lui de connaitre son héritage et de décider de son futur. Un futur qui s'inscrit dans des rumeurs de guerre.

SPOILERS

Raymond E Feist est responsable d’une grande saga construite autour d'un seul personnage. J'avais bien aimé lire ces histoires, même si la qualité n'était pas toujours identique. Ce nouveau livre s'inscrit dans une nouvelle saga. On comprend rapidement que l'auteur décide de prendre une toute nouvelle direction pour lui : celle de Game of Thrones. En effet, au lieu de quête, de magie ou d'elfes l'auteur nous offre immédiatement une trahison, du sexe et beaucoup de sang. Il semble que Feist souhaite surfer sur la réussite de Game of Thrones tout en ajoutant, après quelques pages, des éléments plus classiques de son écriture. Bien que certaines intrigues soient intéressantes il faut tout de même comprendre que Feist échoue à donner la même intensité et intelligence que George R.R. Martin. Pire encore, on a l'impression que l'auteur ne sait pas dans quelle direction il se rend et ne fait qu'ajouter des éléments petit à petit.

Il faut aussi mentionner les personnages qui ne sont, malheureusement, pas mieux écrits. Les personnages développés sont peu nombreux et leur histoire n'est que peu intéressante. Ce sont surtout deux hommes qui sont au cœur de l'intrigue. L'un est l'un des meilleurs forgerons du monde. Son seul but est de trouver une femme et une forge afin de travailler en paix. Ce qui ne l'empêche pas de combattre de temps en temps. Le second est le bébé Firemane. Il est toujours en colère, ne comprend pas sa place et est amoureux de l'une de ses amies. Il se contente de suivre les événements sans agir ni comprendre. Aucun des deux personnages n'est particulièrement passionnant à suivre et la fin de leur histoire, dans ce premier tome, me semble particulièrement peu imaginative.

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*** Feist essaie de se renouveler mais échoue largement. Peut-être ce tome serait-il meilleur lors d'une lecture avec ses suites. Mais je me demande si je souhaite vraiment m'y intéresser.
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Image : Éditeur

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02/04/2018

American Gods par Neil Gaiman

Titre : American Gods
Auteur : Neil Gaiman
Éditeur : Harper Collins 28 mars 2017
Pages : 576
TW : Meurtres, violences physiques, mentions de suicides

Shadow est en prison depuis 3 ans. La semaine qui vient il pourra enfin sortir et retourner vivre avec sa femme, Laura. Mais il est libéré en avance. En effet, Laura est morte dans un accident de voiture et les autorités acceptent de lui permettre de voir son enterrement. Pire, Laura est morte en trompant son mari. Ce n'est donc pas une bonne semaine pour Shadow. Alors qu'il se trouve dans l'avion il rencontre un homme qui dit se nommer Wednesday et qui semble en savoir bien plus qu'il ne devrait. Wednesday souhaite engager Shadow comme chauffeur et garde du corps. Lorsqu'il accepte, Shadow ne se rend pas compte qu'il entre dans un monde différent de ce qu'il connait, un monde de divinités anciennes et nouvelles luttant pour survivre sur une terre qui ne les accepte pas.

SPOILERS

J'avais vu la série, mais je n'avais pas réussi à l'apprécier. Je souhaitais lire le livre puisque l'expérience est différente. C'est aussi le premier roman de Neil Gaiman que je lis, je ne compte pas Good Omens qui est écrit à deux. Le roman est magistral. Il est très bien écrit et les nombreuses intrigues sont plutôt intéressantes. Je me suis particulièrement intéressé à Lakeside et aux disparitions que la ville connait. De plus, il est clair que l'auteur a fait de nombreuses recherches historiques, géographiques et mythologiques pour écrire son livre. J'ai beaucoup aimé ces informations et la recréation des divinités dans un contexte contemporain. Malheureusement, pour une raison que je ne comprends pas, le livre ne m'a pas parlé.

Pourtant, mis à part la thématique mythologique, le livre devrait me parler. À l'aide des divinités, le roman parle de l'identité et, en particulier, de l'identité des États-Unis. Le pays est décrit comme un lieu dans lequel les divinités ne peuvent pas survivre. Car les habitant-e-s changent régulièrement de mode de vie suivant en cela une forme de modernité. Les nouvelles divinités sont l'incarnation de ces difficultés puisqu'illes ne s'incarnent pas forcément ou ne sont pas des entités précises mais souvent des abstractions. Que ce soit la technologie, le marché ou encore la mondialisation. De plus, l'auteur s'attache à décrire non les villes qui réussissent mais les villes qui sont en souffrances. On ne semble observer que chômage et récession. Les villes sont abandonnées, les habitant-e-s n'ont pas grand-chose à faire et vivent dans de petites communautés avec, parfois, le rêve des grandes villes. Gaiman semble vouloir nous montrer un pays en perte de vitesse dont la véritable identité ne dépend ni des églises ni des monuments mais de petits lieux touristiques en bordure de routes. Ainsi, les personnages de ce livre sont souvent un peu tristes dans un contexte difficile, le glorieux passé n'étant qu'un lointain souvenirs.

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**** Objectivement American Gods est un très bon roman. Pour une raison que je ne comprends pas je n'ai pas réussi à l'apprécier et j'ai l'impression d'être passé à côté d'une expérience.
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Image : Éditeur

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10:29 Écrit par Hassan dans Fantasy | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : american gods, neil gaiman, harper collins | | | |  Facebook