13/07/2018

Histoire de Genève 3. De la création du canton en 1814 à nos jours par Olivier Perroux

Titre : Histoire de Genève 3. De la création du canton en 1814 à nos jours
Auteur : Olivier Perroux
Éditeur : Alphil 2017
Pages : 151

Ce dernier tome s'intéresse à la vie de la Commune, et du canton, de Genève du XIXème à pratiquement aujourd'hui puisque l'auteur mentionne aussi bien le CEVA que la révision constitutionnelle ou encore l'arrivée du MCG. Cette entrée dans l'histoire contemporaine de Genève a lieu après l'époque française alors que les diplomates genevois font pressions au congrès de Vienne pour recevoir une indépendance dans le cadre de la Confédération Helvétique, elle aussi restaurée après l'épisode de la République Helvétique. L'auteur examine cette longue histoire en 15 chapitres.

Sans vouloir présenter tous les chapitres de cette synthèse, il me semble que l'un des thèmes importants de ce tome concerne la révolution et particulièrement l'histoire du radicalisme. Ce parti, qui est d'abord à la gauche des Conservateurs, inaugure une véritable révolution dans le canton lorsque les autorités traditionnelles sont renversées au profit des radicaux, dont Fazy. Bien que cette révolution ait eu lieu en deux étapes, la Confédération ayant réagi, Fazy a eu un impact majeur sur l'histoire de la ville puisqu'il décida de nombreuses révisions et changements, par exemple la destruction des murailles ce qui ouvrit de nouveaux terrains de constructions. Malgré sa puissance, le radicalisme perdra, petit à petit, de sa splendeur face au parti socialiste et à Léon Nicole lors de l'entre-deux-guerres. Cette hégémonie sera définitivement perdue après les années 60.

Un second thème pourrait être celui de l'urbanisme, en lien avec le rôle de la ville en Suisse et à l'international. Genève s'est construit face à un pays considéré comme ennemi, en particulier lors de l'arrivée du protestantisme. Longtemps, la ville fut coupée du reste du monde par une muraille qui ne fut détruite que durant le XIXème siècle. Lors de son indépendance, le canton ne possédait qu'une ville et un territoire rural. Mais l'expansion économique et démographique implique une hausse importante du développement de ces villages qui deviennent des villes importantes, tandis que Genève perd des habitant-e-s à cause d'un manque d'appartements. De plus, la ville étant choisie comme siège de la SDN, de nombreuses organisations internationales puis de l'ONU elle attire de nombreux fonctionnaires internationaux. Il faut leur fournir de quoi se loger mais aussi des moyens de transports adéquats, comme l'avion. Les autorités sont forcées à s'intéresser à l'urbanisme et cherchent des moyens de gérer le développement de la ville. Mais les problèmes politiques empêchent un choix nécessaire concernant le réseau de routes et de transports publics, sujet encore controversé. La série se termine sur ce dernier tome qui s'arrête au début du XXIème siècle.

Image : Éditeur

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07/07/2018

Histoire de Genève 2. De la cité de Calvin à la ville Française (1530-1813) par Corinne Walker

Titre : Histoire de Genève 2. De la cité de Calvin à la ville Française (1530-1813)
Autrice : Corinne Walker
Éditeur : Alphil 2014
Pages : 160

Ce second tome de l'Histoire de Genève s'intéresse aux années durant lesquelles la ville change de religion et lutte contre l'influence grandissante de la France, pour terminer comme chef-lieu du Département du Léman. L'autrice peint cette histoire en 15 chapitres. Bien entendu, la religion et Calvin ont une place importante dans ce livre. Mais l'autrice n'oublie pas de mettre en avant d'autres points. Elle explique que Genève est, à cette époque, une République qui a pris le contrôle des droits de seigneurie après la fuite de l’Évêque. Petit à petit, une oligarchie se met en place avec un contrôle de plus en plus fort du pouvoir par une minorité de bourgeois. Comme dans d'autres villes suisses, la bourgeoisie se restreint de plus en plus et empêche l'accession aux droits politiques des autres catégories de population. Ce système est le terreau des révolutions qui auront lieu à la fin du XVIIIème, avant la prise de contrôle française.

L'autrice explique que la ville est, à l'époque, considérée comme importante, belle et prospère. Elle est l'un des plus importants centres de la Réforme mais aussi de la culture et des sciences, preuve en sont les dons et collections de personnalités. Ainsi, Rousseau possède-t-il une influence importante dans la Cité. La ville elle-même change de forme à la suite de la prise en compte des besoins urbains. Des lumières sont mises en place tandis que les égouts sont créés, avec quelques maisons reliées à l'eau courante. Mieux encore, des places sont dessinées. Mais la ville fait aussi attention aux remparts qui sont fréquemment reconstruits, malgré les coûts.

L'autrice explique aussi que la ville est fortement contrôlée par les autorités, en particulier en ce qui concerne les aspects moraux. Les pouvoirs publics essaient de réguler la mode, mais échouent régulièrement. Le but principal est d'atteindre une forme de modestie liée à son statut social. On ne devrait pas porter des habits qui sont au-dessus de son statut. Des lois dites somptuaires sont déclarées et s'intéressent de près aux habits mais aussi aux fêtes. On peut recevoir une amende pour une fête trop riche en victuailles ou en cadeau, par exemple dans le cadre d'un mariage. De plus, les contestations politiques sont réprimées. Les cercles, par exemple, sont interdits avant d'être acceptés si les réunions ont lieu en public. Cependant, cela n'a pas empêché des émeutes puis une révolution. Le livre se termine sur le fonctionnement de la Cité sous la domination française du Directoire puis de l'Empire.

Image : Éditeur

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