13/09/2014

Histoire de la sexualité 3: Le souci de soi par Michel Foucault

Titre : Histoire de la sexualité 3: Le souci de soiproduct_9782070746743_195x320.jpg
Auteur : Michel Foucault
Éditeur : Gallimard 1984
Pages : 334

Ceci est le troisième, et dernier, de l’œuvre inachevée de Foucault: L'histoire de le sexualité. Dans le tome précédent Foucault revenait à l'antiquité pour comprendre la sexualité de nos jours. Dans ce troisième livre c'est l'antiquité tardive qui intéresse Foucault. Via l'examen d'auteurs tardifs il montre comment la sexualité était pensée dans une relation entre le corps et la société. Cette analyse se forme en 6 chapitres. Il commence, abruptement, sur une analyse des manières de comprendre ses rêves et, en particulier, la compréhension des plaisirs que l'on a en rêve. Il montre que ces plaisirs, selon leur forme, sont positifs ou négatifs. Ainsi, selon la position sociale de la personne et de ses objets de désir le rêve peut signifier la réussite ou la perte d'argent dans le futur. Dans le second chapitre Foucault montre le besoin de prendre soin de soi dans la culture de l'époque.

Lors du troisième chapitre ce sont les relations sociales qui forment aussi bien le mariage que la société dans son ensemble qui sont examinés. Foucault nous montre comment ces relations étaient pensées et comprises par certains auteurs. Ainsi, par exemple, le mariage passe d'un acte de possession d'une femme mineure à une relation de plus en plus égalitaire où chacun a des droits et des devoirs envers l'autre. Le but étant non pas une relation entre amants mais un partenariat d'amitié durable. Les deux derniers chapitres développent ce point en parlant de la relation d'amour avec les femmes et avec les garçons. Ce dernier point, en particulier, est un moyen pour Foucault de montrer comment l'amour peut être compris selon l'objet de cet amour. Les garçons doivent être pris de force car, s'ils acceptent, ils sont soupçonnés de mollesse. De plus, il s'agit de savoir si l'amour des garçons est supérieur, égal où inférieur à l'amour des femmes. Ceci permet à Foucault de nous montrer plusieurs textes qui développent des arguments classiques tout en les dépassant.

Maintenant que j'ai terminé ce dernier travail de Foucault je peux enfin passer à autre chose. J'ai beaucoup aimer lire ces trois livres mais il faut bien avouer qu'ils sont ardus. Les auteurs mobilisés par l'auteur me sont peu connus et son analyse et parfois difficile à suivre. C'est le cas en particulier de ce troisième livre que je suis loin d'avoir compris dans sa totalité. J'ai, par exemple, eu plus de plaisir à lire Surveiller et Punir qui possède une place importante dans ma bibliothèque.

Image: Éditeur

30/08/2014

Histoire de la sexualité 2: L'usage des plaisirs par Michel Foucault

Titre : Histoire de la sexualité 2: L'usage des plaisirsproduct_9782070746736_195x320.jpg
Auteur : Michel Foucault
Éditeur : Gallimard 1984
Pages : 339

Je continue dans mon exploration de la pensée de Foucault. Après avoir lu Surveiller et Punir et la premier tome de l'Histoire de la sexualité je me lance dans l'Usage des plaisirs le second tome de la l'Histoire de la sexualité. Je ne suis, bien entendu, pas un expert dans la pensée de Foucault je vais donc tenter de montrer au mieux de quoi ce tome est fait.

Tout d'abord, il faut noter que Foucault a changé son programme. Dans ce second tome il inaugure une étude de la sexualité dans l'antiquité. Il commence par les sources grecques. Celles-ci possèdent plusieurs thèmes que Foucault place en 5 parties. Le premier, "la problématisation morale du plaisir" est un moyen pour le philosophe de comprendre comment la Grèce antique pensait le plaisir. Y avait-il des pratiques considérées comme immorales et, donc, interdites, ou alors un autre modèle? Cette première partie lui permet de poser le décor pour le reste du livre qui analyse plus précisément les choses. Dans la seconde, intitulée "Diététique" Foucault montre que ce qui importe n'est pas la moralité de tel ou tel acte. Non, ce qui est pensé c'est la mesure avec laquelle on accomplit les actes. L'homme grec, car on parle surtout d'hommes dans les sources que Foucault utilise, doit se contrôler pour ne pas tomber un usage désordonné des plaisirs. Cet ordre se forme non seulement pour l'acte sexuel mais aussi pour les plaisirs que peuvent être la boisson et la nourriture.

La troisième partie, "Économique", examine le fonctionnement de la société grecque face aux relations sexuelles et la quatrième partie, "Érotique", étudie ce même sujet au point de vue des garçons. Alors que la femme, dans le mariage, est subordonnée mais libre le garçon est égal, ou du moins le deviendra, et libre. Ceci implique un fonctionnement différent de la relation. Les femmes sont censées obéir et former une maisonnée. Les garçons doivent résister aux attentes mais aussi, et surtout, devenir des amis après avoir été des amants. Bien que les relations sexuelles ne soient pas pensées de la même manière qu'aujourd'hui, l'homosexualité n'existait pas en tant que catégorie, cela ne veut pas dire que les relations doivent être identiques. Foucault termine son livre sur un essai qui analyse ce que serait le vrai amour.

Il faut bien le dire: la lecture n'est pas facile. Foucault n'a jamais été un philosophe dont l'accès était aisé. Ceci est encore plus vrai que cette histoire de la sexualité lorsque, comme moi, on n'a pas une culture très approfondie de l'histoire antique grecque. De nombreux termes grecs me sont inconnus bien que les sources utilisées ne soient pas toutes méconnues de ma part. Bien que la lecture ne soit pas facile, et que je ne puisse pas affirmer avoir compris l'entier du propos, je pense que ce tome permet de remettre en question certains propos qui sont tenus aujourd'hui. Au lieu d'une existence naturelle des relations entre hommes et femmes Foucault montre, ici, que celles-ci sont pensées différemment dans l'histoire et que même dans une époque donnée il existe un grand nombre de discours différents. Ce livre est donc un bon moyen de démontrer que la morale est avant tout une construction culturelle et qu'elle peut se modifier selon les époques.

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29/06/2014

Histoire de la sexualité 1: La volonté de savoir par Michel Foucault

Titre : Histoire de la sexualité 1: La volonté de savoirproduct_9782070295890_195x320.jpg
Auteur : Michel Foucault
Éditeur : Gallimard 1976
Pages : 211

J'aime beaucoup Foucault. Je l'ai souvent lu dans le cadre de mes études et j'ai trouvé ses thèses très stimulantes. Je n'avais jamais pris le temps de le lire pour mon propre intérêt. Il fallait bien que je m'y mette un jour et pour me lancer j'ai décidé de commencer par son Histoire de la sexualité. Je présente ici – ou plutôt je vais tenter de présenter – le premier tome de cette histoire intitulé La volonté de savoir.

Ce tome est construit en 5 parties. La première et la seconde permettent à Foucault de mettre en question ce qu'il nomme l'hypothèse répressive. Autrement dit, l'idée que la sexualité à été réprimée et que ce n'est que récemment, lors des événements de 68, que celle-ci a pu commencer à s'exprimer. Foucault pense, au contraire, que ce qui s'est mis en place est une manière de parler de la sexualité. Ces discours sont non seulement nombreux mais aussi très divers dans leurs caractéristiques. Ils sont aussi bien légaux que médicaux ou encore psychiatriques et scolaires. La troisième partie permet à Foucault de présenter l'un de ces discours sur la sexualité. C'est le discours scientifique. Il montre que celui-ci veut montrer le réel du sexe. On y trouve un mécanisme que Foucault montre sous la forme du concept de l'aveu. Car ce discours vrai est basé sur la parole des individus qui doivent dire la vérité à des personnes qu, ensuite, interprètent et classe scientifiquement ce qui a été dit. La quatrième partie permet à l'auteur de programme ce qu'il compte faire. Il y discute méthode et chronologie tout en précisent ce qu'il entend sous certains termes. On y trouve donc à la fois une présentation de la pensée de Foucault mais aussi un programme de recherche. Enfin, la dernière partie permet à Foucault de discuter de ce qu'il nomme le pouvoir de vie et de mort. Il y démontre que, selon lui, le droit de mort a été supplanté par une gestion de la vie. Gestion de comment vivre mais aussi, et surtout, de comment procréer.

Cette présentation est, bien entendu, très incomplète. Il faut prendre en compte la complexité de la pensée de Foucault et le lien important entre ses divers travaux mais aussi avec sa vie même. Foucault écrit pour expliquer ce qui est en train de se dérouler maintenant alors qu'il tente d'agir dans la société sur le sujet. Ainsi, son livre sur les prisons est contemporain de son action dans les prisons. Lire Foucault et le comprendre implique donc de relire ses textes mais aussi de lire entre les textes. C'est la raison pour laquelle je ne peux pas annoncer faire une présentation parfaite en si peu de lignes d'un livre stimulant, facile à lire, mais difficile à comprendre. Je ne peux qu’espérer avoir intrigué.

Image: Éditeur