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  • Philomena

    Nous avons tous entendu parler du scandale des adoptions forcées en Irlande. Certaines personnes savent même que ces pratiques ne sont pas seulement irlandaises. Ce film parle de l'un de ces scandales. Philomena est une femme qui pleure la perte de son premier enfant qui aurait dû avoir 50 ans. Sa fille n'était au courant de rien ni personne d'autre d'ailleurs. Mais cette fois elle souhaite vraiment savoir ou se trouve son fils. Elle prend donc contact avec un ancien journaliste récemment expulsé de son travail à Downing Street, Sixsmith. Bien que les pistes irlandaises ne donnent rien il et elle continuent leur quête aux USA. Ce voyage leur permettra d'apprendre plusieurs choses sur le fils de Philomena et sur les raisons de l'adoption.

    On le sait, le début du XXe siècle ne fut pas le plus facile pour les personnes un peu marginales. De nombreuses institutions s'occupaient d'elles et pouvaient les enfermer plusieurs années sans se justifier. Mais ce film n'explore pas vraiment ce coté de l'histoire. Il préfère se concentrer sur la relation entre deux personnes: un journaliste et politicien désabusé et choqué par ce qu'il découvre et une femme qui tente seulement de retrouver son fils et non de trouver des coupables. Ainsi, les deux personnages interagissent selon des buts différents et des moyens différents. Alors que Sixsmith observe le récit comme un journaliste qui souhaite pointer du doigt des personnes Philomena cherche des informations. Les deux personnages sont magnifiquement joués par les deux personnes qui ont été choisies pour cela. Leur duo fonctionne parfaitement bien et c'est toujours un plaisir d'observer Judi Dench à l'écran.

    • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

    • Twilight.

    • Film de vacances.

    • Bon scénario.

    • Joss Whedon. Un film magnifiquement joué sur un thème qu'il aurait été facile de tourner vers le pathos. Le choix de ne pas expliquer le contexte mais d'observer deux personnes est, à mon avis, une magnifique idée.

    Image: Site officiel

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  • Shadow Dancer

    Nous sommes en 1973, une petite famille vit en Irlande comme si de rien n'était malgré les troubles de l'époque. Un petit garçon est envoyé par sa sœur à l'extérieur parce qu'elle ne veut pas acheter les cigarettes de son père. Tout semble bien aller à l'intérieur de la maison mais les rares images de l'extérieur montrent que quelque chose se passe. Le petit garçon a été abattu en pleine rue par un tireur non-identifié. 20 ans plus tard une femme se trouve à Londres dans le métro. Elle abandonne un sac avant de prendre la fuite. Heureusement celui n'explose pas mais elle est arrêtée par le MI5 qui lui offre un choix: la prison à vie ou collaborer et espionner sa propre famille.

    Comme tous les bons thriller ce qui compte dans ce film ce n'est pas l'action mais l'aspect psychologique et les luttes de pouvoirs dans des administrations aussi tentaculaires qu'obscures. Il y a deux aspects dans ce film. Tout d'abord l'héroïne qui tente de cacher son espionnage au MI5 tout en aidant l'IRA pour éviter les soupçons alors qu'elle semble ne pas véritablement croire en l'action violente. De l'autre nous avons l'agent du MI5 qui fait tout pour protéger son agente menacée par des décisions de l'agence. N'y aurait-il pas quelque chose de caché derrière cette nouvelle informatrice. Tout ceci est formé sur le contexte de la lutte armée pour l'Irlande et contre l'Angleterre. Belfast est remplie de soldats et de policiers lourdement armés qui agissent en présence d'une population probablement hostile qui peut cacher des terroristes. Le moindre regroupement peut cacher des membres de l'IRA et même un enterrement est sous contrôle de la police pour éviter l'hommage militaire. Pourtant, il est toujours possible de vivre plus ou moins normalement.

    Image: Allociné

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  • Albert Nobbs

    Albert Nobbs s'annonçait comme le rôle d'une carrière pour Glenn Close. Cet homme est l'un des employés les plus méticuleux d'un hôtel irlandais. Le service y est irréprochable et Albert est le plus talentueux de tous les employés. Ses manières et ses attentions sont parfaites et accordées très exactement aux préférences personnelles de chacun des pensionnaires de l'hôtel. Mais Albert Nobbs n'est pas un homme c'est, en fait, une femme travestie qui a organisé ce déguisement pour pouvoir, semble-t-il, survivre dans le contexte d'une crise économique particulièrement forte. Albert a aussi un rêve. C'est de s'acheter un petit magasin dans lequel il vendrait du tabac de la meilleure qualité à la noblesse locale. Tout serait parfait si, en plus, une femme pouvait y être associée. Nous suivrons dont Albert dans sa quête en direction de son rêve face à l'arrivée d'un jeune homme qui, lui, veut partir aux Amériques.

    Avant d'aller voir ce film je me suis beaucoup demandé si Albert est une femme déguisée en homme ou un homme dans un corps de femme. Le film ne répond pas directement à la question et offre des indices contradictoires. Nous avons aussi bien une scène lors de laquelle le prénom masculin d'Albert est revendiqué comme une identité ce qui pourrait nous faire conclure à une identité masculine du héros. D'un autre coté, il y a aussi une scène qui est l'occasion de montrer Albert "retrouver" son identité de femme qu'elle réincarne avec un plaisir évident. Il est donc difficile de conclure sur cette question et chaque spectateurs pourra se faire sa propre idée.

    Mais ce film est aussi l'occasion de confronter deux rêves en courtisant l'une des serveuses de l'hôtel. Le jeune homme a le rêve insouciant d'un futur inconnu dans un monde inconnu. Une aventure qu'il organiserait avec la femme qu'il a choisie et qu'il aime avec passion. Albert agit de manière profondément contradictoire. En effet, il offre à la même femme un rêve organisé et précis. Albert sait exactement ou il va et comment il y va et donc offre une vie parfaitement réglée mais, peut être, sans le frisson de l'aventure. Nous avons aussi le décor proprement dit. L’hôtel est l'occasion de nous montrer de nombreux secrets. Les pensionnaires peuvent avoir des liaisons avec le personnel et la propriétaire cache un cœur de pierre sous des paroles de velours. C'est un décor dans tous les sens du terme dans lequel chacun des personnages joue un rôle en accord avec la place qu'il est censée posséder mais qui a aussi tout a fait conscience du jeu qu'il joue dans cette comédie. À coté de ces personnages il y a le seul qui soit vrai. Paradoxalement c'est aussi un travesti. Une femme qui a réussi à s'organiser en couple avec une autre femme et qui cache son identité biologique tout en revendiquant une identité masculine qui en fait, probablement, le personnage qui ment le moins dans tout le film. C'est aussi grâce à lui qu'Albert commencera à vouloir être heureux. Je terminerais par le jeu des acteurs qui est, à mon avis, très bien maîtrisé. Je trouve que Glenn Close, en particulier, incarne parfaitement son personnage. Ce sera probablement le film dont on parlera quand on fera la rétrospective de la carrière de cette actrice.

    Image: Allocine

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  • L'Irlandais / The Guard les policiers sont comme les oignons, ils ont des couches

    Après mon dernier film j'ai voulu regarder quelque chose d'un peu plus léger. C'est pourquoi je suis allé voir un film dont la bande annonce m'intriguait: The Guard. Je commencerais tout de suite par dire que, comme d'habitude, le titre anglais est bien mieux que la traduction française. Nous suivons donc la vie d'un policier Irlandais, Boyle, dans un petit village proche de l'une des côtes de l'Irlande. Boyle n'est peut-être pas un flic commun mais il fait bien son travail. Même si il doit essayer de comprendre pourquoi un homme que personne ne connaît est mort dans l'une des maisons de son village avec des signes de satanisme. L'arrivée d'un agent du FBI Everett le détournera, temporairement, de ce mystère. En effet, le FBI pense que l'Irlande va être utilisée pour un trafic important de drogue. Tous les agents sont donc mis à contribution pour trouver et arrêter les trafiquants. Il se trouve que, justement, le mort sur lequel Boyle enquête est l'un de ces trafiquants. Everett va donc suivre ce flic dans son petit village pour essayer d'enquêter.

    Le ton du film est tout de suite revendiqué. Une voiture avec des jeunes qui roulent bien au-dessus des limites, un accident ou ils meurent tous et Boyle arrivant, prenant un peu de drogue dans la poche de l'un des jeunes et commentant après l'avoir ingérée "It's a fucking beautiful day!". Cet humour noir ou plutôt sarcastique se retrouve dans tout le film. C'est aussi l'une des principales raisons pour lesquels j'ai apprécié ce film. En fait j'ai du mal à choisir ce que j'aime le plus. Est-ce que ce sont les paysages irlandais avec leur lot d'irlandais bougons? Peut-être est-ce aussi les trafiquants. J'ai beaucoup aimé écouter ces trois personnages philosopher sur leur vie et sur la facilité avec laquelle ils corrompent les policiers. L'un des trafiquants, par exemple, avoue prendre des anti-dépresseurs à cause du stress de son boulot. Boyle est aussi un personnage remarquable et je trouve qu'il est parfaitement joué. Réussir à incarner ce flic étrange qui avoue prendre de la drogue et qui ne crache pas sur le service des prostituées mais qui réussit aussi à tout comprendre avant tout le monde n'a pas du être facile. C'est probablement l'un des personnages les plus sympathiques de ce film. Je ne regrette donc pas mon ticket et je conseille largement ce film.

    Image: Site Officiel

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