james bond

  • James Bond. Spectre

    Ce soir je me suis rendu au cinéma afin de voir le dernier Bond. L'aventure débute après Skyfall. Bond se trouve à Mexico durant la fête de la mort. Tout se passe relativement bien jusqu'à ce que Bond fasse ce qu'il fait toujours : tout faire exploser et causer un accident diplomatique international. Retourné à Londres il apprend que M n'a plus vraiment confiance en lui et souhaite le suivre de très près. Plus important, les activités de Bond et du secteur 00 sont critiqués, à nouveau, au niveau du gouvernement. Un plan est mis en place qui consiste à fusionner le MI6 avec un nouveau service sous le contrôle de C. Ce service n'utilisera plus d'agents de terrain mais l'information, la surveillance totale et des drones. Il ne reste que trois jours avant que le MI6 cesse d'exister. C'est peu pour suivre la dernière piste de Bond. Celle-ci semble le conduire vers une organisation qu'il a déjà croisée lors des dernières affaires : Spectre.

    Il y a trois aspects dans ce film. Le premier concerne le passé et la famille de Bond. On en avait déjà beaucoup appris dans Skyfall. Cette fois on apprend ce qui est arrivé durant l'enfance de Bond alors qu'il se trouvait sous tutelle. Encore une fois, la rivalité est d'ordre familial tandis que le méchant est, d'une certaine manière, le frère de Bond. Cet aspect a tendance à amenuiser le second point. En effet, depuis Casino Royal on entend parler d'une organisation. Bond est sur sa trace à plusieurs reprises sans pouvoir prouver son existence. On avait, en face de nous, une organisation criminelle qui prenait le contrôle de plusieurs secteurs nécessaires pour la survie. Cependant, faire des deux personnages principaux (car les femmes n'ont aucun rôle dans les Bond) des frères rivaux rend l'organisation moins menaçante car l'histoire devient un banal problème entre deux personnes plutôt qu'un problème social. Le troisième aspect concerne des décisions qui ont déjà été prises. Bond et le MI6 se trouvent face à une nouvelle vision des services de renseignements. Les hommes comptent moins que les informations tandis que l'action est robotisée. La récolte d'information est massive et partagée entre services nationaux sans contrôle démocratique. Ce que le film veut montrer c'est d'abord la nécessité d'un contrôle humain sur les renseignements. Tout surveiller ne mène à rien sans un être humain capable de prendre des décisions et responsables devant le peuple. Le contraire ne peut mener qu'à la tyrannie. Ce que le film tente aussi de montrer, et échoue, c'est le danger de la surveillance totale. Dans le film le danger est pour Bond qui est affaiblit, en tant qu'agent de l'État, par les informations, en temps réel, récoltées sur lui. Rien n'est dit sur les problèmes posés pour la démocratie. Pire encore, le film peint ce danger comme extérieur à l'État. C'est un groupe secret, criminel et privé qui incarne les problèmes de la surveillance. L'État n'est jamais pensé. Or, à notre époque ce sont les États qui mettent en place cette politique en ce moment même sans se poser de questions sur les effets futurs pour la démocratie. Le film est donc raté dans son message.

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    *** Ça aurait pu être un bon film. En l'état il n'est pas mauvais mais tout de même raté.
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    Image : Site officiel

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  • James Bond Skyfall (on tombe des nues)

    Je suis allé voir Bond quelque temps après sa sortie histoire de pouvoir trouver des places au cinéma. Après cela j'ai pris un temps de réflexion pour mettre mes idées bien en place dans cette présentation. James Bond... Les deux derniers films en portaient le nom mais pas l'identité. Est-ce que Skyfall a fait mieux? Je tenterais de répondre à cette question durant cette présentation de mon ressenti face au film. Comme d'habitude pour un Bond on commence sur les chapeaux de roues. Bond poursuit à l'aide d'une autre agente un homme qui possède une liste des membres des services secrets infiltrés dans des organisations terroristes. Perdre cette liste serait évidemment un énorme échec pour le MI6. Mais, lors de cette poursuite, Bond est touché par une balle amie et ne peut pas reprendre possession de la liste. Quelques mois plus tard le MI6 est attaqué de front et Bond décide de revenir d'entre les morts pour traquer le responsable.

    Qu'ai-je donc ressenti face à ce nouveau Bond? Bon je vais tout de même commencer par dire que ce film est le meilleur depuis que Pierce Brosnan a quitté le costume. Mais je ne suis tout de même toujours pas convaincu par Daniel Craig qui fait plus armoire à glace que charme britannique. Qui est James Bond. Ce film montre un changement de génération. Bond est un vieux, très vieux, agent du MI6. Il est même l'un des derniers de son espèce. Et les références à l'obsolescence de James sont nombreuses dans le film. Que ce soit le discours de Q face au portrait d'un vieux bateau ou à l'utilité des agents de terrain et de leurs gadgets face aux informaticiens. Ou encore la remise en cause du programme 00 par les autorités britanniques. James est vieux et obsolète. Mais son crime est surtout de ne pas vouloir se retirer et continuer d'utiliser ses compétences alors qu'elles sont de moins en moins appréciées. L'usage d'agents secrets qui agissent dans l'ombre de l'état dans une période ou il est nécessaire de justifier ses activités et de faire la lumière sur elles semble anachronique.

    Vous l'aurez remarqué, je parle de James comme l'un des derniers agents de son espèce. Il en existe un autre. C'est le grand méchant pas beau du film: Silva. Ce dernier n'est pas un simple terroriste. C'est un ancien agent du MI6 accompli qui recherche une vengeance. Il est formé à la même école que James et il peut le battre sur toutes les compétences dont font preuves les agents du programme 00. Silva est surtout James au paroxysme. C'est un homme extrêmement compétent (avec un petit coté Moriarty du Sherlock de la BBC) sans coeur ni remords. Il planifie, il exécute et il réussit sans aucune prise en compte des victimes annexes. Au contraire, il prend plaisir à tuer et montre souvent une joie impressionnante alors que ses plans se déroulent. C'est un parfait psychopathe tout comme Bond. Mais au contraire de ce dernier Silva est un psychopathe incontrôlé.

    Il y a un lien entre Bond et Silva. Celui-ci est M. La cheffe du MI6 est la seule femme que Bond n'a pas réussit à charmer et qu'il respecte un peu. Entre M et Bond il existe une relation presque maternelle. Mais M n'hésite jamais à mettre en danger James si c'est tactiquement utile. Ce qui ne l'empêche pas, de temps en temps, de montrer un peu d'intérêt envers son meilleur agent. Silva a aussi une relation de mère fils avec M. Mais, au contraire de Bond, Silva veut tuer sa mère. Le film est donc, d'une certaine manière, l'occasion de résoudre cette relation œdipienne entre M, Silva et Bond. Et on sait comment cette relation doit se résoudre selon Freud.

    Mais ce dernier Bond est aussi l'occasion de créer un programme pour les prochains films. La résolution des intrigues est construite d'une telle manière que nous pouvons imaginer comment devraient être conçu les suites. Comme je l'ai dit plus haut, James est vieux. La question de son actualité pour de nouvelles générations qui sont nées après la chute du Mur et dans l'informatique se pose. C'est probablement l'une des raisons qui ont poussés les réalisateurs des deux derniers films à moderniser les histoires en brisant certains codes majeurs (gadgets, répliques, etc). Mais, comme il le dit lui-même, Bond a une tendance à ressusciter. Ce film est, en l’occurrence, un gigantesque retour aux sources. Aussi bien dans le cadre de l'intrigue - puisque James revient dans son manoir d'enfance au volant de l'une des anciennes Aston Martin bourrée de gadgets - que dans le programme annoncé. La fin du film remet les choses à leur place tels quelles étaient avant l'arrivée de M et de Pierce Brosnan. M est éliminée et remplacée par un homme formé sur le terrain. La seule femme qui réussit à survivre à Bond prend un travail de secrétaire et se nomme Moneypenny. Bond est accepté ainsi que la programme 00. Mais surtout, la dernière scène montre Bond à l'extérieur du bureau du nouveau M avec Moneypenny qui lui dit d'entrer. Les James Bond reviennent aux sources. Mais se pose la question de la réussite future de ce retour. En effet, James Bond est un tueur psychopathe misogyne sans pitiés ni remords. En bref, c'est salopard machiste. Les derniers films, grâce à une femme forte à la tête du MI6, permettaient de montrer que les valeurs machistes de Bond n'étaient plus en adéquation avec une société qui avait changé depuis la Guerre Froide. Sans cette femme forte ne risque t'on pas de retourner vers un machisme sans aucune retenue des Bond?

    Image: site officiel

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  • Quantum Of Solace

    Le nouveau Bond est sorti il y a déjà longtemps mais je voulais en parler. Pour situer l'action, nous retrouvons Bond aux prises avec son désir de revanche après la mort de son aimée, recherchant ses exécutants. Par cette quête il dévoile l'existence d'une organisation secrète aux multiples ramifications. Nous découvrons un Bond qui n'est pas encore Bond, torturé, brutal, égoïste, manipulateur et sans pitié. Mais, à mon avis, cet égoïsme est le véritable Bond. C'est un bon film mais brutal dans ses images et dans sa psychologie même si il y a quelques notes d'humour, bien que loin de l'ironie de Bond, parsemé ici ou la.
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    Image: allocine.fr