04/03/2017

Jingo (Discworld 21, Citywatch 4) par Terry Pratchett

Titre : Jingo (Discworld 21, Citywatch 4)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 1 novembre 1998
Pages : 416

Ankh-Morpork est la ville la plus grande du Disque-Monde. Dans le passé, elle était à la tête d'un empire sans commune mesure dans l'histoire. Actuellement, Ankh-Morpork est une ville cosmopolite sans armée (mais qui possède les dettes de tous les pays voisins). Tout fonctionne plus ou moins bien dans une ville qui abrite tous les peuples du monde avec les envies de se taper dessus qui vont avec. Les guildes tiennent tout cela en place avec la garde de la ville de plus en plus puissante sous l'égide de Vimes. Cependant, au milieu de la mer qui séparer Ankh-Morpork de l'empire klatchien, une petite île sort des eaux. Un lieu particulièrement important stratégiquement parlant. Mais qui possède les droits sur ce territoire? Rapidement, les personnes de bonnes volontés laissent la place à des personnes en quête de gloire et tout le monde commence à parler de la nécessité d'une guerre.

Jusqu'à maintenant mon tome préféré était Small Gods. Bien qu'il reste bien haut dans la liste j'avoue qu'il a laissé la place à ce tome 21. Terry Pratchett a réussi un coup de maître. Non seulement l'intrigue est maîtrisée mais les situations et les dialogues sont hilarants! Et si cela ne suffisait pas, Pratchett réussit à traiter de nouveaux thèmes presque à la perfection.

L'un des thèmes traité est assez logique et déjà vu dans le cycle de la garde: les crimes, la vérité et la justice. Mais, bien plus important, la question se pose des crimes trop importants pour être vus et traités par la police. Durant le tome, plusieurs personnages insultent Vimes que ce soit en parlant de son intelligence, de son rôle de chien de garde ou encore son métier. En effet, le rôle de la garde est de faire en sorte que la ville fonctionne en paix et, pour cela, s'attaque aux incivilités et aux crimes. Mais que faire lorsque les criminels ne sont pas les pauvres et les impuissants mais les personnes en charge des décisions politiques. Pire encore, que faire lorsque ces mêmes hommes sont adorés par une population prête à les suivre? Si l'on lit un peu attentivement, on observe que la réponse de Pratchett tient en peu de mots: la publicité internationale et l'humiliation.

Ce qui me permet de parler du second thème qui me semble important: la guerre. Ou, plus précisément, les effets des discours guerriers sur la population. Ici, Pratchett décrit des patriotes, des guerriers, des généraux mais aussi des profiteurs et surtout des incompétents. Même le début du conflit est ridicule! Mais Pratchett montre qu'un conflit ridicule n'en a pas moins des effets importants. Il commence par décrire une ville en proie au racisme qui commence à s'en prendre aux personnes qualifiées d'ennemies simplement parce qu'elles viennent d'ailleurs (même lorsqu'elles sont nées sur place). Pratchett décrit la perte du pouvoir civil face au pouvoir militaire qui peut mettre en place des mesures illégales sans en répondre devant la loi, car le pouvoir militaire n'est pas celui des procédures mais celui des armes. Le tome permet aussi d'observer des personnes parfaitement ordinaires souhaiter se battre et devenir des soldats au nom d'un idéal patriotique. Il y a de nombreuses références, que ce soit Jules César ou encore les plumes blanches offertes aux lâches lors de la Première guerre mondiale. Pratchett écrit de très bonnes scènes qui touchent au cœur du problème tout en faisant rire.

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***** À mon avis, l'un des deux meilleurs tomes sur les 21 que j'ai lu pour l'instant.

Image: Site officiel

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