justice

  • RoboCop

    RoboCop un film que date de pas mal d'années est revenu sous les écrans sous la forme d'un remake. Alors oui les remakes sont un moyen pour les industries du cinéma de se faire de l'argent quand elles n'ont pas d'idées. Heureusement, ça peut aussi permettre de remettre au goût du jour certains films cultes voir de leur donner une nouvelle gloire face à la  génération qui n'a pas connu ces films à l'époque. Nous sommes donc dans quelques dizaines d'années. Alors que la politique étrangère des USA se base sur l'usage de drones à la fois terrestre et aérien loués à une compagnie privée l'usage de ces robots est toujours interdit sur le sol national. Mais le lobby est intense et l'insécurité des villes américaines permet au plus grand constructeur du pays, Omnicorp, de vendre l'idée d'un homme transformé en robot. Le choix se porte sur un policier victime d'un attentat à la bombe. Mais ou se trouve la limite entre robot et humain?

    Que penser de ce film? Selon ce que je sais la plupart des aspects de l'original sont présents. Mais on ajoute un côté moderne à l'aide de polémiques récentes sur l'usage de drones ainsi que sur les mercenaires. Ainsi, sous couvert de liberté les drones américains font régner un climat de terreur à l'étranger. Climat nié et caché par une émission de TV qui fait penser à la fox (ou il ne faut pas le dire). Dans ce cadre l'usage du robocop est de plus intéressants dans les perspectives actuelles. On se trouve en face d'un homme dans un corps robotique. L'humain est censé prendre les décisions mais l'entreprise décide de prendre le contrôle de son corps et de choisir ce qu'il peut faire ou non. L'humain devient la propriété de l'entreprise. C'est aussi un humain qui a accès à toutes les caméras de surveillance ainsi qu'aux dossiers personnels de tout le monde. Le film montre parfaitement qu'une telle puissance d'information fait de la justice non un choix mais un acte inhumain mécanique. Personne ne peut s'échapper ni choisir. Le robocop est toujours là à surveiller sans prendre en compte ni contexte ni justifications. Cependant, il est dommage que le film ne montre qu'une large acceptation plutôt qu'un débat enflammé tel qu'il est sous-entendu. De plus, les femmes n'ont encore une fois que le rôle de tapisserie.

    • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

    • Twilight.

    • Film de vacances.

    • Bon scénario. Bien réadapté à mon avis, des thèmes intéressants un peu manichéen mais bien mis en scène. Très sympa.

    • Joss Whedon.

    Image: Site officiel

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  • La décadence sécuritaire par Gilles Sainati et Ulrich Schalchli

    Titre: La décadence sécuritairearton212.jpg
    Auteurs: Gilles Sainati et Ulrich Schalchli
    Éditeur: La Fabrique
    Pages: 105

    Pour ceux qui ne s'en seraient pas déjà rendu compte j'ai un intérêt particulier pour les sujets concernant la surveillance et le contrôle des citoyens. Que ceux-ci soient menés par l'état ou des organismes privés. Ce livre concerne la mise en place d'une forme de surveillance et de criminalisation des citoyens au nom de la sécurité. Il est écrit par deux anciens secrétaires du syndicat de la magistrature française ce qui explique, probablement, certaines caractéristiques de ce livre. Ces deux auteurs tentent, donc, de nous brosser le tableau des différentes réformes de la justice qui ont été menées en France. Mais ils font aussi le lien avec une doctrine nord-américaine qui considère que tout acte potentiellement criminel doit être puni fortement pour éviter une supposée extension de ces actes.

    Bref, après une introduction et un tableau historique de la doctrine répressive nord-américaine les deux auteurs nous donnent les effets de ces réformes. Celles-ci, considérant qu'un acte doit être puni sans délai, mettent en place un système judiciaire bureaucratisé qui viole largement certains points fondamentaux de la démocratie. Non seulement la séparation des pouvoirs est mise en péril à cause du contrôle massif de l’exécutif sur les magistrats et la police mais, en plus, les procédures sont accélérées en coupant court aux possibilités d'examens contradictoires et d'une partie des droits de contestation. De plus, la culture du résultat, qui implique financement, implique la police et les magistrats doivent réussir à régler le plus d'affaires avec le moins de temps possibles. Il devient donc de plus en plus difficile de mettre en place une enquête de longue durée sur un crime compliqué alors que l'on peut résoudre quinze affaires mineurs par jours sans trop d'efforts. Mais, bien entendu, sans réussir à vraiment rendre justice.

    A la fin de ce livre on peut considérer que la démocratie et la justice semblent voir été oublié au nom d'un idéal de sécurité qui implique le droit de contrôler tous les citoyens. Mais il n'y a pas que cela. Derrière ce contrôle se cache une cible: les classes dites dangereuses. Celles-ci sont, en effet, de probables contestataires violents qui pourraient créer de larges problèmes à la société actuelle. Il est donc nécessaire d'empêcher que ces classes puissent se révolter d'une manière violente en réprimant tout acte possiblement criminel de celles-ci sans, pour autant, aller à la source du problème. Il est d'ailleurs révélateur que les élites ne soient pas soumises aux réformes menées. Cependant, le lecteur pourrait se sentir frustré dans sa lecture. En effet, les auteurs ne font souvent que mentionner certains cas exemplaires alors que l'on souhaiterait une analyse plus poussée. De plus, le livre manque singulièrement de références scientifiques et médiatiques ce qui nuit à sa crédibilité. Il serait donc souhaitable d'entreprendre un véritable travail de recherche sur le sujet.

    Image: Éditeur

  • Libération de Polanski

    Polanski sera donc libéré moyennant le versement d'une caution. En tant qu'être humain je ne peux que penser que cette affaire, ancienne et dont la victime souhaite l'oublie, doit se terminer. Mais en tant que citoyen je ne peux que m'insurger. Pourquoi donc? Premièrement, la caution est un moyen clair de justice à deux vitesses. Nous nous trouvons face à un cas ou nous permettons à un homme aisé de quitter la prison moyennant finance alors qu'un homme ordinaire, vous, moi, eux, ne pourraient pas bénéficier de cette mesure. Secondement, cet homme a eu un soutient international par d'autres artistes et des politiciens.

    Pourquoi cela me scandalise-t-il? Non seulement ces personnes ne souhaitent pas que la justice puisse faire son travail (au nom de la supériorité de l'artiste?) mais surtout, et c'est la mon problème, ils soutiennent Polanski et non des cas. Je ne conteste pas leurs arguments, ce que je conteste c'est que ces personnes ne soutiennent qu'un homme alors que je suis convaincu que des hommes, encore une fois dit ordinaire, n'auraient pas eu un tel soutient médiatique. Soyons réalistes et soyez honnêtes, aurions nous vu une telle mobilisation pour Roger de Perpetlesouates, camionneur, qui aurait été dans le même cas? Bien sur que non! Vous l'aurez compris ce que je n'apprécie pas c'est que l'impression que certaines personnes puissent être au dessus de la justice des simples mortels et pouvoir s'en sortir alors que de simples mortels seraient encore en prison sans espoir de la quitter.

    Ce que j'apprécie pas c'est l'impression d'une justice a deux vitesses dépendant de l'argent. Ceci étant particulièrement visible dans cette affaire et dans la récente affaire d'accident impliquant trois jeunes russes alors que moi, si j'étais conducteur jeune ayant eu un accident n'impliquant que moi et sans avoir mis en danger une autre personne, j'aurais surement déjà été convoqué au tribunal. Ais-je raison? je ne sais pas.