kropotkine

  • On ne peut pas améliorer les prisons par Kropotkine

    Titre : On ne peut pas améliorer les prisons
    Auteur : Kropotkine
    Éditeur : Les éditions de Londres
    Pages : 28

    Voici le dernier texte de Kropotkine que je possède dans ma liseuse. C'est une conférence donnée par l'auteur en 1887. On nous y parle d'un problème récurrent: les prisons. Comment fonctionnent les prisons et sont-elles vraiment le bon moyen d'éviter la criminalité? C'est une question qu'il est légitime de se poser et que Kropotkine n'est pas le seul à avoir étudiée. Mais, en ce moment, nous parlons de lui. Selon l'auteur, qui a passé du temps en prison, celles-ci ne fonctionnent pas. Ce serait des institutions inhumaines qui ne peuvent pas réussir à redonner l'envie de s'intégrer dans la société. Ceci pour plusieurs raisons. La première c'est que le travail qui y est proposé est mal payé. Les prisonniers y sont des employés au rabais qui pratiquent des travaux répétitifs pour un salaire médiocre. La seconde c'est qu'on ne peut pas imaginer une réhabilitation en créant une promiscuité avec d'autres prisonniers. Ceci ne peut que mener à un esprit de corps contre les gardiens et le monde extérieur (gardiens ayant aussi cet esprit de corps) et un apprentissage des méthodes de larcins et de crimes de manière générale. Peut-on réformer la prison? Kropotkine répond par la négative.

    Je l'ai dit plus haut, la prison est un problème de réflexion récurrent. Michel Foucault y avait aussi réfléchit tout en étant membre d'un groupe de réflexion et d'étude des prisons françaises. Les prisons ne sont probablement pas la meilleure solution pour s'occuper de la petite criminalité comme un premier vol. Mais alors que faire? C'est la que le bât blesse. Kropotkine ne donne pas véritablement de propositions. Pourrait-on imaginer une extension des jours amendes? Non seulement cela permet de vider des prisons mais aussi d'éviter une forte condamnation pour des premiers condamnés. Cependant, comme nous l'avons vu ces dernières années, les jours-amendes sont à la fois inégalitaires et très peu adaptés à la récidive que, selon certains, elle encourage. Peut-être pourrait-on imaginer un usage plus important de l'assignation à résidence via les bracelets électroniques? Mais il y a des risques de rechigner sur le coût. Il y a aussi encore et toujours les individus particulièrement violents ou dangereux que l'on ne peut pas laisser libres de leurs mouvements. Qu'en faire si nous supprimons la prison? Bref, vous l'aurez compris, c'est un sujet que je considére très difficile et loin d'avoir la solution je ne fais que poser des questions. C'est la principale vertu du texte de Kropotkine que de commencer cette réflexion.

    Image: Éditeur

    arton155.jpg

  • Le salariat par Kropotkine

    Titre : Le salariatarton310.jpg
    Auteur : Kropotkine
    Éditeur : Les éditions de Londres
    Pages : 33

    Comme récompenser le travail offert à la société ? Plus important, comment peut-on calculer ce travail ? Ce sont les questions posées par Kropotkine face aux propositions collectivistes. Le salaire, comme offre du patron pour un travail donné par l’ouvrier, ne convainc personne. Le salaire ne rembourse par le travail réel de l’ouvrier et peut-être insuffisant pour une vie de base. De plus, l’échelle des salaires basées sur les diplômes ou la hiérarchie est, selon Kropotkine et l’éditeur, une injustice. Non seulement parce que l’école recrée des inégalités sociales précédentes mais aussi parce que, là encore, ce n’est pas l’utilité réelle qui est récompensée. Mais Kropotkine ne croit pas aux recettes des collectivistes qui consiste à régler le salaire sur une échelle du temps de travail pondérée par l’importance sociale de la tâche. Kropotkine met en doute la possibilité de calculer ce salaire. Comme il le dit, est-ce que le charbon qui est tiré de la mine est exclusivement dû au travail des mineurs ou alors de l’ingénieur ou faut-il prendre en compte les ouvriers qui ont construit les routes pour accéder à la mine ? Un salaire n’est donc qu’une mauvaise base de récompense.

    Mais peut-on vraiment être convaincu par cette petite brochure tirée de la Conquête du Pain ? Personnellement je ne le suis pas et ceci pour plusieurs raisons. Tout d’abord, Kropotkine critique mais ne propose rien. Ses critiques sont convaincantes et intéressantes à plusieurs titres mais son propos aurait gagné à être suivi d’une proposition. Celle-ci, même imparfaite, aurait permis un débat plus important en direction d’une autre solution que le collectivisme. Second point qui me pose problème : Kropotkine ne parle pas des femmes. Son texte est exclusivement consacré au travail des hommes. Presque jamais l’auteur ne s’interroge sur le travail dit féminin. Heureusement, nous avons modifié en partie notre fonctionnement depuis l’époque. Mais Kropotkine ne s’intéresse aux femmes que dans le cas de la maternité. Que faire de la lessive ? De la cuisine ? Du ménage ? Des Travaux qui sont traditionnellement considérés comme féminins et non-rémunérés alors qu'ils sont très largement utiles à la société ! Tout aussi important, pourquoi aucune mention de l’injustice du traitement différencié, encore d’actualité, des salaires entre femmes et hommes ? Je considère donc que ce texte, bien qu’il pose des questions intéressantes, est en grande partie incomplet et en souffre largement.

    Image : Éditeur

  • La loi et l'autorité par Kropotkine

    Titre : La loi et l'autoritéarton176.jpg
    Auteur : Kropotkine
    Éditeur : Les éditions de Londres
    Pages : 39

    Quel est le but de la loi ? C'est une question importante dans une société de plus en plus gouvernée par des lois différentes qui règlent les liens entre individus et avec l'état. La loi serait la garantie que la société fonctionne sur des bases saines. Mais Kropotkine, vous le savez forcément déjà, n'est pas d'accord. Quel est le but de la loi selon Kropotkine? Asservir l'humanité.

    Selon l'auteur les lois sont principalement mises en place pour protéger deux choses : la propriété privée et l'état. Et ces protections sont de plus en plus importantes et de plus en plus dangereuses pour les travailleurs. Car, selon Kropotkine, la propriété est du vol et le gouvernement n'est pas nécessaires. Les protéger implique donc de perdre une liberté essentielle. Mais la loi a aussi pour but de protéger les citoyens. N'est-ce pas louable ? Ici Kropotkine répond par une philosophie de l'humanité différente. Selon lui les humains ne sont pas mauvais par nature mais la forme de la société les rend mauvais. En changeant cette forme nous pouvons donc supprimer la majorité des crimes fait par envie. La protection de la personne devient donc inutile.

    Mais Kropotkine n'est pas entièrement négatif face aux lois. Il identifie deux aspects. J'ai déjà montré le premier aspect mais je n'ai toujours pas parlé du second. En effet, les lois sont aussi une survivance d'une époque qui fonctionnait sur les règles orales. Ces coutumes permettaient de régler la vie en société sans, pour autant, imposer une hiérarchie inique.

    Alors que tirer. Au final, de ce livre ? Je dois bien avouer que l'ai trouvé beaucoup moins convaincant que la plupart des autres textes que j'ai lu. L'explication développée par Kropotkine sur la coutume me semble être une vision un peu fantastique et optimiste de ses effets. Ne pourrais-t-on pas dire que la coutume a aussi mis en place des règles qui sont bien plus difficile à briser par l'absence de normalisations ? Je pense donc que les arguments de l'auteur, dans ce texte, ne convaincront pas grand monde. Ce qui ne devrait pas éviter la nécessité d'une réflexion de fond sur le lien entre les lois et une forme de société loin d'être juste.

    Image : Éditeur

  • La Commune de Paris par Kropotkine

    Titre : La Commune de Parisarton245.jpg
    Auteur : Kropotkine
    Éditeur : Les éditions de Londres
    Pages : 31

    La Commune de Paris instaurée en 1871 n'est pas l'épisode le plus connu de l'histoire de France. Elle est laissée en arrière à coté de la Révolution de 1789. Pourtant, l'épisode de la Commune peut nous en apprendre beaucoup. Comme le dit Kropotkine au début de ce texte les habitants de Paris n'ont pas versé une seule goutte de sang. La révolution s'est faites de manière pacifique et spontanée. Mais cette même spontanéité qui aurait pu échouer est devenu l'une des révolutions les plus intéressantes de l'histoire. Non seulement parce que durant son existence de nombreuses réformes concernant le travail et les droits des femmes ont été faites (réformes très modernes dans leur essence par exemple l'égalité salariale) mais aussi à cause de la manière dont elle a pris fin: un gigantesque massacre.

    Mais Kropotkine ne souhaite pas seulement célébrer un épisode et ses martyrs. Non, son but est d'expliquer pourquoi la Commune a échoué et comment les prochaines révolutions devraient se comporter. L'auteur nous explique que Paris est devenue révolutionnaire grâce à la population et non grâce aux théoriciens. C'est, à son avis, devenu un exemple sur lequel les théories peuvent maintenant se greffer. Un exemple concret a enfin eu lieu. Mais la Commune a échoué sur trois points. Premièrement, elle a accepté la mise en place d'un gouvernement. Selon Kropotkine les représentants ne peuvent que devenir des forces passives dangereuses pour la révolution. Le second point c'est que la Commune n'a pas fait de réformes économiques radicales. Elle aurait oublié de mettre en place un communisme qui peut non seulement augmenter la production mais aussi offrir un minimum à tout le monde. Enfin, et c'est un problème partagé par tout le monde, les villages, le monde rural, ont été oublié. Hors, Kropotkine considère qu'il est nécessaire de comprendre les besoins et aspirations des paysans et paysannes dans le cadre des théories révolutionnaires pour généraliser l'anarchisme au pays dans son entier puis au monde.

    Ce texte a donc comme principal mérite d'expliquer comment l'exemple de la Commune de 1871 peut être utilisé par les théoriciens et les révolutionnaires. Ses propos permettent de comprendre les échecs qu'il observe dans cet épisode mais aussi ses réussites. Plutôt qu'un simple éloge c'est une réflexion.

    Image : éditeur

  • La Commune par Kropotkine

    Titre : La Communearton222.jpg
    Auteur : Kropotkine
    Éditeur : Les éditions de Londres
    Pages : 23

    Comme j'en ai pris l'habitude après un livre de Doctorow je lis un peu d'anarchisme. Le hasard fait que ce texte de Kropotkine est une réponse directe aux critiques qui ont été faites à L'état, son rôle historique ! J'avais moi-même fait quelques critiques. Mais celles auxquelles répond Kropotkine concernent surtout ses exemples. En effet, l'auteur prenait comme exemple les Communes médiévales au XIIe siècle. Ses contradicteurs l'accusent donc de vouloir à l'époque médiévale vue, encore aujourd'hui, comme l'âge de l'obscurantisme. Comment voudrait-on retourner dans cette époque de maladies, de guerres et d'ignorances ?

    Eh bien justement, Kropotkine ne veut pas retourner à l'époque médiévale qui n'est, d'ailleurs, pas aussi atroce qu'on ne le croit. Ce que l'auteur souhaite ce sont des communes modernes. Celles-ci ne se révolteraient pas contre les nobles en oubliant de prendre en compte les inégalités économiques. Elles se porteraient contre l'état et mettraient en place le communisme qui supprimerait les inégalités économiques. Plus important encore, plutôt que de rester dans le cadre de la ville les communes briseraient les remparts pour dépasser leur territoire et s'universaliser par l'exemple. Ces entités se relieraient aussi entre elles dans le cadre de différents réseaux de plus en plus compliqués et qui permettraient de pacifier les relations tout en créant l'échange de biens nécessaire pour le bien commun. C'est une vue en matière internationale assez proche de la vision libérale qui considère l'échange comme moyen majeur de pacification.

    Que peut-on tirer de ce texte ? Son grand avantage est de passer outre le texte précédent pour développer l'idée du concept de commune. Ce concept est commun dans l'anarchisme puisque ce système implique la mise en place du pouvoir depuis le niveau le plus bas possible. Mais que se passe-t-il entre ces entités ? Si on suit Kropotkine il y a la mise en place de réseaux de connaissances et d'échanges qui permettent d'éviter le chaos tout en développant librement chacune des entités. C'est une vision intéressante qui permet de comprendre comme le système anarchiste souhaite fonctionner. C'est, en tout cas, le texte de Kropotkine que je critique le moins.

    Image : Éditeur

  • L'état, son rôle historique par Kropotkine

    Titre : L'état, son rôle historiquearton203.jpg
    Auteur : Kropotkine
    Éditeur : Les éditions de Londres
    Pages : 79

    Nous avons déjà pu lire plusieurs textes qui analysent le rôle de l'état et son influence néfaste selon la philosophie politique anarchiste. Dans ce texte, cette conférence, Kropotkine ne fait pas que dénoncer l'état mais il crée une philosophie de l'histoire. Dans le cadre de cette philosophie il examine aussi la puissance des communes dans un système anarchiste.

    Qu'est ce qu'une commune ? Selon les anarchistes la commune est la partie fondamentale du système politique. C'est depuis elle et par elle que se construit le système. Kropotkine tente de démontrer que la Commune, en prenant le XIIe siècle en exemple, est le point fondamental de toutes les activités et de tous les progrès humains. En effet, selon Kropotkine, le XIIe siècle a connu une poussée des communes qui se sont reliées, alliées, qui ont créé leurs propres milices et juges ceci en indépendance face aux pouvoirs princiers et ecclésiastiques. Ces communes se sont développées jusqu'à devenir les centres philosophiques et scientifiques du monde.

    Mais Kropotkine y développe surtout une vision de l'histoire. Je pense que nous sommes tous familiers avec la vision marxiste de l'histoire qui considère que l'explication majeure est la lutte des classes jusqu'à la destruction de ces dernières. Beaucoup considèrent que l'histoire a un sens en direction du progrès. Kropotkine utilise une philosophie différente. Pour lui, dans cette conférence, l'histoire se construit depuis les tribus jusqu'à l'état. Il considère qu'il y a une évolution quasiment biologique des tribus en commune, des communes en villes puis des villes en état. C'est une évolution en partie positive puisque les villes sont les avatars les plus puissants des communes. Mais les états sont la mort de ces dernières. Les états impliqueraient la corruption et la décadence et ces derniers sont destinés à mourir pour redonner naissance à un nouveau cycle.

    Il est dommage que les deux points les plus importants de ce texte soient aussi les deux points qui me paraissent le plus problématique. Tout d'abord, je trouve que Kropotkine a une vision enchantée de l'histoire. Une vision en blanc et noir qui voit les communes comme les championnes de la liberté et la naissance de l'état primitif comme le mal absolu. Je ne dis pas que je renie mes croyances anarchistes. Mais je pense que l'histoire du XIIe siècle est légèrement plus compliquée que ne le pense Kropotkine. Malheureusement je ne suis pas un expert. Mais je peux au moins dire que les pactes qu'il utilise pour prouver l'existence des alliances entre communes mentionnent aussi, si mes souvenirs sont bons, la loyauté envers un noble plus ou moins important. On est loin de la vision des communes comme ultime rempart de liberté face aux nobles. Le second point qui me pose problème est cette philosophie de l'histoire. Suite à mes études je trouve difficilement acceptable de donner un sens rationnel à l'histoire. Cette dernière est avant tout le résultat du hasard dans un cadre socio-économique et culturel. On ne peut pas donner un sens arbitraire à ce que l'on observe sans être subjectif et sans perdre de vue des explications alternatives. L'histoire ne doit pas se voir comme un fleuve qui se dirige vers une direction connue à l'avance mais comme un arbre dont les racines et branches forment des possibilités. Ces deux critiques sont les principales raisons pour lesquelles ne trouve ce livre très peu convainquant.

    Image : Site de l'éditeur

  • L'esprit de révolte par Kropotkine

    Titre : L'esprit de révoltearton78-79036.jpg
    Auteur : Kropotkine
    Éditeur : Les éditions de Londres
    Pages : 32

    Je reste toujours dans la philosophie libertaire avec ce nouveau texte de Kropotkine. La question qui est à la source de ce texte concerne la révolution. Comment et pourquoi une révolution s'enclenche-t-elle ? Selon l'auteur il y a des points communs entre les révolutions et ceux-ci se trouvent dans leurs déclencheurs. On peut observer une situation révolutionnaire par le contexte qui l'entoure. Les hommes politiques perdraient tous crédits alors que les réformes sont de plus en plus demandée par des personnes qui sont de plus en plus convaincues qu'il est nécessaire d'impulser non une réforme mais une recréation du système. Mais comment peut-on faire en sorte que la population passe à l'acte ? Selon Kropotkine il n'est pas inutile mais peu utile d'élaborer un appareil théorique. Il est bien plus utile de mettre en place des actions contestataires même quand la situation ne se prête pas à une révolution. L'intérêt est d'être la pour que la population se souvienne des luttes engagées par ces individus et les suivent au besoin. La propagande, bien qu'il n'utilise pas ce terme, est aussi un moyen. Les pamphlets, les affiches corrosives, l'humour sont des armes puissantes quand on souhaite décrédibiliser les gouvernements. Pour nous prouver ce qu'il avance il est intéressant de voir que Kropotkine utilise des exemples lié à la Révolution française.

    Que penser de ce petit texte ? Je trouve que l'intérêt affiché par Kropotkine pour l'action directe (et non pas le terrorisme) est justifié. Agir concrètement dans les rues ou en essayant de mettre en place des formes alternatives permet de montrer que ce que l'on professe est possible et peut fonctionner. Cependant, je pense que l'attaque vive de l'auteur contre les théories sont malheureuses. À mon avis, et bien que je sois aussi en faveurs des actions concrètes, une théorie bien pensée permet d'éviter les flottements et de comprendre ce que l'on souhaite construire. Alors qu'une théorie mal construire ou floue sera rapidement mise à mal par les actions concrètes et les opposants. Puisque j'ai fait un peu de sociologie des mouvements sociaux et des révolutions les passages ou l'auteur utilise la Révolution française pour exemplifier ses propos m'ont permis de vérifier l’acuité du propos. Je peux donc dire, sans trop rentrer dans les détails car je suis loin d'être un expert, que Kropotkine est loin d'avoir raison. La manière dont il considère les membres de la future constituante, par exemple, oublie que ces mêmes membres sont passés de bourgeois à révolutionnaires. Les paysans ne sont pas les seuls à avoir réagi et je doute qu'ils aient été les moteurs de la Révolution. Les descriptions que l'auteur fait des résistances paysannes sont intéressantes mais, ceci devait bien entendu être validé, je pense qu'il vaudrait mieux les apparenter à une résistance dans le cadre d'un système que comme des mouvements révolutionnaires. Bref, même si ce texte est intéressant il souffre de nombreuses erreurs et lacunes pour un lecteur contemporain.

    Image : Éditeur

  • L'anarchie, sa philosophie, son idéal par Kropotkine

    Titre : L'anarchie, sa philosophie, son idéal
    Auteur : Kropotkine
    Éditeur : Les éditions de Londres
    Pages : 50

    Voici le second texte de Kropotkine que je lis. Le premier tentait de définir la philosophie de l'anarchisme et c'est aussi le cas de ce second texte. Il était destiné à une conférence à la fin du XIXe siècle. Kropotkine essaie donc d'y définir la philosophie de l'anarchisme. Il commence par un constat. De nombreuses personnes considèrent que l'anarchisme est la simple destruction de toute civilisation et les anarchistes des terroristes ou des doux-rêveurs. C'est une conception encore largement partagée de nos jours. Mais l'anarchisme ce n'est pas la destruction, c'est surtout la reconstruction d'une société dans une direction plus juste, plus libre et plus égalitaire. Celle-ci serait, selon Kropotkine, un processus inéluctable qui aurait déjà commencé dans les différentes sciences. En effet, de l'étude du centre on est passé à l'étude des petites choses (ou des personnes). L'anarchisme de Kropotkine a donc quatre principes qui sont résumés par la préface. Tout d'abord la fin de l'exploitation et de la domination des masses par une minorité, ensuite la mise en place de la liberté dans l'action et la solidarité par la dissolution de l'état, bien entendu un individualisme important et enfin la fin des lois défendues et mises en place par l'état pour des contrats libres.

    J'avoue que j'ai un peu plus de mal avec Kropotkine qu'avec Bakounine. Peut-être que le style de l'auteur ne me convient pas ? Ou alors il y a une subtilité dans les idées de Kropotkine que je n'ai pas encore consciemment identifiée mais qui ne me convient pas. Ce qui n'implique pas que je ne sois pas, au niveau général, d'accord avec l'auteur. Je mettrais tout de même un bémol à l'individualisme que prône Kropotkine. J'ai toujours considéré que l'anarchisme était plus proche du libéralisme, dans ses idées principales, que beaucoup ne le croient. L'anarchisme, comme le libéralisme, fait preuve d'une grande méfiance face à l'état et considère que l'individu est capable de beaucoup. Cependant, le libéralisme laisse la main libre au marché (du moins en théorie) alors que l'anarchisme tente de changer radicalement le système économique et social. Je ne suis pas certain d'avoir déjà une réflexion mûre sur le sujet mais je suis tenté de dire que l'individualisme de Kropotkine est peut-être trop prononcé. Je pense que le système décrit par Bakounine serait plus réaliste et plus fonctionnel.

    Image : Site de l'éditeur

    arton128.jpg
  • Le principe anarchiste par Kropotkine

    Titre : Le principe anarchiste
    Auteur : Kropotkine
    Éditeur : Les éditions de Londres
    Pages : 16

    Qu'est ce que l'anarchisme ? Est-ce la simple destruction de l'ordre ? Est-ce l'absence d'organisation sociale ? Pour Kropotkine l'anarchisme commence par être une négation. Une parole qui dit non à l'autorité et à l'état. Mais est-ce simplement ça ? Non, pour Kropotkine l'anarchisme est un principe philosophique qui se heurte à un principe opposé. L'anarchisme c'est le principe de la liberté contre le principe du contrôle, de l'autorité coercitive. Quand on défend le principe anarchiste on défend donc une idée de liberté. Outre cette liberté l'anarchisme est aussi un espoir. La possibilité- la nécessité ? - d'une reconstruction de la société en profondeur en direction d'un ordre plus juste, plus humain. L'anarchisme est donc autant un acte qu'une pensée philosophique.

    Difficile d'écrire plus sur un texte aussi court. En effet, sur les 16 pages de ce livre il y en a la moitié qui sont consacrées à une préface et à une biographie succincte de l'auteur. Loin de moi de critiquer ces deux aspects. La préface donne des idées intéressantes et la biographie permet de situer l'auteur dans une époque même si elle est courte et très descriptive. Ce livre permet surtout de donner une idée précise de ce qu'est l'anarchisme. D'une simple négation on passe à l'idée d'une pensée philosophique qui considère la nécessaire réforme de la société. Plutôt qu'une thèse destructrice on découvre donc que l'anarchisme est aussi un principe philosophique de construction sociale. Car la négation d'une certaine forme d'état n'implique pas forcément la négation de toute forme de société. On pense simplement que certaines caractéristiques des sociétés actuelles sont dangereuses pour la liberté humaine.

    Livre disponible sur le site des éditions de Londres

  • La morale anarchiste de Kropotkine

    Titre: La morale anarchiste41dWnh71sRL._SL500_AA240_.jpg
    Auteur: Kropotkine
    Éditeur: Editions de l'aube 2006 (Kropotkine 1889)
    Pages: 75

    Pourquoi avoir lu un livre sur l'anarchisme? C'est en fait assez simple. Lorsqu'on souhaite critiquer ou connaitre un mouvement il est nécessaire de lire ses textes. Bien sur je ne peux pas critiquer l'anarchisme après n'avoir lu que ce petit livre. Mais c'est un début. Kropotkine est un anarchiste russe du XIX siècle. Il a donc connu les multiples attentat sur le Tsar et a vécu dans une époque ou les anarchistes étaient capable de frapper presque partout. Comme beaucoup de penseurs de l'époque il vient de l'aristocratie ce qui lui a permis de réfléchir sur le système et de s'indigner. D'ou ses croyances idéologiques.

    Ce livre se base principalement sur le problème de la morale traditionnelle venant de la religion et de l'état. A cette morale qu'il pense non pertinente et avilissante pour l'être humain il veut en substituer une autre. Celle "nouvelle morale" est basée sur la solidarité entre membres de l'humanité. Un sentiment de solidarité qu'il postule naturelle ce dont il cherche les preuves dans la nature même. C'est pourquoi on le voit utiliser des exemples comme les fourmis ou les oiseaux. Bien que ceci puisse faire sourire (on n'argumente plus de cette manière) l'idée de solidarité comme moyen de vivre ensemble reste une belle idée. Selon Kropotkine celle-ci est plus puissante comme force d'évolution que la concurence entre les espèces et dans l'espèce. Cette solidarité naturelle, logiquement, rendrait caduque le système dit coercitif de l'état puisque les humains sont tout a fait capable de vivre ensemble sans avoir besoin du concours des lois. Donc, oui c'est un livre idéologiques mais son idée principale, si on ne prend pas en compte l'argumentation, est intéressante bien qu'elle ne m'ait pas vraiment convaincu. Je pense encore que l'anarchisme est une utopie et que l'homme aura toujours besoin d'institutions au dessus de lui.

    Image: Amazon.fr