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  • Der Kreis - Le Cercle - The Circle

    Hier soir j’ai eu la chance d’aller voir l’avant-première du film Der Kreis. Celle-ci se continuait avec une séance de questions réponses posées à l’équipe du film ainsi que deux personnes ayant vécu les événements. Le film, lui, s’est terminé par une standing ovation largement méritée. Durant les années 30 et surtout la deuxième guerre mondiale toutes les associations gays d’Europe sont mortes sous la répression. Toutes ? Non un village d’irréductibles résistait encore et toujours à l’envahisseur. Ce village c’était la Suisse qui, en 1942, adoptait le code pénal suisse et dépénalisait partiellement l’homosexualité. Dans ce contexte naît le Kreis dont l’origine est un groupe de lesbiennes (rapidement évacuées quand les hommes arrivent). Ce fut, pendant longtemps, la seule association du monde et son journal le seul du monde. Mais, après la guerre, le Kreis fit des petits un peu partout et devint célèbre pour son bal d’automne à Zürich.

    Le film commence dans les années 50. Un jeune enseignant d’une école de fille se décide à entrer dans le Club. La paranoïa est à son comble mais il fait tout de même bon vivre même si c’est en cachette. Dans le Kreis il rencontre la star du club : Röbi dont le numéro de drag queen est célèbre. Tout ira bien jusqu’à ce qu’un homosexuel soit tué par un jeune prostitué. Ce meurtre est rapidement suivi d’un autre et aussi bien la presse que la police s’intéressent de très près au milieu homosexuel accusé de pervertir les prostitués. Il s’ensuit une répression qui pourrait mettre à mal l’amour entre Ernst et Röbi.

    J’ai beaucoup aimé ce docu-fiction. Sa première réussite est de créer un fil rouge avec l’histoire d’Ernst et Röbi, toujours en vie et lié par un mariage actuellement, dans le cadre de leur activité au Kreis. On les suit durant les événements marquants de la vie du club jusqu’à sa fin. Ceci permet de ne pas se perdre tout en montrant comment un couple pouvait se constituer, dans le secret, à l’époque. Le film est entrecoupé par des interventions des témoins encore en vie qui expliquent ce qui s’est déroulé et leur sentiment. Ainsi, ce que l’on voit reconstitué est développé par ce que disent les personnes qui ont vécu.

    Je vois aussi deux points forts de ce film. Tout d’abord, bien que le Kreis ait permis une vie homosexuelle elle l’a fait dans un cadre strictement réglementé et secret. Les membres étaient anonymes, le journal envoyé en cachette, même en contrebande pour l’Allemagne, dans des enveloppes neutres. Cet aspect très paranoïaque est brisé par l’un des personnages clés, Felix, qui déclare d’un seul coup que, pour lui, le Club est une prison. Ceci montre à quel point la vie en cachette, dans le placard, est difficile. Il faut faire constamment attention à ce que l’on dit et fait. Il ne faut pas reconnaître les personnes dans la rue ni en parler. En cas de lumière faite sur la véritable identité toute une vie peut être détruite aussi bien professionnellement que dans le cadre de la famille. Le second point fort est l’attitude de la police. Pendant longtemps la Suisse fut une exception. Un pays qui ne pénalisait pas l’homosexualité entre adultes consentants dans le cadre civil (pour cette histoire je vous renvoie au livre de Delessert déjà présenté ici). Cependant, ceci n’empêche pas la police de faire des rafles, d’interroger et d’emprisonner pour constituer des fiches. La violence policière va très loin dans l’humiliation publique et la violence des coups. Cette violence policière se forme dans un contexte moralisateur fort avec une presse qui salue la libération de meurtriers qui ont tué des homosexuels.

    Cependant, il faut bien dire qu’il y a un problème fondamental avec ce film. Oui, nous sommes dans un club d’hommes. Mais l’origine du Kreis est une association de lesbiennes qui avaient, après un certain temps, acceptés des hommes pour, ensuite, quitter un Club qui ne leur correspondait plus du tout. Les lesbiennes sont presque complètement oubliées dans ce film. On ne parle pas de leur rôle dans la création du Kreis. C’est à peine si on le voit dans le fond d’une salle. Elles ne parlent jamais. Avec cet oubli c’est la moitié d’une histoire qui est laissée de côté. Pourquoi ?

    • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

    • Twilight.

    • Film de vacances.

    • Bon scénario.

    • Joss Whedon. Un très bon docu-fiction qui mérite une large diffusion avec les audiences qui suivent. Il permet de comprendre une époque et montre que la lutte n’est pas terminée.

    Image : Allociné

    Site officiel

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  • Pride

    Après de longues semaines je suis enfin allé voir Pride qui m’avait été conseillé par tout le monde. Pride se déroule en 1984. La grève des mineurs face à l’intransigeance de Thatcher est brutalement réprimée par la police anglaise. La Pride, elle, se déroule presque sans incidents. En tout cas moins que d’habitude. Pourquoi ? Mark pense que cette relative tranquillité est due à la répression à laquelle font faces les mineurs. Il décide donc de proposer la création d’un groupe de soutien chargé de récolter des fonds afin d’aider les mineurs pressurisés par le gouvernement anglais. Une telle initiative n’est pas facile à faire accepter que ce soit par les LGBT où par les mineurs. Cependant, après plusieurs problèmes, les deux groupes réussissent à plus où moins collaborer.

    Ce film est rempli de magnifiques acteurs et actrices. Je les connaissais pas tous et toutes mais il y a un grand nombre de visages qui ne m’étaient pas inconnu. Et ces personnes sont très talentueuses. Le film réussit aussi parfaitement bien à mêler des problèmes qui commencent à être connu à l’époque, le SIDA, avec de l’homophobie encore d’actualité, les luttes sociales et l’humour. Mais ce qui est, à mon avis, le plus important dans ce film tient en deux choses. Premièrement, et j’aurais aimé que ce soit montré de manière plus importante, la transmission du savoir militant entre les gays et lesbiennes et les grévistes. Ceci n’est visible que durant quelques scènes qui permettent de faire sortir de prisons deux grévistes. Le second point important est la convergence des luttes. A plusieurs reprises certains personnages expliquent qu’il ne sert à rien de lutter pour ses seuls problèmes sans prendre en compte ceux des autres et leur importance. C’est via l’union que l’on peut véritablement peser face à un gouvernement inégalitaire. Ce qui permet au film de terminer sur une Pride avec, en tête de cortège, une pancarte « screw you Thatcher » (je veux la même !). J’ai donc beaucoup aimé ce film.

    • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

    • Twilight.

    • Film de vacances.

    • Bon scénario. Pas parfait mais un film que j’ai beaucoup apprécié !

    • Joss Whedon.

    Image : Allociné

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  • Boys don't cry

    Ce film est basé sur les faits réels vécu par Teena Brandon une jeune adolescente américaine. Teena n'est pas n'importe qu'elle adolescente. Elle connait de nombreux problèmes avec la justice mais, surtout, elle ne se considère pas comme une femme. C'est pourquoi elle cache son identité féminine biologique pour devenir ce qu'elle considère être sa vraie identité: un jeune homme nommé Brandon. Après avoir eu des ennuis dans un bar Brandon rencontre John et son groupe d'amis. Brandon s'intégrera très rapidement dans le groupe sans que personne ne se doute du secret de ce jeune homme. Brandon tombe aussi amoureux de Lana une autre fille de la bande. Mais que peut-il se passer si John découvre le secret de Brandon? Comment réagira-t-il devant Brandon? Probablement mal, très mal...

    Voila un second film plutôt dur à regarder. Il faut savoir, en plus, qu'il est basé sur des faits réels concernant Teena Brandon. Le procès qui a découlé du meurtre et du viol de Brandon reste encore en mémoire. Ce film nous montre un homme qui habite un corps de femme. Plus qu'un désordre d'identité sexuel c'est une identité de genre qui n'est pas en accord avec l'identité biologique. Et ceci implique plusieurs problèmes pour Brandon qui se pense homme mais qui est obligé de cacher son corps de femme. Ce rôle difficile est assumé par Hilary Swank qui réussit, à mon avis, très bien à entrer dans le personnage. Non seulement corporellement mais aussi mentalement. En fait, je n'aurais jamais pensé que Brandon puisse être une femme si je ne connaissais pas le fin mot de l'histoire. Je trouve que le film en lui-même est bon non seulement pour les différents acteurs qui entourent Hilary Swank mais aussi pour la manière dont il est réalisé. Alors que l'on se prend à espérer une fin heureuse pour Brandon on découvre, petit à petit, les problèmes s'accumuler jusqu'aux dernier moments affreux de la vie de Brandon. Des moments qui sont filmés pour montrer la haine ressentie par John et son acolyte Tom mais aussi "digne" (dans la mesure ou on puisse l'être...) pour Brandon. Plus qu'un film c'est aussi un hommage pour le vrai Brandon mort assassiné pour n'avoir pas suivi ce qu'on lui disait d'être et avoir voulu être libre.

    Image: Allocine

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