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  • Les Suffragettes

    J'attends ce film depuis un bon moment. Malgré les polémiques je voulais le voir. Le film prend place en 1912. Les femmes militent depuis de nombreuses années de manière pacifique afin de recevoir le droit de vote et donc d'être des citoyennes à part entière. Mais ce droit leur est encore et toujours refusé. Le mouvement se pense donc dans une nouvelle direction. Si le pacifisme ne fonctionne pas et ne donne lieu qu'aux moqueries il est temps de passer aux actes. Le mot d'ordre est lancé les femmes vont faire preuve de désobéissance civile. Le film suit une jeune ouvrière de 25 ans : Maud Watts. La journée elle travaille du matin au soir dans un intérieur suffoquant et bruyant sans être payée autant que les hommes. Le reste du temps elle s'occuper de son fils ainsi que de son mari. Après réflexions et prises de connaissances elle s'implique de plus en plus fortement dans le mouvement des Suffragettes malgré son mari et la violente répression policière.

    Qu'ai-je pensé de ce film ? Tout d'abord, je trouve que montrer le mouvement par les yeux d'une ouvrière est une très bonne idée. On se trouve face aux personnes les plus démunies par les conséquences du militantisme et du sexisme. En effet, Maud Watts est victime des avances de son patron tandis que ses collègues sont battues par leurs maris. Le film montre ce que coute ses idées à Maud. Elle est seule, elle perd son fils ainsi que sa communauté ce qui implique l'incapacité de trouver du travail ainsi que la pauvreté. Le film montre aussi la répression extrêmement forte de la police. On les suit, on les fiche et on les arrête afin d'éviter que le système soit remis en cause. Il faut surtout éviter la publicité autours des actions des Suffragettes afin d'éviter de nouvelles recrues. Le film nous montre aussi que demander gentiment est inutile. Les droits ne peuvent être reçus qu'après de longues luttes parfois physiques. Le jeu et la réalisation sont très froides. On suit Maud comme si elle portait la caméra. Les conditions de vie nous sont jetées aux visages tandis que tout tremble dans tous les sens lors des assauts de la police ou des fuites. Bien que ce ne soit pas un film parfait sur un sujet difficile je l'ai apprécié.

    *
    **
    ***
    **** Intéressant avec une bonne prise sur le contexte historique des ouvrières.
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    Image : Allociné

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  • Pauvreté, charité et morale à Londres au XIXe siècle une sainte violence par Françoise Barret-Ducrocq

    Titre : Pauvreté, charité et morale à Londres au XIXe siècle une sainte violence9780345408006?&height=281&maxwidth=190
    Auteur : Françoise Barret-Ducrocq
    Éditeur : PUF 1991
    Pages : 245

    Lors du XIXe siècle, en pleine ère victorienne, Londres a connu une croisade morale d'ampleur. C'est celle-ci qui est analysée par l'auteure. En effet, alors que la ville s’agrandit comme jamais de nombreuses personnes inquiètent du danger des masses ouvrières pauvres. Ces hommes et femmes qui ne suivent pas les prescriptions de la bible ou les lois. Les crimes sexuels sont nombreux et la vie existe dans le cadre de taudis dont la crasse et la puanteur crée l'effroi chez les bourgeois-es de l'époque. C'est dans ce contexte que de nombreuses associations philanthropiques se créent. Mais, derrière leur volonté d'aider les nécessiteux/euses se cache une entreprise de normalisation extrêmement forte.

    L'auteure décrit l'époque en trois parties. Les deux premières sont assez courtes et permettent surtout de placer le contexte. Ainsi, Françoise Barret-Ducrocq commence par analyser les discours qui sont écrits sur la pauvreté des habitant-e-s de Londres. On y trouve une peur horrifiée face à une population qui vit trop nombreux dans un espace restreint et crasseux. La pauvreté s'accompagne de signes physiques qui sont autant de moyens de comprendre la moralité déficiente des masses. Ainsi, Londres est remplie de personnes qui ne suivent pas les lois de dieu et qui vivent dans la fornication et la proximité. La bigamie, la prostitution, l'athéisme et le socialisme sont des maux à combattre. Ces problèmes sont analysés dans la seconde partie. La troisième partie, la plus importante, permet à l'auteure d'analyser comment on agit sur la population. On y observe une action officielle à l'aide de lois qui permettent de réguler la manière de vivre et d'interdire ce qui est illégitime. Parallèlement, la société civile s'organise en associations philanthropiques aux buts différents bien que proches. On note avec intérêt l'existence de la London Bible Women and Nurses Mission composée de femmes qui mettent en doute leur prétendue incapacité face à la dureté de la vie. L'auteure montre aussi quels sont les personnes qui paient ces actions. Enfin, on observe de quelle manière les philanthropes agissent. Qui sont les personnes visées et comment les aider. On y trouve des actions parfois musclées qui n'hésitent pas à s'attaquer physiquement sur le long terme. La conclusion permet de faire le bilan de ces actions et de créer un parallèle avec notre époque. En effet, que ce soit au XIXe ou aujourd'hui on n'écoute pas ce que veut la personne que l'on souhaite aider. On agit pour elle pour son bien sans l'écouter au nom de valeurs prétendument universelles. C'est donc un livre très intéressant qui permet de mettre en perspective les actions sociales.

    Image: Amazon

  • Black-out par Connie Willis

    Titre : Black-out1208-blitz1_3.jpg
    Auteure : Connie Willis
    Éditeur : Bragelonne 2012
    Pages : 665

    Nous sommes en 2060. Dans ce futur proche la recherche historique a connu une révolution. En effet, les historiens ne se cachent plus derrière des cartons d'archives poussiéreux (bien dommage pour eux) ils voyagent dans le temps. Cette technologie permet aux historiens et aux historiennes d'Oxford d'observer de visu les événements les plus spectaculaires de notre histoire. Mais aussi de corriger les erreurs de nos archives. Nous suivons une poignée de personnes qui ont décidé d'étudier l'Angleterre selon différents aspects durant le Blitz. L'une observe l'évacuation des enfants, une autre les londoniens dans les abris, une les volontaires féminines alors que les V1 tombent et un dernier observe les héros de Dunkerque. Rien de dangereux n'est censé se dérouler mais que faire quand un petit quelque chose semble ne plus cadrer?

    Le Docteur rit des historiens et des archéologues car, lui, vit l'histoire en direct. Je me demande ce qu'il ferait avec ces personnages. Bien que je sois le premier a me jeter dans une machine à voyager dans le temps si elle existait je ne serais en tout cas pas le premier à aller visiter les guerres et autres catastrophes (même si le Docteur serait déçu de mon attitude). Mais qu'ai-je aimé dans ce livre? Premièrement je trouve que la mise en place de l'époque me semble particulièrement réussie. On retrouve un contexte particulier dans une période dangereuse. Des relations entre personnes que l'on ne connaît plus mais aussi un fonctionnement des machines différent. J'ai aussi aimé les personnages qui semblent tous et toutes très enthousiastes de leur voyage (normal je le serais aussi). Je n'ai cependant pas beaucoup aimé la manière dont l'intrigue est décrite. Elle me semble être une course absurde entre les différents personnages pour se retrouver. J'ai, en fait, du mal à croire qu'il n'y ait pas de procédures prévues en cas de problèmes. Le nombre de personnages se trouvant à différents endroits et époques rend aussi difficile de trouver une continuité dans l'intrigue. On peut passer d'un mois à l'autre selon le chapitre. Mais ces points n'ont pas baissé le plaisir de ma lecture.

    • L’écrivain est voué au septième cercle des enfers.

    • Papier toilette.

    • Roman de gare. Un livre très sympa avec une atmosphère réussie. Je rêverais presque d'être historien à Oxford en 2060.

    • À lire.

    • Tolkien.

    Image: Éditeur

  • Pirate Cinema par Cory Doctorow

    Titre : Pirate Cinemacover-small.jpg
    Directeur : Cory Doctorow
    Éditeur : Site de l'auteur
    Pages : 395

    J'ai presque terminé de lire tous les romans écrit par Cory Doctorow. Celui-ci était l'avant-dernier et il a été édité fin 2012. Il se déroule à Londres dans un futur proche, celui qui attend nos enfants. La guerre contre le piratage qui commence de nos jours a pris des proportions énormes. Des lois de plus en plus liberticides sont mises en places aboutissant à l'emprisonnement de plus en plus systématique d'enfants coupables d'avoir écouté des fichiers illégaux. L'un de ses enfants est notre héros. Celui-ci fuit sa famille après que ses téléchargements ont aboutis à la coupure de l'accès internet de la maison ce qui équivaut à faire perdre leur emploi aux parents et à détruire l'avenir scolaire de sa petite sœur. Comme il ne peut plus voir sa honte se refléter sur les visages de sa famille il fuit, seul, à Londres. Il y rencontre des squatters et des mendiants mais, surtout, il commence à comprendre que son pays ne fonctionne plus pour ses citoyens mais pour de riches compagnies ultra-puissantes. Il est temps de lutter pour sa propre liberté.

    J'aime bien Cory Doctorow mais il a des tics d'écritures qui m'agacent un peu. Ses héros sont toujours de jeunes adolescents qui apprennent subitement la vie et l'amour. Personnellement je n'aime pas les adolescents mais les pires sont ceux qui sont amoureux! Doctorow ajoute toujours une jeune fille beaucoup plus intelligente que le héros qui lui permet de mieux comprendre ce qui se déroule devant ses yeux. Et il y a toujours cet aspect à la fois réaliste sur le système politique et très naïf face aux possibilités d'actions. Cependant Doctorow possède un esprit et une vision acérée de ce qui peut se dérouler dans le futur si la guerre contre le piratage continue dans la voie qui lui est donnée actuellement. Il montre les effets pour les citoyens en termes de perte de vie privée et de droits mais aussi l'inutilité des dispositifs légaux qui sont mis en place. Inutilité car il existe de nombreuses technologies qui permettent d'éviter d'être pris. Il suffit de les connaître et d'apprendre à les utiliser. Et Doctorow nous montre comment on peut utiliser ces technologies en tant que citoyens. L'histoire est donc intéressante et mérite d'être connue malgré ses quelques défauts.

    • L’écrivain est voué au septième cercle des enfers.

    • Papier toilette.

    • Roman de gare.

    • A lire. Bien que les personnages ne me convainquent pas l'histoire et le message de Doctorow me plaisent. J'invite donc tout le monde à lire ce roman.

    • Tolkien.

    Image: Site de l'auteur