02/02/2014

Peau noir, masques blancs par Frantz Fanon

Titre : Peau noir, masques blancs9782020006019.jpg
Auteurs : Frantz Fanon
Éditeur : Seuil 1959
Pages : 188

Depuis que j'ai connu Frantz Fanon dans un cours de philosophie politique j'ai voulu le lire. J'avais eu l'occasion de lire la fameuse préface de Sartre aux Damnés de la Terre mais ce que Sartre écrit n'est pas forcément la même chose que ce que dit Frantz Fanon. Je me suis donc lancé dans un premier livre (et un second en ce moment même). Celui-ci est une tentative d'analyser le colonialisme selon une perspective psychologique. Pour cela, Frantz Fanon écrit 7 chapitres dans lesquels il analyse aussi bien les femmes, les hommes, le discours colonial que l'expérience.

Bien que la lecture m'ait été difficile – je ne connais absolument rien en psychologie et je suis certains d'avoir mal compris ou incompris une grande partie de son discours d'où cette présentation très courte – je l'ai trouvé intéressant. En effet, Fanon montre parfaitement bien comment fonctionne le colonialisme et, par extension, le racisme. Dans le premier chapitre il montre l'importance du langage dont la maîtrise permet de se civiliser selon les normes blanches face à une langue considérée comme bâtarde par ces mêmes personnes. Il montre aussi, si j'ai bien compris, comment fonctionne la haine de soi qui mène à vouloir se lier aux personnes blanches pour éviter et effacer une origine de couleur. Ceci fonctionne aussi bien pour les hommes que les femmes. Mais les chapitres que j'ai le plus appréciés sont ceux qui concernent le discours colonial et l'expérience vécue. En effet, en ce qui concerne le discours des colonisateurs Fanon montre qu'il est construit sur une prétendue infériorité des peuples pour avoir le droit, le devoir, de les civiliser et, donc, de prendre le contrôle des peuples. Fanon lutte contre l'idée que certains peuples ont un "complexe d'infériorité" qui les destinaient à être colonisés. Dans son analyse de l'expérience vécue il analyse les mythes et les regards dans la rue. Les mythes créent une échelle de valeurs qui part de noir/mal à blanc/bien et qui sont offerts comme moyens de comprendre le monde à tous les enfants qu'elle que soit leurs origines. Mais c'est aussi la rue qui, par son fonctionnement, crée l'origine. Ce sont les regards et les comportements qui montrent à la personne qu'elle est considérée comme dangereuse ou non.

Encore une fois, je n'ai de loin pas compris ce livre. L'usage par Fanon des concepts de la psychologie ne me permet pas de véritablement entrer dans son discours. Ceci est, bien entendu, dû à mes propres méconnaissances et même avec ce manque j'ai trouvé les propos de Fanon puissants et intéressants. Bien que je ne sois pas certain que la psychologie soit la meilleure entrée pour comprendre le fonctionnement du colonialisme et du racisme l'auteur crée une analyse qui vaut la peine d'être lue. Je ne peux malheureusement pas en dire beaucoup plus sans mentir sur mes capacités.

Image: Éditeur

04/11/2013

Le capital par Karl Marx

Titre : Le capital579_big.jpg
Auteur : Karl Marx
Éditeur : Soleil manga 2011
Pages : 192

Le capital de Karl Marx fait partie de ces livres que l'on est censé connaître mais que l'on n'ose pas ouvrir. Donc quand j'ai appris qu'il existait une version manga je me suis lancé dedans ce qui me permettra de connaître un peu mieux l’œuvre majeure de Karl Marx. Cependant je n'y connais absolument rien en manga et ce sera probablement mon dernier. L'histoire est basée sur les thèses de Karl Marx mais elles apparaissent en suivant un jeune homme prit en pleine révolution industrielle. Le jeune Robin travaille avec son père dans la petite fabrique de fromage artisanale familiale. Il souhaite épouser la fille du banquier local mais n'est pas assez riche pour cela. Alors quand un investisseur lui propose d'ouvrir une usine il ne réfléchit pas deux fois. C'est ainsi qu'il apprendra à devenir un capitaliste et à considérer ses semblables comme des marchandises qu'il utilise pour leur propre bien.

Ce petit manga, le premier pour moi, est intéressant. Ce qui me semble le plus réussit est d'avoir montré comment fonctionne le capitalisme sans utiliser textuellement les théories marxistes. Bien entendu on nous explique comment l'économie fonctionne mais ce sont les personnes qui se révoltent qui expliquent en quoi le système est à la fois injuste et non-fonctionnel. Ainsi, à force de considérer ses employés comme des marchandises Robin se prend à les brutaliser de plus en plus sans état d'âme pour réussir à atteindre un chiffre d'affaires élevé. Il commence aussi à se rendre compte du problème que pose sa manière de réfléchir quand il apprend ce que signifient les investissements dans son usine. En bref c'est une introduction intéressante sans être complète.

  • L’écrivain est voué au septième cercle des enfers.

  • Papier toilette.

  • Roman de gare. On apprend beaucoup de choses mais rien de bien compliqués. Le propos est un peu simpliste mais permet tout de même de comprendre le marxisme dans ses bases. Quelqu'un d'intéressé voudra aller plus loin.

  • À lire.

  • Tolkien.

Image: Éditeur