moyen âge

  • Une histoire du corps au moyen âge par Jacques le Goff et Nicolas Truong

    Titre: Une histoire du corps au moyen âgev_book_170.jpg
    Auteurs: Jacques le Goff et Nicolas Truong
    Éditeur: Liana Levi 2003
    Pages: 196

    J'ai emprunté ce livre par curiosité car je ne savais pas vraiment si il me plairait. Cependant les recherches sur le corps donc la manière d'être en société m'intéressent tout de même un peu. Comme le disent les auteurs, l'histoire n'est pas désincarnée elle se fait à travers le corps humain qui est le réceptacle de différentes pratiques sociales aussi diverse que manger, dormir ou encore procréer. Le corps est civilisé par la société. Civilisé dans le sens ou les pratiques sociales d'utilisation du corps sont apprises et codifiées. Ainsi, il ne va pas de sois que l'on utilise une cuillère, que l'on marche avec des chaussures ou que l'on fasse du sport. Au contraire, ces pratiques sont les témoins d'une certaine société et de normes que l'on peut analyser de manière historique. Dans ce cas les auteurs, dont l'un est largement connu, s'intéressent au corps dans le cadre de la société du moyen âge.

    Les auteurs analysent donc les pratiques des hommes et femmes du moyen âge selon différents thèmes. Ceux-ci concernent aussi bien la médecine, la vie et la mort que la nourriture, la beauté  et le sport et même les utilisations métaphoriques de celui-ci. Les différentes analyses et synthèses que les auteurs nous offrent dans ce petit livre nous mène à comprendre le corps médiéval comme tiraillé par deux tendances antagonistes. D'un coté le corps humain est avili, considéré comme source de pêché, et doit être rigoureusement contrôlé voir nié. C'est dans ce cadre de pensées que le carême et les flagellations naissent. Il convient de réfléchir avant tout à son âme dont le corps n'est que le porteur temporaire. Mais il y a aussi la pensée du carnaval, pour reprendre les propos des auteurs, qui implique une certaine jouissance du corps. En effet, le moyen âge connaît aussi le début de la gastronomie et de la mode. Les individus sont, donc, tiraillés entre ces deux conceptions antagonistes dont l'une est portée par l’Église.

    Mais quel est mon avis après avoir terminé ce livre? Il est légèrement mitigé. Je salue l'effort qui est fait d'analyser un objet qu'il n'est pas forcément facile de retrouver dans les sources. J'apprécie aussi que ce livre nous offre une analyse globale du corps médiéval. Mais je trouve que de nombreux points auraient pu être développés. J'ai eu l'impression, en effet, de n'avoir que les débuts de la réflexion et de devoir m'arrêter sur un chemin prometteur et intéressant. Ce qui m'a énormément frustré. En fait, ce livre donne l'impression, peut être injuste, d'être surtout une synthèse des travaux scientifiques récents en direction d'un plus large public. Ce qui est, bien entendu, louable mais qui implique un certains manque dans l'analyse. Bref, je cherche un peu plus.

    Image: Éditeur

  • Tolkien et le Moyen Âge sous la direction de Leo Carruthers

    Titre: Tolkien et le Moyen Âge5149AA405jL._SL500_AA240_.jpg
    Auteur: Sous la diection de Leo Carrruthers
    Éditeur: CNRS 2007
    Pages: 331

    Un livre qui, dans son titre, inclut deux thèmes qui me passionnent ne pouvait que me sauter aux yeux. Nous avons donc d'un coté Tolkien, l'un des auteurs les plus connu et les plus emblématiques du XX siècle, et de l'autre le Moyen Âge, une période particulièrement passionnante et peu connue. Ce livre souhaite parler du lien entre les deux. Pour cela il regroupe des travaux universitaires ayant tous en commun le thême de Tolkien. Chacun, ensuite, a analysé une partie précise de la mythologie du Seigneur des Anneaux. L'idée principale est de retrouver les influences médiévales qui ont joué, consciemment ou non, sur l'esprit de Tolkien.

    Tout connaisseur de Tolkien sait rapidement qu'il a longuement travaillé sur des textes médiévaux et qu'il a forcément été influencé par eux. On parle souvent de Beowulf par exemple. Mais il y a une différence entre savoir et analyse. Je savais déjà, en partie, ce que j'ai lu dans ce livre. Mais il m'a permis de mieux comprendre la profondeur des influences médiévales sur Tolkien. Qui sont surement en partie inconsciente. L'architecture, la poésie (bien entendu), la médecine ou tout simplement les personnages peuvent être retrouvé, en partie, dans des pensées et histoires médiévales. Personnellement, j'ai particulièrement apprécié les analyses sur l'architecture et la magie que Tolkien a inclut dans son récit et que j'ai trouvé très éclairantes.

    Néanmoins, il ne faudrait pas oublier que Tolkien n'a pas que copié ce que le moyen âge a fait. C'était un créateur et, à ce titre, il ne doit pas être réduit à simple universitaire qui essaie de relier entre eux des concepts. Il a véritablement créé un monde (secondaire comme il le disait) dans lequel on peut retrouver des fragments de concepts et histoires médiévales. De plus, les articles ne sont pas toujours très accessibles. Par exemple, je n'ai pas été capable de comprendre les détails d'analyse des poèmes ou des langues. Ce n'est pas un livre qui est destiné à tous les lecteurs de Tolkien. Il demande un certain effort et une connaissance au minimum de base dans les thèmes abordés. Mais si on a cette connaissance (qui n'est pas toujours difficile à trouver) on sortira forcément enrichi de la lecture de ces articles.

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  • A la recherche du moyen âge par Jacques le Goff

    Titre: A la recherche du moyen age510BTXRKPNL._SL500_AA240_.jpg
    Auteur: Jacques le Goff
    Éditeur: Louis Audibert 2003
    Pages: 176

    C'est un petit livre pour une grande histoire: celle du moyen âge. Cependant, ce n'est pas que l'histoire du moyen âge c'est aussi l'histoire de Jacques le Goff par lui-même. La substance du livre est formée par une série d'entretiens menés par Jean-Maurice de Montremy et les réponses de Le Goff. Durant ces entretiens nous découvrons, non seulement, la vision que Le Goff a de l'époque médiévale mais aussi l'histoire de sa vie. Comment en est-il venu à étudier l'histoire et cette époque en particulier? Quels ont été ses maitres à penser et comment en est-il venu à étudier des sujets particuliers tels que les banquiers et les intellectuels?

    Les réponses remaniée par leur propre auteur, nous découvrons un livre pensé en cinq chapitres. Ceux ci brossent un portrait large de l'époque médiévale selon Le Goff. Nous passons du moyen âge constamment renaissant et à la recherche d'une ancienne perfection qu'il pense avoir perdu au moyen âge des banquiers puis des intellectuels. Ensuite Le Goff se pose la question du caractère de civilisation de l'Europe médiévale, un caractère qui ne va pas de sois mais qui permet de se poser des questions sur la féodalité (qui n'est pas ce que l'on croit) et il finit par l'aspect religieux. Bien entendu, le dernier chapitre est un peu artificiel puisque la religion est par intégrante du moyen âge dans tous ses aspects. La premier chapitre est plus spécifiquement biographique puisqu'il permet à Jacques le Goff de dire comment il est devenu médiéviste et quels sont les notions contre lesquelles un médiéviste doit se battre. Par exemple, la pensée largement partagée d'un "âge noir" de terreur et de barbarie.

    On ne comprendra pas tout le moyen âge en lisant ce livre, il n'y a tout simplement pas la place. Néanmoins, ce livre permet d'avoir une idée générale assez claire de ce qu'est véritablement l'époque médiévale: une civilisation créatrice et vivante. Plus que ça, une civilisation qui a fondé la notre, dont nous venons que cela nous plaise ou non. Ce livre est aussi, et surtout, un moyen d'avoir une idée générale des idées de Le Goff. C'est une sorte de courte synthèse de ses travaux et, aussi, de l'auteur.


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  • Démons et Génies du terroir au moyen âge par Claude Lecouteux

    Titre: Démons et Génies du terroir au moyen âge51%2BPLxCHW0L._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA240_SH20_OU08_.jpg
    Auteur: Claude Lecouteux
    Éditeur: Imago 1995
    Pages: 218

    Lorsque j'ai du rendre mon premier travail universitaire, sur la mort au moyen âge, j'ai croisé quelques livres de Claude Lecouteux. Comme ils ne m'étaient, à l'époque, pas utile je les ai rapidement oublié après avoir noté leur existence. Aujourd'hui, j'ai décidé d'en lire un sur un sujet qui m'a interpelé. Un sujet d'un certains coté religieux mais que l'on nommerait plutôt folklorique. La question qui m'intéressait concernait les fées, lutin et autres génies du terroir et la signification de leur existence. Comment l'homme organise sa vie face à ses génies et quels sont les rituels qu'il met en place pour vivre en harmonie? Lecouteux essaie de répondre à ces questions dans ce livre mais il a aussi écrit d'autres recherches que cela soit sur les vampires, les monstres ou les esprits des morts.

    Ici, il a décidé de diviser sa recherche en trois parties. La première est une sorte de définition du sujet. Quels sont ces génies? ou les trouve-t-on? comment agissent-ils? Et surtout pourquoi sont-ils la? La seconde partie concerne l'humanisation et la protection de l'habitat des hommes. Autrement dit, les rites utilisés pour se protéger et vivre à un endroit qui, auparavant, appartenait aux génies. La troisième partie concerne les parties du monde ou les démons et génies vivent et leur possible retour dans un lieu anciennement, ou encore, habité.

    Lecouteux, pour sa démonstration, utilise beaucoup de textes dans des traditions germaniques. Il nous permet de voir la centralité du monde mystique ou religieux au moyen âge. Lorsqu'on lit ce livre on apprend que le monde était véritablement coupé en deux entre les humains et les forces plus ou moins religieuses. L'homme les voyait, les craignait, se battait contre et rencontrait les génies partout. D'où une grande importance des rites pour pouvoir s'établir en un lieux. D'où, aussi, le respect du aux différents endroits habités par ces anciens dieux: les forêts, montagnes et étendues d'eau. Comme Lecouteux le dit en conclusion, d'une certains façon l'existence de ces génies obligeait l'homme à respecter la nature, une nature sauvage qui pouvait contre.attaquer et reprendre ses droits en cas de viol ou de faute par l'homme. Justement, lorsque nous étudions ces rituels païens nous découvrons une lutte de la civilisation contre le sauvage, Ces rites sont un moyen de civiliser un lieu pour permettre à l'homme d'y habiter sans risques. Un moyen de pacifier les génies de l'endroit, de compenser sa perte. Néanmoins, après avoir fini ce livre un sentiment de déception s'est fait jours. Il n'est pas mauvais ni inintéressant mais j'avais une impression d'inachèvement. L'impression que Lecouteux n'est pas allé assez loin dans sa recherche et dans les significations des rituels. Peut être n'étais ce pas son but ou n'a-t-il pas pu le faire à cause du manque de sources?


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  • La mort au moyen âge

    Titre: La mort au moyen âgela mort au moyen age.jpg
    Auteur: Danièle Alexandre-Bidon
    Éditeur: Hachette Littératures 1998
    Collection: Pluriel
    Pages: 333

    Voila un sujet un peu morbide pour un livre et pour un lecteur. Mais s'arrêter au morbide est négliger l'importance de la mort dans la vie d'un humain et donc dans les sciences dites humaines. La mort, que l'on en soit heureux ou non, est au centre de nos vies, on se dirige vers elle, on l'accepte ou non et on développe des rites face à elle. Ce livre a pour but de nous illustrer les rites médiévaux mais aussi tout ce qui entoure la mort d'un proche: les tombes, l'église, les métiers, le testament, etc à la période médiévale.

    Est ce réussis? Je pense pouvoir dire que oui. l'auteur nous permet d'avoir un aperçu de la pensée de la mort et de son évolution au moyen âge, pensées qui nous sont parfois surprenante. Il nous montre aussi une société ou le mort était partie intégrante de celle-ci et ou les familles et amis gardaient en face d'eux le mort jusqu'à ce que, petit à petit, l'église confisque ces moments d'intimités pour, ensuite, les perdre et oublier ce qu'est la mort. C'est un sujet morbide mais c'est aussi un moyen de comprendre la vie et les gens et Bidon pourrait avoir raison quand il déplore la perte de vision des morts dans notre société et l'abandon dont ils sont victimes. Devrions nous retourner au chevet du mourant jusqu'à éa fin et accompagner la préparation des rites? Peut être.