24/04/2017

Marvel's Jessica Jones

Jessica Jones est une jeune femme. Elle vit à New York dans un immeuble de bas standing mais pas trop mauvais. Bien qu'elle n'ait jamais réussi à tenir un travail elle est une bonne détective privée. Son boulot ne lui plait pas vraiment et elle en ressort une vision assez pessimiste de la nature humaine. Mais, les rares fois où cela est possible, elle apprécie aider les personnes innocentes. Car Jessica Jones n'est pas une simple humaine. Elle a pensé, pendant un court moment, à devenir une super héroïne. Jessica Jones possède des pouvoirs et elle n'hésite pas à en user pour réussir son métier. Mais elle ne fait pas de publicité non plus. Elle se contente de vivre et personne ne fait réellement attention à elle ni à ses capacités. C'est une période qui n'est pas vraiment bonne mais elle n'est pas mauvaise non plus. Jessica Jones survit. Tout change lorsque des parents décident de l'engager pour retrouver leur fille : Hope. Celle-ci a été kidnappée par une figure du passé proche de Jessica Jones. Et Jessica ne peut plus l'ignorer ni fuir : elle doit attaquer.

Jessica Jones est la seconde série Netflix se déroulant dans l'univers Marvel. La première est Daredevil, très appréciée, la troisième est Luke Cage que j'ai bien aimé et la dernière Iron Fist (je préfère ne pas en parler). Actuellement, ces séries ne sont pas encore fortement reliées entre elles mis à part par quelques personnages et, surtout, les lieux. Les séries Marvel de Netflix, selon moi, ont l'intérêt de posséder une identité visuelle et thématique forte. Daredevil parle de la justice non comme pratique mais comme concept désincarné et son générique est constitué de symbole placé en dehors de leur contexte. Luke Cage parle de communauté et, justement, son générique inscrit l'espace dans lequel joue la série sur le corps même du personnage principal. Jessica Jones est une série qui parle de survie en s'inspirant directement, et fortement, du comics de Brian M. Bendis. Son générique, justement, montre Jessica observant le monde sans en faire partie et se termine sur son nom brisé.

Car Jessica a vécu des événements qui l'ont traumatisée. Dès le début, on nous explique qu'elle est en état e stress post-traumatique qui a nécessité l'aide d'une thérapie. À plusieurs reprises, on observe Jessica Jones être envahie par la panique et suivre ce qu'on lui a appris pour gérer ses émotions. De plus, son histoire elle-même est tragique et crée une impression d'elle-même très négative. Jessica Jones ne s'aime pas, refuse de se lier à des personnes car elle se pense toxique mais souhaite tout faire pour aider les personnes qu'elle aime et les personnes qu'elle pense innocente. Toute la série, à mon avis, est une mise en scène d'un effort de survie après un viol et je doute qu'elle puisse être regardée dans un état émotionnel difficile.

Au lieu de continuer sur un thème qui ne me concerne pas je vais parler de l'autre versant de la série : les hommes. Et, plus précisément, ce que je qualifierais de masculinité toxique. Afin d'être clair et direct je vais immédiatement annoncer qu'il n'y a aucuns hommes dignes de de confiance dans Jessica Jones. Même les plus proches, les alliés pourrait-on dire, trahissent ou font du mal au personnage principal à un moment donné. Ainsi, Luke Cage ne croit pas Jessica Jones puis la blâme. L’officier Simpsons est bien pire. Il commence par s'excuser, explique à quel point il est gentil puis essaie d'expliquer à Jessica Jones ce qu'elle sait mieux que lui, tente de lui voler son leadership puis attaque physiquement Jessica Jones et sa sœur, Trish Walker. L'un échoue comme personne de confiance le second est un homme dangereux caché derrière une façade de nice guy.

Cependant, rien ne vaut Killgrave. Ce dernier est l'incarnation de la masculinité toxique. C'est un homme blanc d'âge moyen qui semble assez riche. Son pouvoir est de manipuler les personnes afin de les obliger à agir d'une certaine manière. Ainsi, et c'est exprimé dans la série, tout le monde est dangereux pour Jessica Jones. Absolument tout le monde pourrait souhaiter lui faire du mal. Mais ce qui rend Killgrave particulièrement horrible c'est sa morale. Il est incapable de comprendre qu'on puisse lui résister. Ainsi, il s'entoure de femmes trophées qu'il habille et coiffe comme de beaux objets. En ce qui concerne Jessica Jones, il la harcèle durant plusieurs jours. Il entre chez elle, il l'espionne, la force à faire des photos après lui demander de sourire, achète sa maison et tout cela n'est que le prélude d'une déclaration d'amour dans une scène absurde au possible. Killgrave ne pense pas être quelqu'un de bien mais ne comprend pas pourquoi Jessica Jones ne pourrait pas l'aimer. L'épisode qui suit, le 8, montre un Killgrave qui refuse toutes responsabilités en matière de viol, organise un chantage affectif et déclare Jessica Jones complice de ce qui lui est arrivé. Bref, Killgrave est l'incarnation de la masculinité toxique et, donc, défend la culture du viol et le patriarcat.

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***** Une très bonne série à l'identité forte. Elle traite particulièrement bien d'un thème difficile et compliqué. À mon avis, la meilleure série Marvel à l'heure actuelle.

Image : Allociné

Site officiel

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15/10/2016

Daredevil saison 1

Avant la série il y avait le film. Ce film avait fait un gros flop. Avant la série il y avait le Marvel Cinematic Universe. Celui-ci fonctionne assez bien malgré un manque flagrant d'enjeux. Il existait aussi l'idée de créer des séries qui s'y inscrivent. Outre Agent Carter les personnes qui prennent les décisions ont laissé Agent of Shield qui est censée être une sorte de colonne vertébrale chargée de remplir le vide entre les films. Cependant, ces mêmes personnes ont aussi décidé de mandater Netflix. La première série sortie de leurs cartons est Daredevil. Elle est suivie par Jessica Jones, une réussite, et maintenant Luke Cage puis, bientôt, Iron Fist et Defenders. Comme vous le savez, ou pas, la particularité de Netflix est de diffuser tous les épisodes en même temps ce qui permet de faire du binge watching tout en n'ayant pas à attendre la suite semaines après semaines.

Matt Murdock et Foggy Nelson viennent de quitter un cabinet prestigieux et un avenir radieux de fortune et de réussite sociale. Leur but est de créer un cabinet chargé de défendre les personnes qui n'ont rien. De leur donner une chance dans la dure jungle de la loi. Pour cela ils ouvrent dans un milieu pauvre et rempli de criminalité : Hells Kitchen. Bien que les deux avocats travaillent de jours Matt, lui, travaille aussi de nuit. En effet, la nuit il porte un costume entièrement noir et s'attaque aux criminels et aux brutes du quartier. Mais Matt se rend rapidement compte que son combat le mène à se heurter à un milieu très bien organisé. Car le quartier est sous le contrôle d'un conglomérat de quatre groupes criminels sous la direction d'un certain Wilson Fisk. Mais qui est cet homme ? Quel est son but ? Et comment vaincre quelqu'un qui contrôle tout ?

Cette série place deux personnes face à face : Matt Murdock et Wilson Fisk. À leur côté il y a d'autres personnages mais ce sont ces deux personnes qui sont importantes car elles sont semblables sur de nombreux points. En effet, aussi bien Murdock que Fisk souhaitent changer leur quartier. Le premier répond à la corruption par le combat anonyme, le fait de devenir un justicier. Le second essaie de contrôler les institutions afin de reconstruire la ville à son image et selon ses souhaits. Ce qui change est la méthode. Le premier tente de combattre et le second tente de contrôler la criminalité en lui offrant un cadre et, surtout, de l'argent. La série pose donc la question de la légitimité du combat de Murdock face à un monde tout aussi illégitime. Bien que Daredevil soit très réussi il y a plusieurs problèmes. Tout d'abord, je trouve dommage que les autres personnages restent dans l'ombre de la stature de Murdock et de Fisk. Ce ne sont presque que des figurants dans un drame plus important. Pourtant, j'aurais aimé en savoir plus sur un grand nombre d'entre elleux comme Vanessa et Wesley pour n'en citer que deux. Ensuite, la ville est singulièrement vide. On ne sait rien sur elle ni sur ses habitant-e-s sauf quelques rares exceptions. On a l'impression que le quartier n'est que le décor d'un affrontement et non un lieu de vie qui subit où se modifie. J'espère que ces quelques problèmes seront corrigés dans la saison 2 et la 3 qui n'est pas encore diffusée.

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**** Une série intéressante, bien mise en scène et bien plus intéressante que les films du Marvel Cinematic Universe.
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Image : Site officiel marvel

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11:27 Écrit par Hassan dans BD/Comics, Comics, Marvel, série | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : daredevil, marvel, netflix | | | |  Facebook