01/11/2018

The infinite loop 2. Nothing but the truth par Pierrick Colinet, Elsa Charretier et Daniele Di Nicuolo

Titre : The infinite loop 2. Nothing but the truth
Auteur-e-s : Pierrick Colinet, Elsa Charretier et Daniele Di Nicuolo
Éditeur : IDW mai 2018
Pages : 128

Ce volume 2 contient les numéros 1-4. Le premier Infinite Loop fut une très bonne surprise. J'avais beaucoup aimé l'histoire qui jouait à la fois sur les voyages dans le temps, une relation entre deux femmes et les exclusions dans une société qui se dit tolérante et pacifiée. En peu de numéros, les auteur-e-s critiquaient fortement le racisme, le sexisme et l'homophobie d'une société tout en mettant en scène des hommes à la masculinité toxique et un nice guy qui ne devient utile que lorsqu'il laisse les femmes agir, se contentant de les aider sans les guider. Ce second volume est la suite directe, les anomalies sont acceptées mais une grande partie est envoyée dans des camps de réfugiés. Teddy est à la recherche d'une anomalie qui a disparu. Elle tombe sur une ville qui n'accepte plus la réalité et ne souhaite que vivre dans des faits alternatifs, fournis par un homme qui se prétend docteur et qui prétend savoir mieux que personne ce dont la population a besoin.

SPOILERS

Tout comme le premier volume, le principal défaut est le nombre restreint de numéros. Seulement 4 pour parler de vérité, de capitalisme, de démocratie et de politique. Uniquement 4 pour à la fois suivre Teddy en aventure dans la ville du mensonge et Ano qui essaie d'arracher une loi en tant que députée au congrès des États-Unis. Tout va très vite et on espère plus d'informations sur certains points. En particulier, l'intrigue autours d'Ano est très frustrante puisqu'on ne sait pratiquement rien sur son travail de députée. On apprend à peine qu'elle et Teddy se sont séparées, pour mieux se voir en secret.

Ce second volume est fortement lié au contexte politique actuel, aux États-Unis comme ailleurs en occident. Les politicien-ne-s et les citoyen-ne-s vivent avec une technologie qui permet de créer une version alternative de la réalité, plus acceptable et plus proche de leurs envies. Ces mensonges sont vendus par un personnage qui prend le nom de Docteur. Il aurait été facile de s’engouffrer dans une brèche et de critiquer vertement la population pour son acceptation des mensonges. Les scénaristes prennent une autre direction. Illes expliquent que les mensonges sont bien plus faciles à vendre lorsque la réalité n'offre plus aucun rêve, plus aucun espoir. Ainsi, la ville du mensonge est-elle une ancienne ville riche qui a perdu tous ses emplois après le départ des industries. Les politicien-ne-s sont décrits de manière bien plus critique. Ce sont des personnes qui refusent d'agir sur la réalité, préférant défendre un idéal qui n'a jamais existé afin de garder leur pouvoir. Dès qu'Ano démontre leurs mensonges elle est expulsée par la force et considérée comme une traitresse.

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**** Un second volume intéressant mais bien trop court !
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Image : Éditeur

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07/11/2015

The infinite loop 2. La lutte par Pierrick Colinet et Elsa Charretier

Titre : The infinite loop 2. La lutte9782344011003-L.jpg
Auteur-e-s : Pierrick Colinet et Elsa Charretier
Éditeur : Glénat 4 novembre 2015
Pages : 112

Ce second tome contient les numéros 4-6. Teddy n'est pas contente. On lui a enlevé l'amour de sa vie. Il n'y a qu'un seul espoir : tout détruire afin de forcer les patrons de se manifester et de lui parler. Bien entendu, les autres Teddy ne sont pas d'accord. Mais le plan fonctionne et elle découvre que les anomalies sont bien plus nombreuses qu'elle ne le croyait. De plus, elles sont toutes cachées dans un lieu secret permettant leur étude. C'est le seul espoir de retrouver Ano. Mais est-il vraiment légitime de lutter pour sauver une seule personne alors que sa perte pourrait en faire un symbole ? Sans oublier que la réaction conservatrice tente de mobiliser ses troupes par la peur et la haine.

Je n'ai pas mis longtemps à terminer ce second tome. Je n'avais pas envie d'attendre plusieurs jours. L'histoire est toujours aussi bonne. On retrouve une Teddy en colère qui décide de quitter la sécurité de son placard pour faire exploser son identité dans tous les coins de la réalité. Face à elle nous avons des militantes qui tentent de lui expliquer la valeur du fonctionnement en groupe (un thème magnifiquement repris dans la dernière planche) et des conservateurs qui hurlent la non existence d'une alternative à leur vision du monde (avec une petite mention parfaitement avouée contre Thatcher). On retrouve Ulysse qui passe du stade du Nice Guy au véritable allié en restant à sa place : dans l'ombre. L'histoire, au début, est un peu difficile à comprendre mais c'est voulu et adapté à l'intrigue. Dans un second temps on en apprend plus sur la nécessité de la lutte pour les personnes qui ne peuvent vivre leur identité et leur amour au grand jours ou qui sont traités en citoyen-ne-s de seconde zone. Ce comics est un appel à la mobilisation contre toutes les formes de discrimination. Il le fait en revendiquant l'importance de l'espoir contre les personnes qui ont peur et qui ressentent de la haine (si vous ne comprenez pas le lien vous devriez vous mettre à Star Wars). C'est un message particulièrement important quand on se souvient que, le 28 février 2016, les suisse-sse-s voteront sur une initiative du PDC qui vise à interdire le mariage entre personnes de même sexe. Autrement dit, une initiative homophobe qui vise à ancrer une discrimination dans la constitution.

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***** Le second tome propose une histoire tout aussi magnifique que dans le premier. Bien que je me soies demandé pourquoi il a été choisi de faire deux tomes il y a, en fait, un sens puisque Teddy change énormément entre les deux.

Image : Éditeur