police

  • Bavures policières? La force publique et ses usages par Fabien Jobard

    Titre : Bavures policières? La force publique et ses usages9782707135025.gif
    Auteur : Fabien Jobard
    Éditeur : la découverte 2002
    Pages : 295

    Nous entendons tous, de temps en temps, parler de bavures. Des policiers qui ont agit en dehors du cadre de leur fonction. Une violence d’État qui est suivie immédiatement par la colère des associations de défense des droits de l'homme et des victimes. Mais aussi par la défense de l'usage de la force policière face à des individus qui peuvent être dangereux. Mais personne ne tente de comprendre comment et pourquoi la violence policière a lieu. C'est ce que se propose de faire l'auteur dans ce livre.

    Cette analyse est divisée en trois parties de deux chapitres chacun. La première partie permet à Fabin Jobard d'examiner les récits qu'il a récolté. Il y trouve de nombreux exemples de violences policières. Avant de considérer leur réalité il essaie de comprendre dans quelles circonstances cette violence se crée. Il apparaît que celles-ci sont relativement restreintes. En effet, les policiers établissent un calcul concernant les personnes, les lieux et l'utilité de la violence. Le contexte a donc une grande importance et se comprend aussi bien comme contexte social que comme contexte territorial. Ainsi ce sont surtout des personnes en état d'anomie qui sont visées par une violence qui a lieu dans un environnement particulier en dehors du regard public. La seconde partie permet à l'auteur d'examiner ce qui se déroule quand des faits allégués sont dénoncés à la presse. Il y montre une confrontation de deux histoires entre la victime qui se crée une virginité et la police qui noircit la personne ainsi que les circonstances. Ainsi, la confrontation permet soit à la police de montrer que son usage de la violence était légitime soit à la victime de démontrer une violence illégitime. La troisième partie permet d'examiner comment les policiers sont jugés et sanctionnés en cas de violence. L'auteur montre que la justice française crée une forme de protection du fonctionnaire dont les décisions sont légitimes a priori. Mais il y existe aussi la possibilité de parler de la victime pour la disqualifier par exemple en parlant de rébellion. L'auteur y montrer que les victimes les plus probables sont justement celles qui pourront le moins dénoncer la violence dont ils peuvent être les sujets.

    Pour conclure sur cette courte présentation je ne peux que dire que j'ai trouvé le livre intéressant mais difficile à lire. Le propos est parfois ardu et utilise des références juridiques qui me sont souvent inconnues. Cependant il permet de comprendre les logiques d'apparition de la violence policière et créant des moyens de savoir quels sont ses possibilités. Malheureusement il est aussi basé sur l'exemple français et une grande partie de l'ouvrage ne peut donc pas être utilisé pour d'autres pays sans travail en amont.

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  • L'Irlandais / The Guard les policiers sont comme les oignons, ils ont des couches

    Après mon dernier film j'ai voulu regarder quelque chose d'un peu plus léger. C'est pourquoi je suis allé voir un film dont la bande annonce m'intriguait: The Guard. Je commencerais tout de suite par dire que, comme d'habitude, le titre anglais est bien mieux que la traduction française. Nous suivons donc la vie d'un policier Irlandais, Boyle, dans un petit village proche de l'une des côtes de l'Irlande. Boyle n'est peut-être pas un flic commun mais il fait bien son travail. Même si il doit essayer de comprendre pourquoi un homme que personne ne connaît est mort dans l'une des maisons de son village avec des signes de satanisme. L'arrivée d'un agent du FBI Everett le détournera, temporairement, de ce mystère. En effet, le FBI pense que l'Irlande va être utilisée pour un trafic important de drogue. Tous les agents sont donc mis à contribution pour trouver et arrêter les trafiquants. Il se trouve que, justement, le mort sur lequel Boyle enquête est l'un de ces trafiquants. Everett va donc suivre ce flic dans son petit village pour essayer d'enquêter.

    Le ton du film est tout de suite revendiqué. Une voiture avec des jeunes qui roulent bien au-dessus des limites, un accident ou ils meurent tous et Boyle arrivant, prenant un peu de drogue dans la poche de l'un des jeunes et commentant après l'avoir ingérée "It's a fucking beautiful day!". Cet humour noir ou plutôt sarcastique se retrouve dans tout le film. C'est aussi l'une des principales raisons pour lesquels j'ai apprécié ce film. En fait j'ai du mal à choisir ce que j'aime le plus. Est-ce que ce sont les paysages irlandais avec leur lot d'irlandais bougons? Peut-être est-ce aussi les trafiquants. J'ai beaucoup aimé écouter ces trois personnages philosopher sur leur vie et sur la facilité avec laquelle ils corrompent les policiers. L'un des trafiquants, par exemple, avoue prendre des anti-dépresseurs à cause du stress de son boulot. Boyle est aussi un personnage remarquable et je trouve qu'il est parfaitement joué. Réussir à incarner ce flic étrange qui avoue prendre de la drogue et qui ne crache pas sur le service des prostituées mais qui réussit aussi à tout comprendre avant tout le monde n'a pas du être facile. C'est probablement l'un des personnages les plus sympathiques de ce film. Je ne regrette donc pas mon ticket et je conseille largement ce film.

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  • Millénium 3: La reine dans le palais des courants d'air / Luftslottett som sprängdes (C'est la lutte finale!)

    Titre: Millénium 3: La reine dans le palais des courants d'air (Luftslottett som sprängdes)9782742770311.jpg
    Auteur: Stieg Larsson
    Traducteurs: Lena Grumbach et Marc de Gouvenain
    Éditeur: Actes Sud 2007 (2007 édition originale)
    Pages: 710

    Eh bien voila c'est terminé. Nous n'aurons plus de suite aux aventures de Lisbeth et de Mikael. Ce tome marque la lutte finale de ces deux personnages. Comme je l'ai dit dans la note précédent les tomes 2 et 3 sont incontestablement lié. Mais là ou le tome 2 nous montrait l'enquête de police et le déluge médiatique transparent autour de Lisbeth le tome 3 nous montre une aventure très différente. En effet, Lisbeth est capturée et soignée dans une chambre d'hôpital. Mais rien n'est terminé. Il faut préparer le procès qui ne peut qu'avoir lieu. Et ceux qui doivent se préparer ne sont pas tous des amis de Lisbeth. C'est donc un jeu secret et tacite qui se met en place entre, d'une part, les amis de Lisbeth journalistes et policiers et ses ennemis cachés dans l'ombre de la police secrète. Une ombre tellement sombre que personne n'a connaissance de leur existence. Mais que se passerait-il si on les dévoilait? Que se passerait-il si Lisbeth parlait? Certains ont tout à perdre.

    J'avais beaucoup apprécié le tome précédent mais sa fin était très frustrante. Heureusement, je n'ai pas du tout été déçu par ce troisième tome. Il faut dire que j'ai toujours aimé les histoires, réelles ou fictionnelles, qui voient une police secrète se faire démanteler et ses agissements examinés. Il faut dire que je me suis toujours méfiés de ce type d'institutions que je trouve, par essence, dangereuses pour la démocratie et le respect des Droits Humains et constitutionnels. C'est pourquoi je souhaiterais un contrôle intense de la part des citoyens sur tout ce qui ressemble, de près ou de loins, à un service secret. Et je suis vraiment servi dans ce tome puisque, à mon avis, son propos principal est ce même danger. En effet, on nous donne l'histoire d'un service constitué secrètement à l'interne de la police secrète et qui se permet des actes illégaux sans avoir à en référer à quiconque. Comme l'un des personnages le dit dans le livre: c'est un véritable coup d'état. Mais alors, que faire quand des membres d'une institution censée protéger la démocratie et les citoyens (et non pas protéger l'état qu'on ne l'oublie pas) deviennent eux-même un danger pour les citoyens et la démocratie? Ou se place la limite entre une activité difficile et un crime d'état? C'est cette question que l'on peut se poser suite à la lecture de ce tome. Mais, surtout, comment dénoncer de telles pratiques? La réponse donnée par l'auteur est assez simple: un pouvoir judiciaire fort capable d'examiner n'importe quelle institution en cas de doute et une presse critique et n'hésitant pas à investiguer. On peut malheureusement douter que la presse soit aussi capable que l'espère Larsson. Quant à l'institution judiciaire, elle doit avoir des soupçons avant de pouvoir agir et un groupe secret peut très bien ne pas être soupçonné quand on ne connaît ni ses activités ni son existence. D’où le danger.

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  • Millénium 2: La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette / Flickan som lekte med elden (boom, son coeur fait boom!)

    Titre: Millénium 1: Les hommes qui n'aimaient pas les femmes (Flickan som lekte med elden)9782742765010.jpg
    Auteur: Stieg Larsson
    Traducteurs: Lena Grumbach et Marc de Gouvenain
    Éditeur: Actes Sud 2006 (2006 édition originale)
    Pages: 652

    Après prés de 20 jours sans nouvelles je peux enfin parler du second tome de la saga de Stieg Larson. Ce n'est pas que je n'avais pas envie de lire cette suite mais une rentrée signifie souvent que l'on va avoir quelque chose à travailler qui n'a pas de rapport avec un roman que l'on souhaite lire pour soi. Lisbeth c'était enfuie. Elle avait vu Mickael au bras d'Erika et elle a préféré sortir du pays pour voyager et changer un peu. Mais, un jour ou l'autre, il faut rentrer. En se mettant au point sur les activités que ses connaissances ont eue durant son absence elle apprend deux choses: premièrement son tuteur n'est pas très nette et deuxièmement Mickael prépare une nouvelle explosion médiatique. Mais les enquêteurs qui s'en occupent vont un peu trop près d'un secret gardé depuis des décennies. C'est pourquoi Lisbet, si discrète, se retrouve du jour au lendemain à la une des journaux sous la forme d'une suspecte plus que dangereuse. Une course entre cinq groupes se lance: la police fait tout pour trouver Lisbeth qu'elle dépeint comme une folle, Mickael cherche ceux qu'il pense être les vrais tueurs, Milton Security tente d'aider la police surtout pour disculper Lisbeth, cette dernière cherche à venger ses amis et à trouver qui sont les personnes qui la mettent en si mauvaises postures et ces mêmes personnes tentent d'effacer leurs traces. En gros, cette enquête démarre mal et ne pourra que devenir de plus en plus bordélique.

    Je dois le dire tout de suite, sans faire aucune révélation, si vous ne vouliez pas lire le troisième et dernier tome vous déchanterez vite. L'intrigue est si vaste qu'elle ne peut tout simplement pas se conclure sur un seul tome mais je n'en dirais rien. Je vais plutôt parler de l'aspect médiatique (et policier) du livre. En effet, le premier tome se concentrait sur le journalisme économique et les agissements plus qu'incertain d'un certain groupe que l'on pourrait identifier aux traders. Ce second tome se concentre sur la police et le journalisme au sens général du terme. Dans un premier temps, nous nous trouvons spectateur d'une enquête policière qui, très rapidement, fait des conclusions sur des bases importantes mais qui ne sont pas des preuves directes. On se rend rapidement compte que ceci est lié à une possibilité de faire de l'affaire Lisbeth Salander un tremplin politique important. Les médias et certains témoins ne tardent pas à prendre à leur compte ce que pense la police et à délirer sur le sujet. Le livre, en grande partie, nous montre comme les journaux perdent tout sens critique. Au lieu de réfléchir sur les mobiles, la manière dont est menée l'enquête ou sur la société de manière générale ils lancent des rumeurs, des titres racoleurs et détruisent des vies dans le but de vendre. C'est ainsi que l'on se trouve en face de journalistes parlant sans connaître et disséquant la vie difficile d'une femme dans le seul but de trouver de quoi faire le scoop. Ces méthodes ne sont pas si lointaines que certaines que l'on connaît dans certains journaux suisses que je ne nommerais pas. Ce sont surtout des erreurs qui apparaissent quand le journalisme perd sa place face à la nécessité de vendre et, donc, de faire de l'argent.

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  • La décadence sécuritaire par Gilles Sainati et Ulrich Schalchli

    Titre: La décadence sécuritairearton212.jpg
    Auteurs: Gilles Sainati et Ulrich Schalchli
    Éditeur: La Fabrique
    Pages: 105

    Pour ceux qui ne s'en seraient pas déjà rendu compte j'ai un intérêt particulier pour les sujets concernant la surveillance et le contrôle des citoyens. Que ceux-ci soient menés par l'état ou des organismes privés. Ce livre concerne la mise en place d'une forme de surveillance et de criminalisation des citoyens au nom de la sécurité. Il est écrit par deux anciens secrétaires du syndicat de la magistrature française ce qui explique, probablement, certaines caractéristiques de ce livre. Ces deux auteurs tentent, donc, de nous brosser le tableau des différentes réformes de la justice qui ont été menées en France. Mais ils font aussi le lien avec une doctrine nord-américaine qui considère que tout acte potentiellement criminel doit être puni fortement pour éviter une supposée extension de ces actes.

    Bref, après une introduction et un tableau historique de la doctrine répressive nord-américaine les deux auteurs nous donnent les effets de ces réformes. Celles-ci, considérant qu'un acte doit être puni sans délai, mettent en place un système judiciaire bureaucratisé qui viole largement certains points fondamentaux de la démocratie. Non seulement la séparation des pouvoirs est mise en péril à cause du contrôle massif de l’exécutif sur les magistrats et la police mais, en plus, les procédures sont accélérées en coupant court aux possibilités d'examens contradictoires et d'une partie des droits de contestation. De plus, la culture du résultat, qui implique financement, implique la police et les magistrats doivent réussir à régler le plus d'affaires avec le moins de temps possibles. Il devient donc de plus en plus difficile de mettre en place une enquête de longue durée sur un crime compliqué alors que l'on peut résoudre quinze affaires mineurs par jours sans trop d'efforts. Mais, bien entendu, sans réussir à vraiment rendre justice.

    A la fin de ce livre on peut considérer que la démocratie et la justice semblent voir été oublié au nom d'un idéal de sécurité qui implique le droit de contrôler tous les citoyens. Mais il n'y a pas que cela. Derrière ce contrôle se cache une cible: les classes dites dangereuses. Celles-ci sont, en effet, de probables contestataires violents qui pourraient créer de larges problèmes à la société actuelle. Il est donc nécessaire d'empêcher que ces classes puissent se révolter d'une manière violente en réprimant tout acte possiblement criminel de celles-ci sans, pour autant, aller à la source du problème. Il est d'ailleurs révélateur que les élites ne soient pas soumises aux réformes menées. Cependant, le lecteur pourrait se sentir frustré dans sa lecture. En effet, les auteurs ne font souvent que mentionner certains cas exemplaires alors que l'on souhaiterait une analyse plus poussée. De plus, le livre manque singulièrement de références scientifiques et médiatiques ce qui nuit à sa crédibilité. Il serait donc souhaitable d'entreprendre un véritable travail de recherche sur le sujet.

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  • Les violences politiques en Europe: Un état des lieux. Sous la direction de Xavier Crettiez et de Laurent Mucchielli

    Titre: Les violences politiques en Europe: Un état des lieux41rZbaZNtDL._SL500_AA300_.jpg
    Auteurs: Sous la direction de Xavier Crettiez et de Laurent Mucchielli
    Éditeur: La Découverte 2010
    Pages: 336

    Les violences politiques font souvent la une des journaux. Que celles-ci soient liées à un nationalisme précis, à une idéologie, à un sport ou à des émeutes voir aux actions de la police et des états et même, récemment, des causes religieuses. Mais nous n'avons pas, dans les médias traditionnels, d’interprétation de ces violences qui permette de comprendre les raisons et les facteurs de ces violences. Ce livre, édité après un colloque ayant eu lieu à Nice en 2008, essaie de donner des faits précis sur différentes formes de violences politiques. C'est pourquoi il est divisé en cinq parties.

    La première partie pose la question des violences idéologiques. Nous y trouvons trois articles. Le premier pose la question de la manière d'analyser les violences dites islamiques dans la littérature. Il montre que celle-ci se cite elle-même sans avoir accès aux données qui permettraient de prouver les idées posées. De plus, on y trouve beaucoup d'auteurs qui sont plus ou moins liés à l'antiterrorisme et qui peuvent mettre en place des notions politisées que ce soit de manière volontaire ou non. Les deux autres sont plus traditionnels puisqu'ils se concentrent sur les violences des extrêmes gauche et des extrêmes droites. Dans le cas de l'extrême gauche on apprend que les recherches sont partielles si ce n'est partiales. Ce qui n'empêche pas l'auteur, Isabelle Sommier, de montrer comment certaines affaires de terrorisme d'extrême gauche ont été montées en prenant l'exemple des "terroristes" de Tarnac. L'extrême droite, elle, est analysée dans un sens classique puisque l'article fait le constat d'une montée croissante de ses thèmes.

    La seconde partie parle des violences liées à des facteurs nationalistes. Les trois articles de cette partie nous montrent comment différents mouvements nationalistes d’Europe de l'ouest ont changés durant le XXe siècle. Ce sont les mouvements d'Irlande du Nord et sa réaction face au processus de paix, les mouvements nationalistes basques et la reconstruction de leur sociabilité et de leur argumentaire après la chute de la dictature de Franco et les mouvements Corse.

    La troisième partie est l'une de celles que j'ai trouvée les plus intéressantes puisqu'elle parle des émeutes. Nous y trouvons un article sur les émeutes urbaines de la France qui reprend les thèses acceptées par les différents auteurs pour expliquer ces émeutes. Ces thèses prennent en compte la situation socio-économique mais aussi les relations avec différents appareils d'état (en particulier l'école et la police). Un second article fait une comparaison très instructive avec la Grande Bretagne et nous montre que les facteurs des émeutes anglaises ne sont pas fondamentalement différents des facteurs français. Enfin, un dernier article analyse les acte des hooligans. Plutôt que d'en parler comme des actions irréfléchies cet article tente de montrer les liens qui peuvent être noués avec certains groupes d'extrême droite qui investiraient les tribunes pour se faire entendre.

    La quatrième partie m'a aussi beaucoup passionné puisqu’elle s'intéresse aux violences d'état qu'elles soient policières ou politiques. Nous y trouvons deux articles concernant la police. Le premier analyse la manière dont l'institution policière réagit et régit les mouvements sociaux. Selon l'auteur, Olivier Fillieule, la police agit selon des modalités différentes selon l'acteur qui se trouve en face d'elle. Ceci en lien avec une légitimité plus ou moins grandes des protestataires, une histoire des mobilisations mais aussi, et surtout, la manière dont les élites politiques parlent des protestataires. Si ces derniers sont délégitimés par les pouvoirs publiques il y a de grandes chances que la police agisse de manière plus violente. Nous retrouvons ce constat dans l'article de Salvatore Palidda en ce qui concerne l'Italie. Un article de Pierre Piazza analyse, lui, la violence d'état symbolique dans la mise en place des différents papiers d'identités. L'auteur tente de montrer que ces papiers participent d'une obligation de suivre une identité imposée. Mais aussi que ces identités permettent de créer une frontière symbolique parmi les citoyens eux-même. Il y aurait les citoyens légitimes qui acceptent que l'état s’insère dans leur vie privée pour contrôler leur identité et les citoyens illégitimes vu comme dangereux qui, en refusant ces papiers, perdent les droits qu'ils devraient posséder comme celui de se déplacer librement. Enfin, la dernière partie est une réflexion sur des points précis. Le premier concerne les liens entre les mouvements sociaux et la violence. Le second montre comment les scientifiques se sont laissés piégés par la violence de la Roumanie pour expliquer le supposé retard démocratique de ce pays.

    En conclusion, la lecture de ces différents articles apporte beaucoup à la compréhension des phénomènes de la violence politique. En effet, le livre nous permet de nous faire une idée générale des différentes formes existantes de violence puisqu'il ne se contente pas d'analyser les facteurs idéologiques et nationalistes. De plus, les articles sont écrits d'une manière critique avec une revue de la littérature sur les différents sujets. Ce bilan nous permet de nous faire une idée assez précise de la manière dont ont été analysé les différents points qui sont vu dans le livre et des critiques que l'on peut faire à ces analyses. Enfin, les articles sont rédigés d'une manière précise tout en ouvrant les thèmes grâce à des bibliographies très larges. Ce qui devrait permettre aux intéressés de trouver des livres assez facilement. Bref, je pense que l'on peut conseiller la lecture de ce livre à toutes les personnes qui essaient de comprendre les raisons des violences politiques.

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