22/06/2018

Histoire du canton de Neuchâtel 2. Le temps de la monarchie, politique, religion et société de la Réforme à la Révolution de 1848 par Philippe Henry

Titre : Histoire du canton de Neuchâtel 2. Le temps de la monarchie, politique, religion et société de la Réforme à la Révolution de 1848
Auteurs : Philippe Henry
Éditeur : Alphil 2011
Pages : 160

L'auteur, en 8 chapitres, essaient de nous montrer de quelle manière Neuchâtel fonctionne dans le cadre de ce que l'on nomme l'Ancien Régime (terme qui ne peut se comprendre sans faire référence à la Révolution française). Pour cela, il s'intéresse aussi bien à la politique, l'économie qu'aux relations de la principauté avec les têtes couronnées de France et de Prusse. En effet, Neuchâtel n'entre que tardivement dans la Confédération et reste un pays soumis à un souverain étranger jusque dans le XIXe siècle.

L'auteur nous démontre que le fonctionne de la principauté est particulièrement traditionnel, les élites au pouvoir ne souhaitent pas modifier le fonctionnement du pays et préfèrent se référer à une coutume considérée comme la raison du destin favorable du peuple neuchâtelois et de son territoire. Le pouvoir contrôle la presse et le politique tout en refusant tout changements concernant le fonctionnement pénal du pays. Ce n'est que tardivement que la peine de mort, les peines corporelles et la torture seront abandonnées ou réformées, sous la pression de l'étranger. Sur place, les volontés de réformes sont qualifiées de sédition et rapidement surveillées et réprimées. Seule la presse du reste de la Confédération ainsi que l'exemple de cette dernière permet de penser un potentiel changement.

Mais l'auteur analyse aussi une époque de changements économiques. Face aux contrôles étroits de l'industrie dans les villes, des entrepreneurs décident de fonctionner en lien avec des habitant-e-s de la campagne afin de créer de nouvelles industries. Ces entrepreneurs contrôlent la vente et l'achat de matière première, la transformation dépendant d'un travail personnel à domicile. Les ouvriers et ouvrières sont soumis au bon vouloir de l'entrepreneur. L'indiennage profite de ces changements mais aussi l'industrie de la montre, malgré quelques problèmes conjoncturels.

L'Ancien régime est aussi une époque de changements importants pour la principauté en matière de souveraineté. Les bourgeois réussissent à défendre l'idée que Neuchâtel ne peut pas être divisé et, plus important encore, d'être capable de choisir leur propre souverain. À plusieurs reprises, un tribunal doit décider quel prétendant reçoit la souveraineté sur la principauté. Bien que la France souhaite contrôler le territoire c'est le roi de Prusse qui est choisi, moyen de défendre les acquis de la Réforme. Face aux royalistes, une partie des habitant-e-s souhaitent rejoindre la Confédération et abandonner l'idée d'une double appartenance et donc les particularités que cela implique, particularités de moins en moins acceptées par Berlin. L'auteur écrit un second tome riche qui réussit, selon moi, à mettre en avant le fonctionnement du pays tout en l'inscrivant dans le contexte de l'Ancien régime. Bien que les informations décrites ne soient pas des surprises pour les personnes qui connaissent la période, l'examen de Neuchâtel permet d'observer plus précisément ce que cela implique au niveau régional.

Image : Éditeur

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09/05/2014

Ex Machina 1 par Brian K. Vaughan et Tony Harris

Titre : Ex Machina 19782365772631-couv-M200x327.jpg
Auteurs : Brian K. Vaughan et Tony Harris
Éditeur : Urban Comics 2013
Pages : 288

En dehors des Marvel et des DC il existe tout un monde. L'un des auteurs que je suis avec intérêt est Brian K. Vaughan. Il est l'auteur de Y le dernier homme ainsi que de Saga. J'ai choisi de lire Ex Machina. Ce comics se concentre sur la vie de Mitchell Hundred. Il est ingénieur sans histoire avec une mère passionnée par la politique. Un jour il est pris dans une explosion. Depuis, il est capable de communiquer avec les machines. Il devient donc le premier super héros et prend le nom de la Grande Machine. Mais il se rend compte que ses activités n'aident pas vraiment la population. Il met son costume au placard et se présente aux élections à la mairie. Mais il est obligé de retourner sur le terrain lors du 11 septembre. Suite à ses exploits il est brillamment élu. Cependant ce n'est que le début de son mandat et être maire est bien plus difficile que de jouer au super héros.

Je crois bien que je suis tombé sur l'un de mes comics préférés. Autant je n'ai rien contre un bon vieux combat bien spectaculaire autant je suis beaucoup plus intéressé par des intrigues plus subtiles. Et cette histoire me l'offre. L'auteur a créé des intrigues particulières qu'il divise en trois "parties". La première est une sorte de flash-back sur le passé de Hundred en tant que Grande Machine, la seconde est une forme d'enquête sur des morts et la troisième est un problème politique. Bien entendu, rien n'empêche de relier ces trois parties de temps en temps. Ainsi, nous suivons le maire alors qu'il tente de passer outre les débats politiques chaud du moment. On le voit tenter de les désamorcer, avec succès ou non, alors qu'on en apprend plus sur son passé et ses capacités. Cette construction permet d'avoir une grande richesse dans la narration. On peut aussi bien s'intéresser au passé, qu'au thriller ou aux problèmes politiques. Ce qui nous permet de ne jamais tomber dans l'ennui. En bref, pas vraiment de critiques mis à part certains visages dessinés un peu bizarrement.

  • L’écrivain est voué au septième cercle des enfers.

  • Papier toilette.

  • Roman de gare.

  • À lire.

  • Tolkien. J'ai beaucoup aimé ce comics. J'apprécie surtout le côté politique des intrigues. Bien que le maire soit, techniquement, un être doué de pouvoirs on voit assez rarement des combats et c'est tout aussi bien. Je préfère le voir dans son évolution post super héros que de voir un retour en arrière mal préparé.

Image: Éditeur

30/03/2012

Ecrits féministes de Christine de Pizan à Simone de Beauvoir sous la présentation de Nicole Pellegrin

Titre: Ecrits féministes de Christine de Pizan à Simone de Beauvoir41r7bt5jWvL._SL500_AA300_.jpg
Présentation: Nicole Pellegrin
Éditeur: Flammarion 2010
Pages: 254

Nicole Pellegrin nous présente, dans ce petit livre, les principaux auteurs féministes de l'histoire française. Elle commence par Christine de Pizan, une femme dont je n'avais jamais entendu parler jusqu'à maintenant, pour terminer avec Simone De Beauvoir l'auteure du Deuxième Sexe. Bien que les textes présentés dans cette anthologie soient majoritairement écrits par des femmes nous y trouvons aussi quelques hommes. Ces derniers sont au nombre de trois et permettent de démontrer que la lutte pour les droits des femmes n'est pas revendiquée que par ces dernières. Les différents textes qui ont été choisi dans le cadre de cette anthologie sont intéressants et permettent d’observer non seulement la variété des arguments et des luttes mais aussi de comprendre que les droits des femmes ont été revendiqués depuis le Moyen-Âge. Chacun des auteur-e-s sont précédés par une présentation écrite par Nicole Pellegrin. Bien que courte et synthétiques elles sont bienvenues puisqu'elles permettent à des lecteurs qui ne connaissent pas forcément les auteur-e-s de se faire une idée du contexte, de la vie et des idées qui les ont guidé-e-s.

Quand on présente une anthologie la première critique que l'on peut faire concerne le choix des textes édités. En effet, comme le dit Nicole Pellegrin, une anthologie est, par définition, arbitraire. Je suis très heureux d'avoir découvert des auteur-e-s que je ne connaissais pas mais la question que je me pose concerne surtout la fin du livre. En effet, pourquoi terminer avec Simone de Beauvoir? Je pense que cette anthologie aurait pu intégrer des textes plus récents comme, pour ne prendre qu'un exemple, des textes de Christine Delphy. Cependant, mis à part cette critique attendue et comprise par Nicole Pellegrin je n'ai pas grand-chose à déplorer. Cette anthologie permet de lire des textes célèbres que je n'avais jamais rencontré en entier comme la fameuse Déclaration des droits de la Femme d'Olympe de Gouges écrite en réaction à la Déclaration des droits de l'Homme. La lecture de ce livre est donc une belle opportunité de se frotter aux classiques du féminisme français et ces lectures m'ont donné envie d'aller plus loin.

Image: Amazon

20/11/2011

L'ordre et la morale (mais de qui?)

Hier soir je suis allé voir le nouveau film de Mathieu Kassowitz. Après être sorti du cinéma j'ai voulu en savoir un peu plus sur les événements et sur la vision du film. Il semble qu'il soit critiqué par de nombreuses parties et les événements sont loin d'être particulièrement clairs. Mais que nous montre le film? Nous sommes en 1988 en Nouvelle-Calédonie un territoire d'outre-mer français. Une attaque vient d'avoir lieu contre une gendarmerie. Elle a fait 4 morts et trente gendarmes sont pris en otage. Le commandant Legorjus est immédiatement dépêché sur place à la tête d'une unité du GIGN. Mais, à peine arrivé, il se rend compte que les choses ont pris un tour très différent. En effet, 300 soldats ont débarqué sur cette petite île et ont pris le contrôle d'un village. Tandis que Legorjus essaie vainement de trouver une solution pacifique il se rendra compte que certains hommes ne souhaite pas ce type de fin. Dans le même temps il sera le témoin des nombreux sévices mis en place par l'armée contre les autochtones. Pourra-t-il vraiment faire son travail? Pourra-t-il continuer à faire son travail?

Le début du film est clair: ça va mal se terminer. La question n'est donc pas comment les négociations vont se dérouler mais pourquoi cela se termine mal. Il faut se rendre compte que cet épisode dans une histoire plus longue semble avoir été le lieu d'un certains nombres de sévices. Bien que je ne connaisse pas l'histoire de cette prise d'otage dont je n'avais même jamais entendu parler auparavant une rapide recherche m'a permis de savoir qu'un certains nombre de preneurs d'otages ont été abattus d'une balle dans la tête et que les civils ont subis un certains nombre de vexation voir d'"interrogatoires musclés" (comprenez tortures).

Quand on regarde le film on se rend rapidement compte de deux choses: c'est une apologie de la gendarmerie et du GIGN et l'armée et les politiques sont condamnés. Le message est donc assez simple. La gendarmerie, surtout locale, tente de comprendre les motivations et demandes des preneurs d'otages. Pour cela il faut créer une relation de confiance mutuel et dialoguer (ça tombe bien la culture locale semble être très ouverte au dialogue). De l'autre coté, l'armée met en place la seule chose qu'elle sait faire: une logique de guerre. Elle est soutenue en cela par le clan Chirac qui souhaite une victoire à quelque jours des élections. Mais pas une victoire pacifique une victoire électorale. Au-dessus de tout cela les médias français font dans la surenchère sur les atrocités qui auraient eu lieu dans la gendarmerie. Ces différentes volontés ne peuvent se terminer que sur une chose: un assaut qui conduisit à la mort de 19 canaques. Mais la peinture des politiques comme des hommes qui n'ont aucun intérêt pour les vies mises en danger quand leur poste peut être remis en question est-il fidèle? L'armée qui remporte tous les blâmes est-elle vraiment meilleure de la gendarmerie qui semble être l'héroïne du respect et de la tolérance? Bref, ce film est-il trop manichéen ou trop militant? Pour quelqu'un qui ne connaît que très partiellement cette histoire il est difficile d'en juger mais cet événement reste impressionnant.

Site Officiel

Image: Allociné

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06/11/2011

L'exercice de l'état (le privilége de l'impuissance)

Presque en même temps que le film de Clooney un autre film politique est sorti. Celui-ci est français est traite son sujet très différemment. Plutôt qu'une campagne de primaire nous suivons un ministre en plein travail. Le film commence par l'un des exercices les plus importants pour un politicien: montrer une présence de l'état. Bertrand Saint-Jean, ministre des transports, reçoit un appel en pleine nuit. Un accident s'est déroulé sur une petite route enneigée tuant près de 10 jeunes. Il n'a pas le choix il doit se déplacer en pleine nuit le plus vite possible et arriver avec un discours déjà près. Mais une fois que cet épisode terminé le travail de Saint-Jean ne fait que commencer. Car être ministre ne veut pas seulement dire lire et créer des dossiers, gérer l'état, mais aussi participer au théâtre politique. Nous suivrons donc Bertrand alors qu'il essaie d'éviter d'être vu comme un ministre qui échoue à cause d'un projet qu'on lui impose. Pour cela il devra être toujours présent et il devra écraser des têtes.

Comme je l'ai dit ce film traite le sujet politique d'une manière différente de celui de Clooney. On observe le fonctionnement interne d'un ministère en suivant celui qui en est à la tête. Ce film, à mon avis, montre bien qu'une personne dans cette position doit non seulement faire attention à ses dossiers mais qu'il doit aussi penser à sa force médiatique et politique. Ainsi, on a presque l'impression que le ministère des transports n'est pas mobilisé pour mettre en place des projets mais pour donner à Saint-Jean la force politique nécessaire pour résister aux autres ministres qui se trouvent à des postes plus prestigieux. Les scènes du début du film montrent tout aussi bien l'importance de la présence du ministre sur les lieux pas seulement pour les voix mais aussi pour affirmer une présence concrète de l'état. Un autre bon point de ce film c'est de montrer que le rythme de vie de ces personnes est non seulement solitaire mais aussi très difficile. On se lève avant l'aube et on se couche après minuit tout en étant toujours prêt à réagir. Par contre un point particulier m'a ennuyé. Les personnages parlent bien, très bien même, mais ils parlent dans un jargon que je qualifierais d'artificiel. Bien entendu, la plupart des grands fonctionnaires français sont jeunes et énarques ce qui implique une certaine manière de parler. Mais j'ai souvent eu l'impression que les personnages ne parlaient pas, ils citaient. Ils citaient de belles phrases, oui, mais ils ne créaient pas ils reprenaient. Peut-être est-ce voulu?

Image: Site officiel

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11:59 Écrit par Hassan dans contemporain, Film, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : état, politique | | | |  Facebook

29/10/2011

Les marches du pouvoir / The Ides of March (Un univers impitoyable)

Vous avez probablement tous vu ces affiches qui ressemblent fortement à une pub. Vous savez celles avec la tête de Clooney en une du Time? Au début j'ai vraiment cru que c'était de la pub puis, en m'y penchant de plus près, j'ai compris que c'était un film. Plus précisément, un film politique ce qui ne pouvait que m'intéresser au vu de mon domaine d'études. Clooney y joue un gouverneur, Mike Morris, candidat à la présidentielle des États-Unis. Nous nous trouvons en Ohio et les primaires du parti Démocrate s'y joueront. Mais le film n'est pas centré sur Clooney. Le véritable point central de l'intrigue est le personnage joué par Ryan Gosling: Stephen Meyers. Cet homme est l'un des meilleurs conseillers des États-Unis. Il s'occupe en grande partie de la campagne de Morris non pas pour l'argent mais parce qu'il croit en cet homme. Mais que se passe-t-il quand la réalité de la politique dépasse les espérances et que les différentes magouilles et pièges se referment sur sois?

Je ne sais pas trop quoi penser de ce film. Bon, je pourrais déjà dire que je préfère le titre anglais que je trouve plus subtil et plus intéressant. Mais je trouve difficile de me faire une opinion tranchée. Il faut dire que ce film est bon. Bon car les rouages de la politique des États-Unis, la manière dont un homme peut réussir à se hisser au pouvoir, sont particulièrement bien montré. Plutôt que de se centrer sur le candidat on observe les gens qui sont autour de lui. Les militants, le QG américain si classique, les conseillers qui tentent de gagner quelques voix et, surtout, les manipulations médiatiques. C'est donc un bon moyen d'entrer dans la réalité de la politique. Je suis, en effet, plutôt en accord avec le message du film. La politique est surtout le cadre de manipulations et de coups fourrés sans oublier les trahisons. La politique, en gros, est un jeu. Cependant, il y a plusieurs aspects de ce film que je trouve dérangeant. Pas vraiment le rythme qui, bien que lent, n'est pas si mal mis en place. C'est plutôt certaines scènes particulièrement clichés qui me troublent. Je pense, par exemple, au jeune trentenaire en pleine ascension qui se fait piéger (et qui a une légère barbe de trois jours pour faire cool), au scandale sexuel (peut être un rappel de Clinton?), les rendez-vous sur les bancs publics ou l'on ne se regarde pas dans les yeux et, surtout, la jeune et jolie stagiaire dont les spectateurs connaîtront les aventures. Bref, je me suis trouvé devant un film qui fait une peinture de la politique que je trouve intéressante mais qui multiplie les clichés.

Image: Site Officiel

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18:37 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : pouvoir, politique, spin doctors | | | |  Facebook

06/05/2011

La démocratie à l'ère numérique par Henri Oberdorff

Titre: La démocratie à l'ère numérique9782706115745_cv_medium.jpg?1265979892
Auteur: Henri Oberdorff
Éditeur: Presses Universitaires de Grenobles 2010
Pages: 205

Comme je l'ai déjà dit je suis très intéressé par les utilisations des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Je suis particulièrement attentif à leurs utilisations en matière de surveillance. Que celle-ci soit le fait de l'état ou d'entreprises privées comme facebook ou apple. C'est pourquoi je me suis intéressé au livre de M. Obrdorff. Ce livre tente de comprendre comment les NTIC influent et transforment la société démocratique. Non seulement en la facilitant mais aussi par les défis que le numérique offre à la démocratie. La question est donc de savoir comment utiliser au mieux les outils que fournissent les NTIC mais aussi de savoir comment éviter ou stopper les dérives qu'impliquent ces même outils.

Le livre de M. Oberdorff se divise en deux grandes parties. La première tente de comprendre comment le numérique peut étendre la démocratie. L'auteur considère que les outils de l'internet permettent, non seulement, de créer des outils de votes en lignes mais surtout de créer une communication plus importante entre le citoyen et l'administration ou/et les élus. Ainsi l'auteur observe que les politiciens et l'état mettent en place de nombreuses plateformes pour communiquer les résultats et les idées mais aussi pour écouter les citoyens. Parallèlement, une e-administration se développe. Celle-ci permet d’accéder beaucoup plus facilement aux outils administratifs dont les citoyens pourraient avoir besoin et, donc, à rendre la réponse plus rapide pour un coût moindre.

La seconde partie du livre permet à l'auteur de se poser la question des dérives et des défis que l'internet offre à la démocratie. Ainsi, l'auteur commence par examiner la cyberdélinquance d'une manière très détaillée ainsi que les réponses que l'état offre à celle-ci. M. Oberdorff considère que la cybercriminalité atteint souvent les droits fondamentaux et, donc, doit être stoppée. Dans un second temps l'auteur examine les dérives sécuritaires de l'internet en observant qu'il est de plus en plus difficile, pour le citoyen, d'éviter d'être fiché à un endroit ou un autre. Ensuite M. Oberdorff examine quel type de citoyen implique une cyber-démocratie. Il propose d'offrir un accès de qualité à un nombre élevé de citoyens pour que ceux-ci puissent participer à la prise de décision ou contester une décision.

Je suis très critique face à ce livre. Par parce que je suis fondamentalement contre les positions de l'auteur ou parce que je considère ce livre comme mauvais mais plutôt parce que je considère qu'il n'est pas complet. Premièrement, je considère que ce livre est beaucoup trop franco-centriste pour être convainquant et beaucoup trop axé sur le droit (français). Je trouve que l'on perd une grande partie des usages réels d'internet si on se base sur un seul pays, l'auteur semble ne pas considère qu'il puisse exister une forme de démocratie directe, et sur le droit. En effet, le droit n'indique pas les usages mais les contrôles que la société souhaite créer. Ensuite, au contraire de l'auteur je considère que les technologies sont formée dans un contexte socio-politique et communiquent une pensée socio-politique particulière. Donc, les technologies sont loin d'être neutres. Je trouve aussi que l'auteur est beaucoup trop positif face aux usages démocratiques de l'internet. En effet, non seulement je pense qu'il faudrait analyser la manière dont les citoyens utilisent ces outils plus que leur existence mais je pense aussi qu'il faudrait être plus prudent face aux utilisations malveillantes de l'internet. Dans ce cadre je trouve révélateur que l'auteur n'analyse que très rapidement la surveillance étatique ou/et des entreprises. J'ai donc eu l'impression de me trouver en face d'un livre techniciste qui analyse l'existence d'outils et qui souhaite créer un nouveau type de citoyens mais qui oublie les usages réels et les attentes de la part de ces même citoyens. Je déplore aussi l'absence d'analyse de l'internet que je qualifierais alternatif. Alternatif dans le sens ou il ne s'inscrit pas dans la société capitaliste telle que nous la connaissons. Ainsi, aucun chapitre ne mentionne le mouvement du libre alors que c'est une action très importante. Cependant, cela ne veut pas dire que je n'ai pas apprécié les propose de M. Oberdorff. Simplement, je suis très critique face à ses positions que je trouve trop détachées du monde social.

Image: Éditeur