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  • Histoire de l'Inde par Michel Boivin

    Titre : Histoire de l'Inde
    Auteur : Michel Boivin
    Éditeur : PUF 1996
    Pages : 128

    Comme beaucoup de personnes, mon parcours scolaire en histoire est principalement européocentriste. Je n'ai vu que peu de choses sur le continent africain, en dehors de l'Égypte antique, et encore moins sur le reste du monde en dehors des luttes contre le colonialisme. Mais je souhaite avoir plus d'informations sur l'histoire de pays qui ne sont pas européens. Cependant, cela implique d'apprendre des concepts et des événements que je n'ai jamais vu auparavant, voilà pourquoi je me suis lancé dans ce petit livre.

    L'auteur nous offre une histoire synthétique de l'Inde en 4 chapitres. Le premier chapitre s'occupe de l'Inde dites ancienne. L'auteur y met en avant des sources archéologiques et religieuses qui permettent de comprendre le fonctionnement politique et social des premières civilisations indiennes. On trouve, dans ce chapitre, des informations concernant les religions et leurs doctrines mais aussi les différentes réformes et les liens avec le politique.

    Un second chapitre s'intéresse aux liens entre l'Inde et le monde musulman. Après avoir subi de nombreuses invasion l'Inde subit une domination de nature musulmane. Mais celle-ci forme de nombreuses dynasties plus ou moins centralisées. Ce n'est que tardivement que se met en place un empire Moghol auquel les différents princes locaux doivent une certaine forme de loyauté. Cependant, l'Empire est assez faible permettant d'ouvrir la voie aux européens.

    Dans un troisième chapitre l'auteur s'intéresse donc au mouvement colonial. Il montre que ce mouvement est d'abord un moyen de commerce de différents pays. Ce n'est que plus tard que l'Angleterre, via la Compagnie des Indes, prend de l'importance. D'ailleurs, ce ne fut pas une politique explicite. C'est la défense des intérêts britanniques qui poussa la couronne à prendre plus d'importance, une importance qui ne fut théorisée sous forme d'impérialisme que durant le début du XIXème siècle.

    Cependant, la domination britannique implique aussi des résistances qui sont décrites par le chapitre précédent. Celles-ci ne sont pas toujours pacifiques et permettent de théoriser une forme de nation indienne face à un empire britannique qui pense l'Inde comme incapable de se gouverner elle-même, en particulier en se basant sur l'idée d'une supériorité raciale britannique. Les résistances durant les deux guerres poussèrent les anglais à accepter des négociations pour modifier le fonctionnement administratif de l'Inde. Mais ce n'est qu'à reculons que l'indépendance est acceptée. Celle-ci implique la création d'une constitution spécifique et d'une lutte entre centralisation et nationalisme. Le dernier chapitre se concentre sur ces tensions liées à des problèmes au sein de la classe politique indienne. Ces tensions impliquent des révoltes liées à des identités religieuses. Cependant, l'Inde réussit tout de même à réguler les souhaits d'indépendances et l'unité centralisatrice.

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  • Les abolitions de l'esclavage par Marcel Dorigny

    Titre : Les abolitions de l'esclavage
    Auteur : Marcel Dorigny
    Éditeur : PUF avril 2018
    Pages : 128

    Je ne connais que peu de choses sur l'histoire de l'esclavage. J'en connais tout aussi peu sur l'histoire de l'abolition. Ce petit que-sais-je me permet de combler un manque dans mes connaissances en histoire et des conséquences de l'esclavage et des choix qui ont mené à l'abolition. Ce livre est suivi d'une chronologie qui se termine en 2001 et d'une bibliographie thématique. Ce petit livre est divisé en 7 chapitres.

    Les trois premiers chapitres permettent de situer le thème et d'expliciter ce que veut faire le livre. Bien entendu, l'auteur doit nous montrer de quelle manière fonctionnent les sociétés esclavagistes occidentales. Le but de ce livre n'est pas d'en faire l'analyse mais de parler des abolitions, ce qui explique le peu de pages qui s'intéressent aux pratiques. L'auteur essaie d'abord d'expliquer quelles sont les résistances à l'esclavage. Il démontre que les révoltes furent pratiquement immédiates, ce qui mène à une certaine peur des colons face à une population importante. Dans un troisième chapitre, il explique ce sont que les anti-esclavagistes et les abolitionnistes. Les deux ne sont pas identiques et surtout les moyens changent. Ainsi, il est rare qu'une personne pense que l'esclavage pourra disparaitre par une loi, les européens abolitionnistes préfèrent tenter une disparation par étape, presque "naturelle". L'abolitionnisme n'est pas non plus forcément basé sur la morale, ce sont souvent des questions économiques qui sont mobilisées. L'esclavagisme est vu comme une pratique ancienne économiquement peu fiable.

    Les chapitres 4 et 5 s’intéressent aux tentatives d'abolitions de l'esclavage et de la traite. Les premières abolitions se mettent en place par la France après la Révolution. Mais celle-ci dépend des insurrections locales, en particulier à Saint-Domingue, et non d'une décision de Paris. Ce n'est qu'après des tentatives de répressions que les envoyés de Paris décident unilatéralement, et illégalement, de supprimer l'esclavage. Mais cette première abolition échoue à cause de Napoléon qui rétablit la pratique. Le chapitre 5, en revanche, permet de comprendre de quelle manière le XIXème siècle a permis l'abolition. L'auteur commence par expliciter les décisions du Congrès de Vienne et de l'Angleterre avant de présenter les décisions de plusieurs pays. Il montre que, dans tous les cas, les décisions sont critiquées voire refusées par les colons.

    Les deux derniers chapitres s'intéressent aux suites de l'abolition. Le chapitre 6 pose la question de l’indemnisation des colons. Celle-ci dépend de la manière dont on pense l'humanité mise en esclavage : est-ce que ce sont des humain-e-s avec des droits naturels ou des possessions protégés par les droits de propriété. Malgré certains discours véhéments, les colons sont progressivement indemnisés par les états (sauf aux Etats-Unis). Enfin, le dernier chapitre essaie de comprendre de quelle manière les sociétés se sont développées après les abolitions. L'auteur montre que l'esclavagisme et son abolition ont eu des conséquences importantes sur les sociétés. Même égaux, les anciens esclaves ne sont pas toujours libres de leurs mouvements ou dans leur choix de travail. De plus, le racisme est toujours présent.

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  • Histoire mondiale des féminismes par Florence Rochefort

    Titre : Histoire mondiale des féminismes
    Autrice : Florence Rochefort
    Éditeur : PUF mars 2019
    Pages : 128

    Bien que j'aie suivi quelques cours et lu quelques livres je n'ai pas une connaissance importante de l'histoire du féminisme, en particulier dans une perspective internationale. Pour cette raison, je me suis procuré ce petit livre avec beaucoup de curiosité. L'autrice se défie de réussir une histoire globale des féminismes depuis 1789 jusqu'à aujourd'hui. Bien entendu, la collection dans laquelle cette histoire est oubliée implique de rester synthétique. Des informations plus importantes sont disponibles dans la bibliographie. Pour réussir son paris l'autrice met en place 3 chapitres.

    Le premier s'intéresse à la période de 1789-1860. Florence Rochefort débute par les révolutions françaises et américaines. Elle explicite les demandes d'égalité que ces révolutions, et l'idée de droits humains, implique. Mais elle démontre aussi la difficulté d'atteindre cette égalité puisque les différents parlements refusent celles-ci et interdisent certaines formes de militantismes féminins. La seconde période implique aussi les débuts du socialisme et son lien avec le féminisme, du moins au début. Ces liens sont d'abord importants avant de devenir plus distendus, en particulier sous l'influence de Proudhon.

    La seconde période est celle de 1860 à 1945. L'autrice commence son chapitre en parlant du passage d'organisations nationales à l'internationale. En lien, et contre, les internationales socialistes certaines féministes essaient de créer des organisations internationales chargées de fédérer des mouvements nationaux. Ce sont en particulier les droits politiques qui y sont défendus, parfois avec une position colonialiste qui est aujourd'hui critiquée. Bien entendu, la Société des Nations et l'ONU donnent un nouvel élan à cette forme d'internationalisation des féminismes. La période permet aussi un renouveau de la lutte en faveurs du suffrage féminin, parfois de manière violente comme en Angleterre. Cette lutte se termine plus ou moins après la Deuxième Guerre Mondiale en occident. En effet, certains pays n'ont toujours pas l'égalité politique tandis que les colonies sont laissées de côté.

    Enfin, le troisième chapitre s'intéresse à la période 1945-2000. C'est une période de continuité et de renouveau. Les féminismes réformistes sont toujours existants et commencent à s'intéresser au droit à la contraception. Mais les années 60 impliquent une nouvelle génération et de nouvelles demandes, même si certaines existaient déjà au XVIIIème siècle. Le féminisme des années 60 est radical mais entre en déclin dans les années 80. Ensuite, les mouvements s’institutionnalisent afin de défendre certaines idées précises tandis que les féminismes sont critiqués et développés dans une direction antiraciste et de compréhension des sexualités. Le livre se termine sur les apports de ces féminismes sur les sociétés actuelles.

    Ce petit livre est très dense. L'autrice, à mon avis, réussit parfaitement à résumer 200 ans d'histoire. Elle montre de quelle manière les idées sont développées et défendues au fil du temps mais aussi les changements importants. Mieux encore, elle réussit à mettre en avant une perspective internationale en mentionnant les mouvements de pays africains ou asiatiques et leurs créatrices. Cependant, la taille du livre implique de ne pas pouvoir les examiner de manière précise même si l'autrice fait attention à démontrer les tensions avec les féminismes occidentaux.

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  • L'empire romain par Patrick le Roux

    Titre : L'empire romain
    Auteur : Patrick le Roux
    Éditeur : PUF janvier 2015
    Pages : 127

    Nous connaissons probablement tous et toutes l'Empire Romain. Un territoire gigantesque dirigé par la ville de Rome sous les Césars. Il est probable que certaines personnes connaissent aussi le destin de l'Empire tel qu'il est simplifié : le retour de la grandeur après la corruption de la République ; une lente désagrégation face à la corruption et aux invasions barbares. Certaines autres personnes font le lien direct entre ces idées et le fonctionnement actuel du monde. Nous serions les nouveaux romains, phare de la civilisation, en danger d'invasions barbares et seule la connaissance du passé permet de le comprendre et de préparer la lutte. L'histoire de l'Empire romain est très mal comprise. Pire, cette incompréhension est utilisée pour justifier des idéologies spécifiques. Ce petit livre, de la question que sais-je, ne répond pas à toutes les questions. L'auteur ne livre ni toute l'histoire ni toutes les données. Mais il synthétise les connaissances actuelles en quelques thèmes.

    Ainsi, le premier chapitre est plutôt chronologique. Il permet d'expliciter les évènements qui ont permis la mise en place de l'Empire, en particulier en se concentrant sur les guerres civiles de la République. L'auteur nous montre une construction spécifique destinée à répondre à des problèmes précis. Plutôt qu'une création ex nihilo l'Empire et ses institutions ont été mis en place progressivement et fonctionnent en parallèle des institutions républicaines, encore en place. Ce qui permet à l'auteur de mieux expliquer de quelle manière fonctionne le gouvernement de Rome. Il explicite non seulement les pouvoirs de l'Empereur mais aussi ses relations avec la ville de Rome, les provinces et les populations locales. Ce qui permet de mettre en avant la figure de l'Empereur et des magistrats en tant que symbole de l'Empire.

    Le chapitre suivant permet à l'auteur de rebondir pour parler des populations. Après un court exercice comptable, et critique au ce sujet, l'auteur s'intéresse de manière plus importante au fonctionnement des Cités et au fonctionnement de la société. Ainsi, il nous montre que la société romaine est fortement hiérarchisée mais qu'il est possible pour les descendant-e-s de monter en grade. Il termine sur un chapitre qui pose la question des résistances et des révoltes. Bien entendu, il nous parle des révoltes militaires, des Empereurs qui ont volé leur titre (surtout parce qu'ils ont perdu). Mais il nous parle aussi des relations avec les Juifs et les Chrétiens, teintées d'incompréhensions sur le fonctionnement des religions monothéistes. Il explicite aussi les relations avec les peuples qui sont externes à l'Empire. Loin d'une invasion l'auteur démontre que ces relations sont basées sur une longue histoire rarement révisée. L'Empire ne comprend pas ce qui se déroule en dehors de ses frontières et, peu à peu, perd de son influence et de sa capacité un tenir un territoire aussi grand.

    Ce petit livre a le mérite de toute la collection : synthétiser un sujet. Il est donc normale qu'une grande partie de la complexité du monde romain est laissée de côté face à la nécessité de faire court. Mais l'auteur réussit tout de même à garder notre attention tout en mettant en avant les sujets de controverses. La lecture de ce livre est adéquate si vous souhaitez rapidement comprendre le sujet sans entrer dans les détails.

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