16/11/2015

Uncanny X-Men 1. Révolution par Brian M. Bendis et Chris Bachalo

Titre : Uncanny X-Men 1. Révolution
Auteurs : Brian M. Bendis et Chris Bachalo
Éditeur : Panini 3 juin 2015
Pages : 96

Ce premier tome contient les numéros 1-4. Scott Summers a tué Charles Xavier durant la guerre entre X-Men et Avengers. Il était possédé mais ça ne permet pas de tout pardonner. Il était enfermé dans une prison du Shield avant que Magneto ne décide de l'en faire évader. Depuis, Scott parcoure le monde afin de recruter et de protéger de jeunes nouveaux mutants attaqués par les autorités et la population. Bien qu'il soit recherché par de nombreuses forces de sécurité et qualifié de terroriste il est de plus en plus populaire. Ses méthodes violentes ne sont pas acceptées par tout le monde. Les X-Men, d'une part, sont contre et risquent de souffrir des actions de Scott. Une autre personnes, plus surprenante, trahit le leader mutant et donne des informations d'importantes capitales au Shield et donc aux Avengers.

Durant Avengers VS X-Men nous avions un Scott fou de pouvoir qui prenait des décisions sans consulter personne. Les mutants étaient devenus une classe de tyrans sans le vouloir. Dans Uncanny Avengers on observe la tentative de Captain America de créer une union entre humains en mutants par l'exemple des héros. Dans All New X-Men nous avons le point de vue des mutants qui se trouvent sous le leadership de Wolverine. Dans ces trois cas Scott Summers est vu comme un meurtrier qui a détruit le rêve d'une cohabitation pacifique. Dans Uncanny X-Men, par Bendis, on nous peint le point de vue de Scott. Loin d’un meurtrier sans remords c'est un homme qui regrette ce qu'il a accompli sous le joug du Phénix. Il tente de réparer ses erreurs en sauvant le plus de monde possible par la violence nécessaire. Et son point de vue est plus acceptable qu'on ne le croit. Bendis nous montre de jeunes mutants qui doutent mais qui n'ont pas le choix. Personne ne les protéger alors que la police attaque l'arme à la main toutes manifestations de pouvoirs mutants. Mais est-ce une bonne tactique de se défendre par la violence ? Il est intéressant de voir une part plus sombre des relations entre humains et mutants. Mais surtout de remettre en question à la fois ce que l'on pense sur Scott et ce que les personnages pensent de lui.

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**** Un premier tome intéressant. J'ai envie de lire la suite.
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Image : Éditeur

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06/02/2014

Les années 68. Une rupture politique et culturelle par Damir Skenderovic et Christina Späti

Titre : Les années 68. Une rupture politique et culturelle29402100053230L.gif
Auteur-e-s : Damir Skenderovic et Christina Späti
Éditeur : Antipodes 2012
Pages : 191

En Suisse aussi il y a eu un mai 68. Mais, selon ce livre, les études concernant ces événements ne permettent pas encore de savoir exactement ce qui s'est déroulé et qu'elles furent les conséquences. Le but de ce livre est de créer un lien entre les différentes parties de la Suisse et de voir ce qui s'est passé, comment et les conséquences. Sans prétendre à terminer l'histoire du mai 68 Suisse le livre doit permettre d'avoir une première vision globale. Pour cela 4 chapitres sont écrits.

Dans le premier les auteur-e-s dépeignent le contexte de la Suisse de l'après-guerre. Alors que la nouvelle génération n'a pas connu la guerre ni ses privations le pays, ainsi que l'occident, entre dans une période de prospérité économique extrêmement importante. Dans un contexte de confiance envers l'avenir et le progrès qui permet une nouvelle liberté les carcans sociaux inhibent fortement les envies de la jeunesse. Vers cette époque apparaissent le rock et les bandes qui scandalisent la presse de l'époque. Ce qui permet aux auteur-e-s de parler de période de précurseurs à mai 68.

Le second chapitre fait deux choses. Premièrement il permet de placer les événements au niveau mondial. Que se passe-t-il dans les différents pays? En effet, ce qui se déroule ailleurs a forcément un effet sur les événements suisses dont les militant-e-s se tournent vers leurs voisins de même langues. Dans un second temps les auteur-e-s examinent ce qui s'est déroulé en Suisse. Alors que les universités menacent d'exploser les autorités académiques réussissent à désamorcer la bombe en réagissant différemment que dans les pays voisins. En effet, plutôt qu'une répression les universités acceptent le dialogue ce qui permet de calmer une grande partie des militant-e-s. Cependant, dans la rue la répression est très forte et la violence, des deux cotés, est importante. Le troisième chapitre illustre le second en nous expliquant les stratégies, moyen d'actions et revendications des divers mouvements. Ainsi, ceux-ci souhaitent plus de démocratisation dans les études mais s’attaquent aussi à l'impérialisme américain et le racisme que connaît la Suisse face aux travailleurs immigrés venus d'Italie. On observe aussi de nouveaux moyens d'action à l'instar des sit-in.

Le dernier chapitre permet aux auteur-e-s de montrer comment les différents mouvements tentent de survivre à mai 68. Alors que tout se semble se diviser en buts et caractéristiques différentes on observe un regain d’activités dans certaines villes autours de partis ou de groupes précis. Ainsi, Lausanne connaît des manifestations autours de l'augmentation du billet de cinéma pour ne prendre qu'un exemple. Les universités connaissent aussi une radicalisation mais, cette fois, les autorités académiques réagissent à l'aide d'une répression forte. Cependant ces mouvements s’essoufflent et une grande partie disparaît vers la fin des années 70 alors que la nouvelle droite prépare sa stratégie face à cette nouvelle gauche qui, même affaiblie, reste importante et est accusée d'avoir détruit les institutions ancestrales de la Suisse.

Pour conclure je vais, comme d'habitude, dire ce que j'ai pensé de ce livre. Comme beaucoup je suis fasciné par mai 68. Que ce soit contre ou pour de nombreuses personnes ont une opinion sur une année qui est devenu un enjeu important dans les mémoires militantes de gauche comme de droite. Que ce soit pour déplorer une année ratée qui aurait pu permettre des changements culturels, politiques et économiques de nature révolutionnaires ou pour accuser la génération 68 d'avoir détruit l'autorité et, par extension, le fonctionnement de la justice, de l'école et de l'économie les opinions sont fortes. Mais qui connaît les événements historiques et leurs conséquences réelles? Ce livre, qui ne conclut pas de manière définitive sur l'histoire du mai 68 Suisse, permet de connaître les avant, pendant et après de ces événements. Bien que de nombreuses choses soient dites sur lesquelles j'aurais apprécié avoir plus de détails je trouve que l'exercice est, ici, réussit. Il ne manque plus qu'à étudier de manière plus approfondies l'histoire.

Image: Éditeur

04/02/2014

L'an V de la révolution algérienne par Frantz Fanon

Titre : L'an V de la révolution algérienne9782707167637.gif
Auteurs : Frantz Fanon
Éditeur : La Découverte et Syros 2001
Pages : 174

Je ne connais pas grand-chose sur la guerre d'Algérie. Bien entendu je sais quelques petites choses que tout le monde connaît. Mais ce n'est pas vraiment important. Donc quand j'ai pu lier mon désir d'en savoir plus à la fois sur la pensée de Frantz Fanon et sur la guerre d'Algérie j'ai sauté sur l'occasion. Ce livre est publié pour la première fois en 1959. Frantz Fanon est en plein militantisme et il utilise ses connaissances pour aider les Algériens à se libérer de la tyrannie du colonialisme français. Outre cela il écrit. Ici il tente d'analyser les changements que la guerre de libération a créé dans la société algérienne aussi bien d'un point de vue social que dans l'usage des techniques.

Fanon décrit les changements sur 5 chapitres. Le premier concerne principalement les femmes ainsi que leur rapport au voile dans le cadre du colonialisme. Alors que la condamnation française du voile comme un reste de l'ancien temps sexiste ne fit rien pour dévoiler les femmes c'est, paradoxalement, selon Fanon, la guerre qui permit aux femmes de se dévoiler. Ceci se fit non pas pour se libérer d'un carcan patriarcal qui n'est qu'une tradition acceptée mais pour aider à la Révolution. Ainsi, une femme dévoilée peut plus facilement parcourir les rues pour aider les hommes à éviter la police. Inversement, l'intérêt envers les femmes dévoilées par la police a impliqué le retour du voile qui permet de cacher armes et bombes. Dans le second chapitre l'auteur analyse l'arrivée massive et l'usage de la radio. Celle-ci, malgré le brouillage, permet de donner les informations sur les réussites de la Révolution aux citoyen-ne-s alors que les médias français cachent les victoires. Plus encore, les médias de la Révolution utilisent plusieurs langues dont le français. Dans le troisième chapitre Fanon tente de montrer en quoi la guerre change la manière dont la famille fonctionne. Que ce soit le fils qui ne suit plus les conseils de son père ou la fille qui doit nécessairement s'occuper de la famille en l'absence de l'homme voir vivre avec des hommes sans être mariées. Mais c'est aussi le mariage qui change. Alors que, selon Fanon, le mariage était d'abord une alliance entre clans durant la guerre ce sont des personnes qui apprennent à se connaître qui souhaitent se marier sans avoir à demander le droit aux parents (surtout au père). Fanon analyse, dans le chapitre 4, la manière dont la médecine est utilisée par les forces colonialistes. En effet, selon Fanon, la France a tenté d'interdire la vente de médicaments ainsi que de forcer les médecins à dénoncer les blessures suspectes. Enfin, l'auteur termine sur la minorité européenne en montrant comment certains de ses membres décident de soutenir la Révolution que ce soit à l'aide d'informations ou en cachant biens et personnes dans leur propriété.

Je suis à la fois très favorable et un peu déçu par ce livre. Favorable car il donne la pensée de Fanon sur une Révolution en cours et les mutations que cela implique nécessairement dans une société. On apprend donc un certain nombre de choses sur le fonctionnement de la guerre ainsi que sur les raisons qui peuvent pousser certaines personnes à se révolter. Cependant, cette analyse pèche, et c'est normal, par le contexte durant lequel elle a été écrite. Comment peut-on créer un livre avec une méthodologie impeccable alors que l'auteur se trouve en pleine guerre et risque la prison, voir la mort, chaques jours? Il est donc parfaitement compréhensible que les exemples soient des généralités et que Fanon n'entre pas dans le détail. Mais ce qui m'a le plus déçu est la manière dont Fanon analyse le rôle des femmes. L’œil exercé se rend facilement compte qu'elles sont gardées en réserve pour des activités subalternes. Cela ne veut pas dire que ces activités ne sont pas importantes mais elles ne sont pas des luttes. Mais Fanon ne voit pas ça. Alors que son analyse du racisme et du colonialisme est très stimulante il est singulièrement aveugle envers le système patriarcal. Je souhaiterais donc en savoir un peu plus sur ce sujet mais il faudra, pour cela, m'intéresser à d'autres auteur-e-s.

Image: Éditeur

15/09/2013

The Butler /Le Majordome de Lee Daniel

Le Majordome est ce film qui aurait fait pleurer Obama. Il est donc logique que tout le monde décide d'aller le voir pour savoir si on pleure vraiment devant l'écran. C'est aussi une histoire particulièrement importante pour les USA qui n'ont pas encore réussi à créer une égalité de fait entre les communautés. Nous n'avons pas le même type de mouvements en Europe. Ce film est l'histoire d'un homme, Cecil Gaines qui quitte le Sud des USA pour éviter les risques qui entourent les personnes noires. Son voyage lui permettra de devenir un très bon majordome et d'être observé par les services de la Maison Blanche. Il sera dans cette Maison au service de 7 présidents ce qui lui permettra de voir de l'intérieure des bribes de décisions concernant les questions importantes de la seconde moitié du XXe siècle tout en restant le plus discret possible.

Je pense qu'il est nécessaire de le dire immédiatement. J'ai lu de temps en temps que ce film permet de voir la petite histoire d'un homme face à la grande histoire. A mon avis il n'y a pas de grande ni de petite histoire. Il y a des individus qui sont mêlés à des événements qu'ils ne contrôlent pas. Et ce film réussit bien à montrer cet emmêlement. Alors que Cecil Gaines tente de garder son travail et de rester discret sa famille est nécessairement engloutie par l'arrivée de Martin Luther King puis du Black Panther Party. Perdu dans des mouvements de masse qu'il ne comprend pas et dont il a peur alors que l'un de ses fils s'y engage fortement pour ensuite entrer en politique. On observe, en fait, un changement de génération. L'une souhaitait la discrétion pour survivre et la nouvelle fait tout pour démontrer son droit à l'existence.

Mais ce beau film est loin d'être parfait. En fait c'est un film très simple. On peut difficilement échouer quand on place toutes les idées connues sur le mouvement des droits civiques et l'histoire des populations noires des USA. Ainsi, le réalisateur nous montre les champs de cotons, la brutalité policière et des simples personnes et porte sur un piédestal les combattants du mouvement freedom puis du Black Panther Party en mettant face à face des mouvements qui se veulent pacifistes et une réaction violente encadrée et légitimée par la justice. Il n'y a aucune vision de ces événements dans toute leur complexité. Le personnage de Cecil Gaines est lui-même simplifié à l'extrême. C'est un père de famille travailleur consciencieux qui a des problèmes avec sa famille entre sa femme délaissée, son aîné engagé et son cadet qui accepte tout sans critiques. Il ne manque plus que le chien et nous avons la bonne famille américaine. Les femmes, elles, apparaissent à peine. Et tandis que le réalisateur nous montre les mouvements de luttes contre la ségrégation rien n'est fait pour y montrer l'importance des femmes ainsi que leur vision critique du patriarcat. Ou est passée la critique des blacks feminists? C'est à peine si on nous montre quelques scènes durant lesquels les hommes sont dominants et les femmes dominées et mises à l'arrière plan. Ceci étant fait sans visions critiques.

  • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

  • Twilight.

  • Film de vacances. Ce n'est pas un mauvais film malgré quelques scènes peu maitrisées mais surtout un film facile. Dans l'Amérique d'Obama il n'était que logique que ce type d'histoire soit mis en scène. Mais il n'y a pas de profondeurs et j'en suis sorti avec une impression de manque.

  • Bon scénario.

  • Joss Whedon.

Image: Allociné

Site Officiel

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03/11/2011

La Ligue Marxiste Révolutionnaire en Suisse romande (1969-1980) par Benoît Challand (la gauche de la gauche de la gauche)

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Auteur: Benoît Challand
Éditeur: Université de Fribourg 2000
Pages: 302

J'ai tendance à rester dans le cadre local Suisse romand dans mes dernières lectures sérieuses. Après le MLF de Genève je me suis intéressé à un groupe de la même époque: la Ligue Marxiste Révolutionnaire. Pour comprendre ce parti trotskiste il est nécessaire de lire le superbe mémoire de Benoît Challand. L'auteur nous fait entrer dans le fonctionnement intime de ce parti en organisant une analyse en trois parties. La première partie se base principalement sur les débuts de la LMR et son développement. L'auteur nous fait entrer dans le processus de création de ce parti qui a conduit une partie des membres du POP à préparer, dans le secret, une dissidence qui a abouti sur une scission. Cette partie nous permet de voir que la LMR a non seulement réussi à s'organiser en un temps record mais a aussi réussit à devenir un parti national en relativement peu de temps.

Dans une seconde partie l'auteur nous fait rentrer dans les publications de la LMR: la Brèche. Non seulement ce journal s'est organisé plus rapidement encore que le parti mais il a réussi à se développer dans toute la Suisse. Les thèmes qui y sont traités vont de la politique locale à l'international, des théories à la culture. Mais, après les années d'euphories, les tirages baissent et certains titres traduits cessent même de paraître. La troisième partie se pose la question de la pratique du militantisme. Pour cela l'auteur examine deux points: comment le militantisme est organisé et comment les militants ressentent leur vie dans la LMR. Mais les conclusions de ces deux chapitres sont claires. Le militantisme LMR était structuré, organisé et chronophage. Les membres de la LMR devaient donner de leur temps pour de nombreuses causes et de nombreuses réunions ce qui a engendré un turnover fort et une difficulté de recrutement. De plus, le parti demandait une certaine qualité de réflexion aux militants. Les nouveaux devaient donc passer par une période d’apprentissage rude avant de pouvoir voter.

Je dois le dire tout de suite. Je trouve que le travail de Benoît Challand est très impressionnant. Non seulement il a dépouillé un nombre important de sources mais, en plus, il a conduit une dizaine d'entretiens. Ce travail se ressent tout au long du livre. Nous y trouvons une analyse très précise et détaillée de tous les aspects de la LMR sauf un qui est l'idéologie. Ne pas avoir voulu présenter l'idéologie de la LMR est, à mon avis, le seul point négatif de ce livre. En effet, je pense qu'il est difficile de comprendre le militantisme, surtout dans le contexte de la LMR, sans prendre en compte ce qui pousse à militer. Je pense, de plus, que ce livre aurait pu devenir meilleur si l'auteur avait présenté la LMR dans le contexte historique des années 70. Je ne dis pas que ce contexte n'est pas connu par M Challand. Mais ce livre, bien que brillant, manque singulièrement de vie. La lecture m'a donné une impression de relative aridité. Je pense qu'insérer la LMR dans les réseaux de militantisme, les luttes historiques et les combats politiques aurait pu donner un peu plus de vie à cette histoire. Mais ce point n'enlève rien à la richesse déjà très importante de ce travail de mémoire

Image : Université de Fribourg

15:41 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire, Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lmr, gauche, révolution | | | |  Facebook

07/10/2011

Le cuirassé Potemkine

Pour une fois je vais parler d'un film russe. Il est sorti dans les salles en 1926 c'est donc un vieux film qui a été réalisé dans les premières dizaines d'années de la révolution Russe. L'intrigue prend place en 1905 dans, vous l'aurez compris, le cuirassé Potemkine. Les matelots dont nous suivons les aventures se révoltent contre leurs officiers à cause de la nourriture qu'ils sont obligé d'ingurgiter. En effet, celle-ci est tout simplement remplie de vers. Devant le refus des officiers de donner une viande plus saine les matelots commencent à parler de révolter jusqu'à ce que ces mêmes officiers décident de tuer ceux qui ne mangent pas de la viande. Ceci étant la goutte d'eau qui fait déborder le vase les simples marines se révoltent et combattent les officiers. Ils sont bientôt soutenu par la ville du port dans lequel le cuirassé mouille.

Il y a plusieurs raisons pour lesquels j'ai trouvé ce film intéressant. Des raisons qui en font un magnifique film de propagande soviétique plus qu'une histoire. Je pense que n'importe qui est capable de faire le lien entre les événements de l'intrigue et la Révolution d'Octobre. Mais ce qui est intéressant c'est d'observer l'image. Premièrement, la différence entre les simples marins et les officiers est particulièrement caricatural. Les marins sont de bons soviétiques, forts et travailleurs. Les officiers sont tous assez chétifs, bien habillés, cultivés et surtout cyniques! Pour s'en rendre compte il suffit de regarder la scène durant laquelle le médecin du bord observe la viande avariée en répondant aux marins "ce ne sont pas des vers ce sont des larves de mouches". J'avoue m'être presque attendu à lire des termes latins. D'ailleurs, l'image de la culture est particulièrement dépréciée dans ce film. En effet, les officiers sont toujours proches des lieux de culture, médecine, théâtre, etc. Le film montre un plaisir manifeste de détruire ces lieux. Je trouve aussi intéressant de montrer le contraste entre les marins révoltés qui aident la population de la ville et l'armée tsariste dont la principale activité est de massacrer les civils. Le leader des marins est aussi particulièrement intéressant à observer. Il possède tous les attributs du leader soviétique. Son discours révolutionnaire est particulièrement savoureux. Bref, nous nous trouvons devant un superbe film de propagande qu'il serait intéressant de montrer en classe avec un discours critique pour permettre aux enfants de se rendre compte de la manière dont l'image peut-être utilisé pour manipuler l'opinion.

Image: IMDB

 

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11:32 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : russie, révolution | | | |  Facebook