07/06/2014

Les camps de la honte. Les internés juifs des camps français 1939-1944 par Anne Grynberg

Titre : Les camps de la honte. Les internés juifs des camps français 1939-19449782707176189.gif
Auteure : Anne Grynberg
Éditeur : La Découverte 1999
Pages : 409

Avant les années 90 une personne qui souhaitait s'informer sur l'histoire des camps d'internement français avait très peu de chance de trouver quelque chose. L'importance de la littérature, aussi bien scientifique que de mémoire, actuelle est récente. Mais tout ceci a dû commencer par des recherches d'historien-ne-s. Ce livre, adapté d'une thèse, fut l'un des premier ouvrages consacrés à ces camps d'internement. Elle y examine leur genèse, leur fin mais aussi leur fonctionnement et la manière dont la vie quotidienne s'y développa.

Pour accomplir ce difficile travail l'auteure construit 16 chapitres en 4 parties. La première permet d'insérer les camps dans leur genèse républicaine. En effet, la France mit en place, comme de nombreux autres pays, une procédure d'internement dans les camps de populations jugées dangereuses. Dans ce contexte les camps existèrent avant la Deuxième Guerre Mondiale. Ils furent construits à la hâte pour accueillir les réfugiés suite à la guerre d'Espagne. Dans un second temps ils permirent de s'occuper des réfugiés antifascistes alors que la Guerre commençait. La seconde partie s'intéresse à la gestion mise en place par le régime de Vichy dans un cadre antisémite et suite à la surprise de la défaite. La vie dans les camps, inadaptés et en ruine, devient de plus en plus dure alors que la société civile commence à réagir en préparant un secours pour les personnes internées. L'auteure y décrit très précisément les problèmes rencontrés dans les camps et les réactions des français-e-s. La troisième partie lui permet de décrire les dangers de la faim ainsi que l'aide apportée pour l'éviter. Plus important, elle démontre que les efforts des sociétés de secours les mènent dans un piège. Celui-ci est autant de prendre la place des devoirs de l’État que d'accepter par défaut l'existence des camps. Enfin, une dernière partie concerne la déportation, son fonctionnement et les résistances. Alors que les sociétés de secours étaient restées dans la légalité elles se rendent compte du piège et commencent à créer des structures de sauvetage clandestines. Ces résistances permettent de sauver certains juifs mais au prix de la mort d'autres. Ce que les responsables associatifs de l'époque ne savaient pas. Se pose ici la question difficile des missions des associations de charités.

Voici donc une thèse difficile à lire. Elle est dense et décrit très précisément la vie des personnes internées, leurs espoirs et leurs désespoirs. L'auteure réussit non seulement à nous faire comprendre le fonctionnement des camps mais aussi à nous faire entrer dans l'intime des interné-e-s grâce à l'utilisation de lettres et de témoignages. Le résultat est un livre à la fois scientifique et profondément émotionnel au fil des pages et des événements.

Image: Éditeur

20/10/2013

Omar de Hany Abu-Assad

Bon après avoir vu Turbo je me suis dis que j'allais passer à un autre style en allant voir Omar. Ce film dont le titre est le nom du principal personnage est décrit comme un thriller palestinien par la presse. Omar est donc un jeune homme palestinien qui vit à l'ombre du mur qu'il traverse parfois en risquant de se faire tuer. Mais comme beaucoup de jeunes il souhaite résister à l'occupation israélienne en accomplissant ce que l'ennemi nomme du terrorisme. C'est avec deux amis d'enfance qu'il prépare une attaque contre l'armée qui réussira. Mais il y a un traître dans les rangs et la police rattrape vite Omar qui se voit offrir un choix: coopérer ou passer sa vie en prison sachant que tous ses amis et la femme de sa vie seront détruits.

Il est rafraîchissant de ne pas toujours voir de thriller américain. Ce n'est pas que je ne les apprécie pas mais Omar fonctionne différemment. On ne se trouve pas dans une grande ville sombre dont l'on parcourt les bas-fonds à la recherche de la vérité. Au contraire on se trouve au soleil de la Palestine et les seuls moments sombres sont ceux de l'attentat et des emprisonnements. Ce film regroupe à la fois une histoire d'amis, une histoire d'amour et une histoire politique. Car tout le monde est impliqué dans l'occupation qu'ils luttent activement, passivement, aient renoncés ou qu'ils aident les occupants quand ils ne sont pas ces derniers. Ce film est donc assez dense.

Ce que l'on observe dans l'histoire qui nous est contée est la difficulté de résister avec des armes considérées comme terroriste. En effet, la seule résistance armée possible (car je suis convaincu qu'une résistance pacifique est possible) est cachée, une forme de guérilla. Mais l'opportunité de cette résistance n'est jamais questionnée. Est-ce la seule voie? Est-ce vraiment une bonne idée? Le film nous montre aussi le danger de la paranoïa et de la méfiance entre amis et amants. En effet, dès que quelqu'un est soupçonné tout commence à tomber par terre. Que ce soit l'envie de se marier ou l'amitié. Ceci est mis en place par les forces de sécurité d'Israël qui comprennent bien ce qu'elles peuvent en tirer. Mais on observe aussi l'humiliation quotidienne des Palestiniens. Que ce soit le mur, les forces armées israéliennes qui s'amusent à humilier ou la prison dans laquelle la torture psychologique et physique est utilisée. On trouve aussi quelques informations intéressantes sur la place des femmes qui se doivent d'être chastes, silencieuses et d'accepter l'échange qui se fait lors d'un mariage décidé par les hommes vu comme pourvoyeurs de l'argent. Au final ce film dépeint la perte d'une amitié et de l'amour face à un occupant tout puissant qui prend le contrôle des personnes.

  • Le scénariste est voué au septième cercle des enfers.

  • Twilight.

  • Film de vacances.

  • Bon scénario. Une histoire qui nous permet de visiter les deux cotés du mur et de comprendre ce que ressent un peuple sous occupation constamment humilié. Mais aussi un thriller qui permet de lier divers histoires entre elles dans une intrigue de méfiance.

  • Joss Whedon.

Image: Allociné

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18/03/2013

De la résistance à la guerre civile en Grèce 1941-1946 par Joëlle Fontaine

Titre : De la résistance à la guerre civile en Grèce 1941-1946arton680.jpg
Directeur : Joëlle Fontaine
Éditeur : La Fabrique 2012
Pages : 377

Ces derniers temps on parle souvent de la Grèce. Le pays est en train de sombrer dans les dettes et se fait contrôler par des instances étrangères non-démocratiques. L'extrême droite néonazie a une importance de plus en plus grande dans la vie politique du pays et les mouvements sociaux sont de plus en plus importants. Mais ce que l'on ne sait pas c'est d’où viennent ces problèmes? Car la Grèce a une histoire qui explique comment elle en est arrivée à ce point. Cette histoire est en partie racontée dans le livre de Joëlle Fontaine.

L'auteure a écrit son livre de manière chronologique en 12 chapitres. Ces 12 chapitres permettent d'abord de dépeindre la manière dont la résistance commence à s'organiser sous l'égide du KKE le parti communiste grec. L'auteure montre que la résistance grecque est l'une des meilleure d'europe et qu'elle a empêché l'occupant allemand de contrôler la majeure partie du pays. Comme dans la plupart des pays d'Europe la résistance est fortement communiste. Mais le parti communiste grec essaie toujours d'adjoindre un maximum de forces à son organisation et acceptant les compromis. Son but pendant et après la guerre est de créer une union nationale jusqu'à ce que le peuple puisse décider de la forme du gouvernement. Ce qui ne l'empêche pas de mettre en place des programmes communistes autours de réformes agraires ou de gouvernements auto-constitués dans les villages. Cette réussite de la résistance fortement communiste ne peut qu'inquiéter Churchill qui a peur pour les intérêts de l'Empire en Grèce. Churchill, malgré les résistances de ses proches collaborateurs et de son allié américain, fera donc tout pour que le roi de Grèce retourne à Athènes et pour que le gouvernement précédent soit remis en place. Et quand je dis tout je dis bien tout car cela implique de mentir à la résistance, d'occuper Athènes et de soutenir les anciens groupes para-militaires qui ont collaboré avec les allemands. On se trouve donc dans une situation étrange dans laquelle les collaborateurs sont encensés par Churchill et mis au-delà de tous risques judiciaires alors que les résistants risquent la prison si ce n'est les camps d'internements. Se déroule durant ce temps plusieurs mois que je qualifierais de fortement naïf. Les dirigeants de la résistance continuent, toujours, de souhaiter un gouvernement d'union national alors que se prépare un coup d'état. Les résistants pensent toujours que l'Angleterre de Churchill ne fera rien et qu'ils recevront un soutien bolchevique. Mais il n'en est rien et les sphères d'influences de la Guerre Froide commencent déjà à se mettre en place. Il est trop tard quand le KKE se rend compte du piège et son désarmement sera suivi de mois de répressions juste avant une élection qui est tout sauf libre.

Bien que ce livre soit des plus intéressants je déplore tout de même qu'il soit trop chronologique. Il est presque purement événementiel mais heureusement l'auteure mais en parallèle ce qui se déroule avec les remarques et directives de Churchill et des leaders de la Résistance. Ce qui permet de comprendre les buts et les visions de chacun. Mais on peut se demander ou se trouvent les résistants dans ce livre. On trouve de grands noms, des leaders, mais on ne sait pas vraiment ce que pensent et ce que vivent les petites mains de la résistance, ceux qui prennent les armes. On ne sait pas non plus comment ont réagis les soldats anglais aux ordres qu'ils ont reçu qui contredisent, parfois, le but officiel de la guerre. Le livre permet donc surtout de montrer en quoi les intérêts d'un pays priment sur la démocratie et les droits du peuple d'un autre pays. Ce livre est tout de même très intéressant. On se rend compte, dès les premières lignes de l'introduction, que l'auteure est amoureuse de ce pays et de son histoire et qu'elle tente de partager cet amour à d'autres. Je conseille donc ce livre à toutes personnes qui souhaite en savoir un peu plus sur l'histoire récente de la Grèce. Il se lit facilement, avec plaisir et rapidement.

Image: Éditeur

13/12/2009

Ces allemands qui ont affronté Hitler par Gilbert Badia

Titre: Ces allemands qui ont affronté Hitler51EPPPN89ZL._SL500_AA240_.jpg
Auteur: Gilbert Badia
Éditeur: Les éditions de l'atelier / les éditions ouvrières 2000
Pages: 254

Comme beaucoup, et même si j'étudie l'histoire, j'ai découvert l'existence de résistances allemandes en regardant le film Walkyrie relatant l'attentat de Staufenberg contre Hitler. Comme un film d'hollywood reste ce qu'il est j'ai voulu m'informer d'une manière plus précise. C'est pourquoi, il y a quelques mois, j'ai noté le titre de ce livre pour une lecture future. Je l'ai maintenant terminé.

Il est tout de même difficile de parler de cette période. Les erreurs peuvent être très mal ressenties et on peut rapidement glisser dans des présupposés. Badia, avec ce livre, a voulu effacer une erreur de l'historiographie qui est celle de l'oubli de la plupart des résistances allemandes. Oubli tributaire, comme il nous le montre, de la situation politique lors de la Guerre Froide. L'auteur nous donne un large panorama de multiples résistances. Nous avons des informations sur les communistes, la Rose Blanche, l'Orchestre Rouge, les sociaux-démocrates sans oublier de parler des églises.

Ce qui, probablement, fait la force de ce livre ce n'est pas le récit, intéressant, de ces résistances mais l'analyse que Badia fait des raisons de l'échec des résistants. Selon lui, cet échec est imputable à la désorganisation des résistances qui s'ignoraient voir se combattaient, l'atermoiement de certains, les changements de points de vues (les militaires passent de la crainte à l'enthousiasme envers Hitler pour ensuite essayer de se débarrasser de lui avant que l'Allemagne ne soit détruite). Il explique en quoi la propagande hitlérienne a réussit à se diffuser dans le peuple allemand que les résistants oublient voir ne comprennent pas. En guise de conclusion Badia nous donne quelques informations sur des résistances plus méconnues ou dont il ne pouvait pas parler.

C'est donc un livre riche et construit de manière intéressante qui nous permet d'avoir une bonne idée de la réalité des contestataires allemands. Il nous permet aussi de ressentir la force de la répression policière et de la Gestapo. Mais c'est surtout un hommage à ces hommes et femmes qui, au péril de leur vie, se sont battus, parfois tardivement oui, pour une certaine conception de la liberté. Malgré toutes les critiques qu'on peut le faire on ne peut qu'admirer ce courage dont tout le monde ne saurait probablement pas faire preuve.


Image: Amazon.fr

02/07/2009

L'aube de la nuit. Le Dieu nu. Résistance

Titre: L'aube de la nuitresistance.jpg
Tome: le Dieu nu: Résistance
Auteur: Peter F. Hamilton
Traducteur:Jean-Daniel Brèque
Éditeur: Robert Laffont 2002 (1999 édition originale)
Pages: 926

Enfin, l'avant dernier tome du cycle l'Aube de la Nuit. Les évènements, ici, ralentissent. Les forces en présences sont plus ou moins à égalité et, même si Al Capone continue de menacer la Confédération, la possession n'augmente plus que rarement. D'ailleurs l'Organisation d'Al Capone commence à se désagréger alors que les non-possédés contre attaquent sur le front de Mortonridge avec un succès spectaculaire. En même temps, la Terre est infiltrée par Quinn Dexter qui commence son travail de destruction que les sœurs Kavanagh et des protecteurs de la Terre tentent d'empêcher. Mais ceci n'est pas vraiment important car il semble que la solution se trouvera ailleurs, c'est pourquoi Joshua Calvert part en mission en direction des colonies Thyratcas pour essayer de trouver ce qu'ils nomment leur dieu.

Les autres tomes faisaient défiler l'incompréhension puis le désespoir, ici nous commençons à avoir l'espoir. Pour plusieurs raisons: d'abord les forces armées humaines commencent à faire reculer les possédés, ensuite les observateurs envoyés par les Kiints nous permettent de ressentir une possibilité de solution bien que rien, encore, ne nous permettent de comprendre laquelle, troisièmement les visions que nous avons des mondes disparus nous permettent de voir que le paradis voulu par les possédés n'est pas si beau que cela et, peut être, souhaiteront ils revenir? La grande nouveauté est, quand même, la vision des mondes Kiints et de leurs buts. Ces extraterrestres sont bien plus puissants et bien plus anciens que les humains l'ont crus. Je n'ai encore aucune idée de la solution mais il devient de plus en plus clair qu'elle ne sera pas militaire et qu'elle sera trouvée. La question est de savoir dans quel état se trouvera la Confédération ensuite?