05/06/2017

Unseen academicals (Discworld 37, Rincewind 8) par Terry Pratchett

Titre : Unseen academicals (Discworld 37, Rincewind 8)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 13 février 2014
Pages : 544

Les magiciens de l'Université Invisible vivent particulièrement bien. Ils ont plus de 6 repas par jours, ne donnent jamais cours et possèdent un nombre important d'étudiants pour tenter quelques petites expériences. Après tout, le but principal de l'Université est d'empêcher les magiciens de faire quelque chose. Mais l'Université doit changer. En effet, non seulement certains magiciens sont partis vers d'autres universités concurrentes qui viennent de se construire mais, en plus, l'un des magiciens vient d'être nommé à un poste dont le titulaire était mort depuis longtemps. C'est ainsi qu'une découverte importante est faites : si l'Université Invisible veut garder une importante rente elle doit concourir dans un jeu de football. Mais le jeu est un simple sport de brutes sans règles ni arbitres. Comment les magiciens pourraient-ils accepter de se lancer dans la plèbe et perdre leur statut. Donc, lorsque Vetinari demande de réviser les règles du jeu les magiciens acceptent immédiatement. Après tout, le plateau de fromage est en jeu si l'Université perd sa rente !

Je n'ai pas aimé ce tome. Malheureusement, celui-ci est écrit alors que Terry Pratchett est diagnostiqué depuis deux ans comme victime d’Alzheimer. Ce qui n'apparaissait pas encore beaucoup dans le livre précèdent est ici beaucoup plus important. L'écriture semble avoir été plus difficile, les dialogues moins bons et les personnages semblent être moins proche de leur identité de base. Je dois avouer que l'intrigue principale n'a pas aidé, le football n'est vraiment pas une passion pour moi. En fait, il y a plusieurs intrigues : l'une concerne Jewell, la seconde Nutt et la troisième est celle qui est censé être au cœur du livre. Mais il y a trop de directions différentes et les intrigues ne sont pas assez bien mises en scènes pour créer un tout qui fonctionne. On se perd dans les différentes intrigues et personnages alors que, personnellement, je n'ai pas compris toutes les références à un sport qui ne m'intéresse pas. Dans ce livre, Pratchett échoue à accomplir sa marque de fabrique : poser des questions importantes tout en se moquant gentiment de notre monde.

Heureusement, le livre est presque sauvé par un seul personnage : Nutt. Ce dernier reste une énigme pendant une grande partie du livre bien que l'on se doute qu'il y a une histoire tragique derrière lui. Celle-ci est révélée petit à petit sans que cela ne semble forcé. Son inscription dans l'histoire du Disque-Monde est assez réussie et donne un peu plus de profondeur tandis que son environnement permet de mieux connaitre les classes inférieures d'Ankh-Morpork, assez peu décrites auparavant. Ce n'est pas un livre de la garde donc les questions sociales existent mais ne sont pas au centre du questionnement. Celui-ci pose plutôt la question de l'inné et de l'acquis. En effet, Nutt (spoiler alert) est censé être une machine à tuer, une légende noire venue d'un âge ancien. Cependant, ce personnage a été éduqué puis s'est éduqué lui-même jusqu'à devenir un véritable génie capable de prouesses et de construire une philosophie individuelle de son existence. Nutt nous permet de nous demander si ce qui est le plus importante est la provenance, l'inné, ou la manière dont on se construit à l'aide d'autres personnes et de soi-même.

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*** Un tome 37 qui échoue après une série de très bons tomes. On sent, à la lecture, que Pratchett n'écrit plus aussi bien mais il y a du génie derrière une écriture moins maitrisée.
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Image : Site officiel

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18/03/2017

The last Hero (Discworld 27, Rincewind 7) par Terry Pratchett

Titre : The last Hero (Discworld 27, Rincewind 7)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Gollancz 13 septembre 2007
Pages : 176

Cohen le barbare s'ennuie. Il a réussi à prendre le contrôle d'un continent entier avec seulement quelques compagnons aussi âgé que lui. Son gouvernement est un souffle de liberté après les horreurs des anciens empereurs. Mais l'Empire envoie un message au Patricien. Ce dernier prévient le reste du monde en quelques heures. Cohen, le nouvel empereur, est parti après avoir kidnappé un barde. Il semble que Cohen ait décidé qu'une dernière chevauchée serait un bon moyen de réparer un vieux problème entre les divinités et les humain-e-s. Cohen compte rentre le feu, avec des intérêts. Et cela pourrait bien amener la fin du monde. Une dernière mission est mise en place pour arrêter l'homme le plus connu du Disque-Monde. Trois personnes sont choisies: Leonard de Quirm, Carrot et Rincewind qui préfère venir de son plein gré plutôt que de se retrouver mêlé aux événements par un hasard des plus suspects.

Ce tome 27 a été écrit pour des enfants et ça se voit. Ce n'est pas une question de taille mais d'intrigue. Contrairement à certains autres tomes, celui-ci laisse de côté une bonne partie de l'ironie à laquelle on était habitué. Le résultat est navrant en ce qui concerne les personnages. Leonard n'a jamais vraiment été développé mais Carrot est simplement un homme avec des muscles et une épée tandis que Rincewind perd tout ce qui fait son charme malgré la qualité bien moindre de la plupart des intrigues qui le mette en scène. Le Patricien reste un peu plus drôle que la moyenne avec une vision particulière du fonctionnement de l'Université Invisible. Bien entendu, on pourrait dire que ce tome parle de la Mémoire. Celle qui permet à des personnes de se lancer dans des idées ou des quêtes pour devenir immortel dans des sagas (et des livres d'histoire). Mais je trouve que cette idée est assez mal mise en place. On ne comprend que tardivement ce qui se déroule et il me semble que les évènements ne font que se suivre pour le plaisir d'exister sans s'insérer dans l'intrigue.

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** Il suffit de m'imaginer en train de bailler. Au moins il se lit rapidement.
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Image: Site officiel

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06/03/2017

The last continent (Discworld 22, Rincewind 6) par Terry Pratchett

Titre : The last continent (Discworld 22, Rincewind 6)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 1 février 2006
Pages : 416

Rincewind n'aime pas voyager. Il souhaite vivre tranquillement chez lui, se rendre sans soucis à son travail d'adjoint au libraire et manger sans être interrompu par une catastrophe. Rincewind n'a pas de chance. Depuis le début de la série il est ballotté entre toutes les différentes nations du Disque-Monde au point de se retrouver non seulement dans des lieux particulièrement dangereux mais aussi au sein de royaumes oubliés. Après s'être rendu dans l'Empire Agatéen, et avoir aidée une révolution sans le vouloir, Rincewind se retrouve sur un continent oublié et inconnu: XXXX. Il y fait chaud, l'eau est rare (mais la bière est abondante), les locaux sont sympathiques et tout ce qui bouge semble vouloir le tuer. Une après-midi ordinaire pour Rincewind. Malheureusement, il se retrouve embarqué, encore une fois, dans une quête dont le but est de sauver le monde et ses habitant-e-s.

Je suis plutôt déçu du cycle de Rincewind. La majorité des livres ne m'ont pas plus. Le seul que j'apprécie et Interesting Times. Donc, je suis rentré dans ce tome 22 avec une certaine crainte. Je me demandais si ce tome retomberait dans les travers précédents ou si Pratchett avait réussi à atteindre ce qui fonctionnait dans Interesting Times. Ce livre ne réussit ni à être aussi bon qu'Interesting Times ni à être aussi difficile à lire que les autres Rincewind. En fait, j'ai l'impression de retrouver le problème principal de Maskerade. Les personnages, et l'intrigue, avancent tout seul comme sous l'effet d'une écriture automatique. Les situations fonctionnent, Pratchett crée un continent qui ressemble fortement à l'Australie et en rigole un peu, les personnages suivent ce qu'illes sont sans accrocs. Mais un livre qui fonctionne n'implique pas un bon livre. A la lecture, je me suis contenté de suivre l'intrigue sans vraiment m'y sentir impliqué tout en comprenant assez rapidement le nœud du problème. Au final, je suis assez content de l'avoir terminé pour pouvoir passer à autre chose. Si possible, un tome plus intéressant.

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*** Le livre fonctionne, mais il ne fait rien de plus
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Image: Site officiel

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22/02/2017

Interesting times (Discworld 17, Rincewind 5) par Terry Pratchett

Titre : Interesting times (Discworld 17, Rincewind 5)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Corgi 1 octobre 2005
Pages : 432

Après une désastreuse aventure touristique, le retour d'un sourcier, son bannissement dans les enfers suivis de son retour par l'invocation d'un jeune homme Rincewind jouit d'une petite pause bien méritée sur une île paradisiaque, bien pourvue en poissons et en noix de coco et, surtout, sans que personne ne puisse le retrouver. Il n'y a qu'une seule chose qui manque: des patates. Mais nous parlons de Rincewind. Ce bon moment ne peut que se terminer de manière abrupte à l'aide d'un sort lancé par les magiciens de l'Université de l'Invisible. Il semble que les divinités aient décidé que ce moment serait proche. Car Ankh-Morpork a besoin de Rincewind. L'Empereur du continent perdu Agatéen a envoyé une missive au patricien. L'Empire réclame un magicien. Et pourquoi ne pas envoyer le pire d'entre-eux? Ce n'est pas comme s'il pouvait revenir.

Aurais-je enfin trouvé un tome du cycle de Rincewind que j'apprécie? Il semblerait que ce soit enfin le cas! Après quatre tomes voici, enfin, un livre que je trouve intéressant avec Rincewind à l'intérieur! Non seulement les personnages sont drôles et plutôt bien amené mais les situations le sont tout autant. De plus, on retrouve Two Flowers et sa magnifique naïveté ainsi que Cohen et ses solutions aussi simple que directes.

Pratchett utilise un certain nombre de thème dans ce livre comme le bon gouvernement, les révolutions et la civilisation. Celui qui m'a le plus parlé est un thème récurrent dans le Disque-Monde: l'importance de la croyance en une histoire. En effet, l'intrigue de ce tome repose sur une histoire. Celle des deux premiers tomes du Disque-Monde. Et, surtout, leur effet sur une civilisation fermée qui ne connaît pas l'extérieur. En effet, Two Flowers, après être rentré, a décidé d'écrire un récit sur son voyage. Mais alors que l'Empire Agatéen est décrit comme extrêmement codifié le reste du Disque est très chaotique. Ainsi, le livre de Two Flowers devient une sorte de livre rouge, banni par le pouvoir et donc possédé par tout le monde. Ce thème est encore développé lors de la dernière confrontation alors que Rincewind décide de créer une histoire. La propagande y est décrite comme un moyen certain de détruire une armée. Plus important encore, ce n'est pas de créer une histoire qui importe mais de refuser son existence. En effet, expliquer la réalité est plus difficile que de nier l'existence de cette même réalité. Alors que Rincewind invente une rumeur elle est relayée par des personnes à sa solde qui lui permettent de devenir importante en niant sa réalité (très fort, souvent et surtout en étant très inquiet). Rapidement, il devient impossible pour les autorités en charge de gérer le problème puisque nier la réalité de la rumeur revient à lui donner du crédit. Ça ne vous rappelle rien?

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**** J'attends ça depuis longtemps, un Rincewind que j'apprécie!
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Image : Site officiel

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20/01/2017

Eric (discworl 9, Rincewind 4) par Terry Pratchett

Titre : Eric (discworl 9, Rincewind 4)
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : Orion 4 mars 2000
Pages : 160

Rincewind n'a pas de chance. Après s'être attaqué au Sourcier avec une simple chaussette et une brique il s'est retrouvé coincé dans un autre monde rempli de créature qui ne souhaite que torturer. Tout le monde le pensait mort et tout le monde semblait l'avoir accepté. Du moins jusqu'à ce que son fantôme semble hanter les bâtiments de l'Université Invisible. Il se trouve que quelqu'un souhaite invoquer un démon et que, par un hasard absolument improbable, il soit tombé sur Rincewind. À présent, l'invocateur, Eric, souhaite que Rincewind lui accorde trois vœux. Et à la grande horreur de ce dernier il semble être capable de les accorder.

Je crois que je n'ai pas de chance avec Rincewind et le personnage commence à m'énerver autant qu'il énerve la Mort. Dès que je tombe sur lui je tombe sur un livre que je n'apprécie pas beaucoup. Pourtant, cette histoire avait tout pour me plaire. Pratchett décide de rire un peu de Faust et décide de placer trois vœux dans les mains d'un magicien incapable face à un invocateur adolescent. Le voyage de ces deux personnages aurait dû marcher. En effet, Pratchett les emmène dans différents lieux et époques. Que ce soit une civilisation du type aztèque ou un retour vers la guerre de Troie (enfin... son équivalent sur le Disque-Monde) ou encore les débuts de l'univers! J'aurais dû aimer. Mais ça n'a pas marché. Il n'y a qu'une seule chose que j'ai appréciée. C'est la manière dont Pratchett décrit l'Enfer. Il en fait une administration parfaitement efficiente dans le cadre d'une entreprise avec des plantes en pot qui ne sont pas réelles, des murs horribles et surtout un open space. J'en ai encore des frissons.

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*** Je n'ai vraiment pas aimé malgré de très bonnes idées.
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Image : Site de l'auteur

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