27/01/2018

The Hunger Games 3. Mockingjay par Suzanne Collins

Titre : The Hunger games 3. Mockingjay
Autrice : Suzanne Collins
Éditeur : Scholastic 25 février 2014
Pages : 400
TW : Violences d'état, mentions de tortures, violences policières

Les 75èmes jeux, censés être un moyen de se débarrasser de Katniss et de ses semblables, se sont terminés sur la destruction de l’arène. La réaction du Capitole a été immédiate et sans pitié. Le district 12 a été rasé par des bombes incendiaires et seule une minorité a survécu. De l'arène, seule Katniss et Finnick ont été sauvé par les rebelles et le district 13. Peeta, Johanna et Annie sont capturés par les forces du Capitole. Les choix de Katniss, bien que rendus nécessaires par une conspiration dont elle ne savait rien, font d'elle le visage de la révolte contre la tyrannie du président Snow. Car les districts sont en révolte ouverte contre le Capitole. Mais la guerre est difficile, les blessés et les enfants ne sont pas à l'abris de la vengeance. Il sera nécessaire de lutter rues après rues afin de détruire le Capitole.

SPOILERS

L'écriture de cette trilogie ne donne que peu d'informations sur la première guerre. On ne sait que peu sur le fonctionnement militaire du Capitole. Ce que l'on nous dit, en particulier par la voix de Katniss et de Peeta, implique que l'humanité pourrait disparaitre en cas de guerre. On a l'impression que Panem est la dernière civilisation au monde et sa tyrannie est nécessaire pour éviter l'extinction. Le second livre nous montrait une Katniss tentant d'éviter une guerre à la fois pour éviter des morts innocentes mais surtout pour protéger sa famille. Ce dernier tome permet de débuter la guerre annoncée et de poser la question de ce que l'on peut et ne peut pas faire dans le cadre d'un conflit. Panem et Snow sont montrés comme sans pitiés. Les forces militaires n'hésitent pas à user de la torture et de l'esclavage afin de vaincre et d'empêcher toutes possibilités de considérer la révolte. Face à eux, le district 13 est-il vraiment meilleur? À plusieurs reprises, des personnages posent la question des limites et surtout de leur existence. Cette réflexion n'est pas qu'académique. Elle est mise en scène dans plusieurs parties du livre et permet aussi de se poser la question des débuts de Panem, lorsqu'il a été décidé de sacrifier des enfants afin d'éviter une prochaine guerre.

Mais ce tome prend aussi au cœur de parler d'un thème déjà présent lors du second tome, mais mis en sourdine face à la nécessité de protéger la famille de Katniss : le choc post-traumatique. Le premier tome ne parlait que de la mère de Katniss. Le second s'attache un peu plus aux réactions de Katniss et Peeta, sous la forme de cauchemars, et permet de créer une meilleure compréhension du comportement d'Haymitch pour ne prendre qu'un exemple. Mais le troisième va bien plus loin. Plusieurs personnages sont montrés brisés, à cause de Panem. Finnick a de la peine à garder sa santé d'esprit, Annie essaie à plusieurs reprises de s'échapper, Johanna a peur de l'eau après avoir été torturée. Peeta a subi un lavage de cerveau et tente d'y échapper sans savoir s'il peut croire ses souvenirs ou ses sentiments. Katniss, bien entendu, est plus proche de nous puisque le roman est écrit selon son point de vue. On observe le personnage essayer de s'en sortir mais surtout retomber dans le traumatisme a plusieurs reprises. Dans ce troisième tome, le choc post-traumatique est montré comme une composante importante de la psychologie de Katniss. Elle tente de mettre en place des moyens de continuer à vivre mais il n'est pas rare que des descriptions montrent à quel point cela est difficile pour elle, et à quel point les moyens de fuites peuvent être simples à suivre. C'est, à mon avis, le point le plus important de ce dernier tome, plus que la guerre elle-même.

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**** Une conclusion qui donne l'impression d'être dans la logique directe des deux derniers précédents tomes. Bien qu'il y ait un happy end il implique une lutte importante et l'autrice semble nous dire qu'il pourrait être mis en cause.
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Image : Site officiel

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20/01/2018

The Hunger Games 2. Catching fire par Suzanne Collins

Titre : The Hunger games 2. Catching fire
Autrice : Suzanne Colins
Éditeur : Scholastic 1 juillet 2010
Pages : 384
TW : Violences d'état, mention de torture, violences policières

Katniss et Peeta ont créé l'histoire. Illes ont réussi à faire croire au Capitol que leur amour est véritable, Avec cette arme dans leur main illes ont réussi à forcer les jeux à accepter une double victoire, pour la première fois depuis l'institution des Hunger Games. Mais le président Snow est inquiet. Les districts n'acceptent plus les décisions du Capitole et les petites révoltes individuelles commencent à se transformer en ce qui pourrait bien devenir une révolution. Snow décide que seule une personne peut empêcher les districts de se révolter. Cette personne est Katniss. Elle doit convaincre tout le monde que son geste dépendait de son amour pour Peeta et non d'un calcul pour humilier le Capitol. De sa réussite ne dépend pas seulement la paix mais aussi la survie de sa famille, de celle de Peeta et celle de Gale.

SPOILERS

Les personnes, nombreuses, qui ont vu le film savent que l'un des thèmes majeurs de cette trilogie concerne l'importance des médias. Le livre ne déroge pas à ce thème. Le premier montrait Katniss tenter de comprendre comment user des médias, et échouer. Ce second tome donne une importance plus grande encore car Katniss est un double symbole. En ce qui concerne le Capitole, et ses habitant-e-s, elle est une femme amoureuse. C'est l'image qui doit être créée et distribuée par les médias contrôlés par l’État. Ainsi, Katniss, Peeta et Snow font tout en leur pouvoir pour construire ce symbole afin d'éviter une révolte. Car Katniss est aussi un symbole de révolution. Cette partie n'est que peu montrée, étant donné les communications difficiles entre les districts dans cet univers. Mais on apprend, petit à petit, quelles sont les conséquences des gestes de Katniss. Ses paroles et ses costumes deviennent des symboles de ralliement contre un ennemi commun. On le voit lors d'une scène dans un district mais aussi dans la forêt, lorsqu'elle rencontre des personnes qui ont fui pour rejoindre le mythique district 13.

Cependant, ce livre pose aussi le problème de la révolte. Surtout, il tente de montrer de quelle manière il est possible de se révolter face à un état dictatorial. Le district 12 est montré comme peu contrôlé, face à d'autres ou les règles sont bien plus strictes. Mais l'autrice à la bonne idée de montrer un changement de direction. Celle-ci passe par le remplacement des personnes qui étaient chargées de la répression, afin de mettre en place non seulement un commandement plus dur mais aussi des soldat-e-s qui n'ont pas de liens avec la population. La répression passe aussi par les couvre-feux et la remise en ordre d'un système architectural et économique de contrôle. Il est intéressant qu'il soit mentionné qu'un tel changement ait déjà eu lieu auparavant. Mieux encore, l'autrice continue à utiliser son univers pour ne pas trop nous en dire. Ainsi, on ne sait que peu de choses sur les autres districts. Mais cela n'empêche pas les personnages de parler et de nous faire comprendre que plusieurs ont connu des révoltes qui ont eu un impact sur l'économie globale du pays. Cet aspect permet de mettre en avant l'importance des communications, et de leur contrôle, si on souhaite une révolution ou en empêcher une. Bref, un second tome à la fois proche et plus développé que le premier, ce qui permet de construire un peu plus son univers tout en laissant de côté les Hunger Games proprement dit.

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**** Avoir vu les films m'empêche de ressentir des surprises face aux intrigues, mais j'apprécie de voir comment l'autrice a construit son livre et surtout ce qu'elle a mis en place sans que le film ne le reprenne
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Image : Éditeur

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13/01/2018

The Hunger games 1 par Suzanne Colins

Titre : The Hunger games 1
Autrice : Suzanne Colins
Éditeur : Scholastic 1 juillet 2010
Pages : 384
TW : Violences d'état, torture, violences médicales

10 ans après tout le monde, et 4 films adaptés de la trilogie, je me suis enfin décidé à lire The Hunger Games. Les livres se trouvaient dans ma pile à lire depuis un bon moment mais, pour une raison ou une autre, je n'avais jamais pris le temps de m'y intéresser. Étant donné que je les ai lus après avoir vu les adaptations cinématographiques il m'est difficile de ne pas prendre les films en compte dans mon ressenti face à ce premier roman. Hunger Games se déroule dans un futur non spécifié. Il pourrait aussi bien être proche que très lointain. Tout ce que l'on sait c'est que l'intrigue se déroule sur le territoire de ce qui fut les Etats-Unis, dans 12 districts coupés les uns des autres et le Capitole. Suite à une guerre civile, 74 ans auparavant, il a été décidé que les tous les ans 2 enfants de chaque district seraient sacrifiés dans des jeux. Seule une personne peut survivre et devenir riche. Cette année, ce sont Peeta Malark et Katniss Everdeen qui sont choisis.

SPOILERS

Comme je l'ai dit, je suis nécessairement influencé par les films. Bien entendu, les romans et les films diffèrent sur plusieurs points, pour mieux expliquer l'univers. Ainsi, dans le roman le point de vue de Katniss et le seul et elle explicite ce que l'on a besoin de savoir. Dans les films les informations sont offertes par les commentateurs qui observent les jeux. De plus, il va de soi que les romans sont meilleurs, tout simplement parce que l'intrigue est construite dans le cadre d'un livre et qu'une adaptation en scénario implique nécessairement une perte de substance. Mais je vais tout de même me concentrer sur deux points majeurs sur lesquels les romans sont bien meilleurs et les films échouent à montrer, du moins selon moi.

Le premier point est l'impact psychologique. Celui-ci est peu montré dans le premier film. On ne l'observe que dans le second et le troisième, alors que Katness fait des cauchemars récurrents. Dans les romans, l'impact est immédiat. Bien entendu, on apprend que Katness est avant tout une survivante. Elle ne s’embarrasse pas des lois et des limites si cela lui permet de mettre sa famille, et sa sœur, en sécurité. Ce que les romans montrent est que, justement, cette composante de survie est la première chose qui fait fonctionner Katness. Si son personnage n'est pas amoureux de Peeta dès le début ce n'est pas par un calcul stratégique mais parce que Katness veut d'abord survivre, et l'amour ne peut que rendre cette survie plus difficile. Le roman nous montre de quelle manière ce besoin et les souhaits et incompréhensions de Katness jouent et lui permettent d'avancer ou de reculer selon les circonstances. Ils permettent aussi de montrer l'impact des tueries, et des jeux, bien avant le second roman.

Le second point qui m'a fait une impression concerne le rapport à son propre corps. On sait, dans les films, que la famille de Katness n'est pas riche et à risquer de mourir de faim. On observe aussi les efforts du Capitol pour remodeler le corps de Katness. Ces deux sujets sont bien plus mis en avant dans le livre, je pense même que c'est l'un des points les plus importants. La nécessité de se nourrir est toujours au centre des préoccupations du personnage. Quel que soit le moment, un repas ne peut pas être gâché et il est nécessaire de faire attention au futur, en tenant en compte les capacités pour se procurer de quoi manger. Il est intéressant de montrer qu'elle-même, ainsi que le district 11, sont capables de vivre sur la terre sans avoir besoin de dons.

De plus, le roman insiste sur l'usage des corps par les personnages et le Capitol. Bien entendu, les descriptions de douleurs et de blessures ne sont pas rares. Mais je parle de la manière dont le Capitole fait sien le corps des jeunes qui lui sont envoyés. Dès le début, illes sont dénudé-e-s, traité-e-s et maquillé-e-s puis des citoyen-ne-s du Capitol choisissent les habits qui seront portés. Le corps des tributs ne sont plus les leurs mais appartiennent au Capitol qui essaie d'en faire des peintures, au nom de leur propre bien être. À la fin du roman, il est révélateur que Katness se trouve enfermée et attachée à un lit d’hôpital qui permet au Capitol, et aux médecins, de traiter son corps voir de le modifier (on apprend que l'un des buts était de faire une augmentation mammaire). Il y a donc contraintes et une absence totale de consentement de la part des personnes concernées. Il est tout de même intéressant de mettre en avant que le styliste de Katness semble être une personne de confiance dont le but n'est pas de mettre en avant une idée sur le district ou lui-même mais de mettre en avant Katness (du moins je l'ai compris ainsi et je peux me tromper). Les descriptions corporelles, des efforts mis en place pour le changer dans le but de le rendre conforme aux standards du Capitol, sont donc particulièrement important et le film oublie d'en parler, mis à part dans une seule scène, très sage comparé au roman.

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**** Il m'a fallu du temps avant de finalement commencer cette trilogie. Je ne regrette pas de m'être lancé et je suis curieux d'observer les autres différences entre les romans et les films. Pour l'instant, il me semble claire, et normal, que les romans sont meilleurs que leurs adaptations.
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Image : Éditeur

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