09/05/2015

The farewell party (Fin de partie)

L'aventure prend place dans une petite maison de retraite à Jérusalem. Une femme prend son téléphone qui sonne. Dieu lui parle. Il lui conseille de continuer son traitement car, bien qu'il sera très heureux de la rencontrer au paradis, il n'y pas encore de place pour elle. C'est ainsi que le film débute : par un appel à la confiance envers la médecine. Dans cette même maison vit une femme, Yana, dont le mais souffre toute la journée. Il est en fin de vie et les médecins refusent de lui donner un traitement antidouleur plus fort. Ils ne peuvent pas non plus, juridiquement, le laisser mourir. Sa vie n'est donc plus que souffrances. C'est à ce moment qu'il demande à sa femme ainsi qu'à ses amis de l'aider à mourir. Après de nombreuses tergiversations un petit groupe se réunit afin de construire une machine à suicide. Alors que seule une personne devait en bénéficier la rumeur enfle et les demandes affluent tout en restant discrètes. En effet, la prison attend les personnes qui pourraient être accusées de meurtre.

C'est un thème difficile et douloureux auquel s'attaque ce film. La question de l'aide au suicide est très controversée. Peu de pays l'acceptent véritablement. En Suisse on refuse de légiférer pour contrôler tout en ne l'interdisant pas (à l'exception du canton de Vaud qui force tous les établissements médicaux, maisons de retraites comprises, à suivre la volonté des patient-e-s). Le film ne laisse pas de côté les problèmes moraux et personnels impliqués. Il place, de manière rigoureuse, la décision dans les mains des personnes demandeuses. Mais même ainsi le personnage de Levana considère l'aide au suicide comme un meurtre. Face à ce point de vue nous avons celui des proches et de la personne considérée qui se voient dans une vie de souffrance où dans un état d'épuisement. Ces personnes ne demandent que la possibilité de choisir leur fin.

Face à cela nous avons la question de la relation de Yehezkel avec sa femme Levana. Cette dernière à Alzheimer. Son identité, comme elle le dit elle-même, lui échappe de plus en plus. Et plus celle-ci disparait plus son mari s'attache à elle et refuse de la laisser partir. Le thème du film n'est donc pas seulement l'aide au suicide mais aussi la manière dont un proche gère le départ d'une personne aimée. En effet, alors même que Yehezkel aide des personnes à mourir accompagnées des personnes qu'elles aiment il commence à se rendre compte qu'il ne peut pas forcer sa femme à rester près de lui sans lui faire du mal. Il doit la laisser partir. Inversement, Levana qui était rigoureusement contre l'aide au suicide en vient, au fur et à mesure du développement de sa maladie, à accepter la possibilité de faire ce même choix pour elle-même.

Ces deux aspects sont entourés par quelques bouts de comédies qui permettent de faire passer la pilule d'un film joyeux mais aussi très triste. Que ce soient les relations avec un pauvre policier, une scène dans une serre (et la convocation devant une directrice qui fait peur) ou encore ce couple gay qui se trouve dans me placard voir les petites blagues sur leur propre vie. Voici donc un très bon film, particulièrement bien joué et qui prend un thème difficile dans tous les sens du terme. On aimerait voir plus d’œuvres de ce style.

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***** Très bien joué, des personnages que l'on apprécie, des moments comiques qui fonctionnent pour un film qui traite d'un thème difficile avec brio et sans manichéisme mais de manière humaine.

Image : Allociné

 

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09:58 Écrit par Hassan dans contemporain, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fin de vie, euthanasie, suicide, comédie | | | |  Facebook

18/10/2012

Le magasin des suicides: des prix mortels.

Je le confesse dès maintenant, je n'ai pas lu le roman. Je ne pourrais donc pas comparer l'adaptation au livre original et montrer les incohérences. Maintenant que cela est dit quelle est l'histoire de ce film? Nous sommes en France. La crise touche tous les secteurs et les journaux déplorent le nombre d'optimisme des citoyens. Les visages sont creux et sans expressions, le gris envahit la ville. Un homme tente de traverser la route pour se faire percuter quand un autre le sauve au dernier instant. Une âme charitable qui tente de lui expliquer l'intérêt de la vie? Non, au contraire, il le met en garde contre le suicide sur la voie publique qui est illégale. Il lui propose plutôt de visiter le magasin des suicides qui possède toutes les dernières technologies pour quitter ce monde en paix. Le gérant et sa femme ont deux enfants tout aussi déprimés qu'eux. Mais leur dernier bébé, lui, ne fait que sourire. Alors comment réagir?

J'ai bien aimé ce film mais je n'en garderais pas un grand souvenir. Si on s'intéresse au style j'ai trouvé très intéressant de dépeindre la ville dans des tons de gris. Le seul endroit coloré se trouve être le magasin proprement dit qui, malgré son coté morbide, semble être le seul lieu ou un peu de joie reste. Ce film montre aussi un changement dans les personnages. Chacun d'eux est influencé par la joie de vivre du petit dernier. A tel point qu'ils s’exaspèrent devant quelqu'un d'aussi optimiste alors que le monde semble n'être que douleur. La question centrale est donc de savoir pourquoi la vie vaut la peine d'être subie? La réponse donnée par le film fleure bon l'optimisme et les petits cœurs roses mais ça n'implique pas que le réalisateur ait tort. Au final un film sympathique, drôle et que j'aurais oublié dans une semaine.

Image: Allociné

Site officiel

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10:46 Écrit par Hassan dans contemporain, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suicide | | | |  Facebook