terreur

  • La terreur et le désarroi Staline et son système par Nicolas Werth

    Titre: La terreur et le désarroi Staline et son système9782262024628.gif
    Auteur: Nicolas Werth
    Éditeur: Perrin 2007
    Pages: 614

    Nicolas Werth est l'un des contributeurs du très célèbre, et controversé, Livre Noir du Communisme. Un livre que je n'ai toujours pas lu mais que je devrais parcourir un de ces jours. Il semble, après la lecture de ce livre, que Nicolas Werth est l'un des experts concernant les violences politiques et sociales en URSS. En tout cas, les articles qui forment ce recueil concernent toutes les formes de violences qu'elles soient de la part de l'état soviétique ou des paysans. Et justement, c'est un sujet que je ne connais pratiquement pas. Comme tout le monde j'ai eu, à l'école, des cours sur la famine ukrainienne et la Grande Terreur stalinienne qui toucha un certains nombre d'officiers et de membres du parti bolchevique. Mais ce livre m'a montré que ces deux points ne sont que de petites parties d'un système répressif et terroristes bien plus vaste.

    Les articles qui sont réunis dans ce livre de 600 pages m'ont permis de bien mieux connaître le système terroriste de l'état stalinien. Mais j'y ai aussi beaucoup appris sur la violence des résistants qu'ils soient des paysans considérés comme des koulaks ou des propagateurs de rumeurs. Nous y lisons que la violence politique et sociale en URSS dépasse largement la Grande Terreur et la famine ukrainienne. En effet, ce qu'on découvre dans ce livre c'est un état qui fonctionne sur la criminalisation intensive de la population et sur la peur d'une nouvelle révolution. C'est dans ce contexte que l'on peut mieux imaginer des déportations massives que ce soit au goulag (un peu plus de deux millions de personnes ont connu le Goulag durant Staline) et dans des peuplements spéciaux. Les personnes incarcérées pouvaient aussi bien être des classes suspectes, des peuples punis pour avoir été contre-révolutionnaire que de simples voleurs qui ont été poussé au crime par la faim. Ce que l'on découvre c'est donc un vaste système répressif couvert par plusieurs affaires successives chacune ciblant une certaine part de la population. Mais Nicolas Werth nous montre aussi que les premières années de la révolution russe ont connu une formidable résistance de la part de paysans armés qui ont, parfois, tenu des pays entiers face aux rouges comme aux blancs. C'est, en bref, le portrait d'une société brutalisée que nous fait Nicolas Werth.

    Bien que le thème traité par Nicolas Werth dans ses articles soit très intéressant j'ai trouvé le livre assez peu passionnant. Mis à part le coté histoire politique qui est contrebalancé par un coté histoire sociale qui permet de mettre en lien les événements avec les acteurs et la manière dont ils réagissent c'est surtout le coté très redondant du livre qui m'a dérangé. En effet, ce livre est un recueil de différents articles écrit par Nicolas Werth. L'auteur les a classé d'une manière logique et un fil rouge est très clair quand on fait une lecture attentive. Cependant, Nicolas Werth reprend, souvent, les mêmes informations dans plusieurs de ces articles. Bien que cela permette de les garder en tête je me suis pris à être un peu lassé de ces retours en arrières sur des informations déjà fournies. Cependant, ce livre donne un portait important et très clair des violences politiques et sociales sous Staline et pour cela je pense qu'il est indispensable quand o souhaite comprendre cette époque de la Russie dites communiste.

    Image: Éditeur

  • Terreur

    Titre: Terreurterreur.jpg
    Auteur: Dan Simmons
    Traducteur: Jean-Daniel Brèque
    Éditeur: Robert Laffont 2008 (2007 édition originale anglaise)
    Pages: 704

    Dan Simmons, depuis quelque temps, est un écrivain que j'apprécie beaucoup. J'attendais donc ce Terreur avec une certaine impatience. Pour ce livre Simmons a décidé de se rapprocher de l'histoire réelle pour partir, ensuite, sur du fantastique. D'ailleurs, l'histoire en elle même est simple. Deux bateaux cherchent un passage en direction du nord-ouest alors qu'ils se trouvent près de la banquise. Malheureusement ils se retrouvent pris dans les glaces et doivent hiverner en attendant le dégel. Mais rien ne vient et l'expédition reste coincée sur place et tente de survivre aux maladies, à la faim et aux mutineries. C'est ici que s'arrête l'histoire réelle romancée car l'expédition semble être la victime d'un mystérieux ours blanc tueur qui les défie et les attaque les uns après les autres.

    J'ai été impatient de le lire mais je dois bien avouer que ce livre m'a déçu. Je n'y ai pas trouvé la puissance évocatrice d'Hypérion ni de l'Echiquier du Mal. Mais la façon dont Simmons écrit est toujours aussi belle et j'ai souvent eu l'impression de ressentir le peur et l'oppression qu'auraient pu ressentir les membres de l'équipage John Franklin, son capitaine. De plus je trouve le message écologique et anti-occidental un peu primaire. Non pas que je ne sois pas d'accord mais ce message aurait pu être plus subtil. Nous trouvons donc une nature qui lutte contre l'homme blanc mais aussi les créatures mythologiques inuits qui attaquent l'homme blanc. Nous y voyons aussi sa bêtise et son racisme face à un peuple qu'il considère inférieur. Bref, c'est un livre que j'ai apprécié parcourir mais ce n'est pas ce que j'attendais; c'est un bon livre mais pas un chef d'œuvre.