30/04/2017

The birth of a nation

Il y a un certain nombre de films historiques cette semaine. J'ai déjà parlé de deux d'entre eux que j'ai vu au cinéma. Hier soir, je suis allé voir The birth of a nation. Nat Turner est un esclave. Il travaille dans les champs de coton. Il doit obéissance envers son maitre. Il lui est interdit de quitter la propriété sans un laisser-passer de son maitre. Sa vie ne lui appartient pas. Elle appartient à un autre homme qui se l'est appropriée depuis l'enfance. Mais Nat Turner est aussi un esclave lettré. Il sait lire et écrire. Il a appris de lui-même puis une femme de la famille de son maitre a décidé de lui apprendre à mieux lire. Seul un livre fut utilisé : la bible. Nat Turner est un esclave lettré et croyant. Le dimanche, il prêche devant les siens et leur explique que dieu a créé un ordre naturel. C'est une atteinte contre dieu de lutter contre. Lorsque ses prêches commencent à être connu il est loué par d'autres maitres pour parler à d'autres esclaves et éviter une révolte. Mais Nat Turner est témoin d'atrocité et décide de lire d'autres passages. Des passages plus violents et défavorables envers les blancs.

L'intérêt de ce film est de bien montrer ce qu'était la vie des esclaves au XIXe siècle. Une lutte pour la survie face à des personnes qui avaient énormément de pouvoir. Mais aussi un grand nombre de personnes face à un petit nombre de blancs. Les blancs, mâles, qui possèdent des esclaves ont donc une certaine importance dans ce film car leur comportement a un impact fort sur la population de couleur, mise en esclavage. Ainsi, une bonne partie du film présente ces "humains" dont le comportement est plus ou moins atroce (je garde en tête un moment horrible que je préfère ne pas décrire, horrible pas seulement à cause de la douleur que j'imaginais mais surtout à cause de l'aspect très détaché du blanc qui agissait). Le plus important est Samuel Turner. Pendant la première partie du film, il est décrit comme quelqu'un de pas mauvais. C'est un frère et un fils aimant qui écoute ses esclaves et leur donne plusieurs libertés quand celles-ci sont demandées. Mais sa caractéristique principale est la lâcheté. Il n'est pas meilleur que d'autres il est seulement un lâche. Il ferme les yeux devant les atrocités qu'il aide à couvrir. Son histoire est celle d'un homme qui trahit la confiance de quelqu'un d'autre durant une scène très particulière (que l'on peut déplorer, les hommes sont montrés comme se vengeant à partir du moment ou des femmes se font violer). Il y a donc un voyage du "bon maitre" à l'ennemi.

Mais ce qui me semble le plus important dans ce film est la culture et les ancêtres. Dès les premières images, Nat Turner est inscrit dans un contexte culturel précis. Il fait partie d'une histoire dont il est la continuation. À plusieurs reprises, sa grand-mère lui parle de son mari qui était un guerrier en Afrique. Nat Turner, dans ce film, est inscrit dans l'histoire de sa famille et de son peuple. Culture et histoire sont héritées de personnes à personnes. Ainsi, l'une des scènes montre un jeune garçon observer Nat Turner pour, ensuite, retrouver ce même garçon en pleine guerre de sécession. Les différents combats font partie du même mouvement de révolte et de guerre contre l'inhumain. Tout aussi important, le film parle de l'histoire des États-Unis. Celle-ci est décrite comme fondée sur le sang et l'esclavage. Pour cela, le réalisateur utilise des images très symboliques, le coton ou le maïs qui baignent dans le sang mais aussi l'exécution de Nat Tuner sur fond de drapeaux des États-Unis. Le réalisateur veut nous marteler que l'histoire des États-Unis, en particulier, ne peut pas se comprendre sans prendre en compte le sang versé en son nom.

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**** Un film dont le rythme est maitrisé mais qui peut être difficile à regarder.
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Image : Allociné

Site officiel

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09:23 Écrit par Hassan dans contemporain, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the birth of a nation | | | |  Facebook