the good doctor

  • Doctor Who: The good Doctor par Juno Dawson

    Titre :  Doctor Who: The good Doctor
    Autrice : Juno Dawson
    Éditeur : BBC Books 25 octobre 2018
    Pages : 240

    La Doctor arrive tout juste sur une planète. Celle-ci est contrôlée par une espèce canine, descendante de Laïka, et une petite colonie humaine. Mais les relations entre les deux espèces sont difficiles. Une guerre civile a lieu tuant de nombreuses personnes dans les deux camps. La Doctor arrive alors que cette guerre se termine, par la victoire de l'espèce canine locale. Mais elle n'accepte pas cela et en à peine quelques minutes elles réussit à créer un traité de paix égal devant permettre un nouvel âge de prospérité. Cette réussite est quelque peu amoindrie par Ryan qui perd son natel sur la planète. Le recherchant, l'équipe TARDIS se retrouve sur la même planète mais 600 ans plus tard. Et les choses sont bien différentes mais dans le mauvais sens du terme.

    SPOILERS

    À mon avis ce roman est l'un des meilleurs actuellement écrit. Tout simplement parce que, pour une fois, l'autrice examine les conséquences inattendues d'une action de la Doctor. Dans le cas précis, son arrivée devient un mythe qui fonde une religion. Celle-ci est basée sur un livre qui décrit les actes et paroles de la Doctor afin de justifier le fonctionnement de la société. Cependant, c'est Graham qui est pris pour le Doctor tandis que ses paroles sont modifiées afin de mettre en place une société à la fois raciste et misogyne. Les hommes sont en haut de l'échelle. Les femmes et les Lobas sont respectivement soumis et mis en esclavage. Il faut noter que l'autrice explicite cette organisation par les liens amoureux et sexuels entre femmes et Lobas. Ces liens auraient créé une épidémie considérée comme un châtiment divin. Bien entendu, on ne peut que penser au fonctionnement des églises actuelles qui ont justifié des infériorités en se basant à la fois sur des écrits et sur des interprétations.

    Mais ce qui j'apprécie le plus dans ce roman est la raison de l'existence de cette société. Celle-ci se base sur les propos de Graham et, en particulier, une blague qu'il a faites en partant de la planète la première fois. Bien qu'il ne souhaitât pas faire de mal cette blague a permis de justifier une vision spécifique des Lobas comme inférieurs et soumis à l'humanité. On ne peut que faire le parallèle avec l'humour raciste et/ou misogyne régulièrement défendu au nom de la liberté d'expression. Le roman montre parfaitement que ces blagues, même faites sans arrière-pensées, ont un effet délétère. À travers de simples mots se voulant drôle on peut défendre et justifier un ordre social inégalitaire. Il est tout aussi intéressant que Graham ait été mis en avant sur ce point. Graham, dans la série, est montré comme bienveillant. Cela ne l'empêche pas de ne pas forcément avoir conscience de sa place dans la société. L'épisode autours de Rosa Parks le montre en train de comprendre ce qu'il doit faire et donc ce qu'il doit être pour que l'histoire continue comme elle devrait. À mon avis, le choix de ce personnage comme fondateur de la société décrite dans ce livre n'est pas un hasard. Je pense que l'autrice a parfaitement compris son utilité et son rôle de la série et l'utilise de la même manière.

    *

    **

    ***

    **** Les romans Doctor Who sont souvent médiocres au mieux. Mais celui-ci est clairement au-dessus du lot.

    *****

    Image : Éditeur