the good place

  • The good place 2

    Eleanor a compris ! Ce qui lui a été vendu comme le paradis, après sa mort, n'est pas le paradis. C'est un concept forgé par Michael. Son but est de créer un moyen pour que des humain-e-s, choisis spécifiquement, se torturent mutuellement pendant plusieurs milliers d'années. Mais Michael a échoué, non seulement Eleanor a compris ce qui se déroule mais le petit groupe d'humain-e-s choisis pour cette expérimentation a réussi à travailler ensemble afin de se rendre meilleurs. Ceci n'est pas censé être possible et les autorités des enfers ne sont pas heureuses. Il est donc décidé de relancer l'expérimentation en effaçant les souvenirs des 4 humain-e-s impliqué-e-s. Mais cela suffira-t-il à les empêcher de comprendre et de s'entre-aider ?

    SPOILERS

    Depuis le début, la série se pose sur des questions philosophiques. L'une des questions principales est comment devenir une meilleure personne. Dans le monde de The Good Place les bonnes actions donnent des points positifs et les mauvaises actions des points négatifs. Il est donc logique de souhaiter faire de bonnes actions et entre dans un paradis. Cependant, il faut se demander comment le faire. Les actions ont des conséquences, parfois inattendues. La série montre très bien cette complexité des processus de décisions. Un acte pensé bénéfique peut impliquer du négatif tandis qu'un acte négatif peut être commis dans un but positif. Ainsi, il est clair dès le début que le système montré dans la série ne peut pas fonctionner car on ne peut pas quantifier facilement des processus de décisions complexes.

    Bien entendu, la seconde décision concerne la raison des bonnes actions. Dans le cadre de la série, une bonne action réalisée afin de recevoir quelque chose en retour est immédiatement annulée. En effet, agir simplement en vue d'une récompense n'est pas une action positive mais une action à but égoïste. Cette saison répond à la question lors du tout dernier épisode. Celui-ci nous montre Eleanor essayer d'être meilleure sur Terre. Mais ce qu'elle reçoit n'est pas positif. Elle perd des ami-e-s, son travail, son appartement et elle est attaquée en justice. On peut sérieusement se demander si être une personne qui agit positivement est utile si cela implique non seulement une absence de récompense mais une punition. La série répond grâce à un autre personnage, Chibbi, et sans donner celle-ci je la trouve plutôt intéressante. En conclusion, une seconde saison tout aussi bien écrite que la première. La réalisation n'hésite pas à poser des questions difficiles sans donner de réponses précises, nous laissant réfléchir.

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    ***** Impossible de trouver des points négatifs.

    Image : Site officiel

  • The good place 1

    Il existe un certain nombre de séries qui prennent une position humoristique sur la mort. On peut penser à Dead Like Me qui profite de la mort pour parler de la vie ou encore Pushing Daisies au style si coloré. The Good Place, qui m'a été conseillé, se déroule après la mort. Lorsque l'on meurt les activités que l'on a eu sur Terre sont dénombrées selon qu'elles soient positives ou négatives. Le résultat permet de classer les personnes soit dans le Mauvais Endroit soit dans le Bon Endroit. Ce dernier est un lieu très exclusif réservé aux meilleures personnes ayant été vivantes. Eleanor Shellstrop vient tout juste de mourir. Elle se réveille dans une salle d'attente dans laquelle on lui annonce qu'elle est acceptée dans le Bon Endroit. Le problème c'est qu'Elenaor est loin d'être une bonne personne.

    SPOILER

    Les séries humoristiques qui fonctionnent réellement sont rares. Même s'il existe de nombreuses productions dans ce genre leur humour est souvent fainéant, mal écrit et peut rapidement devenir une honte secrète pour les personnes qui les regardent. Je compte sur les doigts d'une seule main les séries qui restent drôles après plusieurs années et sur de nombreuses saisons, malgré quelques longueurs de temps en temps. Leurs points communs sont de prendre au sérieux l'humour et les cibles des blagues. On rit avec les personnages et non pas des personnes. Lorsque ces personnages se comportement mal l'écriture permet de comprendre que c'est le cas. The Good Place est dans cette veine. Les situations dans lesquelles se trouvent Eleanor sont drôle parce que son comportement est déplacé, ce qui est montré et jugé comme tel.

    Ce qui rend cette série particulièrement bien écrite concerne aussi son message. Au lieu de se contenter de parler de la mort par le rire la production décide de parler de philosophie. Pour cela, outre Janet et Michael qui sont des êtres éternels, on nous offre 4 personnages. Tahani est une membre de la haute société anglo-saxonne qui a lancé de nombreuses organisations de charité tout en accomplissant un haut degré d'éducation. Chidi est un chercheur spécialisé en philosophie de l'éthique. Jason est un DJ trafiquant de drogue. Et Eleanor est une personne égocentrique incapable du moindre acte de gentillesse. Le personnage de Chidi permet à la production de nous parler d'éthique par les grands philosophes, résumés rapidement. Ensuite, Eleanor se retrouve dans une situation qui implique l'usage de ce qu'elle a appris ou de ce que Chidi explique. Je me souviens particulièrement bien d'un dilemme éthique qui concerne la possibilité de tuer une personne si cela permet de sauver la vie d'une autre personne. La série ne nous offre pas de réponse mais complexifie la question en offrant de nouvelles informations au fur et à mesure de l'épisode. Ce type de scène me permet de considérer que cette série est probablement l'une des mieux écrites du moment et qu'elle mérite d'être largement connue.

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    ***** Probablement l'une des meilleures séries actuellement en cours. Ne me lisez pas, regardez la série.

    Image : Site officiel

    the good place