26/01/2019

Chronicles of Amicae 1. City of broken magic par Mirah Bolender

Titre : Chronicles of Amicae 1. City of broken
Autrice : Mirah Bolender
Éditeur : Tor books 20 novembre 2018
Pages : 400

Laura est une jeune femme comme les autres. Elle n'est pas particulièrement riche mais elle n'est pas pauvre non plus. Elle vit au jours le jours, aidant sa tante à l'élever. Comme beaucoup de personnes, elle cherche un travail qui lui permette de subvenir à ses besoins. C'est lors de cette recherche qu'elle tombe sur une annonce qui l'a fait rêver : être une Sweeper. Leur travail est de vaincre les monstres qui s'attaquent à des objets magiques. Des monstres créés il y a des siècles lors d'une guerre coloniale. C'est un travail dangereux. Rendu plus dangereux encore alors que la cité d'Amicae considère être en sécurité grâce à ses murs. Les Sweepers ne sont plus que deux pour éviter à la cité de tomber. Pire encore, illes sont régulièrement attaqué sur le plan politique et médiatique.

SPOILERS

Ce roman est la première production de son autrice. Il est donc parfaitement acceptable qu'il ne soit pas parfait et je trouve l'idée prometteuse. On ne suit pas un homme dont le destin est de sauver le monde. Il n'y a pas de prophétie apocalyptique. Ce n'est même pas une guerre. Cet univers se déroule 500 ans après la guerre. La population s'est concentrée dans des villes protégées dont la technologie a avancé en même temps que l'usage d'une magie de plus en plus couteuse. C'est, d'ailleurs, le contrôle de cette magie qui a lancé la guerre coloniale. L'idée que, pour se défendre, des monstres aient été créés est intéressante. Tout aussi intéressante est l'aspect de plus en plus intelligent de ces monstres selon le lieu géographique et le temps de gestation. Les Sweepers, chargés de les détruire, ne sont pas des héros mais une forme de police parallèle spécialisée. Laura doit donc apprendre sur le tas et elle ne réussit rien qui ne soit dû à sa propre intelligence ou à l'aide d'autres personnes aussi formées qu'elle. C'est plutôt rafraichissant.

Cependant ce premier tome connait un certain nombre de problèmes. Pendant une bonne partie du roman, on n'a pas l'impression de retrouver une intrigue. Bien que des indices soient placés, ce n'est que tardivement que l'on comprend les problèmes. Ceux-ci sont avant tout de nature politique et économique, l'envie de faire plus d'argent aux dépens d'une organisation jugée obsolète. Il faut donc s'accrocher pour enfin comprendre ce que l'autrice souhaitait mettre en place. La construction de l'univers n'est pas non plus parfaite. Plutôt que d'intégrer le racisme de cette société dans son fonctionnement l'autrice semble simplement nous expliquer que certaines populations sont mises au ban de la société, voire mises en esclavage. Cette procédure affaibli fortement le propos, d'autant que les victimes de ce racisme semblent être proche de la culture japonaise. Malheureusement, le roman joue sur l'idée d'utiliser la culture japonaise dans le cadre d'un univers de fantasy mais échoue. Nous restons dans un cadre très occidental.

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**** Un premier roman prometteur mais l'autrice ne va pas au bout de ses idées et j'ai un peu l'impression de m'être fait avoir.
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Image : Éditeur

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17/03/2018

Dragon Age 1. The stolen throne par David Gaider

Titre : Dragon Age 1. The stolen throne
Auteur : David Gaider
Éditeur : Tor Books 28 aout 2012
Pages : 464

J'ai beaucoup aimé Dragon Age. Le jeu est d'une grande richesse, malgré un second opus moins bon. Comme souvent, j'apprécie particulièrement le décor historique que j'aime apprendre à connaitre. Ce roman était donc l'occasion d'entrer un peu plus dans ces légendes. Celui-ci se déroule bien avant le premier jeu. Le royaume de Ferelden n'est plus libre. Il est gouverné par un roi mis en place par l'Empereur d'Orlais. Cependant, la famille royale d'origine est toujours vivante et a réussi à constituer une armée capable de faire vivre la rébellion. Du moins jusqu'à ce que des nobles tuent la reine. Le seul survivant est le jeune prince Maric. Mais il est seul, il est pourchassé et la rébellion est sur le point d'être écrasée. Personne ne croit que Maric puisse réellement libérer Ferelden.

SPOILERS

Ce livre est mauvais. En fait, il est difficile de trouver quelque chose de positif, mis à part de mieux connaitre une part de la légende de Dragon Age et de retrouver un univers familier. Mais ce n'est pas assez pour sauver un roman. Le premier problème concerne les personnages. On nous on présente quatre principaux que l'on suit régulièrement. Maric est l'archétype du jeune prince un peu balourd mais dont la destinée lui permet de devenir adoré par ses troupes. Loghain est le cynique réaliste et... il n'est que ça. Rowan, elle, est l'amoureuse qui croit au devoir et aux serments tout en étant une guerrière. Enfin, nous avons Katriel. Elle est une espionne chargée de piéger Maric mais, après l'avoir rencontré, elle tombe amoureuse de lui à cause de son charme et de sa gentillesse. Les personnages ne sont que des caricatures qui agissent non selon une certaine logique, une éducation, mais parce qu'illes ont des rôles précis. Ainsi, Loghain est chargé de défendre des décisions difficiles tandis que Rowan défend l'honneur. Maric choisissant selon ce qui est le plus gentil.

Les choses sont pires encore lorsque l'auteur décide de créer un triangle, puis un carré, amoureux. Certes, l'un des points forts du jeu concerne les relations que l'on peut mettre en place entre différents personnages. Mais ce type de relation est particulièrement cliché dans un roman. Ainsi, on comprend rapidement que Loghain est amoureux de Rowan qui est amoureux de Maric qui ne s'en rend pas compte et tombe amoureux de Katriel. Tout cela débouche sur des chapitres et des dialogues horribles qui empêchent l'intrigue de continuer.

L'intrigue elle-même est problématique. En effet, l'auteur donne l'impression de vouloir mentionner pratiquement tout ce qui est connu dans le jeu. Ainsi, on rencontre quelques personnages connus mais surtout des lieux mis en scène dans le jeu. Tout un chapitre ne concerne qu'un dialogue autours du feu afin de trouver une route sûre, que les personnes ayant joué aux jeux connaissent déjà. Là encore, les chapitres sont trop lents et les dialogues peu utiles. De plus, certains point clés ne sont que mentionnés ou simplement passé sous silence. On ne connait rien de la politique locale, mis à part que la noblesse d'Orlais et le roi sont très méchants, et les batailles sont mises en place bien trop rapidement. Pire encore, la fin n'existe pas. On quitte Maric pour immédiatement lire un épilogue placé des années plus tard. Cette manière de faire est particulièrement frustrante.

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** À ne surtout pas lire !
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Image : Éditeur

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13:15 Écrit par Hassan dans Fantasy | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dragon age, the stolen throne, bioware, tor books | | | |  Facebook

05/01/2018

Battlestar Galactica 4. Unity par Steven Harper

Titre : Battlestar Galactica 4. Unity
Auteur : Steven Harper
Éditeur : Tor Books 3 avril 2007
Pages : 320
TW : Violences policières et médicales, torture

Ce quatrième, et dernier à ma connaissance, tome se déroule durant la saison 2 avant l'arrivée du Pegasus. Depuis plusieurs mois la flotte subit les attaques répétées des Cylons. Pire encore, une mésentente entre les civils et les militaires a mené à un coup d'état suivi d'une scission de la flotte. Heureusement, les tensions se sont calmées depuis que la Présidente a trouvé la route de la Terre et que Adama a accepté de la suivre. Mais ce n'est que l'un des nombreux problèmes. La flotte subit une épidémie alors qu'elle est en manque de médicaments. Les réserves de nourriture sont aussi inquiétantes. La flotte n'a pas eu d'autres choix que de s'arrêter au-dessus d'une planète sur laquelle on trouve des algues capables aussi bien de nourrir que d'être transformées en médicaments. Mais les Cylons retrouvent rapidement les humain-e-s et, après une brève bataille, laissent un module de survie derrière elleux. À l'intérieur on trouve une 8 ainsi que le chanteur Peter Atis. Soin arrivée est un bon moyen de donner un peu d'espoir à la flotte mais ne cache-t-elle pas autre chose ?

SPOILERS

Ce roman s'intéresse à deux points fondamentaux de la série : la dichotomie entre science et religion. En effet, la série s'intéresse à un certain nombre de personnages. Certains, comme la présidente, croient en des divinités dont l'existence est révélée par des textes sacrés. D'autres sont des sceptiques qui doutent face aux miracles, comme le commandant Adama. Et enfin, nous avons des scientifiques purement rationnels montré par Gaius Baltar. La série est plutôt négative face à la science et met en place une intrigue de conversion du scientifique en direction de la foi. Ce roman ne déroge pas à cette règle. Nous avons des croyant-e-s, des sceptiques et des scientifiques. Ce qui est intéressant, aussi bien dans la série que le roman, est l'absence de frontière importante entre science et religion. Ce qui, pour certaines personnes, est divin sera explicable scientifiquement pour d'autres. L'intrigue qui est développée dans ce quatrième tome joue avec cette frontière puisque ce que certain-e-s définissent comme une maladie est considéré par d'autres comme un miracle, basé sur un texte sacré considéré comme apocryphe. Cela permet de montrer une part des difficultés religieuses de la flotte mais aussi de démontrer comment réagit une population face à l'imminence de la mort, sans capacités de choix. En effet, seules une minorité de personnes sont agissantes, les autres doivent attendre dans une atmosphère de plus en plus morose. La conversion massive à la foi de Peter Atis n'est donc pas étrange mais une simple réaction face à une possibilité d'espoir. Malheureusement, cet aspect n'est que peu examiné dans la série puisqu'elle se concentre sur des militaires qui peuvent agir.

En ce qui concerne l'écriture, ce quatrième roman est probablement le meilleur (je mets de côté la novélisation du pilote que je n'ai pas lu). Le tome 2 était inintéressant, mal écrit et contredisait la série sur plusieurs points. Le tome 3 était intéressant mais se perdait en intrigues secondaires sans intérêts. Ce tome se construit entièrement sur une intrigue précise mise en place sur une bonne moitié du livre. En effet, ce n'est que tardivement que la maladie est observée puis comprise comme dangereuse. Ce qui donne le temps d'y lier l'intrigue religieuse sans donner l'impression d'un patchwork décousu. De plus, les personnages ressemblent bien plus à ceux de la série. Les cylons sont sans pitiés. Le commandant Adama est montré comme compétent mais fatigué et stressé, en particulier en ce qui concerne son fils. La présidente est décrite comme une personne qui ne cherche pas le pouvoir mais s'y accroche en cas de besoin, mais aussi comme une femme en fin de vie qui essaie de survivre autant que possible. Enfin, nous avons Starbuck dont les actions ne sont ni condamnées ni décrites comme honteuses. A la rigueur, il y a une explication par son passé familial. Mais on nous montre une femme qui décide de prendre du bon temps quand elle en a envie parce qu'elle en a envie, malgré la jalousie et le jugement de Lee Adama. Ainsi, ce roman réussit là où le précèdent échouait.

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*** Enfin un roman pas trop mauvais dans cet univers. Il est même très réussi si on le compare aux autres.
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Image : Amazon

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28/12/2017

Battlestar Galactica 3. Sagittarius Is Bleeding par Peter David

Titre : Battlestar Galactica 3. Sagittarius Is Bleeding
Auteur : Peter David
Éditeur : Tor Books 3 octobre 2006
Pages : 352
TW : Torture

L'humanité est détruite. Ses mondes ne sont que ruines. Seule une partie infime de la civilisation a survécu. Mais celle-ci fuit à bord de vaisseaux spatiaux sans véritable espoir de trouver un jour une terre sur laquelle recommencer à vivre. Heureusement, la présidente Roslin n'est pas seulement la dirigeante mais aussi, selon plusieurs prophéties, le lien entre les Colonies et la mythique Terre. Ce qui lui a permis de se rendre au berceau mythique de l'humanité afin de trouver des indices sur les moyens d'atteindre la Terre. Mais avoir une destination en tête ne suffit pas. Il faut aussi survivre aux attaques de Cylons et aux dissensions internes. L'effort devient particulièrement difficile lorsque trois changements ont lieu : Laura Roslin a des visions des colonies en sang, les Cylons ont trouvé un moyen d'espionner les humain-e-s et un groupe religieux minoritaire demande une reconnaissance politique officielle.

SPOILERS

Le premier roman était très mauvais et sans intérêt. Celui-ci est un peu mieux sans être pour autant indispensable. Il permet de développer certains aspects tout en restant inscrit dans l'univers original, et sans remettre en question la série. Bien que la chronologie ne soit pas précisée il est rapidement clair que le roman prend place dans la seconde saison, après l'arrivée du Pegasus et peu de temps avant l'idée de montrer une expédition de secours vers les colonies. Le roman reprend les thèmes principaux de la série est l'un de ces thèmes est la religion.

En effet, la religion est centrale dans la série. Elle n'est pas seulement un décor un peu exotique afin de donner une légère impression de dépaysement. De nombreux personnages sont profondément croyants tandis que l'athéisme est vu comme de moins en moins rationnel face aux nombreux miracles et aux prophéties. Outre la religion officielle des Colonies, gréco-romain pourrait-on dire, il y a la religion des Cylons, monothéiste, qui prend une importance de plus en plus grande lors de la saison 4. Ce roman profite de ses 352 pages pour ajouter un nouveau panthéon sous la forme d'un groupe minoritaire régulièrement attaqué par le passé, selon ce que l'on nous dit. Ce sont les Midgardiens qui, comme leur nom l'annonce, se base sur un livre et un panthéon nordique. Par contre cette religion est décrite comme profondément apocalyptique. Le propos d'une partie importante du roman concerne la possibilité d'accepter une nouvelle religion dans le cadre d'une société et d'une constitution qui se définit dans une tradition religieuse précise. On a ici un problème que l'on connait dans nos propres sociétés. Il est toutefois dommage que l'auteur ne se concentre pas sur ce point, ce qui l'empêche de développer le propos de manière adéquate et le force à transformer une intrigue politique en intrigue militaire, après la transformation d'une garde à vue en prise d'otage ce qui ne m'a pas du tout convaincu.

Le second thème du roman concerne la surveillance en vue de la sécurité. Battlestar Galactica a été qualifiée de série post 11 septembre 2001. En effet, dans une atmosphère de sécurité et de paix les colonies humaines sont brutalement attaquées sans réussir à se défendre. Pire encore, l'ennemi n'est pas identifiable. Il a pris notre forme et n'importe qui peut être un agent. Ce roman se déroule alors que les humain-e-s ont une prisonnière Cylonne. La légalité de son enfermement est questionnée, ainsi que ses droits en tant qu'agent ennemi qualifié d'inhumain. Est-il possible, par exemple, d'agir sur son corps afin de la faire avorter ? Peut-on la considérer comme un objet ou faut-il lui concéder des droits ? Toutes ces questions sont posées dans la série et le roman s'y inscrit. Il est dommage que les militaires acceptent la torture alors que Adama est décrit dans la série comme quelqu'un qui refuse d'user d'actes précis, même envers des ennemis. Tout aussi importante est la réaction face à un espionnage par les Cylons qui leur permet d'organiser un piège. Face à ce problème la réaction du haut commandement est d'organiser une surveillance totale des officiers. Cette surveillance est strictement militaire, en dehors des procédures, sans contrôle civil ou judiciaire et, selon Laura Roslin, illégale. La question posée est simple : jusqu’où peut-on aller dans la surveillance afin de permettre une sécurité accrue de la population. Malgré l'illégalité du procédé, les instances les plus importantes des Colonies acceptent l'idée au nom de la sécurité mais dans un but strictement défini : trouver des Cylons. Il n'y a donc pas de possibilités de condamner des actes illégaux découvert par la surveillance. Plus important encore, celle-ci est montrée comme peu efficace. En effet, Tigh prend un temps important pour écouter les bandes et ne découvre presque rien d'important et en tout cas pas d'agents Cylons. Tout ce qu'il découvre ce sont des humain-e-s dévoués à leur travail malgré les questionnements qu'illes peuvent avoir, on est loin d'un danger intense. La surveillance de masse est donc montrée, dans ce roman, comme dangereuse et inutile en ce qui concerne la sécurité.

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*** Meilleur que le tome 2 mais tout de même très anecdotique.
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Image : Amazon

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