05/01/2018

Battlestar Galactica 4. Unity par Steven Harper

Titre : Battlestar Galactica 4. Unity
Auteur : Steven Harper
Éditeur : Tor Books 3 avril 2007
Pages : 320
TW : Violences policières et médicales, torture

Ce quatrième, et dernier à ma connaissance, tome se déroule durant la saison 2 avant l'arrivée du Pegasus. Depuis plusieurs mois la flotte subit les attaques répétées des Cylons. Pire encore, une mésentente entre les civils et les militaires a mené à un coup d'état suivi d'une scission de la flotte. Heureusement, les tensions se sont calmées depuis que la Présidente a trouvé la route de la Terre et que Adama a accepté de la suivre. Mais ce n'est que l'un des nombreux problèmes. La flotte subit une épidémie alors qu'elle est en manque de médicaments. Les réserves de nourriture sont aussi inquiétantes. La flotte n'a pas eu d'autres choix que de s'arrêter au-dessus d'une planète sur laquelle on trouve des algues capables aussi bien de nourrir que d'être transformées en médicaments. Mais les Cylons retrouvent rapidement les humain-e-s et, après une brève bataille, laissent un module de survie derrière elleux. À l'intérieur on trouve une 8 ainsi que le chanteur Peter Atis. Soin arrivée est un bon moyen de donner un peu d'espoir à la flotte mais ne cache-t-elle pas autre chose ?

SPOILERS

Ce roman s'intéresse à deux points fondamentaux de la série : la dichotomie entre science et religion. En effet, la série s'intéresse à un certain nombre de personnages. Certains, comme la présidente, croient en des divinités dont l'existence est révélée par des textes sacrés. D'autres sont des sceptiques qui doutent face aux miracles, comme le commandant Adama. Et enfin, nous avons des scientifiques purement rationnels montré par Gaius Baltar. La série est plutôt négative face à la science et met en place une intrigue de conversion du scientifique en direction de la foi. Ce roman ne déroge pas à cette règle. Nous avons des croyant-e-s, des sceptiques et des scientifiques. Ce qui est intéressant, aussi bien dans la série que le roman, est l'absence de frontière importante entre science et religion. Ce qui, pour certaines personnes, est divin sera explicable scientifiquement pour d'autres. L'intrigue qui est développée dans ce quatrième tome joue avec cette frontière puisque ce que certain-e-s définissent comme une maladie est considéré par d'autres comme un miracle, basé sur un texte sacré considéré comme apocryphe. Cela permet de montrer une part des difficultés religieuses de la flotte mais aussi de démontrer comment réagit une population face à l'imminence de la mort, sans capacités de choix. En effet, seules une minorité de personnes sont agissantes, les autres doivent attendre dans une atmosphère de plus en plus morose. La conversion massive à la foi de Peter Atis n'est donc pas étrange mais une simple réaction face à une possibilité d'espoir. Malheureusement, cet aspect n'est que peu examiné dans la série puisqu'elle se concentre sur des militaires qui peuvent agir.

En ce qui concerne l'écriture, ce quatrième roman est probablement le meilleur (je mets de côté la novélisation du pilote que je n'ai pas lu). Le tome 2 était inintéressant, mal écrit et contredisait la série sur plusieurs points. Le tome 3 était intéressant mais se perdait en intrigues secondaires sans intérêts. Ce tome se construit entièrement sur une intrigue précise mise en place sur une bonne moitié du livre. En effet, ce n'est que tardivement que la maladie est observée puis comprise comme dangereuse. Ce qui donne le temps d'y lier l'intrigue religieuse sans donner l'impression d'un patchwork décousu. De plus, les personnages ressemblent bien plus à ceux de la série. Les cylons sont sans pitiés. Le commandant Adama est montré comme compétent mais fatigué et stressé, en particulier en ce qui concerne son fils. La présidente est décrite comme une personne qui ne cherche pas le pouvoir mais s'y accroche en cas de besoin, mais aussi comme une femme en fin de vie qui essaie de survivre autant que possible. Enfin, nous avons Starbuck dont les actions ne sont ni condamnées ni décrites comme honteuses. A la rigueur, il y a une explication par son passé familial. Mais on nous montre une femme qui décide de prendre du bon temps quand elle en a envie parce qu'elle en a envie, malgré la jalousie et le jugement de Lee Adama. Ainsi, ce roman réussit là où le précèdent échouait.

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*** Enfin un roman pas trop mauvais dans cet univers. Il est même très réussi si on le compare aux autres.
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Image : Amazon

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28/12/2017

Battlestar Galactica 3. Sagittarius Is Bleeding par Peter David

Titre : Battlestar Galactica 3. Sagittarius Is Bleeding
Auteur : Peter David
Éditeur : Tor Books 3 octobre 2006
Pages : 352
TW : Torture

L'humanité est détruite. Ses mondes ne sont que ruines. Seule une partie infime de la civilisation a survécu. Mais celle-ci fuit à bord de vaisseaux spatiaux sans véritable espoir de trouver un jour une terre sur laquelle recommencer à vivre. Heureusement, la présidente Roslin n'est pas seulement la dirigeante mais aussi, selon plusieurs prophéties, le lien entre les Colonies et la mythique Terre. Ce qui lui a permis de se rendre au berceau mythique de l'humanité afin de trouver des indices sur les moyens d'atteindre la Terre. Mais avoir une destination en tête ne suffit pas. Il faut aussi survivre aux attaques de Cylons et aux dissensions internes. L'effort devient particulièrement difficile lorsque trois changements ont lieu : Laura Roslin a des visions des colonies en sang, les Cylons ont trouvé un moyen d'espionner les humain-e-s et un groupe religieux minoritaire demande une reconnaissance politique officielle.

SPOILERS

Le premier roman était très mauvais et sans intérêt. Celui-ci est un peu mieux sans être pour autant indispensable. Il permet de développer certains aspects tout en restant inscrit dans l'univers original, et sans remettre en question la série. Bien que la chronologie ne soit pas précisée il est rapidement clair que le roman prend place dans la seconde saison, après l'arrivée du Pegasus et peu de temps avant l'idée de montrer une expédition de secours vers les colonies. Le roman reprend les thèmes principaux de la série est l'un de ces thèmes est la religion.

En effet, la religion est centrale dans la série. Elle n'est pas seulement un décor un peu exotique afin de donner une légère impression de dépaysement. De nombreux personnages sont profondément croyants tandis que l'athéisme est vu comme de moins en moins rationnel face aux nombreux miracles et aux prophéties. Outre la religion officielle des Colonies, gréco-romain pourrait-on dire, il y a la religion des Cylons, monothéiste, qui prend une importance de plus en plus grande lors de la saison 4. Ce roman profite de ses 352 pages pour ajouter un nouveau panthéon sous la forme d'un groupe minoritaire régulièrement attaqué par le passé, selon ce que l'on nous dit. Ce sont les Midgardiens qui, comme leur nom l'annonce, se base sur un livre et un panthéon nordique. Par contre cette religion est décrite comme profondément apocalyptique. Le propos d'une partie importante du roman concerne la possibilité d'accepter une nouvelle religion dans le cadre d'une société et d'une constitution qui se définit dans une tradition religieuse précise. On a ici un problème que l'on connait dans nos propres sociétés. Il est toutefois dommage que l'auteur ne se concentre pas sur ce point, ce qui l'empêche de développer le propos de manière adéquate et le force à transformer une intrigue politique en intrigue militaire, après la transformation d'une garde à vue en prise d'otage ce qui ne m'a pas du tout convaincu.

Le second thème du roman concerne la surveillance en vue de la sécurité. Battlestar Galactica a été qualifiée de série post 11 septembre 2001. En effet, dans une atmosphère de sécurité et de paix les colonies humaines sont brutalement attaquées sans réussir à se défendre. Pire encore, l'ennemi n'est pas identifiable. Il a pris notre forme et n'importe qui peut être un agent. Ce roman se déroule alors que les humain-e-s ont une prisonnière Cylonne. La légalité de son enfermement est questionnée, ainsi que ses droits en tant qu'agent ennemi qualifié d'inhumain. Est-il possible, par exemple, d'agir sur son corps afin de la faire avorter ? Peut-on la considérer comme un objet ou faut-il lui concéder des droits ? Toutes ces questions sont posées dans la série et le roman s'y inscrit. Il est dommage que les militaires acceptent la torture alors que Adama est décrit dans la série comme quelqu'un qui refuse d'user d'actes précis, même envers des ennemis. Tout aussi importante est la réaction face à un espionnage par les Cylons qui leur permet d'organiser un piège. Face à ce problème la réaction du haut commandement est d'organiser une surveillance totale des officiers. Cette surveillance est strictement militaire, en dehors des procédures, sans contrôle civil ou judiciaire et, selon Laura Roslin, illégale. La question posée est simple : jusqu’où peut-on aller dans la surveillance afin de permettre une sécurité accrue de la population. Malgré l'illégalité du procédé, les instances les plus importantes des Colonies acceptent l'idée au nom de la sécurité mais dans un but strictement défini : trouver des Cylons. Il n'y a donc pas de possibilités de condamner des actes illégaux découvert par la surveillance. Plus important encore, celle-ci est montrée comme peu efficace. En effet, Tigh prend un temps important pour écouter les bandes et ne découvre presque rien d'important et en tout cas pas d'agents Cylons. Tout ce qu'il découvre ce sont des humain-e-s dévoués à leur travail malgré les questionnements qu'illes peuvent avoir, on est loin d'un danger intense. La surveillance de masse est donc montrée, dans ce roman, comme dangereuse et inutile en ce qui concerne la sécurité.

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*** Meilleur que le tome 2 mais tout de même très anecdotique.
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Image : Amazon

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