Gondolindrim's Stories

  • Galaxy's Edge: Black Spire (Star Wars) par Delilah S. Dawson

    Titre : Galaxy's Edge : Black Spire (Star Wars)
    Autrice : Delilah S. Dawson
    Éditeur : Penguin 30 juin 2020
    Pages : 576

    TW : Torture, mention de traumatismes physiques et psychologiques

    Vi Moradi est revenue de sa dernière mission brisée aussi bien mentalement que physiquement. Mais elle peut enfin retourner sur le terrain. La générale Leia Organa souhaite l'envoyer chercher des planètes sur lesquelles la Résistance pourrait se cacher en cas de catastrophe militaire. Et cette catastrophe se produit lorsque la Nouvelle République est anéantie par la Starkiller Base puis lorsque la Résistance est pratiquement détruite par Kylo Ren. Vi Moradi se rend donc sur Baatu. Une planète insignifiante proche des zones inexplorées de la galaxie. Elle doit construire un avant-poste et recruter des allié-e-s. Pour l'aider elle doit compter sur Archex mieux connu sous le nom de Cardinal.

    SPOILERS

    Ce roman est double. En premier lieu il fait partie du diptyque Galaxy's edge dont le but est de préparer la nouvelle attraction Disney. Ce roman peut donc être lu comme une carte des différents lieux de l'attraction ainsi que des personnages que l'on pourra rencontrer. On peut pratiquement voir le plan qui a été conçu par Disney pour cette attraction. Heureusement, il y a une intrigue. Malheureusement, celle-ci n'a aucune conséquence réelle sur les films. Elle ne permet que de créer le début de ce que l'on peut découvrir au sein de l'attraction.

    Bien que ce roman soit commandé afin de créer de la publicité pour une attraction l'autrice réussit à lui donner de l'intérêt. Elle reprend deux de ses personnages et ajoute plusieurs autres personnages. Celleux-ci ont des traumatismes personnels. Que ce soit la perte due à la Starkiller Base, le souhait de protéger sa famille ou encore des blessures dues à la guerre et à la torture. Tous les personnages sont blessés et doivent réussir à accepter leurs traumatismes afin de réussir à vivre, malgré la douleur que cela implique. Cette manière d'explorer la psychologie des personnages et la manière dont cela impacte leur interaction implique de mentionner des actes de tortures voire d'en décrire. Ainsi, l'autrice réussit à sauver son livre grâce à son attention aux personnages, leur histoire et leurs besoins.

    *
    **
    ***
    **** Je ne pensais pas que l'autrice réussirait à rendre si intéressant un roman qui doit uniquement vendre un parc d'attraction.
    *****

    Image : Éditeur

  • La guerre froide par Stanislas Jeannesson

    Titre : La guerre froide
    Auteur : Stanislas Jeannesson
    Éditeur : La Découverte 2014
    Pages : 128

    Après la Deuxième Guerre Mondiale les pays alliés afin de faire tomber les régimes fascistes et nazis se sont divisés selon leurs idéologies. D'un côté nous avions le bloc de l'ouest et de l'autre le bloc de l'est. Le monde entier de l'après-guerre fut modelé selon cette division que l'on a nommé la Guerre Froide. Guerre car les deux blocs sont ennemis mais froide car les deux blocs ne se sont que rarement heurtés directement. Suivant en cela une logique basée sur la nécessité d'éviter une guerre qui pourrait devenir nucléaire. Ce petit livre de la collection Repère doit permettre de mettre en avant les processus principaux de la Guerre Froide en 5 chapitres.

    La construction est fortement chronologique. Le premier chapitre se concentre sur les années 1942 à 1948. L'auteur met en avant la nécessité qui permit de s'allier entre pays d'idéologies contraires. Mais il explicite aussi les divisions entre les alliés. Celles-ci prennent de l'importance après la guerre alors que la création d'un nouvel ordre mondial qui doit permettre de garantir la paix est demandé par les Etats-Unis. L'URSS, elle, est toujours sous le contrôle de Staline qui souhaite avant tout défendre son territoire face à une potentielle nouvelle invasion. Ceci conduit à mettre en place l'idée de zones d'influences dans lesquelles les autres pays n'interviennent pas.

    Le second chapitre se concentre sur les années 1948-1962. L'auteur s'intéresse à plusieurs continents afin de nous montrer de quelle manière le monde est divisé entre les deux blocs. L'URSS consolide son influence sur plusieurs pays tandis que les Etats-Unis mettent en place la stratégie du Containment soit d'empêcher toute exportation de l'idéologie communiste. Cette stratégie est observée à Moscou comme une tentative d'encerclement. Les deux blocs se combattent mais évitent d'aller trop loin dans leurs demandes ou leurs actions lors des crises de cette période. Celle-ci permet aussi de marquer la fin de l'influence des anciennes puissances coloniales européennes que sont le Royaume-Uni et la France.

    Le troisième et le quatrième chapitre se concentrent sur la détente et la fin de la Guerre Froide. Après la crise de Cuba, l'URSS et les Etats-Unis décident d'ouvrir le dialogue afin d'éviter une crise qui pourrait déboucher sur une guerre nucléaire. Cela conduit les deux puissances à signer des accords de contrôle de l'armement qui permet de baisser le nombre de missiles en Europe et dans le monde. Cette période débute aussi la division du monde communiste en plusieurs groupes d'influences ainsi que la force grandissante des pays dit du tiers-monde. Ceux-ci tentent de créer une troisième voie entre les deux puissances, ce qui permet de mettre en question l'influence des Etats-Unis mais aussi de l'URSS. Les Etats-Unis, en particulier, sont critiqués pour leur soutien envers des régimes dictatoriaux et pour leurs actions lors de la guerre du Vietnam.

    Enfin, un dernier chapitre permet de conceptualiser la Guerre Froide. L'auteur s'intéresse à des thèmes précis. Par exemple, il explique comment fonctionne une crise durant la Guerre Froide. Mais il explique aussi l'importance de l'idéologie ce qui lui permet de parler du Maccarthysme. De plus, il explicite la place du nucléaire et les différentes stratégies qui ont permis d'user de cette puissance sans créer de risques de guerre nucléaire. Ce chapitre conclut ce petit livre qui, bien entendu, ne parle pas de tous les événements. L'auteur tente de nous offrir un minimum de connaissances nécessaire pour comprendre cette période et le passage à un monde avec une unique super-puissance.

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  • Empire's end: Aftermath par Chuck Wendig

    Titre : Empire's end : Aftermath
    Auteur : Chuck Wendig
    Éditeur : Penguin 29 août 2017
    Pages : 512

    L'Empire a frappé la Nouvelle République au cœur de sa capitale. De nombreuses personnes ont été blessées ou sont mortes lorsque les personnes sauvées de la prison de Kashyyyk ont suivi leur programmation. Alors que la Nouvelle République tremble sur ses récentes fondations, Norra Wexley utilise son équipe pour traquer la Grande Amirale Rae Sloane. Mais derrière elle se cache un ennemi plus retors encore. Gallius Rax a pris le contrôle de l'Empire. Ce qu'il en reste est massé près de la planète de Jakuu. Là aura lieu la dernière bataille de la guerre civile qui détruit la galaxie depuis bien trop longtemps. Bien que l'Empire soit sur sa fin, il ne tombera ni rapidement ni facilement.

    SPOILERS

    La trilogie Aftermath permet de faire le lien entre les films 6 et 7. Les trois tomes nous donnent une vision de la fin de la guerre et de la création de la Nouvelle République mais aussi des problèmes que celle-ci connait. En effet, elle doit passer d'une bande de rebelle à un gouvernement qui suit des lois et un certain ordre. Ce qui implique de ne pas s'impliquer sans accord politique dans des combats difficiles et délicats. Ce troisième tome le montre très bien puisque les personnes qui ont participé à la libération de Kashyyyk deviennent des paris militaires et politiques.

    Aftermath essaie aussi de montrer la différence fondamentale entre l'Empire et la Nouvelle République. L'Empire était la vision d'un seul homme qui considère que sa mort doit impliquer la destruction de tout ce qu'il a construit. L'Empire perd sa façade d'ordre pour ne devenir qu'une bande de mercenaires usant de cruauté pour le plaisir. La Nouvelle République, en revanche, est une vision d'espoir envers la sentience. Personne n'a réellement de voix plus grande que d'autres. Lorsqu'elle combat c'est uniquement dans le but d'atteindre la paix en essayant de faire le moins de victimes possibles.

    Ainsi, cette trilogie utilise des caractères moralement ambigus dont les changements accompagnent le passage d'un Empire dictatorial à une Nouvelle République démocratique. Ces personnes se trompent, luttent et changent de loyauté selon les circonstances et leurs besoins. Bien que la trilogie ne soit pas forcément la plus passionnante, elle marque bien la difficulté des changements de régime.

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    ***
    **** Un peu aride mais, de manière surprenante, assez riche.
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    Image : Éditeur

  • Un monde en nègre et blanc. Enquête historique sur l'ordre racial par Aurélia Michel

    Titre : Un monde en nègre et blanc. Enquête historique sur l'ordre racial
    Autrice : Aurélia Michel
    Éditeur : Seuil janvier 2020
    Pages : 391

    Je ne connais que peu l'histoire du racisme et de l'esclavage. J'en connais ce que j'ai appris à l'école mais pas plus. J'en connais ce que je lis à l'aide des militant-e-s antiracistes. Je ne suis donc pas la bonne personne pour savoir si l'autrice et ce livre sont bons. Aurélia Michel est, selon la quatrième de couverture, historienne spécialiste des Amériques noires et chercheuse au centre d'étude en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques. Dans ce livre, elle tente de comprendre de quelle manière l'ordre raciale s'est constitué en commençant pas établir ce qu'est la race et l'esclavage. Elle conceptualise l'esclavage par le refus d'un accès à la parenté et l'ordre racial comme un moyen de justifier et concrétiser ce non-accès. Pour cela elle construit trois parties.

    La première partie conceptualise l'esclavage en l'inscrivant dans le temps long. L'autrice notre que l'esclavage implique une sortie de l'ordre social et de la parenté. Elle note aussi que l'institution fonctionne dans une large partie des communautés humaines et ne concerne pas forcément des personnes noires. En ce qui concerne l'Europe, des personnes blanches peuvent être vendues car elles ne sont pas membres de la communauté chrétienne. On découvre la même chose pour les personnes musulmanes. Ce n'est que parce que l'Europe occidentale perd son statut de centralité au sein du monde que l’esclavage y perd en importance en faveurs du servage. Mais la découverte des Amériques et des côtes de l'Afrique par des Européens permet de retrouver et de recréer les routes de l'esclavage.

    Dans une seconde partie l'autrice examine le fonctionnement de la traite. Elle montre que l'esclavage implique une déshumanisation. On n'achète pas un être humain mais une force de travail. Cette force de travail implique un contrôle et une productivité économique. Mais il existe des tensions entre la déshumanisation et l’humanité des personnes en esclavage. Celle-ci commence à être niée par des constructions scientifiques de ce qui deviendra la race. Elle permet d'user de violence, de créer des différences irréconciliables entre personnes blanches et noires et surtout de justifier ses actes. Même si certaines personnes, en métropole, sont contre l'esclavage ce n'est pas pour des raisons humanitaires mais économique. L'esclavage est vu comme économiquement moins rationnel que le travail libre, qui deviendra le salariat. La fin de l'esclavage s'accompagnant de lois en faveurs du travail forcé chez les anciens maitres mais aussi d'une compensation des anciens maitres.

    Une troisième partie s'intéresse aux nations et à la création des races entre 1790 et 1950. L'autrice explique de quelle manière la fin de l'esclavage a impliqué une création dites scientifique des races. Cette création permet de distinguer les personnes blanches des autres tout en rapprochant les personnes racisées, et particulièrement les personnes noires, de la barbarie et de l'absence de civilisation. Ceci permet de justifier l'inégalité dans les colonies et au sein des sociétés. En effet, les personnes noires ne seraient pas prêtes à atteindre le niveau de civilisation des personnes blanches. C'est le travail qui serait, en particulier, le marqueur de la civilisation. Tant que les personnes noires ne seraient pas capables de travailler il serait nécessaire d'introduire le travail forcé. La création du racisme permet aussi de justifier un ordre racial hiérarchisé qui puisse prendre en compte les personnes nées d'un parent blanc et d'un parent racisé. L'autrice mentionne aussi l'importance d'un tel ordre en faveurs des classes les plus défavorisées en Europe. Elles seraient toujours supérieures aux autochtones au sein des colonies. Tout comme l'autrice commence par le refus scientifique de l'existence des races elle termine là-dessus. Mais sa conclusion indique que le racisme n'a pas disparu. Il est encore systématique au sein de nos sociétés et l'on en trouve des traces dans toutes les interactions sociales et dans les institutions de nos démocraties.

    Site de l'éditeur

  • Most Wanted par Rae Carson

    Titre : Most Wanted
    Auteur : Rae Carson
    Éditeur : Penguin 25 mai 2018
    Pages : 352

    Han est un jeune homme qui n'agit que par instinct. Il vit au sein des égout de la planète Corellia, une planète chargée de construire les vaisseaux de l'Empire. Il n'est ni riche ni puissant. Il est l'un des nombreux membres d'un gang local contrôlé par une alien. Son but est de réussir à monter dans les rangs afin de gagner un peu plus de ressources et de réussir à se rapprocher de son but : posséder un vaisseau spatial. Mais il est contesté par des concurrent-e-s, dont Qi'Ra. Une mission commune tourne mal. Ce qui force les Qi'Ra et Han à collaborer afin d'éviter de mourir, forgeant peut-être une amitié durable.

    SPOILERS

    Ce petit roman se déroule avant le film Solo. Il devait l'accompagner afin de mieux comprendre les personnages, leur environnement et leurs actions. En particulier, il permet d'expliquer les identités de Han et de Qi'Ra. Cette dernière planifie tout. Elle veut devenir une femme capable d'être en sécurité et de créer les conditions de changements importants, plutôt en sa faveurs. Han est montré comme un idéaliste qui essaie de croire en tout le monde mais qui ne veut que la liberté de voyager comme il le souhaite. Il agit impulsivement mais sa chance lui permet de toujours réussir. Ces deux personnes vivent au sein du monde criminel le plus pauvre de la planète et doivent survivre face à des personnes bien plus puissantes.

    Malheureusement, le roman est très simpliste. Il parle de deux gangs que j'aurais aimé mieux connaitre mais dont les idéaux sont caricaturaux. L'un est un gang de pirates en faveurs de l'humanité. Le second est une tentative de libérer les droïdes. Bien que je sois heureux que l'on prenne le temps de parler de l'état juridique des droïdes dans l'univers star wars, la question n'est pas réellement mise en avant. L'auteur essaie uniquement de créer une course poursuite entre plusieurs groupes dont les noms ne sont que des décors. Au lieu d'ajouter de la complexité ce roman ne crée qu'une scène en carton-pâte.

    *
    ** Inintéressant
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    Image : Éditeur

  • La mécanique de l'arbitraire. Internements administratifs en Suisse 1930-1981. Rapport final. Volume 10 B par Urs Germann et Lorraine Odier

    Titre : La mécanique de l'arbitraire. Internements administratifs en Suisse 1930-1981. Rapport final. Volume 10 B
    Auteur-e-s : CIE Internement administratif, Urs Germann et Lorraine Odier
    Éditeur : Alphil 2019
    Pages : 392

    TW : mention d'abus physiques, mentions d'abus sexuels, racisme

    La CIE Internement Administratif a travaillé pendant plusieurs années sur mandat de la Confédération. Lors de l'année 2019, elle a publié les différents rapports concernant le fonctionnement de l'internement administratif jusqu'en 1981. Certains sont des portraits des personnes concernées. Ce volume et le 10ème, et dernier, en version intégralement traduite en français (version B). Le livre est constitué de trois parties.

    La première partie est la plus importante du rapport. Elle synthétise tous les travaux de la CIE. Le but de cette partie est donc d'offrir une vision complète des travaux de la Commission sans utiliser un vocabulaire spécialisé et avec un appareil critique peu important. La plupart des chapitres renvoient aux autres volumes de la CIE, bien plus précis. Cependant, les 6 chapitres permettent de comprendre pourquoi l'internement administratif est utilisé, comment il est utilisé et combien de personnes sont concernées. Le récit suit la structure d'un cas tout en donnant des exemples précis. De plus, les auteur-e-s ajoutent des sources commentées entre les chapitres.

    La seconde partie est rédigée par des personnes concernées. La CIE a demandé à plusieurs de ces personnes d'exprimer leurs attentes ou leurs besoins face à l'état ou face à la CIE elle-même. Tous les textes marquent l'importance de la souffrance et l'impact d'un internement sur la vie des concerné-e-s. Ce qui frappe est l'importance de l'écoute sans jugement, de la connaissance des raisons pour un internement et du respect demandé. Les textes montrent aussi méfiance et cynisme face aux actions de la confédération, considérées soient comme trop modestes soit manipulées pour éviter des coûts trop importants.

    La dernière partie concerne des propositions d'action de la part de la CIE. Celles-ci impliquent toujours d'intégrer les personnes concernées dans les décisions. Elles dépendent aussi d'un changement législatif. Plusieurs des mesures proposées sont de nature financière, comme une rente à vie ou encore un abonnement CFF à vie afin de permettre les voyages. La CIE propose aussi la constitution d'un organisme spécialisé qui permette de soutenir les personnes concernées, de soutenir la recherche et la création d'archives mais aussi de permettre l'enseignement de cette période au sein des écoles. Le but de ces mesures est de permettre un accès à la dignité économique mais aussi civique.

    Ce 10ème rapport marque la fin des productions de la CIE Internement Administratif. À ma connaissance, aucune des propositions n'a été suivies d'effets malgré les besoins importants de personnes concernées. De plus, et comme le dit le rapport, il reste encore de nombreux points à explorer et comprendre. Le rapport mentionne le PNR 76 qui devrait offrir de nouvelles informations sur cette part de l'histoire helvétique.

    Image : Éditeur

  • Queen's peril par E. K. Johnston

    Titre : Queen's peril
    Autrice : E. K. Johnston
    Éditeur : Disney 2 juin 2020
    Pages : 352

    Naboo a une nouvelle reine. Celle-ci compte bien changer le fonctionnement de sa planète pour permettre à son peuple une vie meilleure et continuer à créer la paix dans le secteur local. Pour l'aider, elle peut compter sur le capitaine de la garde qui a choisi un groupe de jeunes femmes entrainées à la protéger mais aussi à lui enseigner ce qu'elle ne connait pas. Ce petit groupe a comme but de devenir une force presque impossible à stopper. La reine aura besoin d'elles à ses côtés alors que Naboo doit combattre la Fédération du Commerce qui l'a envahie.

    SPOILERS

    Ceci n'est pas le premier livre sur Padmé. Le premier que j'ai lu était assez intéressant car il permettait de mieux comprendre le passage de reine à sénatrice. Ce livre se concentre sur les premières semaines de règne pour se terminer lors de la fin de la bataille de Naboo, soit les événements du premier film. J'ai apprécié que ce livre permette de mieux comprendre comment les femmes qui aident et protègent Padmé ont été choisies. On comprend mieux leurs origines mais aussi l'amitié qui les relie. C'est aussi la première fois, à ma connaissance, que l'on parle des règles dans l'univers star wars (un site considère même que cela explique la mort de Padmé).

    Malheureusement, le livre devient trop lié au premier film dès la moitié de la lecture. L'autrice se contente de noter les grands événements mais ne parle presque de rien. On se contente de suivre la reine entre deux scènes alors qu'elle commente ce qui s'est déroulé dans le film. Il aurait été plus intéressant de ne pas intégrer la période du premier film et de se concentrer sur les problèmes que connait Naboo et le complot de Sidious ainsi que de la Fédération du commerce.

    *
    **
    *** Intéressant pour les personnes qui souhaitent mieux connaitre la période royale de Padmé. Dispensable pour les autres.
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    *****

    Image : Éditeur

  • Ms. Marvel 2 Stormranger par Saladin Ahmed, Minkyu Jung, Joey Vazquez, Juan Vlasco et Ian Herring

    Titre : Ms. Marvel 2 Stormranger
    Auteurs : Saladin Ahmed, Minkyu Jung, Joey Vazquez, Juan Vlasco et Ian Herring
    Éditeur : Marvel 14 avril 2020
    Pages : 136

    Ce volume 2 contient The Magnificent Ms. Marvel 7-12. Kamala Khan est revenue de son aventure dans l'espace. Mais elle revient avec deux gros changements. Premièrement, elle possède un nouveau costume basé sur la technologie Kree. En second lieu, ses parents ne se souviennent pas de son identité de Ms. Marvel. Elle apprend aussi que son père est gravement malade. Il n'existe pas de médecins capables de le soigner, du moins pas de médecins normaux. Alors qu'elle essaie de trouver une solution pour aider son père et sa mère Kamala devra décider si elle prend d'abord soin de sa famille ou des autres.

    SPOILERS

    Le premier volume sous Saladin Ahmed créait un nouveau costume. On ne savait rien sur ce costume en dehors d'une origine lointaine. Ce second volume permet de mieux comprendre sa provenance mais aussi ses effets. Il est un bon moyen, pour Kamala, de se protéger car il amplifie ses pouvoirs. Cependant, on apprend au fil des épisodes que le costume a aussi un effet sur Kamala. Il suit des ordres d'un autre état qui ne prend pas de prisonniers. Bien que je sois content que ce costume ne soit pas au centre de la vie de Kamala, je préfère l'ancien, j'aurais préféré que cette menace soit construite sur un temps plus long. En l’occurrence, la résolution est très rapide.

    Le second aspect de ce volume concerne Kamala, sa famille et ses ami-e-s. Durant les premiers épisodes elle tente de se détendre en allant en dehors de la ville. Lors de la seconde partie elle est à l'hôpital et doit choisir entre combattre un criminel et attendre des nouvelles de son père. L'auteur montre que la double vie de Kamala a des effets sur sa vie amicale, familiale et scolaire. Elle ne peut pas forcément être présente pour aider son père. Elle risque de mêler ses ami-e-s a des dangers qu'elle n'a pas prévu. Elle perd aussi pied à l'école car elle est trop occupée à prendre soin de la ville. Je dois ajouter que je suis déçu que l'une des amies de Kamala, Mike Miller, ne soit plus présente.

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    **** Un second volume qui reste fidèle au personnage et à ses problèmes.
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    Image : Amazon

  • Enjeux de la formation professionnelle en Suisse Le « modèle » suisse sous la loupe sous la direction de Lorenzo Bonoli, Jean-Louis Berger et Nadia Lamamra

    Titre : Enjeux de la formation professionnelle en Suisse Le « modèle » suisse sous la loupe
    Direction : Lorenzo Bonoli, Jean-Louis Berger et Nadia Lamamra
    Éditeur : Seismo 2018
    Pages : 376

    Il est difficile de passer à côté du modèle suisse de la formation professionnelle. Comme les pages d'introduction et d'avant-propos de ce livre l'explique, le modèle est célébré aussi bien en Suisse qu'à l'étranger avec, souvent le souhait de le faire perdurer voire de l'exporter. Il serait la raison du faible taux de chômage des jeunes et de la réussite de l'entrée dans le monde du travail de apprenti-e-s. Ce modèle implique des cours en école, une formation en entreprise et une formation interentreprises durant l'année et les semaines. Cette triple formation impliquerait à la fois une formation théorique solide et une formation pratique concrète. Cependant, on peut se demander si ce modèle est aussi simple et bon qu'on le dit. Cet ouvrage, disponible en PDF chez l'éditeur, essaie d'analyser ce modèle en trois parties : histoire, sociologie et pédagogie.

    La première partie est donc historique. Les quatre contributions permettent de comprendre de quelle manière la formation professionnelle a été pensée et réformée du XIXème siècle jusqu'à nos jours. Les différents articles montrent la difficulté de relier les cantons, la confédération et les entreprises au sein du même système. Ainsi, la confédération doit faire attention aux volontés fédéralistes tout en garantissant un système cohérent. Les cantons ont le contrôle de la pratique et doivent payer les coûts de la formation. Les entreprises, elles, souhaitent former des employé-e-s tout en souhaitant un minimum de productivité. Relier ces différents acteurs institutionnels est difficile et le fonctionnement de la formation professionnelle dépend des lobbys mais aussi des demandes de ces groupes.

    La seconde partie est constituée de 5 chapitres. Ceux-ci permettent de mieux comprendre qui suit une formation professionnelle mais aussi quelles sont les difficultés de l'entrée sur le marché du travail. Ainsi, les parcours interrompus ou de transition sont de plus en plus nombreux mettant en cause le modèle d'un passage immédiat de l'école à l'apprentissage puis au monde du travail salarié. De plus, le monde de l'apprentissage n'est pas sans discrimination. Un article examine précisément le public des AFP, qui durent deux ans. Celui-ci est constitué prioritairement de personnes d'origines étrangères ou de populations scolairement faibles. Bien que l'AFP puisse être un moyen de suivre un CFC, les populations restent très homogènes. On observe donc que le modèle suisse est très sélectif et permet difficilement un mélange de classes sociales, de genre et d'origines.

    La dernière partie est constituée de 4 contributions. Les différents articles se concentrent sur l'aspect pédagogiques de la formation professionnelle. En particulier, la partie se concentre sur les défis posés par un système dual, en entreprise et en école. Cette double formation durant la semaine implique des difficultés de communications entre les personnes qui forment les apprenti-e-s. Les articles notent aussi la difficulté de relier l'aspect théorique, scolaire, à la pratique en entreprise. De plus, une contribution permet d'examiner comment sont formées les personnes qui forment les apprenti-e-s. Souvent, c'est une seconde carrière qui se déroule en emploi. La formation pédagogique a lieu après l'entrée dans le monde de l'enseignement et permet de fournir des connaissances pédagogiques et didactiques tandis que les enseignant-e-s sont considéré-e-s comme des expert-e-s de leur domaine.

    La direction de cet ouvrage déplore le manque de recherches sur la formation professionnelle. Ce livre doit permettre de relier différentes disciplines autours de ce thème. Il ressort des contributions que le modèle suisse est bien plus compliqué qu'on ne le croit. Remettre au centre cette complexité permet de mettre en avant les problèmes et défis que connait la formation professionnelle afin de permettre des réformes à la fois nécessaires et pragmatiques.

    Image : Éditeur

  • La bonne épouse

    Paulette Van der Beck est la directrice d'une école ménagère en 1967. Elle tient cette école avec l'aide de son maris, Robert, de sa belle-sœur, Gilberte ainsi que de la sœur Marie-Thérèse. Son but, en tant que directrice, est d'inculquer aux jeunes femmes qui viennent dans son établissement non seulement la bonne tenue mais la connaissance du ménage, de la cuisine et des relations avec le futur mari. Mais deux choses vont créer des problèmes pour le fonctionnement de l'école. Premièrement, l'époque n'est plus à la bonne épouse mais à la libération des femmes. Paulette, malgré ses résistances, va devoir faire avec ce changement. De plus, Robert meurt laissant l'école en danger financier. Pour Paulette il faut sauver l'école, préparer ses élèves et comprendre comment devenir une femme libre alors que jamais elle n'a conduit ni tenu la comptabilité.

    SPOILERS

    Ce film essaie de parler d'une époque. Une époque de transition entre une vision traditionnelle du monde et une vision plus proche de la nôtre. L'école ménagère du film a pour mission de créer des bonnes épouses capables de gérer le ménage et la cuisine mais aussi de soutenir le mari sans jamais le remettre en question. Tout est fait pour inculquer une place inférieure aux jeunes femmes du film. Mais, à la même époque, des mouvements mettent en question cette tradition. Les jeunes femmes du film sont les premières concernées puisqu'elle apprennent l'existence de la pilule mais aussi de la possibilité de ne pas se marier.

    Ce film, surtout à la fin, est engagé. En montrant l'inadéquation entre la tradition et la réalité la réalisation montre la nécessité d'un autre modèle. Robert y est le prototype de l'homme âgé dont tout le monde s'occupe mais qui ne fait rien. Tandis qu'André est le prototype de l'homme qui ne souhaite pas une femme de ménage mais une égale avec qui il partage les tâches ménagères. Ces deux types d'homme ne s'offrent pas. Ils sont réclamés par les femmes du film qui commencent à refuser leur rôle traditionnel. Ce refus est mis en scène à la fin du film lors d'une chanson qui fait écho au début du film. Le rôle traditionnel est soudain refusé et renversé dans une atmosphère de fête et de révolution.

    *
    **
    ***
    **** Plutôt drôle et assez sympathique.
    *****

  • Bloodshot

    Ray Garrison est un soldat. Un très bon soldat qui réussit toutes ses missions malgré les dangers encourus. Alors qu'il se repose en Italie après une mission il est enlevé par un groupe terroriste. Sa femme est aussi la victime de ce groupe. Ray Garrison meurt d'une balle dans la tête, pour se réveiller dans les locaux du Rising Spirit. LE RST est une entreprise qui prépare et vend de la technologie militaire. Ray Garrison devient le premier soldat d'un projet basé sur les nanites. Mais avant de pouvoir continuer sa mission il doit retrouver les terroristes et se venger de ce qu'ils lui ont fait subir. Cependant, une surprise l'attend qui remet en question sa vision de la réalité.

    SPOILERS

    Bloodshot fait partie de l'univers Valiant. Un univers de comics dans lequel Bloodshot est une machine contrôlée par une entreprise privée afin de combattre les psiotiques et d'en prendre le contrôle. Ce film devait créer le début d'une nouvelle franchise basée sur cet univers. Je ne sais pas si celle-ci aura réellement lieu. Le film a la malchance d'être sorti lors de la fermeture des cinémas, d'être vendu en dvd presque immédiatement et d'avoir de mauvaises critiques.

    Il faut avouer que Bloodshot reste un film d'action basique. Certes, les scènes d'actions sont intéressantes mais elles ne créent rien de nouveau. On peut même avoir l'impression d'un déjà-vu assez important. Les personnages ne sont pas très intéressants. Ray est un soldat dont nous ne savons rien mis à part qu'il est amoureux. Ses deux collègues masculins sont des soldats ennemis de base. Le vilain est... un scientifique fou et capitaliste. En ce qui concerne les deux personnages féminins ce n'est pas mieux. Il est difficile de pardonner au film d'utiliser la femme de Ray uniquement pour la tuer afin de créer un but au personnage principal. La seconde sert uniquement de réservoir affectif à Ray. Bref, des personnages non seulement peu écrits mais aussi très clichés dans un film qui n'apporte que peu de choses mis à part quelques explosions et effets d'images.

    *
    ** Un film peu utile
    ***
    ****
    *****

  • Master and Apprentice par Claudia Gray

    Titre : Master and Apprentice
    Autrice : Claudia Gray
    Éditeur : Penguin 24 septembre 2019
    Pages : 352

    Qui Gon Jin et Obi-Wan Kenobi nous sont le premier exemple de relation officielle entre un maitre et un apprenti dans les films star Wars. Car c'est la première relation qui a lieu lors de l'existence de l'ordre des Jedis. Ce roman s'intéresse aux débuts de leur relations. Entre un apprenti qui suit les procédures à la lettre et un maitre qui préfère accepter de les utiliser si elles sont utiles la compréhension est difficile. Elle devient presque impossible lorsque Qui Gon Jin est invité à entrer au sein du Conseil des Jedis : l'honneur le plus élevé possible. Mais avant de décider, il prend une dernière mission sur une lointaine planète contrôlée par une monarchie et une entreprise esclavagiste. Dernièrement, des attentats ont eu lieu et le régent local, un Jedi peu conventionnel, a demandé l'aide de Qui Gon Jin.

    SPOILERS

    Ce roman est d'abord une origin story. Il met d'abord en place le lien entre Qui Gon Jin, Dooku et les prophéties. Celles-ci sont décrites comme des textes provenant d'une antiquité Jedi, des fragments de l'avenir vus par des mystiques à l'aide de la force. Alors que les Jedis rejettent ces prophéties par crainte de tomber dans le côté sombre de la force d'autres, peu nombreux, considèrent que ces prophéties sont soit déjà passées soit des moyens de comprendre l'époque durant laquelle elles ont été écrites. Mais, petit à petit, le roman permet de montrer Qui Gon Jin commencer à croire que ces prophéties sont non seulement à comprendre de manière littérale mais qu'elles parlent aussi du présent ou du futur proche.

    La seconde origine concerne la relation entre Qui Gon Jin et Obi-Wan Kenobi. Celle-ci est difficile et l'autrice se concentre sur les nombreuses incompréhensions entre les deux personnages. Au lieu de s'attaquer à un seul d'entre eux, elle montre que les deux essaient de faire mieux mais ne réussissent pas à se comprendre. Qui Gon Jin pense échouer en tant que maitre tandis que Obi-Wan Kenobi pense échouer en tant qu'apprenti. Plus important encore, le fait que Qui Gon Jin soit invité au sein du Conseil des Jedis et qu'il donne une importance de plus en plus grande aux prophéties le met en décalage avec un Obi-Wan Kenobi qui suit les règles et récuse l'intérêt des prophéties. Ce n'est qu'en comparaison avec un autre Jedi et le passé de Qui Gon Jin que les deux héros comprennent comment créer une relation qui fonctionne et qui leur permet de s'enrichir mutuellement. Ainsi, une grande partie du livre m'est inconfortable car je ne reconnaissais pas les personnages que j'avais vu à l'écran. Ce n'est que vers la fin que j'ai retrouvé ceux-ci.

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    *** Si vous aimez Qui Gon Jin et Obi-Wan Kenobi vous serez sûrement un peu surpris par leur écriture. L'intrigue n'est pas inintéressante mais un peu simpliste car elle sert surtout de toile de fond. D'autant que, malheureusement, elle n'a pas un impact important sur l'univers de Star Wars
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    Éditeur

  • Onward / En avant

    Le monde n'est plus ce qu'il était. Durant le passé, le monde était envahi par le fantastique, les quêtes d'aventures et la magie, une force difficile à maitriser pour un petit nombre de personnes élues. Mais la science arriva et offrit la possibilité pour tout le monde d'user d'une nouvelle forme de magie. Depuis, le monde a avancé. Oubliant la magie et remplaçant cette dernière par la modernité technologique. Le passé est presque oublié face à la science et à la modernité. Deux frères vivent au sein de cet univers. Les deux frères souhaitent tout autant l'un que l'autre revoir leur père, mort il y a près de 16 ans. L'unique manière de le faire revenir pour un temps limité et de retrouver la magie, si elle existe encore.

    SPOILERS

    La première chose que j'ai ressentie dans ce film est l'importance du passé face au modernisme présent. Le passé est mis en avant par le personnage de Barley, un jeune homme qui vit dans ce passé et qui essaie de protéger les rares reliques qui existent encore. Face à ce passé quasiment mythologique, existe une modernité qui semble vouloir remplacer la nature réelle des personnages en leur offrant une simplicité de vie. Ainsi, les fées ne savent plus voler, les centaures ne savent plus courir, etc. Le film semble vouloir faire du passé une forme d'âge d'or oublié qu'il serait bon de ramener au sein de la modernité. Si j'ai bien compris ceci, je trouve le message peu intéressant. Bien que le passé soit utile pour comprendre le monde actuel il ne faut pas en faire un âge d'or qu'il serait nécessaire de retrouver dans un présent désenchanté.

    Le film met en avant deux personnages masculins. Il y a deux autres personnages féminins importants mais elles sont surtout présentes pour sauver les deux frères et les soutenir : la Manticore et la mère des frères du nom de Laurel. La quête des frères n'est qu'un moyen de parler de leur relation. Le film met en scène une difficulté de se comprendre. L'un semble n'avoir peur de rien tandis que l'autre doute de tout et essaie d'atteindre ce qu'on lui dit de son père. Cependant, le film montre aussi une relation fraternelle très positive. Le grand frère agit toujours afin d'aider son petit frère à avoir confiance en lui-même. Tandis qu'il est dépeint comme un perdant, il est en fait un soutien indéfectible. Cette relation prend de l'importance lors de la quête lorsque les deux frères se confient l'un à l'autre et essaient d'utiliser leurs différences afin de revoir leur père. Peut-on dire que ce film dépeint le fonctionnement d'une masculinité positive ? Je ne sais pas. Mais même si je déplore le manque de personnages féminins ayant leur propre chemin, j'ai apprécié la manière dont les deux frères acceptent de parler de leurs émotions mutuelles et de leurs craintes.

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  • Richard Jewell

    TW : attentat, harcèlement policier, harcèlement médiatique

    Richard Jewell a toujours rêvé d'entrer dans la police. Mais son rêve est mis à mal par un comportement particulier qui implique un nombre de plaintes importantes contre lui. À la suite de la fin de son emploi d'agent de police puis de vigile au sein d'une université il entre dans l'équipe de sécurité des Jeux Olympiques d'Atlanta. Lors de son travail, il découvre un sac abandonné qui se révèle être une bombe. Alors qu'il devient officiellement un héros, le monde médiatique et policier se retourne contre lui en le dépeignant comme le poseur de bombe. Son but serait d'être héroïsé afin de retourner au sein de la police. Durant les mois que dureront l'enquête, il devra apprendre à se battre contre la police afin de pouvoir être innocenté.

    SPOILERS

    Richard Jewell fait partie de ces héros du quotidien que Clint Eastwood aime bien dépeindre dans ses films. Comme dans d'autres productions, Jewell ne veut que le bien de tout le monde et agit au mieux selon ses valeurs mais il est mis en face d'un appareil d'état qui souhaite le détruire et en faire un coupable idéal. Sans vouloir faire une analyse du cas réel, plus compliqué que le film ne le montre, on observe de nombreuses tactiques policières d'intimidation et de manipulation afin de forcer Jewell à accepter une culpabilité. Ceci dès le début de l'enquête lorsque le FBI tente de lui faire signer une renonciation de ses droits et de filmer des aveux sans l'avoir officiellement mis en cause. Il est donc difficile de voir le travail policier de manière positive via ce film. Mais il faut probablement prendre en compte les positions politiques du directeur pour comprendre ceci. En effet, Eastwood est un libertarien. Il se méfie donc fortement de l'état fédéral et des gouvernements privilégiant l'individualisme.

    Il y a un aspect du film qui m'a particulièrement dérangé, et selon mes rapides recherches sur internet je ne suis pas le seul, qui concerne la manière dont la journaliste Kathy Scruggs est présentée. Elle est montrée comme extrêmement arrogante. Une journaliste qui s'intéresse d'abord aux drames afin de vendre son journal et, potentiellement, d'entrer au sein de la télévision. Pour cela, elle ne croise pas les sources et se contente des propos des policiers (ce n'est qu'après un esclandre de l'avocat de Jewell qu'elle enquête réellement). Pire encore, le film la montre échangeant du sexe contre des informations confidentielles. En dehors de l'existence réelle de cette journaliste, les proches peuvent être heurtés, on peut poser la question de l'opportunité de la présenter ainsi. On entre dans l'idée que les femmes ambitieuses sont forcément amorales, usant de leurs charmes pour gagner au lieu d'utiliser leurs capacités intellectuelles.

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    *** Un biopic intéressant par sa manière de présenter le danger que les personnes innocentes vivent face à la police et aux médias mais qui reste trop simpliste
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    Image : IMDB

    Site officiel

  • Nations et nationalisme depuis 1870. Programme, mythe, réalité par Eric Hobsbawm

    Titre : Nations et nationalisme depuis 1870. Programme, mythe, réalité
    Auteur : Eric Hobsbawm
    Éditeur : Gallimard 24 janvier 2001 (1992)
    Pages : 384

    Je doute avoir besoin de présenter Eric Hobsbawm. Il est connu pour ses travaux sur les révoltes mais aussi pour son triptyque sur le XIXème siècle suivi par son histoire du court vingtième siècle. Il est aussi connu pour ses positions politiques dont il use dans ses travaux. Ce livre est un agrégat de conférences données dans le cadre d'un événement précis. Hosbawm les a réécrites et ajoutées une introduction et un dernier chapitre conclusif qui lui permet de faire le lien avec les événements les plus récents lors de la première édition du livre en 1990. Le livre est donc constitué de 6 chapitres qui permettent à l'auteur d'expliquer, à l'aide de l'histoire, ce qu'est la nation et le nationalisme.

    Les différentes conférences essaient de nous expliquer ce qu'est la nation et le nationalisme et leur construction. Il est donc assez logique de débuter durant le XIXème siècle lorsque celle-ci ont été conçues comme entités historiques. Hobsbawm considère que les nations ne sont pas formées par le peuple mais par des élites qui essaient d'imposer une histoire commune et une culture commune. La culture est portée, en particulier, par la langue qui est (re)construite et défendue face aux autres langues du pays.

    De plus, il explicite le projet nationaliste. Selon l'auteur, le but n'est pas de créer une multitude de petites nations mais un petit nombre de grandes nations avant de créer un gouvernement mondial. Personnellement, je ne sais pas si je suis en accord avec l'auteur concernant ce point. Mais ceci lui permet d'expliquer pourquoi les petits groupes linguistiques ne sont pas immédiatement pensés comme des nations en droit d'avoir leur propre état souverain. Même la doctrine Wilson souhaite d'abord relier les grands ensembles linguistiques et non créer des petites nations linguistiques. Ce changement serait plus récent.

    Hobsbawm explicite aussi l'échec de l'internationalisme de gauche. Celui-ci devait créer un lien transnational entre membres d'une même classe : les ouvriers. Mais ce lien fut détruit lors de la Première guerre mondiale alors que les ouvriers acceptèrent de se battre contre d'autres ouvriers lors de la guerre. Hobsbawm explique ceci par l'absence, pour les ouvriers, d'un différentialisme entre l'identité nationale et l'identité de classe.

    Je ne suis pas tout à fait certain d'avoir compris la pensée d'Hobsbawm au sein de ce livre. Je ne pense pas non plus être d'accord avec lui. Bien que je ne pense pas qu'Hobsbawm essaie de défendre la fin des nations il souhaite cette fin qu'il considère, si j'ai bien compris, être un changement quasiment naturel puisque des états multinationaux et multiethniques sont de plus en plus nombreux. Ses propos permettent aussi de questionner l'impression de la naturalité des langues, ethnies et nations qui sont construites au fil du XIXème et du XXème siècle. Mais peut-on pour autant penser que le nationalisme arrive à sa fin ? J'ai des doutes.

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  • The interdependency 3. The last Emperox par John Scalzi

    Titre : The interdependency 3. The last Emperox
    Auteur : John Scalzi
    Éditeur : Tor 14 avril 2020
    Pages : 320

    L'empire des Wu va tomber. Le système économique et politique ne peut pas résister à la destruction des couloirs qui organisent les flux commerciaux entre les planètes de l'Empire. Grayland II a donné 6 mois au parlement pour trouver un plan capable de sauver le maximum de personnes. Mais le parlement ne trouve pas de consensus. L'unique planète capable d'abriter la vie est sous le contrôle de traitres. Et plusieurs complots de préparent pour assassiner l'Emperox. Ces complots se basent sur l'idée que l'économie, et donc la richesse des élites, doit être sauvegardée à tous prix et que seules les élites, qui se considèrent comme le cœur de l'Empire, peuvent être sauvées. Ce que personne ne sait c'est que Grayland connait ces complots et a des plans pour les gérer.

    SPOILERS

    J'apprécie quand les séries ont une durée de vie précise. L'auteur avait annoncé trois livres, nous avons trois livres. L'auteur annonçait la fin d'un Empire, nous avons la fin d'un Empire. Pour décrire cette fin, Scalzi continue avec ses personnages hauts en couleurs et surtout examine leur capacité à gérer la fin d'un monde. Il en fait une présentation pessimiste des personnes en position de pouvoir. Seules quelques minorités sont en faveurs de sauver le plus grand nombre, les autres veulent préserver leurs richesses puis leurs vies. Encore une fois, que Scalzi décrive une crise inévitable mais niée avant que les préparations nécessaires ne soient pas acceptées car elles risquent de mettre à mal le fonctionnement politique et économique n'est probablement pas un hasard. D'autres que moi ont fait le lien avec la crise climatique et le manque flagrant de courage politique de nos élites.

    Bien que j'apprécie qu'une série s'arrête après un nombre annoncé de livre, ce type de choix risque de créer des problèmes. En particulier lorsque les différents tomes ne sont pas très volumineux (et j'en remercie Scalzi). On risque de nous donner une fin un peu trop rapide sans que les conséquences ne soient réellement décrites. La fin de ce troisième volume tombe, à mon avis, dans cet écueil. Vers le dernier tiers du livre, les machinations politiques s'arrêtent soudainement. Bien que l'on s'attende à quelque chose de précis, ce n'est que vers les dernières pages que Scalzi nous fait la révélation. Tout ceci m'a semblé très précipité et j'aurais apprécié un peu plus de pages pour le préparer. J'aurais aussi aimé avoir une fin un peu plus longue qui permette de mieux comprendre le nouvel état politique et économique de l'Empire. Mais, au moins, l'histoire se termine ici sans, pour autant, fermer la possibilité d'autres romans dans le même univers si l'auteur le souhaite.

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  • La cité dans le monde grec par Raoul Lonis

    Titre : La cité dans le monde grec
    Auteur : Raoul Lonis
    Éditeur : Armand Colin 20 janvier 2016
    Pages : 320

    Je ne connais pas grand-chose au monde grec antique. En dehors de l'école, j'ai suivi 6 mois d'histoire basique sur l'antiquité grecque mais rien de plus. Il y a donc un manque important dans ma culture antique et j'ai souhaité le combler en partie en m'intéressant aux institutions des Cités grâce à ce manuel de Raoul Lonis chez Armand Colin. Celui-ci est divisé en 4 parties et 13 chapitres.

    Après une introduction qui permet de conceptualiser le terme de Cité et d'expliquer son émergence la première partie se concentre sur les membres et les exclus de la Cité. L'auteur parle des citoyens, des femmes, des libres non-citoyens et des non-libres. Ces quatre chapitres permettent de comprendre quels sont les rôles des différentes personnes au sein des Cités. On observe que la citoyenneté implique des droits spécifiques et surtout la capacité d'en user. Mais la citoyenneté est définie différemment entre les différentes Cités. Certaines sont très restrictives tandis que d'autres sont plus ouvertes. Cependant, la capacité de se battre en hoplite est souvent mis en avant. Les femmes ne sont pas citoyennes mais elles ont une importance pour la vie de la Cité, en particulier la vie religieuse.

    La seconde partie s'intéresse à l'espace de la Cité. En premier lieu, l'auteur examine le fonctionnement de cet espace. Il décrit la Cité en elle-même, constituée de lieux symboliques pour la religion et le pouvoir civique. Il décrit aussi l'espace rural agricole qui permet de nourrir les habitant-e-s. Ensuite, il explique de quelle manière cet espace est défendu. Il explicite les tactiques militaires, tout en marquant certaines critiques envers leurs analyses actuelles. Enfin, il s'intéresse à l'économie. Outre les capacités agricoles, il examine l'importance du travail servile en particulier pour les métiers dangereux et difficiles, par exemple le travail dans les mines.

    La troisième partie concerne la communauté. L'auteur commence par décrire les différentes solutions de vie en communauté examinées par les auteurs grecs anciens ce qui lui permet de parler des différentes solutions politiques : démocratie, oligarchie et tyrannie. Cette partie donne aussi un grand nombre d'informations sur la vie au sein des Cités, religieuse et militaire. On comprend que les liens communautaires sont importants et que les rituels religieux et civiques permettent de créer ces liens. L'auteur prend aussi le temps d'examiner les problèmes d'inégalités socio-économiques et la manière dont les grecs anciens ont tenté d'y répondre. En dehors du cas de Sparte, dont on ne sait que peu de choses, il y a la possibilité de migrer pour fonder une colonie.

    Une dernière partie parle des relations entre l'autre, l'étranger, et les cités. Le premier chapitre examine de quelles manière les étrangers à la Cité sont accueillis. Malgré une méfiance importante, il existe une tradition d’hospitalité. Celle-ci a pu se concrétiser par la nomination de personnes spécifiques chargées d’accueillir les étrangers provenant d'une Cité précise, par exemple des spartiates à Athènes. L'auteur nous parle aussi du besoin de protéger les hérauts, les ambassadeurs et les pèlerins. Chaque catégorie implique une solution précise aussi bien religieuse que politique. Dans le dernier chapitre, l'auteur examine les solutions d'alliances ou de confédérations entre plusieurs Cités. Il explique le but de ces solutions mais aussi leurs limites. En particulier, les alliances sont examinées avec les problèmes posés par des Cités qui prennent l'ascendant sur les autres membres de l'alliance.

    Ce manuel est dense. Il implique aussi un nombre de connaissances minimum concernant la chronologie de la Grèce antique. Sans ces informations, il peut être difficile de comprendre certains changements et concepts mis en avant par l'auteur. Malgré ces limites, le livre est intéressant. Il s'intéresse à de nombreux sujets et tous les chapitres sont suivis d'une bibliographie thématique. J'ai aussi apprécié la présence de sources au sein même du texte. Le lexique, en fin d'ouvrage, est aussi très utile pour comprendre certains termes que l'on a rarement l'occasion de rencontrer lorsqu'on ne s'est pas trop intéressé à ce sujet. Je conseillerais donc de lire ce manuel après avoir une connaissance minimale de l'histoire grecque.

    Image : Éditeur

  • Le Sorcelleur 1. Le dernier voeu par Andrzej Sapkowski

    Titre : Le Sorcelleur 1. Le dernier vœu
    Auteur : Andrzej Sapkowski
    Éditeur : Bragelonne 22 avril 2011
    Pages : 384

    J'ai découvert tardivement cet ouvrage. J'ai commencé par tenter la série, sortie récemment, que je n'ai pas aimé. J'ai continué avec les trois jeux, que j'ai apprécié. Je me demandais comment j'allais réagir face aux livres qui ont porté ces deux adaptations. J'ai commencé, assez naturellement, par le premier tome selon l'édition française (il y a apparemment un tome 0 sorti bien après). Le livre est constitué de plusieurs nouvelles reliées par une méta-nouvelle dont les chapitres, qui s’insèrent entre deux nouvelles, permettent de créer une intrigue générale ainsi qu'une chronologie plus précise. Le roman nous conte les aventures d'un Sorcelleur, un tueur de monstre professionnel, au sein d'un monde de type médiéval. Son nom est Geralt de Riv et malgré ses talents il se demande si son métier est encore adapté au monde actuel.

    SPOILERS

    Le livre commence par une scène de sexe très gênante... Mais je suis passé outre afin d'avoir un avis global sur ce premier tome. Je dois dire avoir apprécié la réécriture des contes. L'auteur les réimagine en se rapprochant de leur écriture originale ce qui crée un contraste agréable avec la réécriture de Disney. On retrouve, par exemple, La belle et la bête, la Belle au bois dormant sans oublier Cendrillon. De plus, l'auteur inscrit tout ceci dans un univers précis, mouvant, qui connait aussi bien les véritables monstres, dangereux, que les contes et légendes. Geralt de Riv navigue dans ses différences entre légendes et réalité tout en faisant attention à ne tuer que ce qui est réellement monstrueux. Il y a donc du potentiel en ce qui concerne l'univers, mais ce premier tome ne va pas très loin de ce point de vue.

    Malheureusement pour moi, je ne pense pas avoir réussi à m'intéresser suffisamment à cet univers pour avoir envie de passer au second tome. Les dialogues m'ont semblé poussifs et parfois inutilement grossiers. Bien que les scènes de combats et d'enquêtes puissent être intéressantes, elles ne sont pas assez réussies pour me donner envie d'en savoir plus. Je ne sais pas si cela provient de moi ou de la traduction mais ce roman me donne l'impression d'être très fainéant. Je pense que de nombreux éléments auraient mérités d'être décrits de manière plus précise. J'ai aussi beaucoup de mal avec les personnages féminins. Les quelques femmes que rencontre Geralt ne sont présentes que pour être observées, touchées ou pour le sexe, ce qui débute dès les premières pages. Rares sont celles qui se mettent même à parler ! De plus, j'avoue avoir du mal à apprécier des scènes durant lesquelles Geralt décrit les formes des femmes qu'il rencontre et dénude. Il est peu probable que je continue cette série de livres.

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    *** Je ne me suis pas assez intéressé à cet univers pour avoir réellement envie de continuer de le lire. J'ai aussi beaucoup de mal avec la manière dont l'auteur écrit les personnages féminins.
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    Image : Éditeur

  • La Suisse et les réfugiés à l’époque du national-socialisme par Commission Indépendante d’Experts Suisse – Seconde Guerre Mondiale

    Titre : La Suisse et les réfugiés à l’époque du national-socialisme
    Auteur-e-s : Commission Indépendante d’Experts Suisse – Seconde Guerre Mondiale
    Éditeur : Commission Indépendante d’Experts Suisse – Seconde Guerre Mondiale 1999
    Pages : 359

    TW : mention de propos antisémites, actes de violences policières et militaires

    Depuis que j'ai compris qu'une partie des rapports de la CIE Seconde Guerre Mondiale sont disponibles en PDF et en français j'ai décidé de les lire afin de mieux comprendre le travail de la CIE et le fonctionnement de la Suisse durant cette période. Après ce tome, il me restera le rapport final de 569 pages à lire. Ces rapports et le travail de la CIE sont souvent discutés mais ne sont pas forcément lu. Ils dépendent aussi d'un contexte précis de l'historiographie et si certains travaux remettent en question certains chiffres cela n'implique pas une remise en question des méthodes ou des conclusions générales. Ce rapport est construit en 5 chapitres.

    Le premier chapitre concerne les fondements historiques de la politique Suisse concernant les réfugiés. Le livre commence sur les efforts de la SDN pour créer une définition du statut de réfugié à la suite des événements russes. Le rapport mentionne aussi les différentes œuvres d'entraide existantes. Mais une grande partie du texte concerne les fondements idéologiques de la méfiance helvétique face aux personnes réfugiées. Bien que l’entraide soit un fondement de la politique Suisse la période de l'entre-deux-guerres implique une méfiance face aux dangers des réfugiés comme personne provenant de l'étranger. Ces dangers sont leur nombre mais aussi les problèmes économiques et surtout les dangers pour la sécurité nationale. Ce fondement idéologique permet de justifier les décisions prises durant la guerre.

    Le chapitre qui suit se concentre sur deux aspects particuliers : le tampon J et la fermeture des frontières. Le premier acte est longuement décrit. Bien qu'une partie du monde politique ne soit pas en faveurs d'un acte qui s'attaque à une population précise une autre partie veut éviter de toucher tous les allemands par une obligation du visa pour entrer en Suisse. Le tampon J permet donc d'éviter l'entrée de réfugiés tout en gardant les frontières ouvertes pour les allemands qui ne sont pas soumis aux lois racistes de l'Allemagne. La fermeture des frontières a lieu en 1942. Elle se déroule alors que le gouvernement helvétique reçoit des informations concordantes sur les crimes nazis contre les juifs. Pourtant, le gouvernement décide la fermeture des frontières par peur d'un afflux massif de personnes en danger de mort.

    Le chapitre 4 se concentre sur les différentes manières d'entrer en Suisse. Les auteur-e-s du rapport expliquent les dangers des voyages. Des passeurs peuvent aussi bien prendre en charge jusque dans l'intérieur de la Suisse les personnes qui fuient. D'autres les abandonnent ou préviennent les patrouilles. De plus, il faut prendre en compte les décisions des gardes-frontières qui peuvent aussi bien fermer les yeux qui refouler en direction des patrouilles allemandes, créant un danger supplémentaire pour la vie des réfugié-e-s. Lors de l'entrée en Suisse, un régime d'internement militaire est mis en place avec une discipline stricte et un contrôle important de la vie des réfugié-e-s qui ne peuvent ni sortir, ni communiquer ni travailler. Dans un second temps, illes sont envoyé-e-s dans des camps civils mais dont les directeurs peuvent aussi être très stricts, selon les choix du gouvernement. Il est difficile d'en sortir et des familles ont pu être séparées. Ce n'est que vers la fin de la guerre que le gouvernement décide d'assouplissements.

    Une partie importante du rapport se concentre sur les relations financières. Celles-ci suivent les lois raciales allemandes puisque les réfugié-e-s n'ont pas le droit d'accès à leurs avoirs en Allemagne. Lors de l'entrée en Suisse, les biens et avoirs sont confisqués et gérer par une banque afin de contribuer aux coûts de l'internement, alors que le travail est interdit. L'accès à leurs propres biens est très difficile et même la fin de la guerre ne permettra pas un accès facilité. Il faudra des années pour que l'argent confisqué retrouve ses propriétaires, quand ce fut le cas.

    Enfin, une dernière partie parle du lien entre le gouvernement et les associations internationales d'entraides. Le CICR est particulièrement mis en avant dans ce chapitre. Certains des membres du bureau sont aussi liés au gouvernement ce qui permet une défense des intérêts et des choix helvétiques au sein des milieux de l'entraide. Cependant, certaines décisions ne sont pas du goût des autorités. En particulier, le rapport mentionne une communication potentielle qui devait condamner les politiques criminelles nazies mais qui ne fut pas publié sur pression des autorités helvétiques. Ces organisations permettent aussi de garantir une vision bénéfique envers le pays après la guerre, alors que les Alliés commencent à gagner la guerre.

    Bien entendu, cette présentation ne fait qu'effleurer la richesse du rapport. Il faut mentionner les annexes qui regroupent une chronologie, des biographies ainsi que des résumés d'autres travaux. Ce qui ressort de ce rapport, tel que montré en introduction et en conclusion, est la crainte des autorités de la Suisse face au nombre de réfugiés. Cette crainte provient de l'expérience de la première guerre mondiale et de l'entre-deux-guerres. Elle permet de justifier un alignement sur les lois racistes allemandes. Ces choix ont mis en danger de nombreuses personnes. De plus, elles sont illégales comme l'a dit un arrêt du tribunal fédéral. Il faut aussi prendre en compte le racisme et l'antisémitisme des milieux politiques et de l'armée. Par exemple, un officier genevois fut connu pour ses actes administratifs illégaux et sa brutalité. Tandis que les membres de l'administration qui aident les réfugié-e-s sont sanctionnés et tardivement reconnu à leur juste valeur. Il ressort de ces pages un cynisme important des autorités fédérales qui s'observe par les tracasseries administratives et le refus de l'entrée des réfugié-e-s alors que les autorités avaient connaissances des crimes nazis.

    Éditeur

  • High-Opp par Frank Herbert

    Titre : High-Opp
    Auteur : Frank Herbert
    Éditeur : Robert Laffont 18 septembre 2014
    Pages : 252

    L'humanité a connu plusieurs révoltes depuis notre époque. Des révoltes qui ont mené à une nouvelle forme de civilisation basée sur la puissance des sondages. Les hommes et les femmes dépendent de ces sondages pour monter en grade au sein de la société et atteindre les privilèges des personnes les plus hauts placées. Movius est l'une de ces personnes. Son origine est humble mais ses capacités lui ont permis d'atteindre l'un des niveaux les plus élevés de la société. Mais un jour un sondage détruit son administration. Il se trouve immédiatement au plus bas de la société, ayant perdu tous ses privilèges. Cette perte le pousse à questionner le fonctionnement du gouvernement et à se demander si d'autres ne sont pas, comme lui, en colère.

    SPOILERS

    Je pensais avoir lu tous les romans de Frank Herbert. J'apprécie particulièrement son œuvre, même si on peut la questionner. Ce roman, que je ne connaissais pas, est annoncé comme un livre qui n'avait pas été édité, un inédit. J'étais donc curieux de le lire. Les personnes qui connaissent Frank Herbert ne seront pas surprises pas les personnages ni par l'intrigue. Nous avons l'importance de la psychologie, une réflexion sur la nature du gouvernement et bien entendu une figure prophétique. Mais ce roman ne traite qu'imparfaitement de ces thèmes. Là ou Dune crée une fresque High-Opp reste à la surface sans jamais nous donner envie de connaitre son univers. L'auteur se contente de faire son travail sans jamais réellement mettre en question son intrigue. Celle-ci, d'ailleurs, est trop rapide et l'on a du mal à accepter de voir un simple fonctionnaire devenir un génie politique uniquement parce que... il serait un génie depuis le début qui attendait les bons événements pour se révéler.

    Mais le livre a surtout très mal vieilli, en particulier en ce qui concerne les personnages féminins. Ceux-ci sont au nombre de quatre. Deux ne sont que de passage le temps de protéger ou trahir Movius. Deux autres sont des intérêts romantiques avec une possibilité de le trahir. La première est décrite comme très belle mais qui use de cette beauté pour manipuler les hommes, suivant aveuglement et sans réflexions les ordres qu'elle reçoit. La seconde est décrite comme ordinaire, tentant de manipuler Movius mais n'y arrivant car elle est à la fois moins intelligente que lui et amoureuse de lui. Alors que les hommes sont décrits comme rationnels mais capables de prendre des décisions justes basées sur un instinct les femmes sont décrites comme émotionnelles et incapables de garder leur rationalité face à leurs émotions. Les deux intérêts romantiques perdent face à Movius à cause de leurs émotions, la première parce qu'elle se rend finalement compte de la virilité de Movius. La seconde car elle agit selon ses émotions et non selon les décisions réfléchies de Movius, l'obligeant à se mettre en danger pour la sauver... Bref, l'écriture des personnages féminines et très problématique. L'auteur naturalise des différences de genre sans même y penser.

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    ** Un roman dont les thèmes sont souvent traités par Frank Herbert mais qui a très mal vieilli
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    Image : Éditeur

  • Le citoyen dans la Grèce antique par Claude Mossé

    Titre : Le citoyen dans la Grèce antique
    Autrice : Claude Mossé
    Éditeur : Nathan 1993
    Pages : 127

    La Grèce ancienne est une civilisation que nous fascine. On la pense au centre de notre histoire aussi bien politique que culturelle. Vu que j'apprécie particulièrement la période antique je m'intéresse aussi beaucoup à la Grèce, mais je ne connais que peu cette histoire. Ce petit livre n'offre pas un récit. L'autrice se concentre sur une question précise : comment devient-on citoyen à Athènes et dans les cités grecques ?

    L'autrice a conçu son exposé en 5 chapitres. Le premier se base sur la période archaïque. L'autrice y examine les récits d'Homère afin de comprendre et de nous expliquer comment la citoyenneté fut conçue au fil de l'histoire. Elle met l'accent, en particulier, sur la fonction hoplitique qui implique une égalité des personnes au sein du combat et dans l'argent pillé. Mais elle montre aussi le fonctionnement des différents régimes et l'existence d'inégalités politiques et économiques.

    Les trois chapitres qui suivent se concentrent sur une période différente. L'autrice utilise largement l'exemple d'Athènes, par commodité au vu de l'état des sources. On y découvre une description précise des différents aspects de la citoyenneté. Elle commence par expliquer de quelle manière on devient citoyen. Ce qui lui permet de noter plusieurs possibilités aussi bien légales, qu'illégales. Athènes, par exemple, demande que les deux parents soient citoyens et le jeune homme doit être accepté par une assemblée avant d'être reconnu citoyen. Dans le chapitre 3, elle nous explique le rôle des citoyens. Ceux-ci sont censés travailler la terre afin de payer leur équipement d'hoplites tout en suivant les rituels religieux de la cité. Bien entendu, l'idéal est différent de la réalité. Des athéniens n'ont pas les moyens d'être hoplites tandis que d'autres ne travaillent pas la terre payant des gens ou utilisant des esclaves pour cela. Enfin, elle nous explique ce qui permet d'être déchu de la citoyenneté. Ce sont aussi bien les sanctions que les actes de personnes qui sont défavorables envers la démocratie. Mais il faut noter, aussi, le désintérêt d'une partie des citoyens qui n'agissent pas réellement lors des assemblées, ou qui ne s'y rendent pas.

    Enfin, le dernier chapitre pose la question de la théorie de la citoyenneté à l'époque même. Elle présente différents philosophes et leurs idées concernant la cité idéale. Ces idées, qui n'ont pas été mises en pratiques, permettent de comprendre comment une partie des élites grecques pensent la citoyenneté. Pour conclure, il faut ajouter que l'autrice ajoute des extraits de documents à la fin de tous les chapitres. Ce petit livre ne permet pas de connaitre le récit historique mais il permet de comprendre une question précise, et importante, concernant la civilisation grecque. Il vaut tout de même mieux posséder un minimum de connaissances pour comprendre ce livre.

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  • The craft sequence 1. Last first snow par Max Gladstone

    Titre : The Craft sequence 1. Last first Snow
    Auteur : Max Gladstone
    Éditeur : Tor 26 avril 2016
    Pages : 396

    Dresediel Lex est une ville qui a connu les divinités. Celles-ci ont, pendant des siècles, construits et protégés la cité. Mais le monde n'était pas juste et une partie des humain-e-s ont rejoint une révolution sous le nom de guerres divines. Cette révolution a vaincu et Dresediel Lex est maintenant contrôlée par Le Roi en Rouge, un mort vivant. Malgré le changement de pouvoir, les anciens enchantements sont toujours en fonction. Une partie des élites de la ville souhaite les mettre à jour avec l'aide du cabinet d'avocats d'Elayne Kevarian. Mais le peuple de la cité n'est pas forcément d'accord et les tentatives de discussions peuvent rapidement mal tourner.

    SPOILERS

    Max Gladstone est fort. Il ne donne pas d'informations importantes sur le passé de son univers et pourtant celui-ci nous semble vivant. On observe les conséquences des anciennes guerres et les changements qu'une révolution implique pour tout le monde. Mieux encore, il décrit un système de magie à la fois proche de ce dont on a l'habitude et très différent. Certes, il y a des démons, des monstres et des divinités. Mais la magie est avant tout un système de contrat basé sur les âmes en tant que monnaie. Il est donc parfaitement naturel que les meilleurs mages et magiciennes soient aussi des expert-e-s en droit. Ainsi, la magie se prépare au sein de réunions durant lesquelles les aspects légaux sont examinés avec attention.

    Max Gladstone fait aussi attention à ses personnages et à leur manière de réagir. Ces personnages changent au fil du temps et leurs expériences forment leurs réactions aux différents événements. Ce qui permet de créer une intrigue parfaitement logique dont les pièges sont visibles par les personnages qui ne peuvent éviter d'y entrer puisque leur personnalité est trop précisée. D'une certaine manière, Max Gladstone est très déterministe.

    J'avais réellement envie d'apprécier ce roman. Je voulais réellement entrer dans cette série dont j'ai entendu beaucoup de bien. Malgré les réussites de Max Gladstone en tant qu'écrivain, j'ai beaucoup apprécié le fonctionnement de son univers, je n'ai pas réussi à entrer dans le livre. À mon grand regret, cette œuvre n'a pas fonctionné sur moi car je n'ai pas réussi à apprécier les personnages ni leur manière de fonctionner au sein des règles construites par l'auteur. Je ne continuerais donc pas cette série.

    *
    **
    *** Très bien écrit, très bien construit mais je n'ai pas réussi à m'y intéresser. J'en suis désolé.
    ****
    *****

    Image : Site de l'auteur

  • L'Europe et le monde. XVIe-XVIII siècle par François Lebrun

    Titre : L'Europe et le monde. XVIe-XVIII siècle
    Auteur : François Lebrun
    Éditeur : Armand Colin 9 février 2018
    Pages : 352

    Voilà un livre dont la lecture fut laborieuse. Que je n'apprécie pas particulièrement l'époque dites moderne a dû jouer sur ma capacité à terminer ce livre. Il faut aussi ajouter une grande densité des événements, personnages et lieux puisque l'auteur essaie de synthétiser trois siècles extrêmement riches tout en souhaitant parler du monde entier. Un programme aussi ambitieux peut difficilement tenir sur un nombre de pages restreint. Le nombre de chapitres permet de le comprendre, pas moins de 22. Au vu de la densité il est difficile de résumer un tel ouvrage mais je vais m'y essayer.

    Sans user d'une présentation chapitres par chapitres, inutile dans le cas présent, il faut tout de même essayer de mettre en avant une certaine construction. L'auteur, François Lebrun, nous montre tout d'abord une histoire politique riche. Les différents royaumes de l'Europe se constituer les uns par rapports aux autres lors de différentes guerres qui permettent d'amoindrir ou d'augmenter la force de certaines couronnes. L'auteur réussit aussi à nous parler d'états peu connus, en Suisse, comme la Suède, les Provinces-Unies mais aussi la Russie.

    L'auteur essaie aussi de mettre en avant les changements culturels et scientifiques. L'art, le baroque et le classicisme, se voient consacrés des chapitres entiers. Le rationalisme est aussi mis en avant permettant d'introduire les Lumières et d'expliquer comment les scientifiques commencent à être des professionnels soutenus par les états. Mais c'est surtout la religion qui prend une place importante dans ce livre. En effet, les trois siècles examinés sont ceux de nombreuses guerres de religions entre protestants et catholiques. Ces guerres ne permettent plus d'unir l'Europe sous une religion unique ce qui a des conséquences politiques.

    Enfin, l'auteur essaie de faire une histoire mondiale. Bien que les deux points précédents soient réussis, je pense que ce dernier essai est un échec. Certes, l'auteur parler des Indes, des Grandes Découvertes et des Amériques. Mais ce sont surtout les colonies européennes qui sont mises en avant et les actions européennes. L'histoire du continent africain est à peine explicitée dans un unique chapitre avant de disparaitre. L'histoire de l'Inde dépend de l'examen des rivalités coloniales. L'Amérique du Sud et celle du Nord sont dans le même cas alors que les empires ne sont que peu décrits. Je ne connais pas grand-chose à ces histoires, mais l'auteur échoue, à mon avis, largement à les mettre en avant. Il reste centré sur l'Europe et sa main mise sur le monde.

    Image : Éditeur

  • Doctor Who saison 12

    La saison 11, sans être catastrophique, a laissé de nombreuses personnes sur leur faim. Selon moi, le changement important de ton entre Moffat et Chibnall est l'une des raisons. De la flamboyance on passe à une Doctor extrêmement pacifiste qui ne gagne jamais. Les méchant-e-s sont rarement bien identifié-e-s, puisque ce sont souvent des abstractions. Personnellement, j'avais adoré les épisodes historiques. Cette saison 12 était donc fortement attendue. On retrouve la Doctor au nouvel an. Et, très rapidement, on la retrouve aux prises d'un ennemi inattendu. Cette lutte permet de répondre à certains mystères de la série sous forme d'un fil rouge.

    SPOILER

    Première chose, la Doctor est bien moins passive que la saison précédente. Alors qu'elle refuse tout acte d'agression dans la saison 11 elle termine l'épisode du Nouvel An par une tentative de justifier ses actes de violence contre un être vivant, certes un Dalek... La Doctor semble donc bien plus présente. Elle prend des décisions difficiles et n'hésite plus à se placer au-dessus du gang quand cela est nécessaire. Le gang, d'ailleurs, commence à questionner l'identité de la Doctor.

    Cette saison n'a probablement pas plu à tout le monde. En particulier, Chibnall s'attaque à des thèmes politiques très contemporains. Ceci ne lui permet pas de se faire un nombre élevé d'ami-e-s. Personnellement, j'ai apprécié que la série ose prendre à pleine main des thèmes politiques et prenne position. Je préfère ceci à une œuvre qui essaie de plaire à tout le monde, devenant très fade. Malheureusement, le pire épisode de la saison est justement un épisode fortement politique. Orphan 55 part d'une très bonne intention. Mais aucun caractère n'est bien développé. L'intrigue est peu intéressante. Et surtout la révélation finale est d'un manque de subtilité rarement atteint par une série. Ce qui crée un fort effet repoussoir de la part de cet épisode qui, pourtant, n'a pas tort en ce qui concerne son message.

    Il faut terminer par un très bon point. Depuis quelques années, la série n'a pas réussi à surprendre. Les révélations concernant le casting ou l'univers étaient souvent connus à l'avance. La saison 12 a réussi à nous surprendre à plusieurs reprises pour mon plus grand bonheur ! Dès le premier épisode, on observe le retour inattendu d'un ennemi joué par un superbe acteur ! Mais c'est surtout Fugitive of the Judoon qui a réussi non seulement à garder le secret sur une révélation importante, mais aussi à créer un nombre important de conséquences pour l'univers de la série. Conséquences qui seront en partie expliquées, mais pas assez, lors du dernier épisode.

    Cette saison 12 et à la fois fidèle à la saison 11 et en même temps change de ton. Elle est plus spectaculaire avec quelques personnages magnifiques. Que ce soit le retour d'un Dalek à nouveau menaçant ou le cyberman le plus effrayant depuis le début de la nouvelle série. Personnellement, je suis de plus en plus conquis malgré quelques déceptions, dont Orphan 55.

    *
    **
    ***
    **** Certes, la saison est imparfaite. Mais ce fut un bonheur pour moi de la voir une fois par semaines.
    *****

    Image : Site officiel

  • Le couronnement impérial de Charlemagne (25 décembre 800) par Robert Folz

    Titre : Le couronnement impérial de Charlemagne (25 décembre 800)
    Auteur : Robert Folz
    Éditeur : Gallimard 1989
    Pages : 352

    Ce livre provient d'une ancienne collection chargée de présenter les dates fondatrices de l'histoire de France. Il est édité tout d'abord en 1964. L'édition que j'ai lue est celle révisée de 1989. Je ne suis malheureusement pas capable de vérifier l'adéquation entre cette révision et l'historiographie actuelle, ce qui n'enlève rien au texte. Celui-ci est parfois un peu daté et les références un peu anciennes mais l'auteur réussit à brosser un tableau du monde carolingien autours de l'événement du 25 décembre 800. Il fait ceci en trois livres, comme il le dit.

    Le premier livre nous résume l'histoire de la fin des mérovingiens jusqu'à Charlemagne. C'est une longue histoire. L'auteur doit expliquer comment une nouvelle dynastie a pu prendre la dignité royale aux mérovingiens. Ces derniers, pour des raisons spécifiques que d'autres livres explicitent, ne sont plus capables de forcer leur pouvoir. Ce pouvoir est tenu par les maires du palais qui seront les créateurs des carolingiens. Ce n'est qu'à l'aide du Pape que les carolingiens prennent le contrôle de la royauté, tout en se faisant élire par les grands du peuple Franc. À la suite de cela, une réforme de l'état est mise en place. Cette réforme sera particulièrement importante sous Charlemagne qui essaie de consolider son territoire, d'éviter les dangers et de communiquer ses décisions judiciaires à l'aide d'envoyés spécifiques.

    Le second livre, qui prend le plus de pages, permet d'expliquer comment Charlemagne reçoit la titulature impériale. Celle-ci n'est pas facile à faire accepter. En effet, un empereur existe déjà à Byzance, ce dernier est censé contrôler le Pape et la ville de Rome. Mais son influence est de moins en moins importante et le Pape est obligé de demander l'aide des Francs contre les Lombards ce qui crée un lien de protection. De plus, l'empereur est déposé par sa mère qui prend le titre pour elle-même. L'auteur met en avant des problèmes religieux entre l'ouest et l'est mais aussi des problèmes politiques pour le Pape Léon III. En 800, Charlemagne se rend à Rome pour consolider le pouvoir du Pape face à es opposants qui avaient tenté de le destituer et, dans la foulée, il est nommé Empereur par le Pape. Cette titulature implique un risque de guerre avec Byzance qui n'accepte pas ce nouvel empereur. De plus, Charlemagne n'apprécie d'être nommé par le Pape. Il essaie de rendre l'église débitrice et dépendante tout en nommant lui-même son fils empereur, à la fin de sa vie. Il y a donc une construction longue de l'idéologie impériale qui doit permettre aussi bien un contrôle territorial, spirituel et d'éviter trop de frictions avec Byzance.

    Enfin, le dernier livre se consacre à la fin de l'empire et à son usage par les rois de France. Le fils de Charlemagne, Louis le Pieux, essaie de consacrer l'Empire tout en le divisant entre ses fils. L'ainé serait l'Empereur et les autres contrôlent des territoires tout en lui étant soumis. Mais la naissance d'un nouveau fils, avec une seconde femme, brise cette division déjà difficilement acceptée. Les trois ainés se révoltent contre leur père et le déposent. Pour que deux des frères décident de le remettre sur le trône impérial par suite des actions de leur frère ainé. Les combats entre les frères puis entre les frères et leurs neveux brisent l'unité de l'Empire qui ne sera jamais plus complet. De plus, l'Église reprend le contrôle de la nomination des empereurs chargés de la protection de la chrétienté. En moins d'une génération, l'Empire carolingien perd de sa substance. Cependant, l'idée impérial et l'importance de Charlemagne gardent de la substance au sein du royaume de France. Les capétiens, lors de la septième génération, se marient avec une descendante de Charlemagne tandis que les chansons de Gestes créent une mythologie qui permet de justifier le pouvoir des rois de France, leur permettant de se déclarer empereur dans leur royaume et non soumis à un autre dirigeant terrestre.

    Il faudrait examiner les informations données par l'auteur. En particulier, j'aimerais savoir à quel point le livre a été actualisé en 1989 car, depuis 1964, la recherche a modifié notre connaissance de l'époque carolingienne. Certains propos de l'auteur donnent l'impression d'une manière ancienne de concevoir les mérovingiens, pour ne prendre qu'un exemple. Mais ces problèmes historiographiques ne gâchent pas la lecture d'un livre qui suit un programme précis et qui, selon moi, le réussit.

    Image : Éditeur

  • Doctor Who: At Childhood's End par Sophie Aldred

    Titre : Doctor Who : At Childhood's End
    Autrice : Sophie Aldred
    Éditeur : Penguin 6 février 2020
    Pages : 304

    Dorothy McShane est riche, très riche. Son argent lui a permis de créer une fondation de charité qu'elle utilise pour aider le monde. Mais elle s'en sert aussi pour espionner les groupes gouvernementaux chargés d'évaluer et de traiter les menaces aliens (du moins jusqu'à ce qu’UNIT fut détruit). Elle même s'occupe de quelques problèmes aliens tout en évitant d'être trop présente sur les dossiers de ces organisations militaires. Car Dorothy McShane n'est pas une simple humaine. Lors de son adolescence elle fut capturée, exilée sur une autre planète pour finalement être recueillie par le Docteur. Du moins jusqu'à ce qu'elle décide qu'elle ne pouvait plus être un pion sur son échiquier personnel. Donc lorsque des enfants disparaissent elle n'attend pas le retour du Docteur, elle agit immédiatement.

    SPOILERS

    Quelqu'un qui regarde la série sait que Doctor manipule les gens. Que ce soit pour les protéger ou les vaincre Doctor a toujours un moyen de faire en sorte que ses ennemis se battent eux-mêmes. Il a rarement besoin d'agir réellement pour que quelqu'un perde la vie. Ten était particulièrement conscient de cela à la fin de son existence lorsqu'il explique à Wilfred être capable de convaincre une personne de se suicider en usant uniquement de mots. Mais il est rare que les personnes qui suivent Doctor mettent en cause ses actions, car elles sont souvent pour le bien commun. Pourtant, c'est le cas de Dorothy McShane alias Ace. Et ses remises en causes sont exprimées par Yaz. Je crois que c'est la première fois, dans les livres, que la nouvelle équipe exprime des doutes. Je ne suis pas surpris que ce soit Yaz qui soit choisie pour en parler, elle me semble la personne la plus logique étant donné son entrainement au sein des forces de police. Ce livre est donc beaucoup plus critique envers les actions du Doctor que certains autres.

    Le livre met aussi en avant les conséquences d'un voyage avec Doctor. Outre la perte de sa capacité à décider, étant donné que le Doctor décide pour les autres, il y a aussi les risques. Dans ce roman, tous les personnages sont mis en danger à un moment ou à un autre à cause du Doctor. Tous les personnages souffrent des décisions et des demandes du Doctor. Certains personnages, Ace par exemple, sont particulièrement conscient de ceci. Ace ne pardonne toujours pas au Doctor de l'avoir manipulée ce qui a conduit à la mort, de ses mains, de plusieurs personnes. Et elle sait ne pas être en sécurité auprès du Doctor car trop de mensonges et de secrets existent. L'autrice met ceci en valeur jusqu'aux dernières pages, lorsque Dorothy McShane annonce à son amant que la Doctor a "menacé de venir le voir de temps en temps."

    Bien que ce roman ne soit pas aussi bien que je l’espérais. Il réussit son contrat. Il met en place une menace basée à la fois sur le passé de la série tout en étant ancrée dans son fonctionnement actuel. Ainsi, le protagoniste principal use de stratagèmes modernes pour éviter d'être mis en danger par la justice suivant en cela les efforts de Chibnall pour parler des problèmes que l'on pourrait qualifier de sociétaux plutôt que de mettre en avant un vilain classique.

    *
    **
    *** Intéressant, l'autrice montre son amour de l'univers Doctor Who. Mais pas transcendant
    ****
    *****

    Image : Éditeur

  • « Folâtrer avec les démons » - Sabbat et chasse aux sorciers à Vevey (1448) par Martine Ostorero

    Titre : « Folâtrer avec les démons » - Sabbat et chasse aux sorciers à Vevey (1448)
    Autrice : Martine Ostorero
    Éditeur : Cahiers Lausannois d'Histoire Médiévale 2008
    Pages : 323

    La Suisse fut l'un des berceaux de la chasse aux sorcières. Inévitablement, de nombreuses recherches ont permis de mieux comprendre cette histoire. Une partie importante de ces recherches, mémoires et thèses, sont publiées au sein des Cahiers Lausannois d'Histoire Médiévale. Ce livre est la réédition de l'une de ces recherches menées par Martine Ostorero, connue pour son expertise concernant le sujet.

    Le livre est divisé en 6 parties. La première partie permet à l'autrice de situer les différents procès qu'elle analyse. Elle nous explique non seulement comment l'inquisition est mise en place en Suisse romande mais elle explicite aussi la procédure et les membres du tribunal. Ceci nous permet de comprendre non seulement comment les personnes accusées sont entendues mais aussi de nous rendre compte du lien fort entre les différentes personnes, qui se connaissent au moins de noms.

    Les trois autres parties sont les présentations et analyses des procès proprement dit. L'autrice en fait un examen précis suivant presque au jour le jour les événements. Ces analyses se suivent de la même manière que les procès démontrant le lien entre les trois personnes, qui se mentionnent mutuellement. Ce sont deux hommes et une femme qui sont accusées. De ces trois personnes, seule la dernière va être pardonnée, à l'aide de soutiens politiques probablement, mais au prix d'une pénitence couteuse en temps et en argent.

    Les deux dernières parties permettent de resituer les trois procès dans un espace et une temporalité plus longue. En particulier, l'autrice examine les termes utilisés. Par exemple, elle explicite la signification du mot vaudois, une hérésie, utilisé pour décrire les trois personnes jugées. Cette partie tente aussi d'expliquer pour quelles raisons une chasse a lieu à cette époque. L'autrice fait l'hypothèse d'un lien avec la guerre de Fribourg qu'elle valide par un exemple ultérieur dans un contexte similaire.

    Ces différentes parties sont très intéressantes. Elles sont d'autant plus riches qu'elles sont suivies de l'édition traduite des trois procès, nous permettant de lire le texte même des questions et réponses traduites par un notaire. L'autrice nous offre aussi plusieurs textes en annexes, malheureusement en latin, ainsi que des notices biographiques des personnes impliquées et une très utile chronologie. Ces différents ajouts font de ce livre un indispensable pour une personne qui souhaite mieux comprendre un épisode particulier tout en souhaitant lire les textes traduits.

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  • The founders trilogy 2. Shorefall par Robert Jackson Bennett

    Titre : The founders trilogy 2. Shorefall
    Auteur : Robert Jackson Bennett
    Éditeur : Joe Fletcher Books 20 avril 2020
    Pages : 496

    CW : Tortures, esclavagisme

    Il y a trois ans que Sancia et ses ami-e-s ont fait tomber l'une des Grandes Maisons Marchandes en une seule nuit. Désormais, illes ont construit une nouvelle forme d'entreprise qui offre ses services aux personnes dans le besoin d'une aide technique et de connaissance, ceci en échange de travaux intellectuels. Les Grandes Maisons Marchandes n'ont pas pu réagir car elles sont aux prises avec une révolte d'esclaves dans les plantations. Les événements passés vont cependant redevenir important. Valeria, maintenant libre, annonce à Sancia l'arrivée et la résurrection imminente de Crasedes Magnus, le premier hiérophante. Ce dernier a un plan pour l'humanité et Valeria en possède un différent. La guerre est inévitable.

    SPOILERS

    Dans tous les livres de cet auteur, que j'ai lu, il y a un thème commun : le pouvoir et la volonté de l'utiliser pour soi ou pour rendre le monde meilleur. Le premier tome permettait de créer l'univers de Foundryside en présentant une civilisation utilisant des technologies magiques avancées mais basées sur l'esclavage et dont certaines personnes, faisant partie des élites, tentaient d'user d'une magie basée sur la mort d'autres êtres humains.

    Le second tome montre un contexte un peu différent. Le pouvoir des Grandes Maisons est abaissé par la perte de leurs connaissances, maintenant un peu plus partagées, et une révolte des esclaves. Mais leur pouvoir est encore très grand. Plusieurs personnages souhaitent contrôler ce pouvoir afin de modifier le monde. La plupart que l'on suit directement souhaitent l'utiliser afin d'améliorer le monde. C'est le cas de Sancia et des Dandolos mais c'est aussi le cas de Crasedes Magnus. Loin d'être un simple être maléfique, il a une histoire ancienne. Son enfance et son expérience lui ont permis de penser le pouvoir et l'humanité et d'atteindre une solution : le seul moyen de détruire la possibilité qu'une personne possède du pouvoir est d'empêcher tout le monde d'en posséder ce qui implique la fin de la possibilité de choisir.

    Face à lui nous avons deux types de personnages. La première est Valeria, un outil qui a atteint la sentience et qui souhaite empêcher Crasedes Magnus de réussir son plan. Mais ses actions ne prennent pas en compte le consentement de l'humanité ni les nombreuses morts que cela impliquerait. Nous avons aussi Sancia, Bérénice, Gregor et Orso. De ces quatre personnes deux ont connu l'esclavage, quoique pas de la même manière. Ce groupe tente de créer une révolution d'une part en redistribuant les connaissances et d'autre part en faisant tomber les Grandes Maisons une à une. À la lecture, on pourrait facilement suivre leurs avis. Mais l'auteur a eu l'intelligence de questionner leurs pratiques et leurs potentielles réussites. La redistribution permet-elle réellement la libération ? Les tactiques des quatre n'implique-t-elle pas aussi une prise de contrôle ?

    Avec ce second tome, Robert Jackson Bennett prend le parti de complexifier son univers et de refuser de donner des réponses simples. Il questionne les motivations de toutes les parties présentes et refuse d'entrer dans un simple manichéisme. Tous les personnages prennent des décisions compréhensibles si l'on prend en compte leur passé. Cependant, il me semble tout de même que l'auteur marque l'importance d'une part du choix et d'autre part du partage au lieu du contrôle. Que j'aie bien compris le propos de l'auteur, ou non, j'ai beaucoup apprécié ce second tome et je me réjouis non seulement de lire le troisième tome mais de savoir ce que l'auteur va écrire plus tard.

    *
    **
    ***
    ****
    ***** Un très bon second tome qui démarre immédiatement pour ne pratiquement pas nous laisser souffler

    Image : Éditeur

  • La crise de la masculinité. Autopsie d'un mythe tenace par Francis Dupuis-Déri

    Titre : La crise de la masculinité. Autopsie d'un mythe tenace
    Auteur : Francis Dupuis-Déri
    Éditeur : Remue-ménage 2019
    Pages : 320

    CW : mentions et citations de propos misogynes, sexistes, racistes et homophobes.

    Les hommes sont en crise. C'est une idée qui est largement mise en avant. Les changements sociaux et culturels mettraient à mal la masculinité en tant qu'être mais aussi en tant que valeurs quasiment biologiques. De nombreuses personnes en font le constat et appellent à résoudre une crise difficile qui met à mal les rôles masculins traditionnels et donc la place des hommes au sein de la société, au risque de violences. Francis Dupuis-Déri, dans ce livre, examine ces discours de crise de la masculinité en les replaçant dans une histoire et en les confrontant à des données scientifiques précises. Il commence par un premier chapitre qui examine le fonctionnement de ces discours de crise. Il explicite le but de ce type de discours : permettre d'affirmer une crise implique de recevoir de l'attention aussi bien médiatique que monétaire ce qui permet, dans un second temps, de réclamer des moyens identiques à ceux mis en place pour la défense des femmes. Il y a un aspect fondamentalement politique à ces discours.

    Les chapitres 2-4 sont des retours historiques. Dans un premier temps, l'auteur examine l'histoire "longue" des crises de la masculinité. Cela lui permet de démontrer l'existence universelle des crises subies par les hommes, dès que les femmes mettent en cause leur place. Il se concentre en particulier sur le début du XXème siècle et trois pays. Ensuite, il examine les sociétés qualifiées de matriarcales, comme le Québec et la Bretagne mais aussi les africains-américains (je reprends le terme du livre). Il démontre que malgré ce matriarcat, les femmes sont tout de même soumises à des conditions socio-économiques inférieures. Le chapitre 3 lui permet d'examiner les débuts des mouvements des hommes. Il explique que ceux-ci sont d'abord conçus comme un moyen d'alliance et d'aides envers les féministes contre la société patriarcale. Mais les discours se modifient, sous pression de certaines personnes, pour considérer que les hommes sont maintenant soumis à un matriarcat et une domination féminine importante à cause des féministes. L'usage de l'égalité est particulier ici puisque ces mouvements l’utilisent contre les féministes accusées d'avoir mis en place une domination contre les hommes. Francis Dupuis-Déri démontre que le fonctionnement des groupes d'hommes étaient particulièrement vulnérable à un tel changement, en particulier à cause de rencontre en non-mixité par des personnes qui sont dominantes. Enfin, le chapitre 4 examine la constitution des groupes des pères qui, sous couvert d'aide juridique et psychologique, sont souvent utilisés pour défendre une rhétorique antiféministe et qui peut être fortement misogyne. Certaines des personnes les plus en vue de ces groupes sont d'ailleurs accusées d'actes de violences contre les femmes, ce qui leur permet d'accuser et de menaces les juges.

    Les deux derniers chapitres tentent de replacer les discours de crise de la masculinité au sein de données scientifiques mais aussi au sein d'une autre forme de militantisme. Le chapitre 5 critique ces discours qui mettent l'accent sur les rôles genrés. Les hommes et les sociétés devraient redécouvrir l'effet bénéfique des valeurs masculines de force et de guerre. Francis Dupuis-Déri pense plutôt qu'il faudrait mettre en cause le fonctionnement capitaliste et patriarcal de la société. Selon lui, les problèmes mis en avant par les discours de crise de la masculinité dépendent de causes économiques et c'est la remise en cause du capitalisme qui permettrait de résoudre ces problèmes. Le chapitre 6, lui, se concentre plus précisément sur certaines affirmations en les confrontant à des données scientifiques. Ce chapitre permet de questionner la question des difficultés scolaires masculines, du suicide masculin, du divorce mais aussi des violences masculines. Francis Dupuis-Déri démontre que ces problèmes dépendent largement d'une définition rigide et traditionnelle de la masculinité. Remettre en cause la masculinité permettrait donc de résoudre ces questions.

    Francis Dupuis-Déri nous offre ici un livre à la fois basé sur des recherches scientifiques, de sa part et d'autres personnes dont un large éventail de femmes, mais aussi militant. Bien que son propos soit intéressant, je suis un peu plus sceptique en ce qui concerne son examen historique au chapitre 2. Je le trouve un peu trop court à mon goût et j'aurais aimé plus d'informations.

    Image : Éditeur

  • Institutions romaines. Des origines aux Sévères par Jérôme France et Frédéric Hurlet

    Titre : Institutions romaines. Des origines aux Sévères
    Auteurs : Jérôme France et Frédéric Hurlet
    Éditeur : Armand Colin 25 septembre 2019
    Pages : 320

    Bien que la période antique romaine soit souvent montrée au cinéma, que ce soit par reconstruction historique ou des influences, on connait surtout quelques personnages et quelques moments particuliers. Les guerres civiles, César, Octave et Cléopâtre mais aussi la violence de la politique sont souvent montrées. Mais le fonctionnement des institutions politiques est difficile à appréhender. Il est à la fois très familier et très particulier. On trouve des termes connus, mais on trouve aussi un fonctionnement basé aussi bien sur le respect de la loi que sur le respect des coutumes et des rituels. Le fonctionnement des institutions romaines est particulièrement compliqué à comprendre et à expliquer mais il est nécessaire de les comprendre quand on étudier la période romaine.

    Les deux auteurs de ce manuel se donne la mission de les expliquer en 8 chapitres et une introduction. Cette introduction est particulièrement intéressante puisqu'elle permet aux auteurs d'expliciter l'historiographie autours de l'analyse des institutions, ce qui implique de mentionner l'importance de Mommsen (un auteur que je ne n'ai jamais lu). On comprend mieux comment s'est constitué l'histoire des institutions politiques et les débats historiques autours de ce thème. Les deux auteurs prennent position en revendiquant l'importance d'analyser les institutions, tout en n'oubliant pas les rituels.

    La première moitié du livre se concentre sur le fonctionnement de la République, en commençant par parler de la royauté. Les auteurs nous expliquent que la connaissance de la période royale de Rome est particulièrement difficile. On doit se baser sur des récits littéraires qui ne sont pas forcément en adéquation avec la réalité historique. À mon grand plaisir, les auteurs nous donnent des informations provenant des dernières recherches. Ils montrent que la République s'est constituée sur le long terme sur fond de tensions sociales et non directement après la chute de la royauté. De plus, ils thématisent la question de la crise de la République qui mena à plusieurs guerres civiles après avoir expliqué concrètement le fonctionnement des magistratures.

    La seconde partie se concentre sur le fonctionnement du Principat. Les auteurs n'examinent pas la période du Dominat, après les Sévères. Bien entendu, ils commencent par examiner les choix politiques d'Auguste. Cet examen leur permet de mettre en lumière les phases de construction du Principat qui dépendent en grande partie des circonstances et des besoins d'Auguste. Mais les auteurs explicitent aussi le fonctionnement réel du pouvoir impérial et les domaines sur lesquels le Prince peut agir. On comprend que le Prince fonctionne dans le cadre d'institutions républicaines tout en recevant un pouvoir personnel important. J'ai particulièrement aimé le chapitre qui examine les successions. Les auteurs explicitent comment les Princes peuvent choisir les successeurs mais surtout pour quelles raisons il n'y a pas de règles précises. Le Prince reste choisi par le sénat, l'armée et le peuple avant de provenir d'une famille. Enfin, le dernier chapitre se concentre sur le fonctionnement du Principat au sein du gigantesque espace de l'empire. Ce qui permet au livre de conclure sur l'importance numérique faible de l'administration impériale, rendant son pouvoir moins important.

    Ce manuel implique d'avoir certaines connaissances sur l'histoire de Rome. En effet, les auteurs n'entrent pas dans le détail des faits ou des personnages ce qui peut créer de la confusion. Mais si vous avez une idée précise du déroulement de l'histoire romaine vous trouverez, dans ce livre, des informations passionnantes sur le fonctionnement des institutions romaines. J'ai beaucoup appris tout en n'étant pas totalement vierge de connaissances, malheureusement parfois un peu datée.

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