• Doctor Who 11

    Le Docteur est mort alors que les Cybermen tentaient de prendre le contrôle d'un vaisseau générationnel. Ayant refusé d'accepter sa régénération il retrouve sa première version lors d'un noël passé. Les deux enquêtent sur une entreprise venue du futur avant que chacun n'accepte de changer. Il en ressort une Doctor, jouée par Jodie Whitaker. Comme toutes ses incarnations, elle commence par perdre le contrôle du TARDIS et tombe au milieu d'un combat entre humain-e-s et aliens à Sheffield. Elle ne sera pas seule longtemps et pourra rapidement compter sur l'aide d'un petit groupe local prêt à la suivre dans ses aventures.

    SPOILERS

    Cette saison est différente car elle marque une étape importante dans la série. Tout comme la saison 5, elle est un point d'entrée parfait. La musique, le showrunner (Chibnall), le cast, ... tout change pour ce nouveau début. Celui-ci a rapidement fait les titres car il implique la première femme à jouer la Doctor de l'histoire de la série. Mais le nouveau showrunner décide aussi de lui offrir un groupe d'ami-e-s dont 2 membres sont des personnes racisées. On peut difficilement faire mieux pour un nouveau début. Les acteurs et actrices sont magnifiques et leurs relations est magnifiquement mis en scène. Malheureusement, Yaz reste un peu à l'écart puisque cette saison se concentre sur le lien entre Graham, personnage favoris de tout le monde et amateur de sandwich, et Ryan, son petit-fils.

    Vu qu'elle est la personnage principale de la série, cette nouvelle Doctor fut très observée. Chacune des incarnations est particulière, bien qu'un côté sombre soit commun. Cette nouvelle Doctor est beaucoup plus pacifique et inactive que les autres incarnations. Elle refuse tout acte de violence, de mort et n'hésite pas à laisser ses ennemis s'enfuir. Le refus de la violence est une caractéristique importante du personnage, mais jamais elle ne fut si extrême depuis le début de la nouvelle série. Plus encore, la Doctor peut refuser d'agir et laisser les événements suivre les cours. Je pense qu'il faut voir ici les idées du nouveau showrunner qui préfère éviter une Doctor trop importante pour revenir à une simple voyageuse. Plusieurs scènes de cette saison auraient été écrites très différemment par Moffat, pour le pire selon moi. En effet, ce refus d'agir implique un grand respect des personnes et événements. Que ce soit sois Matt Smith ou Peter Capaldi, le Docteur aurait immédiatement aidé Ryan à vaincre sa dyspraxie. Cette Doctor le respecte assez pour ne pas lui imposer son aide alors qu'il n'a rien demandé. Ce choix permet aussi de rendre certains épisodes bien plus intenses émotionnellement, la Doctor devant accepter sa place dans la société et ce que cela implique comme l'a montré l'épisode sur Rosa Parks

    Il faut parler des épisodes. Si l'on commence par les points négatifs il faut mentionner le manque d'épique, de discours flamboyant. Aussi bien sous RTD que sous Moffat, le Docteur était devenu un être de légende capable de vaincre des armées par la seule force d'un discours. Ces épisodes sont beaucoup plus calmes et il est rare que je m'en souvienne longtemps. Souvent, les ennemis ne sont pas des êtres précis mais des abstractions qui implique de penser le fonctionnement de la société en termes de racisme, de sexisme mais aussi de système économique. Cependant, il faut prendre en compte les bonnes idées. Chibnall revient à l'idée de créer une succession d'épisodes SF et historiques avec un peu d'éducation. On mentionne des technologies, des faits historiques mais aussi des personnages. Personnellement, j'ai beaucoup apprécié les épisodes historiques. Deux d'entre-eux auraient pu être ratés, mais la production semble avoir évité les dangers de parler de Rosa Parks et de la partition des Indes dans Doctor Who. Je ne sais pas dans quelle direction ira la série à présent, mais malgré ses défauts en termes de scénarios, un peu simplistes, et de caractérisations, surtout pour les ennemis, j'apprécie de nouveau départ qui prend le pari de faire pratiquement l'inverse de ce qu'ont mis en place RTD et Moffat.

    *
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    **** Une saison parfaite ? Loin de là. Mais Chibnall, la production et le cast ont le courage de nous envoyer dans une direction différente de ce dont on avait l'habitude, avec réussite selon moi, et cela doit être salué
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    Image : BBC

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  • The Expanse 1 L'éveil du leviathan par James S.A. Corey

    Titre : The Expanse 1 L'éveil du Léviathan
    Auteur : James S.A. Corey
    Éditeur : Actes Sud 2014
    Pages : 640

    À une époque future indéterminée l'humanité a découvert un nouveau mode de propulsion permettant de créer une accélération importante. Cette découverte a permis la colonisation de la Lune et de Mars mais aussi de la ceinture d'astéroïde. Le système solaire reste divisé. La Terre semble unie sous l'égide des Nations Unies. Elle possède une alliance difficile avec Mars dont l'arsenal militaire est récent. Les deux planètes contrôlent la ceinture à l'aide de taxes et des ressources nécessaires pour survivre. Mais celle-ci est aidée par une organisation paramilitaire qui milite pour la liberté des personnes qui vivent dans la Ceinture. En effet, non seulement ces personnes sont taxées mais elles travaillent pour des entreprises privées qui envoient des milices s'occuper de la police. Dans cet équilibre instable un transporteur d'eau civil est détruit par un vaisseau que personne ne semble capable d'identifier.

    SPOILERS

    Comme beaucoup de personnes, je pense, j'ai découvert cet univers à l'aide de la très bonne série de Netflix. Voulant en savoir plus, et avancer plus vite que la série, j'ai souhaité lire le premier tome. Celui-ci se déroule après la première saison de la série, à moins que je ne me trompe. Contrairement à la série, nous ne suivons que deux personnes : Miller un inspecteur de police sur Cérès et Holden second puis capitaine d'un vaisseau civil. Les deux personnages se trouvent impliquées dans des événements qui conduisent à la prise de contrôle de l'avenir de l'humanité. Malheureusement, aucun de ces deux personnages ne m'ont convaincu. Miller est une caricature de vieux policier usé qui s'implique trop dans une dernière affaire tandis qu'Holden est la caricature du type sympa à la morale qui ne souffre aucune exception. Si l'on ajoute des vies privées consternantes de bons sentiments et de sexualités on arrive à la limite de ce que je peux accepter sans soupire d'exaspération.

    Malheureusement, l'intrigue en souffre. La série a pris le bon choix d'utiliser un certain nombre de points de vue qui permettent d'une part d'observer ce qui arrive et de garder un certain mystère, en particulier en ce qui concerne Mars. Les points de vue abordés dans le roman sont trop éloignés pour donner le même intérêt. En effet, le roman essaie de nous dépeindre une situation politique et économique tendue. On nous explique les forces en présences mais aussi leurs équilibres puis on ajoute un événement qui crée une cascade catastrophique et incontrôlée. Mais les deux personnages points de vue sont trop éloignés pour pouvoir donner une impression plus forte de l'effet des événements du roman. Ils se contentent de réagir face à des informations parfois anciennes. Je n'ai donc pas autant réussi à entrer dans l'intrigue malgré une construction intéressante de cet univers. Finalement, je doute fortement continuer à lire cette série de romans.

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    *** Un roman que je ne peux pas qualifier de mauvais mais qui ne réussit pas à me convaincre
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    Image : Éditeur

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