The divine cities 1. City of stairs par Robert Jackson Bennett

Titre : The divine cities 1. City of stairs
Auteur : Robert Jackson Bennett
Éditeur : Penguin 9 septembre 2014
Pages : 464

Depuis des siècles, le Continent contrôle le monde. Car le Continent n'est pas qu'un simple lieu géographique avec des humain-e-s. C'est le seul endroit du monde à être protégé par des divinités. Celles-ci offrent aux humain-e-s qui les suivent de nombreux miracles, faisant du Continent la plus grande puissance de l'histoire. Mais, il y a près d'un siècle, l'une des colonies, Saypur, s'est soulevée. Avec l'aide d'une nouvelle technologie les armées de paysans de Saypur ont été capable de détruire les divinités, détruisant par la même occasion les cités et la puissance du Continent. Depuis, Saypur est la plus grande puissance du monde. Mais au sein de la cité de Bulikov un complot est en cours, un complot dont le seul indice de l'existence est le meurtre d'un historien.

SPOILERS

Robert Jackson Bennett est un auteur que je commence à apprécier de plus en plus. Il fait partie du mouvement qui s'éloigne de la fantasy classique pour entrer dans une fantasy en plein âge industriel. Dans ce livre, les différentes puissances connaissent la poudre, l'électricité et le télégraphe. Saypur est aussi une puissance colonisatrice. Le but du gouvernement de Saypur n'est pas de faire du Continent une puissance égale mais d'utiliser les ressources tout en imposant des lois et une force militaire. Bien entendu, cela implique la mise en place de mouvements opposés, qui pourraient créer une forme de nationalisme. D'une part un mouvement de restauration basé sur le souvenir d'un âge d'or du continent et d'autre part un mouvement de modernisation. Il est dommage que l'auteur ne s'implique pas plus dans ce thème, mais il reste présent.

Une grande partie du livre repose sur ces deux mouvements en utilisant l'histoire. La personnage principale, Shara, est historienne. Elle connait parfaitement l'histoire et les légendes du monde. Légendes et histoires que les continentaux n'ont pas le droit d'apprendre. Ce sont ces connaissances qui permettent de faire avancer l'intrigue, l'enquête et de comprendre les buts des différents mouvements. À plusieurs reprises, la passion de Shara pour l'histoire est montrée. Un passage, en particulier, l'illustre parfaitement : lorsque Shara découvre un temple que tout le monde pensait perdu et détruit et qu'elle commence à tester les théories des historien-ne-s en déchiffrant les décorations. Personnellement, je ne crois pas avoir de livres de SFF qui explore à tel point la passion de l'histoire et en fait une base importante des événements.

Un autre thème que j'ai apprécié dans ce roman est celui de la nature du divin. Selon l'auteur, le divin a comme capacité de modifier le monde naturel. La disparition du divin a donc des effets catastrophiques sur le monde qui doit revenir à un fonctionnement qui suit les lois de la physique. Cela a des effets aussi sur le peuple du Continent qui, auparavant, n'avait pas besoin de science ni de médecins. Comme l'écrivait Pratchett, il existe une relation mutuelle entre le divin et les humain-e-s. Les divinités dépendant des humain-e-s pour exister et avoir une histoire tandis que les humain-e-s dépendent du divin pour leur vie et recevoir des règles. C'est en utilisant cette relation que le talent de l'auteur pour construire un univers est le mieux utilisé. En effet, Bennett va aller jusqu'au bout des conséquences que ce type de relation va avoir ce qui lui permet de démontrer les effets sur les divinités mais aussi sur les humain-e-s !

En bref, Robert Jackson Bennett ne me déçoit pas dans la première trilogie qu'il a écrite. Tout comme j'attends avec impatience la suite de Fondryside, premier tome d'une nouvelle trilogie, je vais me lancer avec un probable bonheur dans les tomes 2 et 3 de la trilogie Divine cities.

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**** L'auteur aurait pu mieux thématiser l'aspect colonial de l'une des nations. Mais il montre un grand talent dans la construction de son univers. Les deux suites sont déjà dans ma PAL.

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Image : Éditeur

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