La Suisse et les réfugiés à l’époque du national-socialisme par Commission Indépendante d’Experts Suisse – Seconde Guerre Mondiale

Titre : La Suisse et les réfugiés à l’époque du national-socialisme
Auteur-e-s : Commission Indépendante d’Experts Suisse – Seconde Guerre Mondiale
Éditeur : Commission Indépendante d’Experts Suisse – Seconde Guerre Mondiale 1999
Pages : 359

TW : mention de propos antisémites, actes de violences policières et militaires

Depuis que j'ai compris qu'une partie des rapports de la CIE Seconde Guerre Mondiale sont disponibles en PDF et en français j'ai décidé de les lire afin de mieux comprendre le travail de la CIE et le fonctionnement de la Suisse durant cette période. Après ce tome, il me restera le rapport final de 569 pages à lire. Ces rapports et le travail de la CIE sont souvent discutés mais ne sont pas forcément lu. Ils dépendent aussi d'un contexte précis de l'historiographie et si certains travaux remettent en question certains chiffres cela n'implique pas une remise en question des méthodes ou des conclusions générales. Ce rapport est construit en 5 chapitres.

Le premier chapitre concerne les fondements historiques de la politique Suisse concernant les réfugiés. Le livre commence sur les efforts de la SDN pour créer une définition du statut de réfugié à la suite des événements russes. Le rapport mentionne aussi les différentes œuvres d'entraide existantes. Mais une grande partie du texte concerne les fondements idéologiques de la méfiance helvétique face aux personnes réfugiées. Bien que l’entraide soit un fondement de la politique Suisse la période de l'entre-deux-guerres implique une méfiance face aux dangers des réfugiés comme personne provenant de l'étranger. Ces dangers sont leur nombre mais aussi les problèmes économiques et surtout les dangers pour la sécurité nationale. Ce fondement idéologique permet de justifier les décisions prises durant la guerre.

Le chapitre qui suit se concentre sur deux aspects particuliers : le tampon J et la fermeture des frontières. Le premier acte est longuement décrit. Bien qu'une partie du monde politique ne soit pas en faveurs d'un acte qui s'attaque à une population précise une autre partie veut éviter de toucher tous les allemands par une obligation du visa pour entrer en Suisse. Le tampon J permet donc d'éviter l'entrée de réfugiés tout en gardant les frontières ouvertes pour les allemands qui ne sont pas soumis aux lois racistes de l'Allemagne. La fermeture des frontières a lieu en 1942. Elle se déroule alors que le gouvernement helvétique reçoit des informations concordantes sur les crimes nazis contre les juifs. Pourtant, le gouvernement décide la fermeture des frontières par peur d'un afflux massif de personnes en danger de mort.

Le chapitre 4 se concentre sur les différentes manières d'entrer en Suisse. Les auteur-e-s du rapport expliquent les dangers des voyages. Des passeurs peuvent aussi bien prendre en charge jusque dans l'intérieur de la Suisse les personnes qui fuient. D'autres les abandonnent ou préviennent les patrouilles. De plus, il faut prendre en compte les décisions des gardes-frontières qui peuvent aussi bien fermer les yeux qui refouler en direction des patrouilles allemandes, créant un danger supplémentaire pour la vie des réfugié-e-s. Lors de l'entrée en Suisse, un régime d'internement militaire est mis en place avec une discipline stricte et un contrôle important de la vie des réfugié-e-s qui ne peuvent ni sortir, ni communiquer ni travailler. Dans un second temps, illes sont envoyé-e-s dans des camps civils mais dont les directeurs peuvent aussi être très stricts, selon les choix du gouvernement. Il est difficile d'en sortir et des familles ont pu être séparées. Ce n'est que vers la fin de la guerre que le gouvernement décide d'assouplissements.

Une partie importante du rapport se concentre sur les relations financières. Celles-ci suivent les lois raciales allemandes puisque les réfugié-e-s n'ont pas le droit d'accès à leurs avoirs en Allemagne. Lors de l'entrée en Suisse, les biens et avoirs sont confisqués et gérer par une banque afin de contribuer aux coûts de l'internement, alors que le travail est interdit. L'accès à leurs propres biens est très difficile et même la fin de la guerre ne permettra pas un accès facilité. Il faudra des années pour que l'argent confisqué retrouve ses propriétaires, quand ce fut le cas.

Enfin, une dernière partie parle du lien entre le gouvernement et les associations internationales d'entraides. Le CICR est particulièrement mis en avant dans ce chapitre. Certains des membres du bureau sont aussi liés au gouvernement ce qui permet une défense des intérêts et des choix helvétiques au sein des milieux de l'entraide. Cependant, certaines décisions ne sont pas du goût des autorités. En particulier, le rapport mentionne une communication potentielle qui devait condamner les politiques criminelles nazies mais qui ne fut pas publié sur pression des autorités helvétiques. Ces organisations permettent aussi de garantir une vision bénéfique envers le pays après la guerre, alors que les Alliés commencent à gagner la guerre.

Bien entendu, cette présentation ne fait qu'effleurer la richesse du rapport. Il faut mentionner les annexes qui regroupent une chronologie, des biographies ainsi que des résumés d'autres travaux. Ce qui ressort de ce rapport, tel que montré en introduction et en conclusion, est la crainte des autorités de la Suisse face au nombre de réfugiés. Cette crainte provient de l'expérience de la première guerre mondiale et de l'entre-deux-guerres. Elle permet de justifier un alignement sur les lois racistes allemandes. Ces choix ont mis en danger de nombreuses personnes. De plus, elles sont illégales comme l'a dit un arrêt du tribunal fédéral. Il faut aussi prendre en compte le racisme et l'antisémitisme des milieux politiques et de l'armée. Par exemple, un officier genevois fut connu pour ses actes administratifs illégaux et sa brutalité. Tandis que les membres de l'administration qui aident les réfugié-e-s sont sanctionnés et tardivement reconnu à leur juste valeur. Il ressort de ces pages un cynisme important des autorités fédérales qui s'observe par les tracasseries administratives et le refus de l'entrée des réfugié-e-s alors que les autorités avaient connaissances des crimes nazis.

Éditeur

Commentaires

  • Un grand manque, à lire votre résumé, d'un sujet par ailleurs fort intéressant: la Suisse n'a pas de terme correspondant à l'étiquette des "justes", utilisée à posteriori par la France, à l'historique ici encore chargé de culpabilités, de ses collabos dès leur soumission Vichyssoise gouvernementale dès 1940.

    A vous lire, on n'y retrouvera aucune mention de l'aide de tels "justes" citoyens CH, apportée en zones Françaises frontalières, pourtant importante, telles sur les hauts de Bellegarde, où ma mère, Carougeoise autant que Veveysanne, avait rejoint ses cousins d'Annecy dans leurs soutiens aux maquisards

    Ce rapport semble ne pas parler de ce volet: le soutien par propriétaires agricoles Suisses, aux Français de nos zones frontalières, en majorité de pauvres paysans

    tels ces terrains en zone frontalière, mis à disposition gratuite à des paysans Français pour leur permettre de mieux s'en tirer pendant la guerre, appartenant à l'un de mes cousins Genevois, que l'un de ces fils de paysans Français aidés, entre-temps nommé Maire de sa petite commune, continua d'utiliser gratos et sans droits, jusqu'à prescription - mes cousins, trop gentils et trop naïfs, s étant refusé la voie juridique pour régulariser la situation - histoire de s'approprier tous droits sur ces terrains "prêtés de bonne foi" en solidarité à ces "pauvres" paysans Français frontaliers souffrant durant la 2 guerre mondiale.

    Merci de me permettre ce pas de côté, que je vous soumets à titre d'hommage à ces citoyens Suisses - ici agriculteurs ou cultivateurs-propriétaires sur les 2 pays qui, tels ma mère (je n'entre pas dans le détail de ses actes) ou mes cousins, généreux en solidarité transfrontalière, ont par ailleurs été très actifs, et mériteraient à posteriori, l'équivalent d'une reconnaissance au titre de "justes" .

  • Bonjour,
    je vous remercie de votre lecture.

    Tout d'abord la Confédération ne peut pas décerner le titre de Juste. Seul l'état d'Israël le peut et les conditions sont drastiques (a raison). Par contre le rapport mentionne les différences entre ce qui est décidé au gouvernement et les actions du terrain qui peuvent être positives ou négatives. Par exemple, certaines personnes ont organisé des filières de migration afin d'éviter un refoulement, au grand déplaisir de l'armée et du département de justice et police.

    Il ne faut pas non plus oublier que le mandat de la CIE était très précis. Selon l'arrêté fédéral du 13 décembre 1996 dans son article premier les recherches doivent se concentrer sur les questions des valeurs patrimoniales. Vous pouvez trouver ce texte sur le site de la CIE. https://www.uek.ch/fr/index.htm
    Il est donc normal que la CIE ne parle que peu des actes de résistances aux décisions fédérales.

  • "Il ressort de ces pages un cynisme important des autorités fédérales qui s'observe par les tracasseries administratives et le refus de l'entrée des réfugié-e-s alors que les autorités avaient connaissances des crimes nazis."

    "Cynisme", ... synonyme ... d'absence de morale ... ou ... d'athéisme ?


    Je vous le demande parce que j'ai remarqué dans votre "A propos" les quelques lignes suivantes ...

    "En effet, je considère qu'accepter une forme aussi poussée de surveillance que celle que l'on connaît actuellement ne peut que se faire au détriment d'une partie de la liberté individuelle."


    Cette ... "liberté individuelle" ... protégée, défendue, reconquise lorsqu'elle est volée ... par quelle autorité au juste ?

    Une Autorité ... divine ?

    L'Autorité Divine ?

    Votre Dieu ?

  • Je ne comprends pas votre remarque qui ne semble pas avoir de liens avec ma présentation. Je suis navré.

  • Hassan, vous êtes de ces migrants ayant bénéficié de la natu CH, qui vient ici affirmer prétendre le contraire, en ignorance, en dépit et en flagrant mépris de ce que nous savons, en contradiction de réalités ce que vous voudriez créer en soutien à vos options politiques,

    car moi, mon fils, ma famille, et mes concitoyens, sommes la mémoire de nos anciens qui ont fait ce qui vous a tant attiré, pour vous décider à vous installer à Genève, en Suisse.

    Votre posture est pour le moins, disons, partisane.
    Le probleme avec l'idée communiquée par votre note, est que comme vous, nombre de migrants étrangers résidant sans droits à Genève, vivant des subsides, en HBM, rentiers AI sans handicap, s'imaginent que nous devons tout leur payer.

  • Ce qui est incompréhensible, dans vos arguments en support à votre note, est votre référence à ce "CIE", truc totalement inconnu, détenteur selon vous d'un mandat que vous placez fin nonante,
    que nous ignorons -alors qu'on vote pour accepter ou rejeter la délégation de tels "pouvoirs" .

    Au fait, Vous aviez quel âge fin nonante, si vous étiez chez nous?

  • La Commission Indépendante d'Experts seconde guerre mondiale a publié 25 rapports en plus du rapport final, sans compter les autres productions. Elle fut constituée de 10 historien-ne-s et de nombreuses personnes ont collaboré à la recherche. Elle fut instituée le 12 décembre 1996 par un arrêté fédéral avec un budget de 5 millions, le rapport final a été présenté en 2002, année de la dissolution de la CIE.
    Toutes les informations, ainsi que les textes légaux, sont dans le lien que je vous ai fournis et que j'ai placé en fin de note. Le revoici en cas de besoin: https://www.uek.ch/fr/

  • @Divergente,
    Que M. Hassan soit naturalisé selon vos dires, moi je ne sais pas. Une fois quelqu un a été naturalisé, si c est vrai, il a obtenu la nationalité suisse légalement et ça serait arrogant et illégal voire condamnable selon la loi de re-brasser qu il a été un étranger ou qu il est double national. Le savez-vous Mme Divergente, navré cette fois-ci de vous dire que votre approche est contre productive et illégal et c est à la rigueur si on vous aime bien, il est utile de vous le signaler...

    Bien à Vous M. Hassan.
    Charles 05

  • "Je ne comprends pas votre remarque qui ne semble pas avoir de liens avec ma présentation. Je suis navré."

    Le lien que j'ai souhaité donner à ma remarque est celui rattaché au sens que vous donnez au mot "cynisme", dans l'expression "cynisme important", dans la phrase "Il ressort de ces pages un cynisme important des autorités fédérales", dans la conclusion de votre billet intitulé "La Suisse et les réfugiés à l’époque du national-socialisme", sens qui reste très vague, puisque le sens premier que je donne au mot "cynisme" est ... l'absence de quelque chose. Vous conviendrez que le mot "absence" lui-même est plutôt synonyme de ... "vide", ... ou de "manque".

    (Vous remarquerez que j'ai volontairement omis le "par Commission Indépendante d’Experts Suisse – Seconde Guerre Mondiale", son apport dans la compréhension de votre appréciation du "cynisme important des autorités fédérales" étant insignifiante.)

    Donc, ... ce "cynisme important des autorités fédérales" qui ressort de ce rapport et qui semble vous avoir impressioné pour mériter un billet de votre part, ... à quoi l'attribuez vous ?

    N'avez vous pas une idée de ce qu'est le cynisme et qu'est-ce qui le suscite ? Sinon à quoi cela vous sert-il de le relever, de surcroît lorsque vous le faites figurer comme sujet premier de votre conclusion ?

    Ou peut-être est-ce que vous voyez dans ce "cynisme important" une valeur ? Chiffrable ? Un prix peut-être ?

  • On observe ce cynisme lors de plusieurs décisions:
    - Appliquer des lois uniquement défavorables envers les réfugié-e-s de religion juive car personne ne va les défendre
    - Fermer les frontières tout en ayant connaissance des dangers
    - Faire payer les réfugié-e-s tout en leur interdisant travail et accès à leur argent
    - Commencer à baisser les normes seulement pour éviter une publicité négative après la guerre
    - etc

  • Vous utilisez l'expression "National Socialisme" chère aux Nazis ... dommage ...

    Ceci dit, vous écrivez sur un rapport qui donnait des indications seulement 21 ans après la fin de la 2ème guerre, ce qui est très peu , voire peu fournies, lorsque l'on sait que les livres que l'on trouve actuellement (sur le sujet européen et mondial) ont fait l'objet de plusieurs années d'études, de recherches à plusieurs mains, dont certains ouvrages ont été publiés après dix ans de travail, relus plusieurs fois.

    Le même rapport - que vous citez - qui sortirait actuellement serait très différent et principalement plus "fouillé" pour une raison simple : les archives privées mises à disposition pourraient être un plus dans la documentation.

  • Bonjour et merci de votre lecture.
    Je n'ai fait qu'utiliser le titre du livre, ce qui facilite sa recherche en cas d'intérêt. Par contre, le rapport ne date pas de 21 ans après la guerre. Il date de 1999 soit 54 ans après la guerre.

  • "On observe ce cynisme lors de plusieurs décisions:
    Appliquer des lois uniquement défavorables envers les réfugié-e-s de religion juive car personne ne va les défendre"

    A quelles lois suisses faites vous référence, s'appliquant défavorablement à des suisses de religion juive en 1938-1942 ?

  • Bonjour,

    les lois est instructions débutent dès 1933, le rapport possède une chronologie détaillée dès la page 289 mais voici les principaux textes:

    loi fédérale sur le séjour et l’établissement der étrangers (26.3.1931)

    Accord germano-suisse sur la signalisation des passeports des Juifs par les autorités allemandes (Protocole de Berlin).

    17 octobre 1939 Le Conseil fédéral décrète qu’à l’exception des déserteurs et des réfugiés politiques, les étrangers arrivés illégalement en Suisse doivent être refoulés dans leur pays d’origine; l’Arrêté du Conseil fédéral crée les bases légales pour l’internement et la taxation fiscale des émigrants et des réfugiés.

    L’arrêté du Conseil fédéral sur la contribution des réfugiés étrangers aux oeuvres d’entraide pour les émigrants oblige les réfugiés fortunés à contribuer à un «impôt de solidarité».

    Le Conseil fédéral décide que, dans l’intérêt de la nation, la citoyenneté suisse des binationaux peut être retirée et que toutes les Suissesses qui ont épousé un étranger perdent sans exception la nationalité suisse.

    13 aout 1942 Une circulaire du DFJP ordonne le renvoi de tous les réfugiés civils à la frontière. Les réfugiés qui ne le sont que pour des questions raciales, par exemple les Juifs, ne sont pas considérés comme des réfugiés politiques.

    L’arrêté du Conseil fédéral sur l’hébergement des réfugiés centralise les
    compétences dans les mains de la Confédération. Il ordonne l’internement de tous les réfugiés admis depuis le 1.8.1942 et fait administrer leurs avoirs par le DFJP.

    Une instruction du DFJP concernant la frontière sud, prescrit le refoulement sur l’Italie de tous les réfugiés arrivés illégalement.

  • Bonjour,

    "les lois est instructions débutent dès 1933, le rapport possède une chronologie détaillée dès la page 289 mais voici les principaux textes:
    loi fédérale sur le séjour et l’établissement der étrangers (26.3.1931)
    Accord germano-suisse sur la signalisation des passeports des Juifs par les autorités allemandes (Protocole de Berlin)."

    Vous semblez confondre la loi de 1931 avec l'accord germano-suisse de 1938.
    Celui-ci donc ... https://dodis.ch/15384

    Cet accord a été établi sur la demande de la Suisse après que l'Allemagne ait annexé l'Autriche et remplacé les passeports autrichiens par des passeports allemands.

    Pourquoi cet accord défavoriserait-il, cyniquement selon vous, les détenteurs de passeport suisse de religion juive ?

  • Bonjour,
    j'ai fait une liste vous observez que 1931 implique la loi fédérale sur le séjour des étrangers par l'accord de Berlin.
    Je n'ai jamais parlé des juifs détenteurs de passeport suisse, je me demande d'ailleurs pour quelles raisons vous vous concentrez sur une seule loi alors que je vous ai gracieusement fourni une liste que vous auriez pu lire vous-même dans le rapport. Comme vous le savez certainement, il est nécessaire de prendre en compte le fonctionnement des décisions politiques et légales via plusieurs textes. Et ce fonctionnement permet de mettre en avant un manque flagrant d'empathie et un cynisme évident en ce qui concerne les possibilités d'être attaqués par d'autres pays pour cela. Pire, cela implique d'accepter et de faire entrer les lois racistes allemandes au sein de la confédération. Je vous renvoie au chapitre 3.1 aux pages 73-85 pour la question du tampon J. Encore une fois, le rapport est disponible en ligne si vous souhaitez le lire.

  • J'ai bien trouvé effectivement le document mentionné:

    https://www.uek.ch/fr/schlussbericht/synthese/uekf.pdf

    Et aussi un chapître 3.1 mais à partir de la page 95, à la page 106:
    3Les réfugiés et la politique d’asile à leur égard
    3.1Chronologie

    S'agit-il bien de celui-là ?


    "Et ce fonctionnement permet de mettre en avant un manque flagrant d'empathie et un cynisme évident en ce qui concerne les possibilités d'être attaqués par d'autres pays pour cela."

    En 1942 ? La Suisse attaquée par quel autre pays pour avoir fait preuve de cynisme ? Et attaquée comment si ce n'est pas tout simplement militairement ? La Suisse est entourée de l'Allemagne, de l'Autriche et de l'Italie, pays de l'Axe, et de la France sous le régime de Vichy !

  • Les attaques concernent les possibilités pour les personnes juives d'être défendues par un pays étranger. Or, l'Allemagne, l'Italie et la France ne souhaitent pas les protéger. Ce qui permet d'agir sans risquer de rétorsions internationales.

  • Vous avez trouvé le rapport final, que je n'ai pas encore lu, le rapport que je présente ici est celui-ci https://www.uek.ch/fr/publikationen1997-2000/fberf.pdf

  • Hassan, Vous n'avez répondu qu'en citant quelques textes théoriques, aux questions répétées de Chuck Jones.
    A votre sujet et à ces questions, j'avais voulu soumettre quelques exemples tirés de la vie de l'époque.
    En effet, vous affirmez sur base de textes, ceci, sans l'avoir vécu
    "On observe ce cynisme lors de plusieurs décisions:
    - Appliquer des lois uniquement défavorables envers les réfugié-e-s de religion juive car personne ne va les défendre (FAUX)
    - Fermer les frontières tout en ayant connaissance des dangers (FAUX)
    - Faire payer les réfugié-e-s tout en leur interdisant travail et accès à leur argent. (FAUX)".

    Ce sont les exerpts que vous tirez de quelques textes, sans préciser vos sources.
    Ex. "Faire payer les réfugiés". Je ne dis pas que les réfugiés ne devaient rien payer, s'ils avaient des moyens. Mais c'était la même obligation, pour tous,
    Ce que vous tentez de prouver démontre que vous ne connaissez rien de l'époque dont les textes que vous utilisez, sont extraits, Sans parler de l'asile politique, statut précis soumis à conditions strictes (le grand-père des frères musulmans en a profité) à part, tous frais engagés pour le citoyen en incapacités devait être remboursé par sa famille, caution et dettes. Cette obligation a sauté dans les années 1980.
    En clair: aucun CH n'avait ces droits sociaux "all inclusive" accordés aux réfugiés tels que vous les connaissez aujourd'hui, où vous ne parlez que de discriminations des lois CH envers les migrants de religion juive.
    C'est pourquoi je me suis vue obligée, en mémoire de nos anciens, de vous interpeller sur le terrain de l'histoire "vécue" vs votre théorie basée en interprétations d’extraits de textes. Ces témoignages de gens qui ont vécu cette époque ne sont pas en concordance à votre posture rhétorique datée 2020.
    Un pas de plus dans la voie de votre note qui est - disons quelque peu tissée dans cette rame "en révision de l'histoire",
    et nous serions à nouveau confrontés, comme en 2017, à une demande massive de rejets de la croix blanche sur le drapeau carré Suisse, à interdire sur tous nos produits, voire bientôt de tous nos documents officiels,
    histoire de complaire à clients de &/en pays "à fort potentiel de croissance" qui ne "sont pas habitués" à notre culture et ne l'acceptent que dans un sens - celui qui leur rapporte.
    Merci à Chuck Jones.
    Un bloggeur-amateur des fictions type Dr Who tel que vous, est doté de quelques muscles neuronaux - Je vous remercie d'éditer mon "contre-poids".

  • Bonjour,
    l'analyse de sources n'est pas de la théorie. D'ailleurs, les auteur-e-s se basent aussi sur des documents de type mémoires. Ce rapport est avant tout, comme je vous l'ai déjà dit, une analyse de la politique du gouvernement helvétique et de la manière dont les normes fédérales sont suivies par les fonctionnaires et l'armée.
    Vous souhaitez y trouver des informations d'histoire orale. Or, ce n'est ni dans le mandat ni dans la méthodologie de la CIE. Vous ne pouvez tout simplement pas demander à la CIE des réponses à des questions qu'on ne lui a pas posées. L'histoire orale n'est de toute manière pas en dehors des besoins de méthodologie et de problèmes d’interprétation. En particulier, la mémoire n'est pas fiable. Comme vous pouvez le voir sous ce billet https://devhist.hypotheses.org/1345

    Ma source est donc le texte même du rapport, vous pouvez le lire il est disponible sur internet à l'adresse que je vous ai donnée.

    Je termine sur vos négations:
    Première affirmation, je vous invite à lire le rapport.
    Seconde affirmation, les frontières sont fermées en août 1942
    Troisième affirmation, en 1933 les réfugié-e-s ont l'interdiction d'avoir un travail lucratif. En 1943 les avoirs sont confisqués et les réfugié-e-s fortuné-e-s doivent payer une taxe de contribution.
    Enfin, le statut de réfugié politique ne date que de 1951.

  • Hassan, Je vous ai parlé de témoignages de citoyens CH qui ont aidé les réfugiés juifs en passant par delà nos zones transfrontalières. Vous vous entêtez sur bases de textes, à l'encontre de vécu, qui ne sont pas de votre héritage

    Ce que je veux vous indiquer, car vous ne semblez pas l'avoir vécu ni le connaître, c'est que, et surtout à Genève avec sa centaine de passages-frontière, il y a les lois, les textes, plus ou moins appliqués, et la réalité.
    Il y les textes des années 30, et il y a nombre de Suisses qui se sont investi en faveur des "réfugiés" (ma mère parlait de réfugiés sur les routes, et non de juifs. Elle les a aidés etc, et c'était 1 groupe, pas le seul),

    A l'instar de ce confinement du à la pandémie du Covid-19, avec fermetures des frontières de pays au sein de l'UE, ou entre pays non-membres de l'Union Européenne, UE qui n'a signé aucun accord de libre circulation des Turcs en Union Européenne.

    Ce qui interdit par exemple toute rencontre, à des couples binationaux divorcés avec garde d'enfants partagée entre Suisse et France, sous peine d'amende (100Chf/personne).

    Confinement qui nous a interdit, à moi comme à d'autres, de rendre visite à nos anciens en EMS, qui en dépérissent.

    A l'envers.
    Interdictions qui n'ont jamais empêché ce couple de Turcs rentiers à l'AI et aux CP, incapables de parler Français, locataires d'un HBM à Meyrin, de franchir 1x hebdo les frontières CH-Fr de Genève, de mars à ce jour, pour jardiner sur un terrain acquis sous prête-nom dans le 74 Français, non déclaré sur leurs revenus - ce que je sais pour avoir aidé juridiquement leurs victimes escroquées.

  • "Les attaques concernent les possibilités pour les personnes juives d'être défendues par un pays étranger. Or, l'Allemagne, l'Italie et la France ne souhaitent pas les protéger. Ce qui permet d'agir sans risquer de rétorsions internationales."


    Je retiens ... "agir sans retorsion internationale".

    N'est-ce pas la prérogative d'un état souverain ?

    Suggérez-vous que la Suisse n'était plus un état souverain en 1942 ?

    Mais alors un vassal de quel état ?

    Voyez-vous, la souveraineté, c'est ce qui fait, en 1942, la différence entre la Suisse et l'Algérie.

  • " Enfin, le statut de réfugié politique ne date que de 1951."

    Le statut suisse de "réfugié politique" en suisse, date de 1933. Voyez vous-même:

    https://www.bar.admin.ch/dam/bar/fr/dokumente/publikationen/INVT11_Fl%C3%BCchtlingsakten-FR_BD2.pdf.download.pdf/INVT11_Fl%C3%BCchtlingsakten-FR_BD2.pdf

    "Généralement acceptées furent les per- sonnes dont le statut de «réfugié politique» avait été reconnu par le Ministère public de la Confédération (ACF du 7 avril 1933): dans la pratique, il s’agit principalement des réfugiés civils socialistes, mais non des réfugiés communistes ou juifs."

    ACF = Arrêté du Conseil Fédéral

    https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19330021/index.html

    A mon avis, pour en savoir plus, il vous faudra d'abord obtenir votre diplôme d'historien, et obtenir une accréditation en bonne et due forme, que je doute vous sera accordée si c'est pour prouver le "cynisme" des autorités fédérales suisses de l'époque, ou chercher à obtenir des dommages et réparations en argent comptant.

    C'est encore une prérogative d'un état souverain, dont vous ne semblez pas savoir distinguer d'un état religieux.

    Je vais être généreux et vous fournir le lien qui définit le "statut" d'un "état souverain", en tout cas le statut suisse de l'état souverain connu sous le nom de "La Confédération suisse", état reconnu internationalement à défaut de l'etre religieusement.

    https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19460089/index.html

    Bonne soirée.

  • Je m'interroge, pourquoi souhaitez-vous tant défendre une politique qui a créé des souffrances voire la mort? Que faire des conséquences morales? On peut comprendre et expliquer une politique gouvernementale, mais peut-on tout accepter?

  • Incidemment, pour quelle raison vous sentez vous obligé d'obscurcir inutilement vos propos avec des orthographies de viol grammatical en règle telles que "réfugié-e-s" et "fortuné-e-s" ?

  • Car je le souhaite

  • "Je m'interroge, pourquoi souhaitez-vous tant défendre une politique qui a créé des souffrances voire la mort?"

    Je suppose que vous vous parlez de la politique nataliste de la Suisse. Evidemment, accoucher comporte des risques.


    "Que faire des conséquences morales?"

    De se laisser violer comme la France ? Si vous voulez mon avis, ça dépend davantage des mesures que vous prenez pour ne pas vous laisser violer, plutôt que des mesures que le violeur prend pour vous violer encore.


    "On peut comprendre et expliquer une politique gouvernementale, mais peut-on tout accepter?"

    Eh bien, si vous voulez encore mon avis, ça dépend si vous devez accepter "tout" en une seule fois, pour combien de temps, et combien d'argent. Et encore.

    Par exemple, la colonisation de le France ne s'est pas faite en un seul jour. Il y a eu des résistances. Maintenant, plus tellement. Ce qui est fort regrettable parce que les violeurs ont pris des habitudes, par exemple d'endormir leurs victimes avant de les violer et de les soumettre.

    Bonne soirée.

  • Monsieur, Vous utilisez des textes que vous développez à votre manière.

    Or, l'Histoire de la période que vous visez est très complexe puisqu'en 2020, des chercheurs universitaires - qu'ils soient américains, anglais, etc... - continuent leurs travaux, dont certains "rééditent" des livres - que vous trouvez en librairie - avec la mention "nouvelle version", ce qui signifie que les archives n'ont pas encore été toutes étudiées, exploitées et comparées aux premiers écrits.

    L'Histoire est une matière passionnante à la condition première et essentielle qu'on la Respecte sans la déformer, ni lui donner le sens que l'on veut : le passé est le passé, le présent est maintenant et le futur on ne peut que l'imaginer !

  • En effet, vous avez raison et je l'ai mentionné en début de billet. L'historiographie s'est développée entre la publication de ce rapport et 2020. Bien que certaines conclusions aient été mises en question cela n'implique tout de même pas que l'entier du rapport doive être rejeté.
    J'ajouterais que même si toutes les archives ne sont pas étudiées il faut aussi prendre en compte les questions que l'on pose. ce rapport suit un mandat précis. D'autres études peuvent répondre à d'autres types de questions avec les même archives.

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