• Le monde grec antique par M.-C. Amouretti, F. Ruzé et Ph. Jockey

    Titre : Le monde grec antique
    Auteur-e-s : M.-C. Amouretti, F. Ruzé et Ph. Jockey
    Éditeur : Hachette
    Pages : 352

    Ce livre est destiné aux personnes qui commencent des études en histoire antique mais il peut être lu par n'importe qui. Les auteur-e-s y font une peinture du monde grec de moins 6500 à 31 après J.-C. Bien entendu, il n'est pas possible de tout dire en si peu de pages mais les auteur-e-s réussissent, c'est le but de l'édition, à marquer les différents débats historiographiques et les différentes méthodes d'analyse des sources. Ce qui fait de ce livre un manuel intéressant mais, comme tous les autres de cette collection que j'ai lue, un ouvrage particulièrement dense et ardu à lire. Il est divisé en quatre parties marquant autant de périodes du monde grec antique.

    La première partie se concentre sur l'installation des grecs, les palais crétois et le monde mycénien. C'est une période dont l'analyse est difficile car les écrits furent longtemps incompréhensibles. Mais nous la connaissons de mieux en mieux grâce à l'apport de l'archéologie. Les auteur-e-s nous expliquent le fonctionnement de cette société basée sur les palais. De plus, illes mettent en question l'idée que cette civilisation aurait disparu par la violence. Il est possible que des mutations plus lentes aient pu la terminer.

    Une seconde partie se base sur la période archaïque. Celle-ci permet d'observer la création des Cités. Mais leur histoire est souvent mythifiée alors que la création des principales institutions est offerte à un ancêtre mythique qui peut avoir existé mais qui n'a pas forcément construit autant que les auteurs anciens l'ont dit. Ces Cités ne sont pas stables et connaissent des crises, des départs de populations mais aussi des guerres entre-elles et contre des populations extérieures. Cependant, le fonctionnement en Cité reste une base importante puisqu'elle implique un ordre religieux et civique.

    Une troisième partie se concentre sur la Grèce classique. Les sources sont plus nombreuses puisqu'on connait des pièces de théâtre mais aussi des écrits philosophiques et historiques. Même si leur lecture doit être critique on peut mieux comprendre les institutions et les crises sociales et politiques. Cela permet de mieux expliquer le fonctionnement politiques des Cités et leurs transformations.

    Enfin, une quatrième partie nous parle du monde Hellénistique en commençant par Philippe puis les conquêtes d'Alexandre. Le premier unit le monde grec en leur imposant une structure commune tandis que le seconde poursuit une longue aventure jusqu'en Inde. Après la mort d'Alexandre, les Cités restent sous contrôle de rois tout en ayant accès à une forme de liberté. Mais les coûts des Cités sont très importants et seuls des rois et des personnes riches peuvent leur offrir monuments ou aides en biens de premières nécessités. De plus, la puissance de Rome commence à se faire sentir menant à la fin de l’Égypte lagide en 31 après la bataille d'Actium.

    Le livre se termine sur des annexes. Nous y trouvons une chronologie, un index et surtout un ensemble de cartes utiles pour se retrouver au sein du propos durant la lecture. Il faut ajouter que cette collection utilise les marges pour y mettre de l'iconographie, des extraits de sources voire des liens directs avec des livres anciens comme actuels.

    Site de l'éditeur

  • The new mutants / Les nouveaux mutants

    TW : racisme, suicide, abus sur mineur-e-s

    Danielle Moonstar se réveille attachée à un lit. Surprise, elle apprend qu'elle est entrée dans un institut chargé de permettre aux mutant-e-s de contrôler leurs pouvoirs avant de pouvoir sortir à nouveau. Elle n'est pas la seule pensionnaire et, outre la doctoresse chargée de les aider, il y a Rahne, Illyana, Sam et Roberto. Illes viennent de milieux différents mais ont connu la même peur face à l'arrivée de leurs pouvoirs. Danielle, elle, ne sait pas comment fonctionne son pouvoir. Tandis qu'elle tente de le comprendre et le connaitre des apparitions étranges commencent à s'attaquer aux pensionnaires. Y a-t-il un lien ?

    SPOILERS

    De nombreuses personnes ont lu les propos du créateur du film alors qu'il sort enfin sur les écrans après plusieurs années. Josh Boone montre une incompréhension totale de ses actes alors que des mutant-e-s racisé-e-s sont casté-e-s par des personnes qui ne représentent pas ces catégories. Cette incompréhension de la problématique du racisme au cinéma et de la représentation se traduit aussi au sein du film. Dès l'arrivée de Danielle elle est insultée à cause de ses origines et réduites à sa supposée sexualité.

    Le but de la réalisation était de créer un film proche de l'horreur tout en créant un nouveau groupe chargé de reprendre le flambeau des films X-Men. Pour ce dernier point on se rend compte rapidement que la réalisation tente de créer un lien au sein du groupe tout en développant les pouvoirs et traumatismes de tous les personnages. Mais la fin du studio a impliqué la fin des plans d'extensions de la franchise, ce qui empêche de répondre au mystère de l'Essex Corporation. En ce qui concerne la première partie, le film réussit assez bien a joué sur les traumatismes des personnages. Malheureusement, la seconde partie oublie cela en se concentrant sur un unique monstre assez moche tout en oubliant totalement l'aspect interne des traumatismes des personnages au profit de simples combats extérieurs (même si j'ai bien aimé l'épée d'Illyana). Le film ne remplit pas ses promesses.

    *
    ** Sans être un navet total ce film est très décevant et subit un réalisateur qui ne comprend rien à ses personnages
    ***
    ****
    *****

    Image : IMDB

    Site officiel

  • King Thor par Jason Aaron, Esad Ribi et Ive Svorcina

    Titre : King Thor
    Auteurs : Jason Aaron, Esad Ribi et Ive Svorcina
    Éditeur : Marvel 31 mars 2020
    Pages : 112

    Ce volume contient King Thor 1-4. Thor a lutté contre Gorr le massacreur. Il a lutté contre Malekith et il a lutté contre lui-même lorsqu'il a perdu son marteau. Depuis, des millénaires ont passé. Il est devenu le roi d'Asgard, il a eu trois petites filles et il a finalement réussi à sauver la Terre et les divinités. Mais Loki est toujours présent. Et il se prépare à un dernier combat contre son frère. Au risque de réveiller à nouveau l'épée que Gorr brandissait et de mener à la fin de l'univers.

    SPOILERS

    Ce volume est le final du run de Jason Aaron sur Thor. Dès le début, le scénariste posait la question de la finalité des divinités. Il faisait de Thor le seul Dieu, ou l'un des rares, qui soit réellement utile car il souhaite toujours être digne de son titre de dieu du tonnerre. Le début de ce volume est surtout un moyen de terminer la confrontation entre Thor et Gorr. Celle-ci n'est pas aussi bonne que les autres volumes et pourrait passer inaperçue.

    Cependant, dès la seconde partie se pose la question des histoires. Jason Aaron nous montre que même si son run se termine cela n'implique pas la fin des histoires sur Thor. En montrant plusieurs aventures du futur de Thor, mentionnée dans des volumes précédents, il nous montre aussi son amour pour ce personnage. J'ai beaucoup aimé la fin qui permet de réunir plusieurs personnages et de donner une nouvelle mission à Thor.

    *
    **
    *** Un début oubliable mais une seconde partie beaucoup plus réussie
    ****
    *****

    Image : Marvel

  • Tenet

    SPOILERS

    TW : Violences conjugales, actes de terrorisme

    Un agent de la CIA se prépare à prendre d'assaut, secrètement, un opéra dans lequel se trouve les restes d'une bombe nucléaire. Mais l'opération tourne très mal. Plusieurs jours plus tard, l'agent se réveille dans un bateau en direction d'une ferme éolienne. Il apprend qu'il est l'un des rares personnes à se voir proposer un poste dans un agence si secrète que seule un nom la décrit. On ne sait ni ce qu’elle ne fait ni contre quoi elle lutte. Mais on sait que cette lutte est la seule manière de survivre pour l'humanité face à une attaque difficilement concevable. Navigant à l'instinct, l'agent commence à relier, petit à petit, les fils d'un gigantesque plan.

    SPOILERS SPOILERS

    On comprend rapidement que le nouveau film de Nolan s'intéresse au temps et à la manière de le manipuler. Nolan décide qu'une technologie future permet d'inverse des objets et des êtres humains afin de leur permettre de remonter le temps selon le point de vue normal. Pour mieux montrer ce concept, il l'illustre par des mouvements inversés, des bombes qui implosent et des informations qui proviennent du futur. Cela lui permet de créer des images impressionnantes que l'on peut observer en deux sens selon la personne que l'on suit lors de la scène.

    Un tel concept demande un minimum d'explications, qui ne sont pas faciles à mettre en place. Comment une telle technologie est-elle formée ? Pour quelle raison est-elle un danger pour notre monde ? Le réalisateur commence par mettre en place une première partie assez bavarde et qui saute de villes en villes sans réelles explications. Car le réalisateur doit mettre son univers en place aussi bien pour nous que pour son protagoniste. Une seconde partie est bien plus nerveuse et se concentre sur une confrontation précise entre deux personnages. Celle-ci permet de répondre à certaines questions, dont la raison de cette lutte. Il faut noter que Nolan maitrise très bien le passage chronologique des scènes et je ne crois pas avoir vu d'incohérences entre deux moments.

    Le film nomme 2 femmes et deux de plus reste anonyme. Dans les anonymes l'une est une scientifique qui permet d'exposer l'univers de Tenet l'autre une soldate en charge d'un groupe. Dans les femmes nommées nous avons Prya jouée par Dimple Kapadia que j'espère revoir souvent. Elle dépeint un personnage intelligent qui use de son influence pour réussir et manipuler les gens. Pendant longtemps, on ne sait pas si elle est bénéfique ou non. Le second personnage féminin est Barbara, la femme de l'antagoniste. Nolan la place en position de princesse en péril. Ce n'est qu'à la fin qu'elle prend son destin en main plutôt que d'attendre une aide du protagoniste. Malheureusement, elle le fait en jouant sur sa féminité et sa sexualité, un trope trop souvent utilisé pour les personnages féminins. Elle est donc avant tout une femme qui a besoin d'être sauvée mais aussi une mère qui veut être proche de son fils. Elle se trouve face à un homme violent et qui ne veut que la posséder ce qui mène à des scènes de violences conjugales très violentes.

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    **
    ***
    **** Maitrisé, je n'ai pas vu le temps passer sauf durant quelques scènes que je pense peu utiles.
    *****

    Image : IMDB

  • Les Carolingiens. Une famille qui fit l'Europe par Pierre Riché

    Titre : Les Carolingiens. Une famille qui fit l'Europe
    Auteur : Pierre Riché
    Éditeur : Fayard 2010
    Pages : 496

    Après un petit livre sur le couronnement de Charlemagne il était normal que je m'intéresse un peu plus aux carolingiens. Malgré ma fascination pour leur époque qui voit un changement de dynastie, une renaissance, la christianisation de l'Europe et surtout le retour d'un empereur et d'un empire (mis à mal par les raids vikings) je ne connais que peu cette époque. Ce livre fait le récit de l'époque carolingienne depuis Pépin jusqu'à Otton 1er soit un peu plus de deux siècles. Un tel récit implique nécessairement un grand nombre de personnages mais aussi une explication du contexte politique et sociale de chacun des carolingiens. L'auteur divise sont livre en 5 parties.

    La première partie se déroule alors que les futurs carolingiens sont encore soumis aux rois mérovingiens. Ceux-ci perdent petit à petit leur pouvoir face aux maires du palais mais ils restent nécessaires dans le cadre des sociétés de l'époque. Il y a un lien entre le roi et son peuple qui n'est pas facilement brisé. Même s'il y eut une tentative de prise de pouvoir, ce n'est qu'avec le soutien du Pape que les derniers mérovingiens vont disparaitre du pouvoir. Le Pape, bien entendu, agit en faveurs de ses propres intérêts.

    La seconde et la troisième partie permettent de comprendre comment se constitue l'Empire carolingien et donc comment Charlemagne est finalement couronné empereur. Le récit est très dense. L'auteur s'occupe de chacun des empereurs l'un après l'autre et examine leurs conquêtes mais aussi les liens avec l'aristocratie. Il montre comment l'Empire perd son unité afin de respecter la tradition du partage de l'héritage entre frères. Le récit montre les alliances, les difficultés mais aussi les trahisons entre frères alors que l’Église essaie de garder réel le rêve d'une unité européenne en vue d'une christianisation plus facile.

    La quatrième partie explique de quelle manière l'Empire s'est finalement disloqué. Face aux divisions entre frères carolingiens les aristocrates commencent à prendre de plus en plus de pouvoir. On le voit en particulier en ce qui concerne la justice mais aussi la possession des terres qui ne sont plus un don durant un temps limité mais qui sont de plus en plus pensés comme des propriétés. Les carolingiens, en fait, subissent ce qu'ils ont fait subir aux mérovingiens. La réalité du pouvoir leur échappe alors que des rois concurrents se forment. Petit à petit, se constitue les embryons des grands royaumes de l'époque médiévale.

    Enfin, une dernière partie s'intéresse aux questions culturelles et économiques. L'auteur y présente aussi bien l'art que les sciences ou encore l'architecture. Il nous montre le lien important que les carolingiens forment avec les sciences de l'époque ce qui permet une restauration du latin. Le lien entre l'Église et l'Empereur sont tout aussi important puisque les deux se soutiennent mutuellement, dans l'idéal. Les carolingiens se font les champions de la christianisation tandis que les Papes aident à justifier le pouvoir des empereurs. Une église occidentale de plus en plus forte se forme face à l'église byzantine.

    Le livre est suivi de trois annexes. Une première est constituée de nombreux arbres généalogiques particulièrement utiles pour naviguer dans les différentes familles mentionnées par l'auteur (qui renvoie fréquemment à ces arbres). La seconde est composée de cartes et la troisième est une chronologie. Ce livre, très dense, ne se lit pas facilement. Le récit n'est pas confus mais le nombre important de personnages et d'événements complique la compréhension pour quelqu'un qui, comme moi, ne connait pas très bien l'époque carolingienne.

    Image : Éditeur

  • Greenland

    La Terre est témoin d'un événement extraordinaire. Une comète venue d'une autre étoile est très proche créant un spectacle exceptionnel. Le monde entier l'observe tandis que les scientifiques essaient d'en savoir plus sur sa composition. John Garrity fait partie des personnes qui observent la comète dans sa maison, en direct à la télévision, avec son fils, Nathan, et sa femme qu'il a trompée, Allison. Soudain, il reçoit une alerte sur son téléphone. Lui et sa famille sont sélectionnés pour être envoyés au sein d'un bunker secret. En effet, le gouvernement a caché des informations essentielles. La comète ne fait pas que croiser la Terre, elle va l'impacter créant de nombreuses destructions et, potentiellement, un événement d'extinction massive. La famille Garrity entre soudain dans une course contre la montre afin de survivre.

    SPOILERS

    Comme beaucoup de ces films catastrophes l'importance de la famille est mis en avant. Les trois personnages principaux font tout pour rester ensemble et être sauvés ensembles. Ces familles sont souvent très traditionnelles. Ce film ne fait pas exception. La mère semble être ménagère. Le fils est le plus gentil du monde avec un diabète. Le père amène l'argent grâce à ses succès professionnels. Dans le cadre de la catastrophe, il devient aussi un père en usant de violence pour protéger sa famille, recevant de son beau-père un fusil. Le message est transparent, un vrai mâle est un guerrier. De plus, les personnages principaux ne sont pas très sympathiques. Illes sont égoïste, n'hésitent pas à mettre les autres en dangers et ne questionnent absolument pas la raison de leur sélection.

    Bien entendu, ce genre de films parle de la civilisation. Je ne crois pas avoir connu un seul film catastrophe positif envers la nature humaine. Dès les premières minutes, l'humanité se déchaine, oublie la civilisation pour le pillage et la violence. Du moins quand ce n'est pas la fête ou le suicide voire le retour au religieux. Seul.e.s les militaires et les services d'urgence, dans ce film, sont montrés comme capables d'abandonner leur individualisme pour le bien commun. On retrouve donc une tendance militariste de ce genre de films. Mais aussi une tendance à considérer l'humanité négativement. Les rares cas d'aides deviennent rapidement des moyens de survivre avant tout et, comme je l'ai dit plus haut, les Garrity sont les premiers à agir égoïstement.

    *
    **
    *** Spectaculaire mais déjà vu
    ****
    *****

    Image: IMDB

  • La candidate parfaite

    Nous sommes en Arabie Saoudite. Maryam vit avec ses deux sœurs et son père. Ce dernier est un musicien qui essaie de créer une tournée et d'entrer au sein d'un groupe de musique national. Les deux sœurs, Selma et Sara, s'occupent d'organiser des mariages pour les femmes. Maryam, elle, est une médecin dans une clinique locale. Mais elle rêve de travailler dans une clinique plus importante dans laquelle elle serait valorisée pour ses compétences. L'un des moyens qu'elle a trouvés est de se rendre à une conférence afin d'entrer sur la liste de candidature d'un hôpital. Malheureusement, son autorisation de voyage n'est plus valable et en tentant de la renouveler elle accepte d'être candidate aux élections municipales.

    SPOILERS

    La réalisatrice a déjà donné Wadja que j'avais beaucoup aimé. Dans ce nouveau film elle s'occupe toujours de l'Arabie Saoudite mais au lieu d'une petite fille son personnage principale est une femme accomplie professionnellement au sein d'une famille qui a subi les commérages. Ce film fait très attention à nous montrer le fonctionnement d'une société et l'intégration de ses personnages à l'intérieure de celle-ci. Maryam essaie de soigner ses patients mais ils refusent son aide. Elle tente de parler aux hommes mais ils la ridiculisent. Mais c'est aussi une société en changement qui commence à accepter que les femmes parlent politiques, soient médecins et puissent créer.

    On peut dire que, fondamentalement, ce film est féministe. Tout comme Wadja il s'intéresse à une femme au sein d'une société inégalitaire. Cette femme essaie de revendiquer une place malgré les obstacles. À plusieurs reprises, des hommes ont l'occasion de l'aider mais refusent ou ne réussissent pas. Finalement, c'est Maryam, Selma et Sara qui s'occupent de tout et gèrent la campagne avec succès, montrant qu’elles n’ont pas besoin des hommes. Ce qui permet de terminer le film sur une déclaration d'indépendance de la part de Maryam.

    *
    **
    ***
    **** Un film qui mérite d'être vu et distribué
    *****

  • Dreams

    Emma et son père vivent seuls. Les deux passent leur temps à danser, jouer aux échecs et cuisiner dans une grande maison de campagne. Emma aime vivre seule avec son père. Mais son équilibre va changer lorsqu'elle comprend que son père souhaite que sa compagne déménage dans la maison avec sa propre fille. Les deux parents essaient de reconstruire une vie de famille avec deux enfants très différents. Emma est rêveuse, calme et très proche de son père. Jenny est bruyante, égocentrique et passionnée par la mode et les réseaux sociaux. La cohabitation est difficile. Mais lorsqu'elle Emma comprend comment sortir de son rêve pour entrer dans le monde qui les crée elle se dit qu'elle pourrait utiliser ses connaissances pour améliorer sa vie.

    SPOILERS

    Il y a peu de choses à dire sur ce petit film. Certes, il fonctionne assez bien. Il est émouvant, drôle et sympathique à regarder. On comprend pourquoi Emma agit comme elle le fait et on comprend assez rapidement pourquoi Jenny est qui elle est. Le film montre aussi une famille qui tente de se recréer sans atténuer les conflits que cela peut créer. Avec raison, on montre que les enfants sont souvent au centre de ces problèmes puisqu'il n'est pas toujours facile d'accepter une autre personne après que la famille initiale s’est divisée. Mais on montre aussi que les parents essaient de créer un milieu favorable pour les deux filles.

    Le message est un peu simpliste et tout est résolu un peu trop rapidement. De plus, il est dommage que le monde des rêves et ses règles ne soit pas exploré un peu plus profondément. On a l'impression de regarder un Vice Versa qui évite d'aller trop loin dans le fonctionnement de son univers. Il manque donc des informations qui nous auraient permis d'entrer plus profondément dans ce film et son thème.

    *
    **
    *** Sympathique mais sans plus
    ****
    *****

  • L'ère du capital 1848-1875 par Eric J. Hobsbawm

    Titre : L'ère du capital 1848-1875
    Auteur : Eric J. Hobsbawm
    Éditeur : Fayard 2010
    Pages : 463

    Ce livre suit le premier volume qui s'intéressait aux années 1789-1848. Hobsbawm s'intéresse ici à ce qu'il nomme l'ère du capital car, selon lui, nous sommes dans une période de triomphe du capitalisme après une courte mise en cause lors de 1848. Le livre est constitué de trois parties. Elles sont suivies d'annexes, d'une bibliographie commentée, d'un index et de notes de fin d'ouvrage. Tout comme le premier volume, les parties se découpent selon un développement puis des résultats qui prennent en compte, dans les deux cas, les changements de nature socio-économique plus qu'un récit des événements.

    La première partie se concentre sur l'année 1848. Celle-ci est restée comme une année de révolutions dans l'Europe entière. Même la Suisse la subit, bien qu'un peu en avance. Cependant, ces révolutions échouèrent toutes à construire un système différent et, rapidement, l'Europe continua dans la voie du capitalisme. Hobsbawm nous montre que 1848 était loin d'être une surprise. On s'attendait à une explosion révolutionnaire sans savoir quand elle aurait lieu précisément.

    La seconde partie, développement, permet à Hobsbawm d'expliquer le fonctionnement de l'Europe, et du monde, durant cette période. Il explicite l'avancée économique impressionnante de la période qui permet de supporter l'impression d'un progrès inaltérable au niveau économique. Il explique aussi le fonctionnement de plus en plus globalisé et uni du monde grâce au train mais aussi au télégraphe. Ces deux technologies s'étendent fortement durant ces années du XIXème siècle et permettent une communication rapide d'un bout à l'autre du monde. Bien entendu, il s'intéresse aussi au fonctionnement de la démocratie et à la construction des nations. Ces dernières sont progressivement pensées et construites par des élites intellectuelles tandis que la démocratie implique de relier les masses à l'état mais sans, pour autant, leur donner une égalité de fait.

    La troisième partie s'intéressent aux thèmes culturels et socio-économiques. Outre les arts et la science, que Hobsbawm décrit comme ayant atteint un palier avant une prochaine (r)évolution, il décrit le fonctionnement de la terre mais surtout des classes sociales. Dans deux gros chapitres il nous décrit la classe ouvrière et la classe bourgeoise. La classe ouvrière commence à se penser mais elle est coincée dans une pauvreté voulue par la bourgeoisie. En effet, il est important de garder une forme de hiérarchie des classes sociales et même si le progrès implique de meilleures conditions de vie pour tout le monde il ne faut pas, pour autant, égaliser les hiérarchies. Dans le même temps, les milieux de gauche commencent à théoriser un progrès en direction d'une dernière révolution qui ferait tomber la bourgeoisie. Celle-ci met en exergue l'importance de l'individualisme et de la réussite personnelle. L'échec est donc un problème individuel et non un problème que l'on peut expliquer par des causes structurelles. Ce qui importe pour la bourgeoisie est de montrer son statut en ayant une capacité de direction et d'ordonner des personnes inférieures. Le livre se termine sur l'annonce d'une période de dépression économique qui sera suivie de l'ère des empires.

    Contrairement au livre précédent, Hobsbawm s'intéresse ici au reste du monde et pas uniquement à l'Europe. Cependant, ses propos dépendent surtout de ce que fait l'Europe et des réactions des autres civilisations. Ainsi, le monde est décrit comme porté par l'Europe tandis que les reste du monde semble n'avoir pas eu d'histoire avant l'arrivée de l'occident et leur prise de contrôle des autres civilisations. Hobsbawm ne voulait probablement pas faire ceci mais c'est l'impression que j'ai eu à la lecture.

    Image : Éditeur