• Batman Curse of the White Knight par Sean Murphy, Klaus Janson et Matt Hollingsworth

    Titre : Batman Curse of the White Knight
    Auteurs : Sean Murphy, Klaus Janson et Matt Hollingsworth
    Éditeur : DC 15 septembre 2020
    Pages : 272

    Ce volume contient Batman Curse of the White Knight 1-8 ainsi que Batman White Knight presents Von Freeze. Le Joker a réussi à redevenir sain d'esprit, du moins pour un temps. Sous son identité réelle, Jack Napier, il est entré en politique afin de réformer la ville et de lui permettre de vivre sans le Batman. Ce dernier a lutté de toutes ses forces jusqu'à être obligé d'accepter les conclusions du Joker : son combat n'est plus en faveurs des habitant.e.s de Gotham mais contre elleux. Batman White Knight se terminait sur la promesse de Bruce Wayne d'abandonner son identité secrète pour mieux travailler avec la police et la ville. Mais Napier avait aussi exprimé une théorie du complot. Un contrôle de la ville par un groupe d'élites. Si ce groupe existe vraiment la fin du Batman n'est pas dans leurs intérêts.

    SPOILERS

    Ce comics nous parle du Batman, comme le premier volume. Le Batman y est tout aussi fort que dans les comics de l'univers DC mais il y est aussi bien plus fortement critiqué. Dans le premier volume, ses actions conduisaient à de nombreux dégâts. Dans celui-ci, Bruce Wayne comprend que les dégâts vont bien plus loin. En abandonnant son identité civile il a laissé son entreprise profiter des destructions, même s'il paie lui-même les dégâts. Le Batman a aussi changé. Il est passé d'une aide bienvenue à une armée capable de lutter contre tout ce qui peut lui arriver et de prendre le contrôle de la ville entière sans jamais pouvoir être contesté. Ainsi, il est normal que ce comics marque la fin du Batman et son entrée en prison. Car si le Batman devient un danger pour la ville il trahit son but : faire de Gotham une meilleure ville.

    Ce comics est aussi une affaire de famille. On en apprenait bien plus sur la famille Wayne, reliée à un ancien scientifique nazi, dans le premier volume. On apprend bien plus sur le passé de la famille Wayne dans ce volume. Ce passé justifie le combat entre Bruce Wayne et Azrael. Ce combat est une vengeance face aux actions de leurs ancêtres aux débuts de la ville. En dehors de la famille, et de ce qu'elle implique pour l'identité du Batman, il y a une famille choisie. Celle que Bruce Wayne essaie, et échoue, à créer autour de lui avec les deux Robins et Batgirl.

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    **** Une très bonne suite qui est moins basée sur la politique que le premier volume mais qui réussit à être tout aussi intéressante et se concentrant sur le Batman et le passé de la famille Wayne
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    Image : Éditeur

  • The rise of Kyoshi (avatar the last airbender) par F. C. Yee

    Titre : The rise of Kyoshi (avatar the last airbender)
    Auteur : F. C. Yee
    Éditeur : Amulet 16 juillet 2019
    Pages : 464

    Kyoshi n'est personne. Une orpheline qui vit dans les rues d'une ville que personne ne connait. Observée par un moine de la nation de l'Air elle est acceptée au sein de la maison de l'un des sages les plus influents de la nation de la Terre. Elle n'y est qu'une simple servante qui serait totalement inconnue sans son amitié pour l'Avatar Yun. Ce dernier est un prodige capable de maitriser la terre comme personne ne semble en être capable. Il est éduqué aussi bien en ce qui concerne la force brute que l'équilibre ou encore la diplomatie et la politique. Après le dernier avatar l’époque de Yun semble bien partie pour être un âge d'or. Cependant, les sages se sont trompé.e.s. Yun n'est pas l'avatar. Kyoshi est l'avatar.

    SPOILERS

    Je n'ai pas beaucoup de chance avec les adaptations en romans de séries et films ou de jeux vidéo. La lecture du premier roman au sein de l'univers Dragon Age fut laborieux tandis que le roman autours des jeux Batman Arkham fut une véritable agonie. Mais les comics autours du monde d'Avatar sont une véritable joie pour moi. Lorsque j'ai su qu'un roman permettrait d'en savoir plus sur un autre Avatar, Kyoshi, j'ai décidé de tenter le coup en espérant que l'effort serait récompensé.

    Ce roman réussit à construire un peu plus sur un univers déjà bien constitué. Certes, il ajoute des éléments dans le passé des séries mais ceux-ci enrichissent ce que l'on connait déjà. L'idée que les Avatar sont suivis d'un certain nombre de personnes est concrétisé. Ces personnes deviennent responsables du fonctionnement de l'Avatar au sein du monde, le guidant et l'entrainant. Dans ce roman, ces personnes sont aussi particulièrement puissantes politiquement, en particulier au sein du royaume de la Terre dans lequel l'intrigue se développe. Ce royaume est décrit comme centralisé autours d'un roi mais dont le pouvoir ne réussit pas à réellement unifier le royaume. Des administrateurs et bandits peuvent, de temps en temps, créer des territoires pratiquement indépendants alors que la corruption est partout.

    Kyoshi est connue dans les différents médias de cet univers comme un Avatar puissant et sans concession. Ce roman permet de comprendre comment une servante devient l'Avatar et pourquoi elle agit comme on le sait après sa mort. Kyoshi veut la justice. Mais au lieu d'entrer dans le monde normal de la justice, l'état de droit, elle se veut la dernière conséquence pour les personnes qui abusent de leur pouvoir, que ces personnes soient considérées comme légitimes au sein d'un état ou des bandits. Au lieu de laisser des gens qui se pensent au-delà des jugements elle se place comme le jugement ultime que personne ne peut échapper. Même si cela n'implique pas l'absence de merci cette position implique la nécessité de la violence voire du meurtre, ce qui est très différent de Aang qui essaie d'atteindre un niveau de pacifisme ultime même face à ses ennemis les plus cruels. Le contraste est intéressant et permet de poser les questions de la nécessité de la violence mais aussi de la capacité de réguler des personnes ayant un pouvoir important, parfois sans véritable mesure.

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    ***** Un bon premier tome. J'espère que la suite sera tout aussi bonne

    Image : Éditeur

  • Titans saison 2

    TW : mention de viol, abus physiques et psychologiques sur enfants, violences policières

    Dick Grayson, Rachel et Kory se sont réunis afin de comprendre comment stopper l'arrivée d'un personnage capable de détruire la Terre à lui tout seul. Illes sont aidé.e.s par d'anciens membres des Titans et le nouveau Robin: Jason Todd. Leur combat ne passe pas inaperçu pour les autorités. Il semble permettre de relancer un groupe oublié depuis des années après un événements traumatisant pour tout le monde. Dick Grayson pense qu'il est temps pour les Titans de se réunir à nouveau. Mais il cache le passé aux nouveaux membres du groupe tandis que les anciens membres ne veulent pas réellement rester. Pire encore, le retour des Titans semble annoncer le retour de leurs anciens ennemis : Le Docteur Light et surtout Deathstroke.

    SPOILERS

    La première saison n'était pas ratée mais elle n'était pas non plus une grande réussite. Surtout, elle se terminait sur un cliffhanger qui ne se résout que dans le premier épisode de la saison 2. Personnellement, j'ai trouvé cette résolution assez peu intéressante face à un ennemi considéré comme tout puissant. Heureusement, le nouvel ennemi est bien plus intéressant. En effet, il permet de poser la question du passé des Titans mais aussi de leurs relations et des choix qui ont été fait. Personne ne considère être innocent dans ce qui s'est déroulé et Dick Grayson se pense le plus coupable de tous, même si sa tendance à l’autoflagellation est un peu frustrante.

    À l'aide de Dick Grayson se pose la question de la famille. Certes, il a souffert de ce que lui a donné Bruce Wayne et les Titans ne sont pas restés ensemble. Mais leur lien permet un soutien mutuel entre différentes personnes qui ont vécus des traumatismes importants et qui essaient de se reconstruire. Illes peuvent échouer de temp en temps, le soutien des autres leur permet de tenter de revenir à la lumière. L'ajout de nouveaux membres aussi bien comme flashback que dans le présent permet de concrétiser cette idée de famille. Personnellement, j'espère que cette nouvelle version des Titans et de Dick Grayson permettra de créer une série un peu plus lumineuse.

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    *** Une série qui s'améliore
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    *****

  • The Umbrella Academy saison 1 et 2

    The Umbrella Academy commence en 1989. Plusieurs femmes accouchent soudainement sans, pourtant, avoir été enceintes auparavant. Hargreeves, un riche excentrique, décide d'adopter 7 de ces enfants. Il comprend rapidement que ces 7 enfants ont des dons extraordinaires et que ceux-ci doivent être entrainés. Seule Vanya, nommée 7, ne possède pas de dons. Les autres sont entrainés afin de faire partie d'une équipe chargée de sauver le monde et d'agir en tant que superhéros. Plusieurs années plus tard, l'Académie s'est séparée. Tous les membres ont pris une direction différente dans leurs vies. Mais les sœurs et frères se retrouvent lorsque leur père meurt.

    SPOILERS

    The Umbrella Academy est une série qui possède une ambiance particulière. La musique est particulièrement choisie. La photographie essaie aussi de créer quelque chose de précis et y réussit souvent. L'une de mes scènes préférées est le voyage dans le temps de 5 qui se déroule sur une musique qui fonctionne parfaitement bien avec les scènes. Les personnages jouent aussi pour créer cette ambiance. Hazel et Cha sont à la fois effrayant.e.s, drôles et tragiques tandis que l'acteur qui joue Klaus crève l'écran.

    D'une certaine manière l'intrigue de cette série n'est pas réellement importante. Il y a bien une question d'apocalypse et des groupes un peu étranges comme la Commission ou les Majestics 12. Mais ce qui est au centre de la série ce sont les relations entre les membres de la famille. Illes ont vaincu dans un contexte abusif et toustes ont des problèmes qui en découlent et qui découlent de leurs pouvoirs. Les personnages essaient simplement de se comprendre et de vivre tout en tentant de travailler sur leurs problèmes. Ce n'est que lorsque les personnages agissent réellement ensemble, en famille, qu'illes réussissent car illes se soutiennent. Donc, malgré un aspect un peu pessimiste, cette série me semble dire que seules les relations sociales nous permettent d'être meilleures.

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    ***** Difficile de résumer cette série qui me semble être une très bonne réussite

  • The singing club

    Il y a quelques années, en Grande-Bretagne, des soldats durent partir en guerre en Afghanistan. Ce film parle des personnes qui sont laissées derrière : les femmes et les enfants des soldats. Celles-ci vivent au sein des bases militaires dans lesquelles elles tiennent une partie de l'économie. Leur statut peut dépendre du grade de leurs maris. Elles vivent ensemble et se soutiennent alors que, souvent, elles ne savent pas ce qui est en train d'arriver durant la guerre. Pour passer le temps et éviter de penser au danger elles décident de créer un club de chant mais ce qui est d'abord un simple hobby devient quelque chose de plus professionnel.

    SPOILERS

    Il y a peu de choses à dire sur ce film car il est entièrement sans surprises. On sait ce qui va arriver, comment et pourquoi. Cela n'implique pas que le film soit un échec. Au contraire, la réalisation sait ce qu'elle veut faire et le fait bien même si rien de transcendant ni de surprenant nous arrive. Le but est de créer un film drôle mais aussi tragique. Des personnages réels mais aussi imaginaires dont les propos peuvent parfois être proche de l'absurde. Le film réussit à créer des sentiments et un attachement envers les différents personnages sans avoir besoin de beaucoup d'efforts.

    Bien entendu, le fait que le film parle des femmes de militaires lors d'une guerre implique nécessairement de parler du rapport à la mort. Deux personnages ont connu une perte alors que les autres essaient de réguler leurs craintes en usant de plusieurs techniques que ce soit de ranger toutes les possessions du militaire afin de ne pas avoir à le faire si besoin ou de préparer des paquets pleins d'objets humoristiques. Le lien de ces femmes avec la mort de leurs proches résonne facilement avec nos propres expériences, même si nous ne sommes pas liés à des militaires.

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    *** Sans surprises mais sympathique
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    *****

  • Missbehaviour / Miss Revolution

    L'année 1970, une année qui continue les événements de 68. Bien que mai 68 n'ait pas débouché sur une révolution de nombreuses organisations existent encore. Mais d'autres se créent aussi. En particulier, des groupes de femmes commencent à se réunir autour de ce qui sera bientôt connu sous le nom de Womens Liberation Front. Alors que les femmes commencent à organiser leurs différentes associations une cible commune commence à se montrer : l'organisation de Miss Monde 1970. Mais s'attaquer à cette organisation ne sera pas facile. La sécurité est forte et il ne faut pas donner l'impression que l'on s'attaque aux femmes.

    SPOILERS

    Le film montre très bien la constitution de groupes féministes de plus en plus nombreux. Il ne montre pas que certains groupes étaient déjà présent et qu'une nouvelle génération a agi avec et contre cette vieille génération. Il ne montre pas trop non plus quelles sont les positions de ce que l'on connait sous le nom de MLF en francophonie. D'une certaine manière, le film s'attend à ce que l'on connaisse déjà leurs positions et critiques. Le film montre aussi les débats, les mésententes et les techniques de différents groupes. Tout le monde n'agit pas de la même manière, ne vit pas de la même manière ni n'a les mêmes buts. De ce point de vue, le film est réussi.

    Je note aussi que la réalisation met en contradiction une femme blanche, anglaise, Sally et l'une des concurrentes au titre de Miss Monde, Jennifer Hosten, une femme racisée. Je ne sais pas si toutes les confrontations entre ces deux personnes ont eu lieu. Mais cela permet au film de montrer que les positions du MLF ne prennent pas forcément en compte le racisme comme oppression systémique, l'histoire du féminisme montre que c'est une question soulevée par les femmes racisées lors des années 70. Il y a clairement un problème entre une femme blanche qui a accès à plus de choix qu'une femme racisée qui utilise Miss Monde pour réussir à atteindre des buts supérieurs. Les deux ne sont pas forcément ennemies, mais elles ne sont pas nécessairement alliées.

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    **** Un film intéressant sur une période passionnante mais dont le propos n'est pas assez développé à mon goût
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  • The Good Place saison 4

    SPOILERS SPOILER SPOILERS SPOILERS SPOILERS SPOILERS SPOILERS

    Nous avions quitté le gang des cafards sur un constat : le système de l'au-delà ne fonctionne pas. Mais que faire à la place ? Après de nombreux débats, la Juge accepte de créer une expérience qui puisse vérifier si les cafards ont raison. Les 5 ami.e.s sont donc chargées de gérer la mort de 4 nouvelles personnes. Face à des problèmes moraux, ces personnes doivent apprendre à mieux gérer leur vie et à s'améliorer petit à petit. Mais le changement est-il réellement une bonne chose ? Et comment modifier le système s'il est réellement biaisé ?

    Beaucoup de séries ne savent pas comment se terminer. Après plusieurs saisons il est difficile de créer une véritable bonne fin qui puisse ne pas décevoir tout en faisant partie de la série et en la concluant véritablement. Parfois, les fins échouent parce que la série est annulée sans avoir le temps de conclure son histoire. Souvent, une série continue jusqu'à la saturation et une fin médiocre. Ce n'est pas le cas de The Good Place. La fin de la série est magistrale. Tout se conclut bien, dans de belles images et des dialogues émouvants. Je crois qu'il est difficile de faire mieux pour une série qui a su se terminer quand il le fallait.

    La quatrième saison nous permet enfin d'apprendre comment fonctionne le paradis. Et, malheureusement, on s'y ennuie. Suivant les idées philosophiques au centre de The Good Place, ce qui rend la vie intéressante et remplie n'est pas le bonheur mais de savoir que la vie s'arrête à un moment donné. La série suit une idée que j'apprécie beaucoup. La période de la mort est vue comme un moyen de s'accomplir en tant que personne. Lorsque ceci est fait, on peut rejoindre l'univers et s'y dissoudre, continuant le cycle mais d'une autre manière. C'est une idée qui me parle, triste mais étrangement apaisante.

    Site officiel

  • The Expanse saison 4

    Dans plusieurs centaines d'années l'humanité a réussi à coloniser le système solaire. Les vieilles divisions nationales ne sont que des souvenirs alors que trois puissances ont pris leur place : La Terre unie autours de ce qui fut l'ONU, Mars une société militariste et les Belters des personnes envoyées dans la Ceinture d'astéroïde afin de travailler pour les deux grandes puissances. Récemment, l'équilibre s'est modifié. La Terre et Mars ont combattu alors que des groupes secrets ont été trainés en plein jours, menant pratiquement à une guerre civile sur Terre. Dans un second temps, les trois puissances ont dû collaborer afin de résoudre l'énigme de l'Anneau. Celui-ci a ouvert 1300 systèmes habitables pour les humain.e.s. Mais faut-il réellement se rendre sur ces planètes ou faut-il mieux comprendre ce qui arrivé à la civilisation qui a construit ce réseau ?

    SPOILERS

    Cette saison 4 n'est pas coupée comme le fut la saison 3. Elle se déroule quelques temps après cette dernière alors que l'Anneau a ouvert les passages, offrant aux Belters le contrôle du passage et des communications tant que celleux-ci sont capables d'éviter une attaque contre la Terre ou Mars. La Terre subit les contre-coups de cette ouverture. De nombreuses personnes, au chômage à cause du nombre trop important d'humain.e.s, souhaitent partir et coloniser les planètes mais le pouvoir politique s'y oppose par prudence. Tandis que Mars perd sa raison d'être. En effet, pourquoi terraformer Mars si 1300 planètes habitables sont à proximité ? Ceci conduit à une perte d'identité et nous observons la société martienne se déliter.

    Dans le même temps, on nous montre un petit groupe de Belters et de Terrien.ne.s qui tentent de survivre sur une des 1300 planètes. Celle-ci, nommée Nouvelle Terre ou Ilus, contient de nombreux artefacts de la civilisation qui a construit les anneaux. L'arrivée de Holden marque leur retour à la vie. Mais l'ancienneté des technologies créent de nombreuses catastrophes alors que Belters et Terrien.ne.s n'arrivent pas à cohabiter. Ainsi, la série nous démontre que l'ouverture de nouvelles frontières ne permet pas d'effacer, par magie, une longue haine entre deux groupes de l'humanité.

    De plus, on en apprend un peu plus sur l'espèce qui a créé les anneaux. Les informations sont encore très peu nombreuses et l'on n'en sait que peu. Mais on apprend que cette civilisation, disparue, semble avoir subi une guerre avec une autre civilisation tout aussi peu connue. Il est fort probable que la prochaine saison donnera un peu plus d'informations à ce sujet. Ainsi, la série garde son identité tout en créant de nouvelles intrigues à explorer.

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    ***** La série change et passe chez Amazon mais elle garde son identité. Je me réjouis de regarder la prochaine saison.

  • Ne nous libérez pas, on s'en charge. Une histoire des féminismes de 1789 à nos jours par Bibia Pavard, Florence Rochefort et Michelle Zancarini-Fournel

    Titre : Ne nous libérez pas, on s'en charge. Une histoire des féminismes de 1789 à nos jours
    Autrices : Bibia Pavard, Florence Rochefort et Michelle Zancarini-Fournel
    Éditeur : La Découverte 2020
    Pages : 510

    Il existe plusieurs synthèses d'histoire des féminismes. Deux des autrices du présent ouvrage en ont écrit, ce sont deux livres que je possède et que je recommande chaudement. Ces trois chercheuses ont décidé de relier leurs connaissances afin d'écrire une synthèse historique des féminismes en France. L'attente, de ma part, fut intense. Lorsque j'ai acheté ce magnifique ouvrage de près de 500 pages seule une force de volonté importante m'empêcha de me plonger dedans sans pauses ni sommeil. Il faut dire que, outre un texte extrêmement bien écrit, les autrices ont ajouté une bibliographie intéressante mais aussi une iconographie qui est directement reliée au propos. Le livre est construit de manière chronologique en 4 parties.

    La première partie se concentre sur la période 1789-1871 avec 4 chapitres. Les autrices justifient leur choix tout en notant que les féminismes, en tant que mouvement politique, ne sont pas encore nés en 1789. Personnellement, j'aurais apprécié un chapitre entier sur les penseurs et penseuses des droits des femmes de l'époque médiévale. Les autrices se concentrent sur les moments révolutionnaires pour expliciter les tentatives de libéralisation des droits des femmes. Elles notent surtout que ces tentatives sont toujours et presque immédiatement contré par les pouvoirs politiques et les hommes.

    La seconde partie s'intéresse à la période 1871-1944. C'est une période qui est entourée par deux régimes autoritaires avec la création de la Troisième République au centre. C'est aussi la fin du XIXème et donc l'arrivée des thèses marxistes et des luttes syndicales. Bien que des socialistes utopistes aient existé, ils sont moins importants après 1871. L'époque voit deux questions principales. Premièrement, se pose la question de la capacité des femmes à travailler. Faut-il une protection spéciale des femmes ou doit-on leur donner les même droits et devoirs que les hommes ? Une seconde question concerne le droit de vote qui ne sera accepté, en France, qu'en 1944. La période permet aussi d'observer les premiers mouvements antiféministes, on peut mentionner le misogyne Proudhon dont les propos sont difficilement soutenables.

    La troisième partie concerne 1945-1981. Après une perte de vitesse des mouvements féministes, ceux-ci reprennent de l'importance à la suite du livre de Simone de Beauvoir mais aussi après les événements de 68. Les mouvements se rajeunissent fortement tout en théorisant de nombreuses idées. En France, la période permet de poser la question du droit au contrôle de son corps. Dans un pays qui pénalise l'avortement, la contraception et la simple information concernant ces deux thèmes, le militantisme commence par se baser sur des questions purement médicales concernant la contraception. Ce n'est que plus tard que des mouvements féministes décident de s'attaquer à la criminalisation de l'avortement en pratiquant publiquement et en défendant les femmes qui risquent la prison. Marquant l'impossibilité de faire respecter une loi de moins en moins défendable.

    La dernière partie est la plus proche de nous puisqu'elle débute dans les années 80 pour se terminer en mars 2020. Les premiers chapitres démontrent l'intégration des mouvements féministes et des féministes au sein de l'état via des organes officiels mais aussi à l'aide de subventions. Des solutions militantes deviennent des actions professionnelles soutenues par l'appareil d'état et les membres du gouvernement. La période marque aussi les débuts des études sur les femmes, féministes puis de genre à l'université. Mais les autrices marquent aussi le renouveau d'un militantisme qui utilise fortement les outils de communications que sont les réseaux sociaux et internet. Grâce à ces outils, de nouvelles militantes entrent dans les mouvements et revendiquent des idées inclusives, en contradiction avec un féminisme universel. L'inclusion de nombreux combats, contre le racisme, contre l'homophobie, contre la transphobie, est contrée à la fois par des antiféministes et des féministes universalistes. La fin de cette période est marquée par le moment metoo qui aboutit à des condamnations en France même et aux réactions outrées des féministes face aux Césars de 2020, récompensant un homme condamné pour viol ayant fui la justice.

    Ce livre parle des féminismes français. Mais au lieu d'en rester à une histoire classique les autrices mettent en avant les multiples féminismes. En particulier, elles décrivent les féminismes pensés par les personnes racisées de nationalité française et leurs critiques des féminismes des femmes blanches. Les autrices réussissent aussi à montrer la richesse de ces mouvements et leurs combats internes entre différentes tendances. Même en ne s'intéressant qu'à la France, ce livre est riche et permet de bien mieux comprendre un mouvement qui est en train de se renouveler avec l'aide des réseaux sociaux.

    Image : Éditeur