• East of west 10 par Jonathan Hickman et Nick Dragotta

    Titre : East of west 10
    Auteurs : Jonathan Hickman et Nick Dragotta
    Éditeur : Image Comics 22 juillet 2020
    Pages : 128

    Depuis le début il était annoncé que la fin des temps approchait. À la suite du retour de Mort et de sa femme, Xiolian, les nations des Amériques se sont heurtées les unes contre les autres. Dans ce combat deux nations sont tombées face à un ennemi interne ou externe. Une nation observe. Tandis que deux autres se préparent à la dernière guerre, celle qui permettra de savoir qui va fonder le futur ou le détruire. Alors que l'humanité des Amériques continue à sa battre les Cavaliers, elleux, résolvent leurs propres problèmes.

    SPOILERS

    Il est difficile de terminer une histoire. Surtout quand cette histoire s'annonce parler d'un problème dans ce qui est conçu comme un fonctionnement normal du monde. Encore plus lorsque l'histoire annonce parler de la fin avec une guerre pour tout détruire et un être destiné à supprimer le monde. Sans pour autant faire exactement ce que l'on attendait, ce dernier volume réussit à terminer son histoire.

    Il termine son histoire tout simplement en annonçant que la fin est aussi un début. Ainsi, la guerre et la destruction ont mis fin à un monde. Mais celui-ci peut être refondé sur de nouvelles bases, si possible plus saines. Selon moi, c'est une bonne fin.

    *
    **
    ***
    ****
    ***** Oui, je suis satisfait de la fin de cette série

    Image : Éditeur

  • The Fowl Twins par Eoin Colfer

    Titre : The Fowl Twins
    Auteur : Eoin Colfer
    Éditeur : Disney 5 novembre 2019
    Pages : 320

    Artemis Fowl II a eu sa dernière aventure avec les fées. Depuis le blackout mondial les Fowls sont donc devenus les allié.e.s des fées dans un monde qui est un peu plus favorable envers la nature. Les parents ont d'ailleurs changé de maison pour une construction écologique. Mais si Artemis Fowl II a d'autres projets en tête, dont un voyage en cours en direction de Mars, ses deux frères pourraient toujours créer des problèmes. L'un, Beckett, aime agir tandis que le second, Myles, ressemble beaucoup à son frère. Bien que Myles ne croît pas aux fées il sera obligé de revoir ses a priori lorsqu'un chasseur anglais, une nonne, une pixie et un troll se retrouveront simultanément dans sa vie.

    SPOILERS

    J'avais beaucoup aimé la série Artemis Fowl même si certains livres étaient moins bons que d'autres. Artemis était un criminel et un génie mais aussi un enfant qui souhaitait surtout retrouver ses parents. Il était facile de se mettre dans ses chaussures et d'éprouver de l'empathie pour lui-même dans les actes les plus irresponsables. Donc quand j'ai su, un peu tardivement, que l'auteur avait écrit une sorte de suite sur les frères jumeaux d'Artemis j'ai souhaité me replonger dans ce monde. Malheureusement, la magie ne fonctionne pas. Pire, la magie est absente.

    Ce qui explique l'échec de ce roman, sans le rendre extrêmement mauvais pour autant, sont les personnages. L'auteur a eu la bonne idée de changer de personnages ce qui permet d'éviter de revenir sur ce qui a été écrit auparavant. Mais ces nouveaux personnages sont détestables. Le méchant principal ressemble à une caricature de vilain de comics ou de James Bond écrit dans un moment de grande fatigue, pour remplir des pages. La seconde personne que l'on peut considérer comme mauvaise est tout aussi caricaturale, une nonne qui mixe espagnol et anglais. Myles est censé être sympathique mais ne réussit qu'à exaspérer lors de la lecture. Son frère est censé créer une dose d'humour mais son écriture est paresseuse ne créant que l'exaspération lors de ses dialogues.

    Ce qui n'aide pas le roman est aussi sa longueur. Toutes les scènes sont très longues pour aucunes bonnes raisons. Eoin Colfer, de temps en temps, explique quelques scènes mais son écriture donne l'impression d'être sur pilote automatique afin de noircir des pages. Tout se répète de nombreuses fois, tout est lent quand ce n'est pas grotesque. Des révélations ne sortent de rien simplement pour permettre au récit de continuer. Bref, ce roman me semble assez médiocre et ce n'est pas le fait qu'il soit destiné à un public jeune qui va me rendre plus indulgent, au contraire.

    *
    **
    *** Une énorme déception, un roman qui ne tient que par son lien avec Artemis Fowl. Vais-je réellement accepter de subir le second volume ?
    ****
    *****

    Éditeur

  • La République Helvétique. Laboratoire de la Suisse moderne par Biancamaria Fontana

    Titre : La République Helvétique. Laboratoire de la Suisse moderne
    Autrice : Biancamaria Fontana
    Éditeur : Presses polytechniques et universitaires romandes 3 novembre 2020
    Pages : 160

    La République Helvétique est souvent décrite ainsi : c'est une période méconnue de l'histoire du pays et c'est le régime le plus détesté de l'histoire de la Suisse. En dehors de ces deux proclamations peu de personnes ont réellement des connaissances concernant cette courte période de ce qui deviendra, ensuite, un pays reconnu et modelé par les grandes puissances européennes. Pourtant, cette courte période est riche aussi bien en événements qu'en idées qui sont ensuite réutilisée pour la construction de l'état Suisse. Biancamaria Fontana, dans ce petit livre, tente de mettre en avant la richesse des débats de l'époque autours des différentes questions posées par la République Helvétique.

    Le premier et le dernier chapitres font offices d'introductions et de conclusions à l'ouvrage. Le second chapitre pose la question du lien entre la France, sous le régime du Directoire, et les demandes d'aides de la part de milieux prorévolutionnaire en Suisse. Ce chapitre permet d'expliquer les raisons derrière la construction d'un état uni, du moins sur le papier, et donc la destruction des états cantonaux ancestraux. Cette union permet de détruire les anciennes aristocraties mais, sans le vouloir, cela permet aussi de concrétiser l'existence de la Suisse en tant qu'état en Europe.

    Les chapitres 3 et 4 s'intéressent aux débats internes au pays. Tout d'abord, se pose la question de la nouvelle constitution. Celle-ci garde l'idée de démocratie mais imite les institutions françaises. Ce qui implique une séparation des pouvoirs qui n'existait pas auparavant. Ensuite, se pose la question du fonctionnement du fédéralisme dans un monde moderne. Plusieurs auteur.e.s sont ici mobilisé.e.s par Biancamaria Fontana. Ce qui lui permet de mettre en avant une certaine contemporanéité des questions soulevées, par exemple le lien entre les dirigeants politiques et la population.

    Le chapitres 5 et 6 me semblent s'intéresser aux relations avec le reste du monde et la France en particulier. En effet, la République Helvétique est souvent intégrée aux républiques sœurs mises en place lors des guerres du Directoire aussi bien comme moyen d'étendre les idées révolutionnaires que comme moyen de défense externes. Ces républiques sœurs ont eu une courte histoire, subissant soit la reprise de contrôle de la part de monarchie soit l'intégration au sein de la France tout en ayant vécu des spoliations militaires par l'armée française. Le destin de la Suisse est différent puisque, comme l'explique le chapitre 6, Napoléon convoque des suisses afin de créer un nouveau régime, plus stable et qui durera jusqu'au congrès de Vienne en 1815, sous le nom de Médiation. Même si une partie de ce qui est la République Helvétique est abandonné cet acte de Médiation consolide d'autres points, en faisant des acquis.

    Ce livre est très synthétique et s'intéresse peu aux événements ou aux questions sociales. L'autrice analyse les différentes œuvres philosophiques et politiques tout en les insérant dans un contexte précis. Par son analyse elle permet de comprendre de quelle manière des idées permettent de remodeler le pays ou sont confrontées à la réalité et donc amendées. Selon moi, nous avons ici un bon livre qui permet à tout un chacun de mieux comprendre cette courte période de notre histoire, période pourtant si liée à la constitution de 1848.

    Image : Éditeur

  • To be taught, if fortunate par Becky Chambers

    Titre : To be taught, if fortunate
    Autrice : Becky Chambers
    Éditeur : Harper Voyager 3 septembre 2019
    Pages : 176

    Je suis tombé sur une critique de ce livre en faisant ma ronde des booktubers et des blogs de lectures. Je ne connaissais pas l'autrice mais le récit me semblait intéressant. Ce petit livre nous parle d'un effort commun de l'humanité en direction de l'espace. 6 missions sont envoyées en direction d'exoplanètes capables, potentiellement, d'abriter la vie. La mission 6 est constituée de 4 personnes dont la narratrice. Nous suivons leurs aventures, leurs recherches, leurs espoirs et déceptions sur 4 planètes d'un système fondé autours d'une naine rouge.

    SPOILERS

    Ce petit roman est basé avant tout sur la qualité des relations humaines entre les personnages et de leurs idéaux. On ne sait pas de quelle manière ces différentes personnes ont été choisies pour faire partie de cet équipage mais on sait qu'elles sont toutes membres d'une organisation qui valorise la science, l'éthique et la collaboration. Il est normal que les personnes recrutées possèdent ces idéaux. L'autrice nous présente rapidement, et sans trop s'attarder, les personnages. Illes sont de genres, sexualités et d'ethnies diverses sans que cela ne soit central dans le propos. On comprend vite que les relations sexuelles et amoureuses dépendent des besoins et souhaits de l'équipage et non d'une relation fermée et exclusive. L'autrice semble vouloir nous montrer un équipage qui fonctionne de manière équilibrée. Ce qui ne l'empêche pas de montrer les tensions psychologiques d'une telle mission lors du troisième chapitre, particulièrement difficile pour les 4 personnages.

    Ce roman est aussi une ode à la science. Fréquemment, la narratrice s'interrompt pour expliquer certains termes scientifiques ou certaines procédures. Tous les personnages sont des scientifiques et adorent débattre, chercher, échouer à comprendre mais relancer des questions. Personnellement, j'ai adoré lire ces 4 personnes en train de travailler comme des scientifiques soit sur le long terme avec des procédures draconiennes mais nécessaires pour posséder des données qui permettent de répondre à des questions précises. J'ai adoré lire ces personnages s'exclamer de plaisir lorsqu'une découverte était faites ou simplement de merveille face au simple plaisir d'observer quelque chose de nouveau. Ce livre aime la science et considère le savoir comme une fin en soi et non un moyen en direction d'un but économique.

    *
    **
    ***
    ****
    ***** Ce petit roman m'a fait l'effet d'une après-midi d'hiver au coin du feu

    Éditeur

  • La ville médiévale. Histoire de l'europe urbaine 2 par Patrick Boucheron et Denis Menjot et sous la direction de Jean-Luc Pinol

    Titre : La ville médiévale. Histoire de l’Europe urbaine 2
    Auteurs : Patrick Boucheron, Denis Menjot et Jean-Luc Pinol
    Éditeur : Seuil 2011
    Pages : 544

    Je l'ai sûrement déjà écrit, je connais mal l'histoire urbaine. Le connais encore moins dans le cadre de l'histoire médiévale. Alors que je connais bien la place des villes au sein de l'antiquité romaine leur déclin, mais non disparition, lors de la longue période médiévale a rarement été questionné par mes choix de lectures. Souhaitant mettre en question mes connaissances je me suis donc intéressé à un manuel mais aussi à ce livre écrit à plusieurs mains. Il est tiré à part, et sous format poche, d'un ouvrage bien plus important qui s'intéresse à l'histoire urbaine européenne depuis l'antiquité jusqu'à nos jours (tous ces livres sont disponibles en poches dans 5 autres volumes).

    Le livre est construit en 4 parties de 2 à 3 chapitres. La première partie concerne le haut moyen-âge soit le VIIIème siècle au XIème siècle. Un premier chapitre nous permet de comprendre l'effacement des villes mais aussi la continuité d'une forme de pouvoir ecclésiastique. Cette continuité permet aux villes de garder une certaine forme de domination sur leur espace proche, sous la conduite de l'Église. Un troisième chapitre permet de s'intéresser aux cités musulmanes, un thème que je connais très peu. Plusieurs exemples permettent d'illustrer le fonctionnement de ces villes en ce qui concerne la place des différentes professions mais aussi du pouvoir au sein de l'urbain. Il faut aussi mentionner un chapitre qui examine les nouvelles formes urbaines qui quittent, souvent, les milieux urbanisés sous la civilisation romaine. Après cette introduction concernant la ville et ses transformations une nouvelle partie s'intéresse au renouveau urbain du XIème au XIVème siècles.

    En deux chapitres cette seconde partie permet de comprendre pourquoi des villes sont fondées. En dehors du commerce qui permet aux villes de retrouver une population importante il faut prendre en compte les besoins spatiaux des différents royaumes. Fonder une ville permet un contrôle de l'espace et des voies de commerce tout en créant un milieu favorable à l'économie locale. Les auteurs examinent aussi la construction des villes qu'elles soient anciennes ou nouvelles. En particulier, les enceintes et les marchés sont directement examinés. En effet, les enceintes permettent de défendre la ville mais aussi de marquer son importance à l'aide d'un ouvrage de prestige. D'ailleurs, certaines familles sont censées s'occuper de certaines parties de l'enceinte. Les marchés, eux, permettent de contrôler l'espace économique de la ville.

    La troisième partie s'intéresse, enfin, aux personnes qui habitent dans les villes en nous parlant du travail mais aussi des sociabilités. Le chapitre sur le travail permet de comprendre la richesse des différents métiers urbains mais aussi leurs organisations au sein de guildes ou de hanses. Ainsi, les personnes qui travaillent ont des statuts, donc des droits et devoirs, spécifiques qui permettent une inscription dans la hiérarchie urbaine. J'ai particulièrement apprécié l'autre chapitre qui permet réellement d'imaginer la vie en ville. Les auteurs nous montrent que la ville est divisée en quartiers contrôlés par différentes familles. Ces quartiers peuvent même être séparés par des portes marquant le contrôle local. Ce chapitre donne l'impression de villes profondément divisées selon les capacités de contrôle de l'espace urbain.

    Enfin, la dernière partie s'intéresse au politique en relation avec les villes. Petit à petit, certaines villes commencent à prendre leur autonomie, contrôlant une région en tant que seigneurs. Ce qui implique la constitution d'un mode de gouvernement mais aussi d'une élite urbaine aussi bien politique qu'économique qui met en question le contrôle spatial des grandes familles sur le commun. La fin de l'époque médiévale est aussi un moment de crises pour les villes qui subissent les épidémies et les guerres, ce qui implique des ponctions fiscales importantes ainsi que des frais pour la défense et le ravitaillement. Dans le même temps, les différentes monarchies tentent de reprendre le contrôle des villes en détruisant, parfois, les enceintes ou en cooptant les élites administratives au sein de leur gouvernement. Ce qui permet aux auteurs du livre de considérer la ville médiévale comme un moyen de créer l'état.

    En conclusion, nous avons ici un livre riche dont je n'ai fait qu'effleurer le propos. Il faut avouer que je n'ai pas compris toutes les thèses des auteurs, ceci dépendant de mes propres méconnaissances de l'histoire urbaine. Mais ce livre n'est pas non plus impossible à lire pour les personnes qui ne sont pas expertes. Il demande simplement certaines connaissances de bases de l'époque médiévale et d'accepter de remettre en cause certaines idées sur la période.

    Image : Éditeur

  • Artemis Fowl

    Artemis Fowl est un jeune garçon de 12 ans. Il aime le sport (Artemis qui fait du sport ? C'est quoi ça ?). Il aime son père. Il aime montrer son intelligence mais celle-ci n'est pas visible dans le film. Alors que son père disparait en pleine mer Artemis découvre que sa famille possède un ancien secret : elle est la gardienne d'artefacts provenant du monde des fées. Passant outre son scepticisme, il décide de capturer une fée afin de les forcer à l'aider à retrouver son père.

    SPOILERS

    Une adaptation des romans Artemis Fowl par Eoin Colfer peut m'intéresser. J'ai beaucoup aimé les livres qui réussissent à créer un antihéros attachant. Le film échoue totalement à adapter le matériel d'origine. L'intrigue insulte les personnes qui aiment les livres tout en étant incompréhensible pour les personnes qui ne connaissent pas cet univers. En effet, l'adaptation mêle des éléments de plusieurs tomes. Le film essaie de nous expliquer ce monde pendant de longues scènes d'expositions et pourtant il échoue totalement à nous faire comprendre son fonctionnement. Le film est d'un ennui profond et ne mérite même pas d'être considéré comme un ratage sympathique. C'est une adaptation sans saveurs et sans âme qui réussit l'exploit de trahir l'entier des romans en à peine 90 minutes.

    * A détruire afin de sauver les générations futures de cette horreur
    **
    ***
    ****
    *****

  • Watchmen saison 1

    2019, une série événement déferle sur les écrans : Watchmen. Celle-ci se déroule dans un univers uchronique d'abord dans un comics, Watchmen suivi de suites peu acceptées (à raison), par un film de Snyder incapable de créer et se contentant de copier les cases du comics puis une série et un second comics qui relie cet univers à celui de DC. Cet univers alternatif se déroule aux USA. Nixon a pu être réélu à de nombreuses reprises. Les USA ont gagné la guerre du Vietnam. Et après une loi les héros costumés ont été interdits. La série se déroule plusieurs décennies après les événements du comics dans la ville de Tulsa. Celle-ci est le lieu de l'affrontement entre la police et une milice suprémaciste blanche : la septième cavalerie. La septième cavalerie avait disparu depuis des années, planifiant dans l'ombre afin de reprendre la guerre. Mais comment ? Et pourquoi ?

    SPOILERS

    Que l'on soit immédiatement clair, cette série est une véritable réussite. La photographie est superbe. Je ne compte pas les scènes dont la création sont tout simplement confondantes de maitrise et de symbolisme. La musique est magnifique et accompagne parfaitement l'ambiance. Les dialogues et l'intrigue sont tout aussi bons, et inscrit dans l'époque actuelle plutôt que de jouer sur la nostalgie du comics. Bien entendu, cela aurait pu ne pas fonctionner sans de très bons acteurs et actrices.

    Comme je l'ai dit plus haut, cette série est fortement inscrite dans le contexte actuel. Il est d'ailleurs assez piquant de la regarder alors que Trump perd la présidentielle. Cette série nous parle de racisme, du racisme inscrit dans l'histoire et le fonctionnement socio-économique des USA (ce qui ne veut pas dire que d'autres pays ne sont pas structurellement racistes). Les intrigues se divisent entre un passé, le massacre de Tulsa, et le présent, 2019 à Tulsa. Entre ces deux périodes, le monde a changé et des décisions ont été prises pour atténuer le racisme structurel et stopper les suprémacistes blancs. Mais, comme la série le monde, ces personnes sont toujours présentes dans l'ombre. Elles souhaitent le retour à un moment historique considéré comme meilleure, avec une place naturelle hiérarchiquement pour les personnes blanches face aux autres. Ce que dit le sénateur, textuellement, dans la série. Ainsi, les suprémacistes ne sont plus forcément visibles mais la série montre que ces personnes existent encore dans la société mais aussi au sein de la police et des milieux politiques.

    La série parle aussi de pouvoir et du bien commun en particulier à l'aide du Dr Manhattan, de Lady Trieu et, bien entendu, Ozymandias. Les deux derniers personnages sont des génies qui utilisent leur intelligence pour guider le monde en direction d'un avenir qu'illes considèrent meilleurs. Mais illes ne prennent pas en compte les dégâts sur les gens ni leur libre arbitre. Nous avons donc deux personnages qui usent de leur pouvoir sans prendre en compte l'éthique de leurs actes. Face à elleux, nous avons une figure divine capable de tout qui choisit de ne pas agir et de camoufler son existence. Il pourrait tout changer, tout modifier, mais il s'y refuse. Se pose donc la question de ce que l'on peut et ce que l'on doit faire quand on est tout puissant. Faut-il agir au risque de devenir un tyran ou renoncer à la possibilité d’agir ?

    *
    **
    ***
    ****
    ***** Est-ce possible d'être parfait ? Je ne pense pas, mais cette série approche de la perfection.

    Site officiel

  • The shadow of Kyoshi (avatar the last airbender) par F. C. Yee

    Titre : The shadow of Kyoshi (avatar the last airbender)
    Auteur : F. C. Yee
    Éditeur : Amulet 21 juillet 2020
    Pages : 352

    Kyoshi est l'avatar depuis maintenant deux ans. Elle n'est pas aussi aimée que Yun ni aussi capable en ce qui concerne les relations avec la noblesse du royaume de la Terre. Mais elle agit de manière forte et sans concession contre les bandes de bandits qui vivaient sur le royaume. Elle tente aussi de retrouver Yun tout en apprenant ce que son rôle implique, ayant l'impression d'échouer plus souvent que de réussir. Une invitation à une fête au royaume du Feu pourrait lui permettre de se reposer un peu, ou pas.

    SPOILERS

    Ce roman suit le premier roman dans son intrigue. On retrouve donc une partie des intrigues du premier, en particulier la relation avec Yun et les essais de Kyoshi d'être différente. Le roman permet aussi de continuer à construire l'univers d'Avatar. En particulier, il donne plus de substance à Kuruk qui, jusque-là, était décrit comme un Avatar qui n'avait pas réellement agit. Son destin, tel qu'il est écrit, est particulièrement tragique.

    Ce roman s'inscrit aussi dans la tradition de cet univers de placer les personnages face aux conséquences de ce qui a été fait par le passé. Kyoshi doit agir parce que Kuruk n'a pas pu garder l'équilibre dans le monde des humain.e.s. Kuruk a dû agir ainsi car Yangchen n'a pas réussi à garder l'équilibre entre les esprits et les humain.e.s. Aang et Korra aussi suivent ce schéma. Bien entendu, on comprend que les figures du passé, même sublimée, ne sont pas parfaites. Mais le roman explique surtout que les Avatars, et nous par extension, devons continuer de tenter à trouver la bonne solution. Des erreurs seront faites mais, avec de la chance et de la sagesse, celles-ci seront de moins en moins nombreuses.

    *
    **
    ***
    **** Une suite que j'ai beaucoup aimé pour continuer à construire un univers que j'apprécie
    *****

    Image : Éditeur

  • La République romaine 133-44 av. J.-C. par Janine Cels Saint-Hilaire

    Titre : La République romaine 133-44 av. J.-C.
    Auteur : Janine Cels Saint-Hilaire
    Éditeur : Armand Colin 20 mai 2020
    Pages : 254

    Ce court livre se concentre sur une période précise de la République romaine : les années de crises. Cette période, ses différents problèmes, permet de comprendre pourquoi et comment on est sorti de la légalité républicaine pour entrer dans un nouveau régime, le Principat. Pour cela, l'auteur écrit 7 chapitres. Il ajoute, comme de coutume dans cette collection cursus, un examen de plusieurs écrits dans le cadre d'annexes.

    Le premier chapitre permet de placer le décor. Janine Cels Saint-Hilaire y fait un résumé du fonctionnement de la République et des différents mots qui permettent de la comprendre. Il faut, en particulier, faire attention au terme mos maiorum fréquemment invoqué pour condamner des adversaires.

    Les trois chapitres qui suivent permettent d'expliciter les tentatives de réformes. La première est la réforme agraire tentée par les frères Gracques. Celle-ci a comme but de restaurer l'idéal de citoyen soldat capable de payer ses armes à l'aide son travail de la terre. Mais les guerres ont mis à mal cet idéal. La population s'est appauvrie, une minorité devenant extrêmement riche, ce qui crée un risque pour l'armée dont les membres sont de moins en moins nombreux. La deuxième réforme est, justement, celle de l'armée. À la suite de Marius, les soldats ne sont plus des citoyens mobilisés mais des volontaires qui acceptent le service en échange d'une participation au butin, en terre, esclaves ou en monnaie. Enfin, l'auteur mentionne la guerre sociale entre les alliés et la République romaine. Celle-ci découle des demandes de plus en plus fortes envers les alliés tout en fermant l'accès à la citoyenneté romaine, et ses avantages.

    Les trois derniers chapitres montrent les problèmes créés par les guerres civiles. Bien entendu, la République romain a souvent connu des problèmes sociaux entre les membres de sa société. Mais l'auteur explique que ces problèmes étaient résolus de manière politique par une modification des règles. Depuis les Gracques, c'est la violence qui régule les contestations. De plus, par suite de Marius puis Sylla, les soldats sont fortement liés à leurs généraux qui leurs permettent de gagner de l'argent, et bien moins à la République. Ce lien de clientélisme permettra à Pompée, Jules César et Octave de pouvoir faire la guerre contre d'autres romains. Pour finir, les personnes les plus importantes commencent aussi à prendre sur eux des charges illégales. Sylla fut dictateur à vie, comme Jules César. Sans mentionner Octave qui fut consul, tribun, grand pontife, etc.

    Ce petit livre est un bon moyen de comprendre les raisons de la fin de la République. Le propos est clair, structuré et pas trop spécialiste tout en définissant les termes importants pour comprendre l'époque et la société romaine antique. Ce livre peut permettre d'entrer dans des ouvrages plus spécialisés.

    Image : Éditeur

  • The Assistant

    TW : abus psychologique, environnement de travail toxique, mention d'abus sexuel

    Jane est une jeune femme récemment arrivée dans l'entreprise. Elle est assistante d'un producteur avec deux autres personnes. Étant la plus jeune, elle arrive en premier avant tout le monde et elle part après tout le monde. Le film se déroule durant un jour entier de travail. Elle doit nettoyer les bureaux, gérer les agendas et personnes, elle doit aussi préparer la nourriture et les boissons tout en faisant le tampon entre l'extérieur et son patron. Lors de cette journée Jane se rend compte, petit à petit, que quelque chose d'étrange se déroule dans les bureaux de son entreprise. Mais que peut faire une jeune assistante ?

    SPOILERS

    Ce court film est tout de même très dense. Rapidement, on se rend compte que les conditions de travail de Jane ne sont pas normales. Elle n'a pas de week-end. Elle passe de longues heures à s'occuper de tâches qui ne devraient pas être les siennes. Elle est considérée comme inférieure par ses collègues qui lui lancent des boules de papier pour avoir son attention. Son patron lui hurle dessus en cas d'erreur et exige des excuses de sa part. Il y a donc une atmosphère de travail très difficile, hiérarchisée sans aucune attention envers Jane. Je note, en particulier, la scène chez les RH qui montre le responsable passer des compliments aux critiques les plus acerbes en quelques minutes.

    Rien n'est réellement montré dans ce film, à l'exception des dernières secondes de la dernière scène. Tout est dans le sous-entendu. Tous les employé.e.s savent ce que fait le producteur dans son bureau. Lorsque Jane essaie de signaler ce qu'elle sait on l'en dissuade puis le responsable des RH lui dit de ne pas avoir de crainte, elle n'est le type du producteur. Montrant par là sa connaissance de ce qui se déroule. Tout se dit aussi. Dès que Jane mentionne ce qui arrive les autres employé.e.s et son patron savent ce qu'elle a dit et à qui, ce qui la force à rester silencieuse si elle veut garder son emploi. Il y a donc une pression importante de la hiérarchie pour cacher ce qui est su par tout le monde.

    *
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    ***
    ****
    ***** Sobre mais très efficace

    Image : Site officiel