• L'exécution du roi. 21 janvier 1793 par Jean-Clément Martin

    Titre : L'exécution du roi. 21 janvier 1793
    Auteur :  Jean-Clément Martin
    Éditeur : Perrin 14 janvier 2021
    Pages : 411

    Louis XVI se lève pour son dernier jour le 21 janvier 1793. Il meurt en public alors sans que les parlementaires n'interrompent leurs travaux. Avec la mort de Louis XVI la monarchie absolue a vécu, bien que la monarchie revienne durant le XIXème siècle. Jean-Clément Martin, dans ce livre, commence par la fin pour ensuite nous permettre de comprendre comment la Révolution a pensé le roi. Plus important, comment le roi est devenu un simple humain qui peut mourir des mains du peuple en cas de trahison.

    Ce livre est construit en 9 chapitres chronologiques entre 1770 et le 28 janvier 1793. Le premier chapitre est en dehors de cet ordre chronologique car il fait le récit de la mort du roi. Le second chapitre remonte plus loin que la période révolutionnaire afin de comprendre le comportement politique de Louis XVI. Les autres chapitres se concentrent sur les débats et les combats politiques autours des actions du roi. La mort du roi n'est pratiquement qu'un événement qui cache opportunément les divisions politiques du parlement dans une période entre deux constitutions avec des révoltes internes et la guerre à l'extérieur.

    Pour nous montrer ces débats et les divisions politiques de la France non seulement au sein du parlement, entre députés, mais aussi entre Paris et le parlement, Paris et le reste de la France et entre les sans-culottes et le monde politique Jean-Clément Martin utilise principalement les débats publiés, parfois des discours qui n'ont pas été déclamés. Cette méthode lui permet de montrer ce qui importe pour les députés à un moment donné. L'auteur essaie ensuite de comprendre pourquoi ces thèmes sont utilisés à un moment ou à un autre ce qui permet d'expliquer les raisons derrière certaines décisions qui peuvent ne pas être légales mais sont un moyen opportun de lutter contre un adversaire politique.

    Louis XVI n'est donc pas très présent. Mais la lecture de ce livre permet d'éviter que son ombre ne cache le fonctionnement des débuts de la République sous la période révolutionnaire. La lecture en est plaisante quoique parfois difficile. En effet, Jean-Clément Martin nomme de nombreuses personnes ce qui implique de garder en tête un nombre impressionnant de personnages et de positions politiques. De temps en temps, l'auteur explicite aussi certaines positions historiographiques pour montrer les problèmes posés par l’interprétation des sources. Selon moi, nous avons ici un livre particulièrement intéressant qui examine de prêt un moment spécifique de la Révolution en évitant les mythes pour mieux se rapprocher des calculs politiques dont la mort du roi ne devient qu'un des effets.

    Image : Éditeur

  • No time to die. James Bond / Mourir peut attendre

    CW : menaces physiques, menaces psychologiques

    James Bond est finalement prêt à laisser Vesper dans le passé. Il accompagne une nouvelle femme, Madeleine, afin de terminer cette partie de sa vie et de prendre un peu de temps sur la tombe de Vesper. Mais Spectre est prêt. La tombe explose et James Bond décide de tout abandonner croyant avoir été trahi. 5 ans plus tard, il est à la retraite sur une petite île. Il essaie de vivre tranquillement mais la CIA souhaite le recruter pour enlever un chercheur qui travaille pour Spectre après un kidnapping. Si James Bond accepte, il pourrait se retrouver à devoir lutter contre le MI6.

    SPOILERS

    Voici enfin le dernier James Bond de Daniel Craig. Est-il aussi bon qu'on nous le dit ? Est-ce une véritable réussite ? D'une certaine manière, oui. À plusieurs reprises le film nous offre des hommages discrets à la série de films et à Daniel Craig. Mais, d'un autre côté, ce film a plusieurs problèmes qui mériteraient d'être résolus avant de changer de personnes pour incarner James Bond.

    Encore une fois, et d'autres personnes en ont parlé mieux que je n'en serais capable, les vilains du film sont des hommes défigurés. Le méchant principal semble avoir été brûlé et a du mal à marcher pendant une partie du film. Un autre, un lieutenant, est borgne et l'une des personnages du film le menace de l'aveugler en lui expliquant que sa vie serait terminée. Ce n'est de loin pas la première fois que cette manière d'écrire des vilains est utilisée dans les James Bond. Il faut que ceci cesse.

    Un second problème concerne le passage du flambeau. Après la retraite de James Bond son numéro est donné à une femme noire, Nomi, tout aussi voire bien plus efficace que son prédécesseur. J'ai cru que l'on verrait James accepter de laisser quelqu'un d'autre, une personne différente, prendre sa place. Ce n'est pas ce que l'on nous montre. Très rapidement, Nomi s'efface et laisse James porter le film et l'intrigue. Même si certaines scènes montrent que Bond commence à avoir un certain respect pour Nomi c'est elle qui abandonne ce qu'elle a gagné pour tout rendre à Bond. Je trouve cette décision de la réalisation particulièrement décevante.


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    *** J'attendais mieux
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    Image : Site officiel