Politique - Page 7

  • Frost/Nixon

    Ce film est sorti en 2008 mais je n'avais pas pris le temps de le voir. Néanmoins, je m'en suis toujours souvenu d'autant que la critique était largement bonne à son sujet. J'ai donc pris le temps de le visionner en DVD. Le film dépeint l'histoire de la confrontation entre le présentateur de Talk Show David Frost et l'ancien président Nixon. Cette confrontation s'est faites après la démission du président qu'il décida en plein cœur du scandale, bien connu, du water-gate. L'interview en lui-même prend peu de place dans le film. La préparation mutuelle et les ennuis d'argents de Frost sont plus mis en avant. Mais ça ne veut pas dire que l'on ne retrouve pas la guerre que se livrèrent les deux protagonistes. Nixon souhaitant se réhabiliter et tentant de manipuler un David Frost qui devra essayer d'éviter de paraître laisser l'ancien président se disculper. Mais comment un simple présentateur de Talk Show, même célèbre, fera-t-il pour déjouer les intrigues de Nixon?

    Ce film n'est pas intéressant que pour la période dépeinte. L'affaire du watergate, bien entendu, restera emblématique des scandales d'état. Mais ce que nous observons dans ce film c'est comment un politicien discrédité essaie de retrouver du respect à travers une interview. Nous voyons aussi comment le présentateur essaie de se préparer contre la manipulation qu'il ne manquera pas de subir. L'intrigue elle-même est entrecoupée de plusieurs moments lors desquels les personnages prennent directement la parole pour commenter les événements. On pourrait être agacé par ces interruptions mais je ne les ai pas trouvées particulièrement gênantes. On l'aura deviné, il n'y a pas d'action dans ce film. Il y a une lutte entre deux volontés: l'une qui souhaite trouver le respect et l'autre qui souhaite découvrir l'homme derrière le président et le soumettre à l'interrogatoire qu'il n'a pas eu à subir. C'est, à mon avis, un bon film qui dépeint assez bien cette lutte de volontés.

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  • Propagande, médias et démocratie par Noam Chomsky et Robert W. McChesney

    Titre: Propagande, médias et démocratiet048.jpg
    Auteur: Noam Chomsky et Robert W. McChesney
    Éditeur: Ecosociété 2004
    Pages: 209

    Ce livre contient, en fait, trois contributions différentes. La première est un essai de Chomsky sur la propagande et le journalisme. L'auteur y développe la thèse que les médias, non seulement ne sont pas critiques, mais sont utilisés par les élites dirigeantes pour manipuler l'opinion du citoyen. Chomsky, durant ces quelques pages, essaie de nous convaincre que tout est fait pour éviter que la population développe un esprit critique et un esprit de classe pour pouvoir mieux le manipuler et lui dire ce qui lui convient. En effet, selon l'auteur, les dirigeants et les élites intellectuelles pensent que la démocratie n'est possible que si la population laisse des personnes choisies chercher le bien commun.

    La seconde contribution est toujours de Chomsky. C'est une conférence orale sur le thème du journalisme. On pourrait dire que nous y trouvons une mise à jours des propos précédents. Mais on y trouve aussi une analyse du terrorisme qui conduit Chomsky à accuser les USA. En effet, pour Chomsky les USA sont aussi des terroristes car ils forcent la main à d'autres pays en les menaçant pour que leurs politiques restent celles qui étaient voulue par les dirigeants et les entreprises.

    La troisième contribution est celle de Robert McChesney. Il analyse plus spécifiquement la manière dont le journalisme et les médias de masse se sont développés aux USA. Sa thèse est que le marché médiatique est contrôlés par un petit groupe oligopolistique qui n'a aucun intérêt à mettre en place une logique de concurence. Le marché, dans son acceptation classique, a donc échoué. L'auteur milite pour la mise en place d'un véritable service public dans les médias sur le modèle de la BBC. Il souhaite aussi un débat de société sur l'avenir des médias de masses pour éviter à Internet d'être contrôlé par les logiques de profits aux dépends de nouvelles idées et manières de faire.

    Ces trois contributions sont très intéressantes à lire et stimulantes. Elles m'ont permis de réfléchir sur la manière dont la société actuelle fonctionne sous l'égide des USA et des entreprises. Néanmoins, bien que je retrouve des concepts et théories politiques, il y a très peu d'explication sur le fonctionnement des faits dénoncés. Comment les élites en viennent-elles à croire être qualifiées à guider le peuple? Comment le peuple est-il manipulé? Nous n'en savons rien dans ce livre. Je trouve, donc, que ce livre manque cruellement de méthode et d'explication. Ce qui est, à mon avis, dommage. Car il est tout aussi important de voir ce qui ne fonctionne pas que de comprendre pourquoi.

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  • "Elles sont 300 000 chaque année" par Simone Veil suivi de "Accéder à la maternité volontaire" par Lucien Neuwirth

    Titre: "Elles sont 300 000 chaque année" par Simone Veil suivi de "Accéder à la maternité volontaire" par Lucien Neuwirth51DC6oH9GJL._SL500_AA300_.jpg
    Éditeur: Points 2009
    Collection: Les grands discours
    Pages: 61

    Dans l'histoire nous connaissons, de temps en temps, de grands discours dont quelques mots restent compréhensible par une large part de la population. C'est le cas pour le "I have a dream" et, plus récemment, le "Yes we can" mais aucun français n'a oublié non plus le discours du générale de Gaule à la libération ("Paris meurtri, Paris outragé, Paris brisé... Mais Paris libéré"). Les éditions points ont, donc, donné au public quelques uns de ces discours historiques en les liant selon le thême.

    Les deux discours que je viens de lire concerne le droit des femmes à prendre en charge leur fertilité. Le premier est le discours de Simone Veil en 1974 qui marque la dépénalisation de l'avortement. Alors que, encore récemment pour l'époque, les femmes pouvaient être arrêtée pour s'être faites avorter Simone Veil, difficilement, réussit à obtenir une loi légalisant l'avortement mais mettant aussi en place une aide sociale envers les femmes. Le second discours concerne le sujet de la contraception. Dans un contexte de peur démographique Lucien Neuwirth réussit à faire accepter une loi légalisant la contraception tout en militant pour une politique familiale volontariste.

    On pourrait penser que ces discours ne sont pas très utiles à la lecture aujourd'hui. Mais au moment ou, en Suisse, certains milieux politiques tentent de remettre en question le droit à l'avortement il peut être intéressant de revenir aux textes des combats fondateurs. En effet, ce n'est pas seulement l'acceptation de deux pratiques que l'on peut retrouver à la suite de ces discours. C'est une progressive autonomisation du corps de la femme. Oui la femme peut enfin décider d'avoir ou non un enfant, la femme peut se dégager des risques qu'elle était seule à prendre. C'était une avancée majeure pour la société.

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  • A qui appartient la culture?

    Tous les médiévistes vous le diront: la culture n'appartient pas à l'être humain. En effet, durant la période médiévale, la culture n'était pas un bien que l'homme possédait. Les arts faisaient partie du monde de Dieu et, Dieu en étant le créateur, ne pouvaient pas être revendiqué par une seule personne. Bien sur, cela n'empêcha pas une production prolifique et le patronage de ce que nous nommons aujourd'hui des artistes. Bien au contraire, le moyen âge nous a offert de grandes œuvres qui restent encore aujourd'hui dans notre imaginaire collectif. En ne citant que les plus connus il est facile de parler de l'histoire de Tristan et Iseult et des légendes du roi Arthur. Mais le moyen âge ne nous pas légué que des écrits. Nous gardons aussi une philosophie et des monuments.

    Tout ceci ne répond pas à la question que j'ai posé et, surtout, n'explique pas pourquoi j'ai décidé d'écrire cette note. Qu'on le sache ou non plusieurs pays occidentaux sont en train de négocier le cadre d'un accord secret, nommé ACTA, restreignant fortement le droit des consommateurs. Je passe sur le caractère non-démocratique de cet accord: le secret lui-même dans un cadre institutionnel (et je souligne) n'est pas démocratique. Pourquoi donc les consommateurs sont ils toujours attaqués?

    On pourrait me rétorquer qu'on ne l'est pas: c'est faux. Depuis plusieurs années le consommateur de culture a été considéré, de plus en plus, non comme un citoyen mais comme un voleur en puissance. A tel point que, maintenant, n'importe quel acheteur de matériel d'écoute doit payer, en plus du prix, une taxe reversée ensuite comme droits d'auteur. En tant que consommateur nous sommes donc des pirates a priori. En plus, chaque achats de matériels d'écoute implique le paiement de cette taxe même si la majorité des personnes acquièrent leurs biens culturels de manière légale. Les consommateurs sont non seulement considéré comme voleurs a priori mais, en plus, surtaxés. Et je ne parle pas ici des autres dangers qui peuvent concerner le prêt de biens culturels. En effet, de plus en plus, il devient difficile de vouloir prêter à un ami des CD ou DVD. Les bibliothèques ont bien compris le danger puisque leur fonctionnement se base sur le prêt. C'est à tel point que je me demande si je ne suis pas hors du cadre légal lorsque je regarde un DVD avec une amie! Un ami n'est, en effet, pas inclus dans le cadre privé de la famille.

    Bref, à qui appartient la culture? Tout artiste devrait le savoir et tous les scientifiques aussi. La culture est, par définition, un bien de l'humanité. Le seul moyen pour un homme de garder le contrôle d'un bien culturel qu'il a créé est de ne pas le communiquer. Car, dès que vous communiquez vos œuvres, vous l'offrez à des personnes qui vont l'observer et le considérer avec leurs propres yeux. Ils vont le ressentir d'une façon ou d'une autre que vous n'aurez, peut être, pas attendus. Votre bien peut même devenir constitutif d'une identité collective comme la tour Eiffel l'est pour la France. Un bien culturel, par définition, ne peut pas être restreint par les droits de la propriété sans détruire, en grande partie, la force symbolique de ce même bien. Les voleurs ne sont donc pas ceux que l'on croit.

  • La vie privée face à l'imposition de transparence

    Monsieur Mabut a, hier, donné son point de vue sur l'anonymat dans un billet écrit en réponse à une question d'un internaute. Monsieur Mabut, avec bonne fois j'en suis convaincu, pense que l'anonymat devra disparaitre des blogs hébergés par la tribune de Genève sauf exceptions. Je ne suis pas en charge de décider des conditions relatives à l'hébergement mais je souhaite tout de même faire quelques remarques. Des remarques qui dépasseront le cadre de la réponse de monsieur Mabut.

    Depuis quelques mois nous entendons des sigles étonnants et obscurs: hadopi, Lopssi, Acta,... Derrière ces sigles se cache une nouvelle appréhension de l'internaute. Derrière ces sigles se cache une guerre qui est en train de se déclarer entre les tenant du contrôle de l'état, aidé en cela par les réseaux sociaux qui souhaitent détruire la vie privée à leur propre profit, et des citoyens refusant d'être espionné. Les tentatives de contrôle de l'internet par l'état viennent, tout d'abord, d'une idée louable. Il fallait protéger le citoyen de dérives, racisme, arnaques diverses et variées et autres vols d'identités. Il y avait aussi la volonté, tout aussi louable, de lutte contre les pédocriminels qui peuvent très facilement agir par et grâce à internet.

    Mais ces derniers temps il semble que les décideurs aient compris à quel point internet est difficilement contrôlable. Ils ont donc décidé de mettre en place des procédures de plus en plus puissantes pour surveiller Internet. Du moins ils essaient. Alors que, dans le même temps, la réussite rapide et inattendue des réseaux sociaux a durement attaqué la vie privée. Nous savons tous qu'il est maintenant très facile de trouver des informations sur n'importe qui via les réseaux sociaux. Informations qui deviennent immédiatement incontrôlables une fois qu'elles sont mises sur Internet. Ces même réseaux sociaux commençant à se croire détenteur légitime de ces informations. En d'autres termes, un vol massif des identités se met en place alors que certaines états essaient laborieusement de mettre en place un véritable espionnage massif des citoyens allant jusqu'à imaginer la création de spyware!

    Mais tout acte de ce genre, profondément destructeur, est forcément accompagné par une réplique plus ou moins forte. C'est ainsi que, le même jours quasiment que le début de cette guerre, j'ai vu arriver des logiciels de défenses du citoyen. On cherche a espionner? Et bien on crypte les données de l'ordinateur, on cache son IP, on l'intègre dans un réseau d'ordinateurs permettant l'anonymat de la navigation sur internet, on rend les anti-spyware de plus en plus performants. Oui, c'est une véritable guerre qui se dessine et dont le vainqueur pourra créer l'avenir d'internet. Ceux qui répliquent ne sont pas des anarchistes, des voleurs ou des criminels. Ce sont des citoyens qui ont compris une chose. Ils ont compris que la transparence pure exigée est la plus forte et la plus insidieuse des dictatures. Arrivez vous à imaginer sereinement un monde ou un état, même démocratique, est capable de contrôler toutes vos activités? Ou une entreprise peut savoir tout ce que vous faites à n'importe quel moment? Déjà aujourd'hui les prémices de ce monde effrayant peuvent être reconnus. Par exemple cette école qui a utilisé l'ordinateur portable offert aux élèves pour les espionner a leur domicile! N'est ce pas profondément immoral?

    Oui c'est une guerre qui commence. Mais cette guerre peut mener a d'autres dangers. Malheureusement les répliques organisées par les citoyens internautes pourront parfaitement être utilisées par les vrais criminels qui y verront une opportunité pour se cacher de l'espionnage. Alors comment vont réagir les états? Vont ils interdire le cryptage? Exiger aux internautes que les spyware officiels soient acceptés par l'ordinateur? Il y a donc deux risques: d'abord permettre aux criminels, particulièrement les pédocriminels, de pouvoir mieux se protéger et ensuite fragiliser les citoyens innocents qui risquent de ne pas pouvoir se protéger suffisamment face aux dangers existant sur la toile.

    Je me range donc résolument dans le camps de l'utopie à laquelle ne croit pas Monsieur Mabut car l'autre alternative est trop effrayante.

  • Classer, dominer : Qui sont les autres ? par Christine Delphy

    Titre: Classer, dominer : Qui sont les autres ?41sG%2BorkkmL._SL500_AA240_.jpg
    Auteurs: Christine Delphy
    Éditeur: La Fabrique 2008
    Pages: 227

    Christine Delphy, féministe française, n'a pas vraiment écrit un livre mais mis ensemble plusieurs articles, prises de positions et conférence qu'elle a donnée. Leurs points communs est de parler des rapports de domination. Pour l'auteure ce rapport de domination est structurel de la société et se voit surtout dans le travail de définition. Selon elle, les dominants ont un droit de définir ce que sont les dominés ce qui mène à les indiquer comme différents de ce qui est normal (sous entendu: blanc, bourgeois et hétérosexuel). L'un des moyens de supprimer cette définition est de l'utiliser ou de se définir sois-même. Ce qui est un acte profondément déviant pour le point de vue des dominants. Le second moyen serait de définir ce que sont les dominants. Il faut, en fait, supprimer l'altérité ou démontrer celle des dominants.

    Mais l'auteure ne se contente pas de parler de la domination des hommes sur les femmes. Elle tente de mettre en rapport les dominations de classe, de race et de préférences sexuelles. Ainsi, selon l'auteure, il est possible d'être à la fois dominées et dominantes (ou dominants et dominés). C'est une relation plurielle de multiples réseaux de dominations qui se met au jours. Christine Delphy, actualité oblige, parle aussi beaucoup de l'affaire du voile. Elle considère que son interdiction et la façon dont on l'a interdit cache une relation de racisme face à ceux que l'on nomme "immigrés de seconde génération". Car les blancs qui ont rédigés la loi n'ont jamais voulu écouter une de ces femmes ayant choisis le voile. Les définissant d'emblée comme manipulées et incapables de décider pour elles-même. C'est, donc, une relation paternaliste qui se forme.

    Je ne connais pas assez bien les théories féministes pour me prononcer sur ce livre. Mais les articles de Christine Delphy sont intéressant et très stimulants intellectuellement. Car, elle ne se contente pas d'analyser. Elle souhaite agir et revendique une certaine vision de la société. Même quand elle se heurte à des intellectuels connus.

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  • L'Union démocratique du centre : un parti, son action, ses soutiens sous la direction d'Oscar Mazzoleni, Philippe Gottraux et Cécile Péchu

    Titre: L'Union démocratique du centre : un parti, son action, ses soutiens51aC9AXos2L._SL500_AA240_.jpg
    Auteurs: Oscar Mazzoleni, Philippe Gottraux et Cécile Péchu
    Éditeur: Antipode 2007
    Pages: 215

    Le but de ce livre sur un parti bien particulier est affiché dans l'introduction et la première partie. Non pas stigmatiser un parti qui est bien connu du paysage politique Suisse mais essayer de comprendre son véritable fonctionnement et les raisons de son succès. Non pas ressortir tous les préjugés et présupposés mais s'attacher aux faits, chiffres et militants pour comprendre la réalité de l'UDC. C'est, donc, un livre qui se place résolument dans la neutralité scientifique. Néanmoins, les auteurs, en affichant leurs méthodes dans une longue introduction, acceptent et expliquent comment ils ont essayé de réduire leur propres a priori. C'est, je pense, louable d'être honnête sur ce point. Louable d'expliquer comment les auteurs ont fait un travail sur eux-même pour réussir à ne pas se faire parasiter par leurs propres présupposés.

    La seconde partie du livre est une analyse des actions du parti lui-même. Le premier article de cette partie montre comment l'UDC a réussit à rester un parti uni, contestataire et pourtant membre du gouvernement alors que, a priori, ce genre de partis ne peuvent survire longtemps aux pressions contradictoires de e genre de positions multiples. Selon l'auteur l'UDC a réussit par plusieurs facteurs: il est uni et centralisé avec un accès facile aux principales arènes législatives et référendaires. Mais aussi, les partis concurrents ne sont pas aussi fort, dans le sens d'union, que l'UDC ce qui lui a permis d'attaquer sans être remis à l'ordre. Le second article analyse la production imagière pour tenter de voir quels sont les principaux fronts du partis et la façon dont ces fronts sont définis.

    La troisième partie analyse les militants même. En effet, un parti n'est pas qu'un appareil c'est aussi un agrégat de militants qui peuvent ne pas être en accord avec toutes les revendications du parti. Cette analyse se fait d'abord en essayant de dégager des caractéristiques socio-professionels puis d'essayé de voir un changement dans les militants de l'UDC entre 1995 et 2003. Ce sont donc deux articles basés sur les statistiques et pas toujours facile à lire. Le dernier, que j'ai trouvé le plus intéressant, analyse les acteurs en observant leur parcours de vie via des entretiens. On y découvre que la défense contre les étrangers y est largement revendiquée, que ce soit pour des causes économiques ou culturelles voir les deux. Mais que le versant libéral du parti fait beaucoup moins consensus chez les militants.

    C'est, donc, un livre honnête et qui a le mérite de tenter de comprendre la réalité de ce parti tant décrié. Il aurait été facile de le classer directement dans l'extrême droite, de le condamner sans possibilités de rédemptions ou de rendre ses militants incapables et irrationnels. Non, les auteurs de ce livre ont travaillés, ils ont analysés et acceptés les faits même quand ils étaient surprenant. C'est, à mon avis, un bon livre.

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  • La domination masculine par Pierre Bourdieu

    Titre: La domination masculine41DCBX80D4L._SL500_AA240_.jpg
    Auteur: Pierre Bourdieu
    Éditeur: Seuil 1998
    Pages: 177

    D'après ce que je sais ce livre est l'un des plus connu que Pierre Bourdieu ait écrit. Son but est, ici, de démontrer les mécanismes sociaux et structurels de la domination des hommes sur les femmes. Il postule que ces mécanismes fonctionnent par un travail de déshistoricisation ce qui permet de les penser comme éternels et naturels. Bourdieu essaie, donc, de faire un travail de déshistoricisation pour déconstruire ce travail et montrer que ce que les femmes sont naturellement est, en fait, socialement construit. Si l'on suit l'analyse de Bourdieu, on découvre des mécanismes puissants qui touchent les femmes et les hommes. Qui les enferment dans des rôles qu'ils ne peuvent que difficilement abandonner. Ces mécanismes étant, selon Bourdieu, intériorisés par les individus à cause de la famille et de l'école.

    C'est un livre de Bourdieu: dense, difficile à lire et riche. Je ne peux pas affirmer avoir compris dans sa totalité les thèses de Bourdieu mais, après être sorti de ce livre, j'ai eu l'impression d'être un peu plus riche. De comprendre un peu mieux comme le genre féminin est dominé quotidiennement. Je vois d'un œil nouveau des choses aussi triviales que les conversations avec une femme, les jupes ou les talons. Surtout, je pense comprendre un tout petit mieux - est ce possible en tant qu'homme? - ce que veut dire être une femme. Un "objet" de capital symbolique qui se définit principalement par la perception qu'en ont les hommes. J'ai aussi longuement réfléchi sur un exemple que donne, rapidement, Bourdieu aux pages 38-39. Il y explique que certains prisonniers, en Amérique du sud, ont été féminisé par humiliations, moqueries et attitudes féminines. Ceci considéré comme une torture. Bourdieu ne développe pas cet exemple mais je trouve révélateur que traiter un homme comme on traite une femme soit nommé torture...

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  • Manifeste du parti communiste par Marx et Engels annoté et présenté par François Châtelet et traduit par Corinne Lyotard

    Titre: Manifeste du parti communiste105188_2697038.jpg
    Auteur: Marx et Engels annoté et présenté par François Châtelet et traduit par Corinne Lyotard
    Éditeur: librairie générale française 1973
    Pages: 155

    Enfin, j'ai lu le Manifeste. Un classique de la littérature communiste, peut être même un fondateur. C'est, en tout cas, l'un des livres les plus connus de Marx et Engels. On y trouve pas vraiment une doctrine scientifique mais un programme. Ce livre est une façon de manifester son point de vue et sa volonté pour Marx, Engels et tous les communistes. D'où son importance. Cependant, c'est aussi une critique des différents socialisme dans ce qu'ils ont de conservateurs pour en arriver à la conclusion que seul le Communisme peut libérer le prolétaire. Et même si ce n'est pas un livre comme le Capital on y trouve quand même des phrases sur le processus historique conduisant à cette liberté et ayant conduit à la domination bourgeoise.

    Malheureusement, je ne peux pas dire avoir compris ce livre. Ce n'est pas qu'il est difficile à lire. Le propos est simple et on peut le finir en très peu de temps. Mais je ne suis pas sur d'avoir véritablement compris la pensée de Marx et celle d'Engels. Probablement parce que je ne les ai pas assez lu? Il reste, quand même, un livre intéressant. De plus, François Châtelet nous offre une introduction que j'ai trouvé intéressant et très accessible et qui permet de contextualliser le texte et connaitre un peu de la pensée de Marx et Engels. Ce n'est donc pas à cause du livre et de ses auteurs que je ne peux pas dire avoir compris le propos, c'est à cause de mon propre manque de culture sur ce sujet particulier.

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  • Familles en Suisse: les nouveaux liens par Jean Kellerhals et Eric Widmer

    Titre: Familles en Suisse: les nouveaux liens41XeGXpytxL._SL500_AA240_.jpg
    Auteur: Jean Kellerhals et Eric Widmer
    Éditeur: Presse polytechniques et universitaires romandes 2005
    Collection: Le savoir Suisse
    Pages: 142

    C'est la première fois que je lis un livre de cette collection. Pour ceux qui ne la connaissent pas elle a été créée par les universités romandes pour offrir au grand public les dernières avancées de la recherche. Ici les auteurs parlent des familles en souhaitant passer outre certains présupposés et voir comment la famille a évolué en Suisse. Ils vont donc parler du couple, des frères et sœurs et des relations dans la famille. On y découvre comment les relations inter et extra familiales se forment selon les contextes. On y découvre aussi les grandes formes génériques du couple et de la fratrie avec leurs "points faibles" et "points forts". On y découvre, assez naturellement, que la forme du couple dépend du capital culturel mais que sa pérennité n'est pas constitutif de ce même capital. Les auteurs souhaiteraient aussi plus de recherches en Suisse car les données, selon eux, manquent.

    Pour ceux qui s'intéressent à ce sujet ce petit livre est parfait. Bien structuré, cohérent et permettant de s'ouvrir vers des livres plus conséquent. Le propos est simple mais on sent et on voit que les auteurs utilisent des données venant de recherches. D'ailleurs, ils nous en montrent quelques résultats. Bien que ce soit un bon livre je n'ai, quand même, pas été passionné. Ce n'est pas de la faute des auteurs mais la mienne. Le sujet, en effet, ne m'intéresse finalement pas vraiment.

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  • Contre-Feux: propos pour servir à la résistance contre l'invasion néo-libérale de Pierre Bourdieu

    Titre: Contre-Feux: propos pour servir à la résistance contre l'invasion néo-libérale41RZWVT5THL._SL500_AA240_.jpg
    Auteur: Pierre Bourdieu
    Éditeur: Raisons d'agir 1998
    Pages: 125

    Voici le second livre de Bourdieu que je lis. Du moins, que je lis vraiment en n'en prenant pas des extraits. Contre-Feux est un livre en peu de pages divisé en deux tomes consacré à la lutte contre le néo-libéralisme. Bourdieu y a inclut des textes qu'il a écrit ou déclamé durant sa carrière et qui ont tous en commun cette préoccupation: comment arrêter la néo-libéralisme? Ce n'est pas que Bourdieu soit contre le progrés. Il souhaite démontrer, travaux à l'appui, pourquoi cette doctrine est irréaliste, tautologique et dangereuse. Au fil de la lecture on découvre sa thèse qui est que le néo-libéralisme, sous couvert de baisser les couts et les contraintes, crée des contraintes et des couts sociaux dont le prix est encore inconnu. Il souhaite montrer que la fin des protections sociales et la volonté de flexibiliser le travail crée des situations de précarité. Non seulement pour le chômeur qui doit vite trouver de quoi subsister. Mais aussi pour le travailleur qui est constamment sous la menace et le stress de la perte d'emploi. C'est pourquoi il souhaite une lutte européenne, voir mondiale, contre cette doctrine.

    Le propos est convainquant. Mais j'avoue que j'étais un lecteur déjà gagné au combat. Bien que Bourdieu se base sur son travail et les recherches d'autres savants ce livre, qui regroupe des discours et articles de journaux, perd nécessairement les références scientifiques qui ne sont que sous-entendue. Ce livre est donc aussi un appel à faire des recherches sur les couts sociaux, qui sont aussi économiques, de la libéralisation. Bien qu'aucune preuve n'existe encore on voit que Bourdieu pense que ces couts sont supérieurs aux bénéfices. Si cela est vrai il faudra repenser la libéralisation. Bref, ce n'est pas un texte scientifique. ce qui implique une bonne lisibilité, alors que Bourdieu peut souvent être très opaque, bien qu'il faille un petit effort du lecteur. Ce n'est pas non plus une excuse pour le dédaigner. Alors que la crise est passée par la avec son cortège de précarisés et alors que nous avons vu des salariés de plus en plus nombreux se suicider on devrait légitimement se poser la question des couts de la libéralisation et de la flexibilisation des travailleurs.

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  • L'histoire contre l'extrême droite: les grands textes d'un combat français (Vincent Duclert directeur)

    Titre: L'histoire contre l'extrême droite: les grands textes d'un combat français51V7KJ6ZFVL._SL500_AA240_.jpg
    Auteur: Vincent Duclert directeur
    Éditeur: Mille et une nuits 2002
    Pages: 121

    Encore une fois je vais parler d'une collection de texte. Mais cette fois cette anthologie est, je trouve, mieux construite que celle sur le Communisme. Car la nous avons un livre construit d'une manière plus rationnel. L'histoire contre l'extrême droite a un but facile à trouver: montrer que l'extrême droite est hors de toutes traditions démocratiques ceci e utilisant de grands textes liés à des contextes historiques connus. Nous avons donc la lutte contre le Poujadisme, l'affaire Dreyfuss, tous les textes concernant l'avant et l'après seconde guerre mondiale sans oublier l'Algérie et ce qui est nommé "le retour des extrêmes". En tout ce sont 80 textes écrits par des noms encore connus, d'autres moins, mais tous concernant un minimum l'extrême droite.

    Néanmoins on peut se demander si ce livre est vraiment bien construit. Premièrement, et les évènements que j'ai cité le prouvent largement ainsi que l'introduction qui l'avoue, il oublie totalement les autres pays. Seule la France est concernée et utilisée. Pas d'Allemagne, pas d'Italie, d'Angleterre ou que sais-je encore? A mon avis, c'est un oubli difficile à justifier car l'extrême droite n'est pas que française et la lutte contre non plus. En second lieu, j'ai beaucoup aimé lire ces différents textes mais j'ai été frustré. Déjà je trouve souvent que les extraits sont trop courts. Ceci pourrait être oublié si Duclert avait écrit une introduction plus grande aux différents textes. En effet, ma seconde critique sur ce point est que je trouve la contextualisation trop sommaire. On ne comprend pas toujours le pourquoi du comment des propos des différents auteurs. Bref, un livre intéressant mais il sera encore plus intéressant de lire directement les textes cités.

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  • Les théories du choix révolutionnaire par Tarik Tazdaït et Rabia Nessah

    Titre: Les théories du choix révolutionnaire3137nty3J0L._SL500_AA240_.jpg
    Auteur: Tarik Tazdaït et Rabia Nessah
    Éditeur: La découverte 2008
    Collection: Repères
    Pages: 119

    Puisque je suis dans des livres parlant de révolutions autant continuer sur cette lancée! Voici donc un autre petit livre parlant spécifiquement de la révolution comme objet d'analyse scientifique. Le but de cet ouvrage et de ses auteurs n'est pas l'analyse proprement dites mais de présenter les différentes théories existantes ainsi que ses limites. Tout cela dans le cadre de la théorie du choix rationnel. Comme on le sait, ou non, ce paradigme suppose des acteurs rationnels capables de comprendre et d'agir selon les conséquences. C'est une théorie profondément individualiste. Les auteurs se placent résolument dans cette optique pour éclairer les révolutions mais ils savent que ce paradigme est loin d'être parfait puisqu'il empêche de comprendre les créations de groupes.

    En effet, on arrive facilement a expliquer comment un groupe fonctionne et réussit à s'organiser mais comment se crée-t-il? Dans un cadre individualiste rationnel l'acteur n'a, en effet, aucun intérêt à agir puisque d'autres peuvent le faire pour lui. Ce qui permet à ce "passager clandestin" de récolter les bénéfices sans payer le prix. Mais si tout le monde fait ainsi rien ne se passe! Les auteurs ont l'honnêteté scientifique d'accepter et de montrer ce problème dans toutes les théories qu'ils présentent.

    Ceux qui voudraient avoir un livre analysant un cas précis seront donc déçu. Néanmoins, ce n'est pas parce que ce livre ne se base pas sur la réalité qu'il est inutile. Les auteurs nous font une présentation concise et intéressante des différentes théories ce qui permet au lecteur d'être plus à même de comprendre d'autres textes ou évènements. Bien entendu on peut se demander si utiliser la théorie du choix rationnel est pertinent dans le cadre d'un phénomène collectif? Peut-on vraiment expliquer le collectif via l'utilisation d'une théorie profondément individualiste? J'ai des doutes, mais je peux me tromper.

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  • Le communisme textes choisis

    Titre: Le communisme textes choisis3ba9017b42a0f5f7e26b1210.L._AA240_.jpg
    Auteur: le Collectif Entremonde
    Éditeur: Entremonde 2008
    Pages: 106

    Encore un livre sur une idéologies. Celui-ci nous donnes quelques extraits de textes écrits par de grands auteurs du communisme et de l'anarchie (leurs noms sont sur la couverture). Ces dernier couvrent une large chronologie du XIX au XX siécle. Le collectif qui a choisis ses textes ne semble pas avoir voulu créer un choix représentatif mais un choix propagandiste (si je puis dire ainsi). La plupart de ces textes ont pour point commun de parler de révolution. Hors, nous le savons, la révolution est une doctrine abandonnée dans le socialisme actuel. est il possible que le collectif Entremonde souhaite retrouver ce but dans les idées socialistes? En tout cas ils disent vouloir passer outre les erreurs du passé, l'URSS qui n'était communiste que par son nom, pour retrouver une véritable idéologie pure du communisme.

    Par la lecture de ces textes le Collectif souhaite, en fait, offrir une base de réflexion pour un nouveau socialisme. Un socialisme qui ne déboucherait pas, en cas de victoire, sur l'URSS mais sur la liberté en détruisant immédiatement et l'état et la propriété privée. Ce sont donc des textes intéressants. Des textes malheureusement tronqués, non-contextualisés ni commentés et donc qui ne permettent pas de comprendre les pensées des auteurs. C'est malheureusement la compréhension que j'aurais apprécié avoir. Mais il semble que ces textes, par leur choix, nous en apprennent plus sur le collectif Entremonde que sur Marx, Kropotkine ou tout autre.

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  • Sur la télévision par Pierre Bourdieu

    Titre: Sur la télévision319PYJ5GX6L._SL500_AA240_.jpg
    Auteur: Pierre Bourdieu
    Éditeur: Raison d'agir 1996
    Pages: 95

    Voici, peut être, le livre le plus facile à lire de Bourdieu sur un sujet qui pourrait intéresser tout le monde. Il se compose de deux cours qui ont eu l'intérêt d'être retransmis à la télévision sans que l'on est obligé Bourdieu à suivre un thème prédéfinis et d'un article des Actes de la recherche en sciences sociales. Comme vous le savez, ou pas, Bourdieu est un sociologue français important connu, entre autre, pour sa théorie de la domination. Il a conceptualisé, par exemple, les termes d'Habitus et de Champ. C'est ici une sociologie des médias qu'il souhaite faire.

    Pour cela le livre est divisé en trois parties. Lors de son essai il essaie d'expliquer comment le champ journalistique fonctionne. On découvre que les médias, obligés de se faire la course entre eux, en viennent à chercher ce qui n'est pas ordinaire dans un moment des plus ordinaires. Poussés par la concurence entre eux les médias sont structurellement obligés de tous faire la même chose. De plus, la télévision même ne peut plus créer de l'info par sa grandeur même. Comme tout le monde regarde la même émission au même moment, et comme l'audience est un couperet fatal, cette même émission ne peut que faire ce que tout le monde accepte. Parler de ce qui ne crée pas vraiment de débats ou sur quoi tout le monde est d'accord. Les faits divers ou les histoires personnelles. Bourdieu essaie aussi de montrer comment le champs journalistique agit sur les autres champs de la société. Selon lui, la logique économique des médias crée une sélection des acteurs à interviewer ou des livres best seller. Cette sélection met dans l'ombre les recherches ou les personnes peut être meilleurs ou plus légitimes à parler de tel ou tel sujet.

    C'est un livre dense et je sais bien qu'il est illusoire d'en parler de manière pertinente en si peu de lignes. Je sais aussi qu'il existe bien d'autres ouvrages plus complet, plus récent et plus scientifiques sur le sujet. Néanmoins, je pense que lire ce petit ouvrage pourrait être une bonne idée pour toutes personnes intéressées. Bien sur, tout n'est pas facilement compréhensible mais ce livre reste largement lisible. Il suffit de faire un petit effort.

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  • La morale anarchiste de Kropotkine

    Titre: La morale anarchiste41dWnh71sRL._SL500_AA240_.jpg
    Auteur: Kropotkine
    Éditeur: Editions de l'aube 2006 (Kropotkine 1889)
    Pages: 75

    Pourquoi avoir lu un livre sur l'anarchisme? C'est en fait assez simple. Lorsqu'on souhaite critiquer ou connaitre un mouvement il est nécessaire de lire ses textes. Bien sur je ne peux pas critiquer l'anarchisme après n'avoir lu que ce petit livre. Mais c'est un début. Kropotkine est un anarchiste russe du XIX siècle. Il a donc connu les multiples attentat sur le Tsar et a vécu dans une époque ou les anarchistes étaient capable de frapper presque partout. Comme beaucoup de penseurs de l'époque il vient de l'aristocratie ce qui lui a permis de réfléchir sur le système et de s'indigner. D'ou ses croyances idéologiques.

    Ce livre se base principalement sur le problème de la morale traditionnelle venant de la religion et de l'état. A cette morale qu'il pense non pertinente et avilissante pour l'être humain il veut en substituer une autre. Celle "nouvelle morale" est basée sur la solidarité entre membres de l'humanité. Un sentiment de solidarité qu'il postule naturelle ce dont il cherche les preuves dans la nature même. C'est pourquoi on le voit utiliser des exemples comme les fourmis ou les oiseaux. Bien que ceci puisse faire sourire (on n'argumente plus de cette manière) l'idée de solidarité comme moyen de vivre ensemble reste une belle idée. Selon Kropotkine celle-ci est plus puissante comme force d'évolution que la concurence entre les espèces et dans l'espèce. Cette solidarité naturelle, logiquement, rendrait caduque le système dit coercitif de l'état puisque les humains sont tout a fait capable de vivre ensemble sans avoir besoin du concours des lois. Donc, oui c'est un livre idéologiques mais son idée principale, si on ne prend pas en compte l'argumentation, est intéressante bien qu'elle ne m'ait pas vraiment convaincu. Je pense encore que l'anarchisme est une utopie et que l'homme aura toujours besoin d'institutions au dessus de lui.

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  • La guerre d'Algérie par Guy Pervillé

    Titre: La guerre d'Algérie31uYaNovqTL._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA240_SH20_OU08_.jpg
    Auteur: Guy Pervillé
    Éditeur: Presses Universitaires de France mars 2007
    Collection: Que sais-je
    Pages: 127

    La guerre d'Algérie est un évènement important de l'histoire de la décolonisation française mais encore difficile à comprendre. C'est pourquoi j'ai voulu connaitre les bases en lisant ce petit livre. Guy Pervillé a décidé ici de faire une histoire chronologique. Il a découpé cette chronologie selon des moments clefs qui permettent de comprendre les évènements et le pourquoi de ces derniers. C'est donc un bon livre d'introduction pour les néophytes de cette guerre (qui ne porte officiellement le nom de guerre que depuis peu de temps). Néanmoins le livre souffre de sa collection. Une collection pour connaitre les notions de base ce qui implique que les explications sont liminaires. Ce qui implique aussi une grande densité des propos qui sont, en outre, souvent peu passionnant . Tous mériteraient un développement bien plus large (je citerais, par exemple, le cas de la torture). Heureusement l'auteur a aussi créé une (trop?) courte bibliographie pour ceux que le sujet intéresse et qui souhaitent des livres plus complets.

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  • La démarche d'une recherche en sciences humains de la question de départ à la communication des résultats par François Dépelteau

    Titre: La démarche d'une recherche en sciences humains de la question de départ à la communication des résultats41Sj4PGXGuL._SL500_AA240_.jpg
    Auteur: François Dépelteau
    Éditeur: De Boeck Université pour l'Europe (Les Presses de l'université de Laval 2000)
    Pages: 417

    Voila un livre sur lequel il sera difficile de parler. Non seulement le sujet n'est pas des plus intéressant mais surtout le titre n'est de loin pas attirant. De plus, ce livre est destiné surtout aux étudiants apprenant à faire de la recherche. C'est donc un manuel de méthode avec tout ce que cela implique: rigueur, théorie, résumés... Dépelteau a donc créé un livre dense qui permet de connaitre la façon dont on est censé faire une recherche en sciences humaines. Pour cela l'auteur commence par définir ce qu'est la science et les différents paradigmes de la science humaine. Ensuite il décrit les démarches du chercheur pour terminer par la façon de communiquer les résultats.

    Pourquoi le lire quand on n'est pas étudiant (certains étudiants pourraient dire "pourquoi le lire?"). Premièrement ce livre n'est pas si ennuyeux que cela. L'auteur réussit à mettre en place une dose d'humour sympathique entre les pages. Secondement, et surtout, pare que pour critiquer une recherche il faut la comprendre. Ce livre permet à tous de mieux comprendre la manière de travailler des chercheurs en sciences humaines. Il est donc plus facile, ensuite, de critiquer leur travail et de ne pas prendre les résultats pour paroles d'évangiles. Néanmoins il ne faut pas mentir. Ce livre reste un manuel de méthode un peu ennuyeux.


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  • Pourquoi les étudiants se mobilisent-t-il?

    En tant qu'étudiant je suis, bien entendu, directement concerné par la mobilisation actuelle des étudiants. Pour l'instant, je suis resté extérieur aux évènements proprement dit tout en écoutant et observant les différentes revendications. Je profite de mon passage dans l'auditoire occupé de mon université (ou je me trouve encore) pour essayer de savoir ce que je comprend de cette mobilisation. Déjà, contre quoi les étudiants parlent-ils? Principalement on s'attaque au processus de Bologne cependant les principales revendications sont plus locales. Suppression des taxes d'études, déscolarisation de l'université (en supprimant les listes de présences), contrôle public de l'université et aussi réorganisation des bourses sans oublier la mise en place d'une véritable mobilité européenne des étudiants.

    Bien entendu je suis étudiant depuis peu de temps. On pourrait donc penser que je ne suis pas assez au courant des fonctionnements de l'institution. Même si je ne suis pas la personne le plus au courant des nouveautés instituées par le processus de Bologne j'ai pu voir plusieurs choses. Premièrement, je ressens très fortement cette pression aux crédits. Je dois réussir à avoir mes crédits pour valider une année. Si je n'y réussis pas je suis en échec ce qui peut me mener à la fin des mes études. Mais ces crédits ne sont pas un bon moyen de contrôler le travail de l'étudiant. Non seulement la charge de travail n'est pas la même selon le cours pour un même nombre de crédits mais surtout ce n'est étudier qui est devenu important mais être crédité. Durant le même temps la structure des études et plus dense et contrôlée ce qui empêche l'étudiant de travailler à coté de ses études pour vivre.

    Le second point que je ressens fortement est celui de la mobilité. Le processus de Bologne est censé avoir ouvert toutes les universités d'Europe à tous les étudiants d'Europe. Néanmoins cet échange demande une préparation administrative dense: il faut préparer son plan d'études, la faire valider, s'assurer que l'on a réussi son plan d'étude actuel, trouver une université, préparer les papiers, avoir assez d'argent et s'assurer de l'accord de l'université. Même avec toutes ces précautions je connais des cas ou l'échange a été invalidé car finalement le plan d'étude préparé n'est plus reconnu ou alors ce que l'on étudiait précédemment n'est plus enseigné. On se trouve face à une administration opaque et extrêment compliquée à comprendre.

    Le troisième point dont je parlerais est celui de l'argent. En tant qu'étudiant je suis censé être un privilégié. Est-ce vrai? pas du tout. En tant qu'étudiant je suis dans une situation extrêmement précaire. Je suis qualifié, dans de hautes études mais je ne peux postuler que pour du travail à temps partiel ou à l'appel et peu valorisant. Vous savez la jeune vendeuse de la Boulangerie, la caissière à la Coop ou le caissier au MCdonald du coin que vous utilisez comme exemple à vos enfants pour qu'ils travaillent bien à l'école. Une grande partie sont des étudiants l'université. Bien sur il existe des bourses et des prêts. Mais les bourses sont longues a être versées et dépendent de l'argent des parents (qui ne veulent pas toujours offrir de l'argent éternellement) et des prêts qui sont un piège pour le futur. Pouvez-vous, sérieusement, imaginez à vos enfants un avenir ou ils entrent dans la vie active et de famille avec 50 000 francs de prêts à rembourser? Moi pas.

    Le processus de Bologne part d'une bonne intention. Néanmoins ses effets ne sont pas toujours bénéfiques aux universités et aux étudiants. Mais la contestation n'est pas que la. Il y a de nombreux points qui sont loin d'être réglés dans l'université. Que ce soit la scolarisation des études, les aides aux étudiants ou encore le financement de l'université. Balayer la mobilisation étudiante par le mépris de leurs inquiétudes est trop simple. Il y a de réels problèmes sur lesquels la société doit réfléchir pour posséder une université ouverte à tous, stable, de qualité et surtout capable d'offrir ses compétences à tous, que ce soient des privés ou des institutions publiques.

  • L'interdiction des minarets n'est PAS applicable

    La suisse a donc accepté une initiative populiste et inutile, la suisse a interdit les minarets. Non seulement elle est inutile parce que les lois sur les constructions sont suffisantes, parce que c'est une attaque (n'en déplaise à ses défenseurs si ils ont choisis ce symbole c'est pour une bonne raison...) contre une religion et un peuple, parce que cette religion n'est pas un problème mais aussi et surtout parce qu'elle ne résout aucun des thèmes mentionnés lors de la campagne. Non, vous n'avez pas résolu l'excision, vous n'avez pas résolu le droit des femmes, vous n'avez pas résolu non plus le problème des extrémistes (qui, d'ailleurs, existent dans TOUTES les religions). Ce qu'il se passe, et ce dont les partisans sont directement responsable, c'est une fragilisation de la suisse.

    Mais ce n'est pas de ça que je vais parler. Ce que je vais dire c'est ce que la Constitution dit. Cette décisions n'est pas applicable! En tant que peuple souverain nous avons accepté les droits de l'homme. En tant que pays nous favorisons les droits de l'homme dont nous sommes l'un des protecteurs. Les droits de l'homme ne sont pas que des mots ou une signature. Ils font parties de notre Constitution et de notre mentalité. La décision d'aujourd'hui n'est pas compatible avec cette dernière.

    Il y a donc deux choix: soit nous assumons nos choix d'aujourd'hui et décidons de récuser les droits de l'homme ce qui implique un retrait de notre pays du Conseil des Droits de l'homme. Soit nous assumons les droits de l'homme et nous ne pourrons pas les spolier. Cette initiative est contraire à la constitution et aux droits de l'homme. Un recourt au tribunal européen des droits de l'homme n'aboutira qu'a un résultat: une condamnation de la Suisse et une annulation de la votation. En acceptant une votation sur ce sujet inutile le gouvernement a menti au peuple en lui faisant croire qu'il avait le choix il est maintenant l'heure pour la Suisse d'assumer ses erreurs ou de récuser les droits de l'homme.

  • Libération de Polanski

    Polanski sera donc libéré moyennant le versement d'une caution. En tant qu'être humain je ne peux que penser que cette affaire, ancienne et dont la victime souhaite l'oublie, doit se terminer. Mais en tant que citoyen je ne peux que m'insurger. Pourquoi donc? Premièrement, la caution est un moyen clair de justice à deux vitesses. Nous nous trouvons face à un cas ou nous permettons à un homme aisé de quitter la prison moyennant finance alors qu'un homme ordinaire, vous, moi, eux, ne pourraient pas bénéficier de cette mesure. Secondement, cet homme a eu un soutient international par d'autres artistes et des politiciens.

    Pourquoi cela me scandalise-t-il? Non seulement ces personnes ne souhaitent pas que la justice puisse faire son travail (au nom de la supériorité de l'artiste?) mais surtout, et c'est la mon problème, ils soutiennent Polanski et non des cas. Je ne conteste pas leurs arguments, ce que je conteste c'est que ces personnes ne soutiennent qu'un homme alors que je suis convaincu que des hommes, encore une fois dit ordinaire, n'auraient pas eu un tel soutient médiatique. Soyons réalistes et soyez honnêtes, aurions nous vu une telle mobilisation pour Roger de Perpetlesouates, camionneur, qui aurait été dans le même cas? Bien sur que non! Vous l'aurez compris ce que je n'apprécie pas c'est que l'impression que certaines personnes puissent être au dessus de la justice des simples mortels et pouvoir s'en sortir alors que de simples mortels seraient encore en prison sans espoir de la quitter.

    Ce que j'apprécie pas c'est l'impression d'une justice a deux vitesses dépendant de l'argent. Ceci étant particulièrement visible dans cette affaire et dans la récente affaire d'accident impliquant trois jeunes russes alors que moi, si j'étais conducteur jeune ayant eu un accident n'impliquant que moi et sans avoir mis en danger une autre personne, j'aurais surement déjà été convoqué au tribunal. Ais-je raison? je ne sais pas.

  • La crise de l'état-providence par Pierre Rosanvallon

    Titre: La crise de l'état-providence51Q06K6NYTL._SL500_AA240_.jpg
    Auteur: Pierre Rosanvallon
    Éditeur: Seuil 1981
    Pages: 190

    Rosanvallon est un historien que j'ai précédemment lu dans La contre-démocratie : La politique à l'âge de la défiance dont j'avais apprécié la façon de décrire et d'expliquer les mécanismes de la démocratie. Ici, il parle de l'état-providence et de sa critique par le néo-libéralisme. A l'époque, l'état-providence français était en crise alors que le monde était dans la crise des années 70. Alors que la productivité était en berne les taxes sociales et les couts sociaux étaient en hausse. C'est donc un livre que l'on pourrait considérer comme dépassé. Cependant, il nous donne des informations intéressantes. Non seulement on a la vision contemporaine de l'état-providence mais aussi les débuts du néo-libéralisme en France. Plus important, Rosanvallon nous donne des pistes à suivre pour réformer l'état-providence. Des pistes qui, je pense, sont toujours possibles actuellement.

    L'auteur a divisé son livre en trois parties. La première est constituée de chapitre explicatif sur l'état-providence et son histoire. Il nous donne des clefs de compréhension sur cette crise et le pourquoi de cette crise. L'auteur va plus loin que les causes économiques et pense que les causes sont aussi et avant tout sociologiques. La crise est due à un changement social, ou plutôt, une société de plus en plus individualisée et trouble. On ne sait plus qui est qui ni ou l'on se trouve dans la stratification sociale et personne ne peut plus s'occuper de lui-même de manière autonome. La seconde partie analyse le néo-libéralisme. Rosanvallon essaie de comprendre cette doctrine et ses conséquences. Pour cela, il analyse plusieurs auteurs clefs comme Rawls pour ne prendre qu'un exemple. Il démontre aussi certaines incohérences dues à l'incapacité de la théorie néo-libéraliste à penser un état minimal (voir un état absent) au profit d'un marché tout puissant. Surtout, il considère que si cette thèse a eu le vent en poupe c'est parce qu'elle était la seule théorie à penser le futur.

    La troisième partie, peut être la plus intéressante, est celle ou l'auteur nous donne sa pensée. Selon lui, il faut réautonomiser les personnes via des structures sociales locales, peu bureaucratisées et proches des personnes. Il faut redonner une identité sociale et un lien dans la société entre les individus. Rosanvallon essaie, en fait, de transcender l'alternative privatisation/étatisation pour trouver un modèle plus sociologique. L'auteur présume que l'état devrait abandonner certaines charges centralisées pour ne faire que chapeauter plusieurs techniques manipulables et, nécessairement, moins chers. Pour terminer son livre l'auteur a aussi ajouté des "fiches" annexes considérant quelques aspects historiques, théoriques et quantitatifs. Je ne suis, personnelement, que peu intéressé par la question mais j'ai tout de même apprécié le livre et je pense que certaines des idées développées pourraient être, peut être, mises en place.


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  • assurances maladies (bis repetita)

    Il n'y a même pas un mois je parlais des assurances maladies à cause de la hausse prévues des primes. Aujourd'hui j'en reparle, mais pour une autre raison. A l'époque je disais: "ces derniers temps, on voit les caisses se plaindre d'un acte rationnel qui est de suivre l'offre la moins cher du marché comme tout le monde. Ahhh qu'elles aimeraient un gel de la possibilité de changements! Non seulement elles n'auraient pas a baisser les prix mais en plus elles n'auraient plus à avoir peur que le consommateur agisse en acteurs éclairé!" Et ce matin, en parcourant le Matin Dimanche je découvre un article qui, justement, nous explique que le parlement possède dans sa manche un projet de loi pour interdire aux détenteurs de primes hautes de se déplacer entre assurances et niveaux de primes. Enfin, les acteurs politiques prouvent que leur seul souci est la santé! Mais celle des caisses maladies. Ce matin la joie perverse de l'envie d'un bon vieux "je vous l'avais bien dit" ne cède que face à ma colère contre cette attaque contre le sois-disant système de concurence des caisses maladies. Déjà qu'il ne fonctionne pas bien actuellement, si ce n'est pas du tout, si en plus on veut restreindre encore plus drastiquement ses caractéristiques il faudra bien, un jours, avouer que la concurence n'existe pas.

    Ce qui est attaqué par ce texte est un point fondamental des théories économiques modernes: la rationalité des acteurs. selon ces théories les acteurs économiques sont rationnels pour plusieurs raisons (si on préfère A à B et B à C on ne préfèrera pas C à A par exemple). L'une de ses raisons est la capacité de calculer la balance entre couts et bénéfices d'une action en vue d'une fin. Ici, la fin est la santé et le moindre cout économique en cas de maladie. Le cout sont les caisses maladies et le bénéfice l'argent que l'on peut tirer d'elle en jouant sur les primes, la concurence et notre état de santé. Une personne malade mais rationnelle aura toujours une franchise basse pour payer le moins possible. A l'inverse, une personne en bonne santé et ne sentant pas de maladies immédiatement perceptibles, elle aussi rationnelle, prendra la franchise la plus haute pour moins payer de primes par années. La logique est enfantine!

    Mais elle n'est pas du gout ni des politiciens ni des caisses maladies. Ce que ces gens veulent ce sont des citoyens soumis à payer la prime la plus haute possible. Comment pallier à la rationalité des acteurs? Exactement de la façon dont ils agissent: l'empêcher de fonctionner. Lorsqu'une personne sent que son état de santé s'abaisse elle va nécessairement recalculer le rapport couts/bénéfices pour trouver une franchise qui satisfasse un moindre cout au plus grand bénéfice. Il va jouer avec les franchises, "spéculer" pourrait on dire. Quand elle sent qu'elle ira mieux elle va, logiquement, faire ré-hausser sa franchise. Ce fonctionnement rationnel à la particularité d'agir contre les intérêts des caisses maladies. C'est pourquoi certains élus souhaitent interdire cette spéculation au nom de la solidarité.

    Mais si on nous empêche de faire jouer la concurence des franchises et des caisses, si on nous empêche d'agir rationnellement et qu'on est obligé de payer cher pour un bénéfice quasiment nul le calcul des couts/bénéfices va nécessairement changer de nature! Si on ne peut plus baisser les couts des caisses on va agir d'une manière différente en se disant, le plus logiquement du monde: si c'est pour payer autant que ça serve. En d'autres termes: l'acteur va consommer de plus en plus dans le marché de la santé. Après tout, on paie tellement cher alors si ça ne sers à rien pourquoi payer? Et comme on est obligé de payer autant consommer pour avoir un bénéfice de santé proche du cout des primes n'est ce pas? Moi, en tout cas, je ferais partie de ces gens qui agiront rationnellement et iront chez le médecin pour rien, juste au cas ou, et je conseillerais à tout le monde d'agir de même pour leur propre bénéfice. Peu importe les intérêts des caisses, peu importent la solidarité. Les politiques nous ont bien montré l'exemple: ce qui compte ce sont nos intérêts propres et comment hausser nos bénéfices, pas les intérêts de la société.

  • Après la démocratie

    Titre: Après la démocratie51pjC0u2mOL._SL500_AA240_.jpg
    Auteur: Emmanuel Todd
    Éditeur: Gallimard 2008
    Pages: 257

    Lorsque j'avais vu ce livre en librairie j'avais hésité à le lire. Il fat dire que Emmanuel Todd est un personnage qui est connu pour certaines positions critiquées. Mais c'est aussi, avant tout, l'homme qui a prévu la fin de l'URSS avant beaucoup d'autres personnes et pour les bonnes raisons semblerait-il. Néanmoins, mon hésitation venait aussi du caractère ouvertement pamphlétaire ce de livre. D'habitude je ne cherche pas à connaitre des pamphlets mais à comprendre le véritable fonctionnement de la société. Je me demandais donc si je pouvais trouver ceci dans ce livre qui attaque sans arrière pensée Sarkozy et sa clique mais aussi les socialistes français. Néanmoins j'y ai trouvé des propos intéressant et qui sont en accord avec une partie de mes idées. D'ailleurs on voit que Todd a voulu critiquer mais l'a fait en essayant d'utiliser des outils scientifiques et statistiques.

    Après sa lecture je dégage plusieurs points principaux: les politiciens et les élites financières, le néo-libéralisme, l'éducation et la religion. Selon Todd, les démocraties se sont constituées grâce au facteur éducatif. L'alphabétisation des masses a permis la pensée que la masse devait pouvoir décider. Mais actuellement nous nous trouvons, en occident, dans une phase ou l'alphabétisation est pratiquement achevée et ou nous avons des millions d'étudiants qui entrent dans l'éducation supérieure. Todd considère que cette massification de l'élite va paupériser les élites intellectuelles les coupant des élites politiques et financières. Alors que les hautes études amenaient des richesses les étudiants actuels multiplient les emplois précaires, sont pauvres et ne risquent pas de vivre tous avec les richesses d'un PDG. Seul une élite de l'élite.

    Le second facteur de crise que voit Todd c'est la fin des religions. Car la fin des religions amène la fin des idéologies qui sont, en fait, des processus de types religieux. Nous trouvons donc deux problèmes liés. Une élite en voie de paupérisation et la fin des idéologies qui gomme les différences entre gauche et droite. Par conséquent, les élites ne seraient plus une classe de dirigeants supérieurs mais une nos dirigeants seraient de plus en plus seuls face à eux-même. L'élite n'existe plus il n'y a que des élites dérivantes comme les nomme l'auteur. Celles-ci sont, de plus, coupées de la population qu'elles ne comprennent plus. Ce qui expliquerait la crise politique actuelle entre des aspirations populaires et l'incompréhension et le narcissisme des élites.

    Un troisième point sur lequel l'auteur revient souvent est la pensée néo-libérale. Emmanuel Todd considère le néo-libéralisme comme une idée dangereuse pour la démocratie. Non seulement elle expliquerait la baisse du pouvoir d'achat de la population mais en plus elle est dangereuse pour l'industrie européenne face à deux pays, la Chine et l'Inde, qui construisent plus et à moindre frais. Alors que le libre échange devrait permettre une spécialisation des pays nous nous trouvons face à une perte de puissance industrielle de l'Europe et à une baisse de la demande intérieur au profit de la demande envers les produits chinois. L'auteur milite pour la mise en place d'un protectionnisme précisément réglé en Europe dans le but de relancer la demande interne et de relancer la hausse des salaires ce qui permettrait d'éviter une crise majeure dans le futur.


    Image: tirée du site d'Amazon.

  • Oppressions Et Résistances

    Titre: Oppressions Et Résistances310LS79fC8L._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA240_SH20_OU08_.jpg
    Auteur: Stéphane Rials
    Éditeur: PUF 2008
    Pages: 362

    J'ai lu ce livre il y a déjà plusieurs semaines mais je ne savais pas vraiment comment en parler. Pensant que la réflexion m'aiderait j'ai décidé d'attendre. Je dois bien avouer que j'en suis venu à la conclusion que je n'étais tout simplement pas capable d'en parler sérieusement. Rials, juriste, met dans ce livre plusieurs articles ou préfaces qu'il a écrites et qui ont toutes comme point commun de touche au problème de la résistance. Comme l'explique Rials, la résistance, pour un juriste, est un droit paradoxal puisqu'il permet de s'affranchir de la loi. C'est probablement la raison pour laquelle Stéphane Rials s'est tourné vers la philosophie et les sciences humaines pour palier aux biais lié au point de vue purement juridique, point de vue que je dois avouer trouver des plus abstrait et étriqué. Il se trouve que je suis presque totalement inapte à juger des doctrines philosophiques de par mon manque de culture dans ce domaine.

    Néanmoins, je peux au moins dire ceci. Bien que ne suivant pas les règles de descriptions scientifiques que j'apprends à utiliser, la façon d'écrire de Rials est intéressante. On sent que l'auteur n'a pas qu'un intérêt académique envers le droit de résistance mais qu'il a un besoin de réflexion sur ces notions, besoin probablement du à l'histoire de sa famille? Je ne saurais en juger et laisserais l'auteur s'en expliquer si il le souhaite. En second lieu, l'écriture de Rials est intéressante aussi, et principalement, d'une point de vue stylistique. Stéphane Rials possède une belle plume, un sens des mots impressionnant et est capable d'écrire de belles formules. Cette façon d'écrire, bien que compliquée à lire parfois, peut être vue comme agréable au lecteur tout en démontrant la haute érudition de l'auteur des lignes. Je crois bien que c'est la seule chose que je suis sur d'avoir comprise de ce livre.


    Image: prise sur Amazon

  • Le mensonge de la supposée concurence des assurances maladies

    Depuis quelques mois je réfléchis à cette question. Comment démontrer que les assurances maladies ne sont pas en concurrence? Ce ne sont pas les arguments qui sont compliqués, un gymnasien est capable de les trouver puisque ça fait partie du programme en économie, mais la façon de les présenter. En effet, comme tout le monde le sait, la libre concurrence requiert quatre caractéristiques que je trouve fondamentales: la possibilité pour tous les acteurs de quitter ou rejoindre le marché, le marché doit être libre, les acteurs doivent agir individuellement et rationnellement, le marché doit être transparent. Hors, qu'en est-il de la réalité?

    Possibilité de quitter ou rejoindre le marché?
    Tout le monde se rendra compte plutôt facilement que cette caractéristique est tout simplement oubliée dans les assurances maladies. Bien sur, les caisses peuvent quitter le marché facilement. Cependant, le consommateur, selon la loi, est obligé de rester sur le marché. Selon la loi, le consommateur ne peut pas décider que les prix sont trop haut et refuser l'offre du marché. Il est dans l'obligation d'agir à l'intérieur du marché et de trouver une autre offre ou alors de rester dans sa caisse actuelle. De par cette impossibilité une forme importante de pression du consommateur est impossible à utiliser.

    Liberté du marché?
    Si nous souhaitons un marché parfaitement libre, ce qui est impossible, cette caractéristique est, aussi, une illusion. Les assurances maladies sont, non seulement, régulées par l'état fédéral mais aussi "surveillé" par l'état fédéral. De plus, les caisses et les cantons sont intimement liées par l'argent ne serais-ce que parce que l'état cantonal a souvent mission de prendre ne charge les consommateurs incapable de payer leurs factures de caisses maladies. Dans un marché libre, ces personnes devraient quitter le marché mais, à cause de la loi, elles doivent être aidée par l'état alors que les caisses sont censée être privée et hors de l'influence étatique!

    Individualité et rationalité?
    Malheureusement, ces deux caractéristiques existent dans le marché actuel. Les consommateurs agissent bel et bien en individus devant, chacun, choisir une caisse et une offre selon leurs moyens. Les caisses, elles, semblent agir, non en concurrentes, mais en partenaires tacites (point que j'expliquerais plus tard). La rationalité existe aussi au grand malheur des caisses. En effet, la rationalité fait que les consommateurs, chaque années, cherchent en masse la caisse la moins cher. Bien entendu, cette arrivée massive de clients crée des problèmes de fonds et des problèmes bureaucratiques qu'il est difficile de résoudre. C'est pourquoi, ces derniers temps, on voit les caisses se plaindre d'un acte rationnel qui est de suivre l'offre la moins cher du marché comme tout le monde. Ahhh qu'elles aimeraient un gel de la possibilité de changements! Non seulement elles n'auraient pas a baisser les prix mais en plus elles n'auraient plus à avoir peur que le consommateur agisse en acteurs éclairé!

    Transparence du marché?
    Voila le point le plus facile à démontrer! En effet, chacun quand il étudie les offres se rend compte que le marché des assurances est tout sauf transparent. Premièrement, les détails des offres sont multiples, se contredisent elles-même et sont difficile à comprendre même pour spécialiste. Une simple nuance peut tout changer dans vos possibilités de couverture! En second lieu, les prix des primes augmentent chaque années (c'est bien le seul point transparent d'ailleurs) mais personne ne sait pourquoi ni ne peut vérifier les allégations des caisses! Car, nous ne pouvons ni connaitre le chiffre d'affaire ni connaitre le montant des réserves que possèdent les caisses. Comment peut on savoir si ces augmentations sont justifiées si on n'a pas les moyens de vérifier les allégations? Certains pourraient tenter de les croire sur parole, je serais tenté de dire que je pourrais croire sur parole les promesses électorales d'un politicien aussi: on ne serait coupable que de naïveté face à des personnes qui ont intérêt à nous mentir.

    En conclusion, il est clair que le marché des assurances maladies n'est pas un marché de concurrence. C'est un marché opaque et fermé dans lequel aucune caisses n'a intérêt à voir les prix baisser. En effet, tous les consommateurs étant obligés de rester sur le marché et ces dernier agissant rationnellement face aux offres, les caisses agissent tacitement comme des partenaires. A cause de ces caractéristiques, la moindre baisse de prix verra les consommateurs changer de caisses en masse vers la moins cher ce qui, en conséquence, augmentera massivement les frais administratifs.

    Il en découle naturellement que les caisses maladies n'ont aucun intérêt à voir l'une des leurs baisser ses prix. Au contraire, elles ont intérêt à stabiliser les prix ou, comme je le crois, augmenter régulièrement à petites mesures les prix de l'assurance maladie. Nous ne sommes pas dans un marché de concurence mais dans un marché d'oligopole simple. Celui-ci vicié par l'impossibilité des consommateurs de quitter le marché. Et, je ne parle pas ici de l'immoralité et de l'inhumanité des caisses maladies que chacun connait et vit au moins une fois dans son existence. Bref, garder le système actuel au nom de la libre concurence est soit de l'hypocrisie soit de la naïveté face aux réalités.

  • La culture: un droit en danger

    Depuis quelques années les assauts contre ceux qui violent les copyright, appelé couramment pirates, le problème est que ces assauts légaux (sic) et techniques sont de plus en plus menaçant pour nos libertés de consommateurs et de citoyens. Entre la destruction à distance des livres numériques, la surveillance des logiciels installés sur votre ordinateur, les protections sur les CDs contre le piratage nous perdons des droits de possessions important.

    En tant que consommateur j'ai, en effet, le droit d'acheter un objet. Ce droit me permet de l'utiliser et de le copier dans le cadre privé. Actuellement, il est de plus en plus compliqué de copier ces CD et je doute que l'on puisse s'arrêter la. Quand est ce que nous ne pourrons plus prêter un DVD? Photocopier un livre? Des taxes anti-piratages vont elles se créer? C'est un avenir que je ne considère pas comme impossible.

    C'est donc avec un sentiment d'inquiétude que j'ai lu et que je partage un lien vers un texte traduit de Richard Stallman. Un texte qui est, pour l'instant, encore de la science fiction. Mais cela ne durera pas car, déjà, la technologie est en place et la volonté se fait jours: Le droit de lire de Richard Stallman

  • Démocratie Directe

    Titre: Démocratie Directe410VFSS50VL._SL500_AA240_.jpg
    Auteur: Yannis Papadopoulos
    Éditeur: Economica 1998
    Collection: Politique comparée
    Pages: 329

    Nous, citoyens suisses, avons une grande idée de la démocratie directe. Nous a considérons comme notre fierté et comme une forme de politique qui nous différencie des autres pays peu respectueux de la volonté populaire. Cette volonté. bien entendu, est un mythe et pour s'en convaincre il suffit de prendre l'exemple de la votation sur le passeport biométrique du 17 mai 2008 qui vit un quart de la population accepter la loi contre un autre quart qui la refusait tandis que le reste préférait dormir ce dimanche, un résultat peu légitime non? Cet exemple montre bien que l'on ne peut pas dire que "le peuple suisse a accepté..." mais il montre aussi, en lien avec les statistiques des autres votations, que la démocratie directe ne garanti pas la participation.

    Yannis Papadopoulos, dans ce livre, se propose d'analyser les résultats et conséquences véritables de la démocratie directe et, surtout, de voir si elle est adaptée aux besoins de décisions de la part des autorités. Pour ce faire, l'auteur divise son livre en quatre parties. Premièrement, il donne des informations historiques. Ce n'est pas véritablement un chapitre d'histoire mais plutôt un chapitre d'analyse politique dans l'histoire cependant il permet de se faire une idée rapide sur les différentes visions de la démocratie dans l'histoire.

    Les deux dernières parties, elles, sont plus techniques. Elles nous permettent de nous faire une idée des conséquences de la démocratie directe sur la prise de décision. Nous y découvrons plusieurs surprises, pour nous suisses adorateurs de la démocratie directe, qui prouvent que celle-ci n'est pas toujours un bon moyen de contrôle ou d'innovation. Ce n'est pas qu'elle soit disfonctionnelle mais le citoyen, non seulement, ne peut pas pondérer son choix mais en plus la décision n'est pas toujours prise dans les milieux politiques mais parfois dans des milieux qui ne peuvent pas être touché par les mécanismes de référendums ou d'initiatives. De plus, la démocratie directe n'est pas toujours le moyen adéquat pour faire entendre ses prétentions. Nous pourrions dire que la Suisse a réussit, grâce à ces mécanismes, a lier les opposants au sein d'un consensus. Mais ce mécanisme de consensus date d'avant la démocratie directe et n'est pas mis en place dans tous les pays qui en possèdent les mécanismes parfois plus développés qu'en Suisse. D'ailleurs, l'Italie perdit sa concordance à cause de la démocratie directe.

    Ensuite, l'auteur tente d'analyser de possibles alternatives au référendum, a l'initiative et au recall comme, par exemple, la démocratisation de plus en plus poussée de la société (famille, école, entreprise) tout en étant peu attiré par cette forme. Il parle aussi de la mise en place de débats délibératifs a plusieurs reprises et dans plusieurs pays qui ont permis de faire accepter une décision du gouvernement par les citoyens écoutés et respectés néanmoins Papadopoulos s'inquiète de la légitimité des personnes choisies.

    C'est, donc, un livre très techniques mais utilisant beaucoup d'exemples. Un livre très intéressant mais difficile à consulter à cause de la difficulté des propos et, parfois aussi, de la construction des phrases. C'est un livre dont le but est de nous ouvrir les yeux sur la démocratie directe mais l'on sent, et l'auteur l'avoue, un pessimisme face à ces techniques de démocraties. heureusement, l'auteur nous a donné une vaste bibliographie d'auteurs variés et dont les positions ne sont pas toutes unies derrière une idée. Il ne faut donc surtout pas taxer ce livre d'anti-démocratie directe puisqu'il ne fait que nous monter les véritables conséquences du recourt au référendum et à l'initiative. Cependant, comme la conclusion nous le dit, les décisions se font de plus en plus à un niveau plus élevé que l'état nation ou alors les conséquences dépassent le territoire de l'état nation. Comment considérer comme légitime des outils qui acceptent une part de la population concernée sans entendre les autres populations, parfois étrangères, aussi concernée? Ne devrions nous pas réfléchis à une vraie alternative plus fonctionnelle et plus légitime?


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  • 12 théories de l'état et de la société

    Titre: 12 théories de l'état et de la société9782353740581.gif
    Auteur: Pierre Chassard
    Éditeur: Dualpha 2007
    Pages: 250

    Dans le cadre de mes cours en sciences politiques de l'année passée j'ai, bien entendu, eu des heures de philosophie politique. Ce n'est pas ce que je préfère mais il est intéressant de connaitre les théories qui ont existé et leur contexte historique. C'est pourquoi j'ai pris ce livre. En le choisissant je pensais découvrir un livre de synthèse sur 12 théories résumées et comparées comme le sous-entend le résumé. J'ai découvert tout autre chose...

    L'introduction, courte, est un mensonge. L'auteur y affirme la neutralité de ses choix tout en avouant, bien entendu, que ses critiques seront subjectives. Mais la suite de l'ouvrage est bien plus que de la subjectivité. Pour prendre un exemple je choisirais le seul auteur que j'ai effectivement étudié: Rawls. Chassard n'aime pas Rawls, ça se sent, ça se lit et ça le conduit soit à ne pas le comprendre, au mieux, soit à mentir sur sa philosophie. Car Chassard affirme que Rawls utilise le concept de "voile d'ignorance" pour créer des êtres humains réels incapable de se souvenir de leur passé et de leur culture. C'est une grossière erreur qui m'aurait conduit, si je l'aurais écrit dans une feuille d'examen, à être renvoyé à mes livres. Le "voile d'ignorance" n'a pas vocation à devenir réel. C'est un moyen théorique de trouver les règles de justices sociales en évitant la partialité. Ceci n'est qu'un exemple mais après lui je ne peux que mettre en doute toutes les affirmations de l'auteur dans ce livre.

    Néanmoins il y a pire. Chassard ne fait pas que mentir, ou ne pas comprendre, il attaque vigoureusement tous les philosophes dont les écrits ne lui plaisent pas. A titre d'exemple je choisirais la conclusion à la critique envers Dworkin à la page 29: "(...) Dworkin a pour principe d'écarter systématiquement toute la naturalité pour le pur rationnel en vertu de son égalitaromanie, et de son idéologie égalitariste (...). Ses recours à la démocratie libérale ne font qu'aggraver leur effarante inanité. Ainsi, il s'auto-disqualifie dès le départ". Comme il est facile de le remarquer dans la citation que je viens d'inclure Chassard n'aime pas deux choses: la démocratie libérale et l'égalitarisme. Au fil du livre on se rend compte que Chassard souhaite un état fort et réfute les droits de l'homme au profit des droits du citoyen mettant au pilori les étrangers qui corrompraient la communauté d'origine.

    En effet, la seconde caractéristique de l'auteur est, au mieux, une xénophobie ou, au pire, un racisme avoué. Il y a de multiples citations qui prouvent ces faits comme aux pages 24 et 25 "La stratification sociale qui s'établit naturellement (je souligne) partout où des populations blanches et noires cohabitent m'est en effet que le produit d'une différence d'aptitudes, non le résultat d'une discrimination quelconque." Alors que Dworkin pense le contraire. Une seconde attaque se fait contre Popper qui avoue son amour de la démocratie Athénienne. Chassard considère qu'Athènes n'était pas une démocratie athénienne car elle était de nature commerçante et ceux-ci sont censé être des étrangers. Lorsque Popper parle des problèmes sociaux Chassard surenchérit aux pages 172 et 173 "Quand il (Dworkin) parle de convulsions sociales à Athènes, de tensions entre classes, il a raison et il a tort. Il a raison car il s'agit bien de luttes de classes si l'on examine la situation en surface du seul point de vue économique, mais il a tort parce qu'il s'agit avant tout, si on l'examine en profondeur, d'une lutte de races. Orient marchand et parasitaire contre occident fabricant et producteur. Lutte qui traverse les siècles des partisans intéressés de la société ouverte contre les membres des communautés naturelles en défense."

    Je crois que cela suffit à démontrer mon propos. Chassard, loin de présenter des théories, crée un livre haineux et subjectif dont les sous-entendu nationaliste voir racistes ne peuvent pas apporter l'adhésion. En fait, en guise de conclusion, une citation de Chassard des pages 163 et 164 contre Popper sera parfaite: "Inspiré plus par la haine que par le désir de clarifier objectivement, (...), des positions théoriques qui ne lui agréent pas, Popper use souvent d'invectives et avance des arguments qui n'ont pour la plupart rien de philosophique. (...) Il s'agit visiblement, en grande partie, d'une œuvre de propagande destinée à disqualifier les philosophies politiques adverses et à diaboliser leurs auteurs."


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  • Quand l'état se mêle de l'histoire

    Titre: Quand l'état se mêle de l'histoire313DP3DCADL._SL500_AA240_.jpg
    Auteur: Entretien avec René Rémond mené par François Azouvi
    Éditeur: Stock 2006
    Pages: 106

    Quel que soit son travail ou son domaine d'études on ne peut pas passer outre quelques instants de réflexions sur ce que l'on fait. Ce petit livre est, justement, une réflexion sur un aspect particulier du travail d'un historien en France: les lois dites mémorielles. René Rémond, en effet, est l'un des signataires de la pétition demandant leur abrogation, pétition faisant suite à une plainte contre l'historien, trois fois récompensé pour son livre Les traites négrières. Essai d'histoire globale, Olivier Pétré-Grenouilleau justement à cause d'une loi mémorielle. Ces lois ne sont pas des moyens de punir le négationnismes mais des armes à doubles tranchants qui, sous couvert du respect de la mémoire, peuvent empêcher l'historien de faire un travail de qualité puisque, si il s'érige contre le discours légal, il risque une condamnation. René Rémond considère ceci comme un grand danger pour le travail de l'historien.

    Bien entendu ce n'est pas tous son discours, via ce thème légal il en profite pour donner sa définition du travail de l'historien. Un travail d'approximation ne devant pas souffrir des vues subjectives mais ne devant pas non plus se perdre dans l'amoralisme via la relativité des valeurs morales. Un historien doit condamner ce qui est condamnable car René Rémond croit en des valeurs morales universelles. C'est aussi un bon moyen pour lui de donner sa définition de ce qu'est la mémoire, une action immédiate et subjective, et de l'histoire, une réflexion objective. Néanmoins, il ne faut pas croire qu'il souhaite que l'histoire ne soit la propriété et ne puisse être faites que par les historiens. Il pense que l'histoire appartient à tout le monde et que, nécessairement, tout le monde doit pouvoir en parler et en posséder des rudiments. Ce qu'il condamne c'est la croyance des politiciens que leur positon d'élus les placent en droit de donner des ordres aux historiens et de leur imposer des méthodes et vérités historiques au moyen de la loi alors que le débat fait toujours rage.

    Bien que ce thème soit surtout important en France, nous ne devons pas oublier que la Suisse aussi à eu ses tentatives et tentations de lois mémorielles et, donc, nous devons bien expliquer en tant qu'étudiant ou historiens confirmés que nos travaux ne sont pas des jugements ou des tentatives de violer la vérité historique au profit d'une faction mais la recherche de la vérité historique qu'elle soit plaisante ou non et ce par des moyens scientifiques et rationnels tout en n'oubliant surtout pas d'avouer nos approximations et ignorances.


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