Politique - Page 8

  • Normes, déviances, insertions

    Titre: Normes, déviances, insertions
    Auteur: sous la direction de Gérard Mauger, José Luis Moreno Pestaña et Marta Roca i Escoda
    Éditeur: Seismo 2008
    Pages: 216

    Ce livre n'est pas un récit historique des normes, des déviances et de leur insertions dans la société. Ce livre se propose d'analyser ces termes et surtout la façon dont la société, politique et savante, les construit pour étiqueter des personnes. C'est pourquoi les coordinateurs ont décidés de le diviser en trois parties. La première parle du discours politique. Celui-ci, par l'étiquette déviance, est capable de déligitimer des actions politiques et de les rendre sans fondements par ce même biais. Nous avons aussi un article très éclairant sur la différence entre le social et le répressif. Si j'en crois cet article les arguments et visions des partisans des deux termes ne sont pas si différents que l'on penserait. La seconde partie parle, elle, du coté scientifique. Elle essaie de reconnaitre la façon dont les scientifiques, surtout les psychothérapeutes, écrivent ce qu'est une déviance pour la rendre compatible avec leur métier. C'est pourquoi on peut y lire un article plutôt intéressant sur la psychologisation de l'école et la façon dont elle se crée. Enfin, la troisième partie parle de l'insertion. Insertion des jeunes de banlieues dont il est important de créer une avenir et de suivre ses promesses. Insertion par la prison dont les socialisations par les condamnés peuvent être différentes selon la vision qu'ils ont de la prison. Sans oublier les thérapies contre les troubles alimentaires. L'important dans ces chapitres est de voir que les normes intériorisées doivent être modifiées pour une insertion réussie.

    C'est un livre intéressant et dont la lecture m'a appris plusieurs choses dont je n'avais pas toujours conscience. L'article sur les jeunes de la cité par Isabelle Coutant devrait être lu par toutes les personnes qui souhaitent régler ce qu'ils voient comme un problème mais ce n'est pas le seul intérêt de ce livre. J'ai apprécié les contributions assez larges avec des exemples, parfois déroutants mais j'ai l'impression qu'il y a deux problèmes. Premièrement, et c'est normal vu la taille du livre, les contributions ne sont pas toujours totalement développée et pourraient demander plus de pages pour expliquer les mécanismes à l'œuvre. Secondement, j'ai l'impression d'un manque de perspective historique. En effet, je pense qu'utiliser l'histoire, avec les précautions normales, est très utile pour comprendre les évènements actuels. Ce manque d'historicité est, je trouve, un manque important. Sinon je pense que c'est un bon livre même si je n'ai pas encore les compétences nécessaires ni les connaissances me permettant de véritablement critiquer les articles.


    Image: tirée du site des éditions

  • Jeunesse oblige. Histoire des jeunes en France XIXe - XXIe siècle

    Titre: Jeunesse oblige. Histoire des jeunes en France XIXe - XXIe siècle 9782130566922.jpg
    Auteur: sous la direction de Ludivine Bantigny et Ivan Jablonka
    Éditeur: Presses universitaires de France 2009
    Collection: Le Nœud Gordien
    Pages: 307

    L'histoire de la jeunesse est une histoire difficile à raconter et analyser pour plusieurs raisons: nous avons été ou sommes tous jeunes, les discours sur la jeunesse sont le plus souvent déclamé par des personnes ne faisant pas partie de cette catégorie et la jeunesse, comme le dit Bourdieu, n'est qu'un mot. Autrement dit, la jeunesse est une catégorie sociale fluctuante puisqu'elle dépend de nombreux facteurs particuliers aux contextes ou on la définit. C'est donc un recueil difficile dans lequel se sont lancés Ludivine Bantigny et Ivan Jablonka puisque la définition de l'objet change selon la période ainsi que le nombre de sources disponibles (comme le souligne Jean-François Sirinelli dans la préface). Honnêtement, après l'avoir lu, je pense que c'est un paris réussi.

    Divisé en trois parties le livre nous fait naviguer du XIXe au XXIe siècle. La première partie parle du XIXe siècle et nous informe sur les étudiants et la façon dont on les voit. La jeunesse rurale dont les espoirs permettent d'empêcher leur révolte ainsi que du sentiment de jeunesse de la France face à la vieillesse de l'ancien régime. La seconde partie, elle, nous transporte dans la première moitié du XXe siècle lors des quatre guerres que connu la France. Elle démontre le besoin de reconstruction du pays par un discours sur la jeunesse mais aussi le sentiment de dégénérescence des "vieux" qui ont échoué lors de la seconde guerre mondiale. Cette partie de l'histoire est une sorte de recherche de revitalisation de la France par les Jeunes mais aussi leur sacrifices par les blessures de la seconde guerre mondiale et de la guerre d'Algérie. Pour terminer, la troisième partie prend en compte l'histoire des jeunes jusqu'à nos jours. Nous passons donc à travers le rock, la culture jeune, etc. Mais surtout les collaborateurs nous expliquent les sentiments de rejet de la jeunesse dites immigrées qui ont aboutis à différentes émeutes dont la dernière est celle de 2005. Nous recevons aussi les explications de la perte d'importance de l'armée qui de passage de l'âge adolescent à l'age adulte est devenu une simple perte de temps et d'argent. Enfin, une contribution nous montre les changements de l'attitude sexuelle tout en démontrant que les femmes restent les gardiennes de la prévoyance sexuelle et du passage de l'état célibataire à l'état maritale.

    Cette énumération non exhaustive montre un livre dense. Néanmoins la taille du livre et des contributions empêche d'analyser en détail chacune des thèmes soulevés. Bien que je n'ai que peu d'intérêt pour l'histoire du cinéma, de l'économie ou encore de la musique les contributions sur la création politique du groupe jeunes, la vision qu'en a la société sans oublier les mutations de la jeunesse féminine et les différentes révoltes de jeunes ou encore la sexualité m'ont énormément appris. C'est un livre facile à consulter, rapide à lire et qui nous permet de comprendre une grande partie du champ historique des jeunes tout en gardant une ouverture avec la sociologie, ce que je ne peux qu'apprécier. Si nous souhaitez vous documenter sur les jeunes je pense que ce livre est une bonne occasion. Mais il nous apprend plus que ça. Il nous montre que les discours sur la jeunesse, encore dominée par les personnes au pouvoir que ce soit la famille ou les politiques, ont toujours montré à la fois la peur et les désirs de la société. Alors que, selon certains, les jeunes sont en perte de repaires ce livre a le mérite de nous montrer, qu'au contraire, les jeunes ont seulement leur propres repères pas toujours en adéquation avec ceux de la société. Une idée plus importante que celles qui ne demandent que répression face à une prétendue jeunesse dangereuse et barbare.


    Image: tirée du site des éditions PUF

  • State of play (Jeux de pouvoir)

    Je pensais pouvoir regarder Up en avant première hier soir, malheureusement, même arrivé en avance sur l'ouverture des guichets, je n'ai pas pu assister à la séance puisque toutes les places étaient occupées. Ne souhaitant pas gâcher une soirée cinéma (et maugréant que de toute manière je verrais Up le lendemain) il fallut compulser les horaires pour trouver un élu. C'est ainsi que j'allais voir le film State of play dont le résumé semblait plaisant (ainsi que les critiques de mes amis).

    State of play se déroule actuellement aux USA. Alors qu'un journaliste célèbre, Cal, enquête sur un double meurtre sa nouvelle collègue du blog nouvellement créé du journal lance la fronde contre le député Collins dont la maitresse vient de mourir tragiquement. Lui-même étant en charge de l'enquête fédérale contre un pourvoyeur de mercenaire dont le principal client était le gouvernement. Collins étant l'ami de Cal ce dernier souhaite, bien entendu, l'aider. Mais il se rendra rapidement compte que les trois affaires sont peut être liées et déboucheront sur un énorme scandale politico-financier. Néanmoins, les preuves restent à faire et personne ne compte lui faciliter la tâche.

    Voila une belle histoire d'espionnage n'est ce pas? Un bon vieux scandale avec un complot financier dont les instigateurs sont prêts à tout pour le mener à bien. Bien entendu le film ne possède pas que ce fond. C'est aussi un bon film que je conseille d'aller voir. Mais, j'y vois encore deux autres messages. Premièrement, par le personnage de Cal, le film est un éloge envers le journalisme d'investigation. Tandis que sa nouvelle collègue ne s'occupe que du blog dont elle écrit les messages dans la minute sans se soucier des faits ni des preuves, Cal, lui, prend le temps de réunir tous les aspects de l'affaire, les preuves et de chercher les liens même si il doit, pour cela, se trouver en conflit avec sa hiérarchie dont le but n'est plus l'information mais la vente. Le message c'est que le journalisme n'est pas qu'un moyen de vendre du papier et de sensationnel mais un métier de recherche de la vérité.

    en second lieu, ce film est aussi un fervent partisan de l'état de droit. En effet, nous y découvrons qu'une entreprise de sécurité souhaite contrôler la sécurité de tout un pays au nom de l'argent. Le point de vue des personnages est clair: dans une démocratie ce n'est pas une option. Alors que la guerre contre le terrorisme crée de gigantesques opérations sur le terrain et dans le pays par le renseignement la tentation, en effet, est grande de payer des mercenaires. Le film considère que cette tentation d'utiliser des armées privées est un danger pour la sécurité du pays et des citoyens. Les milices privées et autres agences de sécurités doivent être contrôlées rigoureusement pour éviter leur prise de contrôle de la société. Dans un pays comme le notre ou certaines de ces agences ont espionnés des citoyens sans aucune légitimité démocratique je pense que l'on ne peut qu'être en accord avec ce message.

    Site officiel dont une image est utilisée sur ce blog.

    02_1024x768.jpg

  • Les Démocraties

    Titre: Les Démocraties: régimes, histoire, exigences
    Auteur: George Duhamel
    Éditeur: Seuil 1993
    Pages: 359

    Je voulais en savoir plus sur le fonctionnement des démocraties dans le monde, j'ai donc tenté le livre de George Duhamel qui semblait offrir un aperçu relativement étendu. Le livre a vocation d'être manuel selon les mots même de l'auteur. Celui-ci a choisit de commencer par de (trop?) brèves description du fonctionnement des démocraties de plusieurs pays occidentaux. Cela passe de l'Angleterre à l'Espagne en passant par l'es USA, l'Italie et la Suisse sans oublier l'Allemagne et le Japon. Bien entendu il décrit le système français. La seconde partie est une histoire de la démocratie française de la Révolution à la Vème république et la dernière partie une théorisation.
    Qu'en penser? Tout d'abord je suis convaincu que l'on ne peut décrire le fonctionnement d'un pays en 15 à 20 pages. C'est trop peu. Ensuite le livre est trop manuel ce qui ne le rend pas très passionnant voir ennuyeux ce qui est dommage. De plus le livre est assez vieux pour n'avoir pas vu le quinquennat en France (même si il l'avait prédit) mais surtout pour n'avoir pas vu les évènements de 2002 en France ce qui le rend en partie suranné. Enfin il parle surtout de la France mais l'auteur étant lui-même français on peut le lui pardonner.

  • La contre-démocratie

    Titre: La contre-démocratie la politique à l'âge de la défiancela contre democratie.jpg
    Auteur: Pierre Rosanvallon
    Éditeur: Seuil 2006
    Collection: Point Essais
    Pages: 344

    Il ne se passe pas un mois sans que l'on entende parler du problème de la démocratie. Les citoyens la délaisseraient et seraient de plus en plus sceptique face à ses vertus. Nous étudions comment recréer un intérêt et pourquoi celui ci a disparu. Pierre Rosanvallon choisit une voie différente. Plutôt que de penser que le citoyen se désintéresse de la politique il prend le parti que le citoyen ne s'y est jamais autant intéressé mais délaisse les mécanismes orthodoxes. Ces nouveaux citoyens ne font plus autant confiance aux urnes mais observent la politique et ses institutions, les surveillent et agissent par des mécanismes d'empêchement. Qu'ils soient des manifestations ou des actes juridiques.

    Pour un titre qui peut faire peur ce livre est très fluide à lire et très intéressant. Pour prouver sa thèse l'auteur prend des exemples historiques et actuels sans mélanger les époques et en montrant au lecteur comment les intellectuels plus tardifs ou contemporains ont pensé ces institutions (par exemple la réflexion sur les Tribuns du Peuple aux états unis au XVIII). Les thèses sont très convaincantes et bien documentées mais je me demande quand même, bien que Rosanvallon en parle, si elles sont une bonne illustration des sociétés actuelles? C'est en tout cas le but de l'auteur de mettre en place un modèle intellectuel basé et décrivant les faits.

  • La télécratie contre la démocratie

    Titre: La télécratie contre la démocratiela telecratie contre la democratie.jpg
    Auteur: Bernard Stiegler
    Éditeur: Flammarion 2008 (2006 pour la première)
    Collection: Champs Essais
    Pages: 270

    Je suis bien emprunté pour écrire une présentation de ce livre. En effet, il est bien au delà de mes compétences. J'ai connu son existence par l'émission de la RSR Médialogue et je m'y suis intéressé. L'auteur, Bernard Stiegler, est un philosophe ce qui explique mon inaptitude puisqu'il utilise un vocabulaire spécialisé. Je ne suis donc pas sur d'avoir compris la moitié du livre. Néanmoins je pense avoir compris l'autre moitié (ce qui est déjà un début) et cette moitié était très intéressante. Stiegler pose la question du responsable de la misère politique actuelle et donne un nom: les médias n'ayant que le mot audience à la bouche et qui forment une télécratie. Il considère que la recherche absolue de l'audience au détriment du citoyen dans son sens d'homme respectable et réfléchi détruit le ciment politique et social de la société. Ce qui mènerait à sa désagrégation. J'avoue que j'ai été convaincu mais il faut dire que j'étais d'accord avec lui sur bien des points avant même de le connaitre. Ce livre est très pessimiste et fait peur pour notre avenir. C'est, probablement, le but de Stiegler: interpeler par la peur. Je ne sais pas vraiment quoi dire d'autre vu la complexité de ses propos mais je sens que mon précédent sujet sur le suicide se trouve dans le même cadre d'idées. Espérons que les choses changeront ou qu'elles ne sont pas si mauvaises (bien que j'aie du mal à le croire).

  • La revue l'Histoire met le Japon à l'honneur

    J'ai terminé hier le numéro 333 de la revue l'Histoire. Comme chaque années a cette période la rédaction en profite pour créer un numéro spécial sur un thème particulier et cet été c'est le japon. Moi même ne connaissant pratiquement rien sur le Japon mis a part quelques histoires romancées comme les samouraïs j'attendais ce numéro avec impatience. Et je n'ai pas été déçu car celui-ci fait une bonne synthèse de l'Histoire du Japon, depuis ses débuts jusqu'à aujourd'hui. Donc pour tous les amoureux du Japon et tous les autres je pense que ce peut être un bon numéro a posséder.
    Lien vers le sommaire
    333.jpg

  • Après l'empire: Essai sur la décomposition du système américain

    Auteur: Emmanuel Todd
    Edition: Folio actuel
    ISBN: 2-07-031300-X

    Dans l'idée de prouver la fin des états-unis Emmanuel Todd nous amène sur les traces de l'économie et de l'état du monde humain. En utilisant divers paramètres, balance des importations et exportations, famille, naissances, historique et tactique de l'armée l'auteur critique diverses doctrines américaines et tente de nous prouver la justesse de son propos. Bien que ses affirmations ne peuvent être vérifiées par moi je les trouve très intéressantes, bien construites et convaincantes. Je vous conseille donc ce livre qui n'est pas anti-américain mais pro-mondial.
    Dans les idées de l'auteur nous pouvons trouver le renforcement de l'Europe et le rapprochement avec la Russie tandis que les pays actuellement en crises sont décrits comme l'étant temporairement et arrivant dans l'état moderne et démocratique. Les USA et la vieille Europe, par contre, perdent leur démocratie au profit d'une oligarchie avec les USA perdant toute leur puissance économique et militaire. A t'il raison ou tort? L'avenir nous le dira mais rappelons qu'il avait prédit la chute du communisme en 1978.

  • "Le plein s'il vous plaît"

    Livre de Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean publié en édition points science.

    ISBN: 978.2.7578.0301.1

     

    Ce livre n'a pas pour ambition de nous donner des formules, des prévisions climatiques ou encore d'attaquer les politiques. Ce livre veut nous expliquer que le prix de l'énergie n'est pas assez élevé. Au fil des pages on apprend que nous devrions augmenter son prix avant que la pénurie (qui arrivera peu importe le chiffre exacte avant que ça n'arrive) l'augmente sans contrôle. Mais qu'arrivera t'il à l'économie? Les auteurs pensent qu'elle se transformera et que les grands centres actuels fermeront au profit de petits magasins de proximité. Selon les auteurs cela ne sera pas simple ni rapide et beaucoup seront mis à la rue, mais le retour du petit commerce et des réparations au lieu du jetable (avez vous essayé de faire réparer une montre? On la jette et on vous en donne une nouvelle) augmentera le nombre d'emplois.

    Leurs arguments sont intéressants et ont l'air vrai, mais serions nous capable d'opérer un tel virage? De toute façon nous le sentons tous, la Croissance ne peut pas être éternel, la physique, l'économie et notre bon sens nous le dicte. Un jours ou l'autre la Croissance tombera. Vaut il mieux laisser faire ou agir avant?