Fantasy

  • The craft sequence 1. Last first snow par Max Gladstone

    Titre : The Craft sequence 1. Last first Snow
    Auteur : Max Gladstone
    Éditeur : Tor 26 avril 2016
    Pages : 396

    Dresediel Lex est une ville qui a connu les divinités. Celles-ci ont, pendant des siècles, construits et protégés la cité. Mais le monde n'était pas juste et une partie des humain-e-s ont rejoint une révolution sous le nom de guerres divines. Cette révolution a vaincu et Dresediel Lex est maintenant contrôlée par Le Roi en Rouge, un mort vivant. Malgré le changement de pouvoir, les anciens enchantements sont toujours en fonction. Une partie des élites de la ville souhaite les mettre à jour avec l'aide du cabinet d'avocats d'Elayne Kevarian. Mais le peuple de la cité n'est pas forcément d'accord et les tentatives de discussions peuvent rapidement mal tourner.

    SPOILERS

    Max Gladstone est fort. Il ne donne pas d'informations importantes sur le passé de son univers et pourtant celui-ci nous semble vivant. On observe les conséquences des anciennes guerres et les changements qu'une révolution implique pour tout le monde. Mieux encore, il décrit un système de magie à la fois proche de ce dont on a l'habitude et très différent. Certes, il y a des démons, des monstres et des divinités. Mais la magie est avant tout un système de contrat basé sur les âmes en tant que monnaie. Il est donc parfaitement naturel que les meilleurs mages et magiciennes soient aussi des expert-e-s en droit. Ainsi, la magie se prépare au sein de réunions durant lesquelles les aspects légaux sont examinés avec attention.

    Max Gladstone fait aussi attention à ses personnages et à leur manière de réagir. Ces personnages changent au fil du temps et leurs expériences forment leurs réactions aux différents événements. Ce qui permet de créer une intrigue parfaitement logique dont les pièges sont visibles par les personnages qui ne peuvent éviter d'y entrer puisque leur personnalité est trop précisée. D'une certaine manière, Max Gladstone est très déterministe.

    J'avais réellement envie d'apprécier ce roman. Je voulais réellement entrer dans cette série dont j'ai entendu beaucoup de bien. Malgré les réussites de Max Gladstone en tant qu'écrivain, j'ai beaucoup apprécié le fonctionnement de son univers, je n'ai pas réussi à entrer dans le livre. À mon grand regret, cette œuvre n'a pas fonctionné sur moi car je n'ai pas réussi à apprécier les personnages ni leur manière de fonctionner au sein des règles construites par l'auteur. Je ne continuerais donc pas cette série.

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    *** Très bien écrit, très bien construit mais je n'ai pas réussi à m'y intéresser. J'en suis désolé.
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    Image : Site de l'auteur

  • The founders trilogy 2. Shorefall par Robert Jackson Bennett

    Titre : The founders trilogy 2. Shorefall
    Auteur : Robert Jackson Bennett
    Éditeur : Joe Fletcher Books 20 avril 2020
    Pages : 496

    CW : Tortures, esclavagisme

    Il y a trois ans que Sancia et ses ami-e-s ont fait tomber l'une des Grandes Maisons Marchandes en une seule nuit. Désormais, illes ont construit une nouvelle forme d'entreprise qui offre ses services aux personnes dans le besoin d'une aide technique et de connaissance, ceci en échange de travaux intellectuels. Les Grandes Maisons Marchandes n'ont pas pu réagir car elles sont aux prises avec une révolte d'esclaves dans les plantations. Les événements passés vont cependant redevenir important. Valeria, maintenant libre, annonce à Sancia l'arrivée et la résurrection imminente de Crasedes Magnus, le premier hiérophante. Ce dernier a un plan pour l'humanité et Valeria en possède un différent. La guerre est inévitable.

    SPOILERS

    Dans tous les livres de cet auteur, que j'ai lu, il y a un thème commun : le pouvoir et la volonté de l'utiliser pour soi ou pour rendre le monde meilleur. Le premier tome permettait de créer l'univers de Foundryside en présentant une civilisation utilisant des technologies magiques avancées mais basées sur l'esclavage et dont certaines personnes, faisant partie des élites, tentaient d'user d'une magie basée sur la mort d'autres êtres humains.

    Le second tome montre un contexte un peu différent. Le pouvoir des Grandes Maisons est abaissé par la perte de leurs connaissances, maintenant un peu plus partagées, et une révolte des esclaves. Mais leur pouvoir est encore très grand. Plusieurs personnages souhaitent contrôler ce pouvoir afin de modifier le monde. La plupart que l'on suit directement souhaitent l'utiliser afin d'améliorer le monde. C'est le cas de Sancia et des Dandolos mais c'est aussi le cas de Crasedes Magnus. Loin d'être un simple être maléfique, il a une histoire ancienne. Son enfance et son expérience lui ont permis de penser le pouvoir et l'humanité et d'atteindre une solution : le seul moyen de détruire la possibilité qu'une personne possède du pouvoir est d'empêcher tout le monde d'en posséder ce qui implique la fin de la possibilité de choisir.

    Face à lui nous avons deux types de personnages. La première est Valeria, un outil qui a atteint la sentience et qui souhaite empêcher Crasedes Magnus de réussir son plan. Mais ses actions ne prennent pas en compte le consentement de l'humanité ni les nombreuses morts que cela impliquerait. Nous avons aussi Sancia, Bérénice, Gregor et Orso. De ces quatre personnes deux ont connu l'esclavage, quoique pas de la même manière. Ce groupe tente de créer une révolution d'une part en redistribuant les connaissances et d'autre part en faisant tomber les Grandes Maisons une à une. À la lecture, on pourrait facilement suivre leurs avis. Mais l'auteur a eu l'intelligence de questionner leurs pratiques et leurs potentielles réussites. La redistribution permet-elle réellement la libération ? Les tactiques des quatre n'implique-t-elle pas aussi une prise de contrôle ?

    Avec ce second tome, Robert Jackson Bennett prend le parti de complexifier son univers et de refuser de donner des réponses simples. Il questionne les motivations de toutes les parties présentes et refuse d'entrer dans un simple manichéisme. Tous les personnages prennent des décisions compréhensibles si l'on prend en compte leur passé. Cependant, il me semble tout de même que l'auteur marque l'importance d'une part du choix et d'autre part du partage au lieu du contrôle. Que j'aie bien compris le propos de l'auteur, ou non, j'ai beaucoup apprécié ce second tome et je me réjouis non seulement de lire le troisième tome mais de savoir ce que l'auteur va écrire plus tard.

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    ***** Un très bon second tome qui démarre immédiatement pour ne pratiquement pas nous laisser souffler

    Image : Éditeur

  • The book of dust 2. The secret commonwealth par Philip Pullman

    Titre : The book of dust 2. The secret commonwealth
    Auteur : Philip Pullman
    Éditeur : Penguin 3 octobre 2019
    Pages : 704

    TW : Mention et récit d'abus sexuels

    Plusieurs années ont passé depuis la guerre entre la République et l'Autorité. Depuis, Lyra Belacqua, connue aussi sous le nom de Silvertongue, est devenue une jeune femme studieuse. Elle continue ses études sans trop de problèmes dans une université pour femmes tout en vivant, durant les vacances, à Jordan College. Mais sans qu'elle ne s'en doute, une partie du Magisterium souhaite toujours sa capture et commence à mettre en place différentes méthodes pour supprimer ses protections légales et secrètes. Pratiquement du jour au lendemain, elle doit fuir et se rend compte que l'Europe entière est touchée par les changements de pouvoir au sein du Magisterium et d'étranges problèmes sur les routes de la soie.

    SPOILERS

    Lorsque la première trilogie, la boussole d'or, sortait je l'attendais avec autant d'impatience que les livres Harry Potter. Le dernier tome a toujours un effet particulièrement fort sur moi. J'aimais tous les personnages et les univers tissés autours d'elleux. Bien entendu, ce fut avec une grande attente que je suivis la nouvelle d'une nouvelle trilogie se déroulant avant et après les événements de la boussole d'or. Malheureusement, le premier livre fut une grande déception...

    Comme l'a très bien dit quelqu'un sur goodreads, on se demande de quoi souhaite parler Pullman. Le livre est rempli de références à différents problèmes qui mériteraient tous une attention soutenue. Nous avons des changements géopolitiques qui semblent être manipulés autours d'une recherche scientifique considérée comme dangereuse par l’église. Nous avons un problème de guerre civile et de réfugiés qui tentent de s'enfuir en Europe. Et nous avons le retour d'une forme de défiance d'un gouvernement contre son propre peuple. Gouvernements qui usent de méthodes illégales pour s'attaquer à des personnes qui n'ont pas les opinions acceptables. Mais tous ces thèmes ne sont pas assez traités pour donner l'impression d'un récit qui traite de son sujet.

    De plus, nous avons le problème de la rationalité face à l'irrationalité. Ce thème est au centre de la relation entre Pantalaimon et Lyra puisqu'il les mène à se confronter et à la fuite de Pantalaimon. Là ou Lyra défende la rationalité à tous prix Pantalaimon essaie de défendre l'existence de l'irrationnel et sa nécessité pour la vie. Malheureusement, il est difficile pour moi de croire que ce désaccord puisse mener aux décisions extrêmes de Lyra et Pantalaimon. De plus, la division entre les deux termes du désaccord me semble trop extrême. Il est parfaitement possible de posséder une posture rationnelle tout en acceptant une part d'irrationalité au sein de l'univers.

    Enfin, je déplore le traitement du personnage de Lyra. Maintenant qu'elle est une jeune femme on apprend qu'elle a une vie sexuelle consentante, ce qui n'est pas critiquable, mais l'auteur démontre sa méconnaissance de certains sujets dans plusieurs chapitres. Premièrement, il explique que Lyra apprécie les regards sexualisant des hommes à cause du pouvoir que cela lui donne sur eux. L'auteur ne comprend donc pas leurs effets sur la vie des femmes, compréhension qu'il aurait eue s'il avait décidé de parler à une femme. De plus, l'auteur explique que Malcolm, personnage de ce roman et du premier Book of dust, fut attiré sexuellement par Lyra alors qu'elle avait entre 15 et 16 ans et lui 26 ans. Malcolm était le professeur de Lyra et il est toujours attiré lorsqu'elle est majeure. Ainsi, l'auteur décrit une relation potentielle basée sur une relation de pouvoir d'un homme plus âgé, socialement plus élevé et en position de pouvoir supérieur, sur une femme plus jeune, voire mineure. Pullman semble user de Lyra pour justifier la potentialité d'une telle relation. Enfin, nous avons le chapitre 31... Dans ce chapitre Lyra subit une tentative de viol. Celle-ci est défendue par le fait que Lyra ne s'est pas habillée assez modestement, qu'elle est seule sans hommes. Soit, que les hommes ne sont pas capables de se restreindre. L'acte ne sera jamais officiellement puni, le fait que Lyra se soit battue étant considéré comme suffisant. À la suite de cet événement, elle portera des vêtements considérés modestes. Soyons clair, rien ne va dans ce chapitre ni dans sa résolution. De plus, il est totalement inutile pour la résolution de l'intrigue générale et ne sert qu'à rabaisser une femme décrite comme arrogante et méritant ses malheurs depuis le début du livre.

    Ce second volume est non seulement une déception, car il ne se termine pas, mais l'auteur prouve, encore une fois, sa méconnaissance des situations qu'il met en place. On a l'impression d'un énorme cheni qui ne sert qu'à préparer au dernier volume.

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    *** Confus, désordonné, l'auteur semble ne pas savoir ce qu'il souhaite.

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    Image : Éditeur

  • The divine cities 3. City of miracles par Robert Jackson Bennett

    Titre : The divine cities 3. City of miracles
    Auteur : Robert Jackson Bennett
    Éditeur : Penguin 26 janvier 2018
    Pages : 439

    Sigrud se cache depuis près d'une décennie. Lors de cette décennie son amie a perdu son statut de Première Ministre. Elle vit recluse chez elle avec sa fille adoptive. Sigurd ne fait qu'attendre la possibilité de rentrer chez lui après les crimes commis à la suite de la mort de sa fille. Mais même lui peut recevoir des nouvelles générales du monde. Lorsqu'il apprend que son amie a été assassinée il décide de comprendre qui souhaitait la mort d'Ashara Komayd et pour quelles raisons. Son enquête lui permet rapidement de comprendre que son ancienne amie s'était lancée dans une nouvelle guerre, mais contre qui ?

    SPOILERS

    Chacun des livres de cette trilogie se concentre sur un personnage précis. Jusqu'à maintenant, Sigurd n'était que la brute de service capable de tuer et de survivre à volonté. Ce livre lui donne enfin un peu plus de substance en posant une question pourtant logique : comment Sigurd fait-il pour survivre ? L'auteur décide d'y répondre en jouant sur le divin. Mais il n'en fait pas une excuse. Il utilise le divin et les miracles comme des objets, des outils, qui agissent d'une certaine manière et qui peuvent être détournés de leur but. Ainsi, Sigurd est fort grâce à un lien avec le divin mais aussi parce qu'il accepte ce lien et ne remet pas en question ses actes. Tout ce roman est donc un moyen de développer le caractère de Sigurd et de lui donner une fin que j'ai beaucoup aimé.

    Mais ce personnage s'inscrit aussi dans un thème plus vaste qui prend sa source dans le premier tome et se termine ici. Depuis le début de cette trilogie se pose la question du pouvoir, du pouvoir de modifier sa réalité. Ce pouvoir est d'abord tenu par les divinités puis les dirigeants de Saypur mais jamais d'une manière égalitaire. Une entité ou un état tente de tout contrôle. Dès le début, le but d'Ashara est de briser cet état de fait et de donner un peu plus de contrôle à bien plus de personnes. Ce roman permet d'intégrer ceci au sein de ce qui reste des divinités, dont l'une souhaite intégrer le pouvoir de toutes les autres afin de marquer sa domination, mais aussi dans les relations entre Saypur et les autres nations de cet univers. Ashara est décrite, à plusieurs reprises, comme une femme qui a décidé de ne pas user de son pouvoir pour s'attaquer aux personnes, même ses ennemies, mais pour donner la possibilité d'un changement dans le futur, que cela soit bon ou mauvais. Ainsi, même si les changements de la fin du roman sont peu décrits ils entrent parfaitement dans cette idée en créant la possibilité d'un futur plus proche de l'égalité pour le plus grand nombre, en donnant l'occasion au plus grand nombre de modifier leur réalité selon leurs souhaits.

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    ***** Un très bon dernier tome avec l'une des fins les plus réussies que je connaisse.

    Image : Éditeur

  • L'épée de vérité 1. La première leçon du sorcier par Terry Goodkind

    Titre : L'épée de vérité 1. La première leçon du sorcier
    Auteur : Terry Goodkind
    Éditeur : Bragelonne 18 septembre 2015
    Pages : 1025

    CW : Torture, cannibalisme, abus sexuels

    Richard Cypher est un forestier. Son frère est le prochain dirigeant des Terres de l'Ouest. Celles-ci sont l'un des trois royaumes divisés par deux frontières infranchissables. Rares sont les personnes qui tentent de les traverser et leur destin est peu enviable. Mais l'impensable a lieu, une femme suivie par quatre hommes a réussi à traverser. Elle annonce à Richard non seulement un danger futur, la prise de contrôle du monde par un certain Darken Rahl, mais aussi sa recherche d'un ancien sorcier capable de nommer un Sourcier de vérité, un titre qui donne à son détenteur un pouvoir sans mesure. Ce Sourcier aura une mission : empêcher Darken Rahl de prendre le pouvoir absolu.

    SPOILERS

    Je n'avais jamais lu Goodkind jusqu'à maintenant. Ce n'est que parce qu'on m'a offert ce livre que j'ai décidé de me lancer dans cet auteur qui, sans savoir pourquoi, ne m'attire pas franchement. Son univers semble intéressant mais je n'ai pas réellement envie de m'y plonger. En revanche, j'avais vu la série qui est très médiocre tout en sachant comment être drôle à plusieurs reprises. Le livre est, bien entendu, très différent. C'est une bonne chose puisque cela permet de complexifier ce que la série avait (trop ?) simplifié. Ainsi le fonctionnement de la magie et des boites d'Orden est bien plus compliqué que dans la série, même si on souhaiterait en savoir plus. Il faudrait probablement lire les autres tomes pour avoir une compréhension plus forte du système de magie.

    Cependant j'ai eu beaucoup de mal à entrer dans le livre. En particulier, j'ai l'impression que le roman souffre d'une traduction difficile. Je ne sais pas si les termes originaux étaient compliqués à traduire en français mais j'ai souvent eu l'impression d'une forme d'artificialité imposée par la traduction. Peut-être est-ce dû au style de l’auteur ? Il faudrait comparer avec la version originale pour le savoir.

    J'ai aussi eu beaucoup de mal à apprécier les personnages. Celleux-ci sont peu intéressant-e-s et peu intelligent-e-s. Richard, par exemple, ne comprend que très tardivement des faits mis en place dès le début du roman. Pour un être d'exception chargé de découvrir la vérité il est singulièrement aveugle et il me semble que ceci ne dépend pas autant de l'intrigue, même si cet aveuglement est justifié par la première leçon, que du besoin de créer du suspens. Je suis donc un peu sceptique face à l'histoire telle qu'elle est racontée et je ne sais pas si je souhaite en lire davantage.

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    *** J'ai craint de ne pas apprécier ce roman. Sans que cela soit le cas je ne pense pas avoir réussi à l'apprécier.

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    Image : Éditeur

  • The divine cities 2. City of blades par Robert Jackson Bennett

    Titre : The divine cities 1. City of blades
    Auteur : Robert Jackson Bennett
    Éditeur : Penguin 26 janvier 2016
    Pages : 496

    Plusieurs années se sont déroulées depuis le premier Tome. Shara est maintenant la Première Ministre de Saypur et elle fait tout ce qu'elle peut pour donner plus de pouvoirs et de richesses au Continent. Mais ses efforts ne sont appréciés ni par ses collègues ni par l'armée. Afin d'aider à la réussite de son programme elle s'est alliée à la nouvelle République créée par son vieil ami, Sigrud. Celle-ci utilise les capacités considérables en ingénierie et en navigation de ses citoyen-ne-s afin de créer un port international vers la cité de Voortyashtan. Cependant, un agent du ministère a disparu près de cette cité. Shara décide d'envoyer une amie, et générale à la retraite, sur place pour enquêter. Il est l'heure pour Mulagesh de terminer ses vacances.

    SPOILERS

    Le second tome reprend les éléments du premier mais sans avoir besoin de construire autant de décors. On retourne donc immédiatement avec un auteur qui considère que les personnes qui lisent connaissent son univers. Ainsi, ce second tome peut être lu sans avoir lu le premier. Mais lire City of stairs aide à comprendre certains éléments précis.

    Vu que l'on reprend au même niveau cela implique d'entrer dans un univers qui voit une nation tomber tandis qu'une autre possède force économique et militaire. Bien que la fin du premier voulût montrer une tentative de mieux partager le monde on comprend rapidement que les choses ne sont pas si simples. De nombreuses scènes de ce second tome montre que les soldats de Saypur, et le commandement, défendent une vision raciste et colonialiste de leur rôle. Les continentaux sont insultés, considérés comme des sauvages qu'il faut civiliser mais aussi une menace qu'il faut anéantir avant qu'elle ne puisse prendre forme. Le commandement de la ville, dans ce tome, n'hésite pas à organiser des expéditions punitives afin d'attaquer toutes les personnes qui pourraient être insurgées, ce qui implique des enfants.

    Ainsi, le grand thème de ce tome est l'armée et son rôle. Il existe deux visions. D'une part la vision de la divinité Voortya et celle du commandement local. L'armée est présente pour détruire les ennemis. La définition est très étendue et toutes personnes qui refusent la domination de Saypur devient rapidement ennemie, créant par-là les prémisses d'une rébellion générale. L'armée et la guerre, dans cette vision, sont vues comme l'occasion d'imposer sa volonté et de combattre glorieusement sur le champ de bataille. Le principal caractère qui défend cette vision souhaite atteindre une forme de gloire par la guerre et une mort pensée comme héroïque.

    Mulagesh défend une seconde vision. Dans celle-ci, être soldat implique de servir le monde et les personnes. Le but n'est pas de continuer une guerre mais d'y mettre un terme afin de donner à d'autres personnes l'occasion de construire au lieu de détruire. Mulagesh pense que le combat est nécessaire, mais uniquement dans certaines circonstances et d'une certaine manière. Elle ne tue pas par envie d'atteindre la gloire mais par nécessité en cherchant un moyen de stopper le combat avant même son début. Dans ce tome, cette vision est liée à la fille de Sigurd, Signes, qui, même si capable de se battre, est avant tout une créatrice qui tente de changer le monde non par la guerre mais en donnant des opportunités économiques à la population. Elle aussi, souhaite élever sa nation et les autres afin de partager une prospérité commune.

    Ce second tome de la trilogie peut même être qualifié de meilleur que le premier. L'auteur dépeint des personnages intéressants, compliqués et faillibles. Certaines des relations entre ces personnages sont particulièrement bien écrites, en particulier le lien difficile entre Sigurd et Signes. De plus, l'auteur n'a plus besoin de construire l'univers de la trilogie ce qui lui laisse l'occasion de se concentrer sur l'intrigue. Si le troisième tome est de la même qualité ce sera une très bonne conclusion à une trilogie que j'ai beaucoup apprécié découvrir.

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    **** L'auteur aurait pu mieux thématiser l'aspect colonial de l'une des nations. Mais il montre un grand talent dans la construction de son univers. Les deux suites sont déjà dans ma PAL.

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    Image : Éditeur

  • The divine cities 1. City of stairs par Robert Jackson Bennett

    Titre : The divine cities 1. City of stairs
    Auteur : Robert Jackson Bennett
    Éditeur : Penguin 9 septembre 2014
    Pages : 464

    Depuis des siècles, le Continent contrôle le monde. Car le Continent n'est pas qu'un simple lieu géographique avec des humain-e-s. C'est le seul endroit du monde à être protégé par des divinités. Celles-ci offrent aux humain-e-s qui les suivent de nombreux miracles, faisant du Continent la plus grande puissance de l'histoire. Mais, il y a près d'un siècle, l'une des colonies, Saypur, s'est soulevée. Avec l'aide d'une nouvelle technologie les armées de paysans de Saypur ont été capable de détruire les divinités, détruisant par la même occasion les cités et la puissance du Continent. Depuis, Saypur est la plus grande puissance du monde. Mais au sein de la cité de Bulikov un complot est en cours, un complot dont le seul indice de l'existence est le meurtre d'un historien.

    SPOILERS

    Robert Jackson Bennett est un auteur que je commence à apprécier de plus en plus. Il fait partie du mouvement qui s'éloigne de la fantasy classique pour entrer dans une fantasy en plein âge industriel. Dans ce livre, les différentes puissances connaissent la poudre, l'électricité et le télégraphe. Saypur est aussi une puissance colonisatrice. Le but du gouvernement de Saypur n'est pas de faire du Continent une puissance égale mais d'utiliser les ressources tout en imposant des lois et une force militaire. Bien entendu, cela implique la mise en place de mouvements opposés, qui pourraient créer une forme de nationalisme. D'une part un mouvement de restauration basé sur le souvenir d'un âge d'or du continent et d'autre part un mouvement de modernisation. Il est dommage que l'auteur ne s'implique pas plus dans ce thème, mais il reste présent.

    Une grande partie du livre repose sur ces deux mouvements en utilisant l'histoire. La personnage principale, Shara, est historienne. Elle connait parfaitement l'histoire et les légendes du monde. Légendes et histoires que les continentaux n'ont pas le droit d'apprendre. Ce sont ces connaissances qui permettent de faire avancer l'intrigue, l'enquête et de comprendre les buts des différents mouvements. À plusieurs reprises, la passion de Shara pour l'histoire est montrée. Un passage, en particulier, l'illustre parfaitement : lorsque Shara découvre un temple que tout le monde pensait perdu et détruit et qu'elle commence à tester les théories des historien-ne-s en déchiffrant les décorations. Personnellement, je ne crois pas avoir de livres de SFF qui explore à tel point la passion de l'histoire et en fait une base importante des événements.

    Un autre thème que j'ai apprécié dans ce roman est celui de la nature du divin. Selon l'auteur, le divin a comme capacité de modifier le monde naturel. La disparition du divin a donc des effets catastrophiques sur le monde qui doit revenir à un fonctionnement qui suit les lois de la physique. Cela a des effets aussi sur le peuple du Continent qui, auparavant, n'avait pas besoin de science ni de médecins. Comme l'écrivait Pratchett, il existe une relation mutuelle entre le divin et les humain-e-s. Les divinités dépendant des humain-e-s pour exister et avoir une histoire tandis que les humain-e-s dépendent du divin pour leur vie et recevoir des règles. C'est en utilisant cette relation que le talent de l'auteur pour construire un univers est le mieux utilisé. En effet, Bennett va aller jusqu'au bout des conséquences que ce type de relation va avoir ce qui lui permet de démontrer les effets sur les divinités mais aussi sur les humain-e-s !

    En bref, Robert Jackson Bennett ne me déçoit pas dans la première trilogie qu'il a écrite. Tout comme j'attends avec impatience la suite de Fondryside, premier tome d'une nouvelle trilogie, je vais me lancer avec un probable bonheur dans les tomes 2 et 3 de la trilogie Divine cities.

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    **** L'auteur aurait pu mieux thématiser l'aspect colonial de l'une des nations. Mais il montre un grand talent dans la construction de son univers. Les deux suites sont déjà dans ma PAL.

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    Image : Éditeur

  • Game of thrones 8

    Bon, c'est enfin arrivé, Game of Thrones se termine après 8 saisons. On ne va pas se mentir, les dernières saisons ont été moins bien écrites que les premières. Cette saison ne dure que 6 épisodes et cela doit permettre de s'occuper de toutes les intrigues mises en place auparavant. Ça ne sera pas possible. Nous reprenons l'intrigue immédiatement après la saison 7. Les deux reines se sont mises d'accord et préparent la plus grande armée que les sept royaumes aient connus afin de combattre une menace contre la vie elle-même : l'armée des morts. Mais celle-ci est plus puissante et bien plus proche que tout le monde ne le croit. Et il faudra beaucoup de préparations et de chances afin de la vaincre.

    SPOILERS

    Commençons par annoncer que cette dernière saison souffre des mêmes défauts que la septième. Tout est très rapide. Un unique épisode permet de passer de l'autre côté du monde. La production a définitivement abandonné toute idée de réalisme spatial et préfère faire se téléporter les personnages quand il y en a besoin. Comme les autres saisons, certains personnages vont mourir. Malheureusement, et on en reparlera, la série trahit une majorité de personnages et ce qui a été construit. Missandei ne peut pas dire ce qu'elle a dit à la fin ! La grande majorité des intrigues sont abandonnées et celles qui se terminent sont closes en très peu de temps. On sent que la réalisation voulait terminer la série et ne plus perdre de temps et cela impacte fortement la qualité des intrigues.

    La saison est divisée en deux moments. La première partie s'intéresse à la lutte contre les morts. La préparation du combat possède parmi les plus belles scènes de la série. Que ce soit la relation entre Sansa et Daenerys, Aria ou encore la scène durant laquelle Brienne devient enfin une chevaleresse. Ces scènes sont belles car elles permettent aux personnages de dialoguer réellement, sans besoins de créer un danger. Malheureusement, cette partie se termine par une bataille extrêmement frustrante. Frustrante car elle est mal menée (sérieusement... une charge aussi inutile ? Des soldats à l'extérieur des remparts !) mais aussi à cause de la fin de la menace, à la fois bien mise en scène et très abrupt.

    La seconde partie marque la lutte entre Daenerys et Cersei. Là aussi, la fin n'est pas à la hauteur des espérances. Je ne parle pas de la fin réelle. Expliquer qu'après une guerre, une révolution, et la mise en place d'un nouveau gouvernement les choses reprennent un cour normal me semble logique. On peut, en revanche, questionner le choix du nouveau roi et des destins de certains personnages. Ce qui m'a le plus dérangé est la fin de Daenerys. En deux épisodes, elle passe de sauveuse en tyran. Elle passe d'une personne qui protège les innocent-e-s en une personne capable de détruire une ville entière pour vaincre. Ce processus n'a pas été explicité auparavant et me semble en contradiction avec la manière dont a été écrite Daenerys dans les autres saisons. Bref, cette dernière saison n'est pas une réussite.

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    *** Quelques belles scènes, de beaux moments entre certains personnages. Mais la série avait perdu sa voie depuis quelques temps et ne réussit pas à redresser la barre pour cette dernière saison.

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    Image : IMDB

  • Frozen 2 / La Reine des neiges 2

    Depuis que Elsa a compris comment contrôler ses pouvoirs le royaume ne craint plus rien. Elsa a promis de le défendre et les habitant-e-s se sentent en sécurité. Elle est aidée de sa sœur, Anna, qui s'est rapproché de Kristoff. Les trois se soutiennent mutuellement tout en préparant des soirées devinettes. Mais, depuis quelques temps, Elsa entend un appel. Elle est la seule personne à être capable de le distinguer. Celui-ci semble venir de la forêt enchantée, fermée aux humain-e-s du royaume depuis plusieurs décennies. Selon la légende, les esprits de la forêt se sont révoltés contre la violence des humain-e-s malgré les cadeaux offerts pour les apaiser. Et il semblerait qu'Elsa doive trouver un moyen de restaurer l'équilibre.

    SPOILERS

    On comprend rapidement que le film va se concentrer sur le passé et, en particulier, la famille d'Elsa et d'Anna. Les deux sœurs ne connaissent qu'une partie de l'histoire, et une partie racontée uniquement par leur père. Mais la réalité est très différente. Chacune va comprendre la place de leur grand-père et surtout de leurs deux parents dans les événements qui ont mené à la fermeture de la forêt et la naissance d'Elsa. La famille est clairement au centre de l'intrigue et ce n'est qu'unies que les deux sœurs sont capables de survivre. Lorsqu'elles sont séparées elles se retrouvent toujours en dangers.

    L'intrigue parle de deux peuples et d'esprits reliés par un cinquième esprit. Nous sommes clairement dans l'idée d'équilibre. Équilibre entre un peuple croyant en la science et un peuple croyant à la magie, vivant en communion avec la nature. Équilibre entre la nature laissée à ses capacités et une nature contrôlée. Équilibre aussi entre plusieurs aspects de la nature qui doivent être respectés et apaisés et non attaqués. Ces différents équilibres ont été brisés dans le passé de l'univers du film et seule la réparation de l'erreur du passé peut permettre un apaisement, mais au prix d'une destruction du monde des humain-e-s. Ainsi, il devient rapidement clair qu'Elsa n'est pas une simple femme possédant des pouvoirs mais une personne capable de créer et de défendre ces équilibres, la plaçant dans une position différente que les autres personnages.

    Ces thèmes sont portés par plusieurs moments d'humours, mis en place par Olaf. Ceux-ci ne sont pas toujours réussis et peuvent agacer à certains moments. Bien entendu, Disney oblige, nous avons plusieurs chansons. Bien qu'une majorité soit bien écrite certaines me semblent moins entrainantes et moins justifiées. Mais on peut faire avec. Enfin, il y a de la romance. En particulier entre Anna et Kristoff. Il est dommage que Kristoff ne soit pas rapproché d'un autre personnage masculin qui lui ressemble beaucoup. J'aurais aimé voir ces deux hommes créer une romance.

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    **** Une suite sympathique au ton un peu différent. Je craignais un peu de moins apprécier que le premier, mais ce n'est pas arrivé

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    Image : IMDB

  • Ascender 1. The haunted galaxy par Jeff Lemire et Dustin Nguyen

    Titre : Ascender 1. The haunted galaxy
    Auteurs : Jeff Lemire et Dustin Nguyen
    Éditeur : Image Comics 23 octobre 2019
    Pages : 136

    Ce volume 1 contient les épisodes 1-5. L'univers a définitivement changé. Après une dernière confrontation entre l'UGC, Gnish et la résistance robotique les Moissonneurs sont revenus afin de passer leur jugement. Alors que leur première attaque n'était qu'une prévention celle-ci vise à détruire définitivement toutes capacités de résistances par les intelligences organiques. Mais leur attaque a aussi permis l'organisation d'une nouvelle puissance au sein de la Galaxie. Les planètes ne sont plus libres, elles sont sous le contrôle d'une magicienne nommée Mère. Celle-ci interdit toute technologie et combat toutes personnes qui pourraient se rebeller.

    SPOILERS

    Descender fut l'une des séries que j'ai le plus apprécié. Les auteurs créaient une situation et donnaient, petit à petit, les éléments pour la comprendre et essayer de deviner ce qui allait se dérouler. J'avais aussi beaucoup aimé la technique artistique utilisée par Nguyen. Ascender est dessin exactement de la même manière et, encore une fois, c'est beau. C'est un véritable régal d'observer les paysages et les différents personnages.

    Tout comme Descender, il me semble qu'Ascender sera une série qui va utiliser la simplicité pour mieux peindre son univers. Il n'y a donc pas une intrigue remplie de mystères mais un statu quo qu'il nous faut comprendre. Celui-ci est brisé par l'apparition d'un changement qui implique un danger pour Mère. On ne sait pas pourquoi mais une machine est revenue vers les humain-e-s. Je ne serais pas étonné si la série prend la forme d'une quête pour la fille d'Andy, quête qui pourrait lui permettre de retrouver Tim 21 ?

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    ***** Toujours aussi beau, toujours autant envie de connaitre la suite.

    Image : Éditeur

  • Avatar. The last airbender. Team Avatar tales par Gene Luen Yang, Dave Scheidt, Sara Goetter, Ron Koertge et Kiku Hughes

    Titre : Avatar. The last airbender. Team Avatar tales
    Auteur-e-s : Gene Luen Yang, Dave Scheidt, Sara Goetter, Ron Koertge et Kiku Hughes
    Éditeur : Dark Horse 2 octobre 2019
    Pages : 80

    Après une première anthologie Dark Horse publie une seconde anthologie. Celle-ci est composée de 8 petites histoires. Elles prennent place après et pendant les événements de la dernière saison, si j'ai bien compris la chronologie. Celle-ci n'est pas précisée et les histoires ne semblent pas avoir été classée selon la chronologie de la série. Nous retrouvons donc tous nos personnages favoris lors de petites aventures. Loin de la flamboyance ce sont de petits moments lors desquels les auteur-e-s nous permettent de nous souvenir pour quelles raisons on les apprécie.

    SPOILERS

    Que penser de cette anthologie ? J'ai beaucoup apprécié certaines histoires. Ainsi, celle de Mai permet de préparer les événements de l'un des tomes de la série chez Dark Horse. J'aime bien aussi l'histoire autours de Ty Lee et encore plus la sortie au marché de Sokka et Suki. La relation de ces deux personnages est décidément l'une de celles que je préfère et je trouve que l'auteur de cette petite histoire a très bien mis en scène leur complicité et leur respect mutuel. Mais d'autres histoires de cette anthologie semblent moins intéressantes, plus anecdotiques. À la fin, on se demande si cette anthologie, très courte, vaut vraiment son prix.

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    *** Bien que remplie d'histoire sympathique j'aurais aimé quelque chose de peu plus substantiel.

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    *****

    Image : Éditeur

  • Good Omens

    Certes, je regarde la série bien après tout le monde. Cependant, lorsque j'ai su que le roman écrit par Gaiman et Pratchett allait être adapté en mini-série je savais que je ne pouvais pas faire autrement que la regarder. Good Omens commence comme toute bonne histoire par le début, pour arriver rapidement à la fin de tout. En effet, la fin des temps est proche. L'antéchrist est né et il va être placé auprès d'un humain afin de pouvoir faire le plus de dégâts possibles. Alors que le Paradis et les Enfers se préparent à la guerre qui marque la fin de tout, et la réponse à qui a raison, un ange et un démon se rendent compte que l'antéchrist est perdu et se mettent à sa recherche.

    SPOILERS

    Je vais le dire immédiatement, cette série est une très bonne adaptation. On sent que les personnes qui ont travaillé sur celle-ci souhaitent faire du bon travail et donc rendre hommage à Pratchett. Dès le générique on se rend compte de la qualité de la production. Une bonne partie du matériel du roman est gardé en l'état mais, comme toute bonne adaptation, ce qui était inutile ou redondant a été laissé de côté voire remplacé par de nouvelles scènes. Ainsi, ce qui rend le roman bon est gardé en l'état mais la série réussit à magnifier ces aspects. Ce fut donc un véritable plaisir de la regarder, plaisir qui sera sûrement renouvelé à plusieurs reprises.

    Ce que j'ai apprécié, et qui a créé une certaine discussion sur l'internet, est la relation entre Crowley et Aziraphale. Les deux sont montrés comme proche dès le début et une grande partie de l'un des épisodes présente leur histoire commune lors de plusieurs événements historiques. A la base les deux doivent lutter en secret l'un contre l'autre. Le démon créant le chaos et l'ange faisant en sorte de restaurer la paix. Rapidement ils comprennent le désintérêt de ce travail et commencent à faire connaissance alors que les humain-e-s agissent sans aides. Tout est fait pour créer l'impression que les deux personnages sont très proches, probablement en couple. Certains dialogues vont, en tout cas, dans cette direction. Les choix des personnages le font croire aussi. Il est dommage que cet aspect ne soit pas affirmé mais leur relation est ce qui l'un des aspects les plus sympathiques de la série.

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    ***** Une série que j'attendais de pied ferme, et que j'ai énormément apprécié.

    Image : IMDB

  • Avatar the last airbender : The rift par Michael Dante DiMartino, Bryan Konietzko, Gene Luen Yang et Gurihuru

    Titre : Avatar the last airbender : The rift
    Auteurs : Michael Dante DiMartino, Bryan Konietzko, Gene Luen Yang et Gurihuru
    Éditeur : Dark horse 11 février 2015
    Pages : 240

    Ce volume contient les parties 1-3 de The rift. L'Avatar, Katara, Soka et Zuko sont revenu-e-s de leur quête de la mère de ce dernier. Azula, elle, a disparu. Zuko profite de son temps avec sa mère pour comprendre, enfin, son passé et se réconcilier avec sa famille. Pendant ce temps, au Royaume de la Terre, une nouvelle idée a émergé. Yu Dao devient une ville gouvernée à la fois par des membres de la Terre et des membres du Feu. Les deux peuples essaient même de travailler ensemble à l'échelle industrielle. Mais leurs activités semblent avoir réveillé un problème puisque l'une des anciennes Avatar tente de contacter Aang.

    SPOILERS

    Le thème principal de ce volume est le lien entre le passé et le futur, via le présent. Celui-ci est dépeint selon deux grands mouvements. Premièrement, le futur est montré au sein des nouvelles formes de relations dans la ville de Yu Dao. Ces relations préfigurent ce que deviendra le monde dans la série The Legend of Korra. Cette ville accepte plusieurs peuples et elle permet un travail commun qui débute une forme d'industrialisation. Mieux encore, les pouvoirs des maitres des éléments sont copiés par des machines ce qui permet de donner une moindre importance aux maitrises. Mais cette industrialisation heurte le passé et la tradition incarné par un festival que Aang essaie de recréer. Bien qu'ancien et oublié, ce festival est un moyen d'éviter la colère des esprits et son oubli est dangereux.

    La relation entre passé et futur est aussi dépeint à l'aide de la relation entre Aang et Toph. Les deux ami-e-s sont très différent-e-s. Là où Aang est calme et pacifique Toph est passionnée et n'hésite pas à risquer de tuer ses adversaires. Là où Aang respecte les traditions Toph souhaite le changement. Il est naturel que chacun incarne l'une des directions qui pourrait prendre le monde. Cependant, leur combat est rendu plus intéressant par la fin du volume qui permet de faire une synthèse entre les deux. Certes, le respect du passé est bénéfique et avancer vers le futur est une bonne chose. Mais ce qui compte n'est pas de détruire le passé mais de le modifier, de créer de nouvelles idées. Une philosophie incarnée par un esprit avec lequel Aang parle à la fin du volume.

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    ***** Plus je lis ces comics plus je les apprécie. D'autant que celui-ci fait revenir Toph !

    Image : Éditeur

  • Avatar the last airbender : The search par Michael Dante DiMartino, Bryan Konietzko, Gene Luen Yang et Gurihuru

    Titre : Avatar the last airbender : The promise
    Auteurs : Michael Dante DiMartino, Bryan Konietzko, Gene Luen Yang et Gurihuru
    Éditeur : Dark horse 5 février 2014
    Pages : 240

    Ce volume contient The Search parties 1-3. L'histoire commence immédiatement après le volume précédent. L'avatar, son équipe, le roi de la Terre et le seigneur du Feu écoutent quelqu'un parler des anciennes formes politiques du Royaume de la Terre afin de trouver une solution aux colonies de la nation du Feu. Mais Zuko n'écoute pas vraiment. Depuis son ascension il souhaite surtout connaitre son passé pour mieux comprendre sa place actuelle. Il souhaite savoir ce qui est arrivé à sa mère. Pour cela, il doit accepter l'aide de son père, Ozai, et de sa soeur, Azula. Mais peut-il leur faire confiance ?

    SPOILERS

    Comme je l'imaginais à la fin du tome précédent, celui-ci serait beaucoup plus intimiste (et ne contient malheureusement pas Toph). Il s'intéresse en grande partie au passé d'Ursa. La description de ce passé donne une coloration tragique à son histoire et à son lien avec Zuko et Azula. Loin de vouloir entrer dans la famille royale, elle souhaitait vivre sur son île avec son amour d'enfance. Les auteurs font aussi attention à la vie d'Ursa lors de l'enfance de Zuko, jusqu'à dévoiler ce qui est réellement arriver lorsque Ozai a pris le pouvoir.

    Mais ce volume n'est pas simplement un moyen de parler de la relation entre une mère et ses deux enfants. Il prend aussi soin de parler des relations entre frères et sœurs. Pour cela, les auteurs utilisent deux exemples. Le premier est, bien entendu, celui de Soka et de Katara. Deux membres de la même famille qui peuvent se chamailler mais qui se soutiennent toujours et qui s'aiment profondément. Un second exemple arrive dans la partie 3. Ce sont un frère malade et une sœur qui essaie de trouver un moyen de guérison. Là aussi, on nous montre deux personnes qui s'aiment et se soutiennent. Face à cela, la relation entre Zuko et Azula est bien plus difficile. Azula est montrée dans toute son intelligence, et sa tragédie. En effet, lorsqu'elle a atteint le rang de Seigneur du Feu elle a aussi perdu pied. Mais les auteurs montrent aussi d'où provient sa cruauté, lors de son enfance. Zuko, lui, est montré comme un enfant qui ne comprend pas les raisons derrière les actes de sa sœur puis comme un adulte qui essaie de réparer une relation difficile.

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    ***** J'ai beaucoup aimé ce second tome et la manière dont il gère le passé, et le présent, de Zuko

    Image : Éditeur

  • Avatar the last airbender: The promise par Bryan Konietzko, Michael Dante DiMartino, Gene luen Yang et Gurihiru

    Titre : Avatar the last airbender : The promise
    Auteurs : Bryan Konietzko, Michael Dante DiMartino, Gene luen Yang et Gurihiru
    Éditeur : Dark horse 20 février 2013
    Pages : 240

    Ce volume contient The Promise 1-3. La guerre est terminée. Le Seigneur du Feu Ozai a été vaincu. Son fils, Zuko, règne à sa place. Le roi de la Terre a été remis sur son trône. La flotte de la nation de l'Eau s'est retirée. Mais la paix n'existe pas encore. Afin de garantir l'harmonie entre les peuples le Seigneur du Feu, le roi de la Terre et l'Avatar Aang se réunissent et acceptent un plan : le mouvement de restauration de l'harmonie. Celui-ci implique de détruire les colonies de la nation du Feu afin de rendre au royaume de la Terre ses possessions. Mais est-il vraiment possible d'effacer ainsi 100 ans de coexistences et d’occupation ?

    SPOILERS

    La série Avatar n'hésitait pas à s'intéresser à des sujets difficiles tout en essayant de parler à des enfants. Ce comics continue cette tradition. En effet, les différents personnages doivent se confronter aux problèmes de la colonisation. Dans cet univers, la nation du Feu a colonisé des villes du royaume de la Terre. Ceci met à mal la division entre quatre nations qui nous est montrée et il est logique d'essayer d'y revenir. Mais le comics montre parfaitement bien que les décisions les plus logiques peuvent s'attaquer à la vie de personnes concrètes. En nous montrant l'exemple de la ville de Yu Dao les auteurs nous montrent de quelle manière une ancienne colonie se fonde sur une forme de mixité culturelle. Des maitre-sse-s de la Terre y sont considérés comme des citoyen-ne-s de la nation du Feu. Les familles se sont mêlées et ont commencé à travailler ensemble afin de créer une culture différente. Cependant, les colonisateurs sont tout de même dominant-e-s économiquement parlant. En peu de pages, les auteurs nous montrent des problèmes très concrets tout en refusant la colonisation.

    Ce volume parle aussi de la difficulté de diriger une nation. Aussi bien Zulo et que le roi de la Terre doivent prouver à leur peuple qu'ils sont capables de prendre des décisions en leur faveurs. Le roi de la Terre doit briser son image de faiblesse qui l'a forcé à fuir après avoir été trahi. Zuko, lui, doit reprendre en charge une nation guerrière dont l'ancien Seigneur est toujours en vie. Alors qu'il commence en essayant de suivre ses idées, il est rapidement obligé de demander les conseils de son père car il doute de plus en plus de la justesse de ses actes. Bien entendu, on comprend que c'est ce doute qui permet à Zuko de devenir un meilleur dirigeant. C'est aussi son envie de protéger la population qui lui permet d'être différent de son père même si cela implique de prendre des décisions qui risquent de le rapproche d'Ozai.

    Enfin, nous avons Aang. Là aussi, nous revenons vers lui immédiatement après la fin de la série. Sa relation avec Katar, à laquelle je ne crois toujours pas, est accélérée puisque les deux sont officiellement en couple. Bien que ce ne soit que rarement mis en avant, les auteurs montrent les difficultés d'un jeune couple constitué de deux personnes qui entrent tout juste dans l'adolescence. Les auteurs s'intéressent bien plus à ce que signifie, pour Aang, le titre de dernier maitre de l'air. Pour en parler ils introduisent un fan club constitué de deux chapitres. Le premier ressemble fortement à des fan clubs existants tandis que le second est constitué de personnes qui étudient la culture des nomades de l'air. Ce point permet de parler d'appropriation culturelle.

    Ce premier vrai volume des comics d'Avatar le dernier maitre de l'air me semble être une réussite. En peu de pages, les auteurs introduisent des questions complexes tout en construisant sur ce que la série avait mise en place. La fin de ce volume annonce aussi l'intrigue du prochain qui semble être beaucoup plus intimiste.

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    **** Un bon premier volume, je suis curieux de lire la suite

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    Image : Éditeur

  • Avatar the last aribender: the lost adventures

    Titre : Avatar the last aribender : the lost adventures
    Auteur-e-s : 21 personnes collaborent
    Éditeur : Dark horse 15 juin 2011
    Pages : 240

    Cette BD contient 28 comics différents. Ceux-ci proviennent de différents magazines mais aussi des DVDs avec quelques histoire inédites. Avatar The last airbender est l'une de mes séries animées préférées, avec sa suite The legend of Korra. Étant donné que j'ai bien apprécié le premier comics qui continue les aventures de Korra j'ai voulu lire celles qui suivent les aventures de Aang. Cette première lecture se déroule durant la série. Il est divisé selon les trois saisons avec de petites aventures qui ont eu lieu entre deux épisodes. Certaines de ces aventures permettent de combler quelques trous scénaristiques, mais aucune n'est nécessaire pour comprendre la série.

    SPOILERS

    Cette petit BD me semble exister avant tout pour les fans de la série. Elle ne fait que rééditer une bonne partie des petites histoires déjà connues sans créer de nouveautés. Si l'on apprécie la série, on va aimer retrouver l'équipe entre les épisodes tenter de se reposer, de combattre et de trouver à manger. J'ai particulièrement aimé retrouver certaines mentions qui sont faites durant la série, comme les aventures d'Aang avec son ami de la nation du feu 100 ans auparavant.

    Cependant, je déplore des histoires souvent peu intéressantes. Sans être mauvaises, les aventures dépeintes sont trop courtes pour donner vraiment l'impression d'être face à une intrigue. Souvent, on se trouve face à un problème résolu en quelques cases par l'usage d'une maitrise. Les relations entre les personnages ne sont pas non plus développées, on doit accepter ce que l'on connait déjà de la série. Tout cela n'est pas la faute de cette édition, ces problèmes dépendent du format magazine de ces aventures qui impliquent peu de pages et donc des résolutions rapides.

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    *** Quelques idées sympathiques mais des histoires trop courtes

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    Image : Éditeur

  • The legend of Korra: Turf Wars par Bryan Konietzko, Michael Dante DiMartino, Irene Koh et Vivian Ng

    Titre :  The legend of Korra : Turf Wars
    Auteur-e-s : Bryan Konietzko, Michael Dante DiMartino, Irene Koh et Vivian Ng
    Éditeur : Dark Horse 13 mars 2019
    Pages : 240

    Cette édition librairie contient Turf Wars parties 1-3. Après de nombreuses recommandations j'ai décidé d'entrer à nouveau dans l'univers de Korra. Pour rappel, Korra est la nouvel Avatar, après Aang dont on suit les événements dans Avatar The last airbender. Ce statut fait de Korra un guide spirituel chargé de garder l'équilibre dans le monde. Lors des événements de la série, le monde a passé le cap de la révolution industrielle et l'équilibre est menacé par de nouvelles idées et personnes, la dernière étant Kuvira. Après un combat difficile qui a ouvert un nouveau passage entre le monde des humain-e-s et celui des esprits Korra et Asami décident de prendre un congé bien mérité. Mais lors de leur retour elles se rendent compte que les problèmes sont nombreux à Republic City.

    SPOILERS

    Comme toujours, dans cet univers, il existe à la fois une menace personnelle envers Korra et une menace plus politique. Ainsi, la menace personnelle est le nouveau chef d'une des triades de Republic City. Après un combat autours du portail ce chef est attaqué par un esprit ce qui modifie le corps de celui-ci. La question de cette bataille concerne le statut du portail. Est-ce un lieu sacré qui doit être préservé et protégé en harmonie avec les esprits ou faut-il en faire un lien d'entrée dans le monde des esprits pour les touristes dans un but marchand ? Autours de cette question se greffe les idées politiques de Raiko. Ce dernier n'a jamais eu beaucoup de chance dans la série. Il est presque uniquement une personne qui refuse de suivre Korra. Dans ce livre, il essaie de se faire réélire après avoir capitulé face à Kuvira. Pour Raiko, seules les décisions qui peuvent permettre une réélection sont dignes d'être examinées. Le reste n'est qu'accessoire. Bien entendu, cette manière de penser conduit la ville à une nouvelle crise...

    Cette suite sous forme de comics est aussi attendue à cause de la fin de la série. Lors de celle-ci Korra et Asami se rendait dans le monde des esprits en se tenant les mains, devenant un couple officiel. Dans ce comics, on les retrouve immédiatement après ce moment, en train d'apprendre à vivre en couple. Très rapidement, Korra décide d'en parler à ses parents. Cet événement, qui n'a pas lieu comme espéré, permet aux auteur-e-s d'expliquer de quelle manière est pensé l'homosexualité dans cet univers. J'étais d'ailleurs surpris, en bien, que le récit soit porté par Kya, fille de Aang (qui permet de savoir que l'avatar Kyoshi était bisexuelle). Il me semble que ce couple ne soit pas montré comme parfait. Leur relation est en construction et tout le monde ne sera pas forcément heureux de celle-ci.

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    ***** J'apprécie beaucoup l'univers d'Avatar et de Korra. J'ai beaucoup aimé y entrer à nouveau et je pense que je lirais la suite.

    Image : Amazon

    Éditeur

  • How to train your dragon : The hidden world / Dragons 3 : Le monde caché

    Berk est plus prospère que jamais. Hiccup est le chef incontesté du village et, avec ses ami-e-s, il a fait de Berk un havre de paix entre dragons et humain-e-s. Plus encore, il lutte contre les personnes qui chassent et tuent les dragons, offrant un lieu de vie à ces derniers. Mais Berk n'est plus un petit village méconnu. Il est devenu le centre des dragonniers et le nombre importants de dragons qui s'y trouvent en font une cible. Alors que Hiccup réussit toutes ses attaques, les trappeurs décident de demander l'aide d'une légende : l'homme qui a tué tous les nightfury. Après avoir bien réfléchi, il semble qu'il n'existe qu'une solution : se cacher définitivement avec tous les dragons.

    SPOILERS

    Ce qui rend la saga Dragon si intéressante sont ses relations. Le premier film montrait la nécessité de ne pas suivre les pas de ses parents. Le second expliquait que les enfants peuvent être semblables à leurs parents. Ce dernier film marque le passage à la vie adulte et aux responsabilités. Bien que Hiccup soit chef depuis le second film, ce troisième film permet de montrer ce que sont les responsabilités qu'une personne choisie comme cheffe doit accepter. Ces responsabilités impliquent de créer une forme de stabilité mais aussi de prendre en compte les souhaits des personnes mises sous sa protection. Non seulement Hiccup doit accepter que son paradis des dragons ne soit pas forcément souhaité par tout le monde. Mais il doit aussi permettre aux dragons de posséder leur propre destin.

    Malheureusement, ce discours sur les responsabilités passe par un discours très classique sur le mariage, l'amour et les enfants (que je ne suis pas le seul à avoir remarqué si j'en crois les discussions autour de ce film sur les réseaux sociaux). Celui-ci est double, tout comme Hiccup et Toothless sont deux chefs les deux doivent accepter l'amour et la nécessité d'élever une nouvelle génération. Hiccup est poussé par les hommes de son village d'accepter un mariage avec Astrid afin de devenir un véritable chef. Astrid, elle, est poussée par la mère d'Hiccup à accepter un rôle de confidente et de conseillère capable d'aider Hiccup à être un meilleur chef. Jamais personne ne prend en compte leurs souhaits. Une scène seulement marque leur impression de ne pas être prêt à un mariage. Toothless, lui, découvre l'existence d'une femelle de son espèce. Il est poussé par Hiccup à la charmer. Cette intrigue est explicitée par les personnages qui expliquent que les nightfurys sont monogames, la relation entre les deux dragons est donc proche d'un mariage. Faire des enfants et se marier sont donc montrés comme des nécessités qui permettent d'entrer dans l'âge adulte, un discours classique qui oublie les autres possibilités.

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    **** Un dernier film, réussit, d'une saga que j'aime toujours revoir
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    Image : Site officiel

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  • Chronicles of Amicae 1. City of broken magic par Mirah Bolender

    Titre : Chronicles of Amicae 1. City of broken
    Autrice : Mirah Bolender
    Éditeur : Tor books 20 novembre 2018
    Pages : 400

    Laura est une jeune femme comme les autres. Elle n'est pas particulièrement riche mais elle n'est pas pauvre non plus. Elle vit au jours le jours, aidant sa tante à l'élever. Comme beaucoup de personnes, elle cherche un travail qui lui permette de subvenir à ses besoins. C'est lors de cette recherche qu'elle tombe sur une annonce qui l'a fait rêver : être une Sweeper. Leur travail est de vaincre les monstres qui s'attaquent à des objets magiques. Des monstres créés il y a des siècles lors d'une guerre coloniale. C'est un travail dangereux. Rendu plus dangereux encore alors que la cité d'Amicae considère être en sécurité grâce à ses murs. Les Sweepers ne sont plus que deux pour éviter à la cité de tomber. Pire encore, illes sont régulièrement attaqué sur le plan politique et médiatique.

    SPOILERS

    Ce roman est la première production de son autrice. Il est donc parfaitement acceptable qu'il ne soit pas parfait et je trouve l'idée prometteuse. On ne suit pas un homme dont le destin est de sauver le monde. Il n'y a pas de prophétie apocalyptique. Ce n'est même pas une guerre. Cet univers se déroule 500 ans après la guerre. La population s'est concentrée dans des villes protégées dont la technologie a avancé en même temps que l'usage d'une magie de plus en plus couteuse. C'est, d'ailleurs, le contrôle de cette magie qui a lancé la guerre coloniale. L'idée que, pour se défendre, des monstres aient été créés est intéressante. Tout aussi intéressante est l'aspect de plus en plus intelligent de ces monstres selon le lieu géographique et le temps de gestation. Les Sweepers, chargés de les détruire, ne sont pas des héros mais une forme de police parallèle spécialisée. Laura doit donc apprendre sur le tas et elle ne réussit rien qui ne soit dû à sa propre intelligence ou à l'aide d'autres personnes aussi formées qu'elle. C'est plutôt rafraichissant.

    Cependant ce premier tome connait un certain nombre de problèmes. Pendant une bonne partie du roman, on n'a pas l'impression de retrouver une intrigue. Bien que des indices soient placés, ce n'est que tardivement que l'on comprend les problèmes. Ceux-ci sont avant tout de nature politique et économique, l'envie de faire plus d'argent aux dépens d'une organisation jugée obsolète. Il faut donc s'accrocher pour enfin comprendre ce que l'autrice souhaitait mettre en place. La construction de l'univers n'est pas non plus parfaite. Plutôt que d'intégrer le racisme de cette société dans son fonctionnement l'autrice semble simplement nous expliquer que certaines populations sont mises au ban de la société, voire mises en esclavage. Cette procédure affaibli fortement le propos, d'autant que les victimes de ce racisme semblent être proche de la culture japonaise. Malheureusement, le roman joue sur l'idée d'utiliser la culture japonaise dans le cadre d'un univers de fantasy mais échoue. Nous restons dans un cadre très occidental.

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    **** Un premier roman prometteur mais l'autrice ne va pas au bout de ses idées et j'ai un peu l'impression de m'être fait avoir.
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    Image : Éditeur

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  • Wakfu saison 3

    La confrérie du Tofu a sauvé le monde a plusieurs reprises. Illes ont commencé par combattre Nox qui, pour atteindre ses enfants, menaçait de détruire un peuple entier. Illes ont continué avec Quilby qui voulait s'enfuir du monde en le détruisant tout en préparant une invasion de démons. Enfin, illes se sont confrontés à l'une des légendes de leur monde, découvrant par la même occasion que l'un des leurs est une divinité. Depuis, les membres de la confrérie se reposent chacun de leur côté. Pinpin et Evangeline s'occupent de leur famille. Amalia suit ses devoirs de princesses et futures reines de son peuple. Yugo, lui, cherche son frère, Adamaï, après leur dispute sur l'usage de leurs pouvoirs. Après plusieurs années, Adamaï réapparait. Mais au lieu de la retrouvaille attendue il s'attaque à Pinpin et Evangeline afin de leur voler leurs enfants.

    SPOILERS

    Chacune des saisons de Wakfu posait une question particulière autours d'un vilain précis. Le premier ne voulait que réparer ses erreurs et retrouver sa famille. Le second ne souhaitait qu'éviter la solitude et l'ennui. Le troisième posait la question de l'usage de pouvoirs divins (mais ce fut le moins bien écrit puisque le thème ne durait que trois épisodes). Cette troisième saison pose la question des divinités et de leur rôle. La réalisation met en place une nouvelle confrérie qui accuse les divinités de ne pas se soucier des personnes qui les adorent. Elles resteraient entre-elles sans agir face aux malheurs. Les membres de cette confrérie sont tous et toutes des enfants de divinités, qui possèdent un certain nombre de pouvoirs. Mais illes ont été abandonnés par leurs parents avant même leur naissance. Il y a donc deux questions : le rôle des divinités dans le monde et la responsabilité parentale. Il est dommage que la série ne s'y intéresse pas autant qu'au plan du vilain de la saison qui consiste en la destruction des divinités et leur remplacement par d'autres.

    Bien que j'apprécie Wakfu je sais que la série possède un certain nombre de problèmes, ainsi que cette saison en particulier. La saison 3 a lieu presque entièrement dans une tour que l'on monte petit à petit afin d'atteindre le dernier méchant et sauver la princesse. Ceci implique un manque criant de diversité dans les décors. Au contraire des deux premières saisons qui utilisaient les voyages pour cela. On perd aussi le lien avec la population du monde que la confrérie du Tofu aidait régulièrement. Mais cette saison étend aussi les problèmes des deux premières. Premièrement, je déplore que Pinpin retrouve un bras au lieu de continuer à se battre en usant de son propre corps. Il y a aussi un énorme problème de sexisme. Celui-ci existait déjà, par exemple l'épisode des "princesses moches", mais il est démultiplié ici. Evangeline n'est qu'une mère défendue par ses enfants et son mari. Amalia est décrite comme une princesse dont le seul intérêt de la saison est sa relation avec Yugo. Pire encore, certains épisodes sont particulièrement dérangeants. L'un des premiers est une suite de fessées donnée par un homme adulte à une petite fille qui essaie simplement de se défendre, ainsi que sa famille. Un autre se déroule chez un fétichiste qui ne souhaite qu'une chose : arracher les sous-vêtements de la confrérie même sans leur accord si nécessaire. Je ne peux que me demander pour quelle raison ces personnages et ces épisodes ont été écrits ainsi et ce que pensaient les personnes chargées de les valider.

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    ** Bien moins intéressante que les deux premières saisons elle étend les problèmes de sexisme de la série
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    Site officiel

    Image : IMDB

    wakfu

  • La Prophétie de l'horloge / The house with a clock

    Lewis, 10 ans, a récemment perdu ses deux parents. Il rejoint sa seule famille : son oncle Jonathan. Celui-ci vit dans une petite ville dans un immense manoir rempli de livres et d'horloges. Il organise fréquemment des soirées poker avec sa voisine, Florence. Bien que les deux adultes s'insultent mutuellement illes s'apprécient beaucoup et aiment passer du temps ensemble. Selon Jonathan, il n'y a aucune règle dans cette maison. Lewis essaie de passer outre la mort de ses parents tout en cherchant l'amitié dans sa nouvelle école. Être un peu étrange n'aide pas. Vivre dans la maison hantée de la ville rend la chose encore plus difficile. Bien que Lewis rie de l'idée que son manoir soit hanté il se rend rapidement compte qu'il s'y passe des choses étranges. Les meubles bougent, les peintures se modifient et le bruit d'une horloge résonne à travers les murs tandis que son oncle parcoure les couloirs du manoir la nuit tombée.

    SPOILERS

    Une chose au moins est réussie dans ce film : le sens du merveilleux face à la découverte de la magie par un jeune enfant de 10 ans. Dès que Lewis rencontre son oncle on comprend que cet enfant est surpris. Il est intimidé par le manoir. Il a peur des petits bruits durant la nuit, des craquements du plancher. Et il est émerveillé par la magie même s’il ne la comprend pas. Il est naturel que Lewis ne souhaite qu'une chose : apprendre à devenir magicien. Un souhait qui implique de longues études mais qui ne nécessite pas de dons (coucou l'élitisme d'Harry Potter). Ce merveilleux est aidé par une maison mise en scène comme un lieu étrange, dangereux mais aussi beau. La maison est un personnage à part entière avec ses bons côtés mais aussi sa part d'ombre. Elle aide les habitant-e-s mais elle peut aussi combattre si nécessaire ou si l'ordre lui est donné par son possesseur original.

    Bien que la mise en scène soit réussie, les effets spéciaux sont plutôt convaincants, et que l'intrigue soit simpliste mai efficace le film n'est pas aidé par l'humour de Jack Black. Même si j'ai apprécié les piques que se lancent Jonathan et Florence, celle-ci est montrée comme une sorcière bien plus compétente que Jonathan, le reste de l'humour n'est pas très élaboré. À plusieurs reprises, le lion de la maison est montré faisant ses besoins en dehors de sa litière. Une bonne partie des scènes de fin est passée à combattre du vomi de courges. Et je ne parle pas du bébé Jonathan dont le seul acte est de se faire pipi dessus. J'aurais apprécié quelque chose d'un peu plus construit.

    *
    **
    *** De jolies images mais un humour douteux.
    ****
    *****

    Image : Allociné

    Site officiel

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  • The Founders Trilogy 1. Foundryside par Robert Jackson Bennett

    Titre : The Founders Trilogy 1. Foundryside
    Auteur : Robert Jackson Bennett
    Éditeur : Crown 21 août 2018
    Pages : 512
    TW : Menaces de viols, abus physiques, esclavage

    Sancia est une voleuse. Elle est l'une des meilleurs de sa profession dans une ville contrôlée par des Maisons marchandes plus riches les unes que les autres. Bien que le vol, en dehors des lieux appartenant aux Maisons, ne soit pas sujet à des rapports de police cela reste une activité dangereuse. Mais cette mission pourrait permettre à Sancia de quitter son quartier pour vivre à l'extérieur de la ville la plus riche du monde, Tevane. Ce que Sancia ne sait pas c'est que l'objet qu'elle doit voler n'est pas une simple clé. C'est un artefact provenant d'une civilisation si ancienne qu'elle en est devenue mythique mais dont les connaissances permettent le fonctionnement de la civilisation actuelle, sous le contrôle ferme de Tevane. Ces connaissances ont permis de modifier la réalité et de créer une ville qui fonctionne grâce à la magie. Les artefacts anciens pourraient remettre en cause ce fonctionnement et Sancia devient, en une nuit, la personne la plus recherchée de la ville.

    SPOILERS

    Il ne suffit que de peu de pages pour comprendre que le système de magie mis en place par l'auteur est l'un des mieux pensés que je connaisse. Dans Harry Potter, la magie existe mais son fonctionnement n'est jamais expliqué. C'est le cas d'autres oeuvres qui se contentent d'en faire un moyen facile de donner de l'importance à leurs héros et héroïnes. Dans ce livre, la magie est un moyen de modifier la réalité. Pour cela, il faut convaincre les objets qu'ils vivent une réalité différente. Ceci fonctionne grâce à un alphabet inscrit sur l'objet et des "dictionnaires" centraux qui renferment les définitions nécessaires. Pour ne prendre qu'un exemple, une roue roulera seule à plat parce qu'elle croit être en pente. Ce système est aussi simple qu'il est compliqué. En effet, on ne peut pas simplement inscrire ce que l'on veut, il faut imaginer les définitions et les inscrire dans les "dictionnaires". Il y a donc un effort, un apprentissage et surtout un coût. Pour finir, ce système fonctionne un peu comme l'informatique.

    L'auteur s'attache aussi à décrire son univers de manière assez convaincante. On ne sait que peu de choses sur sa mythologie, en dehors du fait que les Anciens étaient particulièrement puissants et qu'illes ont entièrement disparus pour une raison inconnue. La ville de Tevane est décrite, mais pas son empire, comme un empire commercial sous le contrôle de quelques maisons marchandes puissantes en argent comme en force militaire. Il n'y a pas de véritables lois ni de forces de police. Les quartiers sous contrôles d’une maison sont organisés et surveillés tandis que les quartiers pauvres sont laissés à eux-mêmes. Il y a donc une grande richesse avec, sous les murs des personnes riches, une pauvreté importante et une absence d'avenir et de santé.

    Cependant, ce n'est que petit à petit que l'horreur de cet empire nous est dévoilée. Au début, on sait que la ville est divisée selon le statut économique et social mais rien de plus. Petit à petit, on apprend que Tevane est responsable de nombreuses guerres avec des armes dévastatrices. Puis, on apprend que la nourriture et les matières premières ne sont abondantes que grâce à un système d'esclavage laissé en place car économiquement peu couteux. Et enfin, on apprend que certain-e-s humain-e-s ont subis des tentatives d'inscrire de la magie en elleux. Sancia est l'une de ces personnes. Il faut bien comprendre que le système de magie change la réalité. Altérer une personne humaine n'en fait pas quelqu'un de plus puissant mais un outil dans les mains d'une autre personne. Lorsque l'on comprend cela, on comprend mieux pour quelles raisons la méchante de l'histoire agit ainsi. Elle considère avoir un droit, un droit à un statut mais aussi un droit de possession sur les personnes qu'elle considère inférieure. Soudainement, l'intrigue passe d'une quête pour empêcher la fin d'un monde à un manifeste en faveurs de la liberté, le fait que l'un des personnages termine son intrigue sur ce qui semble être la création d'une fabrique en copropriété avec des ouvriers et ouvrières me semble révélateur.

    *
    **
    ***
    **** Un début laborieux qui cache un développement très efficace. Une bonne surprise dont j'attendrais la suite !
    *****

    Image : Site de l'auteur

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  • The Raven's Mark 1. Blackwing par Ed McDonald

    Titre : The Raven's Mark 1. Blackwing
    Auteur : Ed McDonald
    Éditeur : Gollancz 27 juillet 2017
    Pages : 384
    TW : Torture

    Galharrows est un homme qui connait la dureté du monde. Il vit dans la plus grande ville garnison de l'alliance, auprès de la Désolation. La Désolation est le nom donné à ce qui reste du territoire pris dans l'un des derniers actes de la dernière grande bataille contre les Rois souterrains. La magie a détruit la réalité et la vie, transformant ce territoire en un lieu particulièrement dangereux. La garnison protège l'arme qui a permis cet acte de destruction au cas où une armée reviendrait. Galharrows a sa place dans cette guerre. Son travail est double. Il est un mercenaire chargé de poursuivre les hérétiques afin de les punir selon la loi. Mais il est aussi un envoyé de Crowfoot, l'un des êtres les plus puissants du monde, au sein d'un ordre restreint chargé de garder le contrôle d'une population prompte à la corruption, dans tous les sens du terme. Il y a longtemps qu'aucune mission ne lui a été envoyé par son maitre. Mais ce dernier se manifeste soudainement et lui ordonne de protéger une noble à tous prix.

    SPOILERS

    Pendant longtemps, la fantasy n'hésitait pas à nous faire suivre les aventures d'un bel homme destiné à de grandes choses et suivi par des êtres puissants, fondamentalement bons et discrets. Face à ce grand homme se dressait le mal à l'état pur qu'il était nécessaire de détruire afin de lancer un âge d'or. Cette période est, heureusement, terminée. Ce roman fait partie des livres qui sont sombres non pas à cause d'une violence mais parce que l'univers est fondamentalement pessimiste. L'intrigue débute 80 ans après un cataclysme qui a permis une victoire mais pas la fin de la guerre. Le monde est un champ de bataille pour des êtres puissants mais il est parfois difficile de les différencier. Même si les Rois des profondeurs sont déclarés comme mauvais les Sans noms ne sont pas forcément bons pour autant. Illes n'hésitent pas à manipuler les événements au prix de nombreuses vies si cela permet une victoire et le narrateur du livre se demande de temps en temps qu'elle est la différence entre les esclaves marqués des Rois des profondeurs et lui, marqué par Crowfoot. L'univers de The Raven's Mark est gris et les humain-e-s ne sont que des pions dans une lutte bien plus importante.

    Les personnages sont de la même veine. Il y a deux personnages principaux et moins d'une dizaine de personnes secondaires ayant une véritable importance. Galharrows possède un passé dans l'armée régulière, qui ne nous sera dévoilé que tardivement, mais il se décrit et se présente comme un mercenaire vétéran qui ne s'intéresse qu'à l'argent et à l'alcool. Il est décrit comme laid, vieux et lâche. Lâche non pas dans le sens de fuir et de trahir mais parce qu'il ne combat que payé et s'il est certain de gagner. Il n'y a donc pas cet honneur dont toute une littérature nous abreuve. Galharrows est logique et souhaite survivre même si sa vie est misérable. Il est secondé par une troupe de la même trempe dans le principal talent est le meurtre. L'élite dirigeante est décrite comme corrompue et incapable. Seule deux personnes sont vues favorablement, l'une ment et l'autre est une traitresse. Enfin, nous avons la noble Ezanda. Loin d'être une princesse, elle est une mage capable d'utiliser une puissance redoutable. Elle est aussi décrite comme intelligente mais entrant dans la folie que la magie semble toujours créer chez les personnes qui la manipule. Les personnages parfaits au destin déjà écrit n'existent pas dans ce roman. Ce ne sont que de simples humain-e-s qui essaient de survivre dans un contexte de guerre.

    *
    **
    *** Bien que la lecture ait été intéressant je ne crois pas que le lirais la suite de cette saga. D'ailleurs, ce roman se suffit a lui-même.
    ****
    *****

    Image : Éditeur

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  • The Dandelion Dynasty 1. The grace of kings par Ken Liu

    Titre : The Dandelion Dynasty 1. The grace of kings
    Auteur : Ken Liu
    Éditeur : Saga Press 7 avril 2015
    Pages : 640

    Dara est composé de plusieurs îles avec, au centre, une grande île. L'espace est divisé entre plusieurs états ayant leurs propres spécialités. Les guerres sont nombreuses entre ces petits états et il est rare que la paix et les promesses entre les rois durent longtemps. Mais tout cela a changé lorsque le roi de Xana s'est mis à rêver. Il se demanda s'il ne serait pas mieux pour les peuples de Dara s'il n'existait qu'un seul et unique roi chargé d'unir tout le monde. Son rêve a pris forme après des années de guerre. Mais devint un cauchemar alors que son règne se transforme en tyrannie. Petit à petit, d'anciennes familles nobles et de simples personnes se mettent à rêver de rébellion. Le moment parfait arrive lorsque l'empereur meurt.

    SPOILERS

    Je n'ai pas apprécié ma lecture. Celle-ci fut très laborieuse. Je n'ai pas réussi à apprécier le style de l'auteur dans ce livre. J'ai eu encore plus de mal vers la moitié du roman lorsque Ken Liu décide d'utiliser la forme épistolaire, que je n'ai jamais appréciée. Mais il faut lui concéder une construction particulièrement réussie de son univers. Sans entrer dans les détails, l'auteur nous fait observer une île à un moment particulier de son histoire tout en n'oubliant pas de mettre en avant son passé et sa richesse. Les personnages naviguent dans un réseau dense de cultures et de traditions basées sur des écrits classiques. Il est rare que ces classiques ne soient pas mentionnés.

    De plus, l'auteur met en avant le thème de l'humanité des dirigeants. Le roman est rempli de rois, de reines, de princes et princesses mais aussi de généraux. Ces personnages ont des points positifs mais aussi des points négatifs. Ceux-ci permettent à Ken Liu de montrer ce que le pouvoir fait aux personnes qui le reçoive. Régulièrement, des personnages modestes deviennent cruels et arrogants tandis que d'autres, moins nombreux, tentent de rester humbles. Souvent, la confiance en leurs conseillers devient de moins en moins importantes par peur des trahisons. Au fil du livre, ce sont surtout deux personnages qui montrent deux manières de diriger. Le premier, Mata Xindu, provient d'une vieille famille noble. Il veut gagner par l'honneur et par sa force et déteste la trahison et aime le passé qu'il anoblit de toutes les vertus. Gouverner ne l'intéresse par vraiment. Le second, Kuni Garu, aime gouverner et essaie d'aider le peuple à bien vivre mais il ne s'arrête pas aux trahisons et au déshonneur si cela lui permet de gagner. La lutte entre ces deux personnages est autant une lutte pour la couronne qu'une lutte idéologique.

    Le roman est aussi empli de plusieurs personnages féminins qui auraient pu devenir intéressants. Certaines de ces femmes meurent rapidement après qu'on les ait rencontrées mais d'autres restent plus longuement. Malheureusement, la promesse de leur offrir une place équivalente aux personnages féminins est rapidement oubliées. Personnellement, j'aurais apprécié plus de pages du point de vue de Jia et Risana sans oublier Gin Mazoti, une stratégiste particulièrement douée.

    * Malgré de nombreuses idées intéressantes je n'ai pas du tout aimé ce livre, à ma grande tristesse.
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    ***
    ****
    *****

    Image : Site de l'auteur

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  • The Firemane saga 1. King of ashes par Raymond E. Feist

    Titre : The Firemane saga 1. King of ashes
    Auteurs : Raymond E. Feist
    Éditeur : Harper Collins 5 aout 2018
    Pages : 512

    Comme le dit l'histoire, le monde a connu des siècles de paix sous le patronage de 5 royaumes et de leurs souverains. Ensemble, un équilibre a été mis en place qui a permis au commerce et à la culture de prospérer. Mais un jour quatre royaumes se sont retournés contre le cinquième et, par traitrise, détruit toute la lignée ainsi que la ville la plus riche du monde. Tout le monde pense que la lignée a été annihilée. Mais, un enfant a survécu. Il a été envoyé dans une nation secrète. Pendant 17 ans il a été instruit afin de lui permettre de survivre à ses ennemis. Maintenant qu'il approche de sa majorité il est temps pour lui de connaitre son héritage et de décider de son futur. Un futur qui s'inscrit dans des rumeurs de guerre.

    SPOILERS

    Raymond E Feist est responsable d’une grande saga construite autour d'un seul personnage. J'avais bien aimé lire ces histoires, même si la qualité n'était pas toujours identique. Ce nouveau livre s'inscrit dans une nouvelle saga. On comprend rapidement que l'auteur décide de prendre une toute nouvelle direction pour lui : celle de Game of Thrones. En effet, au lieu de quête, de magie ou d'elfes l'auteur nous offre immédiatement une trahison, du sexe et beaucoup de sang. Il semble que Feist souhaite surfer sur la réussite de Game of Thrones tout en ajoutant, après quelques pages, des éléments plus classiques de son écriture. Bien que certaines intrigues soient intéressantes il faut tout de même comprendre que Feist échoue à donner la même intensité et intelligence que George R.R. Martin. Pire encore, on a l'impression que l'auteur ne sait pas dans quelle direction il se rend et ne fait qu'ajouter des éléments petit à petit.

    Il faut aussi mentionner les personnages qui ne sont, malheureusement, pas mieux écrits. Les personnages développés sont peu nombreux et leur histoire n'est que peu intéressante. Ce sont surtout deux hommes qui sont au cœur de l'intrigue. L'un est l'un des meilleurs forgerons du monde. Son seul but est de trouver une femme et une forge afin de travailler en paix. Ce qui ne l'empêche pas de combattre de temps en temps. Le second est le bébé Firemane. Il est toujours en colère, ne comprend pas sa place et est amoureux de l'une de ses amies. Il se contente de suivre les événements sans agir ni comprendre. Aucun des deux personnages n'est particulièrement passionnant à suivre et la fin de leur histoire, dans ce premier tome, me semble particulièrement peu imaginative.

    *
    **
    *** Feist essaie de se renouveler mais échoue largement. Peut-être ce tome serait-il meilleur lors d'une lecture avec ses suites. Mais je me demande si je souhaite vraiment m'y intéresser.
    ****
    *****

    Image : Éditeur

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  • game of thrones saison 7

    Un an après tout le monde, j'ai enfin regardé la dernière saison en date de Game of Thrones (lors que la toute dernière est annoncée pour 2019). La guerre a détruit de nombreuses personnes et de nombreux lieux. Mais certains groupes que l'on pensait avoir été annihilé commencent à revenir sur le devant de la scène. Le Nord a proclamé un nouveau roi en la personne de John Snow qui décide d'entrer en rébellion contre la couronne. Le sud s'est aussi rebellé après la mort de la reine et la destruction du temple de Baelor. Pire encore, Daenerys a enfin débarqué avec deux armées, une flotte et trois dragons. Les Lannisters sont isolés et en danger d'être écrasés. Mais John essaie d'éviter la guerre qui s'annonce. Il sait qu'une menace bien plus importante est en passe de déferler sur les royaumes : le roi des morts et son armée se préparent à envahir Westeros.

    SPOILERS

    S'il y a un terme qui peut définir cette saison c'est la vitesse. Le nombre d'épisodes est moindre. Le problème principal concerne des événements qui auraient mérités d'être montrés mais qui ne le sont pas par manque de temps. On ne nous montre pas de quelle manière ni quand les alliées de Daenarys décident de la soutenir. Les batailles et les stratégies ne sont pas explicitées. Ce qui donne parfois l'impression d'un tour de magie alors que soudain des châteaux changent de main puis que l'on nous explique que cette victoire est en fait une défaite. Les Starks, qui ont passé 6 saisons séparés, sont soudain tous et toutes à Winterfell sans aucuns problèmes. Les événements vécus ne sont même pas questionnés.

    Bien entendu, il y a une explication. La série se termine bientôt et il était nécessaire de mettre en place les personnages pour sa conclusion. On ne pouvait plus passer la moitié du temps à suivre 15 personnages sur 6 régions différentes. Il est nécessaire de condenser, en reliant enfin les intrigues. Ceci permet de s'attacher à ce qui était annoncé depuis le début : la guerre contre les morts lors de l'hiver. Toute cette saison ne sert qu'à la préparer. Pour cela, il faut convaincre les sceptiques de la série de la réalité du danger. John Snow est ici le pivot principal de la série et vu les informations sur son passé il ne risque pas de perdre ce statut.

    *
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    ***
    **** Une saison meilleure que la précédente mais aussi très, voire trop, rapide sur certains événements clés.
    *****

    Image : Allociné

    Site officiel

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  • American Gods par Neil Gaiman

    Titre : American Gods
    Auteur : Neil Gaiman
    Éditeur : Harper Collins 28 mars 2017
    Pages : 576
    TW : Meurtres, violences physiques, mentions de suicides

    Shadow est en prison depuis 3 ans. La semaine qui vient il pourra enfin sortir et retourner vivre avec sa femme, Laura. Mais il est libéré en avance. En effet, Laura est morte dans un accident de voiture et les autorités acceptent de lui permettre de voir son enterrement. Pire, Laura est morte en trompant son mari. Ce n'est donc pas une bonne semaine pour Shadow. Alors qu'il se trouve dans l'avion il rencontre un homme qui dit se nommer Wednesday et qui semble en savoir bien plus qu'il ne devrait. Wednesday souhaite engager Shadow comme chauffeur et garde du corps. Lorsqu'il accepte, Shadow ne se rend pas compte qu'il entre dans un monde différent de ce qu'il connait, un monde de divinités anciennes et nouvelles luttant pour survivre sur une terre qui ne les accepte pas.

    SPOILERS

    J'avais vu la série, mais je n'avais pas réussi à l'apprécier. Je souhaitais lire le livre puisque l'expérience est différente. C'est aussi le premier roman de Neil Gaiman que je lis, je ne compte pas Good Omens qui est écrit à deux. Le roman est magistral. Il est très bien écrit et les nombreuses intrigues sont plutôt intéressantes. Je me suis particulièrement intéressé à Lakeside et aux disparitions que la ville connait. De plus, il est clair que l'auteur a fait de nombreuses recherches historiques, géographiques et mythologiques pour écrire son livre. J'ai beaucoup aimé ces informations et la recréation des divinités dans un contexte contemporain. Malheureusement, pour une raison que je ne comprends pas, le livre ne m'a pas parlé.

    Pourtant, mis à part la thématique mythologique, le livre devrait me parler. À l'aide des divinités, le roman parle de l'identité et, en particulier, de l'identité des États-Unis. Le pays est décrit comme un lieu dans lequel les divinités ne peuvent pas survivre. Car les habitant-e-s changent régulièrement de mode de vie suivant en cela une forme de modernité. Les nouvelles divinités sont l'incarnation de ces difficultés puisqu'illes ne s'incarnent pas forcément ou ne sont pas des entités précises mais souvent des abstractions. Que ce soit la technologie, le marché ou encore la mondialisation. De plus, l'auteur s'attache à décrire non les villes qui réussissent mais les villes qui sont en souffrances. On ne semble observer que chômage et récession. Les villes sont abandonnées, les habitant-e-s n'ont pas grand-chose à faire et vivent dans de petites communautés avec, parfois, le rêve des grandes villes. Gaiman semble vouloir nous montrer un pays en perte de vitesse dont la véritable identité ne dépend ni des églises ni des monuments mais de petits lieux touristiques en bordure de routes. Ainsi, les personnages de ce livre sont souvent un peu tristes dans un contexte difficile, le glorieux passé n'étant qu'un lointain souvenirs.

    *
    **
    ***
    **** Objectivement American Gods est un très bon roman. Pour une raison que je ne comprends pas je n'ai pas réussi à l'apprécier et j'ai l'impression d'être passé à côté d'une expérience.
    *****

    Image : Éditeur

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  • Dragon Age 1. The stolen throne par David Gaider

    Titre : Dragon Age 1. The stolen throne
    Auteur : David Gaider
    Éditeur : Tor Books 28 aout 2012
    Pages : 464

    J'ai beaucoup aimé Dragon Age. Le jeu est d'une grande richesse, malgré un second opus moins bon. Comme souvent, j'apprécie particulièrement le décor historique que j'aime apprendre à connaitre. Ce roman était donc l'occasion d'entrer un peu plus dans ces légendes. Celui-ci se déroule bien avant le premier jeu. Le royaume de Ferelden n'est plus libre. Il est gouverné par un roi mis en place par l'Empereur d'Orlais. Cependant, la famille royale d'origine est toujours vivante et a réussi à constituer une armée capable de faire vivre la rébellion. Du moins jusqu'à ce que des nobles tuent la reine. Le seul survivant est le jeune prince Maric. Mais il est seul, il est pourchassé et la rébellion est sur le point d'être écrasée. Personne ne croit que Maric puisse réellement libérer Ferelden.

    SPOILERS

    Ce livre est mauvais. En fait, il est difficile de trouver quelque chose de positif, mis à part de mieux connaitre une part de la légende de Dragon Age et de retrouver un univers familier. Mais ce n'est pas assez pour sauver un roman. Le premier problème concerne les personnages. On nous on présente quatre principaux que l'on suit régulièrement. Maric est l'archétype du jeune prince un peu balourd mais dont la destinée lui permet de devenir adoré par ses troupes. Loghain est le cynique réaliste et... il n'est que ça. Rowan, elle, est l'amoureuse qui croit au devoir et aux serments tout en étant une guerrière. Enfin, nous avons Katriel. Elle est une espionne chargée de piéger Maric mais, après l'avoir rencontré, elle tombe amoureuse de lui à cause de son charme et de sa gentillesse. Les personnages ne sont que des caricatures qui agissent non selon une certaine logique, une éducation, mais parce qu'illes ont des rôles précis. Ainsi, Loghain est chargé de défendre des décisions difficiles tandis que Rowan défend l'honneur. Maric choisissant selon ce qui est le plus gentil.

    Les choses sont pires encore lorsque l'auteur décide de créer un triangle, puis un carré, amoureux. Certes, l'un des points forts du jeu concerne les relations que l'on peut mettre en place entre différents personnages. Mais ce type de relation est particulièrement cliché dans un roman. Ainsi, on comprend rapidement que Loghain est amoureux de Rowan qui est amoureux de Maric qui ne s'en rend pas compte et tombe amoureux de Katriel. Tout cela débouche sur des chapitres et des dialogues horribles qui empêchent l'intrigue de continuer.

    L'intrigue elle-même est problématique. En effet, l'auteur donne l'impression de vouloir mentionner pratiquement tout ce qui est connu dans le jeu. Ainsi, on rencontre quelques personnages connus mais surtout des lieux mis en scène dans le jeu. Tout un chapitre ne concerne qu'un dialogue autours du feu afin de trouver une route sûre, que les personnes ayant joué aux jeux connaissent déjà. Là encore, les chapitres sont trop lents et les dialogues peu utiles. De plus, certains point clés ne sont que mentionnés ou simplement passé sous silence. On ne connait rien de la politique locale, mis à part que la noblesse d'Orlais et le roi sont très méchants, et les batailles sont mises en place bien trop rapidement. Pire encore, la fin n'existe pas. On quitte Maric pour immédiatement lire un épilogue placé des années plus tard. Cette manière de faire est particulièrement frustrante.

    *
    ** À ne surtout pas lire !
    ***
    ****
    *****

    Image : Éditeur

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  • Disonored. The corroded man par Adam Christopher

    Titre : Disonored. The corroded man
    Auteur : Adam Christopher
    Éditeur : Titan Books 27 septembre 2016
    Pages : 384
    TW : Tortures, Meurtres

    Il y a 15 ans, la régence tyrannique du meurtrier de l'impératrice est tombée. Depuis, son héritière, Emily Kaldwin règne sur l'Empire. Mais elle n'est pas seule. Outre de nombreuses personnes, elle est conseillée par son garde du corps, et chef du réseau d'espionnage, Corvo Attano. Bien que peu de personnes le sachent, Celui-ci est la raison principale du retour au pouvoir de la famille Kaldwin. Pire encore, il use de la magie, une pratique interdite dans l'empire. Mais sa protection semble permettre à l'Empire et à l'impératrice d'être en sécurité, d'autant qu'il a entrainé cette dernière aux arts de l'assassinat. Alors qu'Emily Kaldwin met à profit cet entrainement pour visiter sa ville de nuit, elle tombe sur des pilleurs de tombe. Elle ne sait pas encore que ces voleurs cachent une conspiration bien plus importante qui pourrait détruire sa vie et son Empire.

    SPOILERS

    Dishonored est d'abord un jeu vidéo, en deux volumes sans compter les contenus payants, qui offre une immersion dans un environnement steam punk en plein chaos. Outre une conspiration contre la couronne et le personnage principal, le jeu offre une grande liberté d'action avec des conséquences pour la suite de l'histoire selon les décisions prises (dont une forme de punition en cas d'usages immodérés des meurtres en plein jour). C'est un jeu que j'ai particulièrement apprécié pour la liberté qu'il laisse et les nombreux choix possibles pour atteindre un objectif singulier, malgré un fonctionnement par niveau au lieu d'un monde ouvert (comme quoi un monde ouvert n'est pas toujours une bonne chose). J'ai beaucoup aimé l'intrigue principale qui mêle désir de vengeance à politique. J'étais donc curieux de savoir ce que cela donnerait en roman.

    Au moins, le roman prend place largement après le premier jeu. En fait, il donne l'impression de mettre en place les éléments pour le second, afin de justifier certaines décisions prises dans l'intrigue. De cette manière, on n'est pas surpris par les capacités de l'Impératrice en matière de meurtres. Cependant, le roman n'essaie pas assez de se détacher du jeu. On retrouve, presque sans changements, le gameplay sous forme de mots. Que ce soit les élixirs de restaurations, les conséquences des choix ou la manière de décider de ses mouvements dans un environnement donné face à des ennemis pas toujours visibles. Bien que cela prouve une connaissance de cet univers par l'auteur, j'avais l'impression de voir ce dernier me commenter sa manière de jouer en direct. Si on ajoute à cela une intrigue peu intéressante avec un vilain de seconde zone, on ne peut qu'être déçu. En effet, l'intrigue est très lente sans mériter autant développement. Là aussi, j'ai l'impression que l'auteur a voulu inclure des éléments du jeu sans réfléchir à leur réelle utilité. Le vilain, lui, est simplement Corvo Attano sous une autre forme. Un héros déchu et trahi qui souhaite se venger.

    *
    ** Bien que j'apprécie cet univers, le roman n'a que peu d'intérêts en dehors de préparer le second jeu.
    ***
    ****
    *****

    Image : Éditeur

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  • The shape of water / La forme de l'eau

    TW : Meurtres, tortures, sexe (nudité)

    Elisa vit dans un appartement au-dessus d'un cinéma. Elle a un voisin artiste qui dessine des publicités pour une firme. Tous les jours, elle suit la même suite d'actions. Elle se réveille, se prépare un bain, cuit des œufs, prépare le déjeuner de son voisin, observe les nouvelles chaussures et part au travail dans une ligne de bus. Elisa est une concierge. Elle est chargée de nettoyer une base militaire américaine travaillant sur la conquête de l'espace. Elle peut entrer partout et elle voit et entendu tout sans que personne ne lui parle, d'autant qu'elle est muette. Lorsqu'une nouvelle expérience arrive dans la base, suivi par un nouveau chef de la sécurité, elle comprendre vite que cette expérience est un être vivant, capable de dialogue.

    SPOILERS

    Ce film entre dans le cadre des films d'espionnages. On nous place aux États-Unis dans une base secrète. Celle-ci est le théâtre d'un espionnage par les soviétiques. Le but est d'éviter que l'un des camps ne puisse développer une technologie supérieure capable de changer le cours de la guerre froide. Il y a donc une certaine familiarité des thèmes, de la musique et des personnages. Le scientifique espion russe, le général décoré qui ne mâche pas ses mots et l'espion États-uniens, joué par Michael Shannon, qui est comme un fils pour ce dernier tout en étant un vrai homme. Ce n'est pas un hasard si les personnages suivent ce que j'identifie comme un schéma connu. Ainsi, les soviétiques se rencontrent au milieu de nulle part, échangent des mots codes et parlent ouvertement dans l'arrière salle d'un restaurant. L'espion États-uniens vit dans un pavillon de banlieue, possède une superbe voiture américaine, il est courtois, viril (avec un outil de torture à sa mesure), parfaitement entrainé et parle toujours de ce qui fait un vrai mâle. Il est nécessaire de garder cela en tête.

    Car, au milieu de tout cela, apparaissent des noirs - Octavia Spencer déjà rencontrée dans de nombreux films y joue la collègue d'Elisa - dont des protestataires, une femme latino muette, jouée par Sally Hawkins, un vieil homosexuel artiste et un monstre marin. Ce dernier pourrait faire tâche dans un film qui pourrait rester très terre à terre. Mais il est nécessaire. Il permet d'identifier un monstre extérieur pour mieux parler de la véritable monstruosité. Elisa et son voisin, Giles, sont des personnes marginales. Elles sont toutes les deux victimes de solitudes. Elisa est une femme racisée et muette. Giles est un vieil homme homosexuel, au chômage, qui se rend toujours à la même tapisserie, aux tartes immondes, afin de pouvoir parler au beau jeune homme qui tient le comptoir. Dès qu'il est identifié il est expulsé. En parallèle, on observe le racisme de l'époque et les luttes pour les droits civiques, même si Giles annonce rapidement, dans une ligne révélatrice, qu'il ne veut pas voir cela. Ce qui ne l'empêche pas de pointer du doigt le racisme de certaines personnes au lieu de se taire. Les femmes, racisées, sont fortement mises en avant et surtout leur vie de subalternes. Comme le personnage d'Octavia Spencer le dit, elle doit faire le ménage au travail mais aussi chez elle car son mari ne fait rien pour l'aider.

    Face à cette galerie de personnages d'autres incarnent une forme de "normalité" auto-proclamée. Il faut mentionner le vendeur de tarte et le général mais la véritable incarnation de cette "normalité" est Richard Strickland joué par Michael Shannon. Comme mentionnée auparavant, il a une famille, une voiture, un pavillon en banlieue et un bon travail bien viril. Strickland, sous couvert de "normalité", incarne l’entièreté de la masculinité toxique et du racisme occidental. Très rapidement, ce personnage est montré comme ce qu'il est : une personne raciste. Les dialogues durant lesquels ce point de vue apparait sont nombreux. Ils sont écrits de manière à démontrer que le racisme ce n'est pas simplement de la violence mais aussi et surtout une manière de penser intégrée qui apparait au détour d'une phrase. Cet homme est aussi l'incarnation de la masculinité toxique. Lors d'une scène précise durant laquelle il convoque Elisa il tente presque de la violer, n'étant arrêté que par les vitres du bureau et la fuite d'Elisa. Cette scène est une illustration de la vulnérabilité des femmes travaillent dans des positions subordonnées face à un patron qui harcèle voir viole. Mais cette masculinité n'est qu'une façade qui dépend d'un travail important pour effacer ses émotions et suivre une norme impossible. Durant le film, la virilité de Strickland se fissure et disparait alors que les personnages marginaux gagnent en pouvoir et capacités d'actions, Elisa se permettant même d'insulter Strickland tout en le regardant dans les yeux. Alors que tout le film tente de faire de Strickland et de sa famille l'incarnation de la modernité, j'ai l'impression que le film nous montre que ce modèle est non seulement toxique mais aussi en voie de disparition.

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    ***** Guillermo del Toro prouve, encore une fois, à quel point il maitrise la photographie de ses films mais aussi l'entrée du fantastique dans la réalité. Un film beau, bien écrit et superbement joué par des actrices et acteurs à la perfection.

    Image : Allociné

    Site officiel

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