Film

  • I care a lot

    CW : Abus de faiblesse, torture, meurtre, abus psychologique, féminicide

    Marla Grayson est une tutrice professionnelle. En tant que telle, elle est nommée par des juges afin de s'occuper de personnes en situation de danger ou d'incapacité, parfois contre leurs souhaits ou celui de leurs familles. Mais, derrière une façade d'empathie, Marla est une entrepreneuse sans éthique. Dès qu'elle reçoit un cas elle prend le contrôle total de la vie des personnes. Elle les empêche de contacter l'extérieur, de revenir dans leur maison voire de voir leur famille. Parallèlement, elle vend aux enchère la majorité des biens afin de se rémunérer au fil du temps. Mais cette arnaque pourrait ne pas survivre à son dernier cas : une vielle dame sympathique et riche avec des amis hauts placés.

    SPOILERS

    Je suis un peu emprunté pour présenter ce film. D'une part, je l'ai beaucoup apprécié. D'autre part, quelque chose semble ne pas fonctionner au sein de ce film et crée un certain malaise chez moi. En ce qui concerne les acteurs et actrices, tout va bien. Leur jeu est magnifique. Malheureusement, comme d'autres l'on montré, Marla et son assistante et amante ne sont pas assez développé. On apprend, au détour d'une conversation, que Marla a une mère et que Fran a un passé lui permettant d'avoir accès à des informations de police. Il aurait été adéquat d'en savoir plus. Roman, joué magistralement par Peter Dinklage, est un personnage bien mieux présenté aussi bien en ce qui concerne ses manies que ses réactions. Pourquoi cette différence d'écriture dans un film qui veut mettre en avant des personnages féminins lesbiens ? Je me pose encore la question.

    Mais ceci n'est qu'un problème mineur comparé à la place qui est donnée à la relation entre les spectateurices et le personnage de Marla. En effet, Marla est montrée dès le début comme n'ayant aucune éthique. Son seul but est la richesse et elle manipulera les règles pour cela. Elle refuse de se faire intimider par les hommes, ce refus devenant la principale caractéristique du personnage et le moteur de l'intrigue. Honnêtement, cela me semble un peu simpliste pour un personnage décrit comme extrêmement intelligent.

    Surtout, nous sommes mis, en tant que spectateurices, dans la position de considérer Marla comme une femme diabolique. Tout le film crée une attente en vue de sa "punition." Que celle-ci commence par une personne, masculine, tout aussi diabolique crée déjà un problème puisque les actions de Roman sont excusées par avance au vu des décisions de Marla. Mais cela nous met aussi en position d'accepter les souffrances de Marla par une personne tout aussi diabolique qu'elle. Il devient acceptable qu'une femme soit mise en danger pour ses actions tandis que Roman ne l'est pratiquement pas. Avec cette relation, le film échoue à créer un personnage féminin que l'on peut accepter, il crée une attente en vue de la dernière scène. Il devient légitime de tuer une femme plutôt que de critiquer les relations de pouvoir entre tuteurices et protégé.e.s. Un film qui questionne cette relation, même par l'usage d'une personne sans éthique, aurait été bien plus intéressant.


    ** 
    *** Un film qui se dit progressiste, mais qui reste conservateur
    **** 
    *****

    Image : IMDB

  • Horizon Line

    Sara est une jeune femme qui réussit après un an passé comme voyageuse. Pour une amie qui se marie, elle accepte de retourner sur ses pas. Malheureusement, elle retrouve un ancien amant qui ne lui a pas pardonné son départ. Pire encore, elle ne réussit pas à prendre le ferry qui doit permettre de l'emmener au mariage de son amie. Elle se retrouve dans un avion avec son ancien amant et un pilote. Mais ce dernier meurt d'une crise cardiaque et ni elle si son ancien amant ne savent piloter un avion. L'ancien couple sera-t-il capable de travailler en commun afin de survivre ?

    SPOILERS

    J'avoue que je pensais voir une suite à 10 Cloverfield Lane. L'affiche m'a trompé. Ce que j'ai vu est un film basique avec deux personnages principaux dont l'acteur et l'actrice n'ont aucune alchimie. Au lieu de moment bien construit, nous avons des cascades absolument impossibles à croire. Au lieu d'un film avec des personnages que l'on peut apprécier, nous avons des personnages jetés sur l'écran pour lesquels on est censé ressentir de la crainte, mais qui nous insupportent. Les seules choses qui sauvent ce film sont sa longueur (90 minutes) et quelques moments intenses mais sans réalismes.


    ** Bof bof bof
    *** 
    **** 
    *****

    Image : IMDB

  • Drunk / Druk

    TW : Alcoolisme, dépression, violence, possible suicide

    Nous suivons quatre hommes. Ils sont amis depuis longtemps. Ils sont dans la quarantaine avec des vies plus ou moins remplies. Ils sont tous enseignants. Mais ils semblent avoir perdu l'envie d'enseigner face à des classes de moins en moins attentives. C'est le cas, en particulier, de Martin qui n'arrive même plus à savoir quel thème il doit donner à ses élèves. Un soir d'anniversaire, l'un des amis parle de la thèse d'un philosophe. Celui-ci pense que l'être humain a un manque d'alcool depuis la naissance et qu'il faudrait garder un niveau de 0.05g par litres. Les quatre amis décident d'expérimenter cette thèse durant leurs journées de travail.

    SPOILERS

    On comprend rapidement que le groupe de 4 hommes qui nous est présenté n'est pas heureux. Ils ne sont pas heureux dans leur travail. Ils ne sont pas non plus heureux dans leur couple ni avec leurs enfants. Ce film est une quête, pour les personnages, en vue de retrouver une forme de joie de vivre. Mais cette quête passe par l'expérimentation de l'ivresse permanente. Alors que celle-ci commence doucement et permet une certaine prise de risque. On comprend rapidement que les 4 hommes vont bien trop loin. Ils se mettent en danger et mettent en danger leurs familles. Leur perte de contrôle est progressive mais inévitable. Heureusement, une dernière expérimentation mène à la prise de conscience pour une partie d'entre eux. Sans être diabolisé, l'alcool est montré comme pouvant poser des problèmes.

    Le film montre les conséquences personnelles pour les quatre amis. Deux d'entre eux perdent leur famille. Le dernier meurt en mer. Mais les conséquences professionnelles sont laissées dans l'ombre. En effet, ils sont enseignants. À plusieurs reprises, et sans compter la boisson durant les heures de travail, ils agissent de manière inappropriée. Martin arrive en état d'ébriété en cours, incapable de marcher droit. Un autre entre en état d'ébriété lors d'une réunion extraordinaire de l'équipe pédagogique concernant des accusations d'alcoolisme contre des enseignants. Un troisième conseille à un élève en état de stress et de phobie scolaire de boire de l'alcool avant les examens. Autant de comportements qui doivent être sanctionnés, mais qui ne le sont jamais dans le film. On peut imaginer que l'un a été licencié tandis que les autres ont reçus des blâmes, car ils arrêtent de boire, mais cela n'est jamais montré. C'est, à mon avis, un manque important dans ce film qui est tout de même très bon.


    ** 
    *** 
    **** 
    ***** Une réussite avec quelques manquements

    Image : Site officiel

  • Raya and the last dragon

    Il y a 500 ans les dragons et l'humanité vivaient en harmonie. Leurs liens permettaient au royaume de Kumandra de prospérer pour le bien de tout le monde. Mais cette époque fut perdue lorsque des démons attaquèrent le royaume. La dernière dragonne, Sisu, se sacrifia afin de créer une pierre capable de repousser les démons. Sauvée, l'humanité ne réussit pas à s'unir autour de ce sacrifice. Le royaume se divisa en 5. Aujourd'hui, la pierre est perdue permettant aux démons de revenir. Une femme, Raya, essaie de retrouver Sisu et, avec son aide, de sauver le monde.

    SPOILERS

    Le thème du film est annoncé dès le début. La séparation est un danger que seule l'union, la confiance mutuelle et l'amitié peuvent éviter. Ce thème est un peu caché par un magnifique worldbuilding. En quelques scènes, magnifiquement animées, on comprend exactement comment fonctionne cet univers. Puis on observe Raya naviguer dans ce monde en tentant de trouver un moyen de le sauver. Raya et son antagoniste, Namaari, sont les plus réticentes à accepter les relations de confiance. Le film montre l'importance de ce type de relation en usant de personnages secondaires. D'abord le père de Raya, puis Sisu et enfin le petit groupe qui suit Raya dans ses aventures.

    Les personnages, d'ailleurs, me semblent bien écrits. Nous avons trois personnages féminins principaux. Ces personnages ne cherchent pas de relations romantiques et ne parlent que rarement d'autres personnages masculins (quand c'est le cas ce sont uniquement des membres de la famille). Ce sont des personnes ordinaires qui essaient simplement de rendre le monde meilleur. Ce qui ne les empêche pas de savoir se débrouiller dans un monde dangereux. Les trois sont fortement actives, elles font avancer l'intrigue au lieu de la subir.

    Les personnages masculins se trouvent dans les personnages secondaires. Nous avons le père de Raya qui tente de réunir les royaumes. Un enfant qui aime cuisiner. Et, bien entendu, un chef barbare. Celui-ci est dépeint comme un père qui ne veut que retrouver sa famille, perdue à cause des démons (il est le seul à penser à chercher le nom du bébé recueilli par Raya). Le père de Raya, lui, incarne des valeurs de confiance et de paix. On le voit se battre mais uniquement comme moyen de défense et jamais comme moyen d'attaquer. Il veut d'abord comprendre ses adversaires puis en faire des ami.e.s. À mon avis, ces personnages, qui ne viennent jamais au premier plan, sont une bonne représentation d'une forme de masculinité un peu plus acceptable.


    ** 
    *** 
    **** 
    ***** Mon premier film au cinéma depuis des mois, un bon choix

    Image : IMDB

  • Artemis Fowl

    Artemis Fowl est un jeune garçon de 12 ans. Il aime le sport (Artemis qui fait du sport ? C'est quoi ça ?). Il aime son père. Il aime montrer son intelligence mais celle-ci n'est pas visible dans le film. Alors que son père disparait en pleine mer Artemis découvre que sa famille possède un ancien secret : elle est la gardienne d'artefacts provenant du monde des fées. Passant outre son scepticisme, il décide de capturer une fée afin de les forcer à l'aider à retrouver son père.

    SPOILERS

    Une adaptation des romans Artemis Fowl par Eoin Colfer peut m'intéresser. J'ai beaucoup aimé les livres qui réussissent à créer un antihéros attachant. Le film échoue totalement à adapter le matériel d'origine. L'intrigue insulte les personnes qui aiment les livres tout en étant incompréhensible pour les personnes qui ne connaissent pas cet univers. En effet, l'adaptation mêle des éléments de plusieurs tomes. Le film essaie de nous expliquer ce monde pendant de longues scènes d'expositions et pourtant il échoue totalement à nous faire comprendre son fonctionnement. Le film est d'un ennui profond et ne mérite même pas d'être considéré comme un ratage sympathique. C'est une adaptation sans saveurs et sans âme qui réussit l'exploit de trahir l'entier des romans en à peine 90 minutes.

    * A détruire afin de sauver les générations futures de cette horreur
    **
    ***
    ****
    *****

  • The Assistant

    TW : abus psychologique, environnement de travail toxique, mention d'abus sexuel

    Jane est une jeune femme récemment arrivée dans l'entreprise. Elle est assistante d'un producteur avec deux autres personnes. Étant la plus jeune, elle arrive en premier avant tout le monde et elle part après tout le monde. Le film se déroule durant un jour entier de travail. Elle doit nettoyer les bureaux, gérer les agendas et personnes, elle doit aussi préparer la nourriture et les boissons tout en faisant le tampon entre l'extérieur et son patron. Lors de cette journée Jane se rend compte, petit à petit, que quelque chose d'étrange se déroule dans les bureaux de son entreprise. Mais que peut faire une jeune assistante ?

    SPOILERS

    Ce court film est tout de même très dense. Rapidement, on se rend compte que les conditions de travail de Jane ne sont pas normales. Elle n'a pas de week-end. Elle passe de longues heures à s'occuper de tâches qui ne devraient pas être les siennes. Elle est considérée comme inférieure par ses collègues qui lui lancent des boules de papier pour avoir son attention. Son patron lui hurle dessus en cas d'erreur et exige des excuses de sa part. Il y a donc une atmosphère de travail très difficile, hiérarchisée sans aucune attention envers Jane. Je note, en particulier, la scène chez les RH qui montre le responsable passer des compliments aux critiques les plus acerbes en quelques minutes.

    Rien n'est réellement montré dans ce film, à l'exception des dernières secondes de la dernière scène. Tout est dans le sous-entendu. Tous les employé.e.s savent ce que fait le producteur dans son bureau. Lorsque Jane essaie de signaler ce qu'elle sait on l'en dissuade puis le responsable des RH lui dit de ne pas avoir de crainte, elle n'est le type du producteur. Montrant par là sa connaissance de ce qui se déroule. Tout se dit aussi. Dès que Jane mentionne ce qui arrive les autres employé.e.s et son patron savent ce qu'elle a dit et à qui, ce qui la force à rester silencieuse si elle veut garder son emploi. Il y a donc une pression importante de la hiérarchie pour cacher ce qui est su par tout le monde.

    *
    **
    ***
    ****
    ***** Sobre mais très efficace

    Image : Site officiel

  • The singing club

    Il y a quelques années, en Grande-Bretagne, des soldats durent partir en guerre en Afghanistan. Ce film parle des personnes qui sont laissées derrière : les femmes et les enfants des soldats. Celles-ci vivent au sein des bases militaires dans lesquelles elles tiennent une partie de l'économie. Leur statut peut dépendre du grade de leurs maris. Elles vivent ensemble et se soutiennent alors que, souvent, elles ne savent pas ce qui est en train d'arriver durant la guerre. Pour passer le temps et éviter de penser au danger elles décident de créer un club de chant mais ce qui est d'abord un simple hobby devient quelque chose de plus professionnel.

    SPOILERS

    Il y a peu de choses à dire sur ce film car il est entièrement sans surprises. On sait ce qui va arriver, comment et pourquoi. Cela n'implique pas que le film soit un échec. Au contraire, la réalisation sait ce qu'elle veut faire et le fait bien même si rien de transcendant ni de surprenant nous arrive. Le but est de créer un film drôle mais aussi tragique. Des personnages réels mais aussi imaginaires dont les propos peuvent parfois être proche de l'absurde. Le film réussit à créer des sentiments et un attachement envers les différents personnages sans avoir besoin de beaucoup d'efforts.

    Bien entendu, le fait que le film parle des femmes de militaires lors d'une guerre implique nécessairement de parler du rapport à la mort. Deux personnages ont connu une perte alors que les autres essaient de réguler leurs craintes en usant de plusieurs techniques que ce soit de ranger toutes les possessions du militaire afin de ne pas avoir à le faire si besoin ou de préparer des paquets pleins d'objets humoristiques. Le lien de ces femmes avec la mort de leurs proches résonne facilement avec nos propres expériences, même si nous ne sommes pas liés à des militaires.

    *
    **
    *** Sans surprises mais sympathique
    ****
    *****

  • Missbehaviour / Miss Revolution

    L'année 1970, une année qui continue les événements de 68. Bien que mai 68 n'ait pas débouché sur une révolution de nombreuses organisations existent encore. Mais d'autres se créent aussi. En particulier, des groupes de femmes commencent à se réunir autour de ce qui sera bientôt connu sous le nom de Womens Liberation Front. Alors que les femmes commencent à organiser leurs différentes associations une cible commune commence à se montrer : l'organisation de Miss Monde 1970. Mais s'attaquer à cette organisation ne sera pas facile. La sécurité est forte et il ne faut pas donner l'impression que l'on s'attaque aux femmes.

    SPOILERS

    Le film montre très bien la constitution de groupes féministes de plus en plus nombreux. Il ne montre pas que certains groupes étaient déjà présent et qu'une nouvelle génération a agi avec et contre cette vieille génération. Il ne montre pas trop non plus quelles sont les positions de ce que l'on connait sous le nom de MLF en francophonie. D'une certaine manière, le film s'attend à ce que l'on connaisse déjà leurs positions et critiques. Le film montre aussi les débats, les mésententes et les techniques de différents groupes. Tout le monde n'agit pas de la même manière, ne vit pas de la même manière ni n'a les mêmes buts. De ce point de vue, le film est réussi.

    Je note aussi que la réalisation met en contradiction une femme blanche, anglaise, Sally et l'une des concurrentes au titre de Miss Monde, Jennifer Hosten, une femme racisée. Je ne sais pas si toutes les confrontations entre ces deux personnes ont eu lieu. Mais cela permet au film de montrer que les positions du MLF ne prennent pas forcément en compte le racisme comme oppression systémique, l'histoire du féminisme montre que c'est une question soulevée par les femmes racisées lors des années 70. Il y a clairement un problème entre une femme blanche qui a accès à plus de choix qu'une femme racisée qui utilise Miss Monde pour réussir à atteindre des buts supérieurs. Les deux ne sont pas forcément ennemies, mais elles ne sont pas nécessairement alliées.

    *
    **
    ***
    **** Un film intéressant sur une période passionnante mais dont le propos n'est pas assez développé à mon goût
    *****

  • Superman: Red Son

    Superman Red Son est l'un de mes comics préférés. Il réussit à expliquer qui est Superman tout en créant un magnifique hommage à l'histoire des comics aussi bien par les personnages que par la façon de dessiner les cases. Que DC ait décidé d'en faire une adaptation animée n'est pas étonnant. Mais celle-ci est-elle réussie ? Superman Red Son part sur un prémisse simple. Au lieu du Kansas, la fusée de Superman est tombée en Ukraine. Superman ne connait pas ses pouvoirs jusqu'à ses douze ans. Il reste chez lui avant de déclarer ses capacités à l'état soviétique et de devenir le nouvel homme fort du pays, un moyen de gagner la guerre froide face à un monde capitaliste médusé.

    SPOILERS

    L'adaptation doit, bien entendu, modifier certaines choses parfois en bien parfois non. Ainsi, la relation avec Diana est bien plus intéressante. On passe outre l'inutile romance secrète pour créer une relation d'amitié d'égale à égal, tout en notant qu'une île remplie de femmes n'est probablement pas très hétérosexuelle... J'ai aussi apprécié la relation plus sympathique entre Lois et Lex alors que le comics montrait ce dernier comme un être sans cœur. Il est, d'ailleurs, bien plus sympathique dans ce film. Le faux Superman est aussi remis à jour pour englober la politique actuelle aux États-Unis, ce qui ne le rend pas sympathique du tout.

    J'ai beaucoup moins apprécié les changements subis par Superman. Non seulement il a un accent horrible mais sa caractérisation est très différente. Dans le comics, il refuse d'envahir les pays mais les accepte, sur demande, au sein du monde soviétique. Ce qui ne l'empêche pas de faire des choses discutables envers les opposant-e-s. Dans l'adaptation, il est bien plus guerrier voir meurtrier au nom du bien commun. En fait, le film semble vouloir tout faire pour éviter de créer une sympathie envers l'utopie communiste tout en critiquant un peu l'utopie capitaliste, mais pas trop. L'histoire originale y perd en subtilité.

    *
    **
    *** Trop simplifié
    ****
    *****

    Image : Site officiel

  • The Personal History Of David Copperfield

    The Personal History Of David Copperfield est une adaptation du roman du même nom de Charles Dickens (que je n'ai jamais lu). Davis Copperfield est un jeune enfant qui vit entre deux femmes dans une petite maison de campagne. Il est très proche de Peggotty, la servante de sa mère. Mais l'arrivée d'un nouvel homme du nom de Murdstone, et de sa sœur, brise l'équilibre du ménage. Face à son incapacité à apprendre et à accepter son arrivée Murdstone l'envoie à Londres. Dans cette ville, il travaille pour la fabrique de Murdstone tout en vivant dans l'appartement de la famille Micawber, ruinée. Mais ceci n'est que le début de ses aventures.

    SPOILERS

    Je n'ai jamais lu de Dickens, même si je connais certain classique ne serait-ce que par leurs multiples adaptations. Je ne peux donc pas parler pour le livre ni y comparer l'adaptation. Celle-ci me donne l'impression de mettre en place une forme de cycle. Les personnages, en particulier David, passent de la richesse à la pauvreté puis de nouveau à la richesse. Malgré les problèmes, leur réussite semble normale. D'une certaine manière, ce film donne aussi l'impression qu'il existe un ordre spécifique au monde. Les personnages, qui semblent membres d'une bourgeoisie moyenne voire élevée, ne mettent pas en question leur place dans le monde. Le film explique leur échec non par leur incapacité à travailler ou à être rationnel mais par l'action d'un membre des classes inférieures, pourtant bien plus travailleur et intelligent que les personnes qu'il arnaque. Ainsi, la fin du film donne l'impression d'un retour à un ordre naturel lorsque les biens sont retrouvés alors que Uriah Heep disparait. Cela provient-il du roman original ?

    En dehors de cela, il faut avouer que le casting est magnifique. Les acteurs et actrices sont particulièrement talentueuses dans ce film. Les différents personnages sont à la fois facilement identifiables et bien introduit malgré, parfois, la brièveté de leurs apparitions. Tous les personnages ont des côtés particulièrement flamboyants. Je me dois de nomme Peter Capaldi dont j'avais adoré le Docteur et qui joue ici un homme qui essaie de garder les moyens de vivre. Mais il faut aussi mentionner Tilda Swinton et Hugh Laurie dont les performances sont superbes. Bref, ce film est une explosion de personnages haut en couleur qui voyagent au travers d'une vie à la fois ordinaire et extraordinaire.

    *
    **
    ***
    **** Je ne savais pas trop ce que j'allais voir et j'ai passé un très bon moment
    *****

    Image : IMDB

    Site officiel

  • The new mutants / Les nouveaux mutants

    TW : racisme, suicide, abus sur mineur-e-s

    Danielle Moonstar se réveille attachée à un lit. Surprise, elle apprend qu'elle est entrée dans un institut chargé de permettre aux mutant-e-s de contrôler leurs pouvoirs avant de pouvoir sortir à nouveau. Elle n'est pas la seule pensionnaire et, outre la doctoresse chargée de les aider, il y a Rahne, Illyana, Sam et Roberto. Illes viennent de milieux différents mais ont connu la même peur face à l'arrivée de leurs pouvoirs. Danielle, elle, ne sait pas comment fonctionne son pouvoir. Tandis qu'elle tente de le comprendre et le connaitre des apparitions étranges commencent à s'attaquer aux pensionnaires. Y a-t-il un lien ?

    SPOILERS

    De nombreuses personnes ont lu les propos du créateur du film alors qu'il sort enfin sur les écrans après plusieurs années. Josh Boone montre une incompréhension totale de ses actes alors que des mutant-e-s racisé-e-s sont casté-e-s par des personnes qui ne représentent pas ces catégories. Cette incompréhension de la problématique du racisme au cinéma et de la représentation se traduit aussi au sein du film. Dès l'arrivée de Danielle elle est insultée à cause de ses origines et réduites à sa supposée sexualité.

    Le but de la réalisation était de créer un film proche de l'horreur tout en créant un nouveau groupe chargé de reprendre le flambeau des films X-Men. Pour ce dernier point on se rend compte rapidement que la réalisation tente de créer un lien au sein du groupe tout en développant les pouvoirs et traumatismes de tous les personnages. Mais la fin du studio a impliqué la fin des plans d'extensions de la franchise, ce qui empêche de répondre au mystère de l'Essex Corporation. En ce qui concerne la première partie, le film réussit assez bien a joué sur les traumatismes des personnages. Malheureusement, la seconde partie oublie cela en se concentrant sur un unique monstre assez moche tout en oubliant totalement l'aspect interne des traumatismes des personnages au profit de simples combats extérieurs (même si j'ai bien aimé l'épée d'Illyana). Le film ne remplit pas ses promesses.

    *
    ** Sans être un navet total ce film est très décevant et subit un réalisateur qui ne comprend rien à ses personnages
    ***
    ****
    *****

    Image : IMDB

    Site officiel

  • Tenet

    SPOILERS

    TW : Violences conjugales, actes de terrorisme

    Un agent de la CIA se prépare à prendre d'assaut, secrètement, un opéra dans lequel se trouve les restes d'une bombe nucléaire. Mais l'opération tourne très mal. Plusieurs jours plus tard, l'agent se réveille dans un bateau en direction d'une ferme éolienne. Il apprend qu'il est l'un des rares personnes à se voir proposer un poste dans un agence si secrète que seule un nom la décrit. On ne sait ni ce qu’elle ne fait ni contre quoi elle lutte. Mais on sait que cette lutte est la seule manière de survivre pour l'humanité face à une attaque difficilement concevable. Navigant à l'instinct, l'agent commence à relier, petit à petit, les fils d'un gigantesque plan.

    SPOILERS SPOILERS

    On comprend rapidement que le nouveau film de Nolan s'intéresse au temps et à la manière de le manipuler. Nolan décide qu'une technologie future permet d'inverse des objets et des êtres humains afin de leur permettre de remonter le temps selon le point de vue normal. Pour mieux montrer ce concept, il l'illustre par des mouvements inversés, des bombes qui implosent et des informations qui proviennent du futur. Cela lui permet de créer des images impressionnantes que l'on peut observer en deux sens selon la personne que l'on suit lors de la scène.

    Un tel concept demande un minimum d'explications, qui ne sont pas faciles à mettre en place. Comment une telle technologie est-elle formée ? Pour quelle raison est-elle un danger pour notre monde ? Le réalisateur commence par mettre en place une première partie assez bavarde et qui saute de villes en villes sans réelles explications. Car le réalisateur doit mettre son univers en place aussi bien pour nous que pour son protagoniste. Une seconde partie est bien plus nerveuse et se concentre sur une confrontation précise entre deux personnages. Celle-ci permet de répondre à certaines questions, dont la raison de cette lutte. Il faut noter que Nolan maitrise très bien le passage chronologique des scènes et je ne crois pas avoir vu d'incohérences entre deux moments.

    Le film nomme 2 femmes et deux de plus reste anonyme. Dans les anonymes l'une est une scientifique qui permet d'exposer l'univers de Tenet l'autre une soldate en charge d'un groupe. Dans les femmes nommées nous avons Prya jouée par Dimple Kapadia que j'espère revoir souvent. Elle dépeint un personnage intelligent qui use de son influence pour réussir et manipuler les gens. Pendant longtemps, on ne sait pas si elle est bénéfique ou non. Le second personnage féminin est Barbara, la femme de l'antagoniste. Nolan la place en position de princesse en péril. Ce n'est qu'à la fin qu'elle prend son destin en main plutôt que d'attendre une aide du protagoniste. Malheureusement, elle le fait en jouant sur sa féminité et sa sexualité, un trope trop souvent utilisé pour les personnages féminins. Elle est donc avant tout une femme qui a besoin d'être sauvée mais aussi une mère qui veut être proche de son fils. Elle se trouve face à un homme violent et qui ne veut que la posséder ce qui mène à des scènes de violences conjugales très violentes.

    *
    **
    ***
    **** Maitrisé, je n'ai pas vu le temps passer sauf durant quelques scènes que je pense peu utiles.
    *****

    Image : IMDB

  • Greenland

    La Terre est témoin d'un événement extraordinaire. Une comète venue d'une autre étoile est très proche créant un spectacle exceptionnel. Le monde entier l'observe tandis que les scientifiques essaient d'en savoir plus sur sa composition. John Garrity fait partie des personnes qui observent la comète dans sa maison, en direct à la télévision, avec son fils, Nathan, et sa femme qu'il a trompée, Allison. Soudain, il reçoit une alerte sur son téléphone. Lui et sa famille sont sélectionnés pour être envoyés au sein d'un bunker secret. En effet, le gouvernement a caché des informations essentielles. La comète ne fait pas que croiser la Terre, elle va l'impacter créant de nombreuses destructions et, potentiellement, un événement d'extinction massive. La famille Garrity entre soudain dans une course contre la montre afin de survivre.

    SPOILERS

    Comme beaucoup de ces films catastrophes l'importance de la famille est mis en avant. Les trois personnages principaux font tout pour rester ensemble et être sauvés ensembles. Ces familles sont souvent très traditionnelles. Ce film ne fait pas exception. La mère semble être ménagère. Le fils est le plus gentil du monde avec un diabète. Le père amène l'argent grâce à ses succès professionnels. Dans le cadre de la catastrophe, il devient aussi un père en usant de violence pour protéger sa famille, recevant de son beau-père un fusil. Le message est transparent, un vrai mâle est un guerrier. De plus, les personnages principaux ne sont pas très sympathiques. Illes sont égoïste, n'hésitent pas à mettre les autres en dangers et ne questionnent absolument pas la raison de leur sélection.

    Bien entendu, ce genre de films parle de la civilisation. Je ne crois pas avoir connu un seul film catastrophe positif envers la nature humaine. Dès les premières minutes, l'humanité se déchaine, oublie la civilisation pour le pillage et la violence. Du moins quand ce n'est pas la fête ou le suicide voire le retour au religieux. Seul.e.s les militaires et les services d'urgence, dans ce film, sont montrés comme capables d'abandonner leur individualisme pour le bien commun. On retrouve donc une tendance militariste de ce genre de films. Mais aussi une tendance à considérer l'humanité négativement. Les rares cas d'aides deviennent rapidement des moyens de survivre avant tout et, comme je l'ai dit plus haut, les Garrity sont les premiers à agir égoïstement.

    *
    **
    *** Spectaculaire mais déjà vu
    ****
    *****

    Image: IMDB

  • La candidate parfaite

    Nous sommes en Arabie Saoudite. Maryam vit avec ses deux sœurs et son père. Ce dernier est un musicien qui essaie de créer une tournée et d'entrer au sein d'un groupe de musique national. Les deux sœurs, Selma et Sara, s'occupent d'organiser des mariages pour les femmes. Maryam, elle, est une médecin dans une clinique locale. Mais elle rêve de travailler dans une clinique plus importante dans laquelle elle serait valorisée pour ses compétences. L'un des moyens qu'elle a trouvés est de se rendre à une conférence afin d'entrer sur la liste de candidature d'un hôpital. Malheureusement, son autorisation de voyage n'est plus valable et en tentant de la renouveler elle accepte d'être candidate aux élections municipales.

    SPOILERS

    La réalisatrice a déjà donné Wadja que j'avais beaucoup aimé. Dans ce nouveau film elle s'occupe toujours de l'Arabie Saoudite mais au lieu d'une petite fille son personnage principale est une femme accomplie professionnellement au sein d'une famille qui a subi les commérages. Ce film fait très attention à nous montrer le fonctionnement d'une société et l'intégration de ses personnages à l'intérieure de celle-ci. Maryam essaie de soigner ses patients mais ils refusent son aide. Elle tente de parler aux hommes mais ils la ridiculisent. Mais c'est aussi une société en changement qui commence à accepter que les femmes parlent politiques, soient médecins et puissent créer.

    On peut dire que, fondamentalement, ce film est féministe. Tout comme Wadja il s'intéresse à une femme au sein d'une société inégalitaire. Cette femme essaie de revendiquer une place malgré les obstacles. À plusieurs reprises, des hommes ont l'occasion de l'aider mais refusent ou ne réussissent pas. Finalement, c'est Maryam, Selma et Sara qui s'occupent de tout et gèrent la campagne avec succès, montrant qu’elles n’ont pas besoin des hommes. Ce qui permet de terminer le film sur une déclaration d'indépendance de la part de Maryam.

    *
    **
    ***
    **** Un film qui mérite d'être vu et distribué
    *****

  • Dreams

    Emma et son père vivent seuls. Les deux passent leur temps à danser, jouer aux échecs et cuisiner dans une grande maison de campagne. Emma aime vivre seule avec son père. Mais son équilibre va changer lorsqu'elle comprend que son père souhaite que sa compagne déménage dans la maison avec sa propre fille. Les deux parents essaient de reconstruire une vie de famille avec deux enfants très différents. Emma est rêveuse, calme et très proche de son père. Jenny est bruyante, égocentrique et passionnée par la mode et les réseaux sociaux. La cohabitation est difficile. Mais lorsqu'elle Emma comprend comment sortir de son rêve pour entrer dans le monde qui les crée elle se dit qu'elle pourrait utiliser ses connaissances pour améliorer sa vie.

    SPOILERS

    Il y a peu de choses à dire sur ce petit film. Certes, il fonctionne assez bien. Il est émouvant, drôle et sympathique à regarder. On comprend pourquoi Emma agit comme elle le fait et on comprend assez rapidement pourquoi Jenny est qui elle est. Le film montre aussi une famille qui tente de se recréer sans atténuer les conflits que cela peut créer. Avec raison, on montre que les enfants sont souvent au centre de ces problèmes puisqu'il n'est pas toujours facile d'accepter une autre personne après que la famille initiale s’est divisée. Mais on montre aussi que les parents essaient de créer un milieu favorable pour les deux filles.

    Le message est un peu simpliste et tout est résolu un peu trop rapidement. De plus, il est dommage que le monde des rêves et ses règles ne soit pas exploré un peu plus profondément. On a l'impression de regarder un Vice Versa qui évite d'aller trop loin dans le fonctionnement de son univers. Il manque donc des informations qui nous auraient permis d'entrer plus profondément dans ce film et son thème.

    *
    **
    *** Sympathique mais sans plus
    ****
    *****

  • La bonne épouse

    Paulette Van der Beck est la directrice d'une école ménagère en 1967. Elle tient cette école avec l'aide de son maris, Robert, de sa belle-sœur, Gilberte ainsi que de la sœur Marie-Thérèse. Son but, en tant que directrice, est d'inculquer aux jeunes femmes qui viennent dans son établissement non seulement la bonne tenue mais la connaissance du ménage, de la cuisine et des relations avec le futur mari. Mais deux choses vont créer des problèmes pour le fonctionnement de l'école. Premièrement, l'époque n'est plus à la bonne épouse mais à la libération des femmes. Paulette, malgré ses résistances, va devoir faire avec ce changement. De plus, Robert meurt laissant l'école en danger financier. Pour Paulette il faut sauver l'école, préparer ses élèves et comprendre comment devenir une femme libre alors que jamais elle n'a conduit ni tenu la comptabilité.

    SPOILERS

    Ce film essaie de parler d'une époque. Une époque de transition entre une vision traditionnelle du monde et une vision plus proche de la nôtre. L'école ménagère du film a pour mission de créer des bonnes épouses capables de gérer le ménage et la cuisine mais aussi de soutenir le mari sans jamais le remettre en question. Tout est fait pour inculquer une place inférieure aux jeunes femmes du film. Mais, à la même époque, des mouvements mettent en question cette tradition. Les jeunes femmes du film sont les premières concernées puisqu'elle apprennent l'existence de la pilule mais aussi de la possibilité de ne pas se marier.

    Ce film, surtout à la fin, est engagé. En montrant l'inadéquation entre la tradition et la réalité la réalisation montre la nécessité d'un autre modèle. Robert y est le prototype de l'homme âgé dont tout le monde s'occupe mais qui ne fait rien. Tandis qu'André est le prototype de l'homme qui ne souhaite pas une femme de ménage mais une égale avec qui il partage les tâches ménagères. Ces deux types d'homme ne s'offrent pas. Ils sont réclamés par les femmes du film qui commencent à refuser leur rôle traditionnel. Ce refus est mis en scène à la fin du film lors d'une chanson qui fait écho au début du film. Le rôle traditionnel est soudain refusé et renversé dans une atmosphère de fête et de révolution.

    *
    **
    ***
    **** Plutôt drôle et assez sympathique.
    *****

  • Onward / En avant

    Le monde n'est plus ce qu'il était. Durant le passé, le monde était envahi par le fantastique, les quêtes d'aventures et la magie, une force difficile à maitriser pour un petit nombre de personnes élues. Mais la science arriva et offrit la possibilité pour tout le monde d'user d'une nouvelle forme de magie. Depuis, le monde a avancé. Oubliant la magie et remplaçant cette dernière par la modernité technologique. Le passé est presque oublié face à la science et à la modernité. Deux frères vivent au sein de cet univers. Les deux frères souhaitent tout autant l'un que l'autre revoir leur père, mort il y a près de 16 ans. L'unique manière de le faire revenir pour un temps limité et de retrouver la magie, si elle existe encore.

    SPOILERS

    La première chose que j'ai ressentie dans ce film est l'importance du passé face au modernisme présent. Le passé est mis en avant par le personnage de Barley, un jeune homme qui vit dans ce passé et qui essaie de protéger les rares reliques qui existent encore. Face à ce passé quasiment mythologique, existe une modernité qui semble vouloir remplacer la nature réelle des personnages en leur offrant une simplicité de vie. Ainsi, les fées ne savent plus voler, les centaures ne savent plus courir, etc. Le film semble vouloir faire du passé une forme d'âge d'or oublié qu'il serait bon de ramener au sein de la modernité. Si j'ai bien compris ceci, je trouve le message peu intéressant. Bien que le passé soit utile pour comprendre le monde actuel il ne faut pas en faire un âge d'or qu'il serait nécessaire de retrouver dans un présent désenchanté.

    Le film met en avant deux personnages masculins. Il y a deux autres personnages féminins importants mais elles sont surtout présentes pour sauver les deux frères et les soutenir : la Manticore et la mère des frères du nom de Laurel. La quête des frères n'est qu'un moyen de parler de leur relation. Le film met en scène une difficulté de se comprendre. L'un semble n'avoir peur de rien tandis que l'autre doute de tout et essaie d'atteindre ce qu'on lui dit de son père. Cependant, le film montre aussi une relation fraternelle très positive. Le grand frère agit toujours afin d'aider son petit frère à avoir confiance en lui-même. Tandis qu'il est dépeint comme un perdant, il est en fait un soutien indéfectible. Cette relation prend de l'importance lors de la quête lorsque les deux frères se confient l'un à l'autre et essaient d'utiliser leurs différences afin de revoir leur père. Peut-on dire que ce film dépeint le fonctionnement d'une masculinité positive ? Je ne sais pas. Mais même si je déplore le manque de personnages féminins ayant leur propre chemin, j'ai apprécié la manière dont les deux frères acceptent de parler de leurs émotions mutuelles et de leurs craintes.

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  • Richard Jewell

    TW : attentat, harcèlement policier, harcèlement médiatique

    Richard Jewell a toujours rêvé d'entrer dans la police. Mais son rêve est mis à mal par un comportement particulier qui implique un nombre de plaintes importantes contre lui. À la suite de la fin de son emploi d'agent de police puis de vigile au sein d'une université il entre dans l'équipe de sécurité des Jeux Olympiques d'Atlanta. Lors de son travail, il découvre un sac abandonné qui se révèle être une bombe. Alors qu'il devient officiellement un héros, le monde médiatique et policier se retourne contre lui en le dépeignant comme le poseur de bombe. Son but serait d'être héroïsé afin de retourner au sein de la police. Durant les mois que dureront l'enquête, il devra apprendre à se battre contre la police afin de pouvoir être innocenté.

    SPOILERS

    Richard Jewell fait partie de ces héros du quotidien que Clint Eastwood aime bien dépeindre dans ses films. Comme dans d'autres productions, Jewell ne veut que le bien de tout le monde et agit au mieux selon ses valeurs mais il est mis en face d'un appareil d'état qui souhaite le détruire et en faire un coupable idéal. Sans vouloir faire une analyse du cas réel, plus compliqué que le film ne le montre, on observe de nombreuses tactiques policières d'intimidation et de manipulation afin de forcer Jewell à accepter une culpabilité. Ceci dès le début de l'enquête lorsque le FBI tente de lui faire signer une renonciation de ses droits et de filmer des aveux sans l'avoir officiellement mis en cause. Il est donc difficile de voir le travail policier de manière positive via ce film. Mais il faut probablement prendre en compte les positions politiques du directeur pour comprendre ceci. En effet, Eastwood est un libertarien. Il se méfie donc fortement de l'état fédéral et des gouvernements privilégiant l'individualisme.

    Il y a un aspect du film qui m'a particulièrement dérangé, et selon mes rapides recherches sur internet je ne suis pas le seul, qui concerne la manière dont la journaliste Kathy Scruggs est présentée. Elle est montrée comme extrêmement arrogante. Une journaliste qui s'intéresse d'abord aux drames afin de vendre son journal et, potentiellement, d'entrer au sein de la télévision. Pour cela, elle ne croise pas les sources et se contente des propos des policiers (ce n'est qu'après un esclandre de l'avocat de Jewell qu'elle enquête réellement). Pire encore, le film la montre échangeant du sexe contre des informations confidentielles. En dehors de l'existence réelle de cette journaliste, les proches peuvent être heurtés, on peut poser la question de l'opportunité de la présenter ainsi. On entre dans l'idée que les femmes ambitieuses sont forcément amorales, usant de leurs charmes pour gagner au lieu d'utiliser leurs capacités intellectuelles.

    *
    **
    *** Un biopic intéressant par sa manière de présenter le danger que les personnes innocentes vivent face à la police et aux médias mais qui reste trop simpliste
    ****
    *****

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  • Dark Water

    Robert Bilott est un avocat qui vient tout juste d'accéder au partenariat au sein de la firme dans laquelle il travaille. Celle-ci est spécialisé dans la défense des industries. Alors que sa première réunion se termine, il est demandé à l'entrée par deux fermiers de sa ville d'origine. Sa grand-mère aurait donné son nom à ces personnes. Ce fermier, Wilbur Tennant, est inquiet de l'état de son cheptel. Il pense que la décharge de l'industrie Dupont pourrait être la cause de ses problèmes. Alors qu'il décide, sans trop y croire, de prendre le client Bilott se rend compte que le problème pourrait bien être beaucoup plus étendu que prévu et contrôler une grande partie de sa carrière.

    SPOILERS

    Mark Ruffalo continue son effort de soutien de films qui ont une cause politique. Dans celui-ci, il s'intéresse à l'importance de la loi pour défendre les gens. Mais même si son personnage est un avocat cela n'implique pas que le film soit aveugle à la difficulté d'obtenir justice. Dès les premières minutes du film Wilbur Tennant affirme que la justice sera extrêmement difficile à atteindre si ce n'est impossible. Le film, en fait, montre la difficulté pour une population de se défendre face à des firmes puissantes ayant des liens importants avec le monde politique et dont la perte pourrait mener au chômage un grand nombre de personnes. Chacune des actions de Bilott est contrée par une autre action qui tente de rendre plus difficile la réussite de son travail. Que ce soit une simple lettre ou l'envoi de l'entier des archives de l'entreprise, enterrant les informations importantes sous une masse de papiers. Ainsi, les plaignant-e-s ont l'impression de se battre contre un conglomérat qui récuse toute responsabilité avec le soutien du monde politique et social.

    Bien entendu, le film se concentre sur des pratiques industrielles illégitimes dans un contexte capitaliste. Alors que la firme, ainsi que le milieu industriel, se posent en champion de l'autogestion on comprend rapidement que celle-ci est fortement remise en cause par les événements dépeints dans le film. Dupont n'aurait pas annoncé toutes les substances dangereuses et peut donc les déverser dans la nature sans avoir besoin d'être contrôlé. Pire encore, le film montre des recherches illégales et contraire à l'éthique afin de comprendre, à l'interne, le danger d'une substance mais sans jamais communiquer sur ces expériences ni demander l'accord des victimes. Il est donc difficile d'apprécier le capitalisme et l'autogestion en sortant du film.

    Encore une fois, l'acteur se concentre sur un film qui marque les besoins et la nécessité d'un contrôle démocratique du monde. Que ce soit par le journalisme ou le droit il défend les actions citoyennes contre des entreprises ou institutions qui refusent d'être soumises à la justice ainsi que la responsabilité de leurs actes.

    *
    **
    ***
    **** Un film qui s'attaque à un scandale récent avec un regard désabusé sur les possibilités d'obtenir justice
    *****

    Image : Site officiel

  • Birds of Prey: And the Fantabulous Emancipation of One Harley Quinn

    Birds of Prey : And the Fantabulous Emancipation of One Harley Quinn débute après le très oubliable, mais malheureusement existant, Suicide Squad. Harley Quinn commence par résumer l'histoire de sa vie afin de la mener jusqu'au présent. Elle n'est plus avec le Joker et, malgré sa tristesse, elle essaie de se construire une nouvelle vie dans la belle ville de Gotham. Malheureusement, l'annonce tonitruante de son célibat permet à toutes les personnes qui la détestent de s'attaquer à elle sans risquer la colère du Joker. Alors que la ville entière essaie de la tuer elle fait la connaissance de Cassandra Caines, une jeune femme dont la capture vaut 500 000 dollars.

    SPOILERS

    Birds of Prey : And the Fantabulous Emancipation of One Harley Quinn est un film que j'attends depuis un moment. J'apprécie beaucoup le travail de Margot Robbie et j'espérais qu'elle pourrait y mettre tout son talent et surtout ses souhaits. Selon mes impressions, il semblerait que la production a pu s'amuser. Le film joue avec les couleurs et la nourriture sans complexes tandis que les actrices portent des costumes tous plus réussis les uns que les autres. Harley Quinn est particulièrement flamboyante dans des tenues qui vont parfaitement au personnage et à son tempérament. Ce film donne l'impression d'être porté par une ambiance de travail et de création qui a permis aux membres de l'équipe d'apprécier ce qui était en train d'être construit.

    Ce film est construit d'une manière un peu étrange. Les flash backs sont nombreux et les personnages se tournent autours sans toujours se rencontrer, jusqu'au moment final qui permet à chacune d'entre-elles de collaborer dans un but précis face à une armée d'hommes. Toutes les femmes de ce film essaient de s'émanciper d'une forme de tutelle masculine. Harley Quinn apprécie la protection du Joker et elle est tentée, à plusieurs reprises, de trouver un autre protecteur. Ce n'est qu'au fil du temps qu'elle comprend qu'elle a la capacité d'agir seule. Renée Montoya est une détective dont toutes les réussites sont volées par un collègue. Dinah Lance essaie de survivre à Black Mask. Huntress, elle, souhaite se venger des hommes qui ont détruit sa famille. Ce n'est que lors du final, lorsqu'elles s'allient, qu'elles sont à la fois capables de s'entre-aider et de prendre la décision de s'affranchir des figures masculines de leur entourage. Ce changement est dépeint d'une manière positive puisqu'il permet à chacune non seulement un nouveau départ mais surtout une meilleure vie. Ce changement est construit au film du film justement par sa construction qui commence par diviser avant d'unir les personnages.

    *

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    ***** J'ai adoré ce film à la fois bien écrit, bien réalisé, drôle et intelligent. Je pourrais le revoir de nombreuses fois avec un grand plaisir !

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  • Just Mercy / La voie de la justice

    Fin des années 80, Bryan Stevenson décide d'ouvrir un cabinet d'aide juridique en Alabama. Il souhaite, en particulier, se concentrer sur l'aide aux personnes ayant été condamnée à mort car il considère que celles-ci n'ont pas eu accès à une aide juridique adéquate mais il pense aussi que la peine de mort et une dénégation de l'importance de la vie humaine. Bien que son cabinet ait du mal à démarrer il réussit à convaincre Walter McMillian de l'engager. Ce dernier a été condamné pour meurtre après une enquête bâclée. Bryan Stevenson décide de reprendre l'enquête et découvre que toutes les preuves contre son client sont fausses. Débute alors une bataille pour sa libération.

    Spoilers

    La réalisation décide de s'emparer d'un cas précis pour critiquer tout un système. McMillian est un homme jeune et pauvre lorsqu'il est arrêté. Il provient d'une partie pauvre de la ville et tente de vivre avec sa propre entreprise. Le film démontre que rien n'a été fait pour vérifier ses propos et ceux de plusieurs témoins en sa faveurs. Il était coupable avant d'être démontré innocent. En parallèle, il est donné un pouvoir important à des témoins bien moins légitimes du côté du procureur. Tout ceci dans le cadre d'une affaire très émotionnelle pour toute une communauté.

    À l'aide de ce cas précis d'emprisonnement d'un homme innocent qui risque la peine de mort le film s'attaque à un système entier afin de dénoncer le racisme mais aussi l'existence même de la peine de mort. Bien qu'on ne les présente pas autant, d'autres personnages sont mis en avant. La manière dont ils ont été défendus n'est pas adéquate lorsqu'on sait qu'il y a un risque de peine de mort. Le film n'hésite pas non plus à montrer l'importance des actes racistes au sein des forces de police, et le danger que cela implique pour les personnes racisées qui risquent la mort pour être simplement présentes sur le domaine public. Bien que le film se déroule vers la fin des années 80 on sait que ce qui s'y déroule à toujours lieu aujourd'hui, aussi bien aux États-Unis qu'ailleurs.

    *

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    **** Un bon film qui s'attaque à un thème difficile sans pour autant héroïser ses personnages.

    *****

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  • Bombshell / Scandale

    TW : mentions d'abus sexuels, images d'abus sexuels

    2016, les candidats républicains à la présidentielle commencent à débattre afin de savoir qui sera envoyé contre les démocrates. Dans cette atmosphère politiquement chargée Fox News est au centre de la frénésie médiatique puisque les présentateurs et les présentatrices questionnent et soutiennent Donald Trump. La chaine est encore tenue par Roger Ailes qui contrôle avec une main de fer le fonctionnement des journalistes et qui peut observer tout ce qui se déroule au sein du bâtiment. Roger Ailes est probablement l'une des personnes les plus puissantes du monde médiatique mais cela n'empêchera pas Gretchen Carlson de porter plainte pour agression sexuelle contre lui.

    SPOILERS

    Au lieu de passer directement sur le sujet principal du film la réalisation décide d'abord de décrire le fonctionnement des rapports de pouvoir au sein de la chaine et du bâtiment. Dès le début, on nous montre où se trouvent les différents lieux de pouvoir au sein du bâtiment et de quelle manière ces lieux peuvent être utilisés afin de modifier les décisions des présentateurs et présentatrices. De plus, le film montre que les relations de pouvoir fonctionnent aussi entre les différents shows dont les équipes sont en concurrences. Certains shows ayant plus de prestiges que d'autres peuvent permettre une carrière réussie tandis que d'autres ne sont qu'une voie garage. Ainsi, le film réussit parfaitement à montrer un fonctionnement systémique des rapports de pouvoirs et de leurs effets sur des femmes qui savent mais ne peuvent pas discuter de manière ouverte de la toxicité de leur environnement de travail.

    Dans un second temps, se pose la question de la possibilité de porter plainte. La mise en scène implique l'extérieur, les procédures internes et les liens entre personnes au sein de l'entreprise. En ce qui concerne la procédure externe le film montre immédiatement qu’une plainte risque d'être mise à mal par une attaque immédiate de la personne mise en cause. Le film ne montre pas de procédure en diffamation mais Roger Ailes récuse les accusations et il est publiquement soutenus par des personnes qui accusent Gretchen Carlson de souhaiter se venger de son licenciement.

    Le film montre aussi qu'il existe une procédure interne. Celle-ci implique une hotline mais on apprend immédiatement qu'elle est peu connue et qu'elle est contrôlée et enregistrée par Roger Ailes. Ceci empêche les victimes de parler librement puisque leurs propos sont contrôlés par la personne qui peut détruire leur carrière. Selon le film, la procédure interne sera externalisée au sein d'un cabinet professionnel qui va anonymiser les témoignages mais cela n'empêche pas une tentative de prise de contrôle de la procédure par les amis de Roger Ailes.

    Enfin, le film montre parfaitement l'impact d'une telle accusation au sein d'une entreprise. Immédiatement, les soutiens sont vocaux afin d'éviter que d'autres accusations aient lieu. Ne pas soutenir Roger Ailes devient une question de trahison. Dans ce cadre, une autre femme, Megyn Kelly, va devoir chercher de manière discrète d'autres victimes. Ce n'est que lors de sa propre accusation contre Roger Ailes et celle de nombreuses autres femmes qu'il devient presque impossible pour Ailes de se défendre. À l'aide d'une masse de témoignages il devient impossible de le soutenir.

    Ainsi, ce film permet d'illustrer les difficultés des plaintes en harcèlement sexuel contre des hommes, en particulier lorsque celui-ci est puissant. Des excuses sont trouvées, on attaque la vie privée des accusatrices, on essaie de démontrer des liens après les actes afin de disqualifier les propos sans prendre en compte la nécessité de protéger son emploi.

    *

    **

    ***

    **** Un film qui s'attache à représenter les relations de pouvoirs afin d'expliquer les difficultés d'une plainte en harcèlement sexuel.

    *****

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  • Les éblouis

    TW : abus psychologiques, abus psychologiques et physiques sur mineur-e-s, abus sexuels sur mineurs

    Camille a 12 ans. Elle entre tout juste au sein de l'adolescence tout en suivant de cours de cirque avec d'autres personnes de son âge, et plus âgée. Sa mère est une comptable au chômage tandis que son père donne des cours au lycée. Elle a deux frères et une petite sœur. Les parents s'intéressent à la vie associative locale et décident, sur les conseils d'un voisin, de se rendre à une messe puis de participer à un repas commun. Le couple découvre une communauté qui prend en compte des valeurs sympathiques : la fraternité et la communauté. Les personnes s'entraident et se soutiennent. Mais il y a aussi des règles strictes. Camille doit rapidement abandonner ce qu'elle aime alors que sa famille est de plus en plus absorbée dans la vie de la communauté. Petit à petit, il devient très difficile de quitter le mouvement est de refuser ce qu'annonce leur père spirituel, surnommé le Berger.

    SPOILERS

    Le film donne l'impression d'être rapide mais, en fait, il prend son temps. Il se déroule sur deux ans de la vie de Camille. On observe donc la famille changer au fur et à mesure. Tout commence simplement et doucement, au début ce n'est qu'une invitation. Petit à petit, les parents commencent à apprécier être soutenus et aidés et donc offrent la même chose. Alors que les règles semblent d’abord absurdes la famille les accepte une par une et devient de plus en plus embrigadée dans un fonctionnement communautaire.

    Tout comme dans la réalité, ce n'est que petit à petit et en tant qu'observateurices externes que l'on se rend compte du piège qui se referme. La famille accepte une règle parce que la mère peut être employée par la communauté. Mais, refuser la décision du Berger implique donc de perdre son emploi. Camille accepte de suivre les règles, mais cela l'isole de ses ami-e-s. De la même manière, le Berger fait en sorte d'isoler la famille de leurs ami-e-s et parents en usant, probablement car cette scène n'est pas montrée, de manipulations psychologiques. Camille se rend compte soudainement, à 14 ans, de l'incapacité de quitter la communauté sans, par la même occasion, perdre ses parents et ses ami-e-s de la communauté. Ce n'est qu'à la fin du film qu'un acte, qui n'est pas montré, la pousse à demander l'aider des services de protection de l'enfance. Ainsi, le film essaie de garder une subtilité. Ce n'est que petit à petit que l'on se rend compte du danger et que l'on comprend certaines choses, mises en place auparavant au sein de l'histoire.

    *

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    **** J'ai trouvé ce film français à la fois bien pensé et subtil dans sa présentation du fonctionnement des sectes. Mais il possède aussi des scènes et des propos difficiles à entendre.

    *****

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  • The Addams Family

    La famille Addams est de retour. Après des années Morticia et Gomez se marient enfin face à leurs deux familles réunies. Malheureusement, la fête est gâchée par une foule en colère qui force les jeunes marié-e-s à fuir en direction du New Jersey. Là-bas, le couple prend possession d'un manoir hanté à l'intérieur duquel ils fondent une petite famille. Mercredi et Puglsey sont leurs deux enfants. La première se demande ce qui existe à l'extérieur du manoir tandis que le second se prépare pour un rituel qui ferait de lui un adulte. Mais quelque chose de nouveau apparait dans le voisinage. Une rénovatrice a construit une ville entière dont elle souhaite vendre chacune des maisons. Elle ne reculera devant rien pour faire fuir les Addams et détruire leur horrible manoir.

    SPOILERS

    Lorsque j'ai su qu'un nouveau film sur la famille Addams aurait lieu j'étais à la fois content et craintif. La bande annonce ne me permettait pas d'être soulagé. Malheureusement, le film n'est de loin pas une réussite. La famille est mise face à un monde parfaitement contrôlé. La ville même est nommée Assimilation. Tout le monde est censé être proche de l'identique. Suivre les règles et vivre dans des maisons validées par Margaux Needler, constructrice de la ville. Même les chansons martèlent l'idée qu'il faut être identique et s’assimiler. Face à cela, la famille Addams fonctionne selon les traditions et refuse les nouveautés qu'imagine Puglsey. Les deux parties doivent apprendre à accepter la différence.

    Le film essaie de parler du fonctionnement des réseaux sociaux. Pour cela, il met en place une sorte de facebook local qui permet aux voisin-e-s de se critiquer mutuellement tout en s'offrant des informations. Ce réseau est utilisé par Margaux Needler afin de calomnier les Addams et de lancer les habitant-e-s de la ville dans une frénésie colérique. Changer les torches par des gifs de torches sur les natels est une très bonne idée. Ce n'est que lorsque les habitant-e-s de la ville voient ce que sont réellement les Addams et comprennent que leurs différences ne sont pas si importantes que les choses se calment.

    Malheureusement, le film n'est absolument pas subtil. Tout est matraqué à plusieurs reprises par les dialogues, les chansons et l'image. Pire encore, la plupart des blagues sur le fonctionnement de la famille Addams tombent à plat.

    *

    ** Je ne peux pas conseiller d'aller voir ce film.

    ***

    ****

    *****

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  • Frozen 2 / La Reine des neiges 2

    Depuis que Elsa a compris comment contrôler ses pouvoirs le royaume ne craint plus rien. Elsa a promis de le défendre et les habitant-e-s se sentent en sécurité. Elle est aidée de sa sœur, Anna, qui s'est rapproché de Kristoff. Les trois se soutiennent mutuellement tout en préparant des soirées devinettes. Mais, depuis quelques temps, Elsa entend un appel. Elle est la seule personne à être capable de le distinguer. Celui-ci semble venir de la forêt enchantée, fermée aux humain-e-s du royaume depuis plusieurs décennies. Selon la légende, les esprits de la forêt se sont révoltés contre la violence des humain-e-s malgré les cadeaux offerts pour les apaiser. Et il semblerait qu'Elsa doive trouver un moyen de restaurer l'équilibre.

    SPOILERS

    On comprend rapidement que le film va se concentrer sur le passé et, en particulier, la famille d'Elsa et d'Anna. Les deux sœurs ne connaissent qu'une partie de l'histoire, et une partie racontée uniquement par leur père. Mais la réalité est très différente. Chacune va comprendre la place de leur grand-père et surtout de leurs deux parents dans les événements qui ont mené à la fermeture de la forêt et la naissance d'Elsa. La famille est clairement au centre de l'intrigue et ce n'est qu'unies que les deux sœurs sont capables de survivre. Lorsqu'elles sont séparées elles se retrouvent toujours en dangers.

    L'intrigue parle de deux peuples et d'esprits reliés par un cinquième esprit. Nous sommes clairement dans l'idée d'équilibre. Équilibre entre un peuple croyant en la science et un peuple croyant à la magie, vivant en communion avec la nature. Équilibre entre la nature laissée à ses capacités et une nature contrôlée. Équilibre aussi entre plusieurs aspects de la nature qui doivent être respectés et apaisés et non attaqués. Ces différents équilibres ont été brisés dans le passé de l'univers du film et seule la réparation de l'erreur du passé peut permettre un apaisement, mais au prix d'une destruction du monde des humain-e-s. Ainsi, il devient rapidement clair qu'Elsa n'est pas une simple femme possédant des pouvoirs mais une personne capable de créer et de défendre ces équilibres, la plaçant dans une position différente que les autres personnages.

    Ces thèmes sont portés par plusieurs moments d'humours, mis en place par Olaf. Ceux-ci ne sont pas toujours réussis et peuvent agacer à certains moments. Bien entendu, Disney oblige, nous avons plusieurs chansons. Bien qu'une majorité soit bien écrite certaines me semblent moins entrainantes et moins justifiées. Mais on peut faire avec. Enfin, il y a de la romance. En particulier entre Anna et Kristoff. Il est dommage que Kristoff ne soit pas rapproché d'un autre personnage masculin qui lui ressemble beaucoup. J'aurais aimé voir ces deux hommes créer une romance.

    *

    **

    ***

    **** Une suite sympathique au ton un peu différent. Je craignais un peu de moins apprécier que le premier, mais ce n'est pas arrivé

    *****

    Image : IMDB

  • La fameuse invasion des ours en Sicile

    Ce film animé est adapté d'un livre. Il parle de deux personnes : un homme d'âge mur et une petite fille qui le suit dans ses voyages en Sicile. Illes se rendent dans différentes villes afin de raconter des histoires aux habitant·e·s des lieux. Mais les voyages sont difficiles et froid en cette période ce qui pousse l'homme et la jeune fille à se rendre dans une grotte afin de s’abriter. Dans cette grotte, se trouve un vieil ours. Passé un moment de peur, compréhensible, les deux humain·e·s décident de lui raconter une histoire. Et pas n'importe quelle histoire. Illes vont raconter l'histoire du roi des ours et de son invasion en Sicile.

    SPOILERS

    Le conte commence comme beaucoup de contes par une perte. En l’occurrence, la perte du fils du roi des ours. Bien entendu, cette quête ne débute que lorsque le personnage principal est guidé dans une direction précise. La quête implique un voyage avec des dangers mais aussi des actes de bravoures. Les ours devront lutter contre les humain·e·s. Mais aussi contre un troll et surtout comprendre pourquoi les fantômes existent. Une bonne quête implique aussi un méchant. Ce dernier est le dirigeant de la ville des humain·e·s. Une ville défendue par une armée humaine dont tous les soldats se ressemblent. Comme tout bon méchant, il est cruel et détestable.

    Mais ce qui a rendu ce film bien plus intéressant, en tout cas pour moi, c'est que l'histoire principale à deux suites. L'une est cachée tandis que la première est racontée par l'ours qui, jusque-là, ne faisait qu'écouter. Cette suite se déroule après la prise de contrôle de la ville humaine. Tout se déroule bien. Mais un vol crée une fracture entre les humain·e·s et les ours. Derrière cette fracture se cache l'idée que les ours, conquérants, sont supérieurs aux humain·e·s, peuple conquis. Ces derniers sont considérés comme plus sournois que les ours et donc le roi les punis collectivement des vols qui ont lieu. Les personnes qui contestent cette manière de diriger sont, petits à petits, arrêtés et éloignés. Ainsi, le récit va plus loin que la fin de la quête et montre les conséquences d'une conquête et du pouvoir, au jour le jour. Mais aussi l'attrait du pouvoir sur certains esprits.

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    **** Un petit film sympathique, surtout pour les enfants

    *****

    Image : IMDB

  • Terminator: Dark fate

    Sarah Connor a gagné. Son fils est sauvé et l'apocalypse n'a pas eu lieu à l'heure prévue. Mais d'autres Terminators ont été envoyé dans le passé et ils ont une nouvelle cible. Celle-ci est Dani Ramos. Une ouvrière mexicaine qui prend en charge son frère, qui rêve de célébrité, et son père, qui semble être incapable de cuisiner ou de prendre des rendez-vous. En quelques minutes sont futur est bouleversé lorsqu'elle est sauvée par une femme qui prétend venir du futur afin de la protéger des attaques des machines. Leur poursuivant est pratiquement indestructible et il leur faudra l'aide d'une Sarah Connor surarmée pour réussir à survivre au présent et penser au futur.

    SPOILERS

    Apparemment, ce film est la suite directe de Terminator 2. Tout ce qui a été construit ensuite est donc annulé. Disons-le tout de suite, John Connor meurt pratiquement immédiatement. On a donc deux changements importants. D'une part la fin des temps n'a pas eu lieu et Skynet n'a pas existé. D'autre part le chef de la Résistance humaine n'existe plus. Pourtant le film existe. Car celui-ci prend le parti de considérer le futur à la fois comme mouvant et comme une fatalité. Même si une version de Skynet est détruite il y aura toujours une nouvelle version. Même si le chef de la Résistance est tué l'humanité va toujours combattre. Ce destin mouvant mais inéluctable est toutefois mieux incarné par les individus qui peuvent réellement modifier le futur. En particulier, c'est le Terminator qui a tué John Connor qui change le plus. Sans ordres du futur et après avoir terminé sa mission il réussit à défendre ses propres choix, des choix qui dépendent d'un but que souhaite atteindre le Terminator.

    Ce film profite aussi de son existence pour moderniser la saga. Dani n'est pas la mère du sauveur mais la cheffe de la résistance. Au lieu de plusieurs hommes qui défendent une femme ce sont plusieurs femmes qui se défendent seules. Dani est d'ailleurs montrée comme quelqu'un qui subit les événements et qui, dès qu'elle est capable de réfléchir un peu, prend des décisions nécessaires pour vaincre. Sarah Connor est aussi montrée comme une combattante particulièrement impressionnante capable d'échapper non seulement aux machines mais aussi aux différentes polices. Ce changement est, là aussi, particulièrement incarné par le Terminator qui a prend le nom de Carl. Au lieu d'être une machine à tuer il devient un père capable de s'occuper d'enfants, de faire la vaisselle et de soutenir sa compagne. En d'autres termes, il est dépeint comme un égal de sa femme qui prend en charge les besoins communs du couple. Bien entendu, le choix est voulu afin de créer un choc. La machine de guerre est capable d'être un véritable compagnon !

    En ce qui concerne les combats je pense que le film est réussi. Il nous donne l'impression d'une course contre la montre face à un ennemi implacable et indestructible. Cependant, certains moments me semblent trop artificiels comme la destruction de l'arme qui devait permettre de combattre ce Terminator. Je déplore aussi qu'il n'y ait aucunes règles qui permettent de comprendre la manière de fonctionner des machines. Celle-ci peut tout faire et rien ne semble permettre de la vaincre. On se demande donc pourquoi elle met si longtemps à réussir sa mission. Malheureusement, ce film n'est pas une réussite. Il y a des idées intéressantes mais elles ne sont pas bien amenées.

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    **

    *** Bien que le film soit meilleur que Genesys il ne réussit pas à me convaincre.

    ****

    *****

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  • Maleficent: Mistress of evil / Maléfique: Le pouvoir du mal

    Depuis le dernier film, Aurore est devenue la reine de la Lande. Elle essaie de bien traiter les fées tandis qu'elle tente de nouer des liens avec le royaume voisin, et son prince Philippe. L'espoir d'une paix entre les deux royaumes et les deux espèces se concrétise lorsque, enfin, une demande en mariage est faite. Mais Maléfique et la Reine ne semblent pas se réjouir des festivités. L'une des deux pourrait bien tenter de gâcher la joie de tout le monde. Et, ce faisant, déclencher une guerre qui pourrait bien mener à de grandes destructions.

    SPOILERS

    Le premier film était loin d'être particulièrement difficile à comprendre mais je l'avais beaucoup apprécié. En particulier, j'aimais beaucoup la prestation d'Angelina Jolie qui redonne ici aussi tout ce que j'adore dans le personnage de Maléfique. Loin d'être mauvaise elle n'est tout de même pas naïve et elle est prête à combattre si nécessaire, tout en acceptant de rester pacifique pour le bien de la Lande et surtout d'Aurore.

    Ce second film place deux philosophies l'une contre l'autre. La première considère que les liens entre personnes différentes doivent passer par la tolérance et l'ouverture. Il est nécessaire de créer des relations d'échanges pacifiques qui permettent une confiance réciproque. Seule ces conditions peuvent permettre de créer une paix durable. Plusieurs personnages incarnent ces efforts de compréhensions et de pacification malgré un contexte difficile

    Face à eux plusieurs autres personnages incarnent la peur et la guerre. Ce sont des personnages qui ne souhaitent pas comprendre les autres. Illes usent de la peur afin de contrôler leur peuple et surtout de créer les conditions nécessaires à une guerre. Cette peur est nourrie par une course aux armements et des attaques mutuelles qui empêchent de créer une confiance mutuelle. Au contraire, c'est la suspicion qui règne et seuls des actes particuliers permettent de créer un changement.

    Maléfique, elle, est placée entre les deux extrêmes. Bien qu'elle soit dépeinte comme servante du mal capable de grande cruauté il est rare qu'elle combatte dans ce film. Car ce personnage doit choisir son futur. Soit elle devient une maitresse de la guerre et de la vengeance soit elle devient l'incarnation de la renaissance et de la paix. Cette transformation s'incarne dans les habits mais aussi les changements de formes puisqu'elle devient un phénix, symbole connu de renaissance.

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    **** J'ai aimé le premier film, naturellement j'apprécie la suite qui ne prend pas de risques. Si vous êtes comme moi vous n'aurez aucune surprises.

    *****

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  • Fantastic Mr. Fox

    Ce film fait partie de mon souhait de mieux connaitre la filmographie de Wes Anderson. Bien que tous ses films ne m'intéressent pas j'apprécie suffisamment ce réalisateur pour souhaiter mieux connaitre son univers. Fantastic Mr. Fox est filmé en stop motion, technique que l'on retrouvera pour le magnifique "L'ile aux chiens." Fantastic Mr. Fox se déroule dans la campagne. Il parle d'un renard, d'une renarde et de leur fils. Mr. Fox fut, pendant longtemps, un fantastique voleur de volaille. Mais après avoir risqué la mort il promet à sa femme de trouver un autre métier. Arrivé à la fin de sa vie, il souhaite débuter un dernier vol. Justement, sa nouvelle maison lui permet d'espionner les trois fermiers les plus riches des environs. Mais quelles seront les conséquences ?

    SPOILERS

    Les personnes qui apprécient Wes Anderson devraient apprécier ce film. On retrouve plusieurs choses qu'il utilise régulièrement. Par exemple, l'usage des percussions me semble proche de ce qu'il en a fait dans "L'ile aux chiens." Mais je pense aussi à l'usage du comique de situation qui permet de créer un décalage entre une parole et la situation proprement dites. On retrouve aussi des personnages très civilisés qui, d'un seul coup, deviennent sauvages. Mais ce film est surtout une histoire de famille.

    Mr. Fox est la perfection. Ses années scolaires sont légendaires. Sa carrière de voleur de volailles est tout aussi légendaire. Il est capable de créer des plans en quelques minutes, et ces plans réussissent. Il est secondé par le cousin de son fils. Ce dernier est tout aussi talentueux et semble réussir tout ce qu'il tente sans aucun problème. Face à ces deux personnes, on a le fils de Mr. Fox. Un jeune renard un peu bizarre qui semble n'avoir aucun talent. Il essaie de se lier à d'autres personnes mais n'y réussit jamais vraiment. Il essaie aussi de ressembler à son père mais non seulement il ne réussit pas son père le repousse aussi ! Il est donc particulièrement triste et en colère. Nous avons donc une famille qui a ses problèmes et dans laquelle le fils essaie de dépasser l'ombre de son père afin de trouver sa propre voie.

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    ***** Un film que j'ai beaucoup apprécié !

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  • Downton Abbey

    Comme beaucoup de personnes, je me suis pris à aimer la série Downton Abbey. Celle-ci débute lors de la destruction du Titanic pour se terminer durant les années 20. Elle s'occupe de la famille Crawley, de la petite noblesse britannique. La famille va subir de nombreux changements et événements durant les quelques années de la série jusqu'à mettre en question certaines choses qu'illes pensaient immuables. Mais la série s'intéresse aussi aux servant-e-s de la famille. Toute un petit village d'intrigues et d'amitiés qui se met en scène sous le nez, et sous les appartements, de là l'aristocratie. Tout ceci est connu et le film reprend exactement les mêmes recettes mais, cette fois, Downton Abbey doit se préparer à recevoir le roi et la reine ainsi que leurs servant-e-s.

    SPOILERS

    Toutes personnes qui ont vu la série sait qu'elle minimise certains des problèmes sociaux les plus importants de l'époque. C'est à peine si les luttes ouvrières sont mentionnées et lorsque le progrès industriel est mentionné il est toujours considéré comme un danger pour l'ordre normal, traditionnel. Ce film ne sort pas de ce schéma. Bien que certains personnages ne soient pas monarchistes illes sont toustes dans l'obligation d'éviter le moindre problème. Cela implique en particulier Tom Branson qui est passé de révolutionnaire à capitaliste. Mais je parle aussi de Daisy, mon personnage préféré, et d'Anny. Cette dernière termine une scène sur une défense de l'aristocratie comme centre culturel et économique du monde. L'aristocratie est vue comme une nécessité non comme un privilège qui peut être mis en question et réformé.

    Parler de l'aspect très conservateur de la série est une chose. Parler de Thomas Barrow en est une autre. Ce personnage est probablement le plus malmené de la série. Il subit énormément de défaites et ses collègues ne l'aiment pas parce que... il essaie de passer à un niveau social plus élevé. La fin de la série le voyait heureux d'être enfin la plus haute autorité de Downton, mais il restait un servant après de longs épisodes de ce que nous nommerions un mobbing. Thomas Barrow est aussi gay. Cet aspect est mis en avant à plusieurs reprises mais jamais au profit de Thomas. Au contraire, il risque à plusieurs reprises la prison et tout était montré comme si personne d'autre que lui n'était attiré par les hommes. Le film répare enfin cela en montrant qu'il existe une scène homosexuelle dans le village, même si celle-ci est fortement surveillée. Mieux encore, Thomas a enfin un égal qui pourrait devenir un amant.

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