Film

  • Ron's gone wrong / Ron débloque

    Dans un futur proche une entreprise révolutionne les amitiés en offrant un robot capable de relier les médias sociaux afin de trouver les personnes les plus proches de nous. Touxtes les personnes qui sont à l'école utilisent ces robots pour jouer, parler, créer des amitiés. Touxtes sauf Bradley ce qui l'empêche de créer des amitiés. Du moins jusqu'à ce que son père et sa grand-mère, devant sa tristesse, ne décident de lui offrir un robot. Mais ce robot ne fonctionne pas comme il le devrait.

    SPOILERS

    Commençons par les bons points, ce film est une réussite du point de vue de l'humour et des émotions. Rapidement, on souhaite que l'amitié entre Bradley et son robot, Ron, continue sans risquer la destruction par l'entreprise qui vend ces robots. L'humour me semble aussi assez bien dosé. J'ai particulièrement apprécié la grand-mère et sa maison (je souhaite y vivre si elle existe réellement). Nous avons donc un film d'animation sympathique pour toute la famille.

    Mais être un film familial n'implique pas qu'il n'y ait pas des questions politiques. Personnellement, je suis un peu plus sceptique face au traitement de celles-ci par le film. En premier lieu, les rôles féminins et masculins sont très stéréotypés. Les filles essaient d'être célèbres et belles tandis que les garçons veulent faire des blagues, des bagarres et des défis.

    Plus dangereux me semble être le traitement de l'entreprise. On y a deux personnages (les employé.e.s sont touxtes identiques). Le premier est le personnage du génie qui essaie de trouver un moyen de relier les gens après y avoir échoué lui-même. Son seul but est d'aider, d'observer et d'améliorer le monde. Le second est le financier. Il ne veut que l'argent et il est prêt à détruire si cela lui permet d'être un peu plus riche. En dehors des stéréotypes, acceptable dans un film de ce genre, c'est l'idée que les grandes entreprises virtuelles sont toujours bénéfiques et départ et que seule la finance les corrompt qui me pose un problème. La technologie n'est pas politiquement neutre malgré ce que veut nous dire ce film.


    ** 
    *** Oubliable mais sympa
    **** 
    *****

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  • We can be heroes

    Le monde est protégé par des héros. Celleux-ci sont contrôlés par une organisation gouvernementale. Missy Moreno est la fille de l'un de ces héros. Mais son père ne combat plus. Cependant, une menace alien le force à enfiler son costume afin de diriger son équipe. Mais celle-ci, malgré la puissance de ses membres ne réussit pas à vaincre. Tout le monde est capturé et les aliens donnent deux heures à la Terre pour se rendre. Missy, capturée par l'agence afin d'être mise en sécurité, décide de devenir la cheffe des autres enfants et de les emmener sauver leurs parents.

    SPOILERS

    J'avais vaguement entendu parler de ce film Netflix. Souhaitant une soirée tranquille j'ai décidé de le regarder hier. Le film est très enfantin. Il est destiné à un public jeune mais qui commence, progressivement, à s'émanciper de leurs parents. Il faut donc donner des défis acceptables aux personnages tout en leur offrant l'occasion de prouver leur valeur en particulier en ce qui concerne leurs parents. Les enfants sont au centre de l'histoire tandis que les adultes ne font qu'observer.

    Cet aspect enfantin n'empêche pas le film d'être plutôt réussi. On peut toujours craindre que les acteurs et actrices qui sont encore des enfants ne sachent pas encore bien jouer. Souvent, on peut craindre des dialogues forcés, mal écrit, qui essaient de faire enfants mais qui ne réussissent pas. Dans ce film on n'a pas cette impression. Il est assez drôle, plutôt bien joué. Les acteurs et les actrices semblent s'être bien amusés. Mais le film n'est pas particulièrement inventif : un danger, une quête et la réussite aussi bien face à l'adversité qu'envers soi-même.


    ** 
    *** Sympathique sans être exceptionnel. Il marche sûrement très bien pour son public cible
    **** 
    *****

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  • No time to die. James Bond / Mourir peut attendre

    CW : menaces physiques, menaces psychologiques

    James Bond est finalement prêt à laisser Vesper dans le passé. Il accompagne une nouvelle femme, Madeleine, afin de terminer cette partie de sa vie et de prendre un peu de temps sur la tombe de Vesper. Mais Spectre est prêt. La tombe explose et James Bond décide de tout abandonner croyant avoir été trahi. 5 ans plus tard, il est à la retraite sur une petite île. Il essaie de vivre tranquillement mais la CIA souhaite le recruter pour enlever un chercheur qui travaille pour Spectre après un kidnapping. Si James Bond accepte, il pourrait se retrouver à devoir lutter contre le MI6.

    SPOILERS

    Voici enfin le dernier James Bond de Daniel Craig. Est-il aussi bon qu'on nous le dit ? Est-ce une véritable réussite ? D'une certaine manière, oui. À plusieurs reprises le film nous offre des hommages discrets à la série de films et à Daniel Craig. Mais, d'un autre côté, ce film a plusieurs problèmes qui mériteraient d'être résolus avant de changer de personnes pour incarner James Bond.

    Encore une fois, et d'autres personnes en ont parlé mieux que je n'en serais capable, les vilains du film sont des hommes défigurés. Le méchant principal semble avoir été brûlé et a du mal à marcher pendant une partie du film. Un autre, un lieutenant, est borgne et l'une des personnages du film le menace de l'aveugler en lui expliquant que sa vie serait terminée. Ce n'est de loin pas la première fois que cette manière d'écrire des vilains est utilisée dans les James Bond. Il faut que ceci cesse.

    Un second problème concerne le passage du flambeau. Après la retraite de James Bond son numéro est donné à une femme noire, Nomi, tout aussi voire bien plus efficace que son prédécesseur. J'ai cru que l'on verrait James accepter de laisser quelqu'un d'autre, une personne différente, prendre sa place. Ce n'est pas ce que l'on nous montre. Très rapidement, Nomi s'efface et laisse James porter le film et l'intrigue. Même si certaines scènes montrent que Bond commence à avoir un certain respect pour Nomi c'est elle qui abandonne ce qu'elle a gagné pour tout rendre à Bond. Je trouve cette décision de la réalisation particulièrement décevante.


    ** 
    *** J'attendais mieux
    **** 
    *****

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  • Superman: Man of tomorrow

    Superman : Man of tomorrow fait partie d'une nouvelle gamme de films animés après la fin du DC animated universe. Le film débute alors que Clark Kent ne connait pas son origine et n'a pas encore décidé à prendre le rôle de Superman. Il sait qu'il est un alien mais il ne sait pas s'il est l'unique alien sur Terre ni si ses parents le recherchent. Il est stagiaire journaliste pour le Daily Planet mais n'a pas encore réussi à être engagé. Les habitant-e-s de la ville de Metropolis commencent à partager une rumeur sur l'existence d'un homme capable de voler. Mais personne n'y croit sérieusement. L'arrivée d'un alien, Lobo, va rapidement changer cela. Clark Kent va devoir décider s'il préfère rester dans l'ombre ou s'il se dévoile publiquement comme un alien.

    SPOILERS

    Il n'y a pas beaucoup à dire sur ce film. C'est une origin story qui réadapte les histoires classiques des débuts de Superman. Il y a quelques changements. Par exemple, le Martian Manhunter est déjà sur terre et c'est lui qui explique d'où provient Clark Kent. Luthor n'est pas immédiatement un ennemi de Superman. Et Lois n'est pas immédiatement une fan de Superman qu'elle considère comme un potentiel danger.

    Mais ce film réussit à mettre en place un bon équilibre, à défaut d'être un bon animé, entre le classique et quelques modifications. J'aurais aimé que Clark prenne plus de temps pour réfléchir aux effets de ses choix tout comme j'aurais apprécié que le Martian Manhunter apparaisse plus souvent. Mais j'ai beaucoup aimé les choix graphiques autours du parasite et du Martian Manhunter. Ces deux personnages sont très inquiétants quand ils apparaissent pour la première fois. Le film réussi à nous faire comprendre à quel point ils sont puissants et dangereux.


    ** 
    *** Un bon film ? Non. Mais il n’est pas trop mal réussi
    **** 
    *****

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  • Rouge

    Nour Hamadi est une infirmière qui a récemment dû partir de son poste aux urgences à la suite d’une potentielle erreur de sa part. Son père lui a trouvé un travail en tant qu'infirmière pour une entreprise locale dans laquelle il travaille. Nour Hamadi doit suivre les employé.e.s, donner des cours de premier secours et vérifier que tout le monde est protégé en utilisant les outils et habits adéquats. Mais elle se pose des questions. Un grand nombre d'employé.e.s sont malades. D'autres ont des accidents qui ne sont pas déclarés. De manière générale, la médecine du travail ne semble pas suivre ce qui se déroule. L'entreprise aurait-elle quelque chose à cacher ?

    SPOILERS

    Ce film montre comment des violations du droit sont possibles tout en étant parfaitement légales. Il suffit d'avoir une suite de décisions personnelles. Un comité de surveillance qui ne fait pas réellement son travail. Du copinage entre personnes qui dirigent, syndicats et patrons en particulier. Un monde politique qui ne réagit que sur la pression médiatique. Tout le film montre des personnes qui essaient de faire au mieux, mais qui acceptent des compromissions pour des raisons politiques. De bonnes raisons puisque cela permet d'éviter le chômage et de faire attention aux personnes qui ont besoin d'aides. Mais ces magouilles permettent de violer la loi. Il faut saluer la réalisation de mettre en avant cet aspect individuel.

    Ce film parle aussi de militantisme. Il y a des manières différentes de militer. Les syndicats, par le père d'Anour Hamadi, ont une grande place dans ce film. Devenir délégué implique de parler au patronat pour protéger les employé.e.s et, parfois, de se compromettre pour éviter la fermeture d'une usine. Les partis aussi ont leur place, mais ils doivent agir dans un cadre légal et électoral qui ne leur permet pas toujours d'être efficace et, parfois, d'oublier la nécessité d'être proche des personnes qu'ils représentent. On peut aussi militer par le journalisme et à l'aide d'actions directes voire en devenant une personne qui lance une alerte. Dans tous les cas, la manière de militer à des conséquences sur d'autres personnes, ce qui implique de prendre en compte leurs besoins. Fermer une usine dangereuse est nécessaire. Très bien, mais que faire des employé.e.s? Ainsi, ce film pourrait se terminer par la phrase suivante : une véritable écologie est nécessairement anticapitaliste.

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  • Free Guy

    Guy est un banquier. Il se lève toujours à la même heure, dit bonjour à son poisson, achète toujours le même café et accompagne son meilleur ami, vigile, au travail. La journée semble être réglée comme du papier à musique. Ce serait le cas si Guy vivait ans une ville normale. Mais il vit à Free City. Dans cette ville, des centaines de personnes font absolument tout ce qu'elles veulent. De la destruction gratuite, des meurtres et, bien entendu, des vols. Guy pense que cette vie est normale. Mais lorsqu'il rencontre Millie il comprend qu'une autre réalité est possible.

    SPOILERS

    Free Guy est un film pop-corn. Il est drôle, il y a de l'action et il y a des personnages attachants. Free Guy est, comme d'autres personnes l'ont dit ailleurs, ce que Ready Player One aurait dû être. Ready Player One n'était que cynisme. Son but était d'user de références pour faire vendre. Free Guy n'est pas cynique. Il ne prétend pas être le film de l'année, il veut donner de bons moments en utilisant des références qui ne sont jamais trop nombreuses ni totalement gratuites. Free Guy est un divertissement honnête qui essaie de plaire à tout le monde, et qui sait jeter quelques clins d’œil de temps en temps.

    A la rigueur, on pourrait y trouver un petit questionnement sur ce qu'est l'art. L'antagoniste veut uniquement suivre des franchises pour être certaine de gagner de l'argent. Il ne crée rien de nouveau mais utilise ce que d'autres ont inventé. La création pour la simple beauté de la création, sans se demander s'il y aura assez de personnes intéressées pour gagner de l'argent, pourrait être un message du film.


    ** 
    *** Sympathique avec du potentiel
    **** 
    *****

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  • Pil

    Pil est une jeune orpheline. Elle n'a pas d'ami-e-s. Elle vit en haut de la statue de l'ancien roi de la cité de Roc-En-Brume avec trois fouines. Elle n'a d'autres choix que de voler afin de manger à sa faim, créant la légende d'un lutin qui s'attaque à la nourriture des habitant-e-s de la cité. Lorsqu'un banquet est organisé afin de couronner le nouveau roi, Roland, elle essaie de s'inviter afin de manger à sa faim. Mais, cachée, elle observe le régent tenter de tuer le prince Roland. Elle doit fuir afin de sauver le prince.

    SPOILERS

    Voilà un petit film enfantin sans grandes ambitions. Nous avons tout ce qui est censé faire plaisir aux enfants. Une princesse qui n'en est pas une. Des personnages dont les caractéristiques principales sont faciles à comprendre, une chanson et quelques dangers pas si dangereux le tout saupoudré d'un peu d'humour. Certes, rien de révolutionnaire, mais cela fonctionne assez bien avec quelques bons moments d'humour et des personnages sympathiques. Le film fonctionne probablement très bien pour une petite séance en famille avec des enfants assez jeunes.


    **
    *** Pas trop mal
    **** 
    *****

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  • Chaos Walking

    CW : meurtres, féminicides

    L'humanité a atteint les étoiles. Une colonie a pu être créées sur une planète nommée Nouveau Monde. Mais cette planète était déjà habitée. Une guerre se déroula entre les humain-e-s et les autochtones, une guerre qui a mené à la mort de toutes les femmes. Les hommes, eux, survivent. Mais ils doivent vivre avec le bruit. Le bruit est la projection de toutes les pensées. Il est extrêmement difficile de contrôler cette projection et cela peut aussi bien aider que nuire. Todd est le plus jeune garçon de la colonie. Il essaie de devenir un homme au sein du système qu'il connait, mais ses croyances sont confrontées à l'arrivée d'un nouveau vaisseau humain et d'une femme envoyée en éclaireuse.

    SPOILERS

    Ce film n'est pas très bon. Il a beaucoup de mal à expliquer ce qu'est le bruit même si la réalisation utilise une forme d'image pour montrer, au lieu de dire. Cela nous permet de comprendre ce qui est impliqué. Malheureusement, ce qui pourrait permettre un bon world building est totalement détruit par un scénario et des personnages inintéressants. Todd aurait pu permettre de pousser la question de l'éducation, de l'histoire, et de sa remise en question. Viola aurait pu permettre de questionner le patriarcat. Le maire aurait pu être mieux caractérisé ce qui aurait permis de poser la question du pouvoir et de la relation avec les gens qui acceptent ce pouvoir. Rien de tout cela n'est fait.

    Le film montre aussi une vision très toxique de la masculinité. La majorité des hommes tenus par le Maire sont sales, fermiers, chasseurs. La masculinité, dans ce film, implique de tuer, parfois en groupe. Todd, durant tout le film, pense devoir être un homme. Pour lui, être un homme implique la force physique et mentale, se contrôler, et donc ne pas montrer ses émotions à autrui. Jamais cette vision de la masculinité n'est réellement mise en question dans le film (même si on peut espérer que la réalisation n'y est pas favorable).


    ** Un film assez médiocre
    *** 
    **** 
    *****

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  • Kaamelott premier volet

    Dix ans ont passé. Arthur Pendragon est exilé, perdu, mais recherché par tous les chasseurs de prime du monde européen. Le royaume de Logres est gouverné par Lancelot. Ce dernier utilise les saxons afin de taxer, pourchasser et tyranniser l'ensemble du royaume. Il ne veut qu'une chose : détruire ce qu'Arthur avait construit. Même si dix ans ont passé. Les vertus et l'idéologie arthurienne ont tout de même réussi à rester en vie. Quelques groupes essaient de résister à Lancelot. Mais cette résistance n'est qu'une flammèche attendant le retour d'Arthur pour s'embraser.

    SPOILERS

    Il y a longtemps que ce film est annoncé avant de pouvoir, finalement, être produit et distribué. On peut se demander si le film est à la hauteur de ce qui était annoncé. Personnellement, je l'ai trouvé bien trop rapide. Certes, les flashbacks permettent de ralentir un peu le film tout en donnant, tardivement, quelques informations qui permettent de comprendre Arthur. Mais, en dehors de cela, Arthur voyage au sein du royaume de Logres comme si la téléportation existait. Il passe du continent à l'île puis le rocher avec l'épée, le royaume de son beau-père et Kaamelott sans jamais réellement voyager. Le régime de Lancelot tombe tout aussi rapidement. Sur ce point, mes attentes sont déçues.

    Un autre problème concerne les sous-entendus. La réalisation nous plonge dans un monde ayant dix ans de plus avec très peu d'informations sur le fonctionnement de celui-ci. On sait que Lancelot a gardé un gouvernement, mais on ne sait pas comment il gouverne, comment il est devenu ainsi. On ne sait pas non plus pourquoi l'épée d'Arthur s'est modifiée lorsqu'il la reprend. Pire encore, on ne sait pas pourquoi les saxons décident d'entrer au sein du royaume de Logres et de suivre la quête du Graal alors que le film les montre, dès le début, comme des mercenaires qui ne veulent que de l'or, ou des terres. À mon avis, le film aurait gagné à ralentir les événements, à permettre à Arthur, et donc aux personnages mais aussi à nous, de visiter le royaume et d'observer comment Lancelot gouverne. Cela aurait permis de reconstituer, petit à petit, l'envie de se battre d'Arthur et son souhait de créer une nouvelle table-ronde.


    ** 
    *** 
    **** Un peu décevant mais pas mauvais
    *****

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  • Jungle Cruise

    La forêt amazonienne, 1916, un homme donne une conférence pour une société savante locale. Il souhaite avoir accès aux archives de cette société afin de vérifier la véracité d'une vieille légende. Une légende qui avait poussé les conquistadors à explorer la jungle afin de trouver un arbre dont les fleurs permettraient de guérir de tous les maux. Mais personne ne croit en cette légende. D'autant que cet homme, donne cette conférence au nom de sa sœur, la véritable scientifique, Lily Houghton. Malgré son échec, elle croit en la légende et va tout tenter pour découvrir cette fleur et, si possible, offrir ses remèdes au monde.

    SPOILERS

    Bon, j'avais besoin d'un film sympathique sans être très ambitieux. Simplement un petit voyage avec quelques belles images. Ce film donne exactement cela. Bien entendu, on peut critiquer des points. L'antagoniste est une caricature d'allemand aristocrate. Frank est une caricature de l'homme viril. L'intrigue est simpliste et certains effets sont visibles des scènes à l'avance. Mais on peut apprécier que le film essaie de jouer sur des clichés pour les retourner. Il ne le fait pas systématiquement mais de temps en temps.

    On pourrait reprocher à ce film d'être très proches d'autres films d'aventures familiaux, en particulier les Pirates des caraïbes. Dans les deux cas, nous avons une légende ainsi qu'une malédiction. La malédiction ne peut être levée qu'après avoir suivi un voyage et résolu une énigme. Mais, honnêtement, est-ce qu'on en demande plus ? C'est un bon divertissement qui n'invente rien et effectue son travail. Il ne faut pas en demander plus.

    *
    ** 
    *** Un divertissement, rien de plus et rien de moins
    **** 
    *****

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  • Soul

    Soul fait partie des films qui ne sortiront jamais au cinéma mais directement en streaming à cause de l'année de pandémie. Soul nous parle de Joe, un musicien en quête de travail et un enseignant à temps partiel. Toute sa vie il n'a souhaité qu'une seule chose : être un musicien professionnel. Mais il n'a jamais réussi à être engagée et sa mère le pousse à privilégier sa carrière d'enseignant. Soudain, après un appel d'un ancien élève, il est accepté comme membre d'un groupe. Mais, le même jour, il meurt. Dans l'au-delà il fait la connaissance d'une âme pas encore née, 22, qui refuse d'aller sur Terre alors que Joe souhaite y retourner.

    SPOILERS

    Soul nous parle de deux personnes. L'une est morte avant d'avoir pu commencer, selon elle, sa vie. La seconde n'est pas encore née. Les deux vont collaborer pour essayer de rester dans l'avant et d'éviter d'aller dans l'après. La relation entre les deux âmes est très émouvante. Joe veut simplement devenir musicien. Mais il ne se rend pas compte qu'il est surtout quelqu'un qui accompagne les autres en offrant une passion pour la musique. Ses élèves l'aiment pour cela, comme on le voit à plusieurs reprises, et 22 apprend ce qu'est vivre en vivant dans ses pas.

    Mais, justement, qu'est-ce que vivre. Joe vit seulement pour sa passion, aveuglée par elle il est incapable de voir la beauté du monde qui l'entoure. Lorsqu'il réussit enfin, il est incapable d'apprécier sa réussite. D'une certaine manière, et le film montre d'autres cas, la passion de Joe devient trop importante pour permettre de vivre. Selon le film, la vie est basée sur l'expérience même du monde (de la vie ?). Ainsi, les âmes pas encore nées doivent vouloir faire l'expérience du monde pour être capable de naître, ce qui est le problème de 22 qui n'a aucune envie de faire l'expérience de la vie.


    ** 
    *** 
    **** 
    ***** Un film plein de poésie, de musique et très émouvant. J'aurais apprécié le voir au cinéma

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  • Ainbo

    Ainbo est une jeune femme de 13 ans. Elle est membre d'une tribu amazonienne et la meilleure amie de la future cheffe, après que l'ancien chef a décidé de donner le pouvoir. Le changement a lieu dans un contexte difficile. Les poissons meurent, les membres de la tribu sont malades et les membres de la tribu ne croient plus aux esprits. Ainbo, elle, y croit après les avoir rencontrés. Elle a reçu la mission de trouver une plante capable de soigner la tribu. Mais tout le monde ne pense pas qu'elle puisse réellement sauver tout le monde et, au loin, des nuages noirs commencent à être visibles.

    SPOILERS

    L'histoire est très classique. Une jeune femme tente de convaincre son peuple qu'elle connait un moyen de les sauver d'un danger. Personne ne la croit vraiment. Elle est chassée, bannie, etc. Mais elle continue, seule, sa quête et trouve non seulement qui elle est mais aussi les moyens de sauver son peuple. Une quête initiatique, simple mais efficace. Malheureusement, la réalisation a ajouté deux personnages animaux dont les blagues coupent trop souvent certains moments émotionnels du film. Il aurait été plus intéressant de les utiliser d'une manière plus mystérieuse et surtout de moins les faire apparaitre.

    Il faut aussi noter que l'aspect technique n'est pas parfait. Certains mouvements semblent un peu trop mécaniques. Le design des personnages est aussi un peu trop simpliste. La plupart sont basés sur un même corps avec peu de changements. Nous avons donc un film imparfait, mais pas mauvais, qui pourrait bien fonctionner sur les plus jeunes sans être totalement inintéressants pour les personnes les plus âgées.


    ** Un peu bof
    *** 
    **** 
    *****

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  • The Mauritanian / Présumé coupable

    CW : torture, flashs lumineux

    The Mauritanian parle de Mohamedou Ould Slahi un homme qui a vécu en Allemagne, à la suite d’une bourse, qui a lutté en Afghanistan dans les années 90 et est arrêté secrètement par le gouvernement états-unien dans les années 2000 après le 11 septembre 2001. Il passe 14 ans au sein de la prison secrète, et extrajudiciaire, de Guantanamo. Il est considéré comme le principal recruteur qui a mené aux attentats. Mais il ne fut jamais réellement accusé selon une procédure judiciaire. Lorsque la Cours Suprême force le gouvernement à juger les prisonniers, une avocate décide de s'intéresser à son cas. Son premier but est de consolider les normes juridiques du pays, mais elle comprend rapidement que les preuves, comme Mohamedou Ould Slahi le lui a souvent répété, sont inexistantes. Face à elle, l'accusation est tout autant perplexe car elle n'a accès à rien qui lui permette de justifier la condamnation de Mohamedou Ould Slahi.

    SPOILERS

    Ce film n'est pas misérabiliste. Il ne dépeint pas Mohamedou Ould Slahi comme une victime sauvée par une femme blanche. Cet homme est dépeint comme un témoin d'actes illégaux, un témoin qui garde ses capacités de réflexions et qui regagne, petit à petit, une capacité d'agir. Cette capacité d'agir dépend du récit écrit de son expérience (un livre qui est à la base de ce film).

    Ce film met aussi en avant l'importance du respect de l'état de droit. Rapidement, l'avocate, jouée par Jodie Foster, et le procureur militaire, joué par Benedict Cumberbatch, se demandent pour quelles raisons la prison se trouve sur une base militaire en dehors du territoire des Etats-Unis. Ceci permet de nier les droits des prisonniers. Mais ce sont surtout les gardiens qui sont protégés puisque la loi du pays ne s'applique pas nécessairement à elleux. Dès le début et surtout dans la seconde partie, le film questionne les méthodes. Le mot torture n'est jamais utilisé au profit d'un terme juridique. Mais il est clair que ce sont des actes de torture. Ces actes empêchent de croire tout ce qu'a avoué Mohamedou Ould Slahi. En effet, ce n'est que par la pression de la torture qu'il avoue. Les preuves n'existant pas il est innocent et pourrait se retourner contre les Etats-Unis. Pourtant, il lui faudra encore 7 ans avant de sortir de prison.

    Image : IMDB

  • Benedetta

    CW : torture, sexualité

    Il m'a fallu plusieurs jours avant de pouvoir écrire cette note, plusieurs jours durant lesquels j'ai pu mettre en ordre mes impressions. Benedetta commence au XVIIème siècle. Une enfant est envoyée par ses parents dans un monastère afin d'être donnée à dieu. Cette enfant semble être très pieuse, et provenir d'une famille riche aide. Plusieurs années plus tard, l'enfant est devenu une femme qui a des visions de Jésus. Elle aide aussi une autre jeune femme à devenir une sœur. Les deux femmes se rapprocheront tandis que les visions deviennent corporelles posant la question de la sainteté potentielle de Benedetta.

    SPOILERS

    Le film est fortement imprégné d'histoire. La réalisation fait attention de bien situer les événements dans un contexte quasiment apocalyptique. Des flagellants se trouvent dans les rues. La peste tue tout le monde. Les personnages essaient de savoir s'ils seront envoyés en enfer ou non. Seule la ville de Benedetta semble sauve de la peste, protégée par la sainteté et dieu ? Le film essaie aussi de montrer que l’église s'inscrit dans des luttes de pouvoirs. Dès le début, l'entrée dans les ordres implique une dot mais aussi des dons en argent et en bien par les personnes qui souhaitent faire entrer leurs filles. On nous montre aussi l'importance, pour le prévôt, des miracles. Cela permettrait non seulement une montée dans la hiérarchie de l’église mais aussi des rentrées d'argent pour la ville et le monastère.

    La réalisation place beaucoup de symbolisme autours de Benedetta. Dès la première scène le film la montre comme pieuse et proche de la divinité. Peu de temps après, elle survit à la chute de la statue de la vierge. Ses visions sont aussi pleines de symboles religieux. Rapidement, se pose la question de la réalité des visions et des traces corporelles. Une partie de l'église doute tandis qu'une autre partie y croit ou pense pouvoir les utiliser comme moyens politiques. Benedetta elle-même ne peut pas forcément répondre à la question. Le film ne répond pas à cette question. Benedetta pourrait s'être infligé les stigmates, mais ne pourrait-elle pas se les infliger sur ordre du divin ? Quoi qu'il en soit, ces traces lui permettent de gagner en statut. Un statut qu'elle tente de rendre plus important en se déclarant sainte lors de certains actes.

    Face à cela, il n'est pas étonnant que l'église utilise le lesbianisme de Beneditta comme moyen de la confronter et de la juger. La sexualité de cette femme, et de sa compagne, est souvent mise en scène et questionnée par un homme d'église en particulier. Bien entendu, juger la sexualité des deux femmes permet de juger les visions de Beneditta. Car, comme le montre le film, personne dans l'église n'est réellement innocent. Le nonce qui juge Beneditta est père. Le prévôt ne croit pas et souhaite uniquement le pouvoir. D'une certaine manière, ce film pourrait s’inscrire dans les romans critiques de l'église lors de l'époque moderne, romans qui ne lésinent pas sur les péchés sexuels des prêtres et des nonnes.


    ** 
    *** Trop de sexualité pour moi, mais cela en fait-il un mauvais film ? Honnêtement, je ne sais pas exactement quoi penser
    **** 
    *****

    Image : IMDB

  • Black Widow

    Nous sommes juste après les événements de Civil War. Les Avengers qui ont suivis Captain America sont soit en prison soit ont fui. Black Widow a fui. Elle essaie de se reconstruire une vie tranquille tout en évitant la capture pour ses actes de soutien à Captain America. Mais elle qui croyait avoir perdu sa seule famille se rend compte qu'une autre famille l'attend. Sa sœur a besoin d'elle. Et l'existence de sa sœur implique qu'une mission ayant eu lieu dans le passé n'est pas terminée.

    SPOILERS

    Ce film arrive bien trop tard. Black Widow est morte. Sur l'entier des films et séries Marvel jamais elle n'avait pu avoir sa propre intrigue, elle était toujours liée à d'autres personnages. Il y a là une erreur importante de la part de Disney qui n'a pas pris en compte les possibilités des personnes féminins (et racisés aussi). Créer ce film, qui permet de mieux comprendre le passé de Black Widow, n'est pas une mauvaise idée. Mais j'aurais préféré le voir bien avant avec, si possible, une franchise Black Widow.

    En effet, ce film permet de donner de l'importance au monde anciennement soviétique. Il illustre que les USA ne sont pas les seuls à avoir tenté de créer un super soldat. Les soviétiques ont aussi essayé. Il montre aussi les tentatives d’imiter les technologies du SHIELD par une organisation secrète russe. Ces différents éléments auraient mérité une plus grande place dans l'univers cinématographique Marvel afin de lui offrir un peu plus de profondeur. En l'état, il ne me semble pas que beaucoup de ce que l'on a vu reviendra au sein du MCU sauf, probablement, la sœur de Black Widow.


    ** 
    *** Un film qui permet de comprendre à quel point Marvel a manqué une occasion de construire quelque chose de plus importants autours de ce personnage
    **** 
    *****

    Image : Site officiel

  • Les Croods 2: Une nouvelle ère / The Croods 2: A new age

    Il y a bien longtemps il y eu un film nommé les Croods. Il n'était pas génial mais il était sympathique. Aujourd'hui, une suite est diffusée. Elle se déroule après le premier volet. La meute voyage ensemble pour trouver le pays que Guy nomme Demain. Il y a de nombreux dangers sur la route mais la meute survit sans trop de problèmes. Un jour, elle découvre un mur. Derrière ce mur il y a un jardin rempli de victuailles. Il est géré par une famille : les Betterman. Les Croods sont plus ou moins accepté s'illes suivent une unique et simple règle : ne pas manger les bananes.

    SPOILERS

    Il n'y a pas grand-chose à dire. Le film est une suite tout à fait classique. La majorité des personnages a un antagoniste particulier. Ces antagonistes, la famille Betterman, se considèrent plus évolués que les Croods. Mais la confrontation des cultures permet de comprendre que mêler les pratiques des deux familles est meilleur que de les séparer. La suite crée aussi un triangle amoureux entre Guy, Eep et Dawn. Les blagues sont sympathiques sans toujours être très inspirées.


    ** 
    *** Sympathique mais un peu trop simpliste
    **** 
    *****

  • The Falcon and the Winter Soldier

    Steve Rogers fut Captain America pendant une grande partie de sa vie. Il a fait de son titre un symbole des USA mais aussi d'une lutte en faveurs de la vérité et de l'espoir. Mais Steve Roger ne peut plus tenir le bouclier. Se pose donc la question de la personne qui pourrait lui succéder. Car le monde est toujours aussi dangereux. Après le retour de personnes disparues pendant 5 ans le travail pour redonner une place sur Terre à l'entier de l'humanité est éreintante. Et certaines personnes pensent que les choses étaient plus agréables après la destruction de la moitié de l'humanité.

    SPOILERS

    Cette seconde série n'est pas aussi bonne que la première. Pourtant, elle avait tout pour plaire. En effet, elle s'attaque à un sujet que les films n'ont jamais réellement voulu traiter : les conséquences socio-économiques des actions des Avengers. À la suite de Endgame, une moitié de la population revient sur Terre. Mais comment traiter ces gens ? Comment leur donner une maison, un travail, de quoi vivre. Que faire des personnes seules qui ont tout perdu après avoir disparu ? Et que faire des personnes qui étaient présentes durant ces 5 ans mais qui doivent maintenant accepter de rendre certaines ressources ? Ce sont des questions intéressantes qui permettent de construire un univers un peu plus réaliste, un peu plus dense et un peu plus cohérent. Malheureusement, le traitement de ces sujets par la série ne permet pas réellement d'enrichir le MCU. Les questions soulevées restent peu développées au profit d'une antagoniste rapidement qualifiée, et présentée, comme une terroriste.

    Une autre question concerne le symbole de Captain America. En effet, Steve Roger donne le bouclier à Sam Wilson. Mais ce dernier décide de le rendre au gouvernement afin d'en faire un objet exposé dans le musée de Captain America. Peu de temps après, un nouveau Captain est choisi. Mais ce dernier, bien qu'il débute en suivant les traces de Steve Rogers, montre rapidement son incapacité à comprendre son rôle. La série le montre en train de perdre pied petit à petit (en particulier par sa barbe qui pousse à mesure qu'il perd sa capacité à être le Captain). Cette tension explose vers la fin de la série lorsque ce nouveau Captain tue un homme avec le bouclier. Les images qui s'attardent sur le bouclier ensanglanté permettent de montrer à quel point le symbole est souillé par cet acte de violence. Plus important encore, on apprend qu'une personne aurait pu être le Captain des années avant. Mais cet homme est noir. Il fut emprisonné et des scientifiques expérimentèrent sans son consentement. On a ici toute la question du racisme systémique aux USA et ailleurs. Que Sam Wilson devienne Captain America est donc particulièrement important, plus que symbolique.


    ** 
    *** 
    **** La série ne réussit pas à tenir ses promesses mais elle reste intéressante.
    *****

    Image : Site officiel

  • I care a lot

    CW : Abus de faiblesse, torture, meurtre, abus psychologique, féminicide

    Marla Grayson est une tutrice professionnelle. En tant que telle, elle est nommée par des juges afin de s'occuper de personnes en situation de danger ou d'incapacité, parfois contre leurs souhaits ou celui de leurs familles. Mais, derrière une façade d'empathie, Marla est une entrepreneuse sans éthique. Dès qu'elle reçoit un cas elle prend le contrôle total de la vie des personnes. Elle les empêche de contacter l'extérieur, de revenir dans leur maison voire de voir leur famille. Parallèlement, elle vend aux enchère la majorité des biens afin de se rémunérer au fil du temps. Mais cette arnaque pourrait ne pas survivre à son dernier cas : une vielle dame sympathique et riche avec des amis hauts placés.

    SPOILERS

    Je suis un peu emprunté pour présenter ce film. D'une part, je l'ai beaucoup apprécié. D'autre part, quelque chose semble ne pas fonctionner au sein de ce film et crée un certain malaise chez moi. En ce qui concerne les acteurs et actrices, tout va bien. Leur jeu est magnifique. Malheureusement, comme d'autres l'on montré, Marla et son assistante et amante ne sont pas assez développé. On apprend, au détour d'une conversation, que Marla a une mère et que Fran a un passé lui permettant d'avoir accès à des informations de police. Il aurait été adéquat d'en savoir plus. Roman, joué magistralement par Peter Dinklage, est un personnage bien mieux présenté aussi bien en ce qui concerne ses manies que ses réactions. Pourquoi cette différence d'écriture dans un film qui veut mettre en avant des personnages féminins lesbiens ? Je me pose encore la question.

    Mais ceci n'est qu'un problème mineur comparé à la place qui est donnée à la relation entre les spectateurices et le personnage de Marla. En effet, Marla est montrée dès le début comme n'ayant aucune éthique. Son seul but est la richesse et elle manipulera les règles pour cela. Elle refuse de se faire intimider par les hommes, ce refus devenant la principale caractéristique du personnage et le moteur de l'intrigue. Honnêtement, cela me semble un peu simpliste pour un personnage décrit comme extrêmement intelligent.

    Surtout, nous sommes mis, en tant que spectateurices, dans la position de considérer Marla comme une femme diabolique. Tout le film crée une attente en vue de sa "punition." Que celle-ci commence par une personne, masculine, tout aussi diabolique crée déjà un problème puisque les actions de Roman sont excusées par avance au vu des décisions de Marla. Mais cela nous met aussi en position d'accepter les souffrances de Marla par une personne tout aussi diabolique qu'elle. Il devient acceptable qu'une femme soit mise en danger pour ses actions tandis que Roman ne l'est pratiquement pas. Avec cette relation, le film échoue à créer un personnage féminin que l'on peut accepter, il crée une attente en vue de la dernière scène. Il devient légitime de tuer une femme plutôt que de critiquer les relations de pouvoir entre tuteurices et protégé.e.s. Un film qui questionne cette relation, même par l'usage d'une personne sans éthique, aurait été bien plus intéressant.


    ** 
    *** Un film qui se dit progressiste, mais qui reste conservateur
    **** 
    *****

    Image : IMDB

  • Horizon Line

    Sara est une jeune femme qui réussit après un an passé comme voyageuse. Pour une amie qui se marie, elle accepte de retourner sur ses pas. Malheureusement, elle retrouve un ancien amant qui ne lui a pas pardonné son départ. Pire encore, elle ne réussit pas à prendre le ferry qui doit permettre de l'emmener au mariage de son amie. Elle se retrouve dans un avion avec son ancien amant et un pilote. Mais ce dernier meurt d'une crise cardiaque et ni elle si son ancien amant ne savent piloter un avion. L'ancien couple sera-t-il capable de travailler en commun afin de survivre ?

    SPOILERS

    J'avoue que je pensais voir une suite à 10 Cloverfield Lane. L'affiche m'a trompé. Ce que j'ai vu est un film basique avec deux personnages principaux dont l'acteur et l'actrice n'ont aucune alchimie. Au lieu de moment bien construit, nous avons des cascades absolument impossibles à croire. Au lieu d'un film avec des personnages que l'on peut apprécier, nous avons des personnages jetés sur l'écran pour lesquels on est censé ressentir de la crainte, mais qui nous insupportent. Les seules choses qui sauvent ce film sont sa longueur (90 minutes) et quelques moments intenses mais sans réalismes.


    ** Bof bof bof
    *** 
    **** 
    *****

    Image : IMDB

  • Drunk / Druk

    TW : Alcoolisme, dépression, violence, possible suicide

    Nous suivons quatre hommes. Ils sont amis depuis longtemps. Ils sont dans la quarantaine avec des vies plus ou moins remplies. Ils sont tous enseignants. Mais ils semblent avoir perdu l'envie d'enseigner face à des classes de moins en moins attentives. C'est le cas, en particulier, de Martin qui n'arrive même plus à savoir quel thème il doit donner à ses élèves. Un soir d'anniversaire, l'un des amis parle de la thèse d'un philosophe. Celui-ci pense que l'être humain a un manque d'alcool depuis la naissance et qu'il faudrait garder un niveau de 0.05g par litres. Les quatre amis décident d'expérimenter cette thèse durant leurs journées de travail.

    SPOILERS

    On comprend rapidement que le groupe de 4 hommes qui nous est présenté n'est pas heureux. Ils ne sont pas heureux dans leur travail. Ils ne sont pas non plus heureux dans leur couple ni avec leurs enfants. Ce film est une quête, pour les personnages, en vue de retrouver une forme de joie de vivre. Mais cette quête passe par l'expérimentation de l'ivresse permanente. Alors que celle-ci commence doucement et permet une certaine prise de risque. On comprend rapidement que les 4 hommes vont bien trop loin. Ils se mettent en danger et mettent en danger leurs familles. Leur perte de contrôle est progressive mais inévitable. Heureusement, une dernière expérimentation mène à la prise de conscience pour une partie d'entre eux. Sans être diabolisé, l'alcool est montré comme pouvant poser des problèmes.

    Le film montre les conséquences personnelles pour les quatre amis. Deux d'entre eux perdent leur famille. Le dernier meurt en mer. Mais les conséquences professionnelles sont laissées dans l'ombre. En effet, ils sont enseignants. À plusieurs reprises, et sans compter la boisson durant les heures de travail, ils agissent de manière inappropriée. Martin arrive en état d'ébriété en cours, incapable de marcher droit. Un autre entre en état d'ébriété lors d'une réunion extraordinaire de l'équipe pédagogique concernant des accusations d'alcoolisme contre des enseignants. Un troisième conseille à un élève en état de stress et de phobie scolaire de boire de l'alcool avant les examens. Autant de comportements qui doivent être sanctionnés, mais qui ne le sont jamais dans le film. On peut imaginer que l'un a été licencié tandis que les autres ont reçus des blâmes, car ils arrêtent de boire, mais cela n'est jamais montré. C'est, à mon avis, un manque important dans ce film qui est tout de même très bon.


    ** 
    *** 
    **** 
    ***** Une réussite avec quelques manquements

    Image : Site officiel

  • Raya and the last dragon

    Il y a 500 ans les dragons et l'humanité vivaient en harmonie. Leurs liens permettaient au royaume de Kumandra de prospérer pour le bien de tout le monde. Mais cette époque fut perdue lorsque des démons attaquèrent le royaume. La dernière dragonne, Sisu, se sacrifia afin de créer une pierre capable de repousser les démons. Sauvée, l'humanité ne réussit pas à s'unir autour de ce sacrifice. Le royaume se divisa en 5. Aujourd'hui, la pierre est perdue permettant aux démons de revenir. Une femme, Raya, essaie de retrouver Sisu et, avec son aide, de sauver le monde.

    SPOILERS

    Le thème du film est annoncé dès le début. La séparation est un danger que seule l'union, la confiance mutuelle et l'amitié peuvent éviter. Ce thème est un peu caché par un magnifique worldbuilding. En quelques scènes, magnifiquement animées, on comprend exactement comment fonctionne cet univers. Puis on observe Raya naviguer dans ce monde en tentant de trouver un moyen de le sauver. Raya et son antagoniste, Namaari, sont les plus réticentes à accepter les relations de confiance. Le film montre l'importance de ce type de relation en usant de personnages secondaires. D'abord le père de Raya, puis Sisu et enfin le petit groupe qui suit Raya dans ses aventures.

    Les personnages, d'ailleurs, me semblent bien écrits. Nous avons trois personnages féminins principaux. Ces personnages ne cherchent pas de relations romantiques et ne parlent que rarement d'autres personnages masculins (quand c'est le cas ce sont uniquement des membres de la famille). Ce sont des personnes ordinaires qui essaient simplement de rendre le monde meilleur. Ce qui ne les empêche pas de savoir se débrouiller dans un monde dangereux. Les trois sont fortement actives, elles font avancer l'intrigue au lieu de la subir.

    Les personnages masculins se trouvent dans les personnages secondaires. Nous avons le père de Raya qui tente de réunir les royaumes. Un enfant qui aime cuisiner. Et, bien entendu, un chef barbare. Celui-ci est dépeint comme un père qui ne veut que retrouver sa famille, perdue à cause des démons (il est le seul à penser à chercher le nom du bébé recueilli par Raya). Le père de Raya, lui, incarne des valeurs de confiance et de paix. On le voit se battre mais uniquement comme moyen de défense et jamais comme moyen d'attaquer. Il veut d'abord comprendre ses adversaires puis en faire des ami.e.s. À mon avis, ces personnages, qui ne viennent jamais au premier plan, sont une bonne représentation d'une forme de masculinité un peu plus acceptable.


    ** 
    *** 
    **** 
    ***** Mon premier film au cinéma depuis des mois, un bon choix

    Image : IMDB

  • Artemis Fowl

    Artemis Fowl est un jeune garçon de 12 ans. Il aime le sport (Artemis qui fait du sport ? C'est quoi ça ?). Il aime son père. Il aime montrer son intelligence mais celle-ci n'est pas visible dans le film. Alors que son père disparait en pleine mer Artemis découvre que sa famille possède un ancien secret : elle est la gardienne d'artefacts provenant du monde des fées. Passant outre son scepticisme, il décide de capturer une fée afin de les forcer à l'aider à retrouver son père.

    SPOILERS

    Une adaptation des romans Artemis Fowl par Eoin Colfer peut m'intéresser. J'ai beaucoup aimé les livres qui réussissent à créer un antihéros attachant. Le film échoue totalement à adapter le matériel d'origine. L'intrigue insulte les personnes qui aiment les livres tout en étant incompréhensible pour les personnes qui ne connaissent pas cet univers. En effet, l'adaptation mêle des éléments de plusieurs tomes. Le film essaie de nous expliquer ce monde pendant de longues scènes d'expositions et pourtant il échoue totalement à nous faire comprendre son fonctionnement. Le film est d'un ennui profond et ne mérite même pas d'être considéré comme un ratage sympathique. C'est une adaptation sans saveurs et sans âme qui réussit l'exploit de trahir l'entier des romans en à peine 90 minutes.

    * A détruire afin de sauver les générations futures de cette horreur
    **
    ***
    ****
    *****

  • The Assistant

    TW : abus psychologique, environnement de travail toxique, mention d'abus sexuel

    Jane est une jeune femme récemment arrivée dans l'entreprise. Elle est assistante d'un producteur avec deux autres personnes. Étant la plus jeune, elle arrive en premier avant tout le monde et elle part après tout le monde. Le film se déroule durant un jour entier de travail. Elle doit nettoyer les bureaux, gérer les agendas et personnes, elle doit aussi préparer la nourriture et les boissons tout en faisant le tampon entre l'extérieur et son patron. Lors de cette journée Jane se rend compte, petit à petit, que quelque chose d'étrange se déroule dans les bureaux de son entreprise. Mais que peut faire une jeune assistante ?

    SPOILERS

    Ce court film est tout de même très dense. Rapidement, on se rend compte que les conditions de travail de Jane ne sont pas normales. Elle n'a pas de week-end. Elle passe de longues heures à s'occuper de tâches qui ne devraient pas être les siennes. Elle est considérée comme inférieure par ses collègues qui lui lancent des boules de papier pour avoir son attention. Son patron lui hurle dessus en cas d'erreur et exige des excuses de sa part. Il y a donc une atmosphère de travail très difficile, hiérarchisée sans aucune attention envers Jane. Je note, en particulier, la scène chez les RH qui montre le responsable passer des compliments aux critiques les plus acerbes en quelques minutes.

    Rien n'est réellement montré dans ce film, à l'exception des dernières secondes de la dernière scène. Tout est dans le sous-entendu. Tous les employé.e.s savent ce que fait le producteur dans son bureau. Lorsque Jane essaie de signaler ce qu'elle sait on l'en dissuade puis le responsable des RH lui dit de ne pas avoir de crainte, elle n'est le type du producteur. Montrant par là sa connaissance de ce qui se déroule. Tout se dit aussi. Dès que Jane mentionne ce qui arrive les autres employé.e.s et son patron savent ce qu'elle a dit et à qui, ce qui la force à rester silencieuse si elle veut garder son emploi. Il y a donc une pression importante de la hiérarchie pour cacher ce qui est su par tout le monde.

    *
    **
    ***
    ****
    ***** Sobre mais très efficace

    Image : Site officiel

  • The singing club

    Il y a quelques années, en Grande-Bretagne, des soldats durent partir en guerre en Afghanistan. Ce film parle des personnes qui sont laissées derrière : les femmes et les enfants des soldats. Celles-ci vivent au sein des bases militaires dans lesquelles elles tiennent une partie de l'économie. Leur statut peut dépendre du grade de leurs maris. Elles vivent ensemble et se soutiennent alors que, souvent, elles ne savent pas ce qui est en train d'arriver durant la guerre. Pour passer le temps et éviter de penser au danger elles décident de créer un club de chant mais ce qui est d'abord un simple hobby devient quelque chose de plus professionnel.

    SPOILERS

    Il y a peu de choses à dire sur ce film car il est entièrement sans surprises. On sait ce qui va arriver, comment et pourquoi. Cela n'implique pas que le film soit un échec. Au contraire, la réalisation sait ce qu'elle veut faire et le fait bien même si rien de transcendant ni de surprenant nous arrive. Le but est de créer un film drôle mais aussi tragique. Des personnages réels mais aussi imaginaires dont les propos peuvent parfois être proche de l'absurde. Le film réussit à créer des sentiments et un attachement envers les différents personnages sans avoir besoin de beaucoup d'efforts.

    Bien entendu, le fait que le film parle des femmes de militaires lors d'une guerre implique nécessairement de parler du rapport à la mort. Deux personnages ont connu une perte alors que les autres essaient de réguler leurs craintes en usant de plusieurs techniques que ce soit de ranger toutes les possessions du militaire afin de ne pas avoir à le faire si besoin ou de préparer des paquets pleins d'objets humoristiques. Le lien de ces femmes avec la mort de leurs proches résonne facilement avec nos propres expériences, même si nous ne sommes pas liés à des militaires.

    *
    **
    *** Sans surprises mais sympathique
    ****
    *****

  • Missbehaviour / Miss Revolution

    L'année 1970, une année qui continue les événements de 68. Bien que mai 68 n'ait pas débouché sur une révolution de nombreuses organisations existent encore. Mais d'autres se créent aussi. En particulier, des groupes de femmes commencent à se réunir autour de ce qui sera bientôt connu sous le nom de Womens Liberation Front. Alors que les femmes commencent à organiser leurs différentes associations une cible commune commence à se montrer : l'organisation de Miss Monde 1970. Mais s'attaquer à cette organisation ne sera pas facile. La sécurité est forte et il ne faut pas donner l'impression que l'on s'attaque aux femmes.

    SPOILERS

    Le film montre très bien la constitution de groupes féministes de plus en plus nombreux. Il ne montre pas que certains groupes étaient déjà présent et qu'une nouvelle génération a agi avec et contre cette vieille génération. Il ne montre pas trop non plus quelles sont les positions de ce que l'on connait sous le nom de MLF en francophonie. D'une certaine manière, le film s'attend à ce que l'on connaisse déjà leurs positions et critiques. Le film montre aussi les débats, les mésententes et les techniques de différents groupes. Tout le monde n'agit pas de la même manière, ne vit pas de la même manière ni n'a les mêmes buts. De ce point de vue, le film est réussi.

    Je note aussi que la réalisation met en contradiction une femme blanche, anglaise, Sally et l'une des concurrentes au titre de Miss Monde, Jennifer Hosten, une femme racisée. Je ne sais pas si toutes les confrontations entre ces deux personnes ont eu lieu. Mais cela permet au film de montrer que les positions du MLF ne prennent pas forcément en compte le racisme comme oppression systémique, l'histoire du féminisme montre que c'est une question soulevée par les femmes racisées lors des années 70. Il y a clairement un problème entre une femme blanche qui a accès à plus de choix qu'une femme racisée qui utilise Miss Monde pour réussir à atteindre des buts supérieurs. Les deux ne sont pas forcément ennemies, mais elles ne sont pas nécessairement alliées.

    *
    **
    ***
    **** Un film intéressant sur une période passionnante mais dont le propos n'est pas assez développé à mon goût
    *****

  • Superman: Red Son

    Superman Red Son est l'un de mes comics préférés. Il réussit à expliquer qui est Superman tout en créant un magnifique hommage à l'histoire des comics aussi bien par les personnages que par la façon de dessiner les cases. Que DC ait décidé d'en faire une adaptation animée n'est pas étonnant. Mais celle-ci est-elle réussie ? Superman Red Son part sur un prémisse simple. Au lieu du Kansas, la fusée de Superman est tombée en Ukraine. Superman ne connait pas ses pouvoirs jusqu'à ses douze ans. Il reste chez lui avant de déclarer ses capacités à l'état soviétique et de devenir le nouvel homme fort du pays, un moyen de gagner la guerre froide face à un monde capitaliste médusé.

    SPOILERS

    L'adaptation doit, bien entendu, modifier certaines choses parfois en bien parfois non. Ainsi, la relation avec Diana est bien plus intéressante. On passe outre l'inutile romance secrète pour créer une relation d'amitié d'égale à égal, tout en notant qu'une île remplie de femmes n'est probablement pas très hétérosexuelle... J'ai aussi apprécié la relation plus sympathique entre Lois et Lex alors que le comics montrait ce dernier comme un être sans cœur. Il est, d'ailleurs, bien plus sympathique dans ce film. Le faux Superman est aussi remis à jour pour englober la politique actuelle aux États-Unis, ce qui ne le rend pas sympathique du tout.

    J'ai beaucoup moins apprécié les changements subis par Superman. Non seulement il a un accent horrible mais sa caractérisation est très différente. Dans le comics, il refuse d'envahir les pays mais les accepte, sur demande, au sein du monde soviétique. Ce qui ne l'empêche pas de faire des choses discutables envers les opposant-e-s. Dans l'adaptation, il est bien plus guerrier voir meurtrier au nom du bien commun. En fait, le film semble vouloir tout faire pour éviter de créer une sympathie envers l'utopie communiste tout en critiquant un peu l'utopie capitaliste, mais pas trop. L'histoire originale y perd en subtilité.

    *
    **
    *** Trop simplifié
    ****
    *****

    Image : Site officiel

  • The Personal History Of David Copperfield

    The Personal History Of David Copperfield est une adaptation du roman du même nom de Charles Dickens (que je n'ai jamais lu). Davis Copperfield est un jeune enfant qui vit entre deux femmes dans une petite maison de campagne. Il est très proche de Peggotty, la servante de sa mère. Mais l'arrivée d'un nouvel homme du nom de Murdstone, et de sa sœur, brise l'équilibre du ménage. Face à son incapacité à apprendre et à accepter son arrivée Murdstone l'envoie à Londres. Dans cette ville, il travaille pour la fabrique de Murdstone tout en vivant dans l'appartement de la famille Micawber, ruinée. Mais ceci n'est que le début de ses aventures.

    SPOILERS

    Je n'ai jamais lu de Dickens, même si je connais certain classique ne serait-ce que par leurs multiples adaptations. Je ne peux donc pas parler pour le livre ni y comparer l'adaptation. Celle-ci me donne l'impression de mettre en place une forme de cycle. Les personnages, en particulier David, passent de la richesse à la pauvreté puis de nouveau à la richesse. Malgré les problèmes, leur réussite semble normale. D'une certaine manière, ce film donne aussi l'impression qu'il existe un ordre spécifique au monde. Les personnages, qui semblent membres d'une bourgeoisie moyenne voire élevée, ne mettent pas en question leur place dans le monde. Le film explique leur échec non par leur incapacité à travailler ou à être rationnel mais par l'action d'un membre des classes inférieures, pourtant bien plus travailleur et intelligent que les personnes qu'il arnaque. Ainsi, la fin du film donne l'impression d'un retour à un ordre naturel lorsque les biens sont retrouvés alors que Uriah Heep disparait. Cela provient-il du roman original ?

    En dehors de cela, il faut avouer que le casting est magnifique. Les acteurs et actrices sont particulièrement talentueuses dans ce film. Les différents personnages sont à la fois facilement identifiables et bien introduit malgré, parfois, la brièveté de leurs apparitions. Tous les personnages ont des côtés particulièrement flamboyants. Je me dois de nomme Peter Capaldi dont j'avais adoré le Docteur et qui joue ici un homme qui essaie de garder les moyens de vivre. Mais il faut aussi mentionner Tilda Swinton et Hugh Laurie dont les performances sont superbes. Bref, ce film est une explosion de personnages haut en couleur qui voyagent au travers d'une vie à la fois ordinaire et extraordinaire.

    *
    **
    ***
    **** Je ne savais pas trop ce que j'allais voir et j'ai passé un très bon moment
    *****

    Image : IMDB

    Site officiel

  • The new mutants / Les nouveaux mutants

    TW : racisme, suicide, abus sur mineur-e-s

    Danielle Moonstar se réveille attachée à un lit. Surprise, elle apprend qu'elle est entrée dans un institut chargé de permettre aux mutant-e-s de contrôler leurs pouvoirs avant de pouvoir sortir à nouveau. Elle n'est pas la seule pensionnaire et, outre la doctoresse chargée de les aider, il y a Rahne, Illyana, Sam et Roberto. Illes viennent de milieux différents mais ont connu la même peur face à l'arrivée de leurs pouvoirs. Danielle, elle, ne sait pas comment fonctionne son pouvoir. Tandis qu'elle tente de le comprendre et le connaitre des apparitions étranges commencent à s'attaquer aux pensionnaires. Y a-t-il un lien ?

    SPOILERS

    De nombreuses personnes ont lu les propos du créateur du film alors qu'il sort enfin sur les écrans après plusieurs années. Josh Boone montre une incompréhension totale de ses actes alors que des mutant-e-s racisé-e-s sont casté-e-s par des personnes qui ne représentent pas ces catégories. Cette incompréhension de la problématique du racisme au cinéma et de la représentation se traduit aussi au sein du film. Dès l'arrivée de Danielle elle est insultée à cause de ses origines et réduites à sa supposée sexualité.

    Le but de la réalisation était de créer un film proche de l'horreur tout en créant un nouveau groupe chargé de reprendre le flambeau des films X-Men. Pour ce dernier point on se rend compte rapidement que la réalisation tente de créer un lien au sein du groupe tout en développant les pouvoirs et traumatismes de tous les personnages. Mais la fin du studio a impliqué la fin des plans d'extensions de la franchise, ce qui empêche de répondre au mystère de l'Essex Corporation. En ce qui concerne la première partie, le film réussit assez bien a joué sur les traumatismes des personnages. Malheureusement, la seconde partie oublie cela en se concentrant sur un unique monstre assez moche tout en oubliant totalement l'aspect interne des traumatismes des personnages au profit de simples combats extérieurs (même si j'ai bien aimé l'épée d'Illyana). Le film ne remplit pas ses promesses.

    *
    ** Sans être un navet total ce film est très décevant et subit un réalisateur qui ne comprend rien à ses personnages
    ***
    ****
    *****

    Image : IMDB

    Site officiel

  • Tenet

    SPOILERS

    TW : Violences conjugales, actes de terrorisme

    Un agent de la CIA se prépare à prendre d'assaut, secrètement, un opéra dans lequel se trouve les restes d'une bombe nucléaire. Mais l'opération tourne très mal. Plusieurs jours plus tard, l'agent se réveille dans un bateau en direction d'une ferme éolienne. Il apprend qu'il est l'un des rares personnes à se voir proposer un poste dans un agence si secrète que seule un nom la décrit. On ne sait ni ce qu’elle ne fait ni contre quoi elle lutte. Mais on sait que cette lutte est la seule manière de survivre pour l'humanité face à une attaque difficilement concevable. Navigant à l'instinct, l'agent commence à relier, petit à petit, les fils d'un gigantesque plan.

    SPOILERS SPOILERS

    On comprend rapidement que le nouveau film de Nolan s'intéresse au temps et à la manière de le manipuler. Nolan décide qu'une technologie future permet d'inverse des objets et des êtres humains afin de leur permettre de remonter le temps selon le point de vue normal. Pour mieux montrer ce concept, il l'illustre par des mouvements inversés, des bombes qui implosent et des informations qui proviennent du futur. Cela lui permet de créer des images impressionnantes que l'on peut observer en deux sens selon la personne que l'on suit lors de la scène.

    Un tel concept demande un minimum d'explications, qui ne sont pas faciles à mettre en place. Comment une telle technologie est-elle formée ? Pour quelle raison est-elle un danger pour notre monde ? Le réalisateur commence par mettre en place une première partie assez bavarde et qui saute de villes en villes sans réelles explications. Car le réalisateur doit mettre son univers en place aussi bien pour nous que pour son protagoniste. Une seconde partie est bien plus nerveuse et se concentre sur une confrontation précise entre deux personnages. Celle-ci permet de répondre à certaines questions, dont la raison de cette lutte. Il faut noter que Nolan maitrise très bien le passage chronologique des scènes et je ne crois pas avoir vu d'incohérences entre deux moments.

    Le film nomme 2 femmes et deux de plus reste anonyme. Dans les anonymes l'une est une scientifique qui permet d'exposer l'univers de Tenet l'autre une soldate en charge d'un groupe. Dans les femmes nommées nous avons Prya jouée par Dimple Kapadia que j'espère revoir souvent. Elle dépeint un personnage intelligent qui use de son influence pour réussir et manipuler les gens. Pendant longtemps, on ne sait pas si elle est bénéfique ou non. Le second personnage féminin est Barbara, la femme de l'antagoniste. Nolan la place en position de princesse en péril. Ce n'est qu'à la fin qu'elle prend son destin en main plutôt que d'attendre une aide du protagoniste. Malheureusement, elle le fait en jouant sur sa féminité et sa sexualité, un trope trop souvent utilisé pour les personnages féminins. Elle est donc avant tout une femme qui a besoin d'être sauvée mais aussi une mère qui veut être proche de son fils. Elle se trouve face à un homme violent et qui ne veut que la posséder ce qui mène à des scènes de violences conjugales très violentes.

    *
    **
    ***
    **** Maitrisé, je n'ai pas vu le temps passer sauf durant quelques scènes que je pense peu utiles.
    *****

    Image : IMDB

  • Greenland

    La Terre est témoin d'un événement extraordinaire. Une comète venue d'une autre étoile est très proche créant un spectacle exceptionnel. Le monde entier l'observe tandis que les scientifiques essaient d'en savoir plus sur sa composition. John Garrity fait partie des personnes qui observent la comète dans sa maison, en direct à la télévision, avec son fils, Nathan, et sa femme qu'il a trompée, Allison. Soudain, il reçoit une alerte sur son téléphone. Lui et sa famille sont sélectionnés pour être envoyés au sein d'un bunker secret. En effet, le gouvernement a caché des informations essentielles. La comète ne fait pas que croiser la Terre, elle va l'impacter créant de nombreuses destructions et, potentiellement, un événement d'extinction massive. La famille Garrity entre soudain dans une course contre la montre afin de survivre.

    SPOILERS

    Comme beaucoup de ces films catastrophes l'importance de la famille est mis en avant. Les trois personnages principaux font tout pour rester ensemble et être sauvés ensembles. Ces familles sont souvent très traditionnelles. Ce film ne fait pas exception. La mère semble être ménagère. Le fils est le plus gentil du monde avec un diabète. Le père amène l'argent grâce à ses succès professionnels. Dans le cadre de la catastrophe, il devient aussi un père en usant de violence pour protéger sa famille, recevant de son beau-père un fusil. Le message est transparent, un vrai mâle est un guerrier. De plus, les personnages principaux ne sont pas très sympathiques. Illes sont égoïste, n'hésitent pas à mettre les autres en dangers et ne questionnent absolument pas la raison de leur sélection.

    Bien entendu, ce genre de films parle de la civilisation. Je ne crois pas avoir connu un seul film catastrophe positif envers la nature humaine. Dès les premières minutes, l'humanité se déchaine, oublie la civilisation pour le pillage et la violence. Du moins quand ce n'est pas la fête ou le suicide voire le retour au religieux. Seul.e.s les militaires et les services d'urgence, dans ce film, sont montrés comme capables d'abandonner leur individualisme pour le bien commun. On retrouve donc une tendance militariste de ce genre de films. Mais aussi une tendance à considérer l'humanité négativement. Les rares cas d'aides deviennent rapidement des moyens de survivre avant tout et, comme je l'ai dit plus haut, les Garrity sont les premiers à agir égoïstement.

    *
    **
    *** Spectaculaire mais déjà vu
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    Image: IMDB