Gondolindrim's Stories - Page 2

  • Mass effect 1. Revelation par Drew Karpyshyn

    Titre : Mass effect 1. Revelation
    Auteur : Drew Karpyshyn
    Éditeur : Del Rey 1 mai 2007
    Pages : 336

    L'humanité a tout juste mit le pied sur Mars qu'elle découvre une ancienne sonde alien. Celle-ci, après beaucoup d'efforts, permet un saut technologique massif. Mais elle contient aussi l'annonce d'un moyen d'explorer le reste de l'univers. Pendant un temps, l'humanité s'unit, seule, face au reste de l'univers. Mais un jour un premier contact a lieu. Le contact ne se déroule pas bien et l'humanité se découvre en guerre contre une autre espèce, jusqu'à ce que la communauté galactique décide d'intervenir. Bien plus tard, l'humanité est membres à part entière de cette communauté. Mais lorsqu’une base de recherche est attaquée la place de l'humanité au sein de la galaxie pourrait bien devenir plus difficile.

    SPOILERS

    Mass Effect est une série de jeux vidéo que j'apprécie pour la profondeur de son univers. J'étais donc curieux de voir ce qu'un roman pourrait y ajouter. Celui-ci a lieu avant le premier jeu et joue le rôle d'introduction et de prequel. Il est aussi l'un des pires romans qu'il m'ai été donné de lire. L'intrigue est quasiment sans intérêts. L'unique but est de créer une impression de dangers à l'aide des combats, en se basant fortement sur l'intrigue du jeu ainsi que son fonctionnement. C'est un échec. Le roman n'est pas non plus aidé par des personnages caricaturaux, mal écrits et sans substances. Au vu de cette introduction, je ne regarderais pas ce qui a été fait dans les autres romans.

    * Très mauvais pour une intrigue sans intérêts
    ** 
    *** 
    **** 
    *****

    Image : Éditeur

  • The emperor's soul par Brandon Sanderson

    Titre : The emperor's soul
    Auteur : Brandon Sanderson
    Éditeur : Tachyon 2012
    Pages : 175

    Je souhaitais un petit livre. Je souhaitais aussi découvrir le travail d'un auteur qui m'est totalement inconnu. Je me suis donc lancé dans cette courte novela. Celle-ci fait partie d'un univers plus vaste mais il n'est pas nécessaire de le connaitre pour lire cette histoire. Le roman débute alors que Shai, une femme capable de forger des faux aussi bien par magie que par ses propres talents, se trouve en prison. Elle attend sa mise à mort car son art magique est considéré comme impie. Mais elle est rapidement emmenée devant les personnes qui conseillent l'empereur. En effet, ce dernier a survécu à une tentative d'assassinat. Son corps va bien. Mais son âme a disparu. Seule Shai possède les connaissances capables de copier son âme.

    SPOILERS

    Voilà une courte novela qui fut plaisante à lire. En peu de pages, l'auteur nous offre quelques informations géopolitiques mais surtout il nous offre assez de connaissance pour comprendre comment fonctionne la magie que manie Shai. Une magie basée sur les recherches du passé d'un objet pour mieux créer ce qu'il aurait pu être, convaincant cet objet qu'il a toujours été ainsi. Cette recréation de la nature d'un objet se base sur des sceaux contenant les informations nécessaires pour les modifier, tant que le sceau est appliqué. Une magie à la fois simple et complexe puisqu'elle permet beaucoup de choses. Mais dont le coût est important puisque plus un objet est complexe plus il faut connaitre son histoire et plus le temps pour créer le sceau est important.

    À travers cette petite histoire on trouve aussi, la postface le dit directement, une idée de ce qu'est l'art. Loin de créer ce qui n'existe pas l'artiste crée ce qu'il connait et brode ensuite par-dessus. Comme l'auteur le dit, seule son expérience du monde réel lui permet de créer des mondes imaginaires qui semblent réels, qui utilisent ce qu'il connait pour être plus proche de ce qui pourrait réellement exister, si certaines choses étaient différentes.


    ** 
    *** 
    **** Une novela que j'ai appréciée par un auteur que je connaissais pas du tout
    *****

    Image : Éditeur

  • Asexualité. Comprendre l'orientation invisible par Julie Sondra Decker

    Titre : Asexualité. Comprendre l'orientation invisible
    Autrice : Julie Sondra Decker
    Éditeur : Améthyste 2021
    Pages : 403

    Bien que les orientations sexuelles soient connues depuis des années il semble que ce ne soit que récemment qu'elles sont, en occident, un peu plus acceptées et commencent à être considérée à égalité avec l'hétérosexualité (qui reste prégnant dans notre société patriarcale). L'asexualité fait partie de ces orientations connues depuis longtemps, mais restée dans les ombres jusqu'à la mise en place de communautés sur internet. Ce livre est écrit par une activiste étasunienne de la communauté. Il vise à donner les informations importantes aux personnes concernées, qu'elles soient ou non asexuelles.

    Le livre est divisé en 6 parties. La dernière permet à l'autrice d'offrir des ressources, la maison d'édition a ajouté 3 sources francophones, la première permet de conceptualiser le terme. L'asexualité, selon l'autrice, est l'absence d'attirance sexuelle pour autrui, une définition que je considère trop restrictive. Elle a récemment été modifiée aux États-Unis. Cette orientation sexuelle toucherait, selon des recherches, environ 1% de la population, à voir si ces chiffres sont validés à l'avenir.

    La seconde et troisième partie permettent à l'autrice d'expliquer les expériences des personnes asexuelles mais aussi les mythes qui existent autours de l'orientation. Je lis ces deux parties car elles sont assez proches. L'autrice utilise, parfois, les mêmes exemples. Dans ces deux parties, elle essaie de nous montrer la complexité de l'asexualité pour les personnes qui la vive. Ainsi, il n'est pas obligatoire d'être hétérosexuel pour être asexuel, on peut aussi être gay ou lesbienne (pour ne prendre que deux exemples). L'asexualité n'est pas un problème physique ou psychologique, malgré ce que pensent certaines psychiatres ou sexologues.

    Les parties quatre et cinq se destinent aux personnes asexuelles et aux proches de personnes concernées. L'autrice, là aussi, explique le terme et essaie de montrer comment entrer dans la communauté. Et, pour les proches, comment soutenir. L'autrice prend le temps de poser la question des relations romantiques, le mariage par exemple. Elle met en avant la nécessité du dialogue et des compromis pour tous les membres de la relation romantique.

    Ce livre de 400 pages est à la fois complet et une introduction. Beaucoup de thèmes ne sont que survolés et nécessitent des réflexions plus importantes. A de nombreuses reprises, l'autrice répète certains points. Selon moi, l'autrice souhaite que son livre soit un manuel que l'on ouvre selon les besoins. Il est donc nécessaire de répéter certains points pour éviter de perdre quelqu'un qui souhaite lire une question précise. L'autrice ajoute, dans son livre, un grand nombre de citations qui permettent de supporter son propos. Elle ajoute aussi quelques statistiques qui permettent d'illustrer certains points. En résumé, ce livre n'est pas parfait et il y a beaucoup de questions qu'il serait nécessaire de développer. Mais c'est un livre d'introduction qui devrait permettre d'ouvrir l'intérêt et d'éviter des incompréhensions.

    Image : Éditeur

  • Teixcalaan 2. A desolation called peace par Arkady Martine

    Titre : Teixcalaan 2. A desolation called peace
    Autrice : Arkady Martine
    Éditeur : Tor 3 février 2021
    Pages : 496

    CW : Description de morts, scène de sexe explicite

    Mahit Dzare a permis à la nouvelle impératrice de prendre le pouvoir à cause d'une menace alien aux confins de l'Empire. Depuis, elle prend une petite pause de plusieurs mois sur sa station d'origine. Elle n'a pas enquêté sur l'existence ou non d'un complot contre elle car elle ne veut pas risquer de prévenir les dirigeant-e-s de la station de ses caractéristiques précises. Mais elle pourrait ne pas avoir le choix. Heureusement, ou malheureusement, l'Empire requiert sa présence. La guerre ne se déroule pas comme prévu et une diplomate qui pourrait apprendre à communiquer avec les aliens devient nécessaire.

    SPOILERS

    J'ai à la fois apprécié ce second tome et moins aimé ce que l'autrice fait. Tout comme le premier tome, l'un des thèmes prédominants concerne la capacité à être une personne. L'Empire considère les autres humain-e-s comme différent-e-s. L'Empire n'a pas connu non plus beaucoup de véritables aliens. Dans ce tome, l'Empire doit apprendre à communiquer avec des aliens sans savoir si ce sont des personnes ou non. Parallèlement, les aliens ne comprennent pas le fonctionnement social de l'Empire ce qui les empêche de considérer les humain-e-s en tant que personnes. Ce n'est que par un effort de compréhension mutuel, qui passe par des tentatives de dialogues et des sacrifices, que la paix peut commencer à être construite en étendant la définition du concept de personnes.

    Un second thème important, comme dans le premier, concerne le langage et la communication. L'Empire considère sa langue comme universelle et civilisée face à d'autres langues inférieures. Le premier tome mettait fortement en avant ce que cela implique en termes de littérature mais aussi de références cultures et donc de manière de penser. Dans ce second tome, ce n'est plus Mahit qui doit essayer de comprendre une autre culture. L'Empire doit essayer de comprendre comment communique une autre espèce. L'autrice place donc certains personnages au contact d’autres cultures. Elle explicite aussi les réactions face à ce contact. Plusieurs personnages considèrent que tout ce qui ne provient pas de leur culture est l'équivalent d'une corruption qu'il faut, au mieux, écarte et, au pire, détruire.

    L'autrice nous offre un second tome qui construit sur ce qu'elle avait établi dans le premier. On comprend mieux certains aspects culturels de l'Empire en le confrontant à d'autres civilisations plus ou moins proches. Mais ce second tome n'offre pas une résolution parfaite. La question des relations entre les deux espèces reste en suspens tout comme la relation entre Mahit et Three Seagrass ainsi que la relation entre Mahit et la station Lzel. Peut-être l'autrice va-t-elle écrire une suite ? Ce n'est pas nécessaire mais il y a assez de possibilités pour qu'un troisième tome soit intéressant.


    ** 
    *** Un second tome que j'ai moins apprécié que le premier mais qui n'est pas mauvais pour autant.
    **** 
    *****

    Image : Éditeur

  • The Sun Chronicles 1. Unconquerable Sun par Kate Elliott

    Titre : The Sun Chronicles 1. Unconquerable Sun
    Autrice : Kate Elliott
    Éditeur : Tor 7 juillet 2020
    Pages : 528

    CW : description de morts lors de combats, relations toxiques en famille

    Sun est la princesse de la République de Chaonia. Cette République tient plusieurs systèmes à la marge d'une confédération, Yelle, et d'un Empire, les Phene. Durant des siècles, Chaonia a dû lutter pour garder son indépendance. Mais la mère de Sun, Eirene, a réussi à imposer la paix à Yelle en épousant un politicien, à se lier un membre des familles royales d'une tribu humaine qui vogue éternellement dans l'espace et à prendre le contrôle de nombreux systèmes auparavant propriété des Phene. Sun, elle, essaie de montrer à sa mère, et à la République entière, qu'elle est une héritière capable de protéger et d'augmenter la grandeur de Chaonia. Malheureusement pour elle, les intrigues politiques de la République risquent de mettre à mal son statut d'héritière malgré ses qualités.

    SPOILERS

    Ce roman, premier de ce qui semble devenir une trilogie, nous offre à la fois de la SF militaire et une intrigue politique tout en décrivant trois sociétés forts différentes. La publicité annonce ce roman et Sun comme l'histoire d'Alexandre le Grand s'il était une femme (et dans l'espace). Ayant ceci en tête, on peut voir des parallèles entre l'époque d’Alexandre le Grand et les trois sociétés antagonistes.

    La première moitié du roman met en avant les problèmes politiques. Sun est une stratège accomplie. Pourtant, elle est mise de côté par sa mère qui semble vouloir mettre en avant une alliance interne avec une Grande Maison, les Lee. Dès la moitié atteinte, le côté militaire prend l'ascendant. En peu de pages, Sun et sa maison doivent fuir une tentative d'assassinat puis contrer une attaque surprise des Phene sur le sol même de la République. Ce qui permet à Sun de mettre en avant des capacités stratégiques en tant que dirigeante militaire mais aussi de combattantes. On ne souffle presque pas durant ces quelques 200 pages de combats presque ininterrompus.

    Techniquement, ce livre a tout pour me plaire. Une SF militaire logique, les armées usent de mouvements qui semblent pouvoir être réels. Une intrigue politique interne. Un univers plus large qui a une profondeur, et des mystères qui me donnent envie d'en savoir plus sur l'histoire des trois sociétés. Pourtant, je sors de ce livre un peu perplexe. J'ai l'impression de ne pas avoir reçu ce qui m'était promis. Certes, il y a un univers décrit par l'autrice, mais est-il cohérent ? Comme une autre critique l'a dit, j'ai un peu l'impression que l'autrice a usé de clichés sur les sociétés asiatiques sans réellement essayer de créer une cohérence interne. On a l'impression d'un dépaysement, mais il est superficiel.

    Certes, il y a des personnages haut en couleur, mais ces personnages m'intéressent-ils ? On me vend un livre avec Sun comme personnage principal, mais elle est très peu présente en tant que point de vue. Nous avons surtout le point de vue de Persephone, une femme de la maison de Lee qui est imposée à Sun. Nous avons aussi le point de vue de Zizou, un homme, dont certains chapitres sont assez gênants. Le problème concerne ma capacité à apprécier Sun et Persephone. Ce sont deux personnages qui ne s'apprécient pas forcément, et qui peuvent avoir tendance à être très peu sympathiques. De plus, alors que je pensais lire un roman me parlant de Sun, j'ai l'impression que son histoire a été abandonnée au profit de l'histoire de Persephone. Je n'ai donc pas reçu l'intrigue qui m'avait été promise.


    ** 
    *** Je suis dubitatif, l'envie de connaitre la suite sera-t-elle assez importante pour que je me lance dans les deux autres livres ?
    **** 
    *****

    Image : Éditeur

  • Histoire du Moyen Âge par Georges Minois

    Titre : Histoire du Moyen Âge
    Auteur : Georges Minois
    Éditeur : Perrin 2019 (2)
    Pages : 768

    Le Moyen Âge est souvent incompris voire mal compris par les commentateurs politiques ou médiatiques. On peut pardonner une méconnaissance d'une période longue, 1 000 ans, aux nombreuses mutations. Une période qui, dès la Renaissance, fut considérée comme un temps de décadence entre le retour aux anciens et la fin de l'Empire romain d'occident. Ce gros livre, mais bien court pour ce qu'il propose de faire, nous offre une synthèse des 1 000 d'une période riche en art, philosophie et événements. Le livre suit la chronologie classique et il est divisé en 3 grandes parties, qui reprennent les divisions traditionnelles de la période médiévale.

    La première partie porte sur la période 400 à 1 000. Elle est formée de 5 chapitres. L'auteur, Georges Minois, débute sa présentation en explicitant les causes, multiples, de la fin de l'Empire roman d'occident en n'omettant pas d'expliquer qu'il existe encore un Empire romain d'orient, que nous connaitrons plus tard sous le nom de Byzance. Alors que l'occident mute en liant anciennes traditions romaines et traditions barbares l'est, lui, gagne en importance. Byzance, riche. Sa capitale religieuse et politique est Constantinople. L'orient voit aussi l'arrivée des musulmans qui commencent à prendre le contrôle des territoires proches et se heurte à l'Empire Byzantin.

    Une seconde partie se déroule de 1 000 à 1 300, elle est considérée par l'auteur comme le renouveau de l'occident. L'est perd en importance alors que l'occident crée une nouvelle forme de pouvoir politique basée sur la théorie des deux sceptres. L'Empereur d'occident chargé de gouverner le temporel et le Pape chargé de gouverner le spirituel. Les deux pouvoirs vont s'affronter afin de savoir qui du Pape ou de l'Empereur à la prééminence. Cet affrontement se déroule sur fonds de réflexions religieuses et juridiques créant une nouvelle forme de culture liant foi et raison. Il faut aussi noter l'importance de la féodalité qui crée des liens forts entre personnes. L'auteur met aussi en avant l'importance de la stagnation économique. On produit pour nourrir les vivant-e-s, un équilibre pensé comme bénéfique et fonctionnant selon le statut social. Mais la hausse démographique met à mal cet équilibre ce qui débouche sur des crises.

    Ces crises sont l'objet de la dernière partie du livre qui se concentre sur la période 1 300 à 1 500. Bien entendu, l'auteur met avant les problèmes posés par les guerres, les famines et les épidémies. Les destructions, pertes démographiques et le recul de l'urbain et des villages sont massifs, ce qui permet aussi une hausse du statut social des travailleurs les plus humbles. Mais l'auteur met surtout en avant la mutation du monde politique. L'Empereur n'a pas pu s’imposer. Le Pape s'est épuisé en luttant contre l'Empereur et les rois. L'Église même subit un schisme avec, parfois, trois Papes. Face à ces crises, les royaumes et les rois "nationaux" prennent de l'importance faisant oublier l'idéal d’un occident uni, idéal qui restera un rêve de Charles Quint plus tard. L'économique aussi mute avec la force de plus en plus massive de l'argent dans une société qui quitte progressivement le monde médiéval pour entrer dans le monde qui sera nommé la Renaissance. L'auteur explicite les différentes ruptures, aussi bien événementielles (la chute de Constantinople) qui civilisationnelles. Mais il terminer en expliquant que la Renaissance s'est certes construite contre le Moyen Âge mais elle est médiévale dans son essence.

    Ce livre, court pour parler de 1 000 ans d'histoire, évite les spécialisations scientifiques. Il n'y a aucun appareil critique et l'auteur cite rarement des historien-ne-s. Même si je salue l'effort de synthèse concernant les aspects politiques et économiques, il faut noter que l'auteur laisse de côté les recherches les plus récentes concernant les femmes et les plus humbles. Heureusement, il prend la peine de marquer l'importance du monde oriental face à un moyen âge occidental. Je note aussi un côté fortement misérabiliste dans l'introduction concernant l'enseignement que l'auteur considère être de plus en plus mauvais. Mais il ne prouve pas son propos, rejoignant mes observations sur l'absence d'appareil critique.

    Image : Éditeur

  • Soul

    Soul fait partie des films qui ne sortiront jamais au cinéma mais directement en streaming à cause de l'année de pandémie. Soul nous parle de Joe, un musicien en quête de travail et un enseignant à temps partiel. Toute sa vie il n'a souhaité qu'une seule chose : être un musicien professionnel. Mais il n'a jamais réussi à être engagée et sa mère le pousse à privilégier sa carrière d'enseignant. Soudain, après un appel d'un ancien élève, il est accepté comme membre d'un groupe. Mais, le même jour, il meurt. Dans l'au-delà il fait la connaissance d'une âme pas encore née, 22, qui refuse d'aller sur Terre alors que Joe souhaite y retourner.

    SPOILERS

    Soul nous parle de deux personnes. L'une est morte avant d'avoir pu commencer, selon elle, sa vie. La seconde n'est pas encore née. Les deux vont collaborer pour essayer de rester dans l'avant et d'éviter d'aller dans l'après. La relation entre les deux âmes est très émouvante. Joe veut simplement devenir musicien. Mais il ne se rend pas compte qu'il est surtout quelqu'un qui accompagne les autres en offrant une passion pour la musique. Ses élèves l'aiment pour cela, comme on le voit à plusieurs reprises, et 22 apprend ce qu'est vivre en vivant dans ses pas.

    Mais, justement, qu'est-ce que vivre. Joe vit seulement pour sa passion, aveuglée par elle il est incapable de voir la beauté du monde qui l'entoure. Lorsqu'il réussit enfin, il est incapable d'apprécier sa réussite. D'une certaine manière, et le film montre d'autres cas, la passion de Joe devient trop importante pour permettre de vivre. Selon le film, la vie est basée sur l'expérience même du monde (de la vie ?). Ainsi, les âmes pas encore nées doivent vouloir faire l'expérience du monde pour être capable de naître, ce qui est le problème de 22 qui n'a aucune envie de faire l'expérience de la vie.


    ** 
    *** 
    **** 
    ***** Un film plein de poésie, de musique et très émouvant. J'aurais apprécié le voir au cinéma

    Image : IMDB

    Site officiel

  • Ainbo

    Ainbo est une jeune femme de 13 ans. Elle est membre d'une tribu amazonienne et la meilleure amie de la future cheffe, après que l'ancien chef a décidé de donner le pouvoir. Le changement a lieu dans un contexte difficile. Les poissons meurent, les membres de la tribu sont malades et les membres de la tribu ne croient plus aux esprits. Ainbo, elle, y croit après les avoir rencontrés. Elle a reçu la mission de trouver une plante capable de soigner la tribu. Mais tout le monde ne pense pas qu'elle puisse réellement sauver tout le monde et, au loin, des nuages noirs commencent à être visibles.

    SPOILERS

    L'histoire est très classique. Une jeune femme tente de convaincre son peuple qu'elle connait un moyen de les sauver d'un danger. Personne ne la croit vraiment. Elle est chassée, bannie, etc. Mais elle continue, seule, sa quête et trouve non seulement qui elle est mais aussi les moyens de sauver son peuple. Une quête initiatique, simple mais efficace. Malheureusement, la réalisation a ajouté deux personnages animaux dont les blagues coupent trop souvent certains moments émotionnels du film. Il aurait été plus intéressant de les utiliser d'une manière plus mystérieuse et surtout de moins les faire apparaitre.

    Il faut aussi noter que l'aspect technique n'est pas parfait. Certains mouvements semblent un peu trop mécaniques. Le design des personnages est aussi un peu trop simpliste. La plupart sont basés sur un même corps avec peu de changements. Nous avons donc un film imparfait, mais pas mauvais, qui pourrait bien fonctionner sur les plus jeunes sans être totalement inintéressants pour les personnes les plus âgées.


    ** Un peu bof
    *** 
    **** 
    *****

    Image : Site officiel

  • Loki

    Loki est la troisième série post endgame au sein du MCU. Après le très bon Wanda/Vision, le moyen The Falcon and the Winter soldier que penser de Loki ? La série débute juste après Endgame, lorsque Loki réussit à s'enfuir changeant son histoire. Immédiatement après sa fuite, il est arrêté par des soldats qui se réclament de la TVA pour Time Variance Authority. Leur rôle est d'éviter les divergences au sein de la chronologie et ce Loki est une divergence. Mais il existe des divergences bien plus dangereuses.

    SPOILERS

    J'ai personnellement moins apprécié cette série que Wanda/Vision. Loki est très bien, mais il manque un petit quelque chose. Je laisse de côté la fin de la série qui crée une grande attente pour la suite du MCU. Le grand point fort de la série Loki est son personnage principal : Loki. La série donne l'occasion à Tom Hiddleston, qui semble beaucoup s'amuser, d'aller bien plus loin au sein du personnage de Loki. En peu de temps, le personnage de Loki change beaucoup est retourne à celui qu'il était devenu après Thor Ragnarok.

    Cependant, la grande réussite de la série est sa fin. Non seulement elle crée un conflit entre deux personnages qui s'étaient fortement rapprochés mais elle pose des enjeux importants pour la suite du MCU. Il semble que Disney ait pris la décision de donner à ces courtes séries le rôle de créer des enjeux et de préparer la suite, ce qui devrait permettre de donner plus de substances aux films. Il reste à savoir si ce sera une réussite et si cet enjeu sera développé sur plusieurs séries et films comme le fut la menace de Thanos.


    ** 
    *** 
    **** Moins bonne que Wanda/Vision mais une très réussie
    *****

    Image : Site officiel

  • The Mauritanian / Présumé coupable

    CW : torture, flashs lumineux

    The Mauritanian parle de Mohamedou Ould Slahi un homme qui a vécu en Allemagne, à la suite d’une bourse, qui a lutté en Afghanistan dans les années 90 et est arrêté secrètement par le gouvernement états-unien dans les années 2000 après le 11 septembre 2001. Il passe 14 ans au sein de la prison secrète, et extrajudiciaire, de Guantanamo. Il est considéré comme le principal recruteur qui a mené aux attentats. Mais il ne fut jamais réellement accusé selon une procédure judiciaire. Lorsque la Cours Suprême force le gouvernement à juger les prisonniers, une avocate décide de s'intéresser à son cas. Son premier but est de consolider les normes juridiques du pays, mais elle comprend rapidement que les preuves, comme Mohamedou Ould Slahi le lui a souvent répété, sont inexistantes. Face à elle, l'accusation est tout autant perplexe car elle n'a accès à rien qui lui permette de justifier la condamnation de Mohamedou Ould Slahi.

    SPOILERS

    Ce film n'est pas misérabiliste. Il ne dépeint pas Mohamedou Ould Slahi comme une victime sauvée par une femme blanche. Cet homme est dépeint comme un témoin d'actes illégaux, un témoin qui garde ses capacités de réflexions et qui regagne, petit à petit, une capacité d'agir. Cette capacité d'agir dépend du récit écrit de son expérience (un livre qui est à la base de ce film).

    Ce film met aussi en avant l'importance du respect de l'état de droit. Rapidement, l'avocate, jouée par Jodie Foster, et le procureur militaire, joué par Benedict Cumberbatch, se demandent pour quelles raisons la prison se trouve sur une base militaire en dehors du territoire des Etats-Unis. Ceci permet de nier les droits des prisonniers. Mais ce sont surtout les gardiens qui sont protégés puisque la loi du pays ne s'applique pas nécessairement à elleux. Dès le début et surtout dans la seconde partie, le film questionne les méthodes. Le mot torture n'est jamais utilisé au profit d'un terme juridique. Mais il est clair que ce sont des actes de torture. Ces actes empêchent de croire tout ce qu'a avoué Mohamedou Ould Slahi. En effet, ce n'est que par la pression de la torture qu'il avoue. Les preuves n'existant pas il est innocent et pourrait se retourner contre les Etats-Unis. Pourtant, il lui faudra encore 7 ans avant de sortir de prison.

    Image : IMDB

  • Benedetta

    CW : torture, sexualité

    Il m'a fallu plusieurs jours avant de pouvoir écrire cette note, plusieurs jours durant lesquels j'ai pu mettre en ordre mes impressions. Benedetta commence au XVIIème siècle. Une enfant est envoyée par ses parents dans un monastère afin d'être donnée à dieu. Cette enfant semble être très pieuse, et provenir d'une famille riche aide. Plusieurs années plus tard, l'enfant est devenu une femme qui a des visions de Jésus. Elle aide aussi une autre jeune femme à devenir une sœur. Les deux femmes se rapprocheront tandis que les visions deviennent corporelles posant la question de la sainteté potentielle de Benedetta.

    SPOILERS

    Le film est fortement imprégné d'histoire. La réalisation fait attention de bien situer les événements dans un contexte quasiment apocalyptique. Des flagellants se trouvent dans les rues. La peste tue tout le monde. Les personnages essaient de savoir s'ils seront envoyés en enfer ou non. Seule la ville de Benedetta semble sauve de la peste, protégée par la sainteté et dieu ? Le film essaie aussi de montrer que l’église s'inscrit dans des luttes de pouvoirs. Dès le début, l'entrée dans les ordres implique une dot mais aussi des dons en argent et en bien par les personnes qui souhaitent faire entrer leurs filles. On nous montre aussi l'importance, pour le prévôt, des miracles. Cela permettrait non seulement une montée dans la hiérarchie de l’église mais aussi des rentrées d'argent pour la ville et le monastère.

    La réalisation place beaucoup de symbolisme autours de Benedetta. Dès la première scène le film la montre comme pieuse et proche de la divinité. Peu de temps après, elle survit à la chute de la statue de la vierge. Ses visions sont aussi pleines de symboles religieux. Rapidement, se pose la question de la réalité des visions et des traces corporelles. Une partie de l'église doute tandis qu'une autre partie y croit ou pense pouvoir les utiliser comme moyens politiques. Benedetta elle-même ne peut pas forcément répondre à la question. Le film ne répond pas à cette question. Benedetta pourrait s'être infligé les stigmates, mais ne pourrait-elle pas se les infliger sur ordre du divin ? Quoi qu'il en soit, ces traces lui permettent de gagner en statut. Un statut qu'elle tente de rendre plus important en se déclarant sainte lors de certains actes.

    Face à cela, il n'est pas étonnant que l'église utilise le lesbianisme de Beneditta comme moyen de la confronter et de la juger. La sexualité de cette femme, et de sa compagne, est souvent mise en scène et questionnée par un homme d'église en particulier. Bien entendu, juger la sexualité des deux femmes permet de juger les visions de Beneditta. Car, comme le montre le film, personne dans l'église n'est réellement innocent. Le nonce qui juge Beneditta est père. Le prévôt ne croit pas et souhaite uniquement le pouvoir. D'une certaine manière, ce film pourrait s’inscrire dans les romans critiques de l'église lors de l'époque moderne, romans qui ne lésinent pas sur les péchés sexuels des prêtres et des nonnes.


    ** 
    *** Trop de sexualité pour moi, mais cela en fait-il un mauvais film ? Honnêtement, je ne sais pas exactement quoi penser
    **** 
    *****

    Image : IMDB

  • The Resistance 1 par J. Michael Straczynski, Mike Deodato Jr, Frank martin et Lee Loughridge

    Titre : The Resistance 1
    Auteurs : J. Michael Straczynski, Mike Deodato Jr, Frank martin et Lee Loughridge
    Éditeur : AWA octobre 2020
    Pages : 160

    CW : mention de pandémie, mention de morts, assassinats

    Il y a quelques temps un scénariste que j'apprécie est parti dans une nouvelle maison d'édition. Ce volume est le résultat. Une tentative de créer un nouvel univers partagé. The resistance débute alors que le monde souffre d'une pandémie pratiquement impossible à stopper. Le taux d'infection est de 100% et la mortalité de 95%, donc uniquement 5% des personnes infectées survivent. Avec un tel taux de mortalité le monde entier tombe dans le chaos quand l'infection s'arrête aussi soudainement qu'elle a commencé. Les états et les humain-e-s se remettent lentement de la possibilité de la fin de l'humanité. Mais les personnes qui ont survécu pourraient bien avoir de nouvelles aptitudes alors que la provenance de l'infection pose de nombreuses questions.

    SPOILERS

    Voilà un titre plus proche de la réalité que ses auteurs l'auraient probablement souhaité. Les réactions face à cette nouvelle maladie sont très proches de celles que l'on a connu. Les théories sont nombreuses et une grande partie basée sur un complot. Les auteurs essaient aussi de montrer comment le monde réagirait face à l'arrivée de personnes ayant des pouvoirs. Ces capacités impliquent la possibilité de défier un état et donc un danger pour cet état et ses servant-e-s. Les réactions dépeintes sont donc extrêmes, approchant d'une forme de dictature.

    Comme dit plus haut, ce volume a comme but de commencer à créer un univers partagé. Est-ce une réussite ? J'avoue être intrigué par les thèmes politiques et la manière dont les auteurs semblent vouloir écrire leur histoire. Mais ce volume est aussi très frustrant. Une grande partie des événements semblent être trop rapides. Une partie, si j'ai bien compris, se trouve dans d'autres volumes. J'ai donc eu l'impression de lire une introduction qui ne permet pas aux intrigues d'être réellement abouties. Elles sont seulement commencées voire à peine explicitées... À voir si je décide d'en savoir plus et d'entrer plus avant dans cet univers à l'aide d'autres productions d'AWA.


    ** 
    *** 
    **** J'hésite, d'une part ce volume me semble inabouti, d'autre part cet univers m'intrigue.
    *****

    Image : Amazon

  • Teixcalaan 1. A memory called empire par Arkady Martine

    Titre : Teixcalaan 1. A memory called empire
    Autrice : Arkady Martine
    Éditeur : Tor 26 mars 2019
    Pages : 464

    CW : Description d'explosions, description de morts, description de tentatives de meurtres

    L'humanité a pris le contrôle d'une grande partie de la galaxie. Celle-ci est surtout uni sous un empire humain nommé Teixcalaan. Cet empire s'étend toujours plus loin sans prendre en compte les cultures locales. Les barbares sont extérieurs. Les humain-e-s, les citoyen-ne-s, sont à l'intérieur de l'Empire. Annexer, pacifiquement ou non, implique donc d'étendre la définition de l'humanité. Face à ce qui est décrit comme un monstre jamais rassasié, une petite république constituée de stations spatiales tente de rester souveraine. Une souveraineté qui dépend largement de l'accord de l'Empire. Donc lorsqu’un vaisseau militaire exige qu'une personne soit nommée ambassadrice les dirigeant-e-s s'exécutent. Mais illes se demandent aussi ce qui est arrivé au premier ambassadeur.

    SPOILERS

    L'autrice est historienne de l'empire Byzantin. Son travail d'historienne se ressent fortement dans ce premier tome. L'autrice porte son attention sur la culture, la langue et la ville. Elle utilise surtout la langue pour créer une culture, en particulier par les noms des personnes qui suivent une logique interne à l'Empire. On sent fortement l'importance qu'elle met sur l'usage des mots pour communiquer des informations, créer un effet ou cacher une intention. Une bonne partie des propos internes du personnage principal, Mahit, concerne sa compréhension et son usage des mots afin de transmettre ce qu'elle veut dire ou ne pas dire. Grâce à ce travail, l'autrice crée une impression d’authenticité.

    Bien entendu, un Empire et l'arrivée d'une ambassadrice impliquent des problèmes. Rapidement, on comprend que l'Empire est moins stable qu'il ne se présente. En dehors des opposant-e-s politiques, il y a des révoltes lointaines et des intrigues de cours pouvant potentiellement mener à des coups d'état. Comme l'ambassadrice Mahit, nous sommes plongés dans un monde politique en effervescence que nous comprenons en même temps que Mahit. Certains aspects sont faciles à anticiper, mais ils me semblent bien amenés. Seule la menace externe m'a moins convaincu même si elle permet une résolution acceptable pour cet univers. J'apprécie aussi l'importance mise sur les relations entre personnes. Mahit, certes, est celle que l'on connait le plus et ses réflexions et états d'âmes nous sont offerts directement. Mais elle réussit à survivre grâce aux liens qu'elle noue avec d'autres personnes. Parfois, les livres de science-fiction ont trop tendance à décrire précisément l'état technologique et oublient de décrire les personnages et la société dans laquelle illes vivent. Arkady Martine ne s'intéresse pas fortement à la technologie, mais elle rend vivant un monde et ses personnages en leur donnant substance.


    ** 
    *** 
    **** Je ne savais pas quoi penser de ce livre en y entrant, je n'ai pas pu le poser avant de le terminer. Le second tome est déjà dans ma liste de romans à lire.
    *****

    Image : Éditeur

  • Black Widow

    Nous sommes juste après les événements de Civil War. Les Avengers qui ont suivis Captain America sont soit en prison soit ont fui. Black Widow a fui. Elle essaie de se reconstruire une vie tranquille tout en évitant la capture pour ses actes de soutien à Captain America. Mais elle qui croyait avoir perdu sa seule famille se rend compte qu'une autre famille l'attend. Sa sœur a besoin d'elle. Et l'existence de sa sœur implique qu'une mission ayant eu lieu dans le passé n'est pas terminée.

    SPOILERS

    Ce film arrive bien trop tard. Black Widow est morte. Sur l'entier des films et séries Marvel jamais elle n'avait pu avoir sa propre intrigue, elle était toujours liée à d'autres personnages. Il y a là une erreur importante de la part de Disney qui n'a pas pris en compte les possibilités des personnes féminins (et racisés aussi). Créer ce film, qui permet de mieux comprendre le passé de Black Widow, n'est pas une mauvaise idée. Mais j'aurais préféré le voir bien avant avec, si possible, une franchise Black Widow.

    En effet, ce film permet de donner de l'importance au monde anciennement soviétique. Il illustre que les USA ne sont pas les seuls à avoir tenté de créer un super soldat. Les soviétiques ont aussi essayé. Il montre aussi les tentatives d’imiter les technologies du SHIELD par une organisation secrète russe. Ces différents éléments auraient mérité une plus grande place dans l'univers cinématographique Marvel afin de lui offrir un peu plus de profondeur. En l'état, il ne me semble pas que beaucoup de ce que l'on a vu reviendra au sein du MCU sauf, probablement, la sœur de Black Widow.


    ** 
    *** Un film qui permet de comprendre à quel point Marvel a manqué une occasion de construire quelque chose de plus importants autours de ce personnage
    **** 
    *****

    Image : Site officiel

  • Histoire des Etats-Unis sous la direction de Bernard Vincent

    Titre : Histoire des Etats-Unis
    Direction : Bernard Vincent
    Éditeur : Flammarion 21 septembre 2016 (champs histoire, 4ème édition)
    Pages : 719

    Cette histoire des Etats-Unis est le second livre qui tente de faire une histoire globale de ce pays que je lis en peu de temps. Le contraste n'est pas saisissant entre le manuel présenté ici le 2 juillet et ce livre qui regroupe des contributions de plusieurs spécialistes. Une différence majeure est l'adjonction au texte d'encadrés qui explicitent certaines questions précises. Une autre est la fin du livre, là où le manuel commençait une étude de la présidence Trump se livre collectif se termine en 2016 avant l'élection de Trump à la présidence.

    Le livre dirigé par Bernard Vincent suit une structure chronologique qui début lors de la création des colonies, 1607, jusqu'en 2016. Le champ d'investigation est donc large et les chapitres découpent ce temps en 20 à 30 ans (sauf le premier et le dernier). Tout comme le manuel, la place des présidences est importante dans ce découpage chronologique ce qui donne à l'état fédéral et aux actions présidentielles une importance supérieure, dans le texte, aux autres parties du pays. Les histoires des différents États qui constituent les Etats-Unis sont peu explicitées.

    Cependant, il me semble que ce livre commun réussit mieux que le manuel de Lacroix à mettre en avant l'importance des questions socio-économiques. Il me semble aussi que les auteurs du livre donnent plus d'importances aux questions des luttes sociales. Ainsi, on apprend quelques petites choses sur les autochtones et leurs relations aux États-Unis mais aussi sur la place toujours subalterne des noirs américains. Ce qui n'empêche pas les auteurs d'afficher une neutralité de façade face aux revendications antiracistes après les meurtres commis par des policiers. Certes, les auteurs marquent l'importance de ces faits pour comprendre la division des États-Unis, mais ils échouent, à mon avis, à conceptualiser ces faits.

    Image : Éditeur

  • Les Croods 2: Une nouvelle ère / The Croods 2: A new age

    Il y a bien longtemps il y eu un film nommé les Croods. Il n'était pas génial mais il était sympathique. Aujourd'hui, une suite est diffusée. Elle se déroule après le premier volet. La meute voyage ensemble pour trouver le pays que Guy nomme Demain. Il y a de nombreux dangers sur la route mais la meute survit sans trop de problèmes. Un jour, elle découvre un mur. Derrière ce mur il y a un jardin rempli de victuailles. Il est géré par une famille : les Betterman. Les Croods sont plus ou moins accepté s'illes suivent une unique et simple règle : ne pas manger les bananes.

    SPOILERS

    Il n'y a pas grand-chose à dire. Le film est une suite tout à fait classique. La majorité des personnages a un antagoniste particulier. Ces antagonistes, la famille Betterman, se considèrent plus évolués que les Croods. Mais la confrontation des cultures permet de comprendre que mêler les pratiques des deux familles est meilleur que de les séparer. La suite crée aussi un triangle amoureux entre Guy, Eep et Dawn. Les blagues sont sympathiques sans toujours être très inspirées.


    ** 
    *** Sympathique mais un peu trop simpliste
    **** 
    *****

  • Torchwood 19. Exodus Code par Carole E. Barrowman et John Barrowman

    Titre : Torchwood 19. Exodus Code
    Auteur-e-s : Carole E. Barrowman et John Barrowman 
    Éditeur : Penguin 15 août 2013
    Pages : 368

    Voici enfin le dernier roman adapté de la série TV Torchwood. Il se déroule après la saison 4. Gwen Cooper est de retour chez elle et s'occupe de sa fille avec son mari. Rex est maintenant directeur de la CIA. Jack est impossible à retrouver. Le monde s'est remis de l'immortalité de l'humanité et du retour de la mortalité. Les gouvernements semblent être prêt à réagir en cas de nouvelle atteinte globale au fonctionnement de l'humanité alors que les trois familles sont introuvables. Bien que le monde semble être sûr à nouveau, une maladie semble frapper uniquement les femmes et les pousser à attaquer les personnes autour d'elles. Gwen essaie de prévenir Jack qui, lui-même, comprend que quelque chose de dangereux est en cours.

    SPOILERS

    Ce dernier roman est certainement meilleur que bien d'autres adaptations Torchwood. Qu'il soit écrit par l'un des acteurs et sa sœur, Carole Barrowman, doit aider. On retrouve un grand nombre de caractéristiques de Torchwood. En particulier, les enquêtes, les liens entre Jack et ce qui reste de son équipe et surtout son envie de protéger les personnes qui sont proches de lui. Jack est particulièrement décrit. Ses désirs mais aussi ses peurs et ses incapacités alors que le monde a besoin de lui.

    Malheureusement, ce roman n'est pas aussi bon que je l'aurais souhaité. L'intrigue, bien qu'elle soit logique, me semble un peu trop tirée par les cheveux. Les différents événements qui se déroulent sur plusieurs temporalités ne sont pas toujours très compréhensibles et il faut longtemps pour comprendre la raison d'un chapitre. Je suis encore plus sceptique en ce qui concerne la maladie décrite, qui ne touche que les femmes pour une raison qui me semble peu admissible. La fin est particulièrement mauvaise car elle n'est jamais réellement préparée, créant un très mauvais deus ex machina.


    ** 
    *** Mieux que d'autres romans Torchwood, mais loin d'être particulièrement bon
    **** 
    *****

    Image : Éditeur

  • The Falcon and the Winter Soldier

    Steve Rogers fut Captain America pendant une grande partie de sa vie. Il a fait de son titre un symbole des USA mais aussi d'une lutte en faveurs de la vérité et de l'espoir. Mais Steve Roger ne peut plus tenir le bouclier. Se pose donc la question de la personne qui pourrait lui succéder. Car le monde est toujours aussi dangereux. Après le retour de personnes disparues pendant 5 ans le travail pour redonner une place sur Terre à l'entier de l'humanité est éreintante. Et certaines personnes pensent que les choses étaient plus agréables après la destruction de la moitié de l'humanité.

    SPOILERS

    Cette seconde série n'est pas aussi bonne que la première. Pourtant, elle avait tout pour plaire. En effet, elle s'attaque à un sujet que les films n'ont jamais réellement voulu traiter : les conséquences socio-économiques des actions des Avengers. À la suite de Endgame, une moitié de la population revient sur Terre. Mais comment traiter ces gens ? Comment leur donner une maison, un travail, de quoi vivre. Que faire des personnes seules qui ont tout perdu après avoir disparu ? Et que faire des personnes qui étaient présentes durant ces 5 ans mais qui doivent maintenant accepter de rendre certaines ressources ? Ce sont des questions intéressantes qui permettent de construire un univers un peu plus réaliste, un peu plus dense et un peu plus cohérent. Malheureusement, le traitement de ces sujets par la série ne permet pas réellement d'enrichir le MCU. Les questions soulevées restent peu développées au profit d'une antagoniste rapidement qualifiée, et présentée, comme une terroriste.

    Une autre question concerne le symbole de Captain America. En effet, Steve Roger donne le bouclier à Sam Wilson. Mais ce dernier décide de le rendre au gouvernement afin d'en faire un objet exposé dans le musée de Captain America. Peu de temps après, un nouveau Captain est choisi. Mais ce dernier, bien qu'il débute en suivant les traces de Steve Rogers, montre rapidement son incapacité à comprendre son rôle. La série le montre en train de perdre pied petit à petit (en particulier par sa barbe qui pousse à mesure qu'il perd sa capacité à être le Captain). Cette tension explose vers la fin de la série lorsque ce nouveau Captain tue un homme avec le bouclier. Les images qui s'attardent sur le bouclier ensanglanté permettent de montrer à quel point le symbole est souillé par cet acte de violence. Plus important encore, on apprend qu'une personne aurait pu être le Captain des années avant. Mais cet homme est noir. Il fut emprisonné et des scientifiques expérimentèrent sans son consentement. On a ici toute la question du racisme systémique aux USA et ailleurs. Que Sam Wilson devienne Captain America est donc particulièrement important, plus que symbolique.


    ** 
    *** 
    **** La série ne réussit pas à tenir ses promesses mais elle reste intéressante.
    *****

    Image : Site officiel

  • Histoire des Etats-Unis par Jean-Michel Lacroix

    Titre : Histoire des Etats-Unis
    Auteur : Jean-Michel Lacroix
    Éditeur : Presses Universitaires de France 18 avril 2018 (sixième réédition)
    Pages : 688

    Les Etats-Unis est le pays qui a le plus influencé l'histoire contemporaine. Les combats idéologiques entre les Etats-Unis, capitaliste et libéral, et l'URSS communiste ont créé une longue division du monde. Cependant, la compréhension de la place prise par les USA ainsi que de la culture de ce pays implique de se placer dans l'histoire longue de la création d'une nation. Ce manuel vise à donner les clés nécessaires pour comprendre un pays encore majeur dans le monde de ce début du XXIème siècle. Cette nouvelle édition ajoute quelques informations sur la présidence Trump mais, bien entendu, l'auteur ne peut rien conclure puisque le livre fut édité en avril 2018.

    La construction du livre est strictement chronologique avec une mise en avant des différents présidents et de leurs impacts sur le pays, voire le monde. Les 10 chapitres examinent environ 30 ans d'histoire à chaque fois. Bien entendu, l'auteur commence avant la création des USA par la colonisation du continent qui deviendra les USA. Il explique de quelle manière les anglo-saxons prennent le contrôle de quelques terres, avec des difficultés en hiver, et les tensions avec les populations autochtones. Rapidement, des tensions auront lieu avec l'Angleterre royale, surtout en ce qui concerne les impôts et la représentation.

    Ce qui m'a frappé, dans ce livre, est l'importance de la frontière. La conquête de l'ouest et donc la lutte contre les autochtones est au centre d'une philosophie de prise de contrôle d'une étendue. On comprend mieux l'importance du thème en ce qui concerne la conquête de l'espace mais aussi dans les productions de space opera. On est frappé aussi par l'importance des divisions. Divisions raciales, oui, mais aussi politiques. L'auteur montre bien que ces divisions sont très importantes de nos jours et risquent de créer des problèmes pour le fonctionnement des USA.

    Bien que la culture des USA me soit familière, grâce à son hégémonie, je ne suis pas un grand connaisseur en histoire des Etats-Unis. Ce manuel permet de répondre aux questions principales des personnes qui le lise. Mais, comme tous les manuels, il doit nécessairement passer outre un certain nombre de sujets. Parfois, je ne comprends pas les choix de l'auteur. Les événements de 68 sont peu mentionnés ainsi que la guerre en Afghanistan. L'auteur se concentre sur l'histoire politique, présidentielle, et moins sur les questions socio-culturelles. En revanche, je déplore que l'auteur ne fasse que très peu attentions aux populations dites minoritaires. Je pense en particulier aux esclaves, aux afro-américains mais aussi et surtout aux populations autochtones qui ne sont que peu présentent dans ce livre.

    Image : Éditeur

  • Wanda Vision

    Vision est mort. Il est mort durant les événements d'Avengers Infinity War. Immédiatement après, Wanda a été détruite par Thanos, pour revenir 5 ans plus tard. Pour Wanda, le temps ne s'est pratiquement pas écoulé et elle a quitté un combat pour retourner à nouveau contre Thanos. Peu de temps après Endgame, Wanda semble avoir construit une ville des années 50. Celle-ci est impossible à pénétrer et seul un signal télévisuel permet de savoir ce qu'il s'y déroule : une sitcom des années 50 avec Vision comme mari de Wanda.

    SPOILERS

    Wanda Vision est la première série Marvel de la phase 4. Elle permet de faire le lien entre Endgame et la prochaine apparition de Wanda dans Doctor Strange and the multiverse of madness. Bien que je fusse sceptique lors de la première annonce de la série (pourquoi mettre Vision en plus de Wanda) je fus rapidement pris par la série. Les premiers épisodes fonctionnent particulièrement bien. Ils créent un mystère qui est lentement montré comme dangereux et anormal. Wanda elle-même semble ne pas savoir ce qui est en train de se dérouler. Vision comprend tardivement, ce qui permet des dialogues savoureux. Vers la moitié de la saison, les choses s'éclaircissent et on perd du charme des premiers épisodes.

    Wanda Vision a deux caractéristiques. Il construit le personnage de Wanda en lui offrant une histoire familiale avec les sitcoms. Presque tous les épisodes permettent de faire référence à l'histoire des sitcoms, de leur fonctionnement mais aussi leur manière de se renouveler. Mais la série s'intéresse bien plus à la psychologie de Wanda. Petit à petit, on comprend que Wanda est encore en deuil. Elle ne peut pas encore accepter la mort de Vision. Cette incapacité la pousse, inconsciemment, à créer un monde idéal basé sur ses séries préférées. Un monde dans lequel les drames se résolvent par l'humour et en moins de 30 minutes. Malheureusement, son déni rend son deuil plus difficile encore à accepter puisqu'elle crée un nouveau Vision et des enfants qui ne peuvent exister que dans son monde parallèle.


    ** 
    *** 
    **** 
    ***** Une très bonne série, surtout les premiers épisodes, qui permet de développer Wanda aussi bien en ce qui concerne ses pouvoirs que sa psychologie.

    Image : Site officiel

  • Batman. Earth One. 3 par Geoff Johns, Gary Frank, Jon Sibal et Brad Anderson

    Titre : Batman. Earth One. 3 
    Auteurs : Geoff Johns, Gary Frank, Jon Sibal et Brad Anderson
    Éditeur : DC 8 juin 2021
    Pages : 160

    Les Earth One, ces comics censés rendre les personnages plus modernes dans un contexte en dehors de la continuité, semblent encore exister malgré les retards massifs des différentes séries et les annulations. Batman en est à son troisième volume. Le Batman commence à être connu à Gotham et il possède quelques allié-e-s. Car Gotham, même si elle n'est plus sous le joug des criminel-le-s n'est pas encore pacifiée. Même si la criminalité est en baisse elle est de plus en plus violente. Pire encore, il semblerait que ce soit Harvey Dent qui arme ces crimine-le-s. Mais Harvey Dent est mort.

    SPOILERS

    Ce tome 3 est moins bon que les autres. Geoff Johns doit recréer un personnage mais il est obligé de réutiliser des aspects connus du Batman. Il lui offre une batcave, mieux située que l'originale. Il lui donne des ennemis qui servent surtout à faire référence. Et, petit, à petit, il semble abandonner le réalisme pour retourner en direction du Batman original. Ainsi, les dernières planches mettent en avant la création de la Famille, sans expliquer leur arrivée, mais aussi la première apparition du Joker. Tout ceci est bien trop rapide et donne surtout l'impression que Geoff Johns veut terminer avant que la série ne disparaisse définitivement. Mais cela ne peut que créer un gout d'inachevé.

    Ce tome introduit aussi Catwoman, que nous avions vu auparavant. Et je dois dire que je suis très déçu. Certes, Catwoman est une voleuse qui, de temps en temps, aide le Batman. On peut donc accepter qu'elle devienne une alliée. Mais la relation se forme bien trop vite. Cependant, je pourrais pardonner cela si on ne prenait pas en compte la sexualisation très importante du personnage. On aurait apprécié que la série Earth One profite d'être en dehors de la continuité pour réinventer les personnages et critiquer la sexualisation des personnages féminins. Ce n'est pas ce qui a été fait ici.


    ** 
    *** 
    **** En baisse de qualité
    *****

    Image : Éditeur

  • Invisible Kingdom 3. In other Worlds par G. Willow Wilson, Christian Ward et Sal Cipriano

    Titre : Invisible Kingdom 3. In other Worlds 
    Auteur-e-s : G. Willow Wilson, Christian Ward et Sal Cipriano
    Éditeur : Dark Horse 19 mai 2021
    Pages : 128

    Le Sundog, Vess, Grix et le reste de l'équipage ont subi de nombreux événements. Après avoir expliqué à l'univers comment fonctionnait les deux groupes les plus puissants des mondes, personne n'a bougé. Mais illes durent fuir les vaisseaux de la compagnie Lux et de l'Église de la Renonciation. Leur fuite les a menés à être capturé par des pirates. Et leur libération provient d'une secte qui prétend être la véritable voie de la renonciation. Mais les membres de cette secte sont-illes réellement de bonne foi ?

    SPOILERS

    Je suis content que cette série ne dure pas longtemps. Mais je pense qu'elle aurait pu continuer un peu. Les auteur-e-s donnent beaucoup d'éléments, et en ajoutent dans ce dernier volume. De plus, les auteur-e-s se concentrent sur Grix et Vess. Donc, on ne comprend pas les choix de certains personnages qui deviennent importants. Les éléments ajoutés ne sont pas non plus assez explicités à mon goût. J'aurais aimé en savoir plus sur certains points, en particulier les origines de la secte, de sa fuite mais aussi le fonctionnement réel de Lux et ce que cela implique.

    Malgré ces quelques points négatifs j'ai beaucoup aimé cette minisérie. Pas seulement pour ces personnages et son univers extrêmement bien montré. Mais aussi pour l'art utilisé dans les cases de ce comics. Chaque page est d'une beauté à couper le souffle et l'on pourrait s'attarder des heures à observer la page complète pour ensuite se perdre dans les détails. Les auteur-e-s se sont donnés du plaisir en créant les différentes espèces et planètes, et cela nous donne du plaisir à la lecture.


    ** 
    *** 
    **** 
    ***** Une magnifique mini-série

    Image : Éditeur

  • Torchwood 18. The men who sold the world par Guy Adams

    Titre : Torchwood 18. The men who sold the world
    Auteur : Guy Adams
    Éditeur : Penguin 18 août 2011
    Pages : 256

    CW : Actes de terrorisme

    Ceci est l'avant dernier roman Torchwood et le dernier prequel avant la saison 4. Il se déroule, comme les trois prequels, après la destruction de Torchwood Cardiff. Les autorités britanniques ont pris possession des biens cachés par Torchwood. Mais au lieu de les utiliser c'est une vente qui est organisées. Les Etats-Unis sont particulièrement intéressés. Mais la vente tourne mal et l'équipe des forces spéciales chargées de prendre le contrôle des armes aliens de Torchwood disparait. Rex Matheson est chargé de l'enquête, suivi par un certain Wynter.

    SPOILERS

    Les romans Torchwood ne sont pas très bons et échouent largement à être intéressants. Seuls quelques-uns sont au-dessus du lot. Ce n'est pas le cas de ce roman qui est probablement parmi les plus inintéressants. Seule sa taille, peu importante, le sauve. Je n'ai aimé ni les personnages ni l'intrigue. Les personnages sont antipathiques. L'intrigue, envoyée aux USA, est tout aussi dysfonctionnelle que celle de la saison 4. Rien ne permet de sauver ce roman qui ne permet même pas de construire un peu les personnages de Rex et de Esther, qui apparaissent dans la saison 4.

    * Très mauvais
    ** 
    *** 
    **** 
    *****

    Image : Éditeur

  • Anatomie de la Terreur. Le processus révolutionnaire (1787-1793) par Timothy Tackett

    Titre : Anatomie de la Terreur. Le processus révolutionnaire (1787-1793)
    Auteur : Timothy Tackett
    Éditeur : Seuil 2018
    Pages : 669

    Que dire de la Révolution française et surtout de la Terreur. De nombreuses personnes, artistes comme historiens et historiennes, ont écrit sur le sujet. La Terreur, encore aujourd’hui, pose des questions et implique souvent un jugement moral sur la Révolution elle-même. L’épisode de la Vendée en fait partie et n’est toujours pas un débat pacifié au sein de la société française, les royalistes y voyant un génocide (des massacres ont bel et bien été commis). Dans ce livre Timothy Tackett essaie d’appliquer sa lecture des ouvrages privés des révolutionnaires pour expliquer comment la Terreur a pu avoir lieu. Il examine ces papiers sur plusieurs années mais il ne fait pas le véritable récit des événements avant le dernier chapitre. Il préfère expliquer comment on en arrive là.

    Les explications de Tackett sont multidimensionnelles et la construction de son livre selon la chronologie de la Révolution permet de mettre en avant ces différentes causes, au prix parfois de quelques répétitions. Bien entendu, les événements ont un impact. Les révolutionnaires ne savent pas ce qui est train de se dérouler. Ils agissent dans un temps d’incertitude, recevant des nouvelles parfois avec du retard, devant créer un nouveau système lorsque le roi est démis de ses fonctions puis exécutés.

    Tackett insiste aussi sur les émotions qu’il analyse à l’aide des écrits personnels de témoins, militant-e-s et députés. Il observe le souhait de créer un monde meilleur mais aussi la surprise face au refus des anciennes élites. Ces refus sont vus comme s’attaquant à ce qui est considéré comme bénéfique par des personnes de plus en plus convaincues de devoir tout modifier. Mais les refus sont justifiés, eux aussi, par une légitimité ancienne. Les aristocrates et les nobles ne peuvent pas accepter une remise en cause de principe qu’ils considèrent divins. La confrontation est pratiquement inévitable.

    Il faut prendre aussi en compte les craintes. Les révolutionnaires pensaient facilement vaincre, ils sont stoppés à la fois par les armées européennes et les crises internes. Il est tentant d’y voir un complot organisé qui lie des événements pourtant différents. Lorsqu’on accepte l’existence d’un tel complot, justifié par les nobles qui ont fuis et militent activement en faveurs d’une guerre contre la Révolution parfois après l’avoir servie, il faut trouver des coupables. Petit à petit, tout le monde peut devenir suspect et il devient nécessaire d’agir.

    Cependant, Tackett montre que les députés n’ont pas forcément voulu la Terreur. A plusieurs reprises, il y a des tentatives de freiner les militant-e-s populaires les plus radicaux. Mais les assassinats, les trahisons et les circonstances convainquent les députés récalcitrants de la nécessité de défendre la Révolution par des actions illégales ou, en tout cas, extraordinaire. Tackett montre bien ces incertitudes, ces craintes et les nécessaires réponses que cela implique. De son livre se dégage des impressions fortes de peur et de complots mais aussi la nécessité de la vengeance pour les révolutionnaires tombés.

    Image : Editeur

  • Magnificent Ms. Marvel 3. Outlawed par Saladin Ahmed, Minkyu Jung, Joey Vazquez, Juan Vlasco et Ian Herring

    Titre : Magnificent Ms. Marvel 3. Outlawed
    Auteurs : Saladin Ahmed, Minkyu Jung, Joey Vazquez, Juan Vlasco et Ian Herring
    Éditeur : Marvel 18 mai 2021
    Pages : 144

    Ce dernier volume contient Magnificent Ms. Marvel 13-18. Tout va bien pour Ms. Marvel. Après plusieurs péripéties au sein des Avengers, seule et dans l'espace elle semble être en train de créer un bon équilibre. Mais, dans la série Champions, elle est sérieusement blessée. Elle devient, sans le vouloir, le symbole de la nécessité d'une loi qui gère les personnes mineures qui se déclarent héros et héroïnes. Elle est maintenant une criminelle qui doit fuir une agence créée spécialement pour la capturer.

    SPOILERS

    J'avais beaucoup aimé les premiers volumes de Ms. Marvel et j'ai appris à apprécier ceux de Saladin Ahmed. Malheureusement, tout cela se terminer après seulement 3 volumes. La série fut intéressante même si je reste sceptique en ce qui concerne certains choix (en particulier celui de faire oublier aux parents de Kamala qu'elle est Ms. Marvel). Je pense que le scénariste allait dans une direction intéressante mais on ne saura jamais jusqu'où il voulait aller.

    En effet, ce dernier volume souffre d'un gros problème qui met à mal la scénarisation. Il fait partie d'un événement nommé Outlawed lors duquel les mineur-e-s sont arrêtés pour leur propre protection. Ce volume doit donc donner les informations nécessaires tout en créant des conséquences pour Kamal. Vu qu'il n'y a que 6 épisodes, tout me semble très précipité. En très peu de temps, l'antagoniste change d'avis, une amie proche dénonce Kamala, un nouveau personnage est introduit et Josh revient et pardonne à Kamala. Autant de changements aurait mérité plus de numéros pour créer un véritable impact à la lecture mais aussi sur les personnages.


    ** 
    *** 
    **** Une fin appréciable mais trop précipitée.
    *****

    Image : Éditeur

  • Torchwood 17. Long time dead par Sarah Pinborough

    Titre : Torchwood 17. Long time dead
    Autrice : Sarah Pinborough
    Éditeur : Penguin 4 août 2011
    Pages : 256

    CW : Meurtres, suicides, gore

    Torchwood est mort. Les deux derniers membres sont en fuites. Mais Torchwood n'est pas oublié. Un Département du gouvernement britannique paie les fouilles de ce qui est, officiellement, une attaque terroriste. Ces fouilles doivent permettre au gouvernement de reprendre le contrôle de technologies aliens mises en sécurité par Jack Harkness durant sa longue direction de Torchwood Cardiff. Mais la base de Torchwood, détruite, est plus dangereuse que jamais. Et une personne, oubliée depuis longtemps, se réveille. Elle refuse de mourir à nouveau. Pour cela, Suzie Costello doit tuer d'autres personnes.

    SPOILERS

    À mon avis, ce roman est la meilleure adaptation de Torchwood, au moins pour l'instant. Pourtant, Torchwood n'existe plus. Mais ce roman explicite ce que laisse la fin de Torchwood. Non seulement il y a un cratère avec des technologies uniques. Mais il y a aussi des personnes qui ont été sauvées par Torchwood qui commencent à se souvenir des actions de l'institut. Plus important, il existe encore de nombreuses menaces, dont la cupidité du gouvernement britannique. J'ai aussi beaucoup apprécié d'en savoir un peu plus sur Suzie Costello qui mérite d'être plus développée. Elle est toujours une meurtrière mais on comprend un peu mieux pourquoi elle a agi ainsi.

    Malheureusement, le roman subit une menace peu explicite simplement nommée l'Enfer. Nous sommes censés craindre cette dimension mais elle n'est pas réellement assez développée pour que ceci fonctionne. C'est une simple entité destructrice qui aurait mérité plus de développement sur le long terme. Un autre point négatif est la création d'une romance entre un détective et Suzie. Celle-ci est abrupte et inutile comme beaucoup de romances hétérosexuelles. Le roman aurait pu s'en passer et devenir meilleur avec une fin bien plus logique et satisfaisante.


    ** 
    *** 
    **** Pas exempt d'imperfections mais plaisant à lire.
    *****

    Image : Éditeur

  • Histoire des femmes en occident 3. XVIe-XVIIIe siècle sous la direction de Natalie Zemon Davis et Arlette Farge

    Titre : Histoire des femmes en occident 3. XVIe-XVIIIe siècle
    Direction : Natalie Zemon Davis et Arlette Farge
    Éditeur : Perrin 28 février 2002
    Pages : 672

    En 1991 était édité 5 volumes d'histoire des femmes en occident, réédités en poche chez Perrin. Ce livre est le troisième tome. Je n'ai toujours pas le quatrième. Il se concentre sur la période moderne ce qui implique d'observer les changements durant une période de transition entre le moyen âge et l'époque contemporaine, la Révolution française. Les directrices ont utilisé 14 auteur-e-s pour 16 chapitres en 3 grandes parties. Je relie les deux dernières parties qui parlent de dissidences. Il ne faut pas oublier deux extraits de sources sur deux vies de femmes.

    La première partie, constituée de 6 chapitres, s'intéresse à la place des femmes au sein de la société moderne occidentale. Les chapitres présentent aussi bien l'éducation que le travail ou le politique. Les différentes autrices mettent en avant que les femmes ne soient pas à égalité avec les hommes. Ainsi, l'éducation n'est pas complète et vise surtout à donner des connaissances sommaires afin de permettre aux femmes de tenir le ménage et de vivre professionnellement. Le travail n'est pas le même non plus. Cependant, il peut arriver que des femmes doivent gérer les magasins de leurs anciens maris, ou lors d'un long voyage de celui-ci. Deux chapitres s'intéressent aussi à la beauté et aux soins. La beauté peut être un bien mais aussi un danger, surtout pour les femmes pauvres. Tandis que les soins se modifient avec la peur de l'eau. Il devient plus important de se poudrer, de se parfumer et de porter un linge de corps blanc.

    Une seconde partie s'intéresse aux paroles autours des femmes. 4 chapitres sont édités. Ils s'intéressent à la littérature, au théâtre, à la philosophie mais aussi à la médecine et à la science. Ces chapitres se rejoignent en montrant que les auteurs et scientifiques modernes défendent un rôle différent pour les femmes. Rares sont les hommes qui considèrent que les femmes ont les mêmes capacités que les hommes (mais ils existent). Ces différentes paroles permettent aussi de montrer des craintes spécifiques. Ainsi, le théâtre, selon le chapitre dédié, implique un danger pour les actrices qui risquent d'entrer dans une forme de prostitution. Tandis que la science et la médecine naturalisent un rôle féminin différent de celui des hommes.

    Enfin, une troisième partie se concentre sur les dissidences en 5 chapitres. Deux chapitres se concentrent sur les femmes qui essaient d'entrer dans les conversations politiques et scientifiques. D'une part, les précieuses et la création des salons sont examinés. D'autre part, un chapitre se concentrer sur les femmes journalistes et les journaux féminins dont certains sont très critiques envers le fonctionnement de la société. Les trois chapitres suivants parlent plutôt de criminalité. Bien entendu, cela implique de parler des sorcières. Mais on apprend aussi des choses sur les criminalités féminines. Celle-ci est vue comme dangereuse lorsqu'elle implique les enfants mais aussi lorsque les servantes volent leurs maîtres. Enfin, un dernier chapitre se concentre sur les émeutes qu'il conçoit comme un passage du privé au politique. Les émeutes débutent souvent face à des denrées dont les prix augmentent sans assez de justification. IL faut donc forcer un prix juste avant de retourner au privé.

    Comme tous les autres tomes, cette histoire des femmes en occident est très dense. Les chapitres donnent beaucoup d'informations et une connaissance générale de la période est un plus. Cependant, il me semble que cette histoire des femmes en occident parle peu d'autres espaces que le royaume de France.

    Image : Éditeur

  • Low vol 5. Light Brings Light par Rick Remender, Dave McCaig et Greg Tocchini

    Titre : Low vol 5. Light Brings Light
    Auteurs : Rick Remender, Dave McCaig et Greg Tocchini
    Éditeur : Image comics 10 mars 2021
    Pages : 171

    Ce dernier volume contient Low 20-25. Il y a longtemps que j'attendais ce dernier volume. Low parle de l'humanité. Celle-ci a survécu au soleil en s'enfonçant dans les profondeurs des océans. Mais, les dômes ont failli l'un après l'autre jusqu'à ce qu'il n'en reste que trois. Dans ce dernier volume, seuls deux dômes sont encore en fonction. Salus est en train de remonter afin de s'élancer dans les étoiles. Le second dôme a abandonné tout espoir et considère l'envol de Salus comme une attaque directe contre leur foi. Il n'y a qu'une solution : la guerre. Mais alors que les derniers humain-e-s se combattent une autre menace se dévoile à la surface de la Terre.

    SPOILERS

    La fin est-elle aussi bonne que l'attente que j’avais ? Honnêtement, je ne le pense pas. Certes, Remender et les deux artistes s'en sortent toujours aussi bien. On plonge véritablement dans la richesse de cet univers et les éléments mis en avant auparavant sont utilisés pour les derniers épisodes. De plus, j'apprécie que Remender se soit posé la question des humain-e-s qui ont construit les dômes et qui, dans cet univers, ont été laissé en arrière. Ces humain-e-s ont évolués et se voient comme plus avancé-e-s que l'humanité qui a plongé.

    Malheureusement, j'ai l'impression que Remender s'est précipité pour terminer son histoire. Plusieurs changements importants sont introduits au détour d'une case. Je pense aussi bien à la véritable mission du robot, qui implique des questions supplémentaires en ce qui concerne le monde de la surface. Mais je pense aussi à la sirène qui est toujours en danger mais qui survit systématiquement par nécessité scénaristique. Ces derniers épisodes ne nous laissent pas le temps de souffler, mais j'aurais apprécié un volume de plus qui aurait permis de mieux préparer les événements de la fin de Low.


    ** 
    *** 
    **** Une bonne conclusion, qui aurait mérité de prendre un peu plus de temps de préparation.
    *****

    Image : Éditeur

  • The 100 saison 7

    Les 100 n'ont jamais été 100. À l'origine, il y avait 100 enfants chargés de tester l'habitabilité de la Terre. Les morts furent nombreuses et les 100 ont rapidement compris qu'illes n'étaient pas les seuls survivant-e-s. Les événements ont mené à de nombreux crimes et compromissions en vue de survivre face aux dangers de la Terre. Mais celle-ci est morte. L'humanité est partie dans les étoiles et a découvert Sanctum. Une lune habitée par des humain-e-s et leur dirigeant-e-s divinisé-e-s. Une guerre a eu lieu, les divinités ont perdu. L'humanité pourrait maintenant tenter de vivre en paix, et de comprendre les anomalies de Sanctum.

    SPOILERS

    Rare sont les séries à réussir à créer une fin acceptable. Les 100 arrivent à se terminer. Certes, l'idée de l'ascension semble tomber comme un cheveu sur la soupe. Rien ne préparait à aller dans cette direction et une grande partie de la saison 7 implique d'expliquer ce qu'est l'ascension et comment l'atteindre. On peut aussi déplorer une fin un peu injuste pour Clarke. Depuis le début de la série, elle tente de permettre à d'autres de survivre. Mais elle n'est la seule à avoir fait de mauvais choix ou à avoir pratique des atrocités. Pourtant, elle est l'unique personne à être punie par cette fin (heureusement, on m'a communiqué une courte fan fiction qui écrit une fin bien meilleure).

    Cette série pose la question de la survie et des actes nécessaires. Depuis la saison 5 et 6, elle pose aussi la question de la nécessité d'aller plus loin que la survie et de faire mieux que nos ancêtres. Cet aspect, à la fin de la saison, devient le point central de la série. En effet, l'ascension n'est possible que si l'humanité réussit à prouver sa capacité à stopper le cycle de la violence. Même si les dernières scènes pourraient semblent un peu artificielle, je trouve qu'elles fonctionnent bien. Il y aura donc eu 7 saisons avec une fin que je considère acceptable.


    ** 
    *** 
    **** Une dernière saison imparfaite mais globalement bonne
    *****

    Image : IMDB

  • Torchwood 16. First Born par James Goss

    Titre : Torchwood 16. First Born
    Auteur : James Goss
    Éditeur : Penguin 21 juillet 2011
    Pages : 256

    Torchwood n'existe plus. Le gouvernement britannique a détruit l'institut et a tenté d'assassiner ses membres. Bien que la crise de 456 soit passée, Gwen Cooper et son mari sont toujours chassés par les services secrets. Le couple doit tout abandonner et fuir. Heureusement, Torchwood possédait un grand nombre de propriétés qui permettent de se cacher discrètement. Mais est-ce une bonne idée d'utiliser des cachettes de Torchwood quand on sait quel était le but de l’Institut ? D'autant que le couple a maintenant un bébé de 10 semaines à gérer.

    SPOILERS

    Ce roman se déroule après la saison 3 et avant la saison 4. Il permet de faire le lien entre deux périodes creuses. Son but est de montrer comment le couple Rhys et Gwen réussit à s’échapper et à se cacher durablement. Mais il ne répond pas aux raisons derrière les nombreuses attaques subies. Il permet aussi de nous montrer que Gwen ne pourra jamais échapper à l'emprise de Torchwood. Elle est obligée d'utiliser les biens de Torchwood pour se cacher mais elle connait aussi bien trop de choses pour ne pas réagir automatiquement aux problèmes rencontrés par d'autres personnes. Il est dommage que l'intrigue soit si peu engageante car elle aurait pu être bien plus intéressante.

    Ce roman met en avant la parentalité. Gwen et Rhys se trouvent dans un village sans enfants réels. Les jeunes du village sont des constructions qui essaient d'imiter l'adolescence, mais n'y arrivent pas. Dans ce contexte de tristesse, le couple apporte le premier bébé depuis des décennies. L'auteur montre les envies que cela crée mais il parle aussi des nombreuses contraintes de la parentalité. C'est en particulier Gwen qui est mise en avant car elle doit non seulement subir les besoins corporels du bébé, Anwen, mais elle doit aussi subit les conseils donnés spontanément par des étrangers et étrangères. Les deux membres du couple sont aussi décrits comme épuisés par les besoins d'un bébé très jeune. Ce roman ne vend pas du rêve en ce qui concerne la perspective d'avoir un enfant, et c'est une bonne chose.


    ** 
    *** Les besoins et contraintes de jeunes parents me semblent bien écrits mais l'intrigue est peu intéressante
    **** 
    *****

    Image : Éditeur