Gondolindrim's Stories - Page 2

  • The Unbeatable Squirrel vol 11. Call Your Squirrel Friend par Ryan North, Derek Charm, Naomi Franquiz, Erica Henderson et Rico Renzi

    Titre : The Unbeatable Squirrel vol 11. Call Your Squirrel Friend
    Auteur-e-s :  Ryan North, Derek Charm, Naomi Franquiz, Erica Henderson et Rico Renzi
    Éditeur : Marvel 24 septembre 2019
    Pages : 128

    Ce volume 11 contient Unbeatable Squirrel Girl (2015B) 42-46. Vous passez un peu de temps pour vous quand soudain Kang décide de vous attaquer pour une raison incompréhensible. Vous prenez des vacances quand soudain vous êtes téléporté-e-s sur Terre en pleine guerre. Si vous vous retrouvez dans ces problèmes vous êtes Doreen. Car après avoir échappé à la plupart des événements de l'univers Marvel Doreen va s'impliquer dans la Guerre des Royaumes avec l'aide de Loki et d'une ancienne ennemie.

    SPOILERS

    Je ne suis pas fan des événements que ce soit chez Marvel ou DC. Ces événements sont rarement intéressants, trop nombreux, n'ajoutent pas grand-chose à l'histoire et surtout imposent des intrigues sur d'autres séries ce qui impose d’interrompre ou d'annuler des intrigues en cours ! Cependant, War of the realms est l'un des rares événements que j'ai apprécié ces dernières années j'états donc curieux de savoir comment Doreen serait impliquée.

    Le volume commence par un numéro spécial qui célèbre 50 numéros de la série en reliant différentes versions de Squirrel Girl. L'intrigue n'est qu'un prétexte à une réunion sympathique sans conséquences. Dès la suite, on observe ce que fait Doreen dans la Guerre es Royaumes. Ryan North a la bonne idée de l'envoyer dans une mission individuelle avec une ancienne ennemi vaincue aux tous débuts de la série. Leurs interactions sont réalistes mais, comme toujours, Doreen offre un moyen de devenir une meilleure personne. Elle réussit aussi à vaincre les Géants de Glace en utilisant son intelligence et ses capacités rhétoriques.

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    ***** Et il ne resta qu'un dernier volume

    Image : Éditeur

  • The Unbeatable Squirrel vol 10. life is too short, squirrel par Ryan North, Derek Charm, Naomi Franquiz et Rico Renzi

    Titre : The Unbeatable Squirrel vol 10. Life is too short, squirrel
    Auteur-e-s :  Ryan North, Derek Charm, Naomi Franquiz et Rico Renzi
    Éditeur : Marvel 19 mars 2019
    Pages : 120

    Ce volume 10 contient The Unbeatable Squirrel Girl (2015B) 37-41. Squirrel Girl est morte. La communauté héroïque, les médias et la ville de New York ont annoncé sa mort peu de temps après qu'elle ait sauvé la vie d'une famille. Un enterrement a eu lieu. Mais Doreen est en vie ! Qui a imité Squirrel Girl jusqu'à faire croire à sa mort. Et qui peut non seulement imiter son corps mais aussi ses pouvoirs ? A qui Doreen peut-elle faire confiance ?

    SPOILERS

    Il ne me reste plus que deux volumes de cette série. Je ne regrette pas du tout mes achats ni de l'avoir lue d'une seule traite. Bien que l'on puisse sentir que les auteur-e-s commencent à être à court d'idées illes sont toujours capables de créer des histoires de bonne qualité avec des personnages bienveillants qui essaient de trouver des solutions capables d'aider tout le monde.

    Dans ce nouvel arc nous avons donc à nouveau une personne qui n'est pas si dangereuse qui prévu. Alors que son espèce est une ennemie de l'humanité Squirrel Girl souhaite observer les individus et leurs actions, et aider si besoin. J'ai surtout beaucoup apprécié que les problèmes de cet arc proviennent de la tendance de Doreen à ne pas combattre mais à réfléchir avant de prendre des décisions et d'attaquer, ce qui n'aurait pas été le cas dans d'autres séries.

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    ***** Et il ne resta plus que deux volumes

    Image : Éditeur

  • The Unbeatable Squirrel vol 9. Squirrels Fall Like Dominoes par Ryan North, Derek Charm et Rico Renzi

    Titre : The Unbeatable Squirrel vol 9 Squirrels Fall Like Dominoes
    Auteur-e-s :  Ryan North, Derek Charm et Rico Renzi
    Éditeur : Marvel 27 novembre 2018
    Pages : 128

    Ce volume 9 contient The Unbeatable Squirrel Girl (2015B) 32-36. Doreen et ses ami-e-s n'ont pas eu le temps de souffler. Elle décide donc, avec Nancy, de proposer une petite soirée jeu au sein d'un escape game. Elle propose aussi d'inviter Kraven. Mais l'escape game pourrait-il être un piège ? Et que faire lorsque la police de New York décide d'arrêter Kraven pour ses nombreux crimes ? Doreen va devoir prendre des décisions difficiles.

    SPOILERS

    Depuis le début de la série Doreen est montrée comme quelqu'un qui croit aux possibilités de rédemptions. Kraven n'est que l'un des personnages qu'elle a aidé à trouver un autre moyen de vivre et qui, progressivement, devient un peu meilleur. Cependant, il reste un criminel et il est normal que son passé soit confronté à un moment donné. Les auteur-e-s ont décidé de ne pas mettre en cause leur création tout en acceptant le passé de Kraven. Doreen reste donc plein d'espoir tout en acceptant le passé et les défauts de Kraven, créant un arc émotionnel pour nous.

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    ***** Personne n'est surpris

    Image : Éditeur

  • The Unbeatable Squirrel Girl Vol. 4 par Ryan North, erica Henderson, Rico Renzi, Chip Zdarsky, Iris Holdren, Madeline McGrane, Tom Fowler, Carla Speed McNeil, Michael Cho, Rahzza, Anders Nilsen, Jim Davis, Nilah Magruder, Geoffo et Siya Oum

    Titre : The Unbeatable Squirrel Girl Vol. 4
    Auteur-e-s :  Ryan North, Erica Henderson, Rico Renzi, Chip Zdarsky, Iris Holdren, Madeline McGrane, Tom Fowler, Carla Speed McNeil, Michael Cho, Rahzza, Anders Nilsen, Jim Davis, Nilah Magruder, Geoffo et Siya Oum
    Éditeur : Marvel 5 février 2019
    Pages : 272

    Ce volume 4 contient The Unbeatable Squirrel Girl (2015B) 22-31, A Year Of Marvels: The Unbeatable et Not Brand Echh 14. Doreen est de retour avec Nancy. Travailler ses études est une bonne chose mais, parfois, il faut se détendre. Les deux amies décident donc d'essayer de gagner un concours basé sur des puzzles informatiques compliqués. Et elles gagnent... un voyage en Terre Sauvage afin de voir les derniers dinosaures de la Terre ainsi que... Ultron ?!? ce n'est pas la seule aventure de ce volume qui envoie Nancy et Doreen dans l'espace pour combattre le Surfeur d'Argent.

    SPOILERS

    Cette série est toujours aussi adorablement bien écrite et drôle. On pourrait croire que je me lasserais mais non, j'en veux encore ! Je suis réellement très heureux de m'être lancé dans celle-ci après beaucoup d'hésitation. Les auteur-e-s font réellement attention au message délivré par la série. Les personnages ne sont pas parfaits mais essaient d'être un peu meilleures et de trouver des solutions qui permettent de faire plaisir à tout le monde.

    Personnellement, j'ai beaucoup aimé les derniers numéros. L'un se déroule dans l'espace et montre Doreen tenter de persuader Nancy de ne pas user de violence. Doreen accepte et reconnait ses propres travers et essaie de démontrer que la force n'implique pas le droit d'en user. Le dernier numéro est probablement mon préféré pour l'instant. On observe les deux amies passer leur vie ensemble, se soutenant mutuellement jusqu'à la fin. Une courte histoire émotionnellement forte.

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    ***** Je n'ai pas changé d'avis

    Image : Éditeur

  • The Unbeatable Squirrel Girl Vol. 3 par Ryan North, Erica Henderson, Rico Renzi, Will Murray et Zac Gorman

    Titre : The Unbeatable Squirrel Girl Vol. 3
    Auteur-e-s :  Ryan North, Erica Henderson, Rico Renzi, Will Murray et Zac Gorman
    Éditeur : Marvel 20 mars 2018
    Pages : 256

    Ce volume 3 contient The Unbeatable Squirel Girl (2015B) 12-21. Doreen est bien établie à l'université. Elle réussit à vaincre sans réellement se battre tout en suivant ses cours et en faisant en sorte d'étendre quelque peu son cercle social. Mais il est temps de prendre quelques vacances, en espérant que rien de catastrophique ne se déroule tant qu'elle est injoignable. Par exemple, que quelqu'un prenne le contrôle de l'intégralité des nations du monde. De plus, Doreen va bientôt fêter son anniversaire. Un bon moyen de mieux connaitre son origine.

    SPOILERS

    Difficile d'en dire beaucoup plus que ce que j'ai déjà mentionné. Ce volume ne change rien à la série, qui reste toujours aussi sympathique à lire. C'est probablement pour cette raison que les auteur-e-s ont ajouté quelques épisodes un peu différents. Le retour à l'origine de Doreen est sympathique et permet de la voir déjà en action alors qu'elle est encore en train de décider qui elle deviendra. J'ai aussi bien aimé l'épisode autours du chat Mew, dynamique et drôle. Le dernier épisode se concentre sur les amis de Doreen qui essaie de créer un lien d'amitié entre garçons.

    Le plus important est la seconde grande histoire de ce volume, autours d'une femme, Melissa Morbecks, capable de contrôler les animaux à l'aide d'une micropuce. Elle possède une éthique inverse à celle de Doreen. Alors que Doreen essaie d'agir au niveau individuel Melissa considère qu'elle a le droit et le devoir de changer globalement le monde, au prix de vies innocentes. Elle ne prend pas en compte le mal qu'elle fait pour atteindre son but individuel.

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    ***** Toujours très bon

    Image : Éditeur

  • The Unbeatable Squirrel Girl Vol. 2 par Ryan North, Erica Henderson, Rico Renzi, Chip Zdarsky, Joe Quinones, Jacob Chabot, Andy Hirsch, Kyle Stark et Tom Fawler

    Titre : The Unbeatable Squirrel Girl Vol. 1
    Auteur-e-s :  Ryan North, Erica Henderson, Rico Renzi, Chip Zdarsky, Joe Quinones, Jacob Chabot, Andy Hirsch, Kyle Stark et Tom Fawler
    Éditeur : Marvel 16 mai 2017
    Pages : 296

    Ce volume 2 contient The Unbeatable Squirrel Girl (2015B) 1-11 et Howard The Duck (2015B) 6. Squirrel Girl a passé sa première année d'informatique. Elle est maintenant une étudiante en seconde année ! Ce qui lui permet de mieux comprendre l'informatique, et de ne pas hésiter à utiliser ses connaissances en plein combat. Mais elle est aussi membre des Avengers tout en devant se défendre contre un voyage dans le temps, Doom et surtout la possibilité de sortir avec des garçons.

    SPOILERS

    La série garde son identité propre. Squirrel Girl est intelligente et drôle. Elle est secondée par des personnes qui lui permettent de créer des relations d'amitié appréciable. Mais elle est aussi un peu maladroite, surtout lorsque sa mère vient raconter des histoires de famille à sa colocataire. Les auteur-e-s font aussi en sorte de toujours trouver un moyen différent de vaincre, souvent par la discussion et l'empathie.

    En parlant de ça, j'ai beaucoup apprécié les quelques numéros sur les tentatives de Squirrel Girl de sortir avec des garçons. Elle se retrouve impliquée dans une relation avec Mole Man. Cette relation commence par Squirrel Girl qui accepte les problèmes subits par Mole Man. Mais elle est continue par cet homme qui considère que la simple empathique de Squirrel Girl implique une relation romantique. Plusieurs numéros permettent de montrer ce qui ne va pas dans cette manière de traiter quelqu'un, forcer une relation par un chantage romantique, toucher quelqu'un sans demander son consentement, etc.

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    ***** Empruntez le en bibliothèque !

    Image : Éditeur

  • The Unbeatable Squirrel Girl Vol. 1 par Ryan North, Erica Henderson et Rico Renzi

    Titre : The Unbeatable Squirrel Girl Vol. 1
    Auteur-e-s :  Ryan North, Erica Henderson et Rico Renzi
    Éditeur : Marvel 15 novembre 2016
    Pages : 248

    Ce volume contient The Unbeatable Squirrel Girl (2015) 1-8, Marvel Super-Heroes (1990) 8, GLX-Mas Special, The Thing 8 et Age of Heroes 3. Après avoir vécu en secret dans le grenier des Avengers. Il est temps de grandir et d'entrer à l'université afin d'étudier l'informatique. La vie d'une héroïne avec une identité secrète n'est pas facile. Elle doit jongler entre ses cours, sa colocataire et son chat, mais aussi les différentes personnes qui tentent d'attaquer l'université voire l'arrivée de Galactus ! Heureusement, Squirrel Girl est imbattable !

    SPOILERS

    Il m'a fallu du temps avant de me décider à lire cette série. Ce sont les critiques très positives qui m'ont poussé à tenter le coup. Et dans un monde qui semble n'être que sombre et sérieux Squirrel Girl est un vrai rayon de soleil. Elle est positive, intelligente mais aussi un peu gauche et parfois elle ne dit pas ce qu'il faut. Elle fait des blagues, mais elles ne sont pas forcément très drôles. Mieux encore, elle essaie de résoudre les problèmes de manière intelligente sans forcément user de la force. Ce qui lui permet de toujours vaincre et jouant sur l'identité de ses adversaires.

    De plus, l'écriture est très drôle. L'auteur s'amuser à ajouter des commentaires en bas de page. Il essaie de créer des situations à la fois absurdes mais qui fonctionnent dans l'univers marvel. L'écriture est aussi aidée par un dessin qui peut sembler un peu enfantin mais qui, à mon avis, fonctionne parfaitement avec la positivité du titre. Les personnages semblent réels cars ils sont dessinés comme si on pouvait les croiser dans la rue. Cette édition ajoute aussi des lettres envoyées à Marvel. Le choix montre l'amour mutuel entre les auteur-e-s et les personnes qui les lisent.

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    ***** Une très bonne découverte. Vite ! La Suite !

    Image : Éditeur

  • Torchwood 6. The Twilight Streets par Gary Russell

    Titre : Torchwood 6. The Twilight Streets
    Auteur :  Gary Russell
    Éditeur : Penguin 5 janvier 2017
    Pages : 256

    Jack Harkness connait l'intégralité de Cardiff. Du moins, c'est ce qu'il veut croire. Jack connait Torchwood comme sa poche, là aussi il aimerait bien y croire. La vérité c'est que certains lieux et certains points du passé ne lui sont pas ouverts. Lorsqu'un récent ennemi, vaincu, revient lui demander de l'aide Jack se demande si cela n'aurait pas un lien avec une rue spécifique de Cardiff. Une rue dans laquelle il n'a jamais été capable d'entrer et qui est en cours de rénovation. Une rue au sujet de laquelle de nombreuses rumeurs existent. Elle serait hantée et personne n'y reste longtemps.

    Spoilers

    Si j'ai bien compris la chronologie, ce roman se déroule après la fin de la saison 1 et après le retour de Jack à la suite de la fin de la saison 3 de Doctor Who. L'auteur s'intéresse à la personne qui avait manipulé l'équipe de Torchwood afin de libérer un démon capable de tuer simplement par son ombre. Gary Russell ne se contente pas de reprendre ce personnage, il lui donne un peu de consistance en lui offrant un but. Il n'est plus simplement un fanatique souhaitant la mort du monde. Il est le servant d'un être chargé d'aider l'univers dans une lutte entre la Lumière et l'Obscurité. Ainsi, la fin du démon implique un danger pour l'équilibre de l'univers, un équilibre qu'il faut restaurer avec ou sans l'aide de Torchwood.

    Cependant, on peut se demande si tout cela était bien nécessaire. On crée toute une mythologie autours d'un personnage de fin de saison qui ne réapparait plus jamais dans la série. On offre à cette mythologie un lien avec la lutte entre le bien et le mal tout en offrant une vision des tentations qui peuvent recevoir les membres de l'équipe Torchwood. Mais il n'y aura pas vraiment de conséquences. Cette extension de la mythologie restera sans effet pour la suite et pour la série puisque celle-ci est annulée après avoir pris une nouvelle direction.

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    ** Pas horrible à lire, loin de là, mais une extension de l'univers Torchwood qui est malheureusement inutile
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    Image : Éditeur

  • La crise des sociétés impériales. allemagne, France, Grande-Bretagne, 1900-940. Essai d'histoire sociale comparée par Christophe Charle

    Titre : La crise des sociétés impériales. Allemagne, France, Grande-Bretagne, 1900-940. Essai d'histoire sociale comparée
    Auteur :  Christophe Charle
    Éditeur : Seuil 7 mars 2001
    Pages : 608

    Christophe Charle, dans ce livre, essaie de comprendre le fonctionnement et la chute éventuelle de trois sociétés qu'il qualifie d'impériales. Ces sociétés fonctionnement de manière différentes mais elles ont toutes connus des crises comparables, en particulier concernant les tensions entre classes sociales. Ces trois sociétés sont aussi impliquées dans deux guerres mondiales et Christophe Charle essaie non seulement de comprendre l'effet de ces guerres mais aussi les raisons qui ont permis de justifier l'entrée en guerre de ces sociétés. Le livre est divisé en quatre parties.

    La première partie est constituée de trois chapitres. C'est une partie introductive qui permet é l'auteur de placer les éléments du décor de son essai de comparaison sociale. Chacun des chapitres se concentrent sur l'un des pays examinés afin de nous montrer son fonctionnement socio-politique. Deux de ces pays sont fortement inégalitaires. L'Allemagne est, en plus, peu démocratisé alors que la Grande-Bretagne connait une forme minimale de démocratie. Seule la France est une véritable démocratie, basée sur l'importance des paysans afin de contrecarrer la force ouvrière. Il ressort de ces chapitres que ces trois pays sont fortement inégalitaires en ce qui concerne les classes sociales.

    La seconde partie, en trois chapitres aussi, abandonne cette division en pays pour s'intéresser à des questions thématiques. Cet abandon est possible grâce à la première partie. Christophe Charle débute son examen par les dynamiques sociales. Ceci lui permet de nous expliquer comment les différentes classes sociales gagnent ou perdent en capitale politique et économique avant l'entrée en guerre de 1914. Cette entrée en guerre est expliquée dans le chapitre 5. Loin de se contenter de la culpabilité de l'Allemagne ou de l'attentat de Sarajevo Christophe Charle préfère mettre en avant des explications sociales. Ainsi, toutes les élites des pays concernées ont intérêt à une guerre mais sous-estiment ses effets. La durée de la guerre, qui était inattendue, serait due au besoin de justifier les sacrifices par une victoire de plus en plus importante. Un dernier chapitre examine le fonctionnement des sociétés durant la guerre. En plus de la division entre l'avant et l'arrière, Christophe Charle montre que les classes sociales des trois pays ne sont pas divisées de la même manière. Par exemple, les classes supérieures britanniques sont fortement impliquées dans la guerre.

    La troisième partie, 3 chapitres, se concentre sur l'entre-deux-guerres. L'auteur retourne à un examen par pays. Il débute par la République de Weimar qui connait des crises politique, sociale, économique et financière importante. Ces crises permettent de comprendre les raisons derrière la chute de la démocratie et l'arrivée au pouvoir des nazis qui annoncent défendre la petite bourgeoisie contre la gauche, au sens large. La France aussi connait une crise de classe importante qui débouche sur la grève générale de 1936 et l'arrivée au pouvoir de la gauche. La réaction est violente et empêche une union nationale interclasse. Enfin, la Royaume-Uni est tout aussi inégalitaire mais réussit à créer une forme de solidarité qui évite les solutions extrêmes.

    La dernière partie n'est constituée que de deux chapitres. Le premier examine l'état impérial nazi. Ce chapitre est assez restreint car il doit rester dans la problématique générale du livre. Christophe Charle examine le fonctionnement de la société et montre que l'état nazi garde une partie des anciennes élites en place, sauf si celles-ci proviennent d'un gouvernement de gauche. Cependant, l'état nazi offre de nouvelles entrées à des personnes plus jeunes qui se trouvent en dehors du bassin sociale des élites. Le dernier chapitre, lui, permet de comprendre pourquoi la France s'est effondrée alors que le Royaume-Uni a résisté lors de la deuxième guerre mondiale. Selon l'auteur, il faut voir une explication dans la solidarité plus importante entre les classes sociales au Royaume-Uni alors que la France est démoralisée rapidement suite, aussi, à de mauvaises décisions militaires.

    Ce livre est assez massif et les explications de l'auteur sont très riches. J'ai bien apprécié la problématique mise en place, même si les trois premiers chapitres sont plus difficiles à lire que les autres. Ils sont, en effet, bien plus arides. Mais dès la seconde partie, la lecture devient bien plus plaisante.

    Site de l'éditeur

  • Flash saison 6

    Barry Allen a tout ce qu'il souhaitait. Il est marié. Il est toujours employé par la police. En tant que Flash il est adoré. Il a une équipe qui le soutient et lui permet de vaincre tous les problèmes possibles. Mais en ce début de saison 6 le Flash apprend quelque chose qui va changer sa vision du monde. Il ne lui reste que quelques mois à vivre. En effet, la Crise arrive et seule la mort du Flash permet de sauver le monde. Tout en se préparant à sa disparition Barry décide de prendre le temps de dire un dernier adieu à tout le monde. Mais il doit aussi protéger la ville d'une dernière menace, celle d'une personne qui pense avoir vaincu la mort.

    SPOILERS

    La première partie de la saison est plutôt bien construite. Au lieu d'un méchant par épisode se pose la question de l'acception de sa mortalité par Barry Allen. Il essaie d'être certain du futur qui lui est annoncé avant d'accepter celui-ci. Pour mieux marquer ce choix on le place face à un ennemi qui refuse la mort et qui souhaite rendre l'humanité éternelle, au prix de son individualité. Ce n'est pas très subtil mais ça fonctionne bien avec l'idée de la crise et de la disparition du Flash et donc de Barry Allen. Ce sont des épisodes qui peuvent être émouvants et qui marquent clairement le temps restant avant la Crise.

    D'une certaine manière je trouve dommage que la série ne se termine pas avec cette saison. La Crise est annoncée comme la mort du Flash depuis le début et je trouve dommage d'abandonner cette fin. Au lieu de cela, la série devient un moyen d'expliquer ce qui change dans ce nouvel univers qui regroupe une partie des personnages DC. On retrouve certaines personnes, un peu transformées. La série marque aussi un changement important puisque Iris disparait tandis que les pouvoirs de Barry Allen commencent à perdre en intensité avant leurs disparition finale. Ces deux points seront probablement résolus dans la saison 7 puisque la saison 6 a souffert du Covid-19 et n'est donc pas terminée comme il était prévu.

    Image : Allociné

  • Runaways 5. Cannon Fodder par Rainbow Rowell, Andrés Genolet, Kris Anka, Walden Wong, dee Cunniffe, Matthew Wilson, Federico Blee et Jim Campbell

    Titre : Runaways 5. Cannon Fodder
    Auteur.e.s :  Rainbow Rowell, Andrés Genolet, Kris Anka, Walden Wong, Dee Cunniffe, Matthew Wilson, Federico Blee et Jim Campbell
    Éditeur : Marvel 9 septembre 2020
    Pages : 160

    Ce volume 5 contient Runaways (2017) 25-31. Depuis que le groupe nommé Runaways s'est réuni par suite de leur découverte des activités de leurs parents jamais illes n'ont pensé pouvoir être un groupe de héros et héroïnes. Lors de leur retour ensemble, initié par Gert et Chase, illes souhaitaient simplement vivre ensemble et se soutenir mutuellement. Mais, récemment, Karolina a décidé de faire plus. Elle veut devenir une véritable héroïne. Rapidement, elle est observée par un certain Doc Justice qui propose de leur apprendre à travailler en équipe.

    SPOILERS

    Les Runaways ne sont pas une équipe, c'est une famille. Illes vivent ensemble. Illes travaillent pour un salaire et pas pour le plaisir de contribuer à la société par un emploi important. Illes essaient de vivre ensemble malgré les crises. Doc Justice, lui, a toujours été un héros. Il veut être vu et il veut surtout ne pas être oublié. Son seul et unique but est d'être observé, de contrôler la narration.

    Les auteur.e.s nous montrent rapidement que Doc Justice n'est pas exactement ce qu'il semble être. Il est trop bon enseignant. Il possède trop de choses qui le lient à d'anciennes itérations de son équipe. Surtout, toutes ses équipes ont connus des tragédies alors que lui a survécu. Pire encore, il se marie toujours avec le même type d'héroïne. Logiquement, il n'y a que Gert qui se rend compte que quelque chose ne tourne pas rond car elle est la seule que Doc Justice laisse de côté. Cette arrivée de Doc Justice n'est donc qu'une parenthèse. Mais elle permet de consolider la famille et de leur permettre d'être un peu meilleurs au combat.

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    **** Pas besoin de beaucoup d'action, les auteur.e.s savent que les relations entre les personnages sont bien plus intéressantes.
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    Image : Éditeur

  • Torchwood 5. Trace Memory par David Llewellyn

    Titre : Torchwood 5. Trace Memory
    Auteur :  David Llewellyn
    Éditeur : Penguin 15 février 2018
    Pages : 256

    1953, un chargement arrive à Cardiff avant d'être renvoyé à Londres. Ce chargement est destiné à une étude par Torchwood. Mais dès son arrivée sur les quais le chargement explose tuant sur le coup 3 personnes et blessant gravement une 4ème personne. Ce dernier se nomme Michael. Plus de 50 ans plus tard, Michael est découvert au sein des archives de Torchwood. Il ne sait ni pourquoi ni comment il est arrivé dans Torchwood. Mais il sait qu'il est poursuivi par des créatures. Plus étonnant, chacun des membres de l'équipe Torchwood a déjà rencontré Michael lors d'années différentes.

    SPOILERS

    Contrairement au volume 4 ce roman n'est pas gore. Je dois avouer que c'est un soulagement, je ne sais pas si j'aurais pu lire un second Torchwood de ce style en si peu de temps. Ce Torchwood est calme. Il se déroule sur une soirée. Une soirée durant laquelle il se passe peu de choses. Les chapitres sont des récits des différents personnages afin de comprendre qui est Michael et comment l'aider. Il y a donc peu d'actions mais beaucoup de changements de scènes.

    Ceci rend une présentation des qualités du roman difficile. En effet, j'ai apprécié ma lecture. Il n'y a pas d'urgences et j'ai eu l'impression de pouvoir prendre mon temps. Les personnages et les événements sont mélancoliques car, comme souvent, Torchwood est incapable de réellement agir pour aider quelqu'un victime de circonstances étranges. Même si, dès le début, je savais que la fin ne pouvait être que fatale j'ai aimé suivre les derniers jours de la vie de Michael. Non seulement sa progressive compréhension de ce qui lui arrive mais aussi le début d'une relation romantique et sexuelle avec Jack.

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    *** Difficile de choisir. C'est un roman calme, ce que j'ai apprécié, mais est-il trop calme ? 
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    Image : Éditeur

  • La Suisse, le national-socialisme et la Seconde Guerre mondiale Rapport final par Commission Indépendente d'Experts Suisse – Seconde Guerre Mondiale

    Titre : La Suisse, le national-socialisme et la Seconde Guerre mondiale Rapport final
    Auteur-e-s :  Commission Indépendante d'Experts Suisse – Seconde Guerre Mondiale
    Éditeur : Pendo 2002
    Pages : 569

    Il a fallu beaucoup de temps avant que je ne me lance dans ce rapport final. Bien que j'aie lu quelques productions de la CIE Seconde guerre mondiale une grande partie de ses travaux ne m'est pas connu. Ce rapport final est donc l'occasion de lire un résumé des principales questions posées à la CIE par le Conseil fédéral durant les années 90. Outre une édition papier, la CIE a fourni une version PDF du livre sur son site internet (toujours en ligne). Ce rapport final est divisé en 5 chapitres si l'on enlève l'introduction et la conclusion (respectivement chapitres 1 et 7).

    Le premier chapitre, juste après l'introduction, vise à donner les connaissances minimales nécessaires pour comprendre la période. Il décrit la guerre, la Suisse mais aussi l’immédiat après-guerre et les crimes du régime national-socialiste. Immédiatement après, un chapitre 3 s'intéresse à la question des réfugié-e-s, une question qui a été réévaluées récemment. Ce chapitre résume l'examen fait dans un autre volume des rapports de la CIE. On retrouver donc les même questions et réponses. En particulier, les auteur-e-s mettent en avant les décisions restrictives des autorités helvétiques face à des personnes en danger de morts, marquant encore une fois l'impact de l'année 1942. On ne peut pas arguer du manque de connaissances de la part des autorités, plusieurs personnes avaient donnés des preuves irréfutables des crimes en train d'être commis. Les auteur-e-s examinent aussi les excuses de l'époque pour ne pas accueillir plus de réfugié-e-s et concluent en leur invalidité.

    Le chapitre 4 est le plus important du rapport, il est constitué de 12 sous-chapitres et de près de 200 pages. Ce chapitre examine dans le détail les relations économiques entre la Suisse et l'Allemagne. Des secteurs précis sont examinés comme l'électricité, le transit ferroviaire mais aussi les banques, les assurances et les achats de biens culturels. Les auteur-e-s font attention de bien montrer les différents moments chronologiques et les pressions aussi bien de la part des alliés que des autorités allemandes. Il est, en effet, difficile de commercer avec les alliés après que l'Allemagne a pris le contrôle des tous les territoires entourant la Suisse. Néanmoins, les auteur-e-s montrent que les secteurs d'activités qui commercent avec l'Allemagne ont accepté les lois raciales allemandes sans remises en question, allant parfois même plus loin que demandé. Une partie de ce chapitre examine, d'ailleurs, les aryanisations des entreprises helvétiques qui impliquent le licenciement du personnel juif jusqu'en Suisse. Les auteur-e-s examinent aussi la question du travail forcé et expliquent que l'existence de celui-ci est connue dans par les décideurs économiques.

    Le chapitre 5, court, est un examen des questions de droit suisse en lien avec le droit racial allemand et les mises en causes impliquées pour l'ordre public helvétique. Il est placé avant le chapitre 6 qui examine les questions de restitutions de biens spoliés. La question se pose à la fin et après la guerre. Les auteur-e-s démontrent le peu d'empressement des autorités mais aussi des banques, assurances et musées pour résoudre cette question. En particulier, le secret bancaire a ici joué contre les victimes en empêchant des enquêtes au sein des banques qui souhaitaient protéger ce concept. Il est aussi nécessaire, pour les autorités helvétiques, de protéger le droit de possession mis à mal par l'idée de restitution, malgré les acquisitions douteuses voire directement illégales. Les auteur-e-s proposent une explication à ce manque d'empressement concernant les restitutions. Illes ne défendent pas la thèse de la corruption mais celle qui implique de suivre rigoureusement un droit précis qui permet de défendre, à l'international, un pays stable et sûr en ce qui concerne la finance.

    Ce rapport final n'est pas une lecture facile. Il est très dense et il ne fait que résumer 25 volumes. Les auteur-e-s savent que leurs conclusions n'impliquent pas la fin de la recherche. La fin de la conclusion permet de mettre en avant plusieurs questions en suspens à l'époque tout en présentant l'espoir d'un débat scientifique serein non seulement en Suisse mais aussi à l'étranger.

    Éditeur

  • Torchwood 4. Something in the water par Trevor Baxendale

    Titre : Torchwood 4. Something in the water
    Auteur :  Trevor Baxendale
    Éditeur : Penguin 31 juillet 2014
    Pages : 256

    CW : épidémie, meurtres, maltraitance animale

    Bob Strong est docteur. Il doit s'occuper d'une femme qui a tenté plusieurs fois de se suicider, du moins selon la police. Cette femme, du nom de Saskia Harden, le fascine. Alors qu'il s'occupe d'elle une épidémie commence à se déclarer près de Cardiff. Les autorités ne pensent pas que celle-ci soit dangereuse et poussent à rester calme. Mais Torchwood sait que quelque chose d'étrange est à l'œuvre. Et il se pourrait que Saskia Harden ne soit pas ce qu'elle dit être.

    SPOILERS

    Il est assez drôle de terminer ce livre en pleine pandémie alors que l'intrigue parle d'une épidémie et mentionne la grippe aviaire. Les descriptions des dangers d'une épidémie ne sont pas longues. Mais l'auteur fait attention à bien montrer le problème des hôpitaux en surcharge et des personnes qui ne savent ni qui croire ni quoi faire pour se protéger. Pourtant, le roman est sorti en 2014.

    J'ai trouvé ce roman pas trop mal écrit. Contrairement aux autres, nous avons là une menace importante. Torchwood est réellement la dernière défense face à une tentative d'invasion. Les événements sont très rapides, une question de jours, alors que l'équipe est de plus en plus épuisée, et souffre de l'épidémie comme le reste de Cardiff. Mais je me demande pourquoi ce roman se déroule plus loin dans la série que les autres ? Y a-t-il une erreur dans l'ordre des romans de ma part ? C'est possible.

    *
    ** 
    *** Un peu meilleur que les autres et qui ne traine pas en longueur.
    **** 
    *****

    Image : Éditeur

  • Torchwood 3. Slow Decay par Andy Lane

    Titre : Torchwood 3. Slow Decay
    Auteur :  Andy Lane
    Éditeur : Penguin 20 septembre 2018
    Pages : 256

    CW : grossophobie, troubles alimentaires, sexualité gênante (blagues sur l'absence de consentement par exemple), cannibalisme

    Torchwood est passionnante. C'est un travail qui crée toujours des surprises. Mais Torchwood est aussi un travail qui implique de longues heures, parfois la nuit. Depuis qu'elle est entrée à Torchwood Gwen observe sa relation avec Rhys souffrir et devenir de plus en plus tendue. Rhys observe aussi ce changement avec inquiétude. Il décide d'agir. Pour cela, il essaie de redevenir beau pour Gwen. Cela tombe bien, il a entendu parler d'une nouvelle pilule miracle qui permet de maigrir à grande vitesse.

    SPOILERS

    Ce troisième tome est à la fois le meilleur et le pire des Torchwood que j'ai lu jusqu'à présent. Il est très bon car on a enfin un fonctionnement en équipe. Les différents membres de Torchwood agissent selon leurs spécialités et les besoins de Jack. Il est bon car nous avons une écriture réaliste des relations amoureuses et amicales des personnages. Gwen et Rhys grandissent dans le cadre d'une relation qui atteint un stade adulte. Au lieu de tout quitter ou de vouloir absolument retrouver les débuts de leurs relations ils essaient de changer avec leur relation afin de trouver un nouvel équilibre.

    Malheureusement c'est aussi le pire et pas à cause du cannibalisme. Qu’on ne s'y trompe pas, je suis très heureux que ce livre n'ai pas été un épisode (l'épisode Countrycide m'a suffi). Mais je suis profondément gêné, honteux pour l'auteur, de la manière dont la sexualité est mise en scène. En dehors des blagues sur l'absence de consentement de certaines relations d'Owen, j'ai l'impression de lire des fantasmes d'un homme adulte qui n'a pas appris à posséder une sexualité saine. Rhys y est très mal écrit. Alors qu'il annonce vouloir aider une amie il est systématiquement montré comme fantasmant sur celle-ci. Les femmes, d'ailleurs, semblent toujours être en posture de séduction, ce qui est probablement une vision de l'auteur qui me semble problématique. Bref, je ne souhaite plus jamais relire ce type de scènes.

    *
    ** 
    *** Une bonne adaptation mais une intrigue moyenne
    **** 
    *****

    Image : Éditeur

  • Placés, déplacés, protégés ? L’histoire du placement d’enfants en Suisse, XIXe-XXe siècles par Joëlle Droux et Anne-Françoise Praz

    Titre : Placés, déplacés, protégés ? L’histoire du placement d’enfants en Suisse, XIXe-XXe siècles
    Autrice :  Joëlle Droux et Anne-Françoise Praz
    Éditeur : Alphil 2020
    Pages : 142

    Depuis quelques années les politiciens et chercheurs/euses se concentrent sur une histoire oubliée de la Suisse, ceci sous pression de personnes qui ont subi des décisions de placements et d'internements. La confédération a fait ses excuses ainsi que des autorités cantonales. Un fond a été mis en place pour atténuer, financièrement, les conséquences des placements à des fins d'assistances. Et des programmes de recherches ont été financé pour comprendre ce qui s'est déroulé et pourquoi (dont le PNR 76 toujours en cours). Ce petit livre vise à synthétiser les conclusions d'un projet de recherche sur les placements d'enfants. Il est construit en deux parties chronologiques.

    La première partie se concentre sur le XIXème siècle jusque dans les années 40, soit la mise en place du Code pénal suisse. Les autrices examinent la mise en place de la protection de l'enfance et des placements. Elles démontrent que cette protection de l'enfance dépend d'un effort international concernant non seulement les droits des enfants mais aussi les réformes de la justice. La justice des mineur-e-s est vue comme devant proposer des moyens de réformes et non punir un fait précis. Cela implique de proposer des mesures dont le temps n'est pas défini et qui peuvent être révisées, créant une forte incertitude pour les enfants concernés. Les placements ont lieu dans des milieux privés dont les finances ne sont pas très bonnes. Ces maisons fonctionnent par concurrences entre elles, empêchant des pensions trop élevées, et jouent sur le travail bénévole des enfants, travail vu comme un moyen de réforme. La vie dans ces établissements, parfois des prisons, est difficile avec un manque flagrant de chaleur humaine.

    La seconde partie se concentre sur les critiques et réformes pour se terminer de nos jours. Certains chapitres reprennent des périodes déjà examinées, mais dans une problématique différente. En effet, les autrices démontrent que les critiques existent depuis longtemps. L'aspect privé des établissements lié au souhait des communes de contrôler les coûts de l'assistance mène à une course au moindre frais qui se fait au détriment des personnes. Mais les critiques ne permettent pas de mettre en place des réformes. Ce n'est que dans les années 50 que les établissements commencent à essayer de suivre un fonctionnement qualifié de familial. Les résistances sont fortes et seules une révision du code pénal et du code civil permet d'une part de mettre en avant les droits des enfants et de créer un contrôle fédéral sur les établissements avec une surveillance plus importante par les assistant-e-s sociales. La partie se termine sur un historique des demandes de recherches. Les autrices inscrivent ces demandes dans un effort international de révision du passé des états et de leur gestion de la pauvreté.

    Alphil publie ici un petit livre synthétique, dont il offre la version PDF (une bonne idée étant donné que les librairies sont fermées). Bien que court, il est dense et je n'ai fait qu'effleurer ce qui est examiné par les autrices. Ce petit livre permet à tout le monde de mieux connaitre les recherches actuelles sur les placements et internements à des fins d'assistance dont les victimes cherchent encore une reconnaissance publique et une aide réelle. Je rappelle, d'ailleurs, que les conclusions de la Commissions d'expert-e-s internement administratif n'ont pas été suivies par le gouvernement qui semble vouloir se contenter de l'aspect financier pour mieux oublier les recherches et leurs questionnements pour aujourd'hui et demain.

    Image : Éditeur

  • Torchwood 2. Border princes par Dan Abnett

    Titre : Torchwood 2. Border princes par Dan Abnett
    Auteur :  Dan Abnett
    Éditeur : Penguin 20 septembre 2018
    Pages : 256

    Torchwood est en crise. La fin du monde est en cours et personne ne sait quoi faire ni ce qui se déroule réellement. Tout ce que l'équipe sait c'est qu'une partie des habitant-e-s de Cardiff semble être possédée par quelque chose d'inconnu. Alors que l'équipe enquête sur les causes de la crise de nombreux événements étranges se produisent au sein de la ville. Ces événements ne semblent pas être liés mais, ensemble, ils tendent à viser l'un des membres de l’équipe : James. Mais Torchwood n'a jamais eu de James en son sein.

    SPOILERS

    J'ai préféré ce second tome au premier. Le premier me semblait trop sombre même si cela est en accord avec la série. Ce second tome semble être beaucoup moins centrée sur une question précise. En effet, nous suivons l'équipe en train de résoudre plusieurs crises plus ou moins graves dans les alentours de Cardiff. J'ai apprécié lire l'équipe travailler et se détendre après avoir compris comment résoudre un problème précis. On observe Torchwood fonctionner comme n'importe quel autre travail, avec des rapports à écrire, des cas à vérifier et des réunions de l'équipe pour comprendre ce qui s'est mal passé.

    Cette vie de tous les jours permet d'introduire James. Il est décrit comme un membre de l'équipe mais on sait qu'il n'est pas censé exister. Son intrigue ressemble un peu à l'un des épisodes de la saison 2. James est comme ses collègues. Il a peur, il aime, il apprécie la vie. Mais plus le temps passe plus il est clair qu'il n'est pas ce que l'on croit. Personnellement, j'ai apprécié finalement apprendre d'où il provient et pour quelle raison.

    Image : Éditeur

  • Torchwood 1. Another life par Peter Anghelides

    Titre : Torchwood 1. Another life
    Auteur :  Peter Anghelides
    Éditeur : Penguin 1 aout 2011
    Pages : 256

    Torchwood, après être apparu durant la saison 2 de Doctor Who, devint un spin off complet. La série dure 4 saisons (même si on accepte d'oublier l'existence de la saison 4). Après deux saisons moyennes la série nous offrit une superbe saison 3. Mais la BBC a aussi proposé 19 romans placés dans l'univers de Torchwood. Celui-ci est le premier. Gwen est engagée depuis peu de temps. Elle commence à peine à comprendre et à intégrer ce qu'est Torchwood et ce que cela signifie pour elle et sa famille. Une famille qu'elle voit de moins en moins alors que Torchwood se lance dans une chasse au serial killer.

    SPOILERS

    L'auteur a réussi à donner par écrit l'ambiance de la série. Celle-ci est plus pessimiste que Doctor Who. Les personnages souffrent, échouent et parfois sont furieux de leurs incapacités. Il n'y a pas de Doctor pour les sauver à la dernière minute mais un Jack Harkness capable de tuer de sang-froid si besoin. Les personnages ne comprennent pas les technologies misent sous leur garde. Même la passion de la compréhension d'outils fantastiques est mise au second plan face à la crainte de tomber sur un outil de destruction.

    Il est dommage que l'auteur n'use pas de toutes les intrigues qu'il met en place. En effet, il donne un passé à Owen mais il ne le décrit que peu. Il marque la présence de Rhys mais ne questionne que peu les effets de Torchwood sur son couple avec Gwen. Il crée un jeu vidéo mais n'en fait pratiquement qu'un décor pour découvrir un nouveau personnage plutôt que quelque chose d'un peu plus ambitieux. En somme, l'auteur semble rester au milieu de balises précises qu'il semble ne pas pouvoir (vouloir ?) dépasser.

    *
    ** 
    *** Une bonne adaptation mais une intrigue moyenne
    **** 
    *****

    Image : Éditeur

  • Le meurtre de Weimar par Johann Chapoutot

    Titre : Le meurtre de Weimar
    Auteur :  Johann Chapoutot
    Éditeur : Presses Universitaires de France 11 mars 2015
    Pages : 108

    Les livres sur l'état nazi et ses crimes sont très nombreux. Il est extrêmement facile de les trouver et de les acheter. Les livres qui parlent de la République de Weimar et de sa fin sont moins nombreux dans les étagères des librairies. Il y a quelques années, j'avais lu un petit livre qui examinait le fonctionnement politique et institutionnel de cette république. Ce livre, le second de Chapoutot que je lis, s'intéresse à un fait divers précis pour mieux expliquer pourquoi et comment la République tombe et comment fonctionne, idéologiquement, le nazisme.

    On peut donc diviser ce livre en deux thèmes. Le premier concerne la République de Weimar. Usant d'un fait divers l'auteur explicite le fonctionnement de la République dans le cadre d'une crise politique et économique majeure. Alors que cette République devait être fortement démocratique l'ampleur de la crise et l'incapacité de créer une majorité parlementaire poussent la présidence à gouverner par décrets-lois. Cette incapacité de créer une majorité est due à la fois par le nazisme et les communistes, les deux extrêmes refusent le fonctionnement démocratique de la République. Vu que Weimar ne peut tenir sur une minorité le gouvernement essaie de créer des alliances avec l'extrême droite, tout en lui refusant l'entrée au gouvernement. Par la même occasion, des décisions sont prises contre les milices politiques, mais celles-ci sont souvent annulées quelques temps plus tard.

    Un second thème concerne la place du nazisme au sein de la société et ses tactiques pour prendre le pouvoir. Le livre se concentre sur une période de légalisme pour le parti. Le but est de prendre le pouvoir de manière légale sans coup d'état (mais les nazis veulent détruire la démocratie de l'intérieur, pas respecter ses institutions). Mais les troupes SA souhaitent le pouvoir et combattre contre l'ennemi. Il est donc nécessaire de justifier la violence des SA aussi bien en nommant un ennemi (juif, polonais et communiste) qu'en argumentant sur l'existence d'une guerre civile face à laquelle seuls les nazis ont résisté. La violence devient une défense et non une attaque. Le fait divers mis en avant par l'auteur permet aussi d'expliciter la vision du droit par les nazis. Ceux-ci considèrent que certaines personnes valent moins que d'autres et donc leur destruction est justifiée si cela permet de défendre la nation, biologique, allemande.

    Ce petit livre me semble mieux réussi que ma dernière lecture de Chapoutot. L'auteur use d'un meurtre précis pour mieux montrer l'état d'une société sur le point d'être dépassée par un état nazi. Je déplore que, de temps en temps, il y ait quelques propos qui créent de la confusion dans la chronologie. De plus, je trouve le livre bien trop court pour bien expliquer pourquoi la République de Weimar chute aux nazis. C'est dommage car les choix iconographiques et les sources mises en avant sont bien choisis et permettent à l'auteur de mettre en avant une thèse intéressante.

    Image : Éditeur

  • Star Wars: Alphabet Squadron 2. Shadow Fall par Alexander Freed

    Titre : Star Wars : Alphabet Squadron 2. Shadow Fall
    Auteur :  Alexander Freed
    Éditeur : Penguin 23 juin 2020
    Pages : 416

    CW : mentions de crimes de guerre, PTSD, mentions d'envie de suicide, crimes de guerre, torture

    Shadow Wing est l'une des équipes de Ties les plus entrainées de ce qui reste de l'Empire. Mais la défaite au-dessus d'Endor, l'opération Cinder ainsi que la bataille de Pandem Nai ont mis à mal la cohésion des pilotes. Alors qu'un nouveau commandant essaie de recréer l'équipe en vue de lui permettre d'être utile à l'effort de guerre une partie des efforts de la Nouvelle République se portent sur une planète gravitant autour d'un trou noir. Mais cette campagne est aussi un moyen de créer un piège pour ce qui reste de Shadow Wing. Celui-ci va-t-il fonctionner ou la Nouvelle République risque-t-elle, encore une fois, d'échouer face à cet escadron d’élite ?

    SPOILERS

    Ce roman suit immédiatement le tome précédent des aventures d’Alphabet Squadron. Nous retrouvons les mêmes personnages avec les mêmes problèmes. En effet, nous n'avons pas une équipe fonctionnelle en face de nous. Ce sont des personnes qui souffrent, ont peurs, subissent la guerre dans toute son horreur et les pertes que cela implique. Cette mise en scène qui ne montre pas d'héroïsme réel se retrouve dans les combats qui sont décrits. C'est difficile, on voit les personnages souffrir, être en manque de sommeil et qui observent les troupes mourir pour une mission qui n'est pas toujours comprise. Le roman réussit parfaitement à créer cette impression de futilité et de danger constant pour les membres d'une armée en train de vaincre, mais encore loin de la paix.

    Mais on peut se demande si le roman est réellement réussi. Personnellement, je suis mitigé. D'une part j'apprécie que l'on ne romantise pas la guerre et ses coûts pour les personnes qui la font, qu'elle que soient leur place dans cette guerre. Montrer les soldats de l'Empire dans leur humanité permet de faire cela. On comprend qu'illes ne sont pas toustes des criminels de guerres mais qu'illes veulent parfois uniquement survivre. En revanche, je n'ai pas l'impression que le roman permet réellement de terminer une histoire. La fin de ce tome ne voit la victoire de personne. Personne n'a réellement changé à la suite de ces combats. En fait, j'ai l'impression d'un retour complet à la ligne de départ. J'ai l'impression que ce qui rend ce roman intéressant est, justement, ce qui le fait échouer : l'écriture des personnages.

    *
    ** 
    *** Que penser de ce second volume ? Honnêtement je ne suis pas certain de le savoir
    **** 
    *****

    Image : Éditeur

  • Livewire 3. Champion par Vita Ayala, Tana Ford et Kelly Fitzpatrick

    Titre : Livewire 3. Champion
    Auteur-e-s :  Vita Ayala, Tana Ford et Kelly Fitzpatrick
    Éditeur : Valiant 20 mai 2020
    Pages : 112

    Ce dernier volume contient Livewire 9-12. Amanda McKee, Livewire, fut une des personnes les plus proches de Toyo Harada avant de le trahir. Le gouvernement des Etats-Unis lui demande de l'aide afin de lutter contre la fondation Harbinger. À la suite de cela elle devint une héroïne pour le grand public. Mais lorsque le gouvernement des Etats-Unis décide de capturer ou d'assassiner les psiotiques Livewire décide de contre-attaquer et détruit toutes les infrastructures électroniques sur le territoire des USA faisant d'elle une terroriste recherchée. Depuis, elle se cache. Mais un politicien en course pour le sénat souhaite lui donner l'occasion d'expliquer ses actes publiquement.

    SPOILERS

    J'ai honnêtement bien aimé les trois volumes autours de Livewire. Amanda McKee était obligée de repenser ses actions. Elle a compris avoir perdu le contrôle et devoir vivre avec des morts qu'elle a causés, alors que d'autres options existaient. Amanda n'est donc pas montrée comme parfaite mais comme humaine. Face à sa peur elle n'a pas pu rester rationnelle et doit maintenant accepter les conséquences de ses actes avant de pouvoir recréer un lien avec le reste du monde.

    Après un premier volume qui la poussait à l'introspection et un second volume qui mettait en cause ses a priori ce troisième volume lui permet de trouver des allié-e-s en vue de protéger sa famille. Les personnes qui l’aident ne sont pas parfaites non plus. Elles usent de méthodes douteuses se basant sur une vision fonctionnaliste des relations humaines. L'écriture de ce troisième volume est assez intéressante de ce point de vue. Mais j'ai aussi l'impression que nous aurions pu avoir mieux, plus intense, plus compliqué. Donc oui, j'ai apprécié cette fin mais il manque un petit quelque chose pour la rendre réellement bonne.

    *
    ** 
    *** 
    **** Une série intéressante et bien écrite mais qui aurait pu être bien meilleure.
    *****

    Image : Éditeur

  • Les féminismes en Europe. 1700-1950 par Karen Offen

    Titre : Les féminismes en Europe. 1700-1950
    Autrice :  Karen Offen
    Éditeur : Presses Universitaires de Rennes 2012
    Pages : 544

    J'ai lu plusieurs ouvrages d'histoire des féminismes. Ceux-ci sont, malheureusement, souvent centrés uniquement sur la France voire même à Paris spécifiquement. Il existe des exceptions comme le très bon Histoire mondiale des féminismes. Je souhaitais en savoir plus sur des féminismes non-francophones je me suis donc lancé dans la lecture de ce livre qui se concentre sur l'Europe entière. Il est construit en trois parties chronologiques. Le livre débute par un chapitre qui permet à l'autrice de conceptualiser le terme de féminisme tout en explicitant le fonctionnement de son livre.

    La première partie se concentre sur les années du XVIIIème siècle à l'aide de deux chapitres qui nous parlent des Lumières et de la Révolution Française. Karen Offen explique que cette période ne connait pas le terme de féminisme, mais cela ne doit pas empêcher d'examiner les moments de luttes en faveurs des droits des femmes. En effet, aussi bien des hommes que des femmes ont débattus et écrits afin de savoir si les femmes peuvent avoir une place égale aux hommes au sein de la Cité. En particulier, la Révolution Française est un premier moment de débat concernant les droits de vote. En effet, les hommes reçoivent ce droit mais les femmes en sont exclues. Outre cette question, les femmes revendiquent une éducation identique à celle des hommes en récusant une capacité de réflexion moindre face aux hommes. La question de l'éducation se retrouve dans plusieurs textes. L'autrice nous explique aussi que le rejet de la Révolution implique un rejet des droits des femmes, vus comme révolutionnaires.

    La seconde partie, de 5 chapitres, s'intéresse au XIXème siècle. C'est un siècle remplit d'événements politiques et de tentatives de révolutions, réussies ou non. Les mouvements féministes se greffent et tentent d'utiliser ces insurrections pour gagner des droits civils et civiques et sont mis sous silence lors des moments de reprises de contrôles. Ainsi, 1848 mais aussi les chutes des différentes monarchies françaises permettent aux femmes de demandes des droits égaux et, en particulier, le droit de vote. La période permet également de relancer le souhait d'une même éducation et la possibilité d'entrer au sein des universités. Cependant, le XIXème siècle est aussi un moment de lutte antiféministe avec la mise en place de ce que l'autrice nomme une guerre des savoirs. Les hommes et femmes antiféministes tentent de prouver une incapacité spécifiquement féminine de faire les mêmes choses que les hommes ce qui permet de justifier leur place au sein du foyer, protégée. Même les mouvements socialistes commencent à refuser les causes féministes au profit d'une part de la cause ouvrière mais aussi du travail des hommes. Les femmes sont vues comme des concurrentes potentielles dont le travail doit être régulé et protégé. Dans l'idéal, les ouvriers considèrent que le travail féminin ne doit exister que durant une période de célibat avant un mariage avec un homme qui offre des ressources financières adéquate à toute la famille.

    La dernière partie, en 4 chapitres, nous parle de la première partie du XXème siècle. En effet, l'autrice a décidé de ne pas traiter des mouvements féministes après 1950. Ces 4 chapitres font très attention aux périodes de guerres. Alors que certains mouvements féministes, nationaux comme internationaux, tentent d'éviter une guerre et considèrent que le féminisme est fondamentalement pacifique et la guerre fondamentalement masculine, d'autres mouvements féministes s'inscrivent dans le nationalisme et l'effort de guerre ou de résistance par la maternité. Il faut prendre en compte que nous sommes dans une période de craintes face aux pertes démographiques qui impliquent une pénalisation de plus en plus importante des contraceptions et de l'avortement. La guerre est aussi un moment qui met en danger les mouvements féministes. En effet, un grand nombre de femmes sont mortes et ne peuvent donc pas transmettre leurs archives, leurs connaissances ou le contrôle des organisations. Mais c'est aussi un moment d'internationalisation à l'aide de la SDN puis de l'ONU qui, tous les deux, s'intéressent à la cause des femmes en faveurs de l'égalité menant des recherches et enquêtes internationales.

    Ce livre est une somme importante de connaissances. L'autrice s'intéresse à un grand nombre de pays. Seuls quelques chapitres se concentrent sur des pays précis afin de permettre de répondre à des questions précises à l'aide d'un examen comparatif. L'autrice utilise et analyse un nombre impressionnant de sources de natures diverses et qui permettent de justifier son propos. Ainsi, malgré une idée souvent exprimée, les premiers mouvements féministes ne se contentent pas de parler du droit de vote. Déjà au XIXème siècle se pose la question du travail, de l'éducation, du salaire mais aussi de la politique familiale via la protection de la maternité et de l'amour libre, tenté par quelques couples. Cependant, je déplore que l'autrice ne se soit que peu intéressées aux relations entres les féministes européennes et les populations des colonies. La question de la race est un angle mort de ce livre. Les livres Ne nous libérez, pas on s'en charge ainsi qu’Histoire mondiale des féminismes donnent bien plus d'informations sur ce point et permettent de mettre en avant les tensions entre féminismes européens et féminismes dans les colonies et par les personnes racisées.

    Image : Éditeur

  • Ascender 3. The digital mage par Jeff Lemire, Dustin Nguyen et Steve Wands

    Titre : Ascender 3. The digital mage
    Auteurs :  Jeff Lemire, Dustin Nguyen et Steve Wands
    Éditeur : Image comics 23 décembre 2020
    Pages : 104

    Ce volume 3 contient Ascender 11-14. Mila peut enfin fuir la planète Samson avec l'aide du capitaine Tulsa. Le petit groupe a trouvé un ancien vaisseau capable de voyager entre les étoiles et donc d’échapper aux armées de Mère. Cette dernière subit l'humiliation de sa sœur qui décide de prendre le contrôle de la galaxie tout en la gardant en tant que subsidiaire. Il n'y a donc pas d'endroits dans la galaxie qui permette d'être en sécurité. Pourtant, Tulsa a un plan. Un plan qui pourrait aussi bien leur donner un indice capital concernant le message de Tim 21 et du chien ou qui pourrait les mener en plein milieu d'une bataille...

    SPOILERS

    Ascender est tout aussi mystérieux que Descender concernant les règles de son univers. La magie est apparue après être restée en sommeil mais on ne connait pas son fonctionnement ni son origine. Elle est présente et elle est maintenant la force majeure de la galaxie. Ce volume ne donne que peu d'informations en plus mais il est possible que les auteurs se préparent à nous offrir quelques révélations dans le futur, ce qui pourrait nous permettre de mieux comprendre cet univers.

    Ce volume nous offre aussi quelques surprises, en particulier le retour de Tim 21. Certes, ce dernier était attendu mais je ne pensais pas le retrouver sur un lieu familier en tant qu'allié de l'UGC. À la fin de Descender, on apprenait que tous les robots dont Tim 21 avait disparus. Je me demande ce que son retour implique et comment il a pu relier l'UGC, pourtant fortement anti-robots. Bien que j’apprécie toujours autant cette série, ses dessins, je pense que c'est sa fin qui permettra de réellement savoir ce qu'elle vaut.

    *
    ** 
    *** 
    **** J'ai beaucoup d'attente envers chacun des volumes de cette série et j'espère que sa fin sera aussi bonne que la fin de Descender
    *****

    Image : Éditeur

  • Deus In Machina par John Scalzi

    Titre : Deus In Machina 
    Auteur :  John Scalzi
    Éditeur : Atalante 1 juin 2011
    Pages : 144

    Ean Tephe est un capitaine d'un vaisseau humain chargé de propager la foi de l'Empire en direction des colonies mais aussi de lutter contre les hérétiques et les apostats. En tant que capitaine au sein d'une théocratie il est secondé par une prêtrise en même temps que par des militaires. Mais son vaisseau n'est pas propulsé par la technologie. Il est propulsé par une divinité. Une divinité qui a parfois besoin qu'on la châtie afin qu'elle suive les ordres.

    SPOILERS

    Il est difficile de résumer ce livre sans donner trop d'informations sur l'intrigue. En effet, celui-ci est court et donc on risque rapidement de trop en dire et de gâcher un peu la surprise. Celle-ci est bien réussie et en peu de pages l'auteur réussit à rendre vivant un monde bien différent du nôtre, à donner les informations nécessaires pour comprendre cet univers et à placer les pions pour créer la surprise de la fin du roman. C'est un texte extrêmement efficace et qui se lit très vite !

    En fait c'est la taille même du texte qui me permet de le critiquer. Non pas que je le trouve mal écrit. Au contraire j'ai beaucoup apprécié cet univers sombre et pesant qui se ressent jusque dans le style d'écriture. Je ne mentionne qu'en passant les quelques scènes sanglantes et gores dont les descriptions sont très fortes. Mais je me suis laissé prendre à souhaiter que ce livre soit plus gros voire fasse partie d'un petit cycle qui permette de décrire bien plus en détail cet univers et son passé, voire son futur possible.

    *
    ** 
    *** 
    **** Court et très efficace
    *****

    Image : Éditeur

  • Masculinités. Enjeux sociaux de l'hégémonie par Raewyn Connell

    Titre : Masculinités. Enjeux sociaux de l'hégémonie
    Autrice :  Raewyn Connell
    Éditeur : Amsterdam 2014
    Pages : 285

    Comme le dit Eric Fassin en postface de ce livre, l'ouverture des recherches sur les femmes a permis de considérer un impensé de la recherche. Les femmes avaient une histoire, une place dans le monde et la société. Mais cette ouverture implique aussi la destruction de l'idée fantaisiste de l'universel masculin. Ainsi, la création des études sur les femmes a permis, par extension, d'étudier les hommes, puis les masculinités, et donc de mettre en question l'universalité de l'Homme au profit d'une spécificité des masculinités. Ce livre est tiré de l'une de ces études. Il est constitué de plusieurs chapitres et articles de la sociologue australienne Raewyn Connell. Il est construit en trois parties.

    La première partie est théorique. Elle est constituée de deux chapitres tirés du livre Masculinities de la sociologue traduite ici. Le premier chapitre permet d'examiner le lien entre masculinités et pratiques corporelles. Bien que l'autrice y crée une division entre plusieurs masculinités elle se repose fortement sur des observations et des récits de vie qui permettent de mettre en question ses divisions. Le second chapitre utilise la même méthode d'analyse de récits de vie afin de créer une typologie des masculinités au sein de la société. L'autrice y démontre que même si certaines personnes mettent en question une certaine forme de masculinité cela n'implique pas une révolution dans l'ordre des genres. Elle questionne aussi l'idée d’une masculinité antiféministe des classes populaires en montrant l'accord d'hommes issus de ces classes avec certaines idées féministes d'égalité économique, les problèmes économiques étant plus important que la mise en question d'une masculinité ici.

    La seconde partie est celle que j'ai préférée. Deux chapitres permettent de placer les idées théoriques de l'autrice face à la réalité sociale et donc de vérifier leurs capacités à comprendre et expliquer le monde. Ces chapitres ne se concentrent pas uniquement sur des hommes hétérosexuels mais aussi sur des hommes homosexuels afin de mettre en avant plusieurs types de masculinités, certaines étant considérées moins favorablement que d'autres dans notre société. Ainsi, être un homme n'est pas la même chose pour un biker que pour un membre de la scène gay de Sidney. Mais, dans les deux cas, il existe une construction de ce que signifie la masculinité et les rapports avec d'autres hommes.

    Enfin, la dernière partie se concentre sur les questions de santé. Elle est constituée de trois chapitres. Le premier chapitre parle beaucoup de pratiques sexuelles par des hommes homosexuels. Le but est d'offrir un moyen de créer des politiques de santé réussies face à l'épidémie de VIH/ Sida. Le deuxième chapitre se concentre sur les raisons derrière la santé, ou la perte de santé, des hommes. Souhaitant aller plus loin que des considérations essentialistes l'autrice lie les questions de classes, de races et de genre afin de mieux comprendre pourquoi certains hommes ont une santé moins importante que d'autres hommes ou femme. La troisième partie se terminer sur des considérations théoriques qui permettent à l'autrice de proposer une politique de la santé qui prenne en compte le genre comme processus en fonction. Ce qui devrait permettre de créer des politiques de la santé plus efficaces.

    Image : Éditeur

  • Le vieil homme et la guerre par John Scalzi

    Titre : Le vieil homme et la guerre
    Auteur :  John Scalzi
    Éditeur : Atalante 11 janvier 2007
    Pages : 384

    Ce roman est le premier d'une série. Ayant lu une trilogie de Scalzi qui m'a plu j'ai décidé de me lancer dans cette série qui reçoit un certain nombre de bonnes critiques. L'intrigue débute sur Terre. Une Terre qui peut maintenant envoyer des colons dans les étoiles. Peu de choses sont connues de l'univers. Seule une entreprise peut envoyer les colons sur des planètes différentes de la Terre et aucune information concernant la vie dans l'univers n'est fournie. Le seul moyen est de s'engager pour deux ans au sein des forces armées coloniales. L'atout est la possibilité de rajeunir et lorsqu'on sait que les recrues ont au minimum 75 ans on comprendre que l'armée puisse sembler un bon moyen de redevenir jeune et en pleine forme. C'est le cas de John Perry qui, après la mort de sa femme Kathy, s'engage et entre dans un univers plus compliqué que prévu.

    SPOILERS

    Je n'ai pas apprécié ce premier tome mais on peut se demander pour quelles raisons. La principale, à mon avis, est la grande différence entre ce roman et la trilogie de l'Interdépendance. Cette dernière portait sur des questions politiques complexes. Ce premier roman dans l'univers Old Man's War porte sur la vie au sein d'une armée en guerre. John Perry étant un simple soldat il n'a pas connaissance des problèmes diplomatiques plus importants et donc, logiquement, cet aspect est peu présent. Dommage car cela m'intéresse bien plus que la simple vie d'un soldat.

    Ceci est la seconde raison. Ce livre est de la science-fiction guerrière. Scalzi décrit des batailles et des morts après avoir décrit un entrainement militaire. Une bonne partie des pages de ce roman m'est déjà familière et ne m'a pas réellement intéressé. On pourrait facilement comparer à d'autres romans du même type, la présentation de l'éditeur francophone le fait, mais je ne suis pas certain que ce soit une bonne chose. Donc, non seulement je n'ai pas trouvé dans ce roman ce que je souhaitais mais, en plus, il n'ajoute rien que d'autres auteur.e.s n'ont pas déjà écrit. Dommage pour moi mais je doute fortement vouloir continuer à lire cet univers.

    *
    ** Un peu ancien, je n'ai pas pu m'intéresser aux personnages ni à l'univers décrit
    *** 
    **** 
    *****

    Image : Éditeur

  • Noumenon Ultra par Marina J. Losteter

    Titre : Noumenon Ultra
    Autrice : Marina J. Losteter
    Éditeur : Harper Voyager 18 août 2020
    Pages : 576

    Ma lecture du premier tome de cette trilogie fut une magnifique surprise. J'appréciais tout autant le second tome. L'autrice a enfin publié le troisième et dernier tome de la trilogie. Celui-ci se déroule peu de temps après la fin du second tome. Les homos sapiens restant dans l'univers se sont divisés un deux groupes. Un groupe reste avec les homos draconem près de la mégastructure du nom de pyramide. Le second groupe va rencontrer le leader de la religion révélée et débuter un voyage en direction de la planète Noumenon, construite par la première mégastructure que l'humanité ait terminée. Grâce à ces voyages l'humanité pourrait enfin commencer à comprendre le but réel de ces mégastructures ainsi que leur origine.

    SPOILERS

    Les deux premiers volumes me restent en souvenirs car ils montrent la beauté de l'univers et surtout de l'humanité. Nous suivions deux convois créés en direction de la découverte pure, lointaine et sans possibilité d'être immédiatement utile du point de vue économique dans un contexte de paix mondiale. Enfin, l'humanité pouvait se lancer en direction des étoiles. Ce dernier volume reste proche de cette idée mais de manière différente. L'autrice nous offre un appel à l'amour de la recherche pour la simple compréhension de l'univers que celle-ci permet. La majorité des personnages sont des scientifiques qui aiment observer, comprendre et construire même si cela prend des années voire des siècles. La religion décrite par Losteter depuis deux romans est en plein dans cette idée. Ses adeptes considèrent que les connaissances existent déjà mais doivent être révélées par l'observation et la méditation. Vous souhaitez un livre qui vous fasse aimer la science ? Cette trilogie est un bon choix.

    Le roman essaie aussi de répondre aux questions principales de la série. En particulier la raison derrière les mégastructures. Enfin, l'autrice nous donne les réponses et les relie au fonctionnement de ses personnages. En effet, Marina J. Losteter fait très attention d'écrire des personnages aux races, genres et sexualités diverses (un effort que l'on observe aussi dans la description des formes de vies aliens). Ces personnages essaient de vivre ensemble dans une société commune malgré les difficultés de communications et de compréhensions. Ce thème est mis en avant dans des chapitres qui semblent anecdotiques alors qu'ils fonctionnement dans le cadre d'une idée plus large. Lorsque le fonctionnement des mégastructures est révélé cet effort en direction d'une compréhension mutuelle doit se développer vers de nouvelles espèces sentientes permettant à Marina J. Losteter de décrire le but réel des machines : la communication et les liens émotionnels entre espèces sentientes.

    *
    ** 
    *** 
    **** 
    ***** Bien que certains chapitres semblent être inutiles ils s'agencent parfaitement pour justifier une idée et une fin magistrale. Une trilogie que j'ai énormément appréciée et que je relirais avec plaisir.

    Image : Éditeur

  • Batwoman

    Gotham a perdu le Batman. Depuis sa disparition la police travaille avec une organisation privée : Crow Security. Celle-ci s'occupe de la protection des personnes les plus riches de Gotham en leur offrant des voitures blindées et des barrières de protection. La ville est donc divisée entre riches et pauvres avec une milice privée entre les deux. Sur pression du commandant de la milice, Jacob Kane, le batsignal est sur le point d'être éteint définitivement. Mais la ville n'est pas d'accord. Pire, un nouveau gang en profite pour attaquer la ville permettant à quelqu'un de nouveau de porter le manteau du Batman : Batwoman.

    SPOILERS

    Certes, la série met en avant des vilains hebdomadaires dans 20 épisodes. Mais ces aventures sont surtout un moyen, pour la série, de parler de la famille Kane. En effet, les personnages principaux sont forcés de combattre entre elleux. Jacob Kane veut vaincre Batwoman et tuer Alice. Kate Kane veut sauver Alice et travailler avec son père que ce soit en tant qu'elle-même ou en tant que Batwoman. Et Alice veut se venger de son père, Jacob, et se rapproche de sa sœur Kate. Ce drame familial est particulièrement réussi lorsqu'on suit la prestation de l'actrice qui joue Alice : Rachel Alice Marie Skarsten.

    En dehors de cela, la qualité de la série est variable. On ne croit pas toujours aux différents personnages qui sont mis en avant ni en certains des événements. Ce qui m'ennuie le plus est l'absence de résolution. Cette première saison semble être une sorte d'introduction à la suite de la série. Malheureusement, Ruby Rose a décidé d'abandonner son rôle de Batwoman au sein de celle-ci. Je me demande comment les scénaristes vont réussir à donner du sens à des intrigues qui se concentrent fortement sur la famille Kane avec l'arrivée d'une nouvelle Batwoman pour la saison 2. J'espère aussi que celle-ci ne subira pas l'ombre de la première Batwoman pour le reste de la série. Bref, on peut se poser beaucoup de questions en ce qui concerne le destin de cette série de la CW.

    *
    ** 
    *** Une série de qualité variable, il faudrait surtout savoir ce qu'elle va devenir
    **** 
    *****

  • La conquête d'un droit. Le suffrage féminin en Suisse (1848-1971) par Brigitte Studer

    Titre : La conquête d'un droit. Le suffrage féminin en Suisse (1848-1971)
    Autrice : Brigitte Studer
    Éditeur : Alphil 2020
    Pages : 160

    Lorsque la Suisse sort de la guerre du Sonderbund une nouvelle constitution est écrite et mise en application. Celle-ci, offre le suffrage universel. Mais, comme le dit l'autrice, ce suffrage n'est pas si universel qu'on ne le croit. En dehors des personnes interdites du droit de vote car trop pauvres il faut noter les femmes qui, jusqu'en 1990, n'auront pas le droit de vote dans tous les cantons de la confédération, malgré un droit de vote au niveau fédéral en 1971. L'autrice nous présente les combats en faveurs du suffrage de 1948 jusqu'en 1971 en dix chapitres.

    Ces dix chapitres s'organisent de manière chronologique. On commence au XIXème siècle pour suivre les différents débats et votes en passant par la première et seconde guerre mondiale, les années 50 et les premières victoires cantonales. Cette organisation nous permet d'observer les différents échecs du mouvement en faveurs de l'accès au droit de vote et donc de comprendre les raisons de cet échec.

    En effet, l'autrice commence par mettre en question l'idée répandue d'une difficulté de nature historique, d'un conservatisme de la société helvétique. Elle essaie de comprendre pourquoi ce conservatisme a empêché si longtemps le droit de vote en Suisse. Une explication consiste à mettre en avant la difficulté de réussir à forcer un changement au sein de la Constitution, forcé par des doctrines conservatrices de celle-ci. On peut aussi noter l'usage de tactiques politiques très policées qui ne sont pas réellement suivies d'effets, l'arrivée du MLF permet de dépoussiérer le répertoire d'action et de forcer une prise en compte de différents sujets. Mais il faut aussi noter la difficulté d'imposer le sujet à l'agenda politique. Il est rare que les exécutifs discutent spontanément du droit de vote et lorsqu'ils y sont obligés leurs réactions sont lentes, marquant le souhait d'éviter le sujet.

    Ce petit livre est une bonne lecture, synthétique, du sujet pour les personnes qui souhaitent en savoir plus. Comme il est d'usage pour cet éditeur, les différents chapitres sont agrémentés de propositions bibliographiques. J'ai personnellement apprécié l'ajout de différentes affiches électorales qui permettent d'illustrer les débats, même si j'aurais apprécié des copies numériques de bonne qualité. Je suis très heureux d'avoir pu me le procurer. En effet, l'éditeur annonce une rupture de stock à ce jour et une nouvelle édition n'aura lieu qu'en janvier.

    Image: Éditeur

  • The ballad of songbirds ans snakes par Suzanne Collins

    Titre : The ballad of songbirds ans snakes
    Autrice : Suzanne Collins
    Éditeur : scholastic 2020
    Pages : 528

    Ce roman se déroule plusieurs décennies avant la série Hunger Games. 10 ans seulement se sont déroulés depuis la guerre entre le Capitole et les Districts. Les restes de la guerre sont encore visibles dans les rues tandis que les étudiant.e.s de l'âge du personnage principal, Corolianus Snow, se souviennent toujours des privations et du danger lors des derniers moments de la guerre. Mais le Capitole a vaincu et, pour punir les rebelles, a institué les Hungers Games annuels. Malheureusement personne ne regarde ces combats entre 24 enfants pour la survie. Les gérants des jeux comprennent qu'il faut modifier leur fonctionnement et décident d'offrir aux tributs des mentors chargés de les aider avant et pendant les jeux. Corolianus Snow, membre d'une famille sur le déclin mais étudiant intelligent, reçoit la charge de Lucy Gray Baird provenant du district 12.

    SPOILERS

    Dès l'annonce de ce roman je me demandais ce qu'il pouvait bien ajouter. L'annonce du nom du personnage principal n'a pas été à calmer mes questions. Je me demandais réellement l'intérêt de donner le point de vue de l'un des antagonistes de la série Hunger Games. Un homme incapable de compassion ou d'éthique dont le seul but est de contrôler les autres afin de créer une forme de paix selon ses propres règles.

    La première chose que l'on observe grâce à ce roman est le fonctionnement social du Capitole. Coriolanus Snow provient de l'une des grandes familles mais celle-ci est en déclin depuis la guerre et la perte de biens industriels importants. Cependant, les membres restant de la famille essaient de garder l'apparence de la richesse, espérant en l'avenir. Ainsi, Coriolanus est envoyé dans une école secondaire, accessible uniquement à une certaine classe sociale, afin de préparer son entrée à l'université. Ces écoles ne sont pas uniquement le moyen de créer un bon dossier pour une carrière future. Elles permettent aussi de créer des liens de sociabilités avec d'autres familles afin de recevoir des soutiens politiques, personnels mais aussi financiers en cas de besoin. Mais pour rester dans ce milieu les apparences sont très importantes et une grande partie des chapitres permettent d'observer la famille Snow essayant de marquer son rang par les habits, l'attitude et leur parole. Face à eux, on observe l'entrée d'une famille riche du district 2 qui tente d'intégrer l'élite sociale du Capitole. En dehors du mépris que Snow a envers cette famille, plus riche que la sienne, l'autrice nous montre que tous les efforts d'intégrations échouent face à des familles qui ont intégrés les normes sociales depuis plusieurs générations alors que celle-ci joue encore son rang au lieu de l'avoir intégré. Ainsi, ce roman permet de mieux comprendre l'élite du Capitole et sa place dans une société hiérarchisée.

    On peut tout de même se demander si ce roman est une bonne idée. En effet, l'autrice humanise une personne mauvaise. Certes, on ne devient pas un tyran en un seul jours et les pages de ce roman permettent de mieux comprendre de quelle manière la pensée politique de Coriolanus Snow s'est formée lors de ses aventures entre le secondaire et l'université. Heureusement, la lecture nous montre rapidement à quel point cet homme est dangereux et violent. C'est en particulier sa relation avec Lucy Gray Baird qui le montre, bien que ses réactions face à ses camarades étudiant.e.s soient aussi révélatrices. Il considère Lucy Gray Baird comme une humaine mais surtout une inférieure qui doit lui appartenir. Pour cela, il crée une relation asymétrique pendant une grande partie du roman avant que Lucy Gray Beard ne trouve le moyen de prendre un peu de pouvoir. Tout de même, Coriolanus Snow considère que celle-ci lui appartient exclusivement et lui refuse d'autres relations qui pourraient être romantiques. Cette attitude débouche nécessairement sur des problèmes qui exploseront lors des dernières pages. Il est révélateur que Coriolanus se croit amoureux alors qu'il ne souhaite que jouir d'une possession. Face à ses camarades, sa seule volonté et de les utiliser pour son bien personnel en mimant l'amitié si nécessaire. Mais toutes les actions de Coriolanus Snow n'ont qu'un unique but : son bien personnel puis le bien de sa famille.

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    ** 
    *** Un roman qui permet d'ajouter de la profondeur à l'univers des Hunger Games. Malheureusement, j'ai détesté le personnage principal (il me semble qu'il été écrit en vue d'être détesté)
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    Image : Éditeur