Gondolindrim's Stories - Page 3

  • Doctor Who Flux (saison 13)

    SPOILERS SAISON 12

    La Doctor, lors du final de la saison 12, a appris un secret la concernant. Elle n'est pas une simple Timelady. Elle est l'originale, celle qui a permis à la civilisation des Timelords de devenir l'espèce dominante dans l'univers. Elle n'a aucune limite de régénération, au contraire des autres membres de son espèce. Lors de ses vies passées, elle a été au contact d'une entité nommée la Division. Celle-ci est crainte dans l'univers entier mais personne ne sait ce qu'est la Division. La Doctor décide d'enquêter et de comprendre son passé. Mais alors qu'elle touche au but en trouvant un membre de la Division un événement cataclysmique met en danger l'existence de l’univers : le Flux.

    SPOILERS / BILAN

    Cette saison 13 est la dernière saison pour Jodie Whitaker et Chriss Chibnall (le showrunner). Il ne reste que trois épisodes spéciaux qui permettront d'offrir une régénération et de donner les clés de la série au prochain showrunner : Russell T Davies. On peut donc faire un petit bilan. Cette saison 13 est concentrée sur un événement particulier qui existe à cause de la Doctor. Chriss Chibnall ne lésine pas sur les destructions ni sur les révélations. On apprend enfin d'où provient la Division et quelle est la place de la Doctor en son sein. On nous offre aussi les ennemis les plus... colorés de l'histoire de la série. J'ai eu un peu de mal à les prendre au sérieux mais, finalement, je les ai acceptés. Cette saison 13 semble, au premier regarde, chaotique. Mais l'ajout de détails entre les épisodes montre que Chibnall a bien pensé le fonctionnement de sa dernière saison. En ce qui me concerne, c'est une réussite.

    Faisant donc le bilan de cette ère. Personnellement, j'ai beaucoup apprécié la Doctor jouée par Jodie Whitaker. Elle est bien plus pacifique que les autres incarnations, jusqu'à l'incapacité à agir de temps en temps (comme on l'a vu dans les épisodes concernant la partition des Indes et Rosa Parks). Elle est aussi particulièrement positive bien qu'elle cache de nombreux aspects de son histoire à sa Fam.

    J'ai beaucoup apprécié que l'on ait plusieurs compagnons et compagnes lors de ces saisons. Cela permet de leur donner plus d'importances et le départ de deux d'entre-eux a été bien écrit et bien préparé. On aurait eu une saison uniquement entre Yaz et la Doctor si une nouvelle personne n'était pas arrivée. Personnellement, j'aurais apprécié que la série donne plus de temps entre les deux femmes pour construire leur relation. Mais Dan est un bon personnage qui est autant capable de donner rendez-vous à une amie pour voir si leur relation peut devenir romantique que de lutter contre des Sontarans à l'aide d'un wok prêté par sa mère.

    Certes, les saisons de Chriss Chibnall et de Jodie Whitaker sont plus tranquilles. IL faut un peu de temps pour s'y habituer après la flamboyance de Steven Moffatt. Mais Chriss Chibnall réussit à créer des épisodes qui s'intéressent aux questions actuelles sans trop forcer. Du moins, en général. J'ai toujours du mal à accepter l'épisode Orphan 55. Sous Chriss Chibnall, la série est aussi devenue plus proche des gens "normaux". Elle est bien plus diverse aussi bien en ce qui concerne les corps, les âges que les personnes racisées.

    Le style d'écriture de Chriss Chibnall n'a pas plus à tout le monde. Personnellement, j'ai apprécié sa manière d'écrire la Doctor. Plusieurs épisodes sont très bons justement parce que Chris Chibnall ne force pas la Doctor à agir et donc à prendre la place d'une white savior. J'ai aussi beaucoup apprécié Jodie Whitaker et ses collègues. Voir Jodie Whitaker déguisée en fée pour son anniversaire ou jouer la Doctor, chez elle, lors de la pandémie pour offrir de l'espoir aux enfants et aux adultes fut très précieux pour les fans. Selon moi, Jodie Whitaker méritait plus de temps dans le rôle. En tout cas, sa présence dans la série restera un bon souvenir.


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    **** 
    ***** Un peu triste d'arriver à la fin de la Doctor de Jodie Whitaker

    Image : IMDB

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  • Histoire du Proche-Orient contemporain par Leyla Dakhli

    Titre : Histoire du Proche-Orient contemporain
    Autrice : Leyla Dakhli
    Éditeur : La découverte 28 mai 2015
    Pages : 128

    Ce livre de la collection Repères est écrit à la suite des révoltes au Proche-Orient qui ont mis en question le fonctionnement politique et social des pays locaux. L'autrice souhaite, dans ce livre offrir des clés de compréhension de ces événements en les recontextualisant au sein d'une histoire récente, un siècle. Nécessairement court, ce livre synthétise une période que la lecture des recherches mis en bibliographie doit permettre de complexifier.

    Afin de mettre en place sa synthèse l'autrice crée une table des matières chronologique. Chaque chapitre se concentrent sur une période précise de 20 à 30 ans. Pour justifier cette division chronologique, l'autrice se base sur des changements de nature politique. Ainsi, le premier chapitre questionne la fin de l'Empire Ottoman et les réformes qui étaient mises en place. Le second chapitre pose la question des luttes contre les puissances européennes. Le troisième chapitre questionne la création des nations arabes au sein du Proche-Orient. Ce qui permet d'introduire les luttes terroristes contre l'Europe et plus précisément Israël. Le dernier chapitre s'intéresse aux événements les plus contemporains, dès les années 90, sans terminer son histoire.

    Ce très court livre ne peut pas, comme je l'ai déjà mentionné, faire une histoire complète de la période et de l'espace géographique du Proche-Orient. L'autrice elle-même avoue que son livre ne traite pas certains points. En particulier, elle renonce à traiter d'Israël. Elle justifie ce refus à la fois par une difficulté méthodologique et par un cloisonnement des sociétés qui rend leur intégration au sein d'un même espace difficile. Je ne sais pas si l'autrice justifie correctement ce manque. Mais il est clair que ce livre permet de comprendre les réactions arabes à Israël et non l'inverse ce qui peut ouvrir le propos de l'autrice à des attaques de nature politique.

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  • Nigtmare Alley

    Nightmare Alley est adapté d'un roman qui a connu une version cinéma en 1947. Le film se déroule durant les années de la prohibition aux Etats-Unis. Un jeune homme, Stanton, quitte sa maison après l'avoir incendiée. Fuyant sans connaitre sa destination il rencontre un cirque itinérant. Ayant besoin d'argent, il travaille d'abord comme manœuvre avant d'entrer au sein d'un acte de télépathie. Progressivement, il en apprend de plus en plus et souhaite quitter le cirque afin de devenir riche et célèbre en compagnie de la femme qu'il aime : Molly. Mais Stanton ne risque-t-il pas d'être coupable d’Hubris ?

    SPOILERS

    J'ai tendance à aller voir les yeux fermés ce que fait Guillermo del Toro. C'est un réalisateur que j'apprécie beaucoup pour sa photographie particulière et sa manière de dépeindre l'humanité et les monstres (si monstres il y a). Le film annonce la fin dès le début. Stanton commence pauvre, sans rien. Progressivement, il s'élève au sein du cirque jusqu'à devenir le sauveur des forains face à une descente de police, après avoir appris les secrets d'un tour de télépathie de la part d'un vieux forain. Quittant le cirque, il devient célèbre sur les planches d'un théâtre, attirant une partie de la haute société locale. Ce qui le pousse à accepter de faire des tours privés, mais surtout à annoncer être un réel medium. Il franchit la limite lorsqu'il accepte de travailler pour un riche ermite qui souhaite revoir son amour de jeunesse, morte après un avortement forcé. Son hubris le mène à sa chute. Finissant en tant que "crétin" au sein d'un autre cirque.

    En dehors de l'hubris le film parle des relations de Stanton avec la figure du père. La première figure est son vrai père. Ce dernier est mort dès le début du film. Stanton ne garde qu'une montre est détruit toute la maison en partant. Son père était un alcoolique incapable de garder sa femme. Une seconde figure paternelle est celle de Pete. Pete est le mari de Zana. Il travaille pour le cirque itinérant après avoir détruit son tour de télépathie en acceptant de faire revenir les morts. Mais il garder ses secrets près de lui dans un petit carnet. Comme le père de Stanton, Pete est un alcoolique. Pete meurt après que Stanton lui a donné de l'alcool de bois (un accident ?), ce qui lui permet de prendre possession du carnet. Toutes les figures paternelles échouent et Stanton fait tout ce qu'il peut pour être différent, refusant de boire de l'alcool. Mais le film montre Stanton devenir, progressivement, son père lorsqu'il accepte de boire, devient alcoolique et perd Molly qui refuse de continuer à mentir aux clients de Stanton.

    Stanton a aussi des relations problématiques avec des femmes, trois pour être précis. La première est Zana. Elle est mariée avec Pete mais dès leur rencontre elle initie une relation avec Stanton, nu dans un bain. Sa relation avec Stanton est celle d'une initiatrice maternelle, active mais de plus en plus effacée et mettant en garde Stanton. Molly est la seconde relation. C'est une relation d'amour de jeunesse. Tout commence bien et, petit à petit, la relation devient plus difficile. Stanton devient de plus en plus violent face aux "manquements" de Molly. Cette dernière essaie d'éviter à Stanton de tout perdre mais il refuse de l'écouter, jusqu'à ce que Molly prenne la décision de partir. La dernière relation est avec la doctoresse Lilith Ritter. Elle est une psychologue qui rencontre Stanton alors qu'elle accompagne un client qui veut examiner la véracité des propos de Stanton. Ce dernier l'humilie puis crée une relation qu'il pense d'égal à égal. Lilith Ritter symbolise la relation adulte entre deux personnes capables de respect mutuel. Mais Lilith Ritter est surtout l'instrument de la chute de Stanton qu'elle manipule en usant de ses connaissances sur la psychologie, comme Stanton manipule son audience. Elle devient, à la fin du film, la femme fatale dont la vengeance détruit toutes possibilités de survie pour Stanton, victime de son hubris mais aussi de son envie de contrôler les femmes qui vivent autours de lui contrairement à son père qui avait laissé sa femme partir.


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    **** 
    ***** Beau, intense et riche

    Image : IMDB

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  • La roue du temps 6. Le dragon réincarné deuxième partie par Robert Jordan

    Titre : La roue du temps 6. Le dragon réincarné deuxième partie
    Auteur : Robert Jordan
    Éditeur : Bragelonne 12 juin 2019
    Pages : 528

    Ce poche contient la seconde partie du tome 3. Rand a disparu. Il se déplace en direction de la ville de Tear. Il est suivi par ses ennemis mais aussi par Perrin, Moiraine, Loial et Lan qui n'arrivent pas à le rattraper. Alors que Rand se dirige vers Tear d'autres puissance s'intéressent à la ville. Elayne, Egwene et Nynaeve s'y rendent aussi afin de piéger 13 sœurs de l'Ajah noir. Matt décide aussi d'y aller après avoir compris le danger connu par ses amies. Tout semble soudainement tourner autour de Tear car il est écrit que la prise de la ville permettra au Dragon de se déclarer tout en brandissant la relique la plus sacrée de la ville : Calandor.

    SPOILERS

    Comme la première partie, on n'apprend que peu de choses sur Rand. Il semble de moins en moins stable et surtout incapable de réellement prendre une décision, devenu un jouet du destin ou des forces qui l'entourent. On suit bien plus les différents groupes d'ami-e-s de Rand qui se rendent aussi à Tear, pour des raisons différentes. Les intrigues sont d'abord éparses avant de se relier dans le final du livre.

    Encore une fois, l'auteur profite d'un nouveau tome pour complexifier un peu plus son univers. Les voyages de Matt et de Perrin permettent d'en apprendre plus sur le monde et ses changements à la suite des événements connus lors des deux autres tomes. Nous en apprenons aussi bien plus sur Tear, mais de manière un peu trop rapide puisque la ville est rapidement prise à ses défenseurs. Surtout, on commence à recevoir des informations sur les Aiels qui semblent en savoir plus que les personnages ne l'imaginaient et qui pourraient être un peuple plus important que prévu.


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    *** 
    **** J'aurai apprécié en savoir plus sur les voyages de Rand
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    Image : Éditeur

  • Le nazisme. Des origines à 1945 par Enrique León et Jean-Paul Scot

    Titre : Le nazisme. Des origines à 1945
    Auteurs : Enrique León et Jean-Paul Scot
    Éditeur : Armand Colin novembre 1997
    Pages : 284

    La littérature scientifique sur le nazisme est extrêmement vaste. Seules quelques personnes qui passent leur vie à étudier le sujet peuvent dire connaitre la majorité de cette littérature. Les autres personnes, dont je fais partie, se contentent de livres classiques, d'état de la recherche et de quelques manuels. Ce livre fait partie de la dernière catégorie. Son but principal n'est pas de faire une histoire du nazisme ni de faire un état de la recherche mais d'introduire à l'histoire du nazisme via le commentaire de texte historique, un exercice important en études d'histoire.

    Comme le disent les auteurs dans l'introduction, ce livre ne fait pas une histoire complète du nazisme. Il prend en compte quelques questions principales afin de donner les interprétations majeures des historien.ne.s sur des sujets précis. Les chapitres sont suivis de courtes bibliographies et commencent par une courte chronologie. La fin du livre est constituée d'une table des documents, particulièrement utiles pour se retrouver dans les chapitres.

    La richesse de ce manuel n'est pas dans l'histoire racontée mais dans l'usage des documents. Le but des auteurs est d'initier au commentaire de documents en fournissant des sources historiques qu'ils décortiquent ensuite sur plusieurs pages. Ce travail permet de comprendre comment un travail historique est mené tout en introduisant au commentaire comme méthode. Bien entendu, les auteurs ont choisi des documents précis, outre les sources nous avons des cartes et des séries statistiques, pour répondre à des questions précises au sein d'un chapitre. Cependant, ce livre garde son intérêt malgré son ancienneté aussi bien en ce qui concerne l'apprentissage méthodologique pour les étudiant.e.s que pour la possibilité de l'utiliser dans le cadre scolaire.

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  • Dragons: The nine realms saison 1

    Il y a 1300 ans que les dragons ont disparu. L'humanité a oublié la réalité pour ne garder que des mythes. Mais, de nos jours, une anomalie permet à l'humanité de mettre au jour une gigantesque formation géologique. Une corporation achète les droits d'exploitations et d'études et envoie une équipe de scientifiques au sein d'une base avancée. Cette équipe prend ses enfants avec elleux, enfants censés étudier à l'école. Mais Tom Kullersen, l'un des enfants, découvre l'existence des dragons. Va-t-il en parler ou garder le secret ?

    SPOILERS

    Il est logique de vouloir dépasser la série de films (et la série animée) qui empêche de continuer l'histoire puisque la fin montre les Vikings cachant les dragons et renonçant à leur vie symbiotique. Il est tout aussi logique de montrer que rien ne peut rester cacher éternellement et les quelques humain.e.s de la station scientifique sont vites confronté.e.s aux problèmes posés par les dragons, sans en avoir conscience. Les prémisses sont intéressantes.

    Malheureusement, et sans imaginer ce que fera la suite, cette saison 1 est surtout introductive. Chaque épisode permet de créer un lien entre l'un des enfants et un dragon, lien basé avant tout sur le respect mutuel. Les dragons sont aussi liés aux enfants par leurs caractères. Un enfant timide aura un dragon invisible. Un enfant qui aime le sport aura un dragon musclé, etc. Les caractérisations sont, pour l'instant, assez peu intéressantes même si la série place quelques points qui pourraient devenir plus importants. À voir comment sera écrite la suite de la série.

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  • We only find them when they're dead. Book one: the seeker par Al Ewing et Simone Di Meo

    Titre : We only find them when they're dead. Book one : the seeker
    Auteur : Al Ewing et Simone Di Meo
    Éditeur : Boom 18 mai 2021
    Pages : 112

    Ce volume 1 contient les numéros 1-5. Malik et le commandant du vaisseau Vihaan II. Lui et son équipage font partie d'une nouvelle classe sociale : des personnes chargées de découvrir des minerais dans l'espace. Mais ces minerais ne peuvent être découverts qu'en les prenant sur les corps de divinités mortes. C'est un travail laborieux, couteux et très surveillés tout en étant nécessaire pour la survie de l'humanité. Mais pourquoi ne découvre-t-on les divinités qu'après leur mort ? Serait-il possible de les découvrir alors qu'elles sont encore vivantes ?

    SPOILERS

    Il m'est difficile de parler de ce premier volume car j'ai l'impression qu'il ne fait que poser la première partie d'une intrigue bien plus vaste. En l'état, le titre ainsi que le synopsis m'intriguaient. J'ai aussi été attiré par les planches que j'ai beaucoup appréciées. Mais je ne savais pas du tout ce que les auteurs allaient faire et, après avoir lu ce premier volume, je me demande comment ils vont continuer leur histoire.

    Ce premier volume parle très peu des divinités qui ne sont que des décors. Il parle bien plus de la relation entre Malik et Paula, une policière chargée de surveiller les personnes qui travaillent sur les corps des divinités. Les deux personnages sont liés par un passé commun et surtout par une perte commune. Mais il faut beaucoup de temps avant que leur relation ne soit réellement compréhensible. Malheureusement, on ne sait pas pourquoi Malik veut découvrir les divinités ni les raisons de leurs morts. Le volume 2 y répondra-t-il ?


    ** 
    *** Un début intéressant
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    *****

    Image : Éditeur

  • La roue du temps 5. Le dragon réincarné première partie par Robert Jordan

    Titre : La roue du temps 5. Le dragon réincarné première partie
    Auteur : Robert Jordan
    Éditeur : Bragelonne 12 juin 2019
    Pages : 576

    Rand a combattu et s'est enfin proclamé le Dragon réincarné. Le même jour, le cor de Valère a retenti pour la première fois depuis des millénaires. Les rumeurs concernant les événements ont fait le tour du monde. Mais tout le monde se demande, est-ce le vrai Dragon ou un nouveau prétendant ? Sans connaitre la réponse, les royaumes se préparent à la guerre, quand ils ne la connaissent pas déjà. Pendant ce temps, Egwene et ses amies reviennent à Tar Valon pour apprendre que la Tour a été infiltrée par l'Ajah Noir. Rand, lui, disparait.

    SPOILERS

    Il me semble que les romans s'améliorent au fil du temps, tout en prenant les pages nécessaires pour construire l'univers et le complexifier. Contrairement aux autres tomes, nous suivons assez peu Rand dans celui-ci. Nous suivons surtout ses amis, en particulier Perrin et Mat mais aussi Egwene et Ninaeve. Ainsi, on ne sait ce qui pousse Rand au loin que par des bribes de rumeurs et de conjonctures.

    Mais cette différence permet de mieux comprendre les autres personnages. J'ai particulièrement apprécié Perrin qui me semble être de plus en plus intéressant à suivre. Sa peur de perdre son humanité face à son côté animal lui permet de prendre des décisions importantes alors qu'il commence à entrer dans le rôle d'un chef, sans s'en apercevoir. En ce qui concerne la Tour et les Aes Sedai, on comprend mieux le danger que pose l'Ajah Noir mais aussi les problèmes que connait la cheffe des Aes Sedai. Il est certain que l'auteur prépare des événements importants pour cet ordre qui pourrait déjà voir ses fondations mises à mal à cause des Seanchaniens.


    ** 
    *** 
    **** Une série qui me semble se bonifier au fil du temps
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    Image : Éditeur

  • Le monde chinois 3. L'époque contemporaine. XXème siècle par Jacques Gernet

    Titre : Le monde chinois 3. L'époque contemporaine. XXème siècle
    Auteur : Jacques Gernet
    Éditeur : Armand Colin 2005
    Pages : 190

    Ce petit livre est le dernier de la division en trois tomes de l'œuvre de Jacques Gernet. Il contient les annexes et la bibliographie complète alors que le texte même prend 109 pages. Ce dernier volume se concentre sur le XXème siècle, en deux livres selon la division opérée par l'auteur. Nous avons donc ici la dernière et courte partie de son travail qui débute à l'âge du bronze. Les autres volumes sont plus conséquents et je me réjouis de les lire.

    Le premier livre se concentre sur l'époque de la chute de la dynastie impériale et les problèmes politiques et économiques du début du XXème siècle. La Chine est alors l'un des pays les plus pauvres au monde, la seule exportation est la force de travail. En dehors d'une économie mise à mal et contrôlée par d'autres pays, dont le Japon, le Chine connait de nombreux gouvernements et mouvements politiques qui n'ont pratiquement pas les moyens de résister à la désintégration du pays. Seules certains gouvernements sont soutenus, mais restent faibles.

    Le second livre, onzième si l'on prend en compte tous les tomes, est court et se concentre sur la République Populaire. L'auteur prend bien soin d'expliquer d'où proviennent les élites de la Chine communiste et comment ces élites réussissent à s'allier au monde agricole avant de prendre le contrôle du pays entier. Jacques Gernet explique aussi pourquoi l'URSS et la Chine ont des relations difficiles. Il met aussi en avant les décisions de Mao, leurs effets mais aussi leurs buts, en particulier en vue de garder le contrôle de l'état et du parti.

    Le livre a été régulièrement mis à jour depuis sa première édition en 1972. Mais cette dernière partie est aussi la plus courte puisque l'histoire s'écrit du vivant de Jacques Gernet. Cela n'enlève pas son intérêt à ce petit livre, mais les dernières années méritent probablement d'être complétées par des ouvrages plus récents.

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  • La roue du temps 2. La grande quête par Robert Jordan

    Titre : La roue du temps 2. La grande quête
    Auteur : Robert Jordan
    Éditeur : Bragelonne 23 mars 2012
    Pages : 672

    Rand a combattu, pour la première fois, les ténèbres. Il a appris, lors de la bataille, qu'il n'est pas un simple berger mais un homme capable d'user du Pouvoir de l'Unique. Il refuse cette vérité et souhaite se cacher aussi bien de ses ami-e-s que des Aes Sedai et du monde si possible, le but étant de mourir seul sans risquer de mettre en danger quelqu'un. Mais aussi bien les ténèbres que la lumière ont des plans qui ne sont pas en accord avec ceux de Rand. À la suite d’un vol au sein même de la forteresse de Fal Dara il se trouve impliqué dans une longue quête qui le conduira en direction de son destin.

    SPOILERS

    Le premier tome avançait lentement et plaçait les personnages dans le rôle de proies. Chacun et chacune apprenaient des choses permettant de devenir plus que de simples habitant-e-s d'un village oublié. Mais leur capacité d'action était peu importante. Dans ce tome, les choses sont inversées. Les ami-e-s que nous avions appris à connaitre sont maintenant capable de chasser et agissent selon les besoins. Rand, personnage que nous suivons souvent, est celui qui se modifie le plus puisqu'il commence à prendre le rôle d'un leader, sans réellement le vouloir. Je dois dire que l'auteur a bien fait de montrer que ce rôle n'est pas naturel mais dépend beaucoup des personnes qui sont autours.

    Ce second tome s'éloigne aussi de l'aspect très tolkiennien du premier. Le monde décrit par Robert Jordan gagne largement en complexité. Bien entendu, plusieurs faits historiques ou lieux sont familiers puisqu'il semble que l'auteur ait puisé dans la géographie et les mythes ainsi que l'histoire pour créer son univers. Mais il ajoute des relations et des cultures qu'il ne décrit pas entièrement, laissant quelques questions, tout en donnant assez d'information pour donner de l'intérêt. Lorsqu'on termine ce volume, on comprend que le monde de Robert Jordan est en train changer irrémédiablement, alors que Rand accepte enfin son destin et son identité.


    ** 
    *** 
    **** Meilleur que le premier tome, l'auteur prend le temps de construire son univers et les événements
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  • Runaways 6. Come away with me! par Rainbow Rowell, Andrés Genolet, Natacha Bustos et Dee Cunniffe

    Titre: Runaways 6. Come away with me!
    Auteur.e.s : Rainbow Rowell, Andrés Genolet, Natacha Bustos et Dee Cunniffe
    Éditeur : Marvel 6 octobre 2021
    Pages : 168

    Ce volume 6 contient Runaways (2017) 32-38. La famille a de justesse survécu aux plans de Doc Justice. Celui-ci, pour des raisons publicitaires, souhaitait tuer Karrie. Aucun des membres du groupe, en dehors de Gert, ne s'est méfié. Ces événements les ont durablement blessés, Karrie ne réussissant pas à guérir malgré les soins de Nico. Alors que la famille essaie de retrouver leur dynamique (avec l'aide de Doombot qui prend le rôle de parent, homme de ménage) plusieurs visites risquent de détruire leur groupe pour de bon. Les Runaways ont-illes encore assez de capacité à faire confiance aux autres pour accepter leurs aides ?

    SPOILERS

    Ce volume 6 est le dernier volume car la série a été annulée. C'est une perte. En effet, Rainbow Rowell décrit toujours aussi bien les relations entre les différents personnages. Je pense que personne, en dehors d'elle, n'aurait pensé à faire de Doombot un parent attentif (ou alors une sorte de majordome). Les personnages commencent aussi à avancer dans leur vie et à refuser de cacher certains secrets. Nico explique à Karrie le dangereux pacte qu'elle a accepté avec un homme maléfique tandis que Chase pourrait bien tenter une aventure avec la vendeuse du magasin qu'il fréquente (celle-ci lui ayant donné son numéro plusieurs volumes en arrière).

    Malheureusement aucune des pistes ouvertes par l'autrice dans ce volume 6 n'auront de réelles conclusions. Le volume lui-même ne se termine pas réellement. Plusieurs personnages doivent partir pour des raisons spécifiques. Nico renonce à une partie importante d'elle-même. Et le volume se termine. La série étant annulée on ne saura peut-être jamais ce qui va se dérouler pour les Runaways. Se termine donc l'une de mes séries préférées brillamment écrite par une autrice que j'espère retrouver sur d'autres comics.


    ** 
    *** Uniquement parce que la série a été annulée par Marvel.
    **** 
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    Image : Site de l'éditeur

  • The 355

    La Colombie, de nos jours, une attaque de la police fédérale contre un baron de la drogue tourne mal. Tous les agents sont morts lors d'un massacre. L'un de ces gens a pris possession d'un objet particulier. Il ne sait pas ce que sait mais il sait que l'objet vaut cher. Décidant de contacter la CIA il se prépare à un simple échange contre de l'argent. Mais la mission tourne mal et aussi bien lui que des agentes se trouvent mêlées à un problème qui risque de créer des incidents au niveau international. Seront-elles capables de s'unir pour protéger le monde ?

    SPOILERS

    Je dois bien avouer que je m'attendais à un film de moindre qualité. Mais je voulais tout de même tenter le coup, la bande annonce promettait de passer un bon moment. Et j'ai reçu un peu plus. Certes, le film prend plusieurs raccourcis. De temps en temps je me suis demandé de quelle manière tel événement a pu avoir lieu. Mais la pire est la fin qui est particulièrement frustrante.

    Mais ces problèmes sont rattrapés par beaucoup de bonnes choses. J'ai particulièrement apprécié que les missions soient détaillées pour que l'on comprenne comment les agentes préparent ce qui va se dérouler, même s'il y a des imprévus. J'ai surtout apprécié la construction psychologique des personnages. Elles ont toutes une relation spécifique à un homme et tous ces hommes, sauf deux, les trahissent à un moment donné. C'est par leurs liens qu'elles sont capables de se soutenir mutuellement en ce qui concerne leurs émotions. Aucune de ces femmes n'est parfaites, elles ont des problèmes et sont capables d'en parler en cas de besoin, nous sommes loin du machisme de James Bond. Ce sont donc les émotions qui permettent d'apprécier ce film malgré ses problèmes et sa fin frustrante.


    ** 
    *** Vous aimez regarder des hommes se faire tuer par des femmes ? Moi aussi !
    **** 
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  • Histoire de la misogynie. Le mépris des femmes de l'antiquité à nos jours par Adeline Gargam et Bertrand Lançon

    Titre : Histoire de la misogynie
    Auteur.e.s : Adeline Gargam et Bertrand Lançon
    Éditeur : Arkhé 2020
    Pages : 352

    C'est un gros programme dans lequel ce sont lancés ces deux auteur.e.s. Illes tentent de nous offrir un panorama de l'histoire de la misogynie de l'antiquité à nos jours. La période est énorme, le sujet l'est tout autant. Mais la misogynie étant fondamentale dans le fonctionnement des sociétés occidentales sont étude est parfaitement justifiée.

    Les auteurs tentent d'étudier le sujet en essayant de comprendre la provenance de la misogynie. Cela les conduit à utiliser leurs connaissances de spécialistes afin d'examiner les anciens mythes. Une bonne partie du livre consiste à expliciter ces mythes et la manière de les comprendre et donc de savoir comment le monde humain est divisé entre Hommes et Femmes avec cette dernière comme forme soumise de l'humanité.

    Les auteur.e.s se concentrent aussi sur la Bible ainsi que ses commentateurs, en particulier les pères de l'église. J'ai trouvé cet examen particulièrement stimulant puisque les auteur.e.s commencent par décortiquer les traductions et les commentaires de la genèse. Illes nous parlent aussi du fonctionnement des termes et de leur traduction en termes de droits mais aussi de philosophies.

    Le livre est extrêmement vaste. Il est difficile de traiter tous les aspects comme il se doit. Il me semble que cette limite est particulièrement visible dans les chapitres qui s'intéressent au temps présent. Bien que les auteur.e.s réussissent avec succès à montrer les liens entre la mythologie et certaines idées du XIXème et du XXème siècle, leur propos se concentre sur la France contemporaine. Sans être inintéressant, loin de là, la lecture permet de sentir que ces derniers chapitres sont moins dans la réflexion et plus dans le commentaire de changements encore en cours. Mais, encore une fois, cela n'enlève rien à la richesse d'une livre qui fut sûrement difficile à écrire au vu du projet.

    Image : Éditeur

  • Être esclave. Afrique-Amériques, XVe-XIXe siècle par Catherine Coquery-Vidrovitch et Eric Mesnard

    Titre : Être esclave. Afrique-Amériques, XVe-XIXe siècle
    Auteur.e.s : Catherine Coquery-Vidrovitch et Eric Mesnard
    Éditeur : La Découverte 5 septembre 2019
    Pages : 336

    Nombreux sont les ouvrages sur l'histoire de l'esclavagisme, un certain nombre de récits de vie ont été publiés et parfois adaptés pour le grand et le petit écran. Tout aussi nombreux sont les documentaires et les actions de mémoire. Ce livre se veut une synthèse prenant en compte les dernières découvertes et modifications de l'historiographique. Ce qui permet aux deux auteur.e.s de s'intéresser aussi bien à la traite atlantique qu'à la traite interne au continent africain, montrant les relations entre différents pays ayant permis la traite atlantique.

    Le livre est plus ou moins divisés chronologiquement, avec quelques chapitres plus thématiques. Cette construction permet d'observer de quelle manière les européens se greffent au fonctionnement de la traite interne à l'Afrique, provenant en particulier du monde musulman mais aussi de la création d'états côtiers organisant la capture et la vente d'esclaves en tant qu’intermédiaires. L'interdépendance, et les effets, des différentes traites permet de mieux comprendre pourquoi il faut si difficile de stopper le commerce des esclaves, trop de personnes mais aussi d'états avaient des intérêts dans l'esclavage, et l'ordre social-raciste impliqué, pour souhaiter la fin de la mise en esclavage.

    En dehors de ces points chronologiques, la postface explique avec raison que l'un des apports importants de ce livre, et de l'historiographie actuelle, est de prendre en compte les capacités d'action des personnes mises en esclavage. Ces personnes, hommes comme femmes, ne sont pas dénuées de possibilités de résister ou de parler. Certaines personnes mises en esclavages furent des princes, ou des marchands riches, capturés par des ennemis lors de raids et qui mirent en récit leur expérience (tout en continuant le commerce des esclaves). Les résistances sont nombreuses. Elles peuvent être de bas niveaux, un travail bâclé par exemple, mais aussi plus impressionnantes comme le furent les grandes révoltes. En particulier, l'exemple de Haïti fut une grande crainte pour les puissances esclavagistes qui y voyaient non seulement un exemple de ce qui peut arriver mais aussi un symbole d'espoir pour les populations mises en esclavage. Ce qui explique le traitement que subit Haïti qui ne fut reconnu qu'après avoir "remboursé" les possesseurs d'esclaves, créant une spirale de dettes qui a un effet jusqu'à nos jours. Ce livre me semble adéquat pour qui veut mieux comprendre cette histoire tout en ayant accès à des questionnements plus récents.

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  • La roue du temps 0. Nouveau printemps par Robert Jordan

    Titre : La roue du temps 0. Nouveau printemps
    Auteur : Robert Jordan
    Éditeur : Bragelonne 3 novembre 2021
    Pages : 528

    Nouveau Printemps est une prequel à la série La Roue du Temps. Le roman se déroule un peu plus d'une décennie auparavant lors de la guerre contre les Aiels. Tar Valon est entourée d'ennemis et défendue par une large coalition de différents royaumes. Mais les Aes Sedai ne sont pas craintives. Elles continuent leur vie comme si rien ne pouvait leur arriver. Moiraine n'est pas encore une Aes Sedai mais une Acceptée, un niveau tout juste au-dessus des Novices. Mais elle sait que, bientôt, elle sera mise à l'épreuve. Alors qu'elle se prépare, elle est l'une des rares témoins de la dernière prophétie d'une des sœurs. Le Dragon va se réincarner le jour même. Cette prophétie lance la sororité et Moiraine dans une quête du Dragon. Mais les Aes Sedai ne sont pas toutes en accord sur le traitement à lui réserver et certaines ont des objectifs cachés.

    SPOILERS

    Cette préquelle n'est peut-être pas le bon point d'entrée mais elle permet de bien mieux comprendre comment fonctionnement les Aes Sedai. On suit Moiraine alors qu'elle n'est qu'une Acceptée qui peut subir les décisions de ses supérieures. Les Aes Sedai subissent une éducation stricte et ritualisée. L'accès à la sororité s'accompagne d'encore plus d'obligations dont certaines sont tacites. Entrer dans l'ordre est brutal avec quelques pertes. On comprend mieux que les Aes Sedai ne sont pas unies mais divisées selon des opinions politiques. Pire encore, certaines ne suivent pas les serments de l'ordre car elles sont soumises au Ténébreux, bien que personne ne souhaite accepter leur existence. L'ordre, bien que puissant, semble gangréné.

    Ce roman permet aussi de mieux comprendre qui sont Lan et Moiraine et ce qui le lie. Leur amitié n'est pas encore existante. Leur première rencontre est orageuse alors que Moiraine n'est encore qu'une jeune Aes Sedai. Mais les deux personnages se considèrent en guerre et sont en accord pour tout faire afin de gagner, même si cela peut leur couter la vie. Les dernières pages du roman sont particulièrement haletantes pour cela puisque les deux personnages sont proches de la défaite, les lançant dans leur quête.


    ** 
    *** 
    **** Un prequel qui prend son temps et donc plusieurs éléments seront sûrement utilisés dans d'autres tomes
    *****

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  • Don't look up

    De nos jours, une doctorante et son référant observent des supernovas afin de comprendre comment fonctionne l'expansion de l'univers. Lors de leurs observations, illes découvrent un objet en train de bouger. Cet objet, prenant le nom de Dibiasky, est une comète. Elle se dirige vers la Terre et elle est assez massive pour créer une extinction massive et donc détruire l'humanité. Kate Dibiasky et le docteur Mindy pensaient qu'illes seraient rapidement pris au sérieux. Mais l'administration présidentielle traine les pieds et refuse d'accepter l'imminence de la fin du monde.

    SPOILERS

    Il ne faut pas un doctorat pour comprendre que ce film est une satire du monde actuel. Certes, nous ne sommes pas actuellement menacés par une comète mais nous le sommes par une pandémie et surtout par la crise climatique en cours. Pourtant, comme dans le film, aucune personnes capables d'agir n'accepte d'agir pour des raisons purement économiques. Voir que les décisions de la présidence dépendent de l'accord d'un businessman est la même chose que le refus de sortir des actions écologiquement dangereuses pour éviter que des riches perdent de l'argent. En particulier, Elon Musk et ses semblables sont critiqués pour leur manque d'intelligence et leurs solutions inutiles et couteuses pourtant considérées comme d'énormes réussites.

    En ce qui concerne le monde politique. Le film s'attaque aussi bien à la gauche qu'à la droite, mais bien plus contre la droite trumpienne. Même fox news en prend pour son grade puisque la chaine fait sa une sur les dangers du topless (si j'ai bien entendu) plutôt que sur la comète qui va détruire la terre quelques minutes plus tard. La présidente, jouée par Meryl Streep, nomme des racistes et des assassins aux plus hauts postes, ainsi que son propre fils. Elle joue sur le populisme mais on comprend rapidement qu'elle n'a que mépris pour les personnes qui l'ont élue et qui ne servent qu'à garantir son pouvoir.

    Le monde conspirationniste aussi est touché. Le film montre bien qu'une théorie de la conspiration dépend de plusieurs facteurs. Il y a les scientifiques qui font valider leurs recherches par les pairs. Puis ces recherches sont commentées par les journalistes qui considèrent qu'il y a débat dès qu'une personne critique les chiffres, même si cette personne n'est pas qualifiée. Ainsi, le refus de l'existence de la comète commence par la cheffe de la NASA qui récuse les chiffres, alors qu'elle n'est pas astrophysicienne. Puis ce "débat" est commenté par le reste du monde et peut potentiellement devenir un marqueur politique. Dans ce processus, les faits perdent toutes importances puisque ne comptent plus que la position politique impliquée par la croyance. Les scientifiques peuvent tenter d'expliquer, de hurler, illes ne seront plus pris au sérieux. À plusieurs reprises, on observe Mindy ou Dibiasky tenter d'expliquer jusqu'à perdre leur calme face à l'aveuglement du monde.

    Nous avons donc une comédie dramatique qui essaie de faire rire sur un sujet sérieux et tout à fait contemporain. Il réussit, selon moi, à traiter les points importants mais je ne sais pas s'il est réellement drôle.


    ** 
    *** 
    **** Personnellement, j'ai trouvé cette comédie très déprimante
    *****

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  • Hawkeye saison 1

    Cette nouvelle minisérie de 6 épisodes fait partie des productions permettant de lancer la nouvelle phase du MCU. Elle se déroule dans la semaine avant noël, à New York. Clint Barton est en vacances avec ses enfants. Il vit des jours heureux, essayant de rattraper le temps de famille qu'il avait perdu pendant les destructions commises par Thanos. Mais les ennuis le rattrapent. Il est témoin de l'attaque d'une bande en survêtement contre une personne seule. Cette personne est Kate Bishop, riche héritière et sportive d'élite. Kate Bishop est aussi une des plus grandes fans d'Hawkeye. Les deux personnes sont maintenant liées à une affaire dangereuse alors que Clint n'a que 6 jours pour se rendre dans sa famille afin de fêter noël.

    SPOILERS

    Il faut le dire immédiatement, la série est fortement inspirée des comics par Aja et Fraction. Le générique y fait directement référence tandis que plusieurs types de personnages proviennent de ce comics. Malheureusement, jamais la série ne fait référence ni ne mentionne les deux créateurs. Cette question est de plus en plus importante puisque Disney et Marvel font beaucoup d'argent sans jamais donner leurs dus aux créateurs qui permettent aux personnages d'exister.

    Cette série n'est pas non plus la meilleure de toutes. Jeremy Renner donne l'impression de s'endormir et de jouer plus par habitudes que par envie. Bon, cet aspect pourrait être voulu pour mettre en avant un Clint Barton fatigué. Mais on regrette que l'acteur n'ait pas une présence plus charismatique. Hailee Steinfeld, en revanche, semble éprouver du plaisir à jouer Kate Bishop et c'est un plaisir de voir ce personnage interagir avec les autres (que ce soient Clint Barton ou une équipe de roleplay). Personnellement, j'ai beaucoup apprécié les dialogues entre Kate et Yelena qui me semblent très réussis. Mais il est dommage que cette série ne serve qu'à créer la nouvelle (et véritable) Hawkeye. Les événements ne sont pas des plus intéressants et ne justifient pas forcément l'action de deux Hawkeye.


    ** 
    *** 
    **** Kate Bishop sauve la série.
    *****

    Image : Site officiel

  • Robespierre par Jean-Clément Martin

    Titre : Robespierre
    Auteur : Jean-Clément Martin
    Éditeur : Gallimard 22 février 2018
    Pages : 404

    Robespierre est intégralement lié à la Terreur. Cet épisode de la Révolution durant lequel de nombreux massacres ont été commis. Mais cet épisode, et le rôle de Robespierre, ont souvent été simplifié que ce soit pour blâmer l'entier de la Révolution ou simplement les plus acharnés dont Robespierre serait le chef incontesté. Jean-Clément Martin a remis en question un certain nombre de mythes autours de la Révolution. Dans ce livre, il entend comprendre Robespierre en écrivant une biographie.

    Cette biographie suit le format chronologique classique. Les chapitres se suivent selon les époques, qui sont mentionnées dans les titres. L'auteur débute par l'enfance, le début de la carrière puis l'entrée dans la Révolution et son importance pour terminer sur sa mort puis sur la reconstruction de son histoire en vue de créer le mythe du monstre Robespierre.

    Le but de Jean-Clément Martin n'est pas de vérifier si les récits monstrueux ou psychologisants sur ce personnage sont réels. Il essaie de replacer Robespierre au sein de l'état de la politique durant plusieurs périodes. Ce qui lui permet de montrer que le personnage fut, pendant longtemps, très isolé. Ses discours sont des idées avant d'être des appels au concret. Ce qui lui a permis de ne pas être impliqué et compromis par la marche du pouvoir. Cette absence de compromission lui a permis de se placer comme champion du peuple, tout en défendant la légitimité de la Convention, et de devenir l'une des personnes les plus puissantes du pays. Il est aidé par des amitiés loyales qui impliquent un contrôle fort du monde politique et militaire français.

    La déconstruction du mythe Robespierre est parfaitement mise en place par l'auteur. On comprend que le personnage prend des décisions qui dépendent de l'état des forces politiques. Un état qui aurait pu lui permettre de survivre aux événements de Thermidor si certaines actions avaient été prises. Jean-Clément Martin montre aussi que la création du monstre permet d'éviter de blâmer d'autres personnes, même si les Jacobins qui ont laissé tomber Robespierre vont aussi subir un retour de bâton. L'auteur montre toute la complexité d'un homme inséré dans un univers politique mouvant qu'il essaie de contrôler et, pendant longtemps, réussi à le faire.

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  • Dans la toile du temps par Adrian Tchaikovsky

    Titre : Dans la toile du temps
    Auteur : Adrian Tchaikovsky
    Éditeur : Denoël 12 avril 2018
    Pages : 592

    CW : Arachnophobie

    L'humanité est finalement partie dans les étoiles. Elle se prépare à terraformer des planètes entières tout en y ajoutant des espèces élevées à un rang plus élevé que la simple animalité. Mais l'humanité n'est pas capable de s'entendre et les dissensions mènent à la dernière Grande Guerre. Il ne reste plus que des expériences, réussies ou ratées, toujours surprenantes. L'humanité a fui la Terre au sein de vaisseaux arches afin d'essayer de fonder un nouveau foyer. L'un de ces vaisseaux approche d'une planète terraformée. Mais celle-ci n'est exempt de vie intelligente et cette vie ne veut pas abandonner son monde.

    SPOILERS

    J'ai lu un certain nombre de critiques sur ce livre. Celles-ci m'ont rendu curieux. Dans la toile du temps se déroule après la chute de l'humanité d'un niveau quasi divin. L'auteur décrit des humain.e.s qui ne sont capables que d’imiter leurs prédécesseurs sans jamais atteindre leur niveau. J'ai eu l'impression d'une vision assez sombre de l'humanité. Il n'y a pas de véritables héros ni d'héroïnes mais des personnes incapables de choisir une voie différente de celle de leurs ancêtres, condamnant la race entière à des guerres intestines ou externes. Le personnage humain principal suit une tendance vers la dépression et la perte de foi envers sa propre espèce, qu'il tire de sa connaissance du passé, mais jamais il ne peut agir pour éviter des décisions catastrophiques. Il ne peut qu'assister aux événements.

    Face à l'humanité l'auteur décide de créer une espèce d'araignées intelligentes. On joue ici sur la peur des araignées mais aussi sur la création d'une espèce différente, même si terrienne. 90% du roman consiste à dépeindre la création de la société des araignées. Celle-ci passe d'une logique de chasse animale à une société complexe capable de s'adapter pour créer un bon commun. Même si les araignées sont des prédatrices, cette société est décrite comme préférant chercher un moyen d'user de leurs ennemis plutôt que de les détruire.

    Personnellement, ce n'est que lorsque les deux espèces se rencontrent, ce qui est rare, que l'auteur m'a permis de ressentir une forme de sentiment d'horreur. Lorsque les araignées sont décrites en dehors de la perception humaine je me suis pris à admirer la construction de leur société. Mais leur description via des yeux humains crée un fort sentiment de malaise. Les personnages humains étant incapables d'accepter que les araignées puissent penser et ne pas être des ennemis mortels. L'humanité, ici, est incapable de passer le fossé qui permettrait une compréhension mutuelle et je trouve intéressant que l'auteur donne cette capacité aux araignées.


    ** 
    *** 
    **** Une réussite. Il existe une suite, il est probable que je la lise.
    *****

    Image : Éditeur

  • La résistance indienne aux Etats-Unis par Elise Marienstras

    Titre : La résistance indienne aux Etats-Unis
    Autrice : Elise Marienstras
    Éditeur : Gallimard 2014 (première édition 1980)
    Pages : 352

    Je suis totalement ignorant des questions "indiennes", pour reprendre le terme utilisé dans le titre, aux Etats-Unis. Il me semble donc normal de m'y intéresser afin d'essayer de comprendre les débats mais aussi les questions de droits posées par les populations autochtones. Ce livre, plutôt ancien même si cette édition est revue, tente de nous donner les clés de compréhension des luttes des autochtones depuis l'arrivée des européens jusqu'à nos jours.

    Le récit commence par les stéréotypes qui existent sur les populations autochtones. Dès le second chapitre, l'autrice se concentre sur un récit chronologique. Les chapitres sont des périodes qui permettent de comprendre comment les relations entre les populations résidentes et les migrant.e.s d'Europe fonctionnent. Rapidement, les migrant.e.s d'Europe veulent imposer leur manière de vivre, de penser et de gouverner sur les autochtones, afin d'en faire des populations soumises aux monarchies européennes. Les rois du territoire colonisé ont parfaitement compris cela et ont tenté de réagir soit par le refus des soumissions, la résistance armée ou une tentative de travailler avec les européens à égalité. L'autrice montre bien que toutes ces tactiques ont mené au même résultat : la destruction du peuple, des royaumes et de leurs cultures. Ainsi, le retour d'une certaine forme de militantisme au niveau du droit et des institutions internationales implique la reconnaissance des cultures autochtones et de leurs nationalités, au sein des Etats-Unis.

    Ce livre fut surprenant. En effet, il est constitué en grande partie d'extraits de sources commentées. Le commentaire est écrit dans une police inférieure à celle des sources, ce qui permet de bien identifier le type de texte. On peut aussi y voir une probable volonté de ne pas écraser les sources par le commentaire. La lecture seule permet déjà d'apprendre beaucoup de chose. Mais il me manque l'analyse historique, ce qui va plus loin que le simple commentaire. Ce manque pourrait provenir de la date de la première édition et donc de la nécessité de poser les questions et les débats avant de pouvoir y répondre.

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  • La roue du temps 2. L'oeil du monde deuxième partie par Robert Jordan

    Titre : La roue du temps 2. L'œil du monde deuxième partie
    Auteur : Robert Jordan
    Éditeur : Bragelonne 17 octobre 2018
    Pages : 624

    Nos personnages sont séparés. Après la fuite de la ville la plus maudite de l'histoire humaine chacun.e a dû partir de son côté, espérant leur survie et celle de leurs ami.e.s. Lors de leur voyage illes vont en apprendre bien plus que souhaité sur leur destin mais aussi leur identité, même si celle-ci peut rester un mystère pour certaines personnes. Mais illes sont aussi talonnés par les forces du Ténébreux qui semblent pouvoir voyager plus vite que naturellement possible. Fuyant toujours plus loin, le groupe apprend l'existence d'une menace particulière. Mais est-ce trop tard ?

    SPOILERS

    Ce second tome est la seconde partie d'un premier volume en langue original. La coupure est un peu artificielle mais acceptable puisque les personnages passent une bonne partie des événements séparés avant de se retrouver et d'attaquer la fin de leur quête. Cette seconde partie est bien plus plaisante que la première. Les personnages sont plus intéressants, moins naïfs, et commencent à changer. On commence aussi à en apprendre un peu plus sur Lan et Moiraine, qui restent tout de même peu loquaces.

    Mais ce second tome n'est que la première partie. Bien que l'intrigue qui a mené les personnages sut la route soit terminée, par une victoire, on comprend rapidement que celle-ci, aussi significative soit-elle, n'est qu'une petite victoire avant une bataille plus grande. Les personnages ont encore des choses à régler, ce qui sera le cas dans les prochains tomes selon toutes probabilités.


    ** 
    *** 
    **** Un second tome bien plus haletant que le premier
    *****

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  • Histoire de l'Autriche. De l'empire multinational à la nation autrichienne (XVIIIe-XXe siècles) par Paul Pasteur

    Titre : Histoire de l'Autriche. De l'empire multinational à la nation autrichienne (XVIIIe-XXe siècles)
    Auteur : Paul Pasteur
    Éditeur : Armand Colin octobre 2011
    Pages : 320

    L'Autriche est proche de notre pays et pourtant j'ai rarement touché son histoire durant mes études, en dehors du mouvement des nations, du Congrès de Vienne et de l'Anschluss. Ce manuel de la collection U, destiné aux personnes en bachelor master ou aux écoles prépas françaises, doit permettre de synthétiser trois siècles d'histoire qui voient des changements majeurs pour ce qui fut un empire multinational. Le livre est composé de manière chronologique avec trois grandes parties.

    La première partie prend en compte les années 1740 à 1867 en trois chapitres. L'auteur débute en expliquant comment fonctionne la monarchie des Habsbourg. Celle-ci, aux époques étudiées, commence à réformer le fonctionnement de l'état pour lui offrir une bureaucratie moderne. Cette époque est aussi celle des crises de la Révolution française et de Napoléon. L'Autriche est fortement antirévolutionnaire et marque, avec Metternich, une tentative de retour à un ancien régime durant le congrès de Vienne. Metternich essaie de créer une Europe conservatrice dont les royaumes fonctionnent au sein d'un équilibre des puissances.

    La seconde partie, années 1867-1918, permet justement de marquer les problèmes nationaux que connait l'Empire. En effet, l'empereur possède deux couronnes et gouverne un espace divisé en plusieurs états qui commencent à se penser comme des nations. Cette diversité implique des concessions pour garder le contrôle d'un si vaste espace, mais les germanophones restent majoritaires au pouvoir. La période connait plusieurs tentatives de réformes de l'état en vue d'une démocratisation (et d'une lutte contre la gauche sur le modèle prussien). Les tensions vont permettre un éclatement de l'Empire après 1918 et la création de nouveaux états nationaux, possédant tout de même des minorités linguistiques.

    La dernière partie concerne la période 1918 à nos jours.  Le premier chapitre permet d'examiner la première république. Celle-ci voit la prise de pouvoir de la gauche à la mairie de Vienne et la réalisation d'une politique sociale ambitieuse dans cette ville, qui marque encore le paysage de la ville aujourd'hui. Dans un second chapitre, l'auteur examine la guerre civile de 1934 et la création d’une dictature catholique après celle-ci. Le parti chrétien décide d'abandonner la démocratie et de détruire l'opposition de gauche. La fin de la démocratie, l'interdiction de la gauche et le manque criant de popularité des dirigeants permet aux nazis de prendre le terrain afin de préparer l'annexion de l'Autriche, une annexion largement souhaitée et qui implique une forte politique antisémite qui se greffe sur un sentiment plus ancien. Le dernier chapitre s'attaque à la seconde république. L'auteur met en avant la création d'une démocratie de compromis qui se base sur l'oubli des événements de 1934 et de l'annexion. Cet oubli est remis en cause depuis quelques années et le monde politique et intellectuel est forcé à réexaminer l'histoire du pays.

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  • Black Lightning saison 3

    À la fin de la saison 2 l'agence ASA comprend qui est Black Lightning. L'agent Odell rend visite à la famille Pierce afin de leur proposer un contrat. Black Lightning accepte d'être étudié par l'ASA et de ne pas l'empêcher d'agir contre une menace externe : les markoviens. En échange, sa famille est laissée tranquille. Mais lorsqu'il sort de confinement il se rend compte que sa ville est devenue une zone de guerre. Les militaires de l'ASA contrôlent tout et tout le monde. La liberté ne dépend que du bon vouloir des agents du gouvernement qui justifie leurs actions violentes par la menace d'une invasion. Rapidement, Black Lightning ne peut pas accepter de rester calme.

    SPOILERS

    Depuis le début de la première saison cette série est inscrite dans l'histoire des Etats-Unis et les tensions raciales qu'on y trouve. Cette troisième saison va encore plus loin puisqu'on y décrit des expérimentations humaines illégales sur des personnes noires sans qu'elles ne soient consentantes. Bien entendu, la série va très loin puisque certaines personnes sont mises sous contrôle à l'aide d'une puce insérée dans le cerveau. Mais cela n'empêche pas les auteur-e-s de se baser sur une histoire réelle d'expérimentations médicales ou de parler d'enfants séparés de leurs parents par un état raciste.

    Comme auparavant, la série montre parfaitement comment fonctionne le racisme systémique dans un état. Le vilain de cette saison est aussi une victime et ses actions ne sont pas totalement mauvaises. Son but est de protéger et de sauver des enfants enfermés, contrôlés et qui subissent des expérimentations à cause de la couleur de leur peau. Face à ces actions, les polices sont incapables de réagir quand elles ne sont pas complices. Il me reste à voir comment la série va continuer, et se terminer, lors de la saison 4.


    ** 
    *** 
    **** 
    ***** Une très bonne saison

    Image : IMDB

  • La roue du temps 1. L'oeil du monde première partie par Robert Jordan

    Titre : La roue du temps 1. L'œil du monde première partie
    Auteur : Robert Jordan
    Éditeur : Bragelonne 17 octobre 2018
    Pages : 619

    Comme beaucoup de monde, j'entends de plus en plus parler de cette série alors qu'Amazon est en train de diffuser son adaptation sous le format d'une série TV. Ce premier tome commence alors que le monde a connu plusieurs âges. Le dernier s'est conclu sur la fin de la guerre contre le Ténébreux et une catastrophe nommée la Dislocation du monde. Celle-ci fut commise par le Dragon, un humain capable de vaincre le ténébreux, et d'autres hommes capables d'user de pouvoirs magiques. Depuis, seules les femmes. Les aes sedai, peuvent avoir des pouvoirs magiques sans sombrer dans la folie. Des siècles ont passé depuis ces événements. Une prophétie annonce que le Dragon renaitra lorsque la fin du monde approchera. Alors qu'un long hiver semble ne jamais vouloir se terminer des signes annoncent le retour de cet homme. Ceci dans un petit village inconnu de tout le monde. Mais trois personnes sont liées à cette prophétie sans que personne ne sache laquelle est la vraie résurrection.

    SPOILERS

    Comme cela est souvent décidé par les éditions françaises, ce premier tome est en fait la première partie de la version anglaise. Il me faudra donc lire la seconde partie pour savoir ce que je pense réellement du début de cette série. Mon entrée ne fut pas facile. Que ce soit à cause de la traduction, ou autre chose, j'ai eu du mal à apprécier les trois jeunes hommes qui me semblent souvent prendre des décisions peu intelligentes simplement pour faire avancer le récit. Mais peut-être devrais-je être un peu tolérant, les personnages sont censés être très jeunes avec aucune expérience du monde. Les autres personnages, l'aes sedai, son champion, le trouvère (ou troubadour) sont utilisés pour guider ces jeunes gens naïfs et on peut espérer un peu plus d'intelligence de leur part dans d'autres volumes.

    Ce premier tome prend la forme d'une fuite en avant à cause de la menace de troupes maléfiques. Cette fuite permet aussi aux personnes qui lisent d'en apprendre plus sur la géographie et surtout la société de cette histoire. Bien qu'il y ait beaucoup à comprendre, une majeure partie du worldbuilding étant constitué de légendes, l’introduction progressive des éléments selon les besoins des personnages permet d'éviter d'être perdu lors de la lecture. Cette première partie est donc efficace tout en offrant quelques scènes d'action durant lesquelles on peut craindre pour la vie des personnages. Les derniers chapitres, qui séparent les personnages en trois groupes, seront sûrement résolus dans la seconde partie.


    ** 
    *** 
    **** J'ai mis du temps à accepter le style mais c'est un débat assez bon.
    *****

    Image : Éditeur

  • Ghostbuster Afterlife / SOS fantôme héritage

    Plusieurs décennies se sont déroulées depuis les événements de 1984. Le groupe des ghostbusters s'est séparé avant d'être progressivement oublié. Egon a vécu dans une petite ville sans jamais réellement prendre des nouvelles de ses amis et de famille. Il est oublié de touxtes jusqu'à sa mort un soir. Sa fille est contactée pour prendre en charge l'héritage. Peu fortunée, elle emmène ses enfants avec elle. Celleux-ci découvrent que leur grand-père était bien plus qu'il ne le faisait paraitre et que sa ferme est impliquée dans des événements métaphysiques.

    SPOILERS

    Ce film la suite directe du film de 1984. Des images de celui-ci apparaissent ainsi que plusieurs objets. Même les acteurs originaux sont présents, à ma plus grande surprise. Mais ce film est avant tout un moyen de faire apparaitre de nouveaux personnages. Podcast, un jeune adolescent qui crée un podcast que personne n'écoute. Phoebe, une jeune adolescente au génie scientifique et qui ne peut pas s'empêcher de toucher à tout. Et le frère, Trevor, qui sert surtout à conduire la voiture.

    J'ai apprécié le film. Mais il ne crée rien de nouveau. Il se complait dans la nostalgie sans proposer une véritable nouvelle identité. L'intrigue est pratiquement la même que le premier film. Deux démons doivent se relier afin de permettre à une ancienne divinité de diriger le monde et les morts. Même si les personnages sont différents, leurs rôles sont pratiquement identiques à l'ancienne équipe. Heureusement, le film est sympathique et j'ai beaucoup apprécié la manière de réparer la relation entre Egon, ses amis et surtout sa famille à la fin du film.


    ** 
    *** 
    **** Sympathique mais pas vraiment imaginatif
    *****

    Image : Site officiel

  • 19 février 1803: L'Acte de Médiation recrée la Suisse par Georges Andrey et Alain-Jacques Tornare

    Titre : 19 février 1803 : L'Acte de Médiation recrée la Suisse
    Auteurs : Georges Andrey et Alain-Jacques Tornare
    Éditeur : Savoir Suisse 21 octobre 2021
    Pages : 160

    1798, la Suisse devient un état unitaire centralisé en imitant le fonctionnement de la République française de l'époque. 1803, la République helvétique tombe après une guerre civile. Napoléon devient un médiateur chargé de permettre à la Suisse de recevoir et d'accepter un nouvel ordre. Celui-ci sera nommé l'Acte de Médiation. C'est ce régime que les auteurs se proposent de présenter en moins de 200 pages et 8 chapitres

    Les quatre premiers chapitres permettent de mieux comprendre cet acte et sa provenance. Ils permettent d'expliquer qui sont les personnes chargées de le rédiger et comment se place Napoléon dans cette demande de médiation. Loin de forcer son avis, même si les armées françaises sont toujours proches, sa médiation est demandée. L'acte permet de revenir à un fonctionnement traditionnel en redonnant aux cantons une souveraineté tout en cassant une grande partie es pouvoirs de l'organe centrale : la Diète. Celle-ci ne siège qu'un mois par année tandis qu'un Landamman s'intéresse aux affaires de tous les jours. Les auteurs s'intéressent aussi aux différentes constitutions cantonales réécrites dans le cadre de la médiation.

    Les trois chapitres suivants permettent aux auteurs de nous montrer comment le régime de la Médiation fonctionne. Pour cela, on nous présente les personnalités importantes. Outre le premier Landamman les auteurs parlent longuement du premier chancelier de la Confédération. Ces chapitres permettent aussi de mettre en avant la période de prospérité et de paix que fut cette Médiation. L'Europe est en guerre et des Suisses meurent sous les drapeaux français, mais le territoire helvétique est sauf jusqu'à la toute fin du régime.

    Enfin, le dernier chapitre permet de questionner la mémoire de cette période. Celle-ci fut, selon les deux auteurs, aussi peu mémorisée que la République helvétique. Dans les deux cas, nous avons des régimes imposés par les Français et qui semblent impliquer une soumission à une force étrangère au lieu d'une alliance. La mémoire est si difficile à accepter que le canton de Berne ait préféré célébrer l'anniversaire de son entrée dans la confédération au lieu de la Médiation, moment de la parte définitive des cantons sujets et donc d'une certaine prospérité. Pour les auteurs, la Médiation est surtout le début de la Suisse telle qu'on la connait. La nation helvétique n'existe pas encore, mais commence à se construire, tandis que l'idée de consensus semble être au centre d'un acte qui voulait éviter à la fois la Révolution et le retour à l'Ancien Régime, ce qui impliquait de relier des positions politiques bien différentes.

    Image : Éditeur

  • Star Wars: Thrawn ascendancy. Lesser evil par Timothy Zahn

    Titre : Star Wars : Thrawn ascendancy. Lesser evil 
    Auteur : Timothy Zahn
    Éditeur : Penguin 16 novembre 2021
    Pages : 576

    Ce troisième tome doit conclure cette trilogie et la relier à celle qui se déroule durant la période impériale (jusqu'à la disparition de Thrawn à la fin de la série Rebels). Les Chiss sont une nation forte mais qui a dû résister à un nombre de plus en plus important d'attaques durant les dernières années. Une menace pirate, une déstabilisation interne qui a failli tourner en guerre civile, sans oublier les tensions entre les grandes familles. Cet effort n'est pas terminé Thrawn sait qu'il y a une personne qui manipule les événements et nations dans le but de détruire les Chiss. Et il est prêt à tout pour supprimer cette menace, même si cela implique sa fin.

    SPOILERS

    Thrawn et Timothy Zahn ont la réputation d'être le personnage et l'auteur les plus attendus de l'univers Star Wars. Le nouvel univers a maintenant deux trilogies autours de Thrawn, qui est aussi apparu en version animée et va probablement revenir dans la série écrite autours d'Ahsoka. Il y a donc une forte attente pour ce dernier tome de cette seconde trilogie. Comme les précédents, le génie militaire de Thrawn est largement mis en avant. Il est capable de préparer, gérer et adapter une bataille sans jamais perdre son sang-froid. Ce roman réussit aussi à terminer les différentes intrigues politiques et militaires, tout en laissant de la place à d'autres histoires.

    En effet, lors de son arrivée au sein de l'Empire Thrawn annonçait l'existence de menaces importantes au sein du "Chaos". L'Empire est vu par les Chiss comme une menace potentielle mais aussi un moyen pour combattre ces menaces et éviter la destruction. Ce roman permet de comprendre les buts de Thrawn vis à vis de l'Empire et surtout pourquoi il lui est si fidèle. Seule une puissance unie serait capable de résister à la menace que les Chiss n'ont que ralentie. Ce roman permet donc, je pense, de préparer la suite de l'histoire de Thrawn. Je ne serais pas étonné que la quête d'Ahsoka la mène en direction des Chiss et que l'on retrouve les menaces que Thrawn craint.


    ** 
    *** 
    **** 
    ***** Un dernier roman qui réussit à terminer tout en se reliant à la première trilogie et en préparant, je suppose, la suite

    Image : Éditeur

  • La Japon d'Edo par François Macé et Mieko Macé

    Titre : La Japon d'Edo
    Auteur-e-s : François Macé et Mieko Macé
    Éditeur : Les belles lettres 14 avril 2006
    Pages : 320

    J'ai continué mon voyage dans l'histoire du Japon d'Edo avec ce livre des éditions Belles Lettres dans la collection Civilisations. Une collection qui édite des livres sur les grandes civilisations de l'histoire humaine. Le livre est construit en trois grandes parties. La dernière est constituée d'annexes. Celles-ci commencent par plusieurs courtes biographies, classifiée par ordre orthographique, de quelques personnages mentionnés. Elles sont aussi l'occasion d'ajouter plusieurs index complets permettant de naviguer au sein du livre. Car ce livre est construit comme un manuel dans lequel on peut naviguer selon les besoins. Il n'y a pas d'ordre de lecture imposé. Pour faciliter ce voyage, les chapitres annoncent quand un sujet précis est élaboré dans une autre partie du livre. Les personnes qui lisent sont aussi aidé par une table des matières bien conçue qui synthétise les propos principaux et donne toutes les sous-parties.

    La première partie est nommée "Le Japon d'Edo." Elle s'intéresse aux questions politiques, économiques et sociales. Je fus très heureux de voir que le premier chapitre est l'occasion d'offrir une courte synthèse de l'histoire du Japon depuis la plus haute antiquité jusqu'à la fin de la période Edo. Cette connaissance me manquait dans le livre précédent. Les chapitres me semblent complet, mais très synthétique, avec un effort pour permettre au plus grand nombre de comprendre les tenants et aboutissants de la période.

    La seconde partie se nomme "Les japonais" et s'intéresse bien plus à l'élément humain. Nous y trouvons des informations sur la culture, le temps, la vie de tous les jours... Nécessairement, au vu de la construction du livre, certains points sont répétés à plusieurs reprises. J'ai été particulièrement intéressé par les jeux mais aussi par les "voies" qui impliquent une connaissance approfondie des arts impliqués. On ressort de ce chapitre avec une compréhension nécessairement incomplète de la vie culturelle japonaise, mais qui reste meilleure que celle que j'avais auparavant.

    Après ma lecture, je dois avouer avec eu l'impression de bien mieux comprendre cette période qu'avec le livre précédent. Ceci est sûrement dû aux fonctionnements différents des deux ouvrages. L'un est une partie d'un programme plus important tandis que celui-ci souhaite se suffire à lui-même. Il faut aussi noter, dans ce livre, une importante iconographie.

    Image : Éditeur

  • Encanto, la fantastique famille Madrigal / Encanto

    Il a commencé à neiger, l'automne est présent et l'hiver approche, décembre est dans quelques jours... quoi de mieux qu'un Disney pour passer quelques heures au cinéma ? Ça tombe bien, le dernier Disney est sorti mercredi passé. Encanto est un lieu. Encanto est l'endroit où une femme et des réfugié-e-s se sont replié-e-s en sécurité. Ceci fut rendu possible par deux choses : le sacrifice du mari de la matriarche de la famille Madrigal et le don d'un miracle. Ce miracle a créé une maison destinée à la famille Madrigal. A un certain âge, les enfants se voient attribuer une chambre et un pouvoir magique. Ces pouvoirs sont ensuite utilisés pour aider la communauté à vivre. Mais une personne, au sein de la famille, n'a pas de pouvoir. Cela ne l'empêche pas d'adorer ses sœurs, ses tantes mais aussi ses cousins et de tout faire pour les protéger.

    SPOILERS

    Ce film est un magnifique spectacle. Les pouvoirs sont bien mis en scène et fonctionnement parfaitement dans le cadre d'une maison sentiente. Les chambres sont adaptées à ces pouvoirs et à l'état d'esprit des occupant-e-s. Le film ajoute aussi, comme d'habitude, de nombreuses chansons qui permettent d'en apprendre plus sur la famille mais aussi sur les problèmes des membres. Bien que certaines chansons ne me semblent pas habituelles pour un Disney, j'ai apprécié le changement.

    Qui dit Disney et période des fêtes dit film de famille. Et ce film est en plein dans le genre. Tout se déroule au sein d'une famille. Presque toute l'intrigue a lieu au sein de la maison familiale. L'intrigue concerne avant tout le fonctionnement de la famille Madrigal et les problèmes qui sont cachés. La destruction de la maison, annoncée par une prophétie, n'est que la vision externe des tensions internes à la famille. Rien ici n'est particulièrement difficile à comprendre. Mais j'ai apprécié voir un film expliquer qu'une famille ne doit pas être parfaite. Qu'il y a parfois un besoin de repos, d'être une personne différente qui tente des choses différentes que d'autres membres de la famille ne souhaitent pas forcément. Qu'il est nécessaire, et je peux voir un peu loin, de penser à soi avant de pouvoir penser aux autres. Et seule Mirabel, étant un peu à l'extérieur de la famille, peut voir les besoins de celle-ci et tenter d'aider.


    ** 
    *** 
    **** 
    ***** Drôle, beau, une intrigue simple mais pas simpliste

    Image : IMDB

  • La famille Addams 2

    Les Addams sont réunis et heureux. Enfin, tout le monde n'est pas heureux dans cette famille puisque le malheur est un style de vie. Mercredi, en particulier, est de plus en plus éloignée de la famille et de son père. Elle continue de tenter d'assassiner son frère mais elle refuse les réunions de famille. Elle se sent de plus en plus contrainte par ses parents. Celleux-ci ne savent pas exactement quoi faire. Lorsqu'un avocat vient leur ordonner un test ADN afin de découvrir si Mercredi est leur fille illes décident de fuir, une fuite déguisée en vacances familiales en camping-car.

    SPOILERS

    Je n'étais déjà pas très convaincu par le premier film. Je le suis encore moins par ce second film. Je ne trouve pas réellement tout ce que j'apprécie dans la famille Addams : la remise en cause d'un mode de vie de classe moyenne au sein d'un monde qui valorise la consommation et la conformité (les Addams étant l'incarnation du différent et de l'aristocratie même si les parents s'aiment au sein d'un couple hétérosexuel). Les "blagues" peuvent parfois faire sourire, mais sont rarement particulièrement réussies. En particulier, j'ai souvent soupiré de gêne devant le personnage de Pugsley et son oncle Fétide. Pourquoi nous faire subir ceci ? Je ne sais pas mais ce fut difficile. Le premier film était déjà peu imaginatif, ce second film réussi l'exploit impressionnant de l'être encore moins.

    * Le popcorn était de meilleure qualité que le film, ce n'est pas un compliment pour le popcorn
    ** 
    *** 
    **** 
    *****

    Image : IMDB