Gondolindrim's Stories - Page 5

  • Batman: White Knight presents Harley Quinn par Katana Collins, Sean Murphy, Matteo Scalera et Dave Stewart

    Titre : Batman : White Knight presents Harley Quinn
    Auteur-e-s : Katana Collins, Sean Murphy, Matteo Scalera et Dave Stewart
    Éditeur : DC 29 juin 2021
    Pages : 168

    Ce comics contient Batman : White Knight presents Harley Quinn 1-6 ainsi que Harley Quinn : Black + White + Red. Bruce Wayne est en prison. Sa dernière sortie en tant que Batman fut pour mettre une fin à la croisade meurtrière d'Azrael. Depuis, la ville de Gotham est calme. Le monde criminel est pratiquement neutralisé. Harley Quinn s'occupe de ses enfants, orphelins de Jack Napier. Mais une nouvelle vague de meurtres secoue la ville de Gotham. Une tueuse en série s'attaque aux anciennes stars de l'âge d'or du cinéma. Le GCPD souhaite recevoir l'aide d'Harley Quinn. Mais celle-ci sera-t-elle capable d'éviter de retomber dans la criminalité ?

    SPOILERS

    S'il y a bien une chose que j'apprécie dans le monde de White Knight c'est Harley Quinn. Elle est dépeinte comme extrêmement intelligente, plus que Batman. Toujours capable de manipuler les personnes qu'elle vise. Elle est aussi têtue et veut toujours aider les autres, ce qui l'a conduite à tomber avec Napier dans le piège du Joker. Mais jamais elle n'est tombée aussi bas que le Joker, son alliance avec Batman le prouve. Ce comics qui suit les événements du dernier White Knight montre à quel point Harley Quinn était nécessaire pour Jack Napier. Il montre aussi à quel point le Joker est un danger pour Harley Quinn. Il n'y a plus qu'à espérer avoir plus d'histoire sur elle.


    ** 
    ***
    **** Une bonne suite sur un personnage que j'apprécie beaucoup
    *****

    Image : Éditeur

  • Star Wars. The Bad Batch

    La guerre des clones fait rage. Toute la galaxie est impliquée dans ce combat entre la République, servie par les Jedis et les Clones, et les Séparatistes ainsi que les armées de droïdes. Mais la fin approche, le général Grievous et Dooku sont obligés d'user de tactiques désespérées. Une des batailles a lieu sur Kaller. La force clone 99 s'y trouve aussi pour assister le général Jedi ainsi que son padawan. Mais, au plein milieu de la bataille, l'ordre 66 est annoncé. La force 99 doit choisir entre la fidélité envers une armée qui ne défend plus une République mais un Empire et la désertion.

    SPOILERS

    The bad batch se déroule juste après le film 3 ainsi que la série Clone Wars. Les premières minutes se déroulent en même temps. La série fait partie d'une suite de projet qui doit permettre d'explorer un peu plus l'univers star wars. The bad batch doit permettre d'observer la création de l'Empire grâce aux soldats qui ont combattu pour la République. Cette idée promettait quelque chose d'intéressant puisqu'on pouvait écrire une histoire de conflit de loyauté dans un univers en mutation.

    L'Empire commence, en effet, à se créer. Mais sa création est presque trop rapide. Immédiatement, des rebelles sont connus et l'Empire commence à remplacer les Clones. Peu à peu, les vaisseaux commencent à atteindre le style impérial. Très rapidement, l'Empire commence à agir de façon brutale. Certes, la série Clone Wars préparait à cette prise de pouvoir. Les différentes institutions étaient de plus en plus centralisées tandis que l'armée devenait omniprésente. Mais j'aurais aimé que la série prenne un peu plus de temps à montrer comment le rôle de l'armée des clones se modifie. Ce qui aurait permis de donner un peu plus de substance au conflit interne à la Force 99.

    De plus, un problème qui me semble important dans cette série concerne les personnages principaux. On ne les connait pas et la première saison ne permet pas réellement d'apprendre à savoir qui illes sont. Une bonne partie des épisodes impliquent des mentions ou des références fortes à des personnages liés à d'autres séries (Hera Syndulla, et Rex par exemple). Parfois, j'ai l'impression que The Bad Batch ne sert qu'à relier les différentes séries ou à préparer l'arrivée de prochains projets. Mais ce n'est que rarement que l'on peut s'intéresser aux personnages principaux et à leur intrigue. J'espère que la saison 2 prouvera que je me suis trompé.


    ** 
    *** Série un peu moyenne.
    **** 
    *****

    Image : Site officiel

  • Rouge

    Nour Hamadi est une infirmière qui a récemment dû partir de son poste aux urgences à la suite d’une potentielle erreur de sa part. Son père lui a trouvé un travail en tant qu'infirmière pour une entreprise locale dans laquelle il travaille. Nour Hamadi doit suivre les employé.e.s, donner des cours de premier secours et vérifier que tout le monde est protégé en utilisant les outils et habits adéquats. Mais elle se pose des questions. Un grand nombre d'employé.e.s sont malades. D'autres ont des accidents qui ne sont pas déclarés. De manière générale, la médecine du travail ne semble pas suivre ce qui se déroule. L'entreprise aurait-elle quelque chose à cacher ?

    SPOILERS

    Ce film montre comment des violations du droit sont possibles tout en étant parfaitement légales. Il suffit d'avoir une suite de décisions personnelles. Un comité de surveillance qui ne fait pas réellement son travail. Du copinage entre personnes qui dirigent, syndicats et patrons en particulier. Un monde politique qui ne réagit que sur la pression médiatique. Tout le film montre des personnes qui essaient de faire au mieux, mais qui acceptent des compromissions pour des raisons politiques. De bonnes raisons puisque cela permet d'éviter le chômage et de faire attention aux personnes qui ont besoin d'aides. Mais ces magouilles permettent de violer la loi. Il faut saluer la réalisation de mettre en avant cet aspect individuel.

    Ce film parle aussi de militantisme. Il y a des manières différentes de militer. Les syndicats, par le père d'Anour Hamadi, ont une grande place dans ce film. Devenir délégué implique de parler au patronat pour protéger les employé.e.s et, parfois, de se compromettre pour éviter la fermeture d'une usine. Les partis aussi ont leur place, mais ils doivent agir dans un cadre légal et électoral qui ne leur permet pas toujours d'être efficace et, parfois, d'oublier la nécessité d'être proche des personnes qu'ils représentent. On peut aussi militer par le journalisme et à l'aide d'actions directes voire en devenant une personne qui lance une alerte. Dans tous les cas, la manière de militer à des conséquences sur d'autres personnes, ce qui implique de prendre en compte leurs besoins. Fermer une usine dangereuse est nécessaire. Très bien, mais que faire des employé.e.s? Ainsi, ce film pourrait se terminer par la phrase suivante : une véritable écologie est nécessairement anticapitaliste.

    Image : IMDB

  • Free Guy

    Guy est un banquier. Il se lève toujours à la même heure, dit bonjour à son poisson, achète toujours le même café et accompagne son meilleur ami, vigile, au travail. La journée semble être réglée comme du papier à musique. Ce serait le cas si Guy vivait ans une ville normale. Mais il vit à Free City. Dans cette ville, des centaines de personnes font absolument tout ce qu'elles veulent. De la destruction gratuite, des meurtres et, bien entendu, des vols. Guy pense que cette vie est normale. Mais lorsqu'il rencontre Millie il comprend qu'une autre réalité est possible.

    SPOILERS

    Free Guy est un film pop-corn. Il est drôle, il y a de l'action et il y a des personnages attachants. Free Guy est, comme d'autres personnes l'ont dit ailleurs, ce que Ready Player One aurait dû être. Ready Player One n'était que cynisme. Son but était d'user de références pour faire vendre. Free Guy n'est pas cynique. Il ne prétend pas être le film de l'année, il veut donner de bons moments en utilisant des références qui ne sont jamais trop nombreuses ni totalement gratuites. Free Guy est un divertissement honnête qui essaie de plaire à tout le monde, et qui sait jeter quelques clins d’œil de temps en temps.

    A la rigueur, on pourrait y trouver un petit questionnement sur ce qu'est l'art. L'antagoniste veut uniquement suivre des franchises pour être certaine de gagner de l'argent. Il ne crée rien de nouveau mais utilise ce que d'autres ont inventé. La création pour la simple beauté de la création, sans se demander s'il y aura assez de personnes intéressées pour gagner de l'argent, pourrait être un message du film.


    ** 
    *** Sympathique avec du potentiel
    **** 
    *****

    Image : IMDB

    Site officiel

  • Stargirl

    Courtney Whitmore est une adolescente comme les autres. Elle a perdu son père très jeune. Sa mère, Barbara a récemment décidé de refaire sa vie avec un second maris : Pat Dugan. Cette nouvelle vie aura lieu au sein de la petite ville de Blue Valley. Pat y ouvre un garage tandis que Barbara va travailler pour une entreprise de charité. Courtney et son beau-frère, Mike, sont envoyés à l'école. Mais un jour, fouillant les affaires de Pat, Courtney découvre un objet. C'est la propriété de Starman, un héros tué par la Injustice Society. Pat n'est pas un simple garagiste. Il est un ancien membre de la Justice Society of America.

    SPOILERS

    Cette nouvelle série héroïque de la CW est assez classique. La famille de Courtney vit dans une petite ville. La famille essaie d'être intégrée à une communauté locale. Tout le monde dans cette ville semble être hétéro, vivant en famille dans de petites maisons. On a l'impression du bon vieux temps des Etats-Unis dans de petites communautés soudées. Les antagonistes sont aussi en faveurs de cet esprit états-uniens, même si leur but est de forcer les autres à penser comme elleux. Bien que les méchants souhaitent créer un meilleur monde, plus écologique, illes veulent détruire le libre arbitre tout en risquant la mort de nombreuses personnes.

    J'ai tout de même beaucoup apprécié le thème de l'héritage. Chacun des personnages essaient de suivre ce qui a été fait avant. Courtney pense accepter l'héritage de son père, par exemple. Ainsi, la série met en avant une nouvelle génération luttant contre une ancienne génération de vilains. Les parents des adolescent-e-s, si illes sont présent-e-s, sont avant tout un moyen de les guider et non de les contraindre. Au contraire, les antagonistes essaient de contrôler leurs enfants, de les empêcher de choisir une voie différente. L'un est maltraité par son père. L'une est une expérimentation qui n'a jamais reçu de règles. Ce thème de l'héritage et de la relation aux parents va probablement continuer durant la saison 2, si j'en crois les dernières images de la première saison.


    ** 
    *** Sympathique avec du potentiel
    **** 
    *****

    Image : IMDB

  • Pil

    Pil est une jeune orpheline. Elle n'a pas d'ami-e-s. Elle vit en haut de la statue de l'ancien roi de la cité de Roc-En-Brume avec trois fouines. Elle n'a d'autres choix que de voler afin de manger à sa faim, créant la légende d'un lutin qui s'attaque à la nourriture des habitant-e-s de la cité. Lorsqu'un banquet est organisé afin de couronner le nouveau roi, Roland, elle essaie de s'inviter afin de manger à sa faim. Mais, cachée, elle observe le régent tenter de tuer le prince Roland. Elle doit fuir afin de sauver le prince.

    SPOILERS

    Voilà un petit film enfantin sans grandes ambitions. Nous avons tout ce qui est censé faire plaisir aux enfants. Une princesse qui n'en est pas une. Des personnages dont les caractéristiques principales sont faciles à comprendre, une chanson et quelques dangers pas si dangereux le tout saupoudré d'un peu d'humour. Certes, rien de révolutionnaire, mais cela fonctionne assez bien avec quelques bons moments d'humour et des personnages sympathiques. Le film fonctionne probablement très bien pour une petite séance en famille avec des enfants assez jeunes.


    **
    *** Pas trop mal
    **** 
    *****

    Image : IMDB

  • Histoire de l'Inde moderne. 1480-1950 sous la direction de Claude Markovits

    Titre : Histoire de l'Inde moderne. 1480-1950
    Direction : Claude Markovits
    Éditeur : Fayard 11 mai 1994
    Pages : 744

    Je ne connais pratiquement rien à l'histoire de l'Inde. Ce gros livre qui début bien après la constitution de la civilisation indienne n'est probablement pas un bon moyen d'entrer dans cette histoire si l'on n'a pas un minimum de connaissances. Les premiers chapitres sont les plus difficiles pour entrer dans ce livre. Dès que l'on entre dans la période des colonisations le récit devient plus facile pour quelqu'un ne connaissant rien à l'Inde. Le livre est constitué de 6 parties pour 27 chapitres écrits par plusieurs personnes.

    Les deux premières parties se déroulent avant la création de l'Empire colonial anglais. Les relations avec l'Europe sont présentes, mais moins importantes qu'elles ne le seront. Ces deux premières parties vont jusqu'au XVIIIème siècle. Les auteurs y décrivent d'abord une Inde contrôlée par différents royaumes aux forces militaires et économiques différentes. Leurs relations sont basées sur le conflit ce qui permet de se débarrasser de certains dirigeants. La seconde partie montre l'importance grandissante de l'Empire Moghol, musulman, qui prend progressivement le contrôle du continent tout en laissant les différents dirigeants en place. La dynastie change de dirigeants à la suite de guerres civiles internes. À la fin de la seconde partie, les auteurs expliquent les raisons de la perte de puissance de l'Empereur, en particulier militaire et fiscale, mais celui-ci reste la source de la légitimité. Les Anglais en useront pour se présenter comme des dirigeants légaux puis comme les successeurs de l'Empire Moghol.

    L'importance grandissante du Royaume-Uni intéresse un grand nombre de chapitres des parties 3 et 4 qui examinent la transition entre l'Empire Moghol et l'Empire colonial anglais, le Raj. Les auteurs nous montrent que le Royaume-Uni aurait pu ne pas prendre cette importance. Premièrement, la France est une rivale directe. Mais les différentes guerres et le manque de volonté royale implique rapidement l'abandon de l'Inde en faveurs des îles à sucre. En second lieu, le Royaume-Uni ne souhaitait pas conquérir l'entier du continent. D'ailleurs, la conquête est faite par une entreprise privée qui prend, progressivement, le contrôle des impôts et de la défense des princes au nom d'un commerce capable de créer des profits. Le contrôle commence par un lien direct avec l'Empereur puis par des traités avec les différents princes. Cette période de prise de contrôle du territoire se termine avec une révolte importante contre les Anglais : la révolte des Cipayes.

    Les deux dernières parties sont assez différentes. La sixième partie se concentre sur un territoire français et une île contrôlée par les Anglais. Le but est de donner des points de comparaisons permettant de comprendre le fonctionnement de l'Empire colonial anglais. La partie 5, elle, se concentre sur la période impériale pour se terminer avec l'indépendance et les raisons de la partition en deux pays. Les auteurs commencent par décrire le fonctionnement rural, urbain et religieux du pays. Dans un second temps, les auteurs se concentrent sur les contestations de plus en plus importantes de l'Empire et des Anglais. Celle-ci commence au sein d'un Congrès créé par un Anglais. Ce Congrès devient vite l'une des bases de la contestation, peu prise au sérieux, avant que Gandhi ne réussisse à créer des mouvements de masse contre l'Empire. Cependant, ce n'est qu'après la Deuxième guerre mondiale que les Anglais proposent un calendrier précis, après avoir compris qu'ils ne pouvaient pas garder le contrôle du pays sans de nombreuses forces armées. Les différentes tensions religieuses et politiques mènent à une partition en deux pays basés sur des critères religieux.

    Ce livre ne peut pas tout expliciter. Il commence au XVème siècle et se termine en 1950. Une grande partie de l'histoire indienne est donc absente. Mais peut-on en vouloir aux auteurs de s'être concentrés sur une période précise ? Même ainsi, les informations données par auteurs dans les différents chapitres sont nombreuses et permettent de comprendre le fonctionnement actuel de cette région, ainsi que les tensions internationales actuelle.

    Image : Éditeur

  • Chaos Walking

    CW : meurtres, féminicides

    L'humanité a atteint les étoiles. Une colonie a pu être créées sur une planète nommée Nouveau Monde. Mais cette planète était déjà habitée. Une guerre se déroula entre les humain-e-s et les autochtones, une guerre qui a mené à la mort de toutes les femmes. Les hommes, eux, survivent. Mais ils doivent vivre avec le bruit. Le bruit est la projection de toutes les pensées. Il est extrêmement difficile de contrôler cette projection et cela peut aussi bien aider que nuire. Todd est le plus jeune garçon de la colonie. Il essaie de devenir un homme au sein du système qu'il connait, mais ses croyances sont confrontées à l'arrivée d'un nouveau vaisseau humain et d'une femme envoyée en éclaireuse.

    SPOILERS

    Ce film n'est pas très bon. Il a beaucoup de mal à expliquer ce qu'est le bruit même si la réalisation utilise une forme d'image pour montrer, au lieu de dire. Cela nous permet de comprendre ce qui est impliqué. Malheureusement, ce qui pourrait permettre un bon world building est totalement détruit par un scénario et des personnages inintéressants. Todd aurait pu permettre de pousser la question de l'éducation, de l'histoire, et de sa remise en question. Viola aurait pu permettre de questionner le patriarcat. Le maire aurait pu être mieux caractérisé ce qui aurait permis de poser la question du pouvoir et de la relation avec les gens qui acceptent ce pouvoir. Rien de tout cela n'est fait.

    Le film montre aussi une vision très toxique de la masculinité. La majorité des hommes tenus par le Maire sont sales, fermiers, chasseurs. La masculinité, dans ce film, implique de tuer, parfois en groupe. Todd, durant tout le film, pense devoir être un homme. Pour lui, être un homme implique la force physique et mentale, se contrôler, et donc ne pas montrer ses émotions à autrui. Jamais cette vision de la masculinité n'est réellement mise en question dans le film (même si on peut espérer que la réalisation n'y est pas favorable).


    ** Un film assez médiocre
    *** 
    **** 
    *****

    Image : IMDB

    Site officiel

  • The suicide squad

    CW : Sanglant, morts à l'écran, nudité masculine frontale

    Il y a quelques années la suite des films ratés de DC fut particulièrement impressionnante puisque Suicide Squad était sorti. Son seul point positif fut de nous offrir une Harley Quinn jouée par Margot Robbie. Mais le reste ne fut qu'absence d'âme à cause de choix imposés par un studio incapable. Depuis, DC a toujours du mal à s'imposer au cinéma mais quelques films sont passés au-dessus du lot, en particulier Birds of Prey injustement considéré comme un échec. DC a aussi réussi à débaucher James Gunn qui imposa un ton et des morts dans un nouveau Suicide Squad. Celle-ci, officiellement nommée Task Force X, est envoyée sur l'île de Corto Maltese pour détruire les recherches du projets Etoile de Mer. Mais rien ne se déroule comme prévu.

    SPOILERS

    Ce film est un peu ce que le premier aurait dû être, bien que David Ayer semblât souhaiter quelque chose d'horrifique. La Suicide Squad est immédiatement montrée pour ce qu'elle est : un moyen d'utiliser les pires des pires dans des missions extrêmement dangereuses. Elle est commandée par une Amanda Waller qui n'hésite pas à user de menaces pour avoir ce qu'elle souhaite. Dès le début du film on observe l'équipe de Waller faire des paris sur les membres qui vont mourir tandis que la mission débute par un véritable carnage.

    Ce film réussit aussi à introduire des personnages secondaires de l'univers DC méconnus en leur donnant le temps de se présenter. Harley Quinn en souffre, en tant que personnage, mais cela permet de faire apprécier les autres membres de l'équipe. Rat Catcher et Polkadotman en profitent fortement. La réalisation réussit à nous offrir des moments de complicités entre les membres de l'équipe sans oublier les scènes d'actions. Ce qui crée un bon rythme au sein du film et de pouvoir parfaitement comprendre les actions des différents personnages.


    ** 
    *** 
    **** Le studio chargé d'adapter les DC aurait-il compris qu'il faut laisser la réalisation effectuer son travail ? Enfin ?
    *****

    Image : Site officiel

  • Kaamelott premier volet

    Dix ans ont passé. Arthur Pendragon est exilé, perdu, mais recherché par tous les chasseurs de prime du monde européen. Le royaume de Logres est gouverné par Lancelot. Ce dernier utilise les saxons afin de taxer, pourchasser et tyranniser l'ensemble du royaume. Il ne veut qu'une chose : détruire ce qu'Arthur avait construit. Même si dix ans ont passé. Les vertus et l'idéologie arthurienne ont tout de même réussi à rester en vie. Quelques groupes essaient de résister à Lancelot. Mais cette résistance n'est qu'une flammèche attendant le retour d'Arthur pour s'embraser.

    SPOILERS

    Il y a longtemps que ce film est annoncé avant de pouvoir, finalement, être produit et distribué. On peut se demander si le film est à la hauteur de ce qui était annoncé. Personnellement, je l'ai trouvé bien trop rapide. Certes, les flashbacks permettent de ralentir un peu le film tout en donnant, tardivement, quelques informations qui permettent de comprendre Arthur. Mais, en dehors de cela, Arthur voyage au sein du royaume de Logres comme si la téléportation existait. Il passe du continent à l'île puis le rocher avec l'épée, le royaume de son beau-père et Kaamelott sans jamais réellement voyager. Le régime de Lancelot tombe tout aussi rapidement. Sur ce point, mes attentes sont déçues.

    Un autre problème concerne les sous-entendus. La réalisation nous plonge dans un monde ayant dix ans de plus avec très peu d'informations sur le fonctionnement de celui-ci. On sait que Lancelot a gardé un gouvernement, mais on ne sait pas comment il gouverne, comment il est devenu ainsi. On ne sait pas non plus pourquoi l'épée d'Arthur s'est modifiée lorsqu'il la reprend. Pire encore, on ne sait pas pourquoi les saxons décident d'entrer au sein du royaume de Logres et de suivre la quête du Graal alors que le film les montre, dès le début, comme des mercenaires qui ne veulent que de l'or, ou des terres. À mon avis, le film aurait gagné à ralentir les événements, à permettre à Arthur, et donc aux personnages mais aussi à nous, de visiter le royaume et d'observer comment Lancelot gouverne. Cela aurait permis de reconstituer, petit à petit, l'envie de se battre d'Arthur et son souhait de créer une nouvelle table-ronde.


    ** 
    *** 
    **** Un peu décevant mais pas mauvais
    *****

    Image : IMDB

  • Jungle Cruise

    La forêt amazonienne, 1916, un homme donne une conférence pour une société savante locale. Il souhaite avoir accès aux archives de cette société afin de vérifier la véracité d'une vieille légende. Une légende qui avait poussé les conquistadors à explorer la jungle afin de trouver un arbre dont les fleurs permettraient de guérir de tous les maux. Mais personne ne croit en cette légende. D'autant que cet homme, donne cette conférence au nom de sa sœur, la véritable scientifique, Lily Houghton. Malgré son échec, elle croit en la légende et va tout tenter pour découvrir cette fleur et, si possible, offrir ses remèdes au monde.

    SPOILERS

    Bon, j'avais besoin d'un film sympathique sans être très ambitieux. Simplement un petit voyage avec quelques belles images. Ce film donne exactement cela. Bien entendu, on peut critiquer des points. L'antagoniste est une caricature d'allemand aristocrate. Frank est une caricature de l'homme viril. L'intrigue est simpliste et certains effets sont visibles des scènes à l'avance. Mais on peut apprécier que le film essaie de jouer sur des clichés pour les retourner. Il ne le fait pas systématiquement mais de temps en temps.

    On pourrait reprocher à ce film d'être très proches d'autres films d'aventures familiaux, en particulier les Pirates des caraïbes. Dans les deux cas, nous avons une légende ainsi qu'une malédiction. La malédiction ne peut être levée qu'après avoir suivi un voyage et résolu une énigme. Mais, honnêtement, est-ce qu'on en demande plus ? C'est un bon divertissement qui n'invente rien et effectue son travail. Il ne faut pas en demander plus.

    *
    ** 
    *** Un divertissement, rien de plus et rien de moins
    **** 
    *****

    Image : IMDB

  • Mass effect 1. Revelation par Drew Karpyshyn

    Titre : Mass effect 1. Revelation
    Auteur : Drew Karpyshyn
    Éditeur : Del Rey 1 mai 2007
    Pages : 336

    L'humanité a tout juste mit le pied sur Mars qu'elle découvre une ancienne sonde alien. Celle-ci, après beaucoup d'efforts, permet un saut technologique massif. Mais elle contient aussi l'annonce d'un moyen d'explorer le reste de l'univers. Pendant un temps, l'humanité s'unit, seule, face au reste de l'univers. Mais un jour un premier contact a lieu. Le contact ne se déroule pas bien et l'humanité se découvre en guerre contre une autre espèce, jusqu'à ce que la communauté galactique décide d'intervenir. Bien plus tard, l'humanité est membres à part entière de cette communauté. Mais lorsqu’une base de recherche est attaquée la place de l'humanité au sein de la galaxie pourrait bien devenir plus difficile.

    SPOILERS

    Mass Effect est une série de jeux vidéo que j'apprécie pour la profondeur de son univers. J'étais donc curieux de voir ce qu'un roman pourrait y ajouter. Celui-ci a lieu avant le premier jeu et joue le rôle d'introduction et de prequel. Il est aussi l'un des pires romans qu'il m'ai été donné de lire. L'intrigue est quasiment sans intérêts. L'unique but est de créer une impression de dangers à l'aide des combats, en se basant fortement sur l'intrigue du jeu ainsi que son fonctionnement. C'est un échec. Le roman n'est pas non plus aidé par des personnages caricaturaux, mal écrits et sans substances. Au vu de cette introduction, je ne regarderais pas ce qui a été fait dans les autres romans.

    * Très mauvais pour une intrigue sans intérêts
    ** 
    *** 
    **** 
    *****

    Image : Éditeur

  • The emperor's soul par Brandon Sanderson

    Titre : The emperor's soul
    Auteur : Brandon Sanderson
    Éditeur : Tachyon 2012
    Pages : 175

    Je souhaitais un petit livre. Je souhaitais aussi découvrir le travail d'un auteur qui m'est totalement inconnu. Je me suis donc lancé dans cette courte novela. Celle-ci fait partie d'un univers plus vaste mais il n'est pas nécessaire de le connaitre pour lire cette histoire. Le roman débute alors que Shai, une femme capable de forger des faux aussi bien par magie que par ses propres talents, se trouve en prison. Elle attend sa mise à mort car son art magique est considéré comme impie. Mais elle est rapidement emmenée devant les personnes qui conseillent l'empereur. En effet, ce dernier a survécu à une tentative d'assassinat. Son corps va bien. Mais son âme a disparu. Seule Shai possède les connaissances capables de copier son âme.

    SPOILERS

    Voilà une courte novela qui fut plaisante à lire. En peu de pages, l'auteur nous offre quelques informations géopolitiques mais surtout il nous offre assez de connaissance pour comprendre comment fonctionne la magie que manie Shai. Une magie basée sur les recherches du passé d'un objet pour mieux créer ce qu'il aurait pu être, convaincant cet objet qu'il a toujours été ainsi. Cette recréation de la nature d'un objet se base sur des sceaux contenant les informations nécessaires pour les modifier, tant que le sceau est appliqué. Une magie à la fois simple et complexe puisqu'elle permet beaucoup de choses. Mais dont le coût est important puisque plus un objet est complexe plus il faut connaitre son histoire et plus le temps pour créer le sceau est important.

    À travers cette petite histoire on trouve aussi, la postface le dit directement, une idée de ce qu'est l'art. Loin de créer ce qui n'existe pas l'artiste crée ce qu'il connait et brode ensuite par-dessus. Comme l'auteur le dit, seule son expérience du monde réel lui permet de créer des mondes imaginaires qui semblent réels, qui utilisent ce qu'il connait pour être plus proche de ce qui pourrait réellement exister, si certaines choses étaient différentes.


    ** 
    *** 
    **** Une novela que j'ai appréciée par un auteur que je connaissais pas du tout
    *****

    Image : Éditeur

  • Asexualité. Comprendre l'orientation invisible par Julie Sondra Decker

    Titre : Asexualité. Comprendre l'orientation invisible
    Autrice : Julie Sondra Decker
    Éditeur : Améthyste 2021
    Pages : 403

    Bien que les orientations sexuelles soient connues depuis des années il semble que ce ne soit que récemment qu'elles sont, en occident, un peu plus acceptées et commencent à être considérée à égalité avec l'hétérosexualité (qui reste prégnant dans notre société patriarcale). L'asexualité fait partie de ces orientations connues depuis longtemps, mais restée dans les ombres jusqu'à la mise en place de communautés sur internet. Ce livre est écrit par une activiste étasunienne de la communauté. Il vise à donner les informations importantes aux personnes concernées, qu'elles soient ou non asexuelles.

    Le livre est divisé en 6 parties. La dernière permet à l'autrice d'offrir des ressources, la maison d'édition a ajouté 3 sources francophones, la première permet de conceptualiser le terme. L'asexualité, selon l'autrice, est l'absence d'attirance sexuelle pour autrui, une définition que je considère trop restrictive. Elle a récemment été modifiée aux États-Unis. Cette orientation sexuelle toucherait, selon des recherches, environ 1% de la population, à voir si ces chiffres sont validés à l'avenir.

    La seconde et troisième partie permettent à l'autrice d'expliquer les expériences des personnes asexuelles mais aussi les mythes qui existent autours de l'orientation. Je lis ces deux parties car elles sont assez proches. L'autrice utilise, parfois, les mêmes exemples. Dans ces deux parties, elle essaie de nous montrer la complexité de l'asexualité pour les personnes qui la vive. Ainsi, il n'est pas obligatoire d'être hétérosexuel pour être asexuel, on peut aussi être gay ou lesbienne (pour ne prendre que deux exemples). L'asexualité n'est pas un problème physique ou psychologique, malgré ce que pensent certaines psychiatres ou sexologues.

    Les parties quatre et cinq se destinent aux personnes asexuelles et aux proches de personnes concernées. L'autrice, là aussi, explique le terme et essaie de montrer comment entrer dans la communauté. Et, pour les proches, comment soutenir. L'autrice prend le temps de poser la question des relations romantiques, le mariage par exemple. Elle met en avant la nécessité du dialogue et des compromis pour tous les membres de la relation romantique.

    Ce livre de 400 pages est à la fois complet et une introduction. Beaucoup de thèmes ne sont que survolés et nécessitent des réflexions plus importantes. A de nombreuses reprises, l'autrice répète certains points. Selon moi, l'autrice souhaite que son livre soit un manuel que l'on ouvre selon les besoins. Il est donc nécessaire de répéter certains points pour éviter de perdre quelqu'un qui souhaite lire une question précise. L'autrice ajoute, dans son livre, un grand nombre de citations qui permettent de supporter son propos. Elle ajoute aussi quelques statistiques qui permettent d'illustrer certains points. En résumé, ce livre n'est pas parfait et il y a beaucoup de questions qu'il serait nécessaire de développer. Mais c'est un livre d'introduction qui devrait permettre d'ouvrir l'intérêt et d'éviter des incompréhensions.

    Image : Éditeur

  • Teixcalaan 2. A desolation called peace par Arkady Martine

    Titre : Teixcalaan 2. A desolation called peace
    Autrice : Arkady Martine
    Éditeur : Tor 3 février 2021
    Pages : 496

    CW : Description de morts, scène de sexe explicite

    Mahit Dzare a permis à la nouvelle impératrice de prendre le pouvoir à cause d'une menace alien aux confins de l'Empire. Depuis, elle prend une petite pause de plusieurs mois sur sa station d'origine. Elle n'a pas enquêté sur l'existence ou non d'un complot contre elle car elle ne veut pas risquer de prévenir les dirigeant-e-s de la station de ses caractéristiques précises. Mais elle pourrait ne pas avoir le choix. Heureusement, ou malheureusement, l'Empire requiert sa présence. La guerre ne se déroule pas comme prévu et une diplomate qui pourrait apprendre à communiquer avec les aliens devient nécessaire.

    SPOILERS

    J'ai à la fois apprécié ce second tome et moins aimé ce que l'autrice fait. Tout comme le premier tome, l'un des thèmes prédominants concerne la capacité à être une personne. L'Empire considère les autres humain-e-s comme différent-e-s. L'Empire n'a pas connu non plus beaucoup de véritables aliens. Dans ce tome, l'Empire doit apprendre à communiquer avec des aliens sans savoir si ce sont des personnes ou non. Parallèlement, les aliens ne comprennent pas le fonctionnement social de l'Empire ce qui les empêche de considérer les humain-e-s en tant que personnes. Ce n'est que par un effort de compréhension mutuel, qui passe par des tentatives de dialogues et des sacrifices, que la paix peut commencer à être construite en étendant la définition du concept de personnes.

    Un second thème important, comme dans le premier, concerne le langage et la communication. L'Empire considère sa langue comme universelle et civilisée face à d'autres langues inférieures. Le premier tome mettait fortement en avant ce que cela implique en termes de littérature mais aussi de références cultures et donc de manière de penser. Dans ce second tome, ce n'est plus Mahit qui doit essayer de comprendre une autre culture. L'Empire doit essayer de comprendre comment communique une autre espèce. L'autrice place donc certains personnages au contact d’autres cultures. Elle explicite aussi les réactions face à ce contact. Plusieurs personnages considèrent que tout ce qui ne provient pas de leur culture est l'équivalent d'une corruption qu'il faut, au mieux, écarte et, au pire, détruire.

    L'autrice nous offre un second tome qui construit sur ce qu'elle avait établi dans le premier. On comprend mieux certains aspects culturels de l'Empire en le confrontant à d'autres civilisations plus ou moins proches. Mais ce second tome n'offre pas une résolution parfaite. La question des relations entre les deux espèces reste en suspens tout comme la relation entre Mahit et Three Seagrass ainsi que la relation entre Mahit et la station Lzel. Peut-être l'autrice va-t-elle écrire une suite ? Ce n'est pas nécessaire mais il y a assez de possibilités pour qu'un troisième tome soit intéressant.


    ** 
    *** Un second tome que j'ai moins apprécié que le premier mais qui n'est pas mauvais pour autant.
    **** 
    *****

    Image : Éditeur

  • The Sun Chronicles 1. Unconquerable Sun par Kate Elliott

    Titre : The Sun Chronicles 1. Unconquerable Sun
    Autrice : Kate Elliott
    Éditeur : Tor 7 juillet 2020
    Pages : 528

    CW : description de morts lors de combats, relations toxiques en famille

    Sun est la princesse de la République de Chaonia. Cette République tient plusieurs systèmes à la marge d'une confédération, Yelle, et d'un Empire, les Phene. Durant des siècles, Chaonia a dû lutter pour garder son indépendance. Mais la mère de Sun, Eirene, a réussi à imposer la paix à Yelle en épousant un politicien, à se lier un membre des familles royales d'une tribu humaine qui vogue éternellement dans l'espace et à prendre le contrôle de nombreux systèmes auparavant propriété des Phene. Sun, elle, essaie de montrer à sa mère, et à la République entière, qu'elle est une héritière capable de protéger et d'augmenter la grandeur de Chaonia. Malheureusement pour elle, les intrigues politiques de la République risquent de mettre à mal son statut d'héritière malgré ses qualités.

    SPOILERS

    Ce roman, premier de ce qui semble devenir une trilogie, nous offre à la fois de la SF militaire et une intrigue politique tout en décrivant trois sociétés forts différentes. La publicité annonce ce roman et Sun comme l'histoire d'Alexandre le Grand s'il était une femme (et dans l'espace). Ayant ceci en tête, on peut voir des parallèles entre l'époque d’Alexandre le Grand et les trois sociétés antagonistes.

    La première moitié du roman met en avant les problèmes politiques. Sun est une stratège accomplie. Pourtant, elle est mise de côté par sa mère qui semble vouloir mettre en avant une alliance interne avec une Grande Maison, les Lee. Dès la moitié atteinte, le côté militaire prend l'ascendant. En peu de pages, Sun et sa maison doivent fuir une tentative d'assassinat puis contrer une attaque surprise des Phene sur le sol même de la République. Ce qui permet à Sun de mettre en avant des capacités stratégiques en tant que dirigeante militaire mais aussi de combattantes. On ne souffle presque pas durant ces quelques 200 pages de combats presque ininterrompus.

    Techniquement, ce livre a tout pour me plaire. Une SF militaire logique, les armées usent de mouvements qui semblent pouvoir être réels. Une intrigue politique interne. Un univers plus large qui a une profondeur, et des mystères qui me donnent envie d'en savoir plus sur l'histoire des trois sociétés. Pourtant, je sors de ce livre un peu perplexe. J'ai l'impression de ne pas avoir reçu ce qui m'était promis. Certes, il y a un univers décrit par l'autrice, mais est-il cohérent ? Comme une autre critique l'a dit, j'ai un peu l'impression que l'autrice a usé de clichés sur les sociétés asiatiques sans réellement essayer de créer une cohérence interne. On a l'impression d'un dépaysement, mais il est superficiel.

    Certes, il y a des personnages haut en couleur, mais ces personnages m'intéressent-ils ? On me vend un livre avec Sun comme personnage principal, mais elle est très peu présente en tant que point de vue. Nous avons surtout le point de vue de Persephone, une femme de la maison de Lee qui est imposée à Sun. Nous avons aussi le point de vue de Zizou, un homme, dont certains chapitres sont assez gênants. Le problème concerne ma capacité à apprécier Sun et Persephone. Ce sont deux personnages qui ne s'apprécient pas forcément, et qui peuvent avoir tendance à être très peu sympathiques. De plus, alors que je pensais lire un roman me parlant de Sun, j'ai l'impression que son histoire a été abandonnée au profit de l'histoire de Persephone. Je n'ai donc pas reçu l'intrigue qui m'avait été promise.


    ** 
    *** Je suis dubitatif, l'envie de connaitre la suite sera-t-elle assez importante pour que je me lance dans les deux autres livres ?
    **** 
    *****

    Image : Éditeur

  • Histoire du Moyen Âge par Georges Minois

    Titre : Histoire du Moyen Âge
    Auteur : Georges Minois
    Éditeur : Perrin 2019 (2)
    Pages : 768

    Le Moyen Âge est souvent incompris voire mal compris par les commentateurs politiques ou médiatiques. On peut pardonner une méconnaissance d'une période longue, 1 000 ans, aux nombreuses mutations. Une période qui, dès la Renaissance, fut considérée comme un temps de décadence entre le retour aux anciens et la fin de l'Empire romain d'occident. Ce gros livre, mais bien court pour ce qu'il propose de faire, nous offre une synthèse des 1 000 d'une période riche en art, philosophie et événements. Le livre suit la chronologie classique et il est divisé en 3 grandes parties, qui reprennent les divisions traditionnelles de la période médiévale.

    La première partie porte sur la période 400 à 1 000. Elle est formée de 5 chapitres. L'auteur, Georges Minois, débute sa présentation en explicitant les causes, multiples, de la fin de l'Empire roman d'occident en n'omettant pas d'expliquer qu'il existe encore un Empire romain d'orient, que nous connaitrons plus tard sous le nom de Byzance. Alors que l'occident mute en liant anciennes traditions romaines et traditions barbares l'est, lui, gagne en importance. Byzance, riche. Sa capitale religieuse et politique est Constantinople. L'orient voit aussi l'arrivée des musulmans qui commencent à prendre le contrôle des territoires proches et se heurte à l'Empire Byzantin.

    Une seconde partie se déroule de 1 000 à 1 300, elle est considérée par l'auteur comme le renouveau de l'occident. L'est perd en importance alors que l'occident crée une nouvelle forme de pouvoir politique basée sur la théorie des deux sceptres. L'Empereur d'occident chargé de gouverner le temporel et le Pape chargé de gouverner le spirituel. Les deux pouvoirs vont s'affronter afin de savoir qui du Pape ou de l'Empereur à la prééminence. Cet affrontement se déroule sur fonds de réflexions religieuses et juridiques créant une nouvelle forme de culture liant foi et raison. Il faut aussi noter l'importance de la féodalité qui crée des liens forts entre personnes. L'auteur met aussi en avant l'importance de la stagnation économique. On produit pour nourrir les vivant-e-s, un équilibre pensé comme bénéfique et fonctionnant selon le statut social. Mais la hausse démographique met à mal cet équilibre ce qui débouche sur des crises.

    Ces crises sont l'objet de la dernière partie du livre qui se concentre sur la période 1 300 à 1 500. Bien entendu, l'auteur met avant les problèmes posés par les guerres, les famines et les épidémies. Les destructions, pertes démographiques et le recul de l'urbain et des villages sont massifs, ce qui permet aussi une hausse du statut social des travailleurs les plus humbles. Mais l'auteur met surtout en avant la mutation du monde politique. L'Empereur n'a pas pu s’imposer. Le Pape s'est épuisé en luttant contre l'Empereur et les rois. L'Église même subit un schisme avec, parfois, trois Papes. Face à ces crises, les royaumes et les rois "nationaux" prennent de l'importance faisant oublier l'idéal d’un occident uni, idéal qui restera un rêve de Charles Quint plus tard. L'économique aussi mute avec la force de plus en plus massive de l'argent dans une société qui quitte progressivement le monde médiéval pour entrer dans le monde qui sera nommé la Renaissance. L'auteur explicite les différentes ruptures, aussi bien événementielles (la chute de Constantinople) qui civilisationnelles. Mais il terminer en expliquant que la Renaissance s'est certes construite contre le Moyen Âge mais elle est médiévale dans son essence.

    Ce livre, court pour parler de 1 000 ans d'histoire, évite les spécialisations scientifiques. Il n'y a aucun appareil critique et l'auteur cite rarement des historien-ne-s. Même si je salue l'effort de synthèse concernant les aspects politiques et économiques, il faut noter que l'auteur laisse de côté les recherches les plus récentes concernant les femmes et les plus humbles. Heureusement, il prend la peine de marquer l'importance du monde oriental face à un moyen âge occidental. Je note aussi un côté fortement misérabiliste dans l'introduction concernant l'enseignement que l'auteur considère être de plus en plus mauvais. Mais il ne prouve pas son propos, rejoignant mes observations sur l'absence d'appareil critique.

    Image : Éditeur

  • Soul

    Soul fait partie des films qui ne sortiront jamais au cinéma mais directement en streaming à cause de l'année de pandémie. Soul nous parle de Joe, un musicien en quête de travail et un enseignant à temps partiel. Toute sa vie il n'a souhaité qu'une seule chose : être un musicien professionnel. Mais il n'a jamais réussi à être engagée et sa mère le pousse à privilégier sa carrière d'enseignant. Soudain, après un appel d'un ancien élève, il est accepté comme membre d'un groupe. Mais, le même jour, il meurt. Dans l'au-delà il fait la connaissance d'une âme pas encore née, 22, qui refuse d'aller sur Terre alors que Joe souhaite y retourner.

    SPOILERS

    Soul nous parle de deux personnes. L'une est morte avant d'avoir pu commencer, selon elle, sa vie. La seconde n'est pas encore née. Les deux vont collaborer pour essayer de rester dans l'avant et d'éviter d'aller dans l'après. La relation entre les deux âmes est très émouvante. Joe veut simplement devenir musicien. Mais il ne se rend pas compte qu'il est surtout quelqu'un qui accompagne les autres en offrant une passion pour la musique. Ses élèves l'aiment pour cela, comme on le voit à plusieurs reprises, et 22 apprend ce qu'est vivre en vivant dans ses pas.

    Mais, justement, qu'est-ce que vivre. Joe vit seulement pour sa passion, aveuglée par elle il est incapable de voir la beauté du monde qui l'entoure. Lorsqu'il réussit enfin, il est incapable d'apprécier sa réussite. D'une certaine manière, et le film montre d'autres cas, la passion de Joe devient trop importante pour permettre de vivre. Selon le film, la vie est basée sur l'expérience même du monde (de la vie ?). Ainsi, les âmes pas encore nées doivent vouloir faire l'expérience du monde pour être capable de naître, ce qui est le problème de 22 qui n'a aucune envie de faire l'expérience de la vie.


    ** 
    *** 
    **** 
    ***** Un film plein de poésie, de musique et très émouvant. J'aurais apprécié le voir au cinéma

    Image : IMDB

    Site officiel

  • Ainbo

    Ainbo est une jeune femme de 13 ans. Elle est membre d'une tribu amazonienne et la meilleure amie de la future cheffe, après que l'ancien chef a décidé de donner le pouvoir. Le changement a lieu dans un contexte difficile. Les poissons meurent, les membres de la tribu sont malades et les membres de la tribu ne croient plus aux esprits. Ainbo, elle, y croit après les avoir rencontrés. Elle a reçu la mission de trouver une plante capable de soigner la tribu. Mais tout le monde ne pense pas qu'elle puisse réellement sauver tout le monde et, au loin, des nuages noirs commencent à être visibles.

    SPOILERS

    L'histoire est très classique. Une jeune femme tente de convaincre son peuple qu'elle connait un moyen de les sauver d'un danger. Personne ne la croit vraiment. Elle est chassée, bannie, etc. Mais elle continue, seule, sa quête et trouve non seulement qui elle est mais aussi les moyens de sauver son peuple. Une quête initiatique, simple mais efficace. Malheureusement, la réalisation a ajouté deux personnages animaux dont les blagues coupent trop souvent certains moments émotionnels du film. Il aurait été plus intéressant de les utiliser d'une manière plus mystérieuse et surtout de moins les faire apparaitre.

    Il faut aussi noter que l'aspect technique n'est pas parfait. Certains mouvements semblent un peu trop mécaniques. Le design des personnages est aussi un peu trop simpliste. La plupart sont basés sur un même corps avec peu de changements. Nous avons donc un film imparfait, mais pas mauvais, qui pourrait bien fonctionner sur les plus jeunes sans être totalement inintéressants pour les personnes les plus âgées.


    ** Un peu bof
    *** 
    **** 
    *****

    Image : Site officiel

  • Loki

    Loki est la troisième série post endgame au sein du MCU. Après le très bon Wanda/Vision, le moyen The Falcon and the Winter soldier que penser de Loki ? La série débute juste après Endgame, lorsque Loki réussit à s'enfuir changeant son histoire. Immédiatement après sa fuite, il est arrêté par des soldats qui se réclament de la TVA pour Time Variance Authority. Leur rôle est d'éviter les divergences au sein de la chronologie et ce Loki est une divergence. Mais il existe des divergences bien plus dangereuses.

    SPOILERS

    J'ai personnellement moins apprécié cette série que Wanda/Vision. Loki est très bien, mais il manque un petit quelque chose. Je laisse de côté la fin de la série qui crée une grande attente pour la suite du MCU. Le grand point fort de la série Loki est son personnage principal : Loki. La série donne l'occasion à Tom Hiddleston, qui semble beaucoup s'amuser, d'aller bien plus loin au sein du personnage de Loki. En peu de temps, le personnage de Loki change beaucoup est retourne à celui qu'il était devenu après Thor Ragnarok.

    Cependant, la grande réussite de la série est sa fin. Non seulement elle crée un conflit entre deux personnages qui s'étaient fortement rapprochés mais elle pose des enjeux importants pour la suite du MCU. Il semble que Disney ait pris la décision de donner à ces courtes séries le rôle de créer des enjeux et de préparer la suite, ce qui devrait permettre de donner plus de substances aux films. Il reste à savoir si ce sera une réussite et si cet enjeu sera développé sur plusieurs séries et films comme le fut la menace de Thanos.


    ** 
    *** 
    **** Moins bonne que Wanda/Vision mais une très réussie
    *****

    Image : Site officiel

  • The Mauritanian / Présumé coupable

    CW : torture, flashs lumineux

    The Mauritanian parle de Mohamedou Ould Slahi un homme qui a vécu en Allemagne, à la suite d’une bourse, qui a lutté en Afghanistan dans les années 90 et est arrêté secrètement par le gouvernement états-unien dans les années 2000 après le 11 septembre 2001. Il passe 14 ans au sein de la prison secrète, et extrajudiciaire, de Guantanamo. Il est considéré comme le principal recruteur qui a mené aux attentats. Mais il ne fut jamais réellement accusé selon une procédure judiciaire. Lorsque la Cours Suprême force le gouvernement à juger les prisonniers, une avocate décide de s'intéresser à son cas. Son premier but est de consolider les normes juridiques du pays, mais elle comprend rapidement que les preuves, comme Mohamedou Ould Slahi le lui a souvent répété, sont inexistantes. Face à elle, l'accusation est tout autant perplexe car elle n'a accès à rien qui lui permette de justifier la condamnation de Mohamedou Ould Slahi.

    SPOILERS

    Ce film n'est pas misérabiliste. Il ne dépeint pas Mohamedou Ould Slahi comme une victime sauvée par une femme blanche. Cet homme est dépeint comme un témoin d'actes illégaux, un témoin qui garde ses capacités de réflexions et qui regagne, petit à petit, une capacité d'agir. Cette capacité d'agir dépend du récit écrit de son expérience (un livre qui est à la base de ce film).

    Ce film met aussi en avant l'importance du respect de l'état de droit. Rapidement, l'avocate, jouée par Jodie Foster, et le procureur militaire, joué par Benedict Cumberbatch, se demandent pour quelles raisons la prison se trouve sur une base militaire en dehors du territoire des Etats-Unis. Ceci permet de nier les droits des prisonniers. Mais ce sont surtout les gardiens qui sont protégés puisque la loi du pays ne s'applique pas nécessairement à elleux. Dès le début et surtout dans la seconde partie, le film questionne les méthodes. Le mot torture n'est jamais utilisé au profit d'un terme juridique. Mais il est clair que ce sont des actes de torture. Ces actes empêchent de croire tout ce qu'a avoué Mohamedou Ould Slahi. En effet, ce n'est que par la pression de la torture qu'il avoue. Les preuves n'existant pas il est innocent et pourrait se retourner contre les Etats-Unis. Pourtant, il lui faudra encore 7 ans avant de sortir de prison.

    Image : IMDB

  • Benedetta

    CW : torture, sexualité

    Il m'a fallu plusieurs jours avant de pouvoir écrire cette note, plusieurs jours durant lesquels j'ai pu mettre en ordre mes impressions. Benedetta commence au XVIIème siècle. Une enfant est envoyée par ses parents dans un monastère afin d'être donnée à dieu. Cette enfant semble être très pieuse, et provenir d'une famille riche aide. Plusieurs années plus tard, l'enfant est devenu une femme qui a des visions de Jésus. Elle aide aussi une autre jeune femme à devenir une sœur. Les deux femmes se rapprocheront tandis que les visions deviennent corporelles posant la question de la sainteté potentielle de Benedetta.

    SPOILERS

    Le film est fortement imprégné d'histoire. La réalisation fait attention de bien situer les événements dans un contexte quasiment apocalyptique. Des flagellants se trouvent dans les rues. La peste tue tout le monde. Les personnages essaient de savoir s'ils seront envoyés en enfer ou non. Seule la ville de Benedetta semble sauve de la peste, protégée par la sainteté et dieu ? Le film essaie aussi de montrer que l’église s'inscrit dans des luttes de pouvoirs. Dès le début, l'entrée dans les ordres implique une dot mais aussi des dons en argent et en bien par les personnes qui souhaitent faire entrer leurs filles. On nous montre aussi l'importance, pour le prévôt, des miracles. Cela permettrait non seulement une montée dans la hiérarchie de l’église mais aussi des rentrées d'argent pour la ville et le monastère.

    La réalisation place beaucoup de symbolisme autours de Benedetta. Dès la première scène le film la montre comme pieuse et proche de la divinité. Peu de temps après, elle survit à la chute de la statue de la vierge. Ses visions sont aussi pleines de symboles religieux. Rapidement, se pose la question de la réalité des visions et des traces corporelles. Une partie de l'église doute tandis qu'une autre partie y croit ou pense pouvoir les utiliser comme moyens politiques. Benedetta elle-même ne peut pas forcément répondre à la question. Le film ne répond pas à cette question. Benedetta pourrait s'être infligé les stigmates, mais ne pourrait-elle pas se les infliger sur ordre du divin ? Quoi qu'il en soit, ces traces lui permettent de gagner en statut. Un statut qu'elle tente de rendre plus important en se déclarant sainte lors de certains actes.

    Face à cela, il n'est pas étonnant que l'église utilise le lesbianisme de Beneditta comme moyen de la confronter et de la juger. La sexualité de cette femme, et de sa compagne, est souvent mise en scène et questionnée par un homme d'église en particulier. Bien entendu, juger la sexualité des deux femmes permet de juger les visions de Beneditta. Car, comme le montre le film, personne dans l'église n'est réellement innocent. Le nonce qui juge Beneditta est père. Le prévôt ne croit pas et souhaite uniquement le pouvoir. D'une certaine manière, ce film pourrait s’inscrire dans les romans critiques de l'église lors de l'époque moderne, romans qui ne lésinent pas sur les péchés sexuels des prêtres et des nonnes.


    ** 
    *** Trop de sexualité pour moi, mais cela en fait-il un mauvais film ? Honnêtement, je ne sais pas exactement quoi penser
    **** 
    *****

    Image : IMDB

  • The Resistance 1 par J. Michael Straczynski, Mike Deodato Jr, Frank martin et Lee Loughridge

    Titre : The Resistance 1
    Auteurs : J. Michael Straczynski, Mike Deodato Jr, Frank martin et Lee Loughridge
    Éditeur : AWA octobre 2020
    Pages : 160

    CW : mention de pandémie, mention de morts, assassinats

    Il y a quelques temps un scénariste que j'apprécie est parti dans une nouvelle maison d'édition. Ce volume est le résultat. Une tentative de créer un nouvel univers partagé. The resistance débute alors que le monde souffre d'une pandémie pratiquement impossible à stopper. Le taux d'infection est de 100% et la mortalité de 95%, donc uniquement 5% des personnes infectées survivent. Avec un tel taux de mortalité le monde entier tombe dans le chaos quand l'infection s'arrête aussi soudainement qu'elle a commencé. Les états et les humain-e-s se remettent lentement de la possibilité de la fin de l'humanité. Mais les personnes qui ont survécu pourraient bien avoir de nouvelles aptitudes alors que la provenance de l'infection pose de nombreuses questions.

    SPOILERS

    Voilà un titre plus proche de la réalité que ses auteurs l'auraient probablement souhaité. Les réactions face à cette nouvelle maladie sont très proches de celles que l'on a connu. Les théories sont nombreuses et une grande partie basée sur un complot. Les auteurs essaient aussi de montrer comment le monde réagirait face à l'arrivée de personnes ayant des pouvoirs. Ces capacités impliquent la possibilité de défier un état et donc un danger pour cet état et ses servant-e-s. Les réactions dépeintes sont donc extrêmes, approchant d'une forme de dictature.

    Comme dit plus haut, ce volume a comme but de commencer à créer un univers partagé. Est-ce une réussite ? J'avoue être intrigué par les thèmes politiques et la manière dont les auteurs semblent vouloir écrire leur histoire. Mais ce volume est aussi très frustrant. Une grande partie des événements semblent être trop rapides. Une partie, si j'ai bien compris, se trouve dans d'autres volumes. J'ai donc eu l'impression de lire une introduction qui ne permet pas aux intrigues d'être réellement abouties. Elles sont seulement commencées voire à peine explicitées... À voir si je décide d'en savoir plus et d'entrer plus avant dans cet univers à l'aide d'autres productions d'AWA.


    ** 
    *** 
    **** J'hésite, d'une part ce volume me semble inabouti, d'autre part cet univers m'intrigue.
    *****

    Image : Amazon

  • Teixcalaan 1. A memory called empire par Arkady Martine

    Titre : Teixcalaan 1. A memory called empire
    Autrice : Arkady Martine
    Éditeur : Tor 26 mars 2019
    Pages : 464

    CW : Description d'explosions, description de morts, description de tentatives de meurtres

    L'humanité a pris le contrôle d'une grande partie de la galaxie. Celle-ci est surtout uni sous un empire humain nommé Teixcalaan. Cet empire s'étend toujours plus loin sans prendre en compte les cultures locales. Les barbares sont extérieurs. Les humain-e-s, les citoyen-ne-s, sont à l'intérieur de l'Empire. Annexer, pacifiquement ou non, implique donc d'étendre la définition de l'humanité. Face à ce qui est décrit comme un monstre jamais rassasié, une petite république constituée de stations spatiales tente de rester souveraine. Une souveraineté qui dépend largement de l'accord de l'Empire. Donc lorsqu’un vaisseau militaire exige qu'une personne soit nommée ambassadrice les dirigeant-e-s s'exécutent. Mais illes se demandent aussi ce qui est arrivé au premier ambassadeur.

    SPOILERS

    L'autrice est historienne de l'empire Byzantin. Son travail d'historienne se ressent fortement dans ce premier tome. L'autrice porte son attention sur la culture, la langue et la ville. Elle utilise surtout la langue pour créer une culture, en particulier par les noms des personnes qui suivent une logique interne à l'Empire. On sent fortement l'importance qu'elle met sur l'usage des mots pour communiquer des informations, créer un effet ou cacher une intention. Une bonne partie des propos internes du personnage principal, Mahit, concerne sa compréhension et son usage des mots afin de transmettre ce qu'elle veut dire ou ne pas dire. Grâce à ce travail, l'autrice crée une impression d’authenticité.

    Bien entendu, un Empire et l'arrivée d'une ambassadrice impliquent des problèmes. Rapidement, on comprend que l'Empire est moins stable qu'il ne se présente. En dehors des opposant-e-s politiques, il y a des révoltes lointaines et des intrigues de cours pouvant potentiellement mener à des coups d'état. Comme l'ambassadrice Mahit, nous sommes plongés dans un monde politique en effervescence que nous comprenons en même temps que Mahit. Certains aspects sont faciles à anticiper, mais ils me semblent bien amenés. Seule la menace externe m'a moins convaincu même si elle permet une résolution acceptable pour cet univers. J'apprécie aussi l'importance mise sur les relations entre personnes. Mahit, certes, est celle que l'on connait le plus et ses réflexions et états d'âmes nous sont offerts directement. Mais elle réussit à survivre grâce aux liens qu'elle noue avec d'autres personnes. Parfois, les livres de science-fiction ont trop tendance à décrire précisément l'état technologique et oublient de décrire les personnages et la société dans laquelle illes vivent. Arkady Martine ne s'intéresse pas fortement à la technologie, mais elle rend vivant un monde et ses personnages en leur donnant substance.


    ** 
    *** 
    **** Je ne savais pas quoi penser de ce livre en y entrant, je n'ai pas pu le poser avant de le terminer. Le second tome est déjà dans ma liste de romans à lire.
    *****

    Image : Éditeur

  • Black Widow

    Nous sommes juste après les événements de Civil War. Les Avengers qui ont suivis Captain America sont soit en prison soit ont fui. Black Widow a fui. Elle essaie de se reconstruire une vie tranquille tout en évitant la capture pour ses actes de soutien à Captain America. Mais elle qui croyait avoir perdu sa seule famille se rend compte qu'une autre famille l'attend. Sa sœur a besoin d'elle. Et l'existence de sa sœur implique qu'une mission ayant eu lieu dans le passé n'est pas terminée.

    SPOILERS

    Ce film arrive bien trop tard. Black Widow est morte. Sur l'entier des films et séries Marvel jamais elle n'avait pu avoir sa propre intrigue, elle était toujours liée à d'autres personnages. Il y a là une erreur importante de la part de Disney qui n'a pas pris en compte les possibilités des personnes féminins (et racisés aussi). Créer ce film, qui permet de mieux comprendre le passé de Black Widow, n'est pas une mauvaise idée. Mais j'aurais préféré le voir bien avant avec, si possible, une franchise Black Widow.

    En effet, ce film permet de donner de l'importance au monde anciennement soviétique. Il illustre que les USA ne sont pas les seuls à avoir tenté de créer un super soldat. Les soviétiques ont aussi essayé. Il montre aussi les tentatives d’imiter les technologies du SHIELD par une organisation secrète russe. Ces différents éléments auraient mérité une plus grande place dans l'univers cinématographique Marvel afin de lui offrir un peu plus de profondeur. En l'état, il ne me semble pas que beaucoup de ce que l'on a vu reviendra au sein du MCU sauf, probablement, la sœur de Black Widow.


    ** 
    *** Un film qui permet de comprendre à quel point Marvel a manqué une occasion de construire quelque chose de plus importants autours de ce personnage
    **** 
    *****

    Image : Site officiel

  • Histoire des Etats-Unis sous la direction de Bernard Vincent

    Titre : Histoire des Etats-Unis
    Direction : Bernard Vincent
    Éditeur : Flammarion 21 septembre 2016 (champs histoire, 4ème édition)
    Pages : 719

    Cette histoire des Etats-Unis est le second livre qui tente de faire une histoire globale de ce pays que je lis en peu de temps. Le contraste n'est pas saisissant entre le manuel présenté ici le 2 juillet et ce livre qui regroupe des contributions de plusieurs spécialistes. Une différence majeure est l'adjonction au texte d'encadrés qui explicitent certaines questions précises. Une autre est la fin du livre, là où le manuel commençait une étude de la présidence Trump se livre collectif se termine en 2016 avant l'élection de Trump à la présidence.

    Le livre dirigé par Bernard Vincent suit une structure chronologique qui début lors de la création des colonies, 1607, jusqu'en 2016. Le champ d'investigation est donc large et les chapitres découpent ce temps en 20 à 30 ans (sauf le premier et le dernier). Tout comme le manuel, la place des présidences est importante dans ce découpage chronologique ce qui donne à l'état fédéral et aux actions présidentielles une importance supérieure, dans le texte, aux autres parties du pays. Les histoires des différents États qui constituent les Etats-Unis sont peu explicitées.

    Cependant, il me semble que ce livre commun réussit mieux que le manuel de Lacroix à mettre en avant l'importance des questions socio-économiques. Il me semble aussi que les auteurs du livre donnent plus d'importances aux questions des luttes sociales. Ainsi, on apprend quelques petites choses sur les autochtones et leurs relations aux États-Unis mais aussi sur la place toujours subalterne des noirs américains. Ce qui n'empêche pas les auteurs d'afficher une neutralité de façade face aux revendications antiracistes après les meurtres commis par des policiers. Certes, les auteurs marquent l'importance de ces faits pour comprendre la division des États-Unis, mais ils échouent, à mon avis, à conceptualiser ces faits.

    Image : Éditeur

  • Les Croods 2: Une nouvelle ère / The Croods 2: A new age

    Il y a bien longtemps il y eu un film nommé les Croods. Il n'était pas génial mais il était sympathique. Aujourd'hui, une suite est diffusée. Elle se déroule après le premier volet. La meute voyage ensemble pour trouver le pays que Guy nomme Demain. Il y a de nombreux dangers sur la route mais la meute survit sans trop de problèmes. Un jour, elle découvre un mur. Derrière ce mur il y a un jardin rempli de victuailles. Il est géré par une famille : les Betterman. Les Croods sont plus ou moins accepté s'illes suivent une unique et simple règle : ne pas manger les bananes.

    SPOILERS

    Il n'y a pas grand-chose à dire. Le film est une suite tout à fait classique. La majorité des personnages a un antagoniste particulier. Ces antagonistes, la famille Betterman, se considèrent plus évolués que les Croods. Mais la confrontation des cultures permet de comprendre que mêler les pratiques des deux familles est meilleur que de les séparer. La suite crée aussi un triangle amoureux entre Guy, Eep et Dawn. Les blagues sont sympathiques sans toujours être très inspirées.


    ** 
    *** Sympathique mais un peu trop simpliste
    **** 
    *****

  • Torchwood 19. Exodus Code par Carole E. Barrowman et John Barrowman

    Titre : Torchwood 19. Exodus Code
    Auteur-e-s : Carole E. Barrowman et John Barrowman 
    Éditeur : Penguin 15 août 2013
    Pages : 368

    Voici enfin le dernier roman adapté de la série TV Torchwood. Il se déroule après la saison 4. Gwen Cooper est de retour chez elle et s'occupe de sa fille avec son mari. Rex est maintenant directeur de la CIA. Jack est impossible à retrouver. Le monde s'est remis de l'immortalité de l'humanité et du retour de la mortalité. Les gouvernements semblent être prêt à réagir en cas de nouvelle atteinte globale au fonctionnement de l'humanité alors que les trois familles sont introuvables. Bien que le monde semble être sûr à nouveau, une maladie semble frapper uniquement les femmes et les pousser à attaquer les personnes autour d'elles. Gwen essaie de prévenir Jack qui, lui-même, comprend que quelque chose de dangereux est en cours.

    SPOILERS

    Ce dernier roman est certainement meilleur que bien d'autres adaptations Torchwood. Qu'il soit écrit par l'un des acteurs et sa sœur, Carole Barrowman, doit aider. On retrouve un grand nombre de caractéristiques de Torchwood. En particulier, les enquêtes, les liens entre Jack et ce qui reste de son équipe et surtout son envie de protéger les personnes qui sont proches de lui. Jack est particulièrement décrit. Ses désirs mais aussi ses peurs et ses incapacités alors que le monde a besoin de lui.

    Malheureusement, ce roman n'est pas aussi bon que je l'aurais souhaité. L'intrigue, bien qu'elle soit logique, me semble un peu trop tirée par les cheveux. Les différents événements qui se déroulent sur plusieurs temporalités ne sont pas toujours très compréhensibles et il faut longtemps pour comprendre la raison d'un chapitre. Je suis encore plus sceptique en ce qui concerne la maladie décrite, qui ne touche que les femmes pour une raison qui me semble peu admissible. La fin est particulièrement mauvaise car elle n'est jamais réellement préparée, créant un très mauvais deus ex machina.


    ** 
    *** Mieux que d'autres romans Torchwood, mais loin d'être particulièrement bon
    **** 
    *****

    Image : Éditeur

  • The Falcon and the Winter Soldier

    Steve Rogers fut Captain America pendant une grande partie de sa vie. Il a fait de son titre un symbole des USA mais aussi d'une lutte en faveurs de la vérité et de l'espoir. Mais Steve Roger ne peut plus tenir le bouclier. Se pose donc la question de la personne qui pourrait lui succéder. Car le monde est toujours aussi dangereux. Après le retour de personnes disparues pendant 5 ans le travail pour redonner une place sur Terre à l'entier de l'humanité est éreintante. Et certaines personnes pensent que les choses étaient plus agréables après la destruction de la moitié de l'humanité.

    SPOILERS

    Cette seconde série n'est pas aussi bonne que la première. Pourtant, elle avait tout pour plaire. En effet, elle s'attaque à un sujet que les films n'ont jamais réellement voulu traiter : les conséquences socio-économiques des actions des Avengers. À la suite de Endgame, une moitié de la population revient sur Terre. Mais comment traiter ces gens ? Comment leur donner une maison, un travail, de quoi vivre. Que faire des personnes seules qui ont tout perdu après avoir disparu ? Et que faire des personnes qui étaient présentes durant ces 5 ans mais qui doivent maintenant accepter de rendre certaines ressources ? Ce sont des questions intéressantes qui permettent de construire un univers un peu plus réaliste, un peu plus dense et un peu plus cohérent. Malheureusement, le traitement de ces sujets par la série ne permet pas réellement d'enrichir le MCU. Les questions soulevées restent peu développées au profit d'une antagoniste rapidement qualifiée, et présentée, comme une terroriste.

    Une autre question concerne le symbole de Captain America. En effet, Steve Roger donne le bouclier à Sam Wilson. Mais ce dernier décide de le rendre au gouvernement afin d'en faire un objet exposé dans le musée de Captain America. Peu de temps après, un nouveau Captain est choisi. Mais ce dernier, bien qu'il débute en suivant les traces de Steve Rogers, montre rapidement son incapacité à comprendre son rôle. La série le montre en train de perdre pied petit à petit (en particulier par sa barbe qui pousse à mesure qu'il perd sa capacité à être le Captain). Cette tension explose vers la fin de la série lorsque ce nouveau Captain tue un homme avec le bouclier. Les images qui s'attardent sur le bouclier ensanglanté permettent de montrer à quel point le symbole est souillé par cet acte de violence. Plus important encore, on apprend qu'une personne aurait pu être le Captain des années avant. Mais cet homme est noir. Il fut emprisonné et des scientifiques expérimentèrent sans son consentement. On a ici toute la question du racisme systémique aux USA et ailleurs. Que Sam Wilson devienne Captain America est donc particulièrement important, plus que symbolique.


    ** 
    *** 
    **** La série ne réussit pas à tenir ses promesses mais elle reste intéressante.
    *****

    Image : Site officiel

  • Histoire des Etats-Unis par Jean-Michel Lacroix

    Titre : Histoire des Etats-Unis
    Auteur : Jean-Michel Lacroix
    Éditeur : Presses Universitaires de France 18 avril 2018 (sixième réédition)
    Pages : 688

    Les Etats-Unis est le pays qui a le plus influencé l'histoire contemporaine. Les combats idéologiques entre les Etats-Unis, capitaliste et libéral, et l'URSS communiste ont créé une longue division du monde. Cependant, la compréhension de la place prise par les USA ainsi que de la culture de ce pays implique de se placer dans l'histoire longue de la création d'une nation. Ce manuel vise à donner les clés nécessaires pour comprendre un pays encore majeur dans le monde de ce début du XXIème siècle. Cette nouvelle édition ajoute quelques informations sur la présidence Trump mais, bien entendu, l'auteur ne peut rien conclure puisque le livre fut édité en avril 2018.

    La construction du livre est strictement chronologique avec une mise en avant des différents présidents et de leurs impacts sur le pays, voire le monde. Les 10 chapitres examinent environ 30 ans d'histoire à chaque fois. Bien entendu, l'auteur commence avant la création des USA par la colonisation du continent qui deviendra les USA. Il explique de quelle manière les anglo-saxons prennent le contrôle de quelques terres, avec des difficultés en hiver, et les tensions avec les populations autochtones. Rapidement, des tensions auront lieu avec l'Angleterre royale, surtout en ce qui concerne les impôts et la représentation.

    Ce qui m'a frappé, dans ce livre, est l'importance de la frontière. La conquête de l'ouest et donc la lutte contre les autochtones est au centre d'une philosophie de prise de contrôle d'une étendue. On comprend mieux l'importance du thème en ce qui concerne la conquête de l'espace mais aussi dans les productions de space opera. On est frappé aussi par l'importance des divisions. Divisions raciales, oui, mais aussi politiques. L'auteur montre bien que ces divisions sont très importantes de nos jours et risquent de créer des problèmes pour le fonctionnement des USA.

    Bien que la culture des USA me soit familière, grâce à son hégémonie, je ne suis pas un grand connaisseur en histoire des Etats-Unis. Ce manuel permet de répondre aux questions principales des personnes qui le lise. Mais, comme tous les manuels, il doit nécessairement passer outre un certain nombre de sujets. Parfois, je ne comprends pas les choix de l'auteur. Les événements de 68 sont peu mentionnés ainsi que la guerre en Afghanistan. L'auteur se concentre sur l'histoire politique, présidentielle, et moins sur les questions socio-culturelles. En revanche, je déplore que l'auteur ne fasse que très peu attentions aux populations dites minoritaires. Je pense en particulier aux esclaves, aux afro-américains mais aussi et surtout aux populations autochtones qui ne sont que peu présentent dans ce livre.

    Image : Éditeur