Gondolindrim's Stories - Page 5

  • Onward / En avant

    Le monde n'est plus ce qu'il était. Durant le passé, le monde était envahi par le fantastique, les quêtes d'aventures et la magie, une force difficile à maitriser pour un petit nombre de personnes élues. Mais la science arriva et offrit la possibilité pour tout le monde d'user d'une nouvelle forme de magie. Depuis, le monde a avancé. Oubliant la magie et remplaçant cette dernière par la modernité technologique. Le passé est presque oublié face à la science et à la modernité. Deux frères vivent au sein de cet univers. Les deux frères souhaitent tout autant l'un que l'autre revoir leur père, mort il y a près de 16 ans. L'unique manière de le faire revenir pour un temps limité et de retrouver la magie, si elle existe encore.

    SPOILERS

    La première chose que j'ai ressentie dans ce film est l'importance du passé face au modernisme présent. Le passé est mis en avant par le personnage de Barley, un jeune homme qui vit dans ce passé et qui essaie de protéger les rares reliques qui existent encore. Face à ce passé quasiment mythologique, existe une modernité qui semble vouloir remplacer la nature réelle des personnages en leur offrant une simplicité de vie. Ainsi, les fées ne savent plus voler, les centaures ne savent plus courir, etc. Le film semble vouloir faire du passé une forme d'âge d'or oublié qu'il serait bon de ramener au sein de la modernité. Si j'ai bien compris ceci, je trouve le message peu intéressant. Bien que le passé soit utile pour comprendre le monde actuel il ne faut pas en faire un âge d'or qu'il serait nécessaire de retrouver dans un présent désenchanté.

    Le film met en avant deux personnages masculins. Il y a deux autres personnages féminins importants mais elles sont surtout présentes pour sauver les deux frères et les soutenir : la Manticore et la mère des frères du nom de Laurel. La quête des frères n'est qu'un moyen de parler de leur relation. Le film met en scène une difficulté de se comprendre. L'un semble n'avoir peur de rien tandis que l'autre doute de tout et essaie d'atteindre ce qu'on lui dit de son père. Cependant, le film montre aussi une relation fraternelle très positive. Le grand frère agit toujours afin d'aider son petit frère à avoir confiance en lui-même. Tandis qu'il est dépeint comme un perdant, il est en fait un soutien indéfectible. Cette relation prend de l'importance lors de la quête lorsque les deux frères se confient l'un à l'autre et essaient d'utiliser leurs différences afin de revoir leur père. Peut-on dire que ce film dépeint le fonctionnement d'une masculinité positive ? Je ne sais pas. Mais même si je déplore le manque de personnages féminins ayant leur propre chemin, j'ai apprécié la manière dont les deux frères acceptent de parler de leurs émotions mutuelles et de leurs craintes.

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  • Richard Jewell

    TW : attentat, harcèlement policier, harcèlement médiatique

    Richard Jewell a toujours rêvé d'entrer dans la police. Mais son rêve est mis à mal par un comportement particulier qui implique un nombre de plaintes importantes contre lui. À la suite de la fin de son emploi d'agent de police puis de vigile au sein d'une université il entre dans l'équipe de sécurité des Jeux Olympiques d'Atlanta. Lors de son travail, il découvre un sac abandonné qui se révèle être une bombe. Alors qu'il devient officiellement un héros, le monde médiatique et policier se retourne contre lui en le dépeignant comme le poseur de bombe. Son but serait d'être héroïsé afin de retourner au sein de la police. Durant les mois que dureront l'enquête, il devra apprendre à se battre contre la police afin de pouvoir être innocenté.

    SPOILERS

    Richard Jewell fait partie de ces héros du quotidien que Clint Eastwood aime bien dépeindre dans ses films. Comme dans d'autres productions, Jewell ne veut que le bien de tout le monde et agit au mieux selon ses valeurs mais il est mis en face d'un appareil d'état qui souhaite le détruire et en faire un coupable idéal. Sans vouloir faire une analyse du cas réel, plus compliqué que le film ne le montre, on observe de nombreuses tactiques policières d'intimidation et de manipulation afin de forcer Jewell à accepter une culpabilité. Ceci dès le début de l'enquête lorsque le FBI tente de lui faire signer une renonciation de ses droits et de filmer des aveux sans l'avoir officiellement mis en cause. Il est donc difficile de voir le travail policier de manière positive via ce film. Mais il faut probablement prendre en compte les positions politiques du directeur pour comprendre ceci. En effet, Eastwood est un libertarien. Il se méfie donc fortement de l'état fédéral et des gouvernements privilégiant l'individualisme.

    Il y a un aspect du film qui m'a particulièrement dérangé, et selon mes rapides recherches sur internet je ne suis pas le seul, qui concerne la manière dont la journaliste Kathy Scruggs est présentée. Elle est montrée comme extrêmement arrogante. Une journaliste qui s'intéresse d'abord aux drames afin de vendre son journal et, potentiellement, d'entrer au sein de la télévision. Pour cela, elle ne croise pas les sources et se contente des propos des policiers (ce n'est qu'après un esclandre de l'avocat de Jewell qu'elle enquête réellement). Pire encore, le film la montre échangeant du sexe contre des informations confidentielles. En dehors de l'existence réelle de cette journaliste, les proches peuvent être heurtés, on peut poser la question de l'opportunité de la présenter ainsi. On entre dans l'idée que les femmes ambitieuses sont forcément amorales, usant de leurs charmes pour gagner au lieu d'utiliser leurs capacités intellectuelles.

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    *** Un biopic intéressant par sa manière de présenter le danger que les personnes innocentes vivent face à la police et aux médias mais qui reste trop simpliste
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  • Nations et nationalisme depuis 1870. Programme, mythe, réalité par Eric Hobsbawm

    Titre : Nations et nationalisme depuis 1870. Programme, mythe, réalité
    Auteur : Eric Hobsbawm
    Éditeur : Gallimard 24 janvier 2001 (1992)
    Pages : 384

    Je doute avoir besoin de présenter Eric Hobsbawm. Il est connu pour ses travaux sur les révoltes mais aussi pour son triptyque sur le XIXème siècle suivi par son histoire du court vingtième siècle. Il est aussi connu pour ses positions politiques dont il use dans ses travaux. Ce livre est un agrégat de conférences données dans le cadre d'un événement précis. Hosbawm les a réécrites et ajoutées une introduction et un dernier chapitre conclusif qui lui permet de faire le lien avec les événements les plus récents lors de la première édition du livre en 1990. Le livre est donc constitué de 6 chapitres qui permettent à l'auteur d'expliquer, à l'aide de l'histoire, ce qu'est la nation et le nationalisme.

    Les différentes conférences essaient de nous expliquer ce qu'est la nation et le nationalisme et leur construction. Il est donc assez logique de débuter durant le XIXème siècle lorsque celle-ci ont été conçues comme entités historiques. Hobsbawm considère que les nations ne sont pas formées par le peuple mais par des élites qui essaient d'imposer une histoire commune et une culture commune. La culture est portée, en particulier, par la langue qui est (re)construite et défendue face aux autres langues du pays.

    De plus, il explicite le projet nationaliste. Selon l'auteur, le but n'est pas de créer une multitude de petites nations mais un petit nombre de grandes nations avant de créer un gouvernement mondial. Personnellement, je ne sais pas si je suis en accord avec l'auteur concernant ce point. Mais ceci lui permet d'expliquer pourquoi les petits groupes linguistiques ne sont pas immédiatement pensés comme des nations en droit d'avoir leur propre état souverain. Même la doctrine Wilson souhaite d'abord relier les grands ensembles linguistiques et non créer des petites nations linguistiques. Ce changement serait plus récent.

    Hobsbawm explicite aussi l'échec de l'internationalisme de gauche. Celui-ci devait créer un lien transnational entre membres d'une même classe : les ouvriers. Mais ce lien fut détruit lors de la Première guerre mondiale alors que les ouvriers acceptèrent de se battre contre d'autres ouvriers lors de la guerre. Hobsbawm explique ceci par l'absence, pour les ouvriers, d'un différentialisme entre l'identité nationale et l'identité de classe.

    Je ne suis pas tout à fait certain d'avoir compris la pensée d'Hobsbawm au sein de ce livre. Je ne pense pas non plus être d'accord avec lui. Bien que je ne pense pas qu'Hobsbawm essaie de défendre la fin des nations il souhaite cette fin qu'il considère, si j'ai bien compris, être un changement quasiment naturel puisque des états multinationaux et multiethniques sont de plus en plus nombreux. Ses propos permettent aussi de questionner l'impression de la naturalité des langues, ethnies et nations qui sont construites au fil du XIXème et du XXème siècle. Mais peut-on pour autant penser que le nationalisme arrive à sa fin ? J'ai des doutes.

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  • The interdependency 3. The last Emperox par John Scalzi

    Titre : The interdependency 3. The last Emperox
    Auteur : John Scalzi
    Éditeur : Tor 14 avril 2020
    Pages : 320

    L'empire des Wu va tomber. Le système économique et politique ne peut pas résister à la destruction des couloirs qui organisent les flux commerciaux entre les planètes de l'Empire. Grayland II a donné 6 mois au parlement pour trouver un plan capable de sauver le maximum de personnes. Mais le parlement ne trouve pas de consensus. L'unique planète capable d'abriter la vie est sous le contrôle de traitres. Et plusieurs complots de préparent pour assassiner l'Emperox. Ces complots se basent sur l'idée que l'économie, et donc la richesse des élites, doit être sauvegardée à tous prix et que seules les élites, qui se considèrent comme le cœur de l'Empire, peuvent être sauvées. Ce que personne ne sait c'est que Grayland connait ces complots et a des plans pour les gérer.

    SPOILERS

    J'apprécie quand les séries ont une durée de vie précise. L'auteur avait annoncé trois livres, nous avons trois livres. L'auteur annonçait la fin d'un Empire, nous avons la fin d'un Empire. Pour décrire cette fin, Scalzi continue avec ses personnages hauts en couleurs et surtout examine leur capacité à gérer la fin d'un monde. Il en fait une présentation pessimiste des personnes en position de pouvoir. Seules quelques minorités sont en faveurs de sauver le plus grand nombre, les autres veulent préserver leurs richesses puis leurs vies. Encore une fois, que Scalzi décrive une crise inévitable mais niée avant que les préparations nécessaires ne soient pas acceptées car elles risquent de mettre à mal le fonctionnement politique et économique n'est probablement pas un hasard. D'autres que moi ont fait le lien avec la crise climatique et le manque flagrant de courage politique de nos élites.

    Bien que j'apprécie qu'une série s'arrête après un nombre annoncé de livre, ce type de choix risque de créer des problèmes. En particulier lorsque les différents tomes ne sont pas très volumineux (et j'en remercie Scalzi). On risque de nous donner une fin un peu trop rapide sans que les conséquences ne soient réellement décrites. La fin de ce troisième volume tombe, à mon avis, dans cet écueil. Vers le dernier tiers du livre, les machinations politiques s'arrêtent soudainement. Bien que l'on s'attende à quelque chose de précis, ce n'est que vers les dernières pages que Scalzi nous fait la révélation. Tout ceci m'a semblé très précipité et j'aurais apprécié un peu plus de pages pour le préparer. J'aurais aussi aimé avoir une fin un peu plus longue qui permette de mieux comprendre le nouvel état politique et économique de l'Empire. Mais, au moins, l'histoire se termine ici sans, pour autant, fermer la possibilité d'autres romans dans le même univers si l'auteur le souhaite.

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  • La cité dans le monde grec par Raoul Lonis

    Titre : La cité dans le monde grec
    Auteur : Raoul Lonis
    Éditeur : Armand Colin 20 janvier 2016
    Pages : 320

    Je ne connais pas grand-chose au monde grec antique. En dehors de l'école, j'ai suivi 6 mois d'histoire basique sur l'antiquité grecque mais rien de plus. Il y a donc un manque important dans ma culture antique et j'ai souhaité le combler en partie en m'intéressant aux institutions des Cités grâce à ce manuel de Raoul Lonis chez Armand Colin. Celui-ci est divisé en 4 parties et 13 chapitres.

    Après une introduction qui permet de conceptualiser le terme de Cité et d'expliquer son émergence la première partie se concentre sur les membres et les exclus de la Cité. L'auteur parle des citoyens, des femmes, des libres non-citoyens et des non-libres. Ces quatre chapitres permettent de comprendre quels sont les rôles des différentes personnes au sein des Cités. On observe que la citoyenneté implique des droits spécifiques et surtout la capacité d'en user. Mais la citoyenneté est définie différemment entre les différentes Cités. Certaines sont très restrictives tandis que d'autres sont plus ouvertes. Cependant, la capacité de se battre en hoplite est souvent mis en avant. Les femmes ne sont pas citoyennes mais elles ont une importance pour la vie de la Cité, en particulier la vie religieuse.

    La seconde partie s'intéresse à l'espace de la Cité. En premier lieu, l'auteur examine le fonctionnement de cet espace. Il décrit la Cité en elle-même, constituée de lieux symboliques pour la religion et le pouvoir civique. Il décrit aussi l'espace rural agricole qui permet de nourrir les habitant-e-s. Ensuite, il explique de quelle manière cet espace est défendu. Il explicite les tactiques militaires, tout en marquant certaines critiques envers leurs analyses actuelles. Enfin, il s'intéresse à l'économie. Outre les capacités agricoles, il examine l'importance du travail servile en particulier pour les métiers dangereux et difficiles, par exemple le travail dans les mines.

    La troisième partie concerne la communauté. L'auteur commence par décrire les différentes solutions de vie en communauté examinées par les auteurs grecs anciens ce qui lui permet de parler des différentes solutions politiques : démocratie, oligarchie et tyrannie. Cette partie donne aussi un grand nombre d'informations sur la vie au sein des Cités, religieuse et militaire. On comprend que les liens communautaires sont importants et que les rituels religieux et civiques permettent de créer ces liens. L'auteur prend aussi le temps d'examiner les problèmes d'inégalités socio-économiques et la manière dont les grecs anciens ont tenté d'y répondre. En dehors du cas de Sparte, dont on ne sait que peu de choses, il y a la possibilité de migrer pour fonder une colonie.

    Une dernière partie parle des relations entre l'autre, l'étranger, et les cités. Le premier chapitre examine de quelles manière les étrangers à la Cité sont accueillis. Malgré une méfiance importante, il existe une tradition d’hospitalité. Celle-ci a pu se concrétiser par la nomination de personnes spécifiques chargées d’accueillir les étrangers provenant d'une Cité précise, par exemple des spartiates à Athènes. L'auteur nous parle aussi du besoin de protéger les hérauts, les ambassadeurs et les pèlerins. Chaque catégorie implique une solution précise aussi bien religieuse que politique. Dans le dernier chapitre, l'auteur examine les solutions d'alliances ou de confédérations entre plusieurs Cités. Il explique le but de ces solutions mais aussi leurs limites. En particulier, les alliances sont examinées avec les problèmes posés par des Cités qui prennent l'ascendant sur les autres membres de l'alliance.

    Ce manuel est dense. Il implique aussi un nombre de connaissances minimum concernant la chronologie de la Grèce antique. Sans ces informations, il peut être difficile de comprendre certains changements et concepts mis en avant par l'auteur. Malgré ces limites, le livre est intéressant. Il s'intéresse à de nombreux sujets et tous les chapitres sont suivis d'une bibliographie thématique. J'ai aussi apprécié la présence de sources au sein même du texte. Le lexique, en fin d'ouvrage, est aussi très utile pour comprendre certains termes que l'on a rarement l'occasion de rencontrer lorsqu'on ne s'est pas trop intéressé à ce sujet. Je conseillerais donc de lire ce manuel après avoir une connaissance minimale de l'histoire grecque.

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  • Le Sorcelleur 1. Le dernier voeu par Andrzej Sapkowski

    Titre : Le Sorcelleur 1. Le dernier vœu
    Auteur : Andrzej Sapkowski
    Éditeur : Bragelonne 22 avril 2011
    Pages : 384

    J'ai découvert tardivement cet ouvrage. J'ai commencé par tenter la série, sortie récemment, que je n'ai pas aimé. J'ai continué avec les trois jeux, que j'ai apprécié. Je me demandais comment j'allais réagir face aux livres qui ont porté ces deux adaptations. J'ai commencé, assez naturellement, par le premier tome selon l'édition française (il y a apparemment un tome 0 sorti bien après). Le livre est constitué de plusieurs nouvelles reliées par une méta-nouvelle dont les chapitres, qui s’insèrent entre deux nouvelles, permettent de créer une intrigue générale ainsi qu'une chronologie plus précise. Le roman nous conte les aventures d'un Sorcelleur, un tueur de monstre professionnel, au sein d'un monde de type médiéval. Son nom est Geralt de Riv et malgré ses talents il se demande si son métier est encore adapté au monde actuel.

    SPOILERS

    Le livre commence par une scène de sexe très gênante... Mais je suis passé outre afin d'avoir un avis global sur ce premier tome. Je dois dire avoir apprécié la réécriture des contes. L'auteur les réimagine en se rapprochant de leur écriture originale ce qui crée un contraste agréable avec la réécriture de Disney. On retrouve, par exemple, La belle et la bête, la Belle au bois dormant sans oublier Cendrillon. De plus, l'auteur inscrit tout ceci dans un univers précis, mouvant, qui connait aussi bien les véritables monstres, dangereux, que les contes et légendes. Geralt de Riv navigue dans ses différences entre légendes et réalité tout en faisant attention à ne tuer que ce qui est réellement monstrueux. Il y a donc du potentiel en ce qui concerne l'univers, mais ce premier tome ne va pas très loin de ce point de vue.

    Malheureusement pour moi, je ne pense pas avoir réussi à m'intéresser suffisamment à cet univers pour avoir envie de passer au second tome. Les dialogues m'ont semblé poussifs et parfois inutilement grossiers. Bien que les scènes de combats et d'enquêtes puissent être intéressantes, elles ne sont pas assez réussies pour me donner envie d'en savoir plus. Je ne sais pas si cela provient de moi ou de la traduction mais ce roman me donne l'impression d'être très fainéant. Je pense que de nombreux éléments auraient mérités d'être décrits de manière plus précise. J'ai aussi beaucoup de mal avec les personnages féminins. Les quelques femmes que rencontre Geralt ne sont présentes que pour être observées, touchées ou pour le sexe, ce qui débute dès les premières pages. Rares sont celles qui se mettent même à parler ! De plus, j'avoue avoir du mal à apprécier des scènes durant lesquelles Geralt décrit les formes des femmes qu'il rencontre et dénude. Il est peu probable que je continue cette série de livres.

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    *** Je ne me suis pas assez intéressé à cet univers pour avoir réellement envie de continuer de le lire. J'ai aussi beaucoup de mal avec la manière dont l'auteur écrit les personnages féminins.
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    Image : Éditeur

  • La Suisse et les réfugiés à l’époque du national-socialisme par Commission Indépendante d’Experts Suisse – Seconde Guerre Mondiale

    Titre : La Suisse et les réfugiés à l’époque du national-socialisme
    Auteur-e-s : Commission Indépendante d’Experts Suisse – Seconde Guerre Mondiale
    Éditeur : Commission Indépendante d’Experts Suisse – Seconde Guerre Mondiale 1999
    Pages : 359

    TW : mention de propos antisémites, actes de violences policières et militaires

    Depuis que j'ai compris qu'une partie des rapports de la CIE Seconde Guerre Mondiale sont disponibles en PDF et en français j'ai décidé de les lire afin de mieux comprendre le travail de la CIE et le fonctionnement de la Suisse durant cette période. Après ce tome, il me restera le rapport final de 569 pages à lire. Ces rapports et le travail de la CIE sont souvent discutés mais ne sont pas forcément lu. Ils dépendent aussi d'un contexte précis de l'historiographie et si certains travaux remettent en question certains chiffres cela n'implique pas une remise en question des méthodes ou des conclusions générales. Ce rapport est construit en 5 chapitres.

    Le premier chapitre concerne les fondements historiques de la politique Suisse concernant les réfugiés. Le livre commence sur les efforts de la SDN pour créer une définition du statut de réfugié à la suite des événements russes. Le rapport mentionne aussi les différentes œuvres d'entraide existantes. Mais une grande partie du texte concerne les fondements idéologiques de la méfiance helvétique face aux personnes réfugiées. Bien que l’entraide soit un fondement de la politique Suisse la période de l'entre-deux-guerres implique une méfiance face aux dangers des réfugiés comme personne provenant de l'étranger. Ces dangers sont leur nombre mais aussi les problèmes économiques et surtout les dangers pour la sécurité nationale. Ce fondement idéologique permet de justifier les décisions prises durant la guerre.

    Le chapitre qui suit se concentre sur deux aspects particuliers : le tampon J et la fermeture des frontières. Le premier acte est longuement décrit. Bien qu'une partie du monde politique ne soit pas en faveurs d'un acte qui s'attaque à une population précise une autre partie veut éviter de toucher tous les allemands par une obligation du visa pour entrer en Suisse. Le tampon J permet donc d'éviter l'entrée de réfugiés tout en gardant les frontières ouvertes pour les allemands qui ne sont pas soumis aux lois racistes de l'Allemagne. La fermeture des frontières a lieu en 1942. Elle se déroule alors que le gouvernement helvétique reçoit des informations concordantes sur les crimes nazis contre les juifs. Pourtant, le gouvernement décide la fermeture des frontières par peur d'un afflux massif de personnes en danger de mort.

    Le chapitre 4 se concentre sur les différentes manières d'entrer en Suisse. Les auteur-e-s du rapport expliquent les dangers des voyages. Des passeurs peuvent aussi bien prendre en charge jusque dans l'intérieur de la Suisse les personnes qui fuient. D'autres les abandonnent ou préviennent les patrouilles. De plus, il faut prendre en compte les décisions des gardes-frontières qui peuvent aussi bien fermer les yeux qui refouler en direction des patrouilles allemandes, créant un danger supplémentaire pour la vie des réfugié-e-s. Lors de l'entrée en Suisse, un régime d'internement militaire est mis en place avec une discipline stricte et un contrôle important de la vie des réfugié-e-s qui ne peuvent ni sortir, ni communiquer ni travailler. Dans un second temps, illes sont envoyé-e-s dans des camps civils mais dont les directeurs peuvent aussi être très stricts, selon les choix du gouvernement. Il est difficile d'en sortir et des familles ont pu être séparées. Ce n'est que vers la fin de la guerre que le gouvernement décide d'assouplissements.

    Une partie importante du rapport se concentre sur les relations financières. Celles-ci suivent les lois raciales allemandes puisque les réfugié-e-s n'ont pas le droit d'accès à leurs avoirs en Allemagne. Lors de l'entrée en Suisse, les biens et avoirs sont confisqués et gérer par une banque afin de contribuer aux coûts de l'internement, alors que le travail est interdit. L'accès à leurs propres biens est très difficile et même la fin de la guerre ne permettra pas un accès facilité. Il faudra des années pour que l'argent confisqué retrouve ses propriétaires, quand ce fut le cas.

    Enfin, une dernière partie parle du lien entre le gouvernement et les associations internationales d'entraides. Le CICR est particulièrement mis en avant dans ce chapitre. Certains des membres du bureau sont aussi liés au gouvernement ce qui permet une défense des intérêts et des choix helvétiques au sein des milieux de l'entraide. Cependant, certaines décisions ne sont pas du goût des autorités. En particulier, le rapport mentionne une communication potentielle qui devait condamner les politiques criminelles nazies mais qui ne fut pas publié sur pression des autorités helvétiques. Ces organisations permettent aussi de garantir une vision bénéfique envers le pays après la guerre, alors que les Alliés commencent à gagner la guerre.

    Bien entendu, cette présentation ne fait qu'effleurer la richesse du rapport. Il faut mentionner les annexes qui regroupent une chronologie, des biographies ainsi que des résumés d'autres travaux. Ce qui ressort de ce rapport, tel que montré en introduction et en conclusion, est la crainte des autorités de la Suisse face au nombre de réfugiés. Cette crainte provient de l'expérience de la première guerre mondiale et de l'entre-deux-guerres. Elle permet de justifier un alignement sur les lois racistes allemandes. Ces choix ont mis en danger de nombreuses personnes. De plus, elles sont illégales comme l'a dit un arrêt du tribunal fédéral. Il faut aussi prendre en compte le racisme et l'antisémitisme des milieux politiques et de l'armée. Par exemple, un officier genevois fut connu pour ses actes administratifs illégaux et sa brutalité. Tandis que les membres de l'administration qui aident les réfugié-e-s sont sanctionnés et tardivement reconnu à leur juste valeur. Il ressort de ces pages un cynisme important des autorités fédérales qui s'observe par les tracasseries administratives et le refus de l'entrée des réfugié-e-s alors que les autorités avaient connaissances des crimes nazis.

    Éditeur

  • High-Opp par Frank Herbert

    Titre : High-Opp
    Auteur : Frank Herbert
    Éditeur : Robert Laffont 18 septembre 2014
    Pages : 252

    L'humanité a connu plusieurs révoltes depuis notre époque. Des révoltes qui ont mené à une nouvelle forme de civilisation basée sur la puissance des sondages. Les hommes et les femmes dépendent de ces sondages pour monter en grade au sein de la société et atteindre les privilèges des personnes les plus hauts placées. Movius est l'une de ces personnes. Son origine est humble mais ses capacités lui ont permis d'atteindre l'un des niveaux les plus élevés de la société. Mais un jour un sondage détruit son administration. Il se trouve immédiatement au plus bas de la société, ayant perdu tous ses privilèges. Cette perte le pousse à questionner le fonctionnement du gouvernement et à se demander si d'autres ne sont pas, comme lui, en colère.

    SPOILERS

    Je pensais avoir lu tous les romans de Frank Herbert. J'apprécie particulièrement son œuvre, même si on peut la questionner. Ce roman, que je ne connaissais pas, est annoncé comme un livre qui n'avait pas été édité, un inédit. J'étais donc curieux de le lire. Les personnes qui connaissent Frank Herbert ne seront pas surprises pas les personnages ni par l'intrigue. Nous avons l'importance de la psychologie, une réflexion sur la nature du gouvernement et bien entendu une figure prophétique. Mais ce roman ne traite qu'imparfaitement de ces thèmes. Là ou Dune crée une fresque High-Opp reste à la surface sans jamais nous donner envie de connaitre son univers. L'auteur se contente de faire son travail sans jamais réellement mettre en question son intrigue. Celle-ci, d'ailleurs, est trop rapide et l'on a du mal à accepter de voir un simple fonctionnaire devenir un génie politique uniquement parce que... il serait un génie depuis le début qui attendait les bons événements pour se révéler.

    Mais le livre a surtout très mal vieilli, en particulier en ce qui concerne les personnages féminins. Ceux-ci sont au nombre de quatre. Deux ne sont que de passage le temps de protéger ou trahir Movius. Deux autres sont des intérêts romantiques avec une possibilité de le trahir. La première est décrite comme très belle mais qui use de cette beauté pour manipuler les hommes, suivant aveuglement et sans réflexions les ordres qu'elle reçoit. La seconde est décrite comme ordinaire, tentant de manipuler Movius mais n'y arrivant car elle est à la fois moins intelligente que lui et amoureuse de lui. Alors que les hommes sont décrits comme rationnels mais capables de prendre des décisions justes basées sur un instinct les femmes sont décrites comme émotionnelles et incapables de garder leur rationalité face à leurs émotions. Les deux intérêts romantiques perdent face à Movius à cause de leurs émotions, la première parce qu'elle se rend finalement compte de la virilité de Movius. La seconde car elle agit selon ses émotions et non selon les décisions réfléchies de Movius, l'obligeant à se mettre en danger pour la sauver... Bref, l'écriture des personnages féminines et très problématique. L'auteur naturalise des différences de genre sans même y penser.

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    ** Un roman dont les thèmes sont souvent traités par Frank Herbert mais qui a très mal vieilli
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    Image : Éditeur

  • Le citoyen dans la Grèce antique par Claude Mossé

    Titre : Le citoyen dans la Grèce antique
    Autrice : Claude Mossé
    Éditeur : Nathan 1993
    Pages : 127

    La Grèce ancienne est une civilisation que nous fascine. On la pense au centre de notre histoire aussi bien politique que culturelle. Vu que j'apprécie particulièrement la période antique je m'intéresse aussi beaucoup à la Grèce, mais je ne connais que peu cette histoire. Ce petit livre n'offre pas un récit. L'autrice se concentre sur une question précise : comment devient-on citoyen à Athènes et dans les cités grecques ?

    L'autrice a conçu son exposé en 5 chapitres. Le premier se base sur la période archaïque. L'autrice y examine les récits d'Homère afin de comprendre et de nous expliquer comment la citoyenneté fut conçue au fil de l'histoire. Elle met l'accent, en particulier, sur la fonction hoplitique qui implique une égalité des personnes au sein du combat et dans l'argent pillé. Mais elle montre aussi le fonctionnement des différents régimes et l'existence d'inégalités politiques et économiques.

    Les trois chapitres qui suivent se concentrent sur une période différente. L'autrice utilise largement l'exemple d'Athènes, par commodité au vu de l'état des sources. On y découvre une description précise des différents aspects de la citoyenneté. Elle commence par expliquer de quelle manière on devient citoyen. Ce qui lui permet de noter plusieurs possibilités aussi bien légales, qu'illégales. Athènes, par exemple, demande que les deux parents soient citoyens et le jeune homme doit être accepté par une assemblée avant d'être reconnu citoyen. Dans le chapitre 3, elle nous explique le rôle des citoyens. Ceux-ci sont censés travailler la terre afin de payer leur équipement d'hoplites tout en suivant les rituels religieux de la cité. Bien entendu, l'idéal est différent de la réalité. Des athéniens n'ont pas les moyens d'être hoplites tandis que d'autres ne travaillent pas la terre payant des gens ou utilisant des esclaves pour cela. Enfin, elle nous explique ce qui permet d'être déchu de la citoyenneté. Ce sont aussi bien les sanctions que les actes de personnes qui sont défavorables envers la démocratie. Mais il faut noter, aussi, le désintérêt d'une partie des citoyens qui n'agissent pas réellement lors des assemblées, ou qui ne s'y rendent pas.

    Enfin, le dernier chapitre pose la question de la théorie de la citoyenneté à l'époque même. Elle présente différents philosophes et leurs idées concernant la cité idéale. Ces idées, qui n'ont pas été mises en pratiques, permettent de comprendre comment une partie des élites grecques pensent la citoyenneté. Pour conclure, il faut ajouter que l'autrice ajoute des extraits de documents à la fin de tous les chapitres. Ce petit livre ne permet pas de connaitre le récit historique mais il permet de comprendre une question précise, et importante, concernant la civilisation grecque. Il vaut tout de même mieux posséder un minimum de connaissances pour comprendre ce livre.

    Image : Amazon

  • The craft sequence 1. Last first snow par Max Gladstone

    Titre : The Craft sequence 1. Last first Snow
    Auteur : Max Gladstone
    Éditeur : Tor 26 avril 2016
    Pages : 396

    Dresediel Lex est une ville qui a connu les divinités. Celles-ci ont, pendant des siècles, construits et protégés la cité. Mais le monde n'était pas juste et une partie des humain-e-s ont rejoint une révolution sous le nom de guerres divines. Cette révolution a vaincu et Dresediel Lex est maintenant contrôlée par Le Roi en Rouge, un mort vivant. Malgré le changement de pouvoir, les anciens enchantements sont toujours en fonction. Une partie des élites de la ville souhaite les mettre à jour avec l'aide du cabinet d'avocats d'Elayne Kevarian. Mais le peuple de la cité n'est pas forcément d'accord et les tentatives de discussions peuvent rapidement mal tourner.

    SPOILERS

    Max Gladstone est fort. Il ne donne pas d'informations importantes sur le passé de son univers et pourtant celui-ci nous semble vivant. On observe les conséquences des anciennes guerres et les changements qu'une révolution implique pour tout le monde. Mieux encore, il décrit un système de magie à la fois proche de ce dont on a l'habitude et très différent. Certes, il y a des démons, des monstres et des divinités. Mais la magie est avant tout un système de contrat basé sur les âmes en tant que monnaie. Il est donc parfaitement naturel que les meilleurs mages et magiciennes soient aussi des expert-e-s en droit. Ainsi, la magie se prépare au sein de réunions durant lesquelles les aspects légaux sont examinés avec attention.

    Max Gladstone fait aussi attention à ses personnages et à leur manière de réagir. Ces personnages changent au fil du temps et leurs expériences forment leurs réactions aux différents événements. Ce qui permet de créer une intrigue parfaitement logique dont les pièges sont visibles par les personnages qui ne peuvent éviter d'y entrer puisque leur personnalité est trop précisée. D'une certaine manière, Max Gladstone est très déterministe.

    J'avais réellement envie d'apprécier ce roman. Je voulais réellement entrer dans cette série dont j'ai entendu beaucoup de bien. Malgré les réussites de Max Gladstone en tant qu'écrivain, j'ai beaucoup apprécié le fonctionnement de son univers, je n'ai pas réussi à entrer dans le livre. À mon grand regret, cette œuvre n'a pas fonctionné sur moi car je n'ai pas réussi à apprécier les personnages ni leur manière de fonctionner au sein des règles construites par l'auteur. Je ne continuerais donc pas cette série.

    *
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    *** Très bien écrit, très bien construit mais je n'ai pas réussi à m'y intéresser. J'en suis désolé.
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    Image : Site de l'auteur

  • L'Europe et le monde. XVIe-XVIII siècle par François Lebrun

    Titre : L'Europe et le monde. XVIe-XVIII siècle
    Auteur : François Lebrun
    Éditeur : Armand Colin 9 février 2018
    Pages : 352

    Voilà un livre dont la lecture fut laborieuse. Que je n'apprécie pas particulièrement l'époque dites moderne a dû jouer sur ma capacité à terminer ce livre. Il faut aussi ajouter une grande densité des événements, personnages et lieux puisque l'auteur essaie de synthétiser trois siècles extrêmement riches tout en souhaitant parler du monde entier. Un programme aussi ambitieux peut difficilement tenir sur un nombre de pages restreint. Le nombre de chapitres permet de le comprendre, pas moins de 22. Au vu de la densité il est difficile de résumer un tel ouvrage mais je vais m'y essayer.

    Sans user d'une présentation chapitres par chapitres, inutile dans le cas présent, il faut tout de même essayer de mettre en avant une certaine construction. L'auteur, François Lebrun, nous montre tout d'abord une histoire politique riche. Les différents royaumes de l'Europe se constituer les uns par rapports aux autres lors de différentes guerres qui permettent d'amoindrir ou d'augmenter la force de certaines couronnes. L'auteur réussit aussi à nous parler d'états peu connus, en Suisse, comme la Suède, les Provinces-Unies mais aussi la Russie.

    L'auteur essaie aussi de mettre en avant les changements culturels et scientifiques. L'art, le baroque et le classicisme, se voient consacrés des chapitres entiers. Le rationalisme est aussi mis en avant permettant d'introduire les Lumières et d'expliquer comment les scientifiques commencent à être des professionnels soutenus par les états. Mais c'est surtout la religion qui prend une place importante dans ce livre. En effet, les trois siècles examinés sont ceux de nombreuses guerres de religions entre protestants et catholiques. Ces guerres ne permettent plus d'unir l'Europe sous une religion unique ce qui a des conséquences politiques.

    Enfin, l'auteur essaie de faire une histoire mondiale. Bien que les deux points précédents soient réussis, je pense que ce dernier essai est un échec. Certes, l'auteur parler des Indes, des Grandes Découvertes et des Amériques. Mais ce sont surtout les colonies européennes qui sont mises en avant et les actions européennes. L'histoire du continent africain est à peine explicitée dans un unique chapitre avant de disparaitre. L'histoire de l'Inde dépend de l'examen des rivalités coloniales. L'Amérique du Sud et celle du Nord sont dans le même cas alors que les empires ne sont que peu décrits. Je ne connais pas grand-chose à ces histoires, mais l'auteur échoue, à mon avis, largement à les mettre en avant. Il reste centré sur l'Europe et sa main mise sur le monde.

    Image : Éditeur

  • Doctor Who saison 12

    La saison 11, sans être catastrophique, a laissé de nombreuses personnes sur leur faim. Selon moi, le changement important de ton entre Moffat et Chibnall est l'une des raisons. De la flamboyance on passe à une Doctor extrêmement pacifiste qui ne gagne jamais. Les méchant-e-s sont rarement bien identifié-e-s, puisque ce sont souvent des abstractions. Personnellement, j'avais adoré les épisodes historiques. Cette saison 12 était donc fortement attendue. On retrouve la Doctor au nouvel an. Et, très rapidement, on la retrouve aux prises d'un ennemi inattendu. Cette lutte permet de répondre à certains mystères de la série sous forme d'un fil rouge.

    SPOILER

    Première chose, la Doctor est bien moins passive que la saison précédente. Alors qu'elle refuse tout acte d'agression dans la saison 11 elle termine l'épisode du Nouvel An par une tentative de justifier ses actes de violence contre un être vivant, certes un Dalek... La Doctor semble donc bien plus présente. Elle prend des décisions difficiles et n'hésite plus à se placer au-dessus du gang quand cela est nécessaire. Le gang, d'ailleurs, commence à questionner l'identité de la Doctor.

    Cette saison n'a probablement pas plu à tout le monde. En particulier, Chibnall s'attaque à des thèmes politiques très contemporains. Ceci ne lui permet pas de se faire un nombre élevé d'ami-e-s. Personnellement, j'ai apprécié que la série ose prendre à pleine main des thèmes politiques et prenne position. Je préfère ceci à une œuvre qui essaie de plaire à tout le monde, devenant très fade. Malheureusement, le pire épisode de la saison est justement un épisode fortement politique. Orphan 55 part d'une très bonne intention. Mais aucun caractère n'est bien développé. L'intrigue est peu intéressante. Et surtout la révélation finale est d'un manque de subtilité rarement atteint par une série. Ce qui crée un fort effet repoussoir de la part de cet épisode qui, pourtant, n'a pas tort en ce qui concerne son message.

    Il faut terminer par un très bon point. Depuis quelques années, la série n'a pas réussi à surprendre. Les révélations concernant le casting ou l'univers étaient souvent connus à l'avance. La saison 12 a réussi à nous surprendre à plusieurs reprises pour mon plus grand bonheur ! Dès le premier épisode, on observe le retour inattendu d'un ennemi joué par un superbe acteur ! Mais c'est surtout Fugitive of the Judoon qui a réussi non seulement à garder le secret sur une révélation importante, mais aussi à créer un nombre important de conséquences pour l'univers de la série. Conséquences qui seront en partie expliquées, mais pas assez, lors du dernier épisode.

    Cette saison 12 et à la fois fidèle à la saison 11 et en même temps change de ton. Elle est plus spectaculaire avec quelques personnages magnifiques. Que ce soit le retour d'un Dalek à nouveau menaçant ou le cyberman le plus effrayant depuis le début de la nouvelle série. Personnellement, je suis de plus en plus conquis malgré quelques déceptions, dont Orphan 55.

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    ***
    **** Certes, la saison est imparfaite. Mais ce fut un bonheur pour moi de la voir une fois par semaines.
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    Image : Site officiel

  • Le couronnement impérial de Charlemagne (25 décembre 800) par Robert Folz

    Titre : Le couronnement impérial de Charlemagne (25 décembre 800)
    Auteur : Robert Folz
    Éditeur : Gallimard 1989
    Pages : 352

    Ce livre provient d'une ancienne collection chargée de présenter les dates fondatrices de l'histoire de France. Il est édité tout d'abord en 1964. L'édition que j'ai lue est celle révisée de 1989. Je ne suis malheureusement pas capable de vérifier l'adéquation entre cette révision et l'historiographie actuelle, ce qui n'enlève rien au texte. Celui-ci est parfois un peu daté et les références un peu anciennes mais l'auteur réussit à brosser un tableau du monde carolingien autours de l'événement du 25 décembre 800. Il fait ceci en trois livres, comme il le dit.

    Le premier livre nous résume l'histoire de la fin des mérovingiens jusqu'à Charlemagne. C'est une longue histoire. L'auteur doit expliquer comment une nouvelle dynastie a pu prendre la dignité royale aux mérovingiens. Ces derniers, pour des raisons spécifiques que d'autres livres explicitent, ne sont plus capables de forcer leur pouvoir. Ce pouvoir est tenu par les maires du palais qui seront les créateurs des carolingiens. Ce n'est qu'à l'aide du Pape que les carolingiens prennent le contrôle de la royauté, tout en se faisant élire par les grands du peuple Franc. À la suite de cela, une réforme de l'état est mise en place. Cette réforme sera particulièrement importante sous Charlemagne qui essaie de consolider son territoire, d'éviter les dangers et de communiquer ses décisions judiciaires à l'aide d'envoyés spécifiques.

    Le second livre, qui prend le plus de pages, permet d'expliquer comment Charlemagne reçoit la titulature impériale. Celle-ci n'est pas facile à faire accepter. En effet, un empereur existe déjà à Byzance, ce dernier est censé contrôler le Pape et la ville de Rome. Mais son influence est de moins en moins importante et le Pape est obligé de demander l'aide des Francs contre les Lombards ce qui crée un lien de protection. De plus, l'empereur est déposé par sa mère qui prend le titre pour elle-même. L'auteur met en avant des problèmes religieux entre l'ouest et l'est mais aussi des problèmes politiques pour le Pape Léon III. En 800, Charlemagne se rend à Rome pour consolider le pouvoir du Pape face à es opposants qui avaient tenté de le destituer et, dans la foulée, il est nommé Empereur par le Pape. Cette titulature implique un risque de guerre avec Byzance qui n'accepte pas ce nouvel empereur. De plus, Charlemagne n'apprécie d'être nommé par le Pape. Il essaie de rendre l'église débitrice et dépendante tout en nommant lui-même son fils empereur, à la fin de sa vie. Il y a donc une construction longue de l'idéologie impériale qui doit permettre aussi bien un contrôle territorial, spirituel et d'éviter trop de frictions avec Byzance.

    Enfin, le dernier livre se consacre à la fin de l'empire et à son usage par les rois de France. Le fils de Charlemagne, Louis le Pieux, essaie de consacrer l'Empire tout en le divisant entre ses fils. L'ainé serait l'Empereur et les autres contrôlent des territoires tout en lui étant soumis. Mais la naissance d'un nouveau fils, avec une seconde femme, brise cette division déjà difficilement acceptée. Les trois ainés se révoltent contre leur père et le déposent. Pour que deux des frères décident de le remettre sur le trône impérial par suite des actions de leur frère ainé. Les combats entre les frères puis entre les frères et leurs neveux brisent l'unité de l'Empire qui ne sera jamais plus complet. De plus, l'Église reprend le contrôle de la nomination des empereurs chargés de la protection de la chrétienté. En moins d'une génération, l'Empire carolingien perd de sa substance. Cependant, l'idée impérial et l'importance de Charlemagne gardent de la substance au sein du royaume de France. Les capétiens, lors de la septième génération, se marient avec une descendante de Charlemagne tandis que les chansons de Gestes créent une mythologie qui permet de justifier le pouvoir des rois de France, leur permettant de se déclarer empereur dans leur royaume et non soumis à un autre dirigeant terrestre.

    Il faudrait examiner les informations données par l'auteur. En particulier, j'aimerais savoir à quel point le livre a été actualisé en 1989 car, depuis 1964, la recherche a modifié notre connaissance de l'époque carolingienne. Certains propos de l'auteur donnent l'impression d'une manière ancienne de concevoir les mérovingiens, pour ne prendre qu'un exemple. Mais ces problèmes historiographiques ne gâchent pas la lecture d'un livre qui suit un programme précis et qui, selon moi, le réussit.

    Image : Éditeur

  • Doctor Who: At Childhood's End par Sophie Aldred

    Titre : Doctor Who : At Childhood's End
    Autrice : Sophie Aldred
    Éditeur : Penguin 6 février 2020
    Pages : 304

    Dorothy McShane est riche, très riche. Son argent lui a permis de créer une fondation de charité qu'elle utilise pour aider le monde. Mais elle s'en sert aussi pour espionner les groupes gouvernementaux chargés d'évaluer et de traiter les menaces aliens (du moins jusqu'à ce qu’UNIT fut détruit). Elle même s'occupe de quelques problèmes aliens tout en évitant d'être trop présente sur les dossiers de ces organisations militaires. Car Dorothy McShane n'est pas une simple humaine. Lors de son adolescence elle fut capturée, exilée sur une autre planète pour finalement être recueillie par le Docteur. Du moins jusqu'à ce qu'elle décide qu'elle ne pouvait plus être un pion sur son échiquier personnel. Donc lorsque des enfants disparaissent elle n'attend pas le retour du Docteur, elle agit immédiatement.

    SPOILERS

    Quelqu'un qui regarde la série sait que Doctor manipule les gens. Que ce soit pour les protéger ou les vaincre Doctor a toujours un moyen de faire en sorte que ses ennemis se battent eux-mêmes. Il a rarement besoin d'agir réellement pour que quelqu'un perde la vie. Ten était particulièrement conscient de cela à la fin de son existence lorsqu'il explique à Wilfred être capable de convaincre une personne de se suicider en usant uniquement de mots. Mais il est rare que les personnes qui suivent Doctor mettent en cause ses actions, car elles sont souvent pour le bien commun. Pourtant, c'est le cas de Dorothy McShane alias Ace. Et ses remises en causes sont exprimées par Yaz. Je crois que c'est la première fois, dans les livres, que la nouvelle équipe exprime des doutes. Je ne suis pas surpris que ce soit Yaz qui soit choisie pour en parler, elle me semble la personne la plus logique étant donné son entrainement au sein des forces de police. Ce livre est donc beaucoup plus critique envers les actions du Doctor que certains autres.

    Le livre met aussi en avant les conséquences d'un voyage avec Doctor. Outre la perte de sa capacité à décider, étant donné que le Doctor décide pour les autres, il y a aussi les risques. Dans ce roman, tous les personnages sont mis en danger à un moment ou à un autre à cause du Doctor. Tous les personnages souffrent des décisions et des demandes du Doctor. Certains personnages, Ace par exemple, sont particulièrement conscient de ceci. Ace ne pardonne toujours pas au Doctor de l'avoir manipulée ce qui a conduit à la mort, de ses mains, de plusieurs personnes. Et elle sait ne pas être en sécurité auprès du Doctor car trop de mensonges et de secrets existent. L'autrice met ceci en valeur jusqu'aux dernières pages, lorsque Dorothy McShane annonce à son amant que la Doctor a "menacé de venir le voir de temps en temps."

    Bien que ce roman ne soit pas aussi bien que je l’espérais. Il réussit son contrat. Il met en place une menace basée à la fois sur le passé de la série tout en étant ancrée dans son fonctionnement actuel. Ainsi, le protagoniste principal use de stratagèmes modernes pour éviter d'être mis en danger par la justice suivant en cela les efforts de Chibnall pour parler des problèmes que l'on pourrait qualifier de sociétaux plutôt que de mettre en avant un vilain classique.

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    *** Intéressant, l'autrice montre son amour de l'univers Doctor Who. Mais pas transcendant
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    Image : Éditeur

  • « Folâtrer avec les démons » - Sabbat et chasse aux sorciers à Vevey (1448) par Martine Ostorero

    Titre : « Folâtrer avec les démons » - Sabbat et chasse aux sorciers à Vevey (1448)
    Autrice : Martine Ostorero
    Éditeur : Cahiers Lausannois d'Histoire Médiévale 2008
    Pages : 323

    La Suisse fut l'un des berceaux de la chasse aux sorcières. Inévitablement, de nombreuses recherches ont permis de mieux comprendre cette histoire. Une partie importante de ces recherches, mémoires et thèses, sont publiées au sein des Cahiers Lausannois d'Histoire Médiévale. Ce livre est la réédition de l'une de ces recherches menées par Martine Ostorero, connue pour son expertise concernant le sujet.

    Le livre est divisé en 6 parties. La première partie permet à l'autrice de situer les différents procès qu'elle analyse. Elle nous explique non seulement comment l'inquisition est mise en place en Suisse romande mais elle explicite aussi la procédure et les membres du tribunal. Ceci nous permet de comprendre non seulement comment les personnes accusées sont entendues mais aussi de nous rendre compte du lien fort entre les différentes personnes, qui se connaissent au moins de noms.

    Les trois autres parties sont les présentations et analyses des procès proprement dit. L'autrice en fait un examen précis suivant presque au jour le jour les événements. Ces analyses se suivent de la même manière que les procès démontrant le lien entre les trois personnes, qui se mentionnent mutuellement. Ce sont deux hommes et une femme qui sont accusées. De ces trois personnes, seule la dernière va être pardonnée, à l'aide de soutiens politiques probablement, mais au prix d'une pénitence couteuse en temps et en argent.

    Les deux dernières parties permettent de resituer les trois procès dans un espace et une temporalité plus longue. En particulier, l'autrice examine les termes utilisés. Par exemple, elle explicite la signification du mot vaudois, une hérésie, utilisé pour décrire les trois personnes jugées. Cette partie tente aussi d'expliquer pour quelles raisons une chasse a lieu à cette époque. L'autrice fait l'hypothèse d'un lien avec la guerre de Fribourg qu'elle valide par un exemple ultérieur dans un contexte similaire.

    Ces différentes parties sont très intéressantes. Elles sont d'autant plus riches qu'elles sont suivies de l'édition traduite des trois procès, nous permettant de lire le texte même des questions et réponses traduites par un notaire. L'autrice nous offre aussi plusieurs textes en annexes, malheureusement en latin, ainsi que des notices biographiques des personnes impliquées et une très utile chronologie. Ces différents ajouts font de ce livre un indispensable pour une personne qui souhaite mieux comprendre un épisode particulier tout en souhaitant lire les textes traduits.

    Image : Éditeur

  • The founders trilogy 2. Shorefall par Robert Jackson Bennett

    Titre : The founders trilogy 2. Shorefall
    Auteur : Robert Jackson Bennett
    Éditeur : Joe Fletcher Books 20 avril 2020
    Pages : 496

    CW : Tortures, esclavagisme

    Il y a trois ans que Sancia et ses ami-e-s ont fait tomber l'une des Grandes Maisons Marchandes en une seule nuit. Désormais, illes ont construit une nouvelle forme d'entreprise qui offre ses services aux personnes dans le besoin d'une aide technique et de connaissance, ceci en échange de travaux intellectuels. Les Grandes Maisons Marchandes n'ont pas pu réagir car elles sont aux prises avec une révolte d'esclaves dans les plantations. Les événements passés vont cependant redevenir important. Valeria, maintenant libre, annonce à Sancia l'arrivée et la résurrection imminente de Crasedes Magnus, le premier hiérophante. Ce dernier a un plan pour l'humanité et Valeria en possède un différent. La guerre est inévitable.

    SPOILERS

    Dans tous les livres de cet auteur, que j'ai lu, il y a un thème commun : le pouvoir et la volonté de l'utiliser pour soi ou pour rendre le monde meilleur. Le premier tome permettait de créer l'univers de Foundryside en présentant une civilisation utilisant des technologies magiques avancées mais basées sur l'esclavage et dont certaines personnes, faisant partie des élites, tentaient d'user d'une magie basée sur la mort d'autres êtres humains.

    Le second tome montre un contexte un peu différent. Le pouvoir des Grandes Maisons est abaissé par la perte de leurs connaissances, maintenant un peu plus partagées, et une révolte des esclaves. Mais leur pouvoir est encore très grand. Plusieurs personnages souhaitent contrôler ce pouvoir afin de modifier le monde. La plupart que l'on suit directement souhaitent l'utiliser afin d'améliorer le monde. C'est le cas de Sancia et des Dandolos mais c'est aussi le cas de Crasedes Magnus. Loin d'être un simple être maléfique, il a une histoire ancienne. Son enfance et son expérience lui ont permis de penser le pouvoir et l'humanité et d'atteindre une solution : le seul moyen de détruire la possibilité qu'une personne possède du pouvoir est d'empêcher tout le monde d'en posséder ce qui implique la fin de la possibilité de choisir.

    Face à lui nous avons deux types de personnages. La première est Valeria, un outil qui a atteint la sentience et qui souhaite empêcher Crasedes Magnus de réussir son plan. Mais ses actions ne prennent pas en compte le consentement de l'humanité ni les nombreuses morts que cela impliquerait. Nous avons aussi Sancia, Bérénice, Gregor et Orso. De ces quatre personnes deux ont connu l'esclavage, quoique pas de la même manière. Ce groupe tente de créer une révolution d'une part en redistribuant les connaissances et d'autre part en faisant tomber les Grandes Maisons une à une. À la lecture, on pourrait facilement suivre leurs avis. Mais l'auteur a eu l'intelligence de questionner leurs pratiques et leurs potentielles réussites. La redistribution permet-elle réellement la libération ? Les tactiques des quatre n'implique-t-elle pas aussi une prise de contrôle ?

    Avec ce second tome, Robert Jackson Bennett prend le parti de complexifier son univers et de refuser de donner des réponses simples. Il questionne les motivations de toutes les parties présentes et refuse d'entrer dans un simple manichéisme. Tous les personnages prennent des décisions compréhensibles si l'on prend en compte leur passé. Cependant, il me semble tout de même que l'auteur marque l'importance d'une part du choix et d'autre part du partage au lieu du contrôle. Que j'aie bien compris le propos de l'auteur, ou non, j'ai beaucoup apprécié ce second tome et je me réjouis non seulement de lire le troisième tome mais de savoir ce que l'auteur va écrire plus tard.

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    ***
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    ***** Un très bon second tome qui démarre immédiatement pour ne pratiquement pas nous laisser souffler

    Image : Éditeur

  • La crise de la masculinité. Autopsie d'un mythe tenace par Francis Dupuis-Déri

    Titre : La crise de la masculinité. Autopsie d'un mythe tenace
    Auteur : Francis Dupuis-Déri
    Éditeur : Remue-ménage 2019
    Pages : 320

    CW : mentions et citations de propos misogynes, sexistes, racistes et homophobes.

    Les hommes sont en crise. C'est une idée qui est largement mise en avant. Les changements sociaux et culturels mettraient à mal la masculinité en tant qu'être mais aussi en tant que valeurs quasiment biologiques. De nombreuses personnes en font le constat et appellent à résoudre une crise difficile qui met à mal les rôles masculins traditionnels et donc la place des hommes au sein de la société, au risque de violences. Francis Dupuis-Déri, dans ce livre, examine ces discours de crise de la masculinité en les replaçant dans une histoire et en les confrontant à des données scientifiques précises. Il commence par un premier chapitre qui examine le fonctionnement de ces discours de crise. Il explicite le but de ce type de discours : permettre d'affirmer une crise implique de recevoir de l'attention aussi bien médiatique que monétaire ce qui permet, dans un second temps, de réclamer des moyens identiques à ceux mis en place pour la défense des femmes. Il y a un aspect fondamentalement politique à ces discours.

    Les chapitres 2-4 sont des retours historiques. Dans un premier temps, l'auteur examine l'histoire "longue" des crises de la masculinité. Cela lui permet de démontrer l'existence universelle des crises subies par les hommes, dès que les femmes mettent en cause leur place. Il se concentre en particulier sur le début du XXème siècle et trois pays. Ensuite, il examine les sociétés qualifiées de matriarcales, comme le Québec et la Bretagne mais aussi les africains-américains (je reprends le terme du livre). Il démontre que malgré ce matriarcat, les femmes sont tout de même soumises à des conditions socio-économiques inférieures. Le chapitre 3 lui permet d'examiner les débuts des mouvements des hommes. Il explique que ceux-ci sont d'abord conçus comme un moyen d'alliance et d'aides envers les féministes contre la société patriarcale. Mais les discours se modifient, sous pression de certaines personnes, pour considérer que les hommes sont maintenant soumis à un matriarcat et une domination féminine importante à cause des féministes. L'usage de l'égalité est particulier ici puisque ces mouvements l’utilisent contre les féministes accusées d'avoir mis en place une domination contre les hommes. Francis Dupuis-Déri démontre que le fonctionnement des groupes d'hommes étaient particulièrement vulnérable à un tel changement, en particulier à cause de rencontre en non-mixité par des personnes qui sont dominantes. Enfin, le chapitre 4 examine la constitution des groupes des pères qui, sous couvert d'aide juridique et psychologique, sont souvent utilisés pour défendre une rhétorique antiféministe et qui peut être fortement misogyne. Certaines des personnes les plus en vue de ces groupes sont d'ailleurs accusées d'actes de violences contre les femmes, ce qui leur permet d'accuser et de menaces les juges.

    Les deux derniers chapitres tentent de replacer les discours de crise de la masculinité au sein de données scientifiques mais aussi au sein d'une autre forme de militantisme. Le chapitre 5 critique ces discours qui mettent l'accent sur les rôles genrés. Les hommes et les sociétés devraient redécouvrir l'effet bénéfique des valeurs masculines de force et de guerre. Francis Dupuis-Déri pense plutôt qu'il faudrait mettre en cause le fonctionnement capitaliste et patriarcal de la société. Selon lui, les problèmes mis en avant par les discours de crise de la masculinité dépendent de causes économiques et c'est la remise en cause du capitalisme qui permettrait de résoudre ces problèmes. Le chapitre 6, lui, se concentre plus précisément sur certaines affirmations en les confrontant à des données scientifiques. Ce chapitre permet de questionner la question des difficultés scolaires masculines, du suicide masculin, du divorce mais aussi des violences masculines. Francis Dupuis-Déri démontre que ces problèmes dépendent largement d'une définition rigide et traditionnelle de la masculinité. Remettre en cause la masculinité permettrait donc de résoudre ces questions.

    Francis Dupuis-Déri nous offre ici un livre à la fois basé sur des recherches scientifiques, de sa part et d'autres personnes dont un large éventail de femmes, mais aussi militant. Bien que son propos soit intéressant, je suis un peu plus sceptique en ce qui concerne son examen historique au chapitre 2. Je le trouve un peu trop court à mon goût et j'aurais aimé plus d'informations.

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  • Institutions romaines. Des origines aux Sévères par Jérôme France et Frédéric Hurlet

    Titre : Institutions romaines. Des origines aux Sévères
    Auteurs : Jérôme France et Frédéric Hurlet
    Éditeur : Armand Colin 25 septembre 2019
    Pages : 320

    Bien que la période antique romaine soit souvent montrée au cinéma, que ce soit par reconstruction historique ou des influences, on connait surtout quelques personnages et quelques moments particuliers. Les guerres civiles, César, Octave et Cléopâtre mais aussi la violence de la politique sont souvent montrées. Mais le fonctionnement des institutions politiques est difficile à appréhender. Il est à la fois très familier et très particulier. On trouve des termes connus, mais on trouve aussi un fonctionnement basé aussi bien sur le respect de la loi que sur le respect des coutumes et des rituels. Le fonctionnement des institutions romaines est particulièrement compliqué à comprendre et à expliquer mais il est nécessaire de les comprendre quand on étudier la période romaine.

    Les deux auteurs de ce manuel se donne la mission de les expliquer en 8 chapitres et une introduction. Cette introduction est particulièrement intéressante puisqu'elle permet aux auteurs d'expliciter l'historiographie autours de l'analyse des institutions, ce qui implique de mentionner l'importance de Mommsen (un auteur que je ne n'ai jamais lu). On comprend mieux comment s'est constitué l'histoire des institutions politiques et les débats historiques autours de ce thème. Les deux auteurs prennent position en revendiquant l'importance d'analyser les institutions, tout en n'oubliant pas les rituels.

    La première moitié du livre se concentre sur le fonctionnement de la République, en commençant par parler de la royauté. Les auteurs nous expliquent que la connaissance de la période royale de Rome est particulièrement difficile. On doit se baser sur des récits littéraires qui ne sont pas forcément en adéquation avec la réalité historique. À mon grand plaisir, les auteurs nous donnent des informations provenant des dernières recherches. Ils montrent que la République s'est constituée sur le long terme sur fond de tensions sociales et non directement après la chute de la royauté. De plus, ils thématisent la question de la crise de la République qui mena à plusieurs guerres civiles après avoir expliqué concrètement le fonctionnement des magistratures.

    La seconde partie se concentre sur le fonctionnement du Principat. Les auteurs n'examinent pas la période du Dominat, après les Sévères. Bien entendu, ils commencent par examiner les choix politiques d'Auguste. Cet examen leur permet de mettre en lumière les phases de construction du Principat qui dépendent en grande partie des circonstances et des besoins d'Auguste. Mais les auteurs explicitent aussi le fonctionnement réel du pouvoir impérial et les domaines sur lesquels le Prince peut agir. On comprend que le Prince fonctionne dans le cadre d'institutions républicaines tout en recevant un pouvoir personnel important. J'ai particulièrement aimé le chapitre qui examine les successions. Les auteurs explicitent comment les Princes peuvent choisir les successeurs mais surtout pour quelles raisons il n'y a pas de règles précises. Le Prince reste choisi par le sénat, l'armée et le peuple avant de provenir d'une famille. Enfin, le dernier chapitre se concentre sur le fonctionnement du Principat au sein du gigantesque espace de l'empire. Ce qui permet au livre de conclure sur l'importance numérique faible de l'administration impériale, rendant son pouvoir moins important.

    Ce manuel implique d'avoir certaines connaissances sur l'histoire de Rome. En effet, les auteurs n'entrent pas dans le détail des faits ou des personnages ce qui peut créer de la confusion. Mais si vous avez une idée précise du déroulement de l'histoire romaine vous trouverez, dans ce livre, des informations passionnantes sur le fonctionnement des institutions romaines. J'ai beaucoup appris tout en n'étant pas totalement vierge de connaissances, malheureusement parfois un peu datée.

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  • Les femmes dans la France moderne. XVIème-XVIIIème siècle par Dominique Godineau

    Titre : Les femmes dans la France moderne. XVIème-XVIIIème siècle
    Autrice : Dominique Godineau
    Éditeur : Armand Colin 19 août 2015
    Pages : 312

    Je l'ai déjà dit, la période moderne n'est de loin pas ma préférée. Elle commence par la fin de la magnifique période médiévale et se termine par mon intérêt le plus important : l'époque contemporaine. Mais que je ne sois pas très intéressé par la période moderne n'implique pas que tout soit inintéressant. Au contraire, l'histoire des femmes et les études de genre montre à quel point la période est passionnante. Ce livre de la collection U se destine à constituer un ouvrage synthétique sur l'histoire des femmes de la période. Un programme ambitieux qui est, je crois, réussi. L'autrice divise son ouvrage en trois grandes parties.

    La première partie débute par un examen du "cadre mental et juridique." Ce chapitre nous permet de comprendre comment les intellectuel-le-s de la période moderne pensent la place des femmes et les femmes. On y trouve l'idée que les femmes sont imparfaites. Mais bien qu'une partie importante des penseurs en déduisent une infériorité légale, qui existe, d'autres pensent les femmes comme égales aux hommes. L'infériorité ne dépendant que de circonstances sociales. Deux autres chapitres permettent de comprendre la place des femmes dans le monde public, par exemple le travail, mais aussi dans la famille. Ces chapitres permettent de mettre en question l'idée que les femmes ne travailleraient pas, au contraire elles ont toujours travaillé.

    Une seconde partie se concentre sur les "domaines interdits." L'autrice commence par parler du pouvoir politique en examinant la place des reines. Alors que celles-ci sont d'abord liées au pouvoir politique, mais inférieures, elles perdent peu à peu de leur pouvoir symbolique ne devant que des campagnes du roi. Ce qui ne les empêche pas de pouvoir prétendre à la régence, suivant en cela une tradition féodale. Le domaine de la religion est aussi un lieu d'interdits. En particulier, les femmes ne devraient pas tenter d'apprendre à lire la Bible et ne devraient pas prêcher. Ces interdits sont mis en question par les réformé-e-s qui voient dans l'éducation biblique des femmes un moyen d'éduquer leur famille. Mais elles restent inférieures aux hommes. Enfin, se pose la question du monde intellectuel. Bien que des femmes aient écrit, elles doivent le faire en suivant un rôle féminin basé sur la modestie et l'infériorité intellectuelle face aux hommes. Elles ne peuvent écrire que par le contrôle des hommes et leur éducation en dépend aussi. Des exceptions existent, mais elles servent surtout à exemplifier la nécessité d'empêcher un accès important à l'éducation et à la culture pour les femmes.

    Une dernière partie se concentre le siècle des Lumières et de la Révolution française. L'autrice montre que l'éducation des femmes n'est plus un réel problème. Bien que celle-ci doit dépendre de leur rôle futur, elle est bien plus acceptée dans la société. Le mariage change de forme aussi. D'un mariage arrangé pour des raisons patrimoniales et de place dans la société on commence à penser le mariage comme dépendant d'un amour commun. Cependant, les plus gros changements ont lieu lors de la Révolution. L'autrice montre l'importance centrale des femmes dans les événements de la Révolution française que ce soit lors des émeutes de la faim ou lors des débats parlementaires. Les femmes s'expriment et poussent les hommes à la révolte armée. Cependant, la période du Directoire implique une reprise de contrôle de la foule et des femmes. Ces dernières ont l'interdiction de se battre, de se réunir en clubs et d'accéder aux tribunes lorsque les députés débattent. De plus, les nouvelles lois reviennent sur certaines avancées comme le droit au divorce et surtout sur la possibilité de demander une recherche en paternité afin de forcer les hommes à payer une pension en faveurs de leurs enfants.

    Ce livre, à la fois court et dense, est une bonne entrée des matières pour l'histoire des femmes dans la période moderne. J'ai personnellement beaucoup apprécié l'examen de la période révolutionnaire. En effet, j'avais connaissance des faits amenés par l'autrice mais sans les avoir réellement étudiés. Ce livre m'a donné l'occasion d'en savoir plus et de pouvoir justifier des propos.

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  • Gwenpool strikes back par Leah Williams, David Baldeón, Jesus Aburtov et Guru-eFX

    Titre : Gwenpool strikes back
    Auteur-e-s : Leah Williams, David Baldeón, Jesus Aburtov et Guru-eFX
    Éditeur : Marvel 3 mars 2020
    Pages : 112

    Ce volume contient Gwenpool strikes back 1-5. Gwenpool est une blague qui fut assez sympathique. J'ai apprécié son histoire seule. J'ai bien aimé la revoir dans West Coast Avengers, malheureusement annulée. Ce volume suit les nouvelles aventures de Gwenpool. Après plusieurs aventures en solo comme en groupe elle se rend compte que son espérance de vie est toujours aussi faible. Elle essaie donc de justifier sa présence en créant le chaos de l'univers Marvel. Que ce soit Spider-Man, la vie des fantastic 4 ou encore les différentes équipes de l'univers Marvel personne n'est à l'abri car Gwenpool veut vivre !

    SPOILER

    Une bonne partie du volume revient sur ce que l'on a déjà vu. Par peur de l'annulation Gwenpool devient de plus en plus chaotique. Elle attaque toutes les personnes qu'elle croise afin de trouver un moyen de rester importante. Se rendant compte que ses ventes augmentent lorsqu'elle est méchante elle recommence à agir d'une manière violente et à menacer tout le monde. D'une certaine manière, c'est un retour en arrière sur quelque chose de déjà-vu.

    Heureusement, le volume se termine sur un superbe dernier numéro. Constitué en grande partie d'une discussion entre Ms Marvel et Gwenpool. Alors que Gwenpool ne souhaite pas dialoguer Ms Marvel la convainc de parler de ce qu'elle ressent et de faire face à qui elle est réellement. Ms Marvel étant un personnage que j’apprécie beaucoup j'aime la voir prendre cette place d'amie qui refuse de combattre quelqu'un quand elle peut l'aider émotionnellement. Ceci permet aussi de recréer l'origine de Gwenpool et donc de lui offrir un futur potentiel un peu différent.

    *
    **
    *** Un one shot sympathique et sauvé par un dernier numéro que j'ai beaucoup apprécié
    ****
    *****

    Image : Éditeur

  • Pourquoi des approches interculturelles en sciences de l'éducation ? sous la direction de Pierre Dasen et Christiane Perregaux

    Titre : Pourquoi des approches interculturelles en sciences de l'éducation ?
    Direction : Pierre Dasen et Christiane Perregaux
    Éditeur : De Boeck avril 2002
    Pages : 305

    Il existe plusieurs approches concernant l'interculturalité. On peut passer du relativisme absolu, que je n'accepte pas, à la crainte du soi-disant communautarisme, crainte que je n'accepte pas non plus. Quel que soit sa position, il est indéniable que les écoles vivent dans un monde de plus en plus interculturel. Un minimum d'éducation à la compréhension d'autres cultures est donc nécessaire si l'on souhaite faire un travail d'enseignant-e adéquat. Ce livre entend militer en faveurs d'une telle formation pour les personnes qui enseignent. Pour cela, il est constitué de trois parties.

    La première partie se concentre sur les aspects scientifiques. Les différentes auteur-e-s présent les différentes méthodes scientifiques et les différentes disciplines qui s'intéressent au thème des cultures et de l'interculturalité. Les auteur-e-s présentent aussi les manques et les problèmes posés à des recherches sur l'interculturalité, problèmes qui ont souvent un aspect politique. L'article de Tania Ogay, par exemple, montre la difficulté de transposer en France une discipline des États-Unis : l'intercultural communication.

    Une seconde partie se concentre sur le fonctionnement de l'institution scolaire. Les auteur-e-s examinent l'école mais aussi son lien avec d'autres institutions et les familles. Cela leur permet de défendre l'idée que l'école n'est pas l'unique milieu d'éducation mais aussi que l'éducation dépend de la culture. On ne le pense pas de la même manière dans différentes cultures et pour créer une école capable de prendre en compte tout le monde il faut avoir conscience de ces différences.

    Enfin, une troisième partie se concentre sur la formation des enseignant-e-s. Il faut y ajouter un article qui parle spécifiquement des professionnel-le-s de la santé. Les auteur-e-s militent en faveurs d'une formation qui prenne en compte les recherches en interculturalités afin de modifier leurs pratiques mais aussi le fonctionnement de l'institution scolaire. Bien que l'on puisse apprécier les différentes pistes, les articles de cette partie mènent à créer une formation extrêmement dense avec une production scientifique importante qui n'a pas forcément de sens. Bien que l'on puisse apprécier de demander à de futur-e-s enseignant-e-s de pratique un regard critique sur leur institution et de proposer des modifications positives, il est fortement possible que ces productions ne débouchent sur rien et ne deviennent que de nouveaux rapports au contenus similaire chaque année, car sans action concrète sur le monde.

    Ce livre n'est pas suffisant pour que les enseignant-e-s puissent tenter de mettre en place une modification de leurs pratiques en vue de prendre en compte l'interculturalité au sein des classes. Ce n'est d'ailleurs pas son but. Son but est de justifier un examen du monde et son importance pour la formation des enseignant-e-s. En l’occurrence, il offre une base scientifique et des pistes d'actions concrètes basées sur des recherches. Mais je ne pense pas qu'il faut forcément suivre à la lettre les propositions. Il vaut mieux les adapter à la formation afin d'éviter de créer des modules qui n'auraient pas de sens par manque d'effets concrets sur la pratique et l'institution scolaire.

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  • Fascisme, nazisme et régimes autoritaires en Europe (1918-1945) par Johann Chapoutot

    Titre : Fascisme, nazisme et régimes autoritaires en Europe (1918-1945)
    Auteur : Johann Chapoutot
    Éditeur : PUF 4 septembre 2013
    Pages : 312

    Johann Chapoutot est récemment entré dans une polémique sur son dernier livre. Je ne connaissais pas cet historien et je n'ai pas la capacité de juger de son travail ni de son dernier livre qui tente, si j'ai bien compris, d'examiner le lien entre nazisme et management. Ce livre date de 2013 et tente de mettre en avant un examen commun des différents régimes autoritaires d'Europe entre 1918 et 1945. L'ouvrage est divisé en 3 parties de 3 chapitres chacun (qui ont 3 sous-parties).

    La première partie se concentre sur le XIXème siècle et la Première guerre mondiale. Chapoutot souhaite mettre en avant une origine, intellectuelle, longue des régimes autoritaires. Il nous montre la mise en place de l'idée de nation mais aussi la constitution des industries et leur impact sur le fonctionnement des sociétés. Il montre aussi l'aspect très positif, en termes de progrès, du monde du XIXème malgré des tensions importantes entre les classes. Ce progrès est mis en question par une guerre qui implique des peuples entiers ainsi que des industries tournées vers la guerre. La force de la camaraderie des tranchées aura un impact important sur le fonctionnement de la politique de l'après-guerre. Enfin, il analyse la fin de la guerre et les problèmes posés d’un armistice qui condamne l'Allemagne et détruit son armée.

    La seconde partie prend en compte la première partie de l'après-guerre. Bien que les démocraties occidentales, en particulier française et anglaise, semblent triomphantes le monde européen entre bientôt dans une crise importante. Les démocraties doivent réussir à gérer des tensions sociales, des crises économiques et un fonctionnement mis à mal par des constitutions qui empêchent de créer des majorités claires. L'Allemagne de Weimar devra être gouvernée par décret-loi puisque le gouvernement n'est pas capable d'être soutenu par un parlement. Face à des démocraties vacillantes, l'Italie et l'Allemagne créent un nouveau régime basé sur la jeunesse et le mouvement : le fascisme. Un régime qui est d'abord vu avec bienveillance. L'auteur examine aussi les régimes autoritaires d'autres pays, en particulier l'Espagne et le Portugal.

    Enfin, la dernière partie se concentre sur le fonctionnement des régimes autoritaires. Dans un premier chapitre Chapoutot examine l'idéologie du nazisme et du fascisme. Il montre que l'un souhaite un retour au passé tandis que le second souhaite une mise en avant vers l'avenir, la création d'un homme nouveau. Les deux essaient à la fois d'obtenir le consentement du peuple et de le forcer par des polices secrètes et des cours spéciales. Un second chapitre s'intéresse au fonctionnement guerrier du nazisme. L'auteur explique que hitler fut d'abord considéré comme une anomalie qui serait rapidement vaincu. Un homme qui ne souhaite que créer une Grande Allemagne. Ce n'est que tardivement, après des années de réactions molles des démocraties qui souhaitent garantir la paix, que le but guerrier d'hitler fut enfin reconnu comme tel, précipitant la guerre. Le dernier chapitre examine le régime de Vichy, le Portugal et l'Espagne. Alors que Vichy est un régime sous occupation qui, au fil du temps, se radicalise l'auteur montre que les deux autres pays se détachent progressivement du fascisme. Le but des dictateurs de l'Espagne et du Portugal n'est pas de créer un nouveau régime mais de recréer un ancien régime basé sur le catholicisme, la tradition, la terre et l'anticommunisme. Ceci leur permet d'être vu avec bienveillance par les vainqueurs de 1945.

    Sans avoir la capacité de vérifier les informations de l'auteur ni sa place au sein de l’historiographie, nous avons ici un livre intéressant. Le projet d'expliquer les différents régimes autoritaires mais surtout la raison de leur mise en place me semble valide. Mais l'étendue du projet empêche de présenter dans le détail certains point précis, en particulier le fonctionnement des différents pays.

    Image : Éditeur

  • L'ombre du Diable. Michée Chaudron dernière sorcière exécutée à Genève par Michel Porret

    Titre : L'ombre du Diable. Michée Chaudron dernière sorcière exécutée à Genève
    Auteur : Michel Porret
    Éditeur : Georg 2019
    Pages : 304

    Michée Chaudron est connu pour être la dernière femme accusée de sorcellerie morte pour ce crime à Genève, en 1652. Ce livre propose d'analyser et de publier le procès de Michée Chaudron afin de mieux comprendre sa place dans l'histoire de Genève. En effet, le livre contient l'édition intégral du procès dans un appendice. En ce qui concerne le livre, il est divisé en 5 chapitres.

    Les deux premiers chapitres se concentrent sur les archives ainsi que sur la mise en place d'une peur du diable. Les auteur-e-s expliquent comment les archives sont constituées, quels sont les ouvrages qui parlent du cas durant la période mais aussi la vision physique des archives. Le second chapitre permet de comprendre le contexte idéologique de l'époque en explicitant la manière dont la justice pense l'existence du diable et de la sorcellerie. Le livre montre que le procès se place à une intersection entre une justice qui accepte le merveilleux et une justice qui va commencer à le refuser.

    Le troisième chapitre, conséquent, permet de parler de la manière dont le cas de la Michée Chaudron a été (ré)utilisé au fil du temps par la culture populaire. Le livre examine largement les différentes productions, donnant leur titre et souvent un rapide résumé. Mieux encore, l'analyse permet d'expliquer comment ces productions pensent le cas. Cependant, je déplore l'usage immodéré des termes "politiquement correct" qui permettent à l'ouvrage d'éviter d'analyser les raisons de la reprise du cas par des mouvements actuels et qui donne l'impression d'une condamnation sans une réelle réflexion. C'est une impression, qui peut être fausse, qui a largement teinté ma lecture de ce chapitre pourtant très intéressant.

    Le quatrième et le cinquième chapitres se concentrent sur le procès proprement dit. Le livre commence par présenter le récit de l'enquête puis du procès. On apprend comment Michée Chaudron commence à être connue négativement par son entourage puis par la justice. Les auteur-e-s explicitent ensuite la manière dont elle est interrogée et piégée jusqu'à avouer le crime et donc être condamnée à mort. Le dernier chapitre examine le procès. Il explique les raisons de la peur de la sorcellerie et les différentes manières d'examiner le cas par les experts de l'époque. En particulier, les auteur-e-s se concentrent sur deux termes : merci et bailler le mal. Les auteur-e-s expliquent leur signification au sens du XVIIème siècle et le lien de la sorcellerie avec le crime de poison.

    Ce livre permet donc de mieux connaitre un cas local. La dernière sorcière de Genève, mais pas la dernière de Suisse, un pays protestant. Les auteur-e-s expliquent comme le cas de la Michée Chaudron fut utilisé pour s'attaquer à la justice irrationnelle mais aussi au protestantisme. Même si les informations biographiques sont peu nombreuses, on comprend un peu mieux la vie de cette femme.

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  • De la révolution féministe à la Constitution. Mouvement des femmes et égalité des sexes en Suisse (1975-1995) par Sarah Kiani

    Titre : De la révolution féministe à la Constitution. Mouvement des femmes et égalité des sexes en Suisse (1975-1995)
    Autrice : Sarah Kiani
    Éditeur : Antipodes novembre 2019
    Pages : 286

    Les mouvements en faveurs des droits civiques sont connus, en Suisse aussi. Les mouvements dits de la seconde vague sont aussi connus en Suisse grâce à des travaux de mémoire non publiés ainsi que deux livres publiés par Julie De Dardel et Carole Villiger. Sarah Kiani, dans ce livre, souhaite penser la période qui se déroule entre 1975 et 1995 durant laquelle les mouvements féministes de la Suisse se sont progressivement institutionnalisés tout en militant en faveurs de l'égalité entre hommes et femmes, par l'inscription d'une norme constitutionnelle puis d'une loi sur l'égalité. Pour son sujet l'autrice écrit 4 chapitres.

    Le premier chapitre permet à Sarah Kiani de mettre en place une peinture des mouvements féministes du XIXème à 1975. Elle montre que la Suisse est un espace particulier puisque les mouvements en faveurs du suffrage sont toujours en lutte alors que les nouveaux mouvements des femmes, comme le MLF par exemple, sont en train d'apparaitre et de militer en faveurs du contrôle du corps. Bien que ces deux mouvements soient différents en termes d'âge, de position sociale, de moyens d'actions et de buts cela n'empêche pas de potentielles alliances, même si les liens des nouveaux mouvements avec la gauche radicale peuvent poser un problème à des féministes bourgeoises.

    Le second chapitre permet justement d'observer de quelles manières ces deux mouvements réagissent face à une initiative en vue d'inscrire une norme constitutionnelle pour l'égalité. Bien que les nouveaux mouvements féministes soient critiques envers la capacité d'action d'une norme légale, cela ne les empêche pas de soutenir l'initiative permettant de récolter assez de signatures pour qu'elle soit validée. En dehors des mouvements féministes, le gouvernement fédéral, les patrons et certains partis sont défavorables envers ce texte et préfèrent un contre-projet. En particulier, se pose la question de la capacité d'utiliser immédiatement le texte pour garantir l'égalité. Certains politiciens réactivent les arguments concernant la nature des femmes, qui feraient d'elles des ménagères et mères de famille avant tout. Les mouvements féministes se déchirent en particulier en ce qui concerne le soutien envers l'initiative ou le contre-projet du Conseil Fédéral. En effet, ce contre-projet est moins ambitieux que l'initiative mais a plus de chances de réussir.

    Un troisième chapitre parle de la période 1981-1991. Cette décennie permet d'observer le fonctionnement concret de la norme constitutionnelle. Il apparait qu'elle n'est que peu utilisée. Pire encore, une partie du monde politique défend l'égalité comme un moyen de demander l'extension de l'âge de la retraite des femmes et l'obligation de servir, fortement refusé par les féministes. Sarah Kiani explicite ici la réutilisation du concept de l'égalité pour s'attaque aux soi-disant privilèges féminins. Elle démontre que ce discours ne prend pas en compte les causes sociales de l'inégalité des femmes, privilégiant l'individu et la responsabilité (elle revient sur ce thème dans le chapitre 4). Cette période est aussi celle de la constitution de la Grève des Femmes de 1991. L'autrice nous explique que le terme même de grève fut débattu, mettant à mal un ordre politique basé sur le respect de la paix du travail. Les journaux furent majoritairement sarcastiques tandis que des femmes de droite refusèrent de se lier à une grève. Cependant, celle-ci réussit en laissant une grande liberté d'action aux femmes et en forçant le Conseil Fédéral à annoncer une loi sur l'égalité.

    Le dernier chapitre concerne la question de la loi sur l'égalité. Des réticences existent aussi bien chez les féministes que chez les patrons. Chez les féministes car elles déplorent une loi qui ne prend en compte que le monde professionnel aux dépens du privé. Chez les patrons qui ont peur des pertes économiques et qui sont soutenus par l'UDC et des membres du Parti Libéral. Cependant, le contexte des années 90 pousse le Conseil Fédéral à un rapprochement en direction de l'Europe ce qui implique une loi sur l'égalité avec des normes européo compatibles. Cette loi, acceptée malgré des critiques, permet une institutionnalisation des féministes au sein des partis et des gouvernements via des bureaux de l'égalité. Ceux-ci permettent non seulement de donner une force politique majeur à certaines féministes mais aussi de revendiquer des actions politiques fortes, même si la réussite est rare. Cependant, Sarah Kiani explique aussi que la période des années 90, celle du néolibéralisme, permet au monde économique de réutiliser le féminisme dans un but purement économique. Les inégalités sont vues comme un problème de pertes pour l'économie. Les questions concernant les causes sont évacuées, alors que les femmes sont censées se responsabiliser individuellement pour réussir professionnellement et personnellement.

    Sarah Kiani réussit, dans ce livre, à démontrer de quelles manières les mouvements féministes helvétiques jouent et usent des lois afin de revendiquer des normes d'égalité. Elle montre les combats mais aussi les alliances entre mouvements au fil du temps. Surtout, Sarah Kiani nous montre bien que les réussites des mouvements féministes sont suivies d'un backlash qui remet en question l'utilité des outils féministes dans un monde qui serait égalitaire impliquant que les féminismes soient caducs.

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  • A crash of fate par Zoraida Córdova

    Titre : A crash of fate
    Autrice : Zoraida Córdova
    Éditeur : Disney 6 aout 2019
    Pages : 352

    Baatu est une planète qui fut un jour prospère mais qui n'est maintenant qu'un petit poste entre une partie méconnue de la Galaxie et une partie inexplorée. Mais les habitant-e-s de cette planète l'apprécie malgré l'importance du nombre de criminel-le-s dans la principale ville. Outre celle-ci, Baatu est surtout habitée d'agriculteurs et d'agricultrices. Jules est l'un des enfants de Baatu. Bien qu'il ait toujours souhaité partie explorer la Galaxie il est resté sur place. Il possède l'espoir secret de revoir une amie d'enfance disparue il y a longtemps : Izzy. Après une décennie sans nouvelle, celle-ci revient à Baatu avec quelques ennuis.

    SPOILERS

    Que dire de ce roman ? Il est singulièrement vide. Le roman est en dehors des événements de Star Wars, même si on mentionner la destruction de la Nouvelle République par la Premier Ordre et l'existence de la Résistance. Ce livre se concentre sur deux personnages et leurs aventures durant une journée sur Baatu. Les deux rencontrent tous les personnages et lieux importants de la planète. Outre leur visite, l'intrigue permet de placer les deux personnages ensembles au sein d'une histoire d'amour. Malheureusement je n'ai été ni convaincu ni intéressé. Ce roman a totalement échoué à m'intéresser.

    *
    **
    *** Je n'ai pas réussi à y trouver un intérêt
    ****
    *****

    Image : Éditeur

  • Resistance reborn par Rebecca Roanhorse

    Titre : Resistance reborn
    Autrice : Rebecca Roanhorse
    Éditeur : Penguin 5 novembre 2019
    Pages : 320

    Nous sommes immédiatement après l'épisode 8. La Nouvelle République n'est plus après la destruction de ses principales planètes. Elle est tombée sans même pouvoir se défendre. La Résistance a pu échapper au massacre et évacuer mais fut poursuivie inlassablement jusqu'à la bataille de Crait. Il ne reste pratiquement rien de la flotte ni des pilotes et encore moins de généraux ou de stratèges. Personne n'a répondu aux appels à l'aide et il n'existe pas de bases sûres pour ce qui reste de la Résistance alors que le Premier Ordre commence à étendre son influence sur la Galaxie. Il devient urgent de se ravitailler, de trouver une flotte et des stratèges même si cela implique de faire revenir des personnes qui ont pris leur retraite.

    SPOILERS

    Ce roman se base fortement sur le passé de l'univers étendu officiel. Plusieurs escadrons et personnages sont basés sur d'autres romans et jeux, comme l'escadron Inferno et le retour de Nora et Wedge après les événements de la trilogie Aftermath. On retrouve aussi Rey, Finn et Poe mais malheureusement Rose n'est pas aussi présente qu'elle ne le mérite. Nous avons donc une forme d'hommage envers le travail d'autres personnes au sein de ce roman.

    Mais celui-ci s'insère aussi au sein de deux films. Il commence presque immédiatement après le 8 pour expliquer comment la Résistance a pu grandir avant le 9. Mieux encore, le roman explique pourquoi la Résistance n'a pas pu joindre des allié-e-s. Le roman explique que le Premier Ordre a utilisé ses connaissances pour emprisonner, en secret, les sympathisants de la Résistance et de la Nouvelle République. Tandis que d'autres planètes ont décidé d'éviter un combat direct par peur de subir le même châtiment que la Nouvelle République. Ainsi, ce roman permet de mieux comprendre ce qui s'est déroulé et comment Leia a réussi à reconstruire une puissance paramilitaire capable de menacer le Premier Ordre.

    *
    **
    ***
    **** Un roman Star Wars au-dessus des autres à la fois par le respect montré envers les personnages mais aussi la manière dont il explique des événements ayant eu lieu dans les films 8 et 9
    *****

    Image : Éditeur

  • Evaluer des compétences : Guide pratique par François-Marie Gérard, Jean-Marie De Ketele et BIEF

    Titre : Évaluer des compétences : Guide pratique
    Auteur : François-Marie Gérard, Jean-Marie De Ketele et BIEF
    Éditeur : De Boeck 2011
    Pages : 251

    L'évaluation est l'un des centres de la pratique de l'enseignement. C'est aussi une pratique de plus en plus généralisée, aussi bien dans le monde professionnel qu'après une expérience de consommateur. Ces derniers exemples, bien que souhaitant contrôler et améliorer une pratique, sont particulièrement médiocre en termes de pensée de l'évaluation. En effet, cette pratique est compliquée. Il faut suivre des injonctions de nombreuses personnes et institutions tout en essayant de juger de manière exacte la personne évaluée. Il est donc normal que des livres entiers soient consacrés à ce sujet, dans celui-ci que je viens de terminer.

    Ce livre est construit en 4 parties et 15 chapitres nommés séquences, sans prendre en compte l'introduction, la conclusion et une séquence 16 sous forme d'atelier pratique pour vérifier son apprentissage. Ces séquences ne sont pas forcément destinées à être lues à la suite. Il est possible de parcourir le livre selon des intérêts précis, comme le montre un guide de lecture au début de l'ouvrage. Les séquences sont organisées en une situation qu'il faut questionner. À la suite sont proposées des informations théoriques. Enfin, un exercice pratique est suivi d'une proposition de correction. Le but des auteurs est de présenter une méthode, de la justifier théoriquement puis de permettre l'autoformation par des exercices et une réflexion.

    Le but des auteurs est donc de proposer une évaluation des compétences. Celle-ci n'implique pas simplement des connaissances vérifiées par des questions précises auxquelles il faut répondre et dont le nombre d'erreurs et de réponses justes permettent de calculer une note précise. L'évaluation de compétences implique un enseignement de ces compétences, via des situations problèmes, ainsi qu'une évaluation qui dépense de critères précis. Ces critères doivent être évalués selon l'échec, la réussite ou l'excellence. Ainsi, on n'observe pas simplement la capacité à répondre à une question mais la capacité à gérer un problème complexe. Mieux encore, même si l'étudiant-e fait une erreur ce type d'évaluation permet tout de même de noter positivement ce qui est réussi.

    Les auteurs proposent donc un système d'évaluation complexe. Il implique non seulement de préparer son enseignement mais aussi ses évaluations ainsi que les grilles d'évaluation. Malgré ce temps important de préparation, les auteurs souhaitent défendre une méthode qui, selon eux, permet une amélioration importante des élèves. Ils défendent aussi une culture de la réussite, ce qui veut dire d'essayer de faire réussir un maximum d'élèves. Ce livre s'adresse spécifiquement aux profesionnel-le-s de l'enseignement et des personnes extérieures pourraient ne pas s'y retrouver, cependant il permet aussi de mieux comprendre l'inutilité des nombreuses évaluations que l'on subit ou que l'on est invité à faire dans notre société.

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  • Alphabet Squadron par Alexander Freed

    Titre : Alphabet Squadron
    Auteur : Alexander Freed
    Éditeur : Penguin 31 décembre 2019
    Pages : 576

    La Rébellion a vaincu. L'Empire a perdu son Empereur lors de la destruction de l'Etoile Noire. Depuis, l'armée de l'Empire a perdu sa cohésion et fuit en ordre dispersé devant la puissance de ce qui est maintenant la Nouvelle République. Bien que la paix ne soit pas encore signée, tout le monde sait que la Nouvelle République est sur le chemin de la victoire. Ceci à la plus grande surprise de ses membres. La Galaxie change. Les défections dans les rangs impériaux sont de plus en plus nombreuses. En particulier après l'opération Cinder qui ordonne la destruction de mondes entiers. Yrica Quell fait partie de ces impériaux qui ont décidé de partir. Après des mois elle est finalement recrutée pour lutter contre son ancien escadron : Shadow Wing. Car celui-ci a reconstitué une base impériale qui pourrait devenir un danger important pour la Nouvelle République.

    SPOILERS

    Ce pourrait paraitre surprenant, mais assez peu nombreux sont les ouvrages qui traitent de la guerre au sein de l'univers Star Wars. Plus précisément, peu nombreux sont les ouvrages qui en traitent aussi bien en termes de plans militaires que des conséquences sur les soldat-e-s. Ce premier volume d'une future trilogie se concentre fortement sur le fonctionnement des différents vaisseaux qui constituent les flottes de chasseurs et de bombardiers de l'univers Star Wars. À la lecture, on a vraiment l'impression d'avoir en face de soi une machine avec ses capacités et limites. Des machines qui souffrent lors d'un conflit et qui peuvent devenir inopérantes dans certains contextes.

    Nous avons aussi enfin une vision de l'état de différent-e-s soldat-e-s après une longue guerre. Les membres de l'escadron ont toustes subis plus ou moins fortement la puissance de l'Empire. Que ce soit une promesse rituelle, l'envie de devenir une légende dans la mort ou encore la simple vengeance voire même le souhait de la rédemption ces personnages ont des cicatrices. Même Hera Syndulla, que j'ai été très heureux de revoir, n'est pas indemne et subi l'ancienneté de la guerre.

    Malheureusement, ce roman est porté par un grand nombre de personnages peu sympathiques. Ne pas avoir uniquement un type de personnages est une bonne chose mais j'ai, personnellement, eu du mal à m'attacher à un grand nombre d'entre-elleux. J'ai surtout du mal avec Caern Adan dont les apparitions furent laborieuses pour ma lecture. Je trouve le personnage à la fois peu intéressant et brutalement antipathique. Cet aspect a fortement joué sur mon plaisir lors de la lecture de ce roman.

    *
    **
    *** Un bon roman de guerre avec des personnages que je n'aime pas
    ****
    *****

    Image : Éditeur

  • Black Lightning saison 2

    Black Lightning et sa famille sont finalement saufs. Illes ont vaincu une opération illégale d'une agence fédérale. Une opération qui utilisait le trafic de drogue afin de conduire des expérimentations sur la population noire de la ville de Freeland. Mais la ville et l'école de Garfield ne sont pas encore sauvées. Après que l'opération fut connue par le public un nombre de plus en plus important de jeunes reçurent des pouvoirs et furent confrontés à une police peu compréhensive. L'école, elle, doit survivre après l'attaque qu'elle a subi en l'absence de son proviseur, occupé à être Black Lightning. Mais surtout, Tobias Whale est encore dans la nature et il possède un outil qui pourrait lui permettre de contrôler les méta-humain-e-s.

    SPOILER

    Cela était déjà le cas lors de la première saison et continue lors de cette seconde saison, la communauté est très importante dans cette série. Lors de la première saison on l'observait via l'église locale qui permet de relier les familles en besoin. Là encore, cette église s'occupe des personnes qui ont besoin d'aides. C'est elle qui trouve les fonds nécessaires pour combattre le gouvernement en justice. C'est aussi elle qui contrôle la clinique gratuite de la ville. Et c'est elle qui contrôle et pacifie la population. Cette communauté se trouve aussi au sein de la famille des Pierce, de Black Lightning. Même lorsque les membres ne sont pas en accord la série fait en sorte de les réunir afin de permettre une entraide et un soutien mutuel. S'il y a bien un message que je ressens dans cette série c'est l'importance des liens familiaux, des lieux d'amitiés et des liens communautaires.

    Bien que les points positifs de la première saison soient toujours présents - j’adore la manière dont est incarné et écrit Tobias Whale qui garde une impression de puissance et de menace tout au long de la saison - je déplore que la saison s'intéresse moins à l'école Garfield. Les intrigues autours de cette école permettait de montrer l'importance de l'éducation. Mais cela allait plus loin. On nous montrait de quelle manière une école peut être instrumentalisée pour contrôler et pénaliser des jeunes. Alors que la première saison montrait un principal qui refusait cette logique la seconde saison montre un principal qui met immédiatement en place des détecteurs de métaux et des gardes armés tout en imposant une politique de tolérance 0. Bien que la série montre les aspects de racisme que cela implique, elle ne peut aller loin car l'école disparait presque totalement de cette seconde saison. C'est, à mon avis, dommage.

    *
    **
    ***
    **** Une seconde saison tout aussi intéressante que la première mais qui s'intéresse trop à mettre en place une saison 3.
    *****

    Image : IMDB

  • L'europe de la Renaissance par Alain Tallon

    Titre : L’Europe de la Renaissance
    Auteur : Alain Tallon
    Éditeur : PUF 28 août 2013
    Pages : 128

    La période qui se déroule entre le Moyen Âge et l'époque contemporaine ne m'a jamais réellement intéressé. D'où un manque important de connaissances de ma part. Ce qui explique la raison de mes lectures actuelles, puisque je suis censé connaitre cette période pour mon travail. La lecture des que sais-je permet d'avoir des informations concises qui peuvent, ensuite, être développées à l'aide des biographies. Ce que sais-je essaie de synthétiser la Renaissance en 6 chapitres.

    Les deux premiers sont plus concentrés sur les questions politiques. Après un premier chapitre qui nous offre un récit de la période jusqu'à la fin du XVIème siècle un second chapitre explicite la pensée du politique. Ce second chapitre permet aussi de présenter l'extension des états durant la Renaissance. On y découvre les liens entre les Princes et la manière dont ceux-ci justifient leur pouvoir, aussi bien par le contrôle des arts que par la puissance militaire. On pourrait étendre cette question au chapitre 3 qui montre de quelle manière l'Europe s'étend au reste du monde et surtout ce qui arrive aux aristocraties. Celles-ci se ferment alors que les Princes essaient d'y ajouter des personnes anoblies à cause de leurs services envers l'état.

    Les chapitres 4 et 5 se concentrent sur les arts et l'humanisme. On y découvre un récit qui examine les élites artistiques et scientifiques de l'époque et, en particulier, leur pensée du monde. Comme le dit l'auteur, la période permet de créer l'artiste comme génie créateur, bien que de nombreux artistes restent anonymes. On observe une modification de l'art qui voyage rapidement au sein de l'Europe. L'Humanisme, lui, repose sur la centralité de l'homme mais reste fortement lié à la question religieuse. Même si de nouvelles méthodes de critiques des écrits se développent, le but est de revenir à une pureté originelle et non de mettre en question la Bible ou la chrétienté.

    Enfin, dans un dernier chapitre, l'auteur se concentre sur les aspects religieux. L'Europe est entièrement chrétienne mais la religion entre en crise. La papauté, les ordres mendiants et les membres du clergé sont critiqués pour leurs incapacités et leur richesse. Cette critique sera particulièrement forte lors du combat entre le Pape et Luther. Combat qui débouche sur le Protestantisme qui remet en cause les dogmes de l'Église. Celle-ci va réagir au sein de la contre-réforme, mais les travaux du Concile de Trente vont déboucher sur une défense des traditions contre les idées réformées et les souhaits de compromis, aboutissant à une Europe religieusement divisée.

    Ce que sais-je suit parfaitement son programme de présentation concise d'une période spécifique. L'auteur présente chacun des points classiques de la période, ce qui nous permet d'avoir les connaissances nécessaires pour la comprendre. Seule une étude plus spécifique permettrait de questionner certaines idées, même si l'auteur marque sa position au sein de l'historiographie.

    Image : Éditeur