Gondolindrim's Stories - Page 5

  • The Fowl Twins par Eoin Colfer

    Titre : The Fowl Twins
    Auteur : Eoin Colfer
    Éditeur : Disney 5 novembre 2019
    Pages : 320

    Artemis Fowl II a eu sa dernière aventure avec les fées. Depuis le blackout mondial les Fowls sont donc devenus les allié.e.s des fées dans un monde qui est un peu plus favorable envers la nature. Les parents ont d'ailleurs changé de maison pour une construction écologique. Mais si Artemis Fowl II a d'autres projets en tête, dont un voyage en cours en direction de Mars, ses deux frères pourraient toujours créer des problèmes. L'un, Beckett, aime agir tandis que le second, Myles, ressemble beaucoup à son frère. Bien que Myles ne croît pas aux fées il sera obligé de revoir ses a priori lorsqu'un chasseur anglais, une nonne, une pixie et un troll se retrouveront simultanément dans sa vie.

    SPOILERS

    J'avais beaucoup aimé la série Artemis Fowl même si certains livres étaient moins bons que d'autres. Artemis était un criminel et un génie mais aussi un enfant qui souhaitait surtout retrouver ses parents. Il était facile de se mettre dans ses chaussures et d'éprouver de l'empathie pour lui-même dans les actes les plus irresponsables. Donc quand j'ai su, un peu tardivement, que l'auteur avait écrit une sorte de suite sur les frères jumeaux d'Artemis j'ai souhaité me replonger dans ce monde. Malheureusement, la magie ne fonctionne pas. Pire, la magie est absente.

    Ce qui explique l'échec de ce roman, sans le rendre extrêmement mauvais pour autant, sont les personnages. L'auteur a eu la bonne idée de changer de personnages ce qui permet d'éviter de revenir sur ce qui a été écrit auparavant. Mais ces nouveaux personnages sont détestables. Le méchant principal ressemble à une caricature de vilain de comics ou de James Bond écrit dans un moment de grande fatigue, pour remplir des pages. La seconde personne que l'on peut considérer comme mauvaise est tout aussi caricaturale, une nonne qui mixe espagnol et anglais. Myles est censé être sympathique mais ne réussit qu'à exaspérer lors de la lecture. Son frère est censé créer une dose d'humour mais son écriture est paresseuse ne créant que l'exaspération lors de ses dialogues.

    Ce qui n'aide pas le roman est aussi sa longueur. Toutes les scènes sont très longues pour aucunes bonnes raisons. Eoin Colfer, de temps en temps, explique quelques scènes mais son écriture donne l'impression d'être sur pilote automatique afin de noircir des pages. Tout se répète de nombreuses fois, tout est lent quand ce n'est pas grotesque. Des révélations ne sortent de rien simplement pour permettre au récit de continuer. Bref, ce roman me semble assez médiocre et ce n'est pas le fait qu'il soit destiné à un public jeune qui va me rendre plus indulgent, au contraire.

    *
    **
    *** Une énorme déception, un roman qui ne tient que par son lien avec Artemis Fowl. Vais-je réellement accepter de subir le second volume ?
    ****
    *****

    Éditeur

  • La République Helvétique. Laboratoire de la Suisse moderne par Biancamaria Fontana

    Titre : La République Helvétique. Laboratoire de la Suisse moderne
    Autrice : Biancamaria Fontana
    Éditeur : Presses polytechniques et universitaires romandes 3 novembre 2020
    Pages : 160

    La République Helvétique est souvent décrite ainsi : c'est une période méconnue de l'histoire du pays et c'est le régime le plus détesté de l'histoire de la Suisse. En dehors de ces deux proclamations peu de personnes ont réellement des connaissances concernant cette courte période de ce qui deviendra, ensuite, un pays reconnu et modelé par les grandes puissances européennes. Pourtant, cette courte période est riche aussi bien en événements qu'en idées qui sont ensuite réutilisée pour la construction de l'état Suisse. Biancamaria Fontana, dans ce petit livre, tente de mettre en avant la richesse des débats de l'époque autours des différentes questions posées par la République Helvétique.

    Le premier et le dernier chapitres font offices d'introductions et de conclusions à l'ouvrage. Le second chapitre pose la question du lien entre la France, sous le régime du Directoire, et les demandes d'aides de la part de milieux prorévolutionnaire en Suisse. Ce chapitre permet d'expliquer les raisons derrière la construction d'un état uni, du moins sur le papier, et donc la destruction des états cantonaux ancestraux. Cette union permet de détruire les anciennes aristocraties mais, sans le vouloir, cela permet aussi de concrétiser l'existence de la Suisse en tant qu'état en Europe.

    Les chapitres 3 et 4 s'intéressent aux débats internes au pays. Tout d'abord, se pose la question de la nouvelle constitution. Celle-ci garde l'idée de démocratie mais imite les institutions françaises. Ce qui implique une séparation des pouvoirs qui n'existait pas auparavant. Ensuite, se pose la question du fonctionnement du fédéralisme dans un monde moderne. Plusieurs auteur.e.s sont ici mobilisé.e.s par Biancamaria Fontana. Ce qui lui permet de mettre en avant une certaine contemporanéité des questions soulevées, par exemple le lien entre les dirigeants politiques et la population.

    Le chapitres 5 et 6 me semblent s'intéresser aux relations avec le reste du monde et la France en particulier. En effet, la République Helvétique est souvent intégrée aux républiques sœurs mises en place lors des guerres du Directoire aussi bien comme moyen d'étendre les idées révolutionnaires que comme moyen de défense externes. Ces républiques sœurs ont eu une courte histoire, subissant soit la reprise de contrôle de la part de monarchie soit l'intégration au sein de la France tout en ayant vécu des spoliations militaires par l'armée française. Le destin de la Suisse est différent puisque, comme l'explique le chapitre 6, Napoléon convoque des suisses afin de créer un nouveau régime, plus stable et qui durera jusqu'au congrès de Vienne en 1815, sous le nom de Médiation. Même si une partie de ce qui est la République Helvétique est abandonné cet acte de Médiation consolide d'autres points, en faisant des acquis.

    Ce livre est très synthétique et s'intéresse peu aux événements ou aux questions sociales. L'autrice analyse les différentes œuvres philosophiques et politiques tout en les insérant dans un contexte précis. Par son analyse elle permet de comprendre de quelle manière des idées permettent de remodeler le pays ou sont confrontées à la réalité et donc amendées. Selon moi, nous avons ici un bon livre qui permet à tout un chacun de mieux comprendre cette courte période de notre histoire, période pourtant si liée à la constitution de 1848.

    Image : Éditeur

  • To be taught, if fortunate par Becky Chambers

    Titre : To be taught, if fortunate
    Autrice : Becky Chambers
    Éditeur : Harper Voyager 3 septembre 2019
    Pages : 176

    Je suis tombé sur une critique de ce livre en faisant ma ronde des booktubers et des blogs de lectures. Je ne connaissais pas l'autrice mais le récit me semblait intéressant. Ce petit livre nous parle d'un effort commun de l'humanité en direction de l'espace. 6 missions sont envoyées en direction d'exoplanètes capables, potentiellement, d'abriter la vie. La mission 6 est constituée de 4 personnes dont la narratrice. Nous suivons leurs aventures, leurs recherches, leurs espoirs et déceptions sur 4 planètes d'un système fondé autours d'une naine rouge.

    SPOILERS

    Ce petit roman est basé avant tout sur la qualité des relations humaines entre les personnages et de leurs idéaux. On ne sait pas de quelle manière ces différentes personnes ont été choisies pour faire partie de cet équipage mais on sait qu'elles sont toutes membres d'une organisation qui valorise la science, l'éthique et la collaboration. Il est normal que les personnes recrutées possèdent ces idéaux. L'autrice nous présente rapidement, et sans trop s'attarder, les personnages. Illes sont de genres, sexualités et d'ethnies diverses sans que cela ne soit central dans le propos. On comprend vite que les relations sexuelles et amoureuses dépendent des besoins et souhaits de l'équipage et non d'une relation fermée et exclusive. L'autrice semble vouloir nous montrer un équipage qui fonctionne de manière équilibrée. Ce qui ne l'empêche pas de montrer les tensions psychologiques d'une telle mission lors du troisième chapitre, particulièrement difficile pour les 4 personnages.

    Ce roman est aussi une ode à la science. Fréquemment, la narratrice s'interrompt pour expliquer certains termes scientifiques ou certaines procédures. Tous les personnages sont des scientifiques et adorent débattre, chercher, échouer à comprendre mais relancer des questions. Personnellement, j'ai adoré lire ces 4 personnes en train de travailler comme des scientifiques soit sur le long terme avec des procédures draconiennes mais nécessaires pour posséder des données qui permettent de répondre à des questions précises. J'ai adoré lire ces personnages s'exclamer de plaisir lorsqu'une découverte était faites ou simplement de merveille face au simple plaisir d'observer quelque chose de nouveau. Ce livre aime la science et considère le savoir comme une fin en soi et non un moyen en direction d'un but économique.

    *
    **
    ***
    ****
    ***** Ce petit roman m'a fait l'effet d'une après-midi d'hiver au coin du feu

    Éditeur

  • La ville médiévale. Histoire de l'europe urbaine 2 par Patrick Boucheron et Denis Menjot et sous la direction de Jean-Luc Pinol

    Titre : La ville médiévale. Histoire de l’Europe urbaine 2
    Auteurs : Patrick Boucheron, Denis Menjot et Jean-Luc Pinol
    Éditeur : Seuil 2011
    Pages : 544

    Je l'ai sûrement déjà écrit, je connais mal l'histoire urbaine. Le connais encore moins dans le cadre de l'histoire médiévale. Alors que je connais bien la place des villes au sein de l'antiquité romaine leur déclin, mais non disparition, lors de la longue période médiévale a rarement été questionné par mes choix de lectures. Souhaitant mettre en question mes connaissances je me suis donc intéressé à un manuel mais aussi à ce livre écrit à plusieurs mains. Il est tiré à part, et sous format poche, d'un ouvrage bien plus important qui s'intéresse à l'histoire urbaine européenne depuis l'antiquité jusqu'à nos jours (tous ces livres sont disponibles en poches dans 5 autres volumes).

    Le livre est construit en 4 parties de 2 à 3 chapitres. La première partie concerne le haut moyen-âge soit le VIIIème siècle au XIème siècle. Un premier chapitre nous permet de comprendre l'effacement des villes mais aussi la continuité d'une forme de pouvoir ecclésiastique. Cette continuité permet aux villes de garder une certaine forme de domination sur leur espace proche, sous la conduite de l'Église. Un troisième chapitre permet de s'intéresser aux cités musulmanes, un thème que je connais très peu. Plusieurs exemples permettent d'illustrer le fonctionnement de ces villes en ce qui concerne la place des différentes professions mais aussi du pouvoir au sein de l'urbain. Il faut aussi mentionner un chapitre qui examine les nouvelles formes urbaines qui quittent, souvent, les milieux urbanisés sous la civilisation romaine. Après cette introduction concernant la ville et ses transformations une nouvelle partie s'intéresse au renouveau urbain du XIème au XIVème siècles.

    En deux chapitres cette seconde partie permet de comprendre pourquoi des villes sont fondées. En dehors du commerce qui permet aux villes de retrouver une population importante il faut prendre en compte les besoins spatiaux des différents royaumes. Fonder une ville permet un contrôle de l'espace et des voies de commerce tout en créant un milieu favorable à l'économie locale. Les auteurs examinent aussi la construction des villes qu'elles soient anciennes ou nouvelles. En particulier, les enceintes et les marchés sont directement examinés. En effet, les enceintes permettent de défendre la ville mais aussi de marquer son importance à l'aide d'un ouvrage de prestige. D'ailleurs, certaines familles sont censées s'occuper de certaines parties de l'enceinte. Les marchés, eux, permettent de contrôler l'espace économique de la ville.

    La troisième partie s'intéresse, enfin, aux personnes qui habitent dans les villes en nous parlant du travail mais aussi des sociabilités. Le chapitre sur le travail permet de comprendre la richesse des différents métiers urbains mais aussi leurs organisations au sein de guildes ou de hanses. Ainsi, les personnes qui travaillent ont des statuts, donc des droits et devoirs, spécifiques qui permettent une inscription dans la hiérarchie urbaine. J'ai particulièrement apprécié l'autre chapitre qui permet réellement d'imaginer la vie en ville. Les auteurs nous montrent que la ville est divisée en quartiers contrôlés par différentes familles. Ces quartiers peuvent même être séparés par des portes marquant le contrôle local. Ce chapitre donne l'impression de villes profondément divisées selon les capacités de contrôle de l'espace urbain.

    Enfin, la dernière partie s'intéresse au politique en relation avec les villes. Petit à petit, certaines villes commencent à prendre leur autonomie, contrôlant une région en tant que seigneurs. Ce qui implique la constitution d'un mode de gouvernement mais aussi d'une élite urbaine aussi bien politique qu'économique qui met en question le contrôle spatial des grandes familles sur le commun. La fin de l'époque médiévale est aussi un moment de crises pour les villes qui subissent les épidémies et les guerres, ce qui implique des ponctions fiscales importantes ainsi que des frais pour la défense et le ravitaillement. Dans le même temps, les différentes monarchies tentent de reprendre le contrôle des villes en détruisant, parfois, les enceintes ou en cooptant les élites administratives au sein de leur gouvernement. Ce qui permet aux auteurs du livre de considérer la ville médiévale comme un moyen de créer l'état.

    En conclusion, nous avons ici un livre riche dont je n'ai fait qu'effleurer le propos. Il faut avouer que je n'ai pas compris toutes les thèses des auteurs, ceci dépendant de mes propres méconnaissances de l'histoire urbaine. Mais ce livre n'est pas non plus impossible à lire pour les personnes qui ne sont pas expertes. Il demande simplement certaines connaissances de bases de l'époque médiévale et d'accepter de remettre en cause certaines idées sur la période.

    Image : Éditeur

  • Artemis Fowl

    Artemis Fowl est un jeune garçon de 12 ans. Il aime le sport (Artemis qui fait du sport ? C'est quoi ça ?). Il aime son père. Il aime montrer son intelligence mais celle-ci n'est pas visible dans le film. Alors que son père disparait en pleine mer Artemis découvre que sa famille possède un ancien secret : elle est la gardienne d'artefacts provenant du monde des fées. Passant outre son scepticisme, il décide de capturer une fée afin de les forcer à l'aider à retrouver son père.

    SPOILERS

    Une adaptation des romans Artemis Fowl par Eoin Colfer peut m'intéresser. J'ai beaucoup aimé les livres qui réussissent à créer un antihéros attachant. Le film échoue totalement à adapter le matériel d'origine. L'intrigue insulte les personnes qui aiment les livres tout en étant incompréhensible pour les personnes qui ne connaissent pas cet univers. En effet, l'adaptation mêle des éléments de plusieurs tomes. Le film essaie de nous expliquer ce monde pendant de longues scènes d'expositions et pourtant il échoue totalement à nous faire comprendre son fonctionnement. Le film est d'un ennui profond et ne mérite même pas d'être considéré comme un ratage sympathique. C'est une adaptation sans saveurs et sans âme qui réussit l'exploit de trahir l'entier des romans en à peine 90 minutes.

    * A détruire afin de sauver les générations futures de cette horreur
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    ***
    ****
    *****

  • Watchmen saison 1

    2019, une série événement déferle sur les écrans : Watchmen. Celle-ci se déroule dans un univers uchronique d'abord dans un comics, Watchmen suivi de suites peu acceptées (à raison), par un film de Snyder incapable de créer et se contentant de copier les cases du comics puis une série et un second comics qui relie cet univers à celui de DC. Cet univers alternatif se déroule aux USA. Nixon a pu être réélu à de nombreuses reprises. Les USA ont gagné la guerre du Vietnam. Et après une loi les héros costumés ont été interdits. La série se déroule plusieurs décennies après les événements du comics dans la ville de Tulsa. Celle-ci est le lieu de l'affrontement entre la police et une milice suprémaciste blanche : la septième cavalerie. La septième cavalerie avait disparu depuis des années, planifiant dans l'ombre afin de reprendre la guerre. Mais comment ? Et pourquoi ?

    SPOILERS

    Que l'on soit immédiatement clair, cette série est une véritable réussite. La photographie est superbe. Je ne compte pas les scènes dont la création sont tout simplement confondantes de maitrise et de symbolisme. La musique est magnifique et accompagne parfaitement l'ambiance. Les dialogues et l'intrigue sont tout aussi bons, et inscrit dans l'époque actuelle plutôt que de jouer sur la nostalgie du comics. Bien entendu, cela aurait pu ne pas fonctionner sans de très bons acteurs et actrices.

    Comme je l'ai dit plus haut, cette série est fortement inscrite dans le contexte actuel. Il est d'ailleurs assez piquant de la regarder alors que Trump perd la présidentielle. Cette série nous parle de racisme, du racisme inscrit dans l'histoire et le fonctionnement socio-économique des USA (ce qui ne veut pas dire que d'autres pays ne sont pas structurellement racistes). Les intrigues se divisent entre un passé, le massacre de Tulsa, et le présent, 2019 à Tulsa. Entre ces deux périodes, le monde a changé et des décisions ont été prises pour atténuer le racisme structurel et stopper les suprémacistes blancs. Mais, comme la série le monde, ces personnes sont toujours présentes dans l'ombre. Elles souhaitent le retour à un moment historique considéré comme meilleure, avec une place naturelle hiérarchiquement pour les personnes blanches face aux autres. Ce que dit le sénateur, textuellement, dans la série. Ainsi, les suprémacistes ne sont plus forcément visibles mais la série montre que ces personnes existent encore dans la société mais aussi au sein de la police et des milieux politiques.

    La série parle aussi de pouvoir et du bien commun en particulier à l'aide du Dr Manhattan, de Lady Trieu et, bien entendu, Ozymandias. Les deux derniers personnages sont des génies qui utilisent leur intelligence pour guider le monde en direction d'un avenir qu'illes considèrent meilleurs. Mais illes ne prennent pas en compte les dégâts sur les gens ni leur libre arbitre. Nous avons donc deux personnages qui usent de leur pouvoir sans prendre en compte l'éthique de leurs actes. Face à elleux, nous avons une figure divine capable de tout qui choisit de ne pas agir et de camoufler son existence. Il pourrait tout changer, tout modifier, mais il s'y refuse. Se pose donc la question de ce que l'on peut et ce que l'on doit faire quand on est tout puissant. Faut-il agir au risque de devenir un tyran ou renoncer à la possibilité d’agir ?

    *
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    ***
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    ***** Est-ce possible d'être parfait ? Je ne pense pas, mais cette série approche de la perfection.

    Site officiel

  • The shadow of Kyoshi (avatar the last airbender) par F. C. Yee

    Titre : The shadow of Kyoshi (avatar the last airbender)
    Auteur : F. C. Yee
    Éditeur : Amulet 21 juillet 2020
    Pages : 352

    Kyoshi est l'avatar depuis maintenant deux ans. Elle n'est pas aussi aimée que Yun ni aussi capable en ce qui concerne les relations avec la noblesse du royaume de la Terre. Mais elle agit de manière forte et sans concession contre les bandes de bandits qui vivaient sur le royaume. Elle tente aussi de retrouver Yun tout en apprenant ce que son rôle implique, ayant l'impression d'échouer plus souvent que de réussir. Une invitation à une fête au royaume du Feu pourrait lui permettre de se reposer un peu, ou pas.

    SPOILERS

    Ce roman suit le premier roman dans son intrigue. On retrouve donc une partie des intrigues du premier, en particulier la relation avec Yun et les essais de Kyoshi d'être différente. Le roman permet aussi de continuer à construire l'univers d'Avatar. En particulier, il donne plus de substance à Kuruk qui, jusque-là, était décrit comme un Avatar qui n'avait pas réellement agit. Son destin, tel qu'il est écrit, est particulièrement tragique.

    Ce roman s'inscrit aussi dans la tradition de cet univers de placer les personnages face aux conséquences de ce qui a été fait par le passé. Kyoshi doit agir parce que Kuruk n'a pas pu garder l'équilibre dans le monde des humain.e.s. Kuruk a dû agir ainsi car Yangchen n'a pas réussi à garder l'équilibre entre les esprits et les humain.e.s. Aang et Korra aussi suivent ce schéma. Bien entendu, on comprend que les figures du passé, même sublimée, ne sont pas parfaites. Mais le roman explique surtout que les Avatars, et nous par extension, devons continuer de tenter à trouver la bonne solution. Des erreurs seront faites mais, avec de la chance et de la sagesse, celles-ci seront de moins en moins nombreuses.

    *
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    ***
    **** Une suite que j'ai beaucoup aimé pour continuer à construire un univers que j'apprécie
    *****

    Image : Éditeur

  • La République romaine 133-44 av. J.-C. par Janine Cels Saint-Hilaire

    Titre : La République romaine 133-44 av. J.-C.
    Auteur : Janine Cels Saint-Hilaire
    Éditeur : Armand Colin 20 mai 2020
    Pages : 254

    Ce court livre se concentre sur une période précise de la République romaine : les années de crises. Cette période, ses différents problèmes, permet de comprendre pourquoi et comment on est sorti de la légalité républicaine pour entrer dans un nouveau régime, le Principat. Pour cela, l'auteur écrit 7 chapitres. Il ajoute, comme de coutume dans cette collection cursus, un examen de plusieurs écrits dans le cadre d'annexes.

    Le premier chapitre permet de placer le décor. Janine Cels Saint-Hilaire y fait un résumé du fonctionnement de la République et des différents mots qui permettent de la comprendre. Il faut, en particulier, faire attention au terme mos maiorum fréquemment invoqué pour condamner des adversaires.

    Les trois chapitres qui suivent permettent d'expliciter les tentatives de réformes. La première est la réforme agraire tentée par les frères Gracques. Celle-ci a comme but de restaurer l'idéal de citoyen soldat capable de payer ses armes à l'aide son travail de la terre. Mais les guerres ont mis à mal cet idéal. La population s'est appauvrie, une minorité devenant extrêmement riche, ce qui crée un risque pour l'armée dont les membres sont de moins en moins nombreux. La deuxième réforme est, justement, celle de l'armée. À la suite de Marius, les soldats ne sont plus des citoyens mobilisés mais des volontaires qui acceptent le service en échange d'une participation au butin, en terre, esclaves ou en monnaie. Enfin, l'auteur mentionne la guerre sociale entre les alliés et la République romaine. Celle-ci découle des demandes de plus en plus fortes envers les alliés tout en fermant l'accès à la citoyenneté romaine, et ses avantages.

    Les trois derniers chapitres montrent les problèmes créés par les guerres civiles. Bien entendu, la République romain a souvent connu des problèmes sociaux entre les membres de sa société. Mais l'auteur explique que ces problèmes étaient résolus de manière politique par une modification des règles. Depuis les Gracques, c'est la violence qui régule les contestations. De plus, par suite de Marius puis Sylla, les soldats sont fortement liés à leurs généraux qui leurs permettent de gagner de l'argent, et bien moins à la République. Ce lien de clientélisme permettra à Pompée, Jules César et Octave de pouvoir faire la guerre contre d'autres romains. Pour finir, les personnes les plus importantes commencent aussi à prendre sur eux des charges illégales. Sylla fut dictateur à vie, comme Jules César. Sans mentionner Octave qui fut consul, tribun, grand pontife, etc.

    Ce petit livre est un bon moyen de comprendre les raisons de la fin de la République. Le propos est clair, structuré et pas trop spécialiste tout en définissant les termes importants pour comprendre l'époque et la société romaine antique. Ce livre peut permettre d'entrer dans des ouvrages plus spécialisés.

    Image : Éditeur

  • The Assistant

    TW : abus psychologique, environnement de travail toxique, mention d'abus sexuel

    Jane est une jeune femme récemment arrivée dans l'entreprise. Elle est assistante d'un producteur avec deux autres personnes. Étant la plus jeune, elle arrive en premier avant tout le monde et elle part après tout le monde. Le film se déroule durant un jour entier de travail. Elle doit nettoyer les bureaux, gérer les agendas et personnes, elle doit aussi préparer la nourriture et les boissons tout en faisant le tampon entre l'extérieur et son patron. Lors de cette journée Jane se rend compte, petit à petit, que quelque chose d'étrange se déroule dans les bureaux de son entreprise. Mais que peut faire une jeune assistante ?

    SPOILERS

    Ce court film est tout de même très dense. Rapidement, on se rend compte que les conditions de travail de Jane ne sont pas normales. Elle n'a pas de week-end. Elle passe de longues heures à s'occuper de tâches qui ne devraient pas être les siennes. Elle est considérée comme inférieure par ses collègues qui lui lancent des boules de papier pour avoir son attention. Son patron lui hurle dessus en cas d'erreur et exige des excuses de sa part. Il y a donc une atmosphère de travail très difficile, hiérarchisée sans aucune attention envers Jane. Je note, en particulier, la scène chez les RH qui montre le responsable passer des compliments aux critiques les plus acerbes en quelques minutes.

    Rien n'est réellement montré dans ce film, à l'exception des dernières secondes de la dernière scène. Tout est dans le sous-entendu. Tous les employé.e.s savent ce que fait le producteur dans son bureau. Lorsque Jane essaie de signaler ce qu'elle sait on l'en dissuade puis le responsable des RH lui dit de ne pas avoir de crainte, elle n'est le type du producteur. Montrant par là sa connaissance de ce qui se déroule. Tout se dit aussi. Dès que Jane mentionne ce qui arrive les autres employé.e.s et son patron savent ce qu'elle a dit et à qui, ce qui la force à rester silencieuse si elle veut garder son emploi. Il y a donc une pression importante de la hiérarchie pour cacher ce qui est su par tout le monde.

    *
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    ***
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    ***** Sobre mais très efficace

    Image : Site officiel

  • Batman Curse of the White Knight par Sean Murphy, Klaus Janson et Matt Hollingsworth

    Titre : Batman Curse of the White Knight
    Auteurs : Sean Murphy, Klaus Janson et Matt Hollingsworth
    Éditeur : DC 15 septembre 2020
    Pages : 272

    Ce volume contient Batman Curse of the White Knight 1-8 ainsi que Batman White Knight presents Von Freeze. Le Joker a réussi à redevenir sain d'esprit, du moins pour un temps. Sous son identité réelle, Jack Napier, il est entré en politique afin de réformer la ville et de lui permettre de vivre sans le Batman. Ce dernier a lutté de toutes ses forces jusqu'à être obligé d'accepter les conclusions du Joker : son combat n'est plus en faveurs des habitant.e.s de Gotham mais contre elleux. Batman White Knight se terminait sur la promesse de Bruce Wayne d'abandonner son identité secrète pour mieux travailler avec la police et la ville. Mais Napier avait aussi exprimé une théorie du complot. Un contrôle de la ville par un groupe d'élites. Si ce groupe existe vraiment la fin du Batman n'est pas dans leurs intérêts.

    SPOILERS

    Ce comics nous parle du Batman, comme le premier volume. Le Batman y est tout aussi fort que dans les comics de l'univers DC mais il y est aussi bien plus fortement critiqué. Dans le premier volume, ses actions conduisaient à de nombreux dégâts. Dans celui-ci, Bruce Wayne comprend que les dégâts vont bien plus loin. En abandonnant son identité civile il a laissé son entreprise profiter des destructions, même s'il paie lui-même les dégâts. Le Batman a aussi changé. Il est passé d'une aide bienvenue à une armée capable de lutter contre tout ce qui peut lui arriver et de prendre le contrôle de la ville entière sans jamais pouvoir être contesté. Ainsi, il est normal que ce comics marque la fin du Batman et son entrée en prison. Car si le Batman devient un danger pour la ville il trahit son but : faire de Gotham une meilleure ville.

    Ce comics est aussi une affaire de famille. On en apprenait bien plus sur la famille Wayne, reliée à un ancien scientifique nazi, dans le premier volume. On apprend bien plus sur le passé de la famille Wayne dans ce volume. Ce passé justifie le combat entre Bruce Wayne et Azrael. Ce combat est une vengeance face aux actions de leurs ancêtres aux débuts de la ville. En dehors de la famille, et de ce qu'elle implique pour l'identité du Batman, il y a une famille choisie. Celle que Bruce Wayne essaie, et échoue, à créer autour de lui avec les deux Robins et Batgirl.

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    **** Une très bonne suite qui est moins basée sur la politique que le premier volume mais qui réussit à être tout aussi intéressante et se concentrant sur le Batman et le passé de la famille Wayne
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    Image : Éditeur

  • The rise of Kyoshi (avatar the last airbender) par F. C. Yee

    Titre : The rise of Kyoshi (avatar the last airbender)
    Auteur : F. C. Yee
    Éditeur : Amulet 16 juillet 2019
    Pages : 464

    Kyoshi n'est personne. Une orpheline qui vit dans les rues d'une ville que personne ne connait. Observée par un moine de la nation de l'Air elle est acceptée au sein de la maison de l'un des sages les plus influents de la nation de la Terre. Elle n'y est qu'une simple servante qui serait totalement inconnue sans son amitié pour l'Avatar Yun. Ce dernier est un prodige capable de maitriser la terre comme personne ne semble en être capable. Il est éduqué aussi bien en ce qui concerne la force brute que l'équilibre ou encore la diplomatie et la politique. Après le dernier avatar l’époque de Yun semble bien partie pour être un âge d'or. Cependant, les sages se sont trompé.e.s. Yun n'est pas l'avatar. Kyoshi est l'avatar.

    SPOILERS

    Je n'ai pas beaucoup de chance avec les adaptations en romans de séries et films ou de jeux vidéo. La lecture du premier roman au sein de l'univers Dragon Age fut laborieux tandis que le roman autours des jeux Batman Arkham fut une véritable agonie. Mais les comics autours du monde d'Avatar sont une véritable joie pour moi. Lorsque j'ai su qu'un roman permettrait d'en savoir plus sur un autre Avatar, Kyoshi, j'ai décidé de tenter le coup en espérant que l'effort serait récompensé.

    Ce roman réussit à construire un peu plus sur un univers déjà bien constitué. Certes, il ajoute des éléments dans le passé des séries mais ceux-ci enrichissent ce que l'on connait déjà. L'idée que les Avatar sont suivis d'un certain nombre de personnes est concrétisé. Ces personnes deviennent responsables du fonctionnement de l'Avatar au sein du monde, le guidant et l'entrainant. Dans ce roman, ces personnes sont aussi particulièrement puissantes politiquement, en particulier au sein du royaume de la Terre dans lequel l'intrigue se développe. Ce royaume est décrit comme centralisé autours d'un roi mais dont le pouvoir ne réussit pas à réellement unifier le royaume. Des administrateurs et bandits peuvent, de temps en temps, créer des territoires pratiquement indépendants alors que la corruption est partout.

    Kyoshi est connue dans les différents médias de cet univers comme un Avatar puissant et sans concession. Ce roman permet de comprendre comment une servante devient l'Avatar et pourquoi elle agit comme on le sait après sa mort. Kyoshi veut la justice. Mais au lieu d'entrer dans le monde normal de la justice, l'état de droit, elle se veut la dernière conséquence pour les personnes qui abusent de leur pouvoir, que ces personnes soient considérées comme légitimes au sein d'un état ou des bandits. Au lieu de laisser des gens qui se pensent au-delà des jugements elle se place comme le jugement ultime que personne ne peut échapper. Même si cela n'implique pas l'absence de merci cette position implique la nécessité de la violence voire du meurtre, ce qui est très différent de Aang qui essaie d'atteindre un niveau de pacifisme ultime même face à ses ennemis les plus cruels. Le contraste est intéressant et permet de poser les questions de la nécessité de la violence mais aussi de la capacité de réguler des personnes ayant un pouvoir important, parfois sans véritable mesure.

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    **
    ***
    ****
    ***** Un bon premier tome. J'espère que la suite sera tout aussi bonne

    Image : Éditeur

  • Titans saison 2

    TW : mention de viol, abus physiques et psychologiques sur enfants, violences policières

    Dick Grayson, Rachel et Kory se sont réunis afin de comprendre comment stopper l'arrivée d'un personnage capable de détruire la Terre à lui tout seul. Illes sont aidé.e.s par d'anciens membres des Titans et le nouveau Robin: Jason Todd. Leur combat ne passe pas inaperçu pour les autorités. Il semble permettre de relancer un groupe oublié depuis des années après un événements traumatisant pour tout le monde. Dick Grayson pense qu'il est temps pour les Titans de se réunir à nouveau. Mais il cache le passé aux nouveaux membres du groupe tandis que les anciens membres ne veulent pas réellement rester. Pire encore, le retour des Titans semble annoncer le retour de leurs anciens ennemis : Le Docteur Light et surtout Deathstroke.

    SPOILERS

    La première saison n'était pas ratée mais elle n'était pas non plus une grande réussite. Surtout, elle se terminait sur un cliffhanger qui ne se résout que dans le premier épisode de la saison 2. Personnellement, j'ai trouvé cette résolution assez peu intéressante face à un ennemi considéré comme tout puissant. Heureusement, le nouvel ennemi est bien plus intéressant. En effet, il permet de poser la question du passé des Titans mais aussi de leurs relations et des choix qui ont été fait. Personne ne considère être innocent dans ce qui s'est déroulé et Dick Grayson se pense le plus coupable de tous, même si sa tendance à l’autoflagellation est un peu frustrante.

    À l'aide de Dick Grayson se pose la question de la famille. Certes, il a souffert de ce que lui a donné Bruce Wayne et les Titans ne sont pas restés ensemble. Mais leur lien permet un soutien mutuel entre différentes personnes qui ont vécus des traumatismes importants et qui essaient de se reconstruire. Illes peuvent échouer de temp en temps, le soutien des autres leur permet de tenter de revenir à la lumière. L'ajout de nouveaux membres aussi bien comme flashback que dans le présent permet de concrétiser cette idée de famille. Personnellement, j'espère que cette nouvelle version des Titans et de Dick Grayson permettra de créer une série un peu plus lumineuse.

    *
    **
    *** Une série qui s'améliore
    ****
    *****

  • The Umbrella Academy saison 1 et 2

    The Umbrella Academy commence en 1989. Plusieurs femmes accouchent soudainement sans, pourtant, avoir été enceintes auparavant. Hargreeves, un riche excentrique, décide d'adopter 7 de ces enfants. Il comprend rapidement que ces 7 enfants ont des dons extraordinaires et que ceux-ci doivent être entrainés. Seule Vanya, nommée 7, ne possède pas de dons. Les autres sont entrainés afin de faire partie d'une équipe chargée de sauver le monde et d'agir en tant que superhéros. Plusieurs années plus tard, l'Académie s'est séparée. Tous les membres ont pris une direction différente dans leurs vies. Mais les sœurs et frères se retrouvent lorsque leur père meurt.

    SPOILERS

    The Umbrella Academy est une série qui possède une ambiance particulière. La musique est particulièrement choisie. La photographie essaie aussi de créer quelque chose de précis et y réussit souvent. L'une de mes scènes préférées est le voyage dans le temps de 5 qui se déroule sur une musique qui fonctionne parfaitement bien avec les scènes. Les personnages jouent aussi pour créer cette ambiance. Hazel et Cha sont à la fois effrayant.e.s, drôles et tragiques tandis que l'acteur qui joue Klaus crève l'écran.

    D'une certaine manière l'intrigue de cette série n'est pas réellement importante. Il y a bien une question d'apocalypse et des groupes un peu étranges comme la Commission ou les Majestics 12. Mais ce qui est au centre de la série ce sont les relations entre les membres de la famille. Illes ont vaincu dans un contexte abusif et toustes ont des problèmes qui en découlent et qui découlent de leurs pouvoirs. Les personnages essaient simplement de se comprendre et de vivre tout en tentant de travailler sur leurs problèmes. Ce n'est que lorsque les personnages agissent réellement ensemble, en famille, qu'illes réussissent car illes se soutiennent. Donc, malgré un aspect un peu pessimiste, cette série me semble dire que seules les relations sociales nous permettent d'être meilleures.

    *
    **
    ***
    ****
    ***** Difficile de résumer cette série qui me semble être une très bonne réussite

  • The singing club

    Il y a quelques années, en Grande-Bretagne, des soldats durent partir en guerre en Afghanistan. Ce film parle des personnes qui sont laissées derrière : les femmes et les enfants des soldats. Celles-ci vivent au sein des bases militaires dans lesquelles elles tiennent une partie de l'économie. Leur statut peut dépendre du grade de leurs maris. Elles vivent ensemble et se soutiennent alors que, souvent, elles ne savent pas ce qui est en train d'arriver durant la guerre. Pour passer le temps et éviter de penser au danger elles décident de créer un club de chant mais ce qui est d'abord un simple hobby devient quelque chose de plus professionnel.

    SPOILERS

    Il y a peu de choses à dire sur ce film car il est entièrement sans surprises. On sait ce qui va arriver, comment et pourquoi. Cela n'implique pas que le film soit un échec. Au contraire, la réalisation sait ce qu'elle veut faire et le fait bien même si rien de transcendant ni de surprenant nous arrive. Le but est de créer un film drôle mais aussi tragique. Des personnages réels mais aussi imaginaires dont les propos peuvent parfois être proche de l'absurde. Le film réussit à créer des sentiments et un attachement envers les différents personnages sans avoir besoin de beaucoup d'efforts.

    Bien entendu, le fait que le film parle des femmes de militaires lors d'une guerre implique nécessairement de parler du rapport à la mort. Deux personnages ont connu une perte alors que les autres essaient de réguler leurs craintes en usant de plusieurs techniques que ce soit de ranger toutes les possessions du militaire afin de ne pas avoir à le faire si besoin ou de préparer des paquets pleins d'objets humoristiques. Le lien de ces femmes avec la mort de leurs proches résonne facilement avec nos propres expériences, même si nous ne sommes pas liés à des militaires.

    *
    **
    *** Sans surprises mais sympathique
    ****
    *****

  • Missbehaviour / Miss Revolution

    L'année 1970, une année qui continue les événements de 68. Bien que mai 68 n'ait pas débouché sur une révolution de nombreuses organisations existent encore. Mais d'autres se créent aussi. En particulier, des groupes de femmes commencent à se réunir autour de ce qui sera bientôt connu sous le nom de Womens Liberation Front. Alors que les femmes commencent à organiser leurs différentes associations une cible commune commence à se montrer : l'organisation de Miss Monde 1970. Mais s'attaquer à cette organisation ne sera pas facile. La sécurité est forte et il ne faut pas donner l'impression que l'on s'attaque aux femmes.

    SPOILERS

    Le film montre très bien la constitution de groupes féministes de plus en plus nombreux. Il ne montre pas que certains groupes étaient déjà présent et qu'une nouvelle génération a agi avec et contre cette vieille génération. Il ne montre pas trop non plus quelles sont les positions de ce que l'on connait sous le nom de MLF en francophonie. D'une certaine manière, le film s'attend à ce que l'on connaisse déjà leurs positions et critiques. Le film montre aussi les débats, les mésententes et les techniques de différents groupes. Tout le monde n'agit pas de la même manière, ne vit pas de la même manière ni n'a les mêmes buts. De ce point de vue, le film est réussi.

    Je note aussi que la réalisation met en contradiction une femme blanche, anglaise, Sally et l'une des concurrentes au titre de Miss Monde, Jennifer Hosten, une femme racisée. Je ne sais pas si toutes les confrontations entre ces deux personnes ont eu lieu. Mais cela permet au film de montrer que les positions du MLF ne prennent pas forcément en compte le racisme comme oppression systémique, l'histoire du féminisme montre que c'est une question soulevée par les femmes racisées lors des années 70. Il y a clairement un problème entre une femme blanche qui a accès à plus de choix qu'une femme racisée qui utilise Miss Monde pour réussir à atteindre des buts supérieurs. Les deux ne sont pas forcément ennemies, mais elles ne sont pas nécessairement alliées.

    *
    **
    ***
    **** Un film intéressant sur une période passionnante mais dont le propos n'est pas assez développé à mon goût
    *****

  • The Good Place saison 4

    SPOILERS SPOILER SPOILERS SPOILERS SPOILERS SPOILERS SPOILERS

    Nous avions quitté le gang des cafards sur un constat : le système de l'au-delà ne fonctionne pas. Mais que faire à la place ? Après de nombreux débats, la Juge accepte de créer une expérience qui puisse vérifier si les cafards ont raison. Les 5 ami.e.s sont donc chargées de gérer la mort de 4 nouvelles personnes. Face à des problèmes moraux, ces personnes doivent apprendre à mieux gérer leur vie et à s'améliorer petit à petit. Mais le changement est-il réellement une bonne chose ? Et comment modifier le système s'il est réellement biaisé ?

    Beaucoup de séries ne savent pas comment se terminer. Après plusieurs saisons il est difficile de créer une véritable bonne fin qui puisse ne pas décevoir tout en faisant partie de la série et en la concluant véritablement. Parfois, les fins échouent parce que la série est annulée sans avoir le temps de conclure son histoire. Souvent, une série continue jusqu'à la saturation et une fin médiocre. Ce n'est pas le cas de The Good Place. La fin de la série est magistrale. Tout se conclut bien, dans de belles images et des dialogues émouvants. Je crois qu'il est difficile de faire mieux pour une série qui a su se terminer quand il le fallait.

    La quatrième saison nous permet enfin d'apprendre comment fonctionne le paradis. Et, malheureusement, on s'y ennuie. Suivant les idées philosophiques au centre de The Good Place, ce qui rend la vie intéressante et remplie n'est pas le bonheur mais de savoir que la vie s'arrête à un moment donné. La série suit une idée que j'apprécie beaucoup. La période de la mort est vue comme un moyen de s'accomplir en tant que personne. Lorsque ceci est fait, on peut rejoindre l'univers et s'y dissoudre, continuant le cycle mais d'une autre manière. C'est une idée qui me parle, triste mais étrangement apaisante.

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  • The Expanse saison 4

    Dans plusieurs centaines d'années l'humanité a réussi à coloniser le système solaire. Les vieilles divisions nationales ne sont que des souvenirs alors que trois puissances ont pris leur place : La Terre unie autours de ce qui fut l'ONU, Mars une société militariste et les Belters des personnes envoyées dans la Ceinture d'astéroïde afin de travailler pour les deux grandes puissances. Récemment, l'équilibre s'est modifié. La Terre et Mars ont combattu alors que des groupes secrets ont été trainés en plein jours, menant pratiquement à une guerre civile sur Terre. Dans un second temps, les trois puissances ont dû collaborer afin de résoudre l'énigme de l'Anneau. Celui-ci a ouvert 1300 systèmes habitables pour les humain.e.s. Mais faut-il réellement se rendre sur ces planètes ou faut-il mieux comprendre ce qui arrivé à la civilisation qui a construit ce réseau ?

    SPOILERS

    Cette saison 4 n'est pas coupée comme le fut la saison 3. Elle se déroule quelques temps après cette dernière alors que l'Anneau a ouvert les passages, offrant aux Belters le contrôle du passage et des communications tant que celleux-ci sont capables d'éviter une attaque contre la Terre ou Mars. La Terre subit les contre-coups de cette ouverture. De nombreuses personnes, au chômage à cause du nombre trop important d'humain.e.s, souhaitent partir et coloniser les planètes mais le pouvoir politique s'y oppose par prudence. Tandis que Mars perd sa raison d'être. En effet, pourquoi terraformer Mars si 1300 planètes habitables sont à proximité ? Ceci conduit à une perte d'identité et nous observons la société martienne se déliter.

    Dans le même temps, on nous montre un petit groupe de Belters et de Terrien.ne.s qui tentent de survivre sur une des 1300 planètes. Celle-ci, nommée Nouvelle Terre ou Ilus, contient de nombreux artefacts de la civilisation qui a construit les anneaux. L'arrivée de Holden marque leur retour à la vie. Mais l'ancienneté des technologies créent de nombreuses catastrophes alors que Belters et Terrien.ne.s n'arrivent pas à cohabiter. Ainsi, la série nous démontre que l'ouverture de nouvelles frontières ne permet pas d'effacer, par magie, une longue haine entre deux groupes de l'humanité.

    De plus, on en apprend un peu plus sur l'espèce qui a créé les anneaux. Les informations sont encore très peu nombreuses et l'on n'en sait que peu. Mais on apprend que cette civilisation, disparue, semble avoir subi une guerre avec une autre civilisation tout aussi peu connue. Il est fort probable que la prochaine saison donnera un peu plus d'informations à ce sujet. Ainsi, la série garde son identité tout en créant de nouvelles intrigues à explorer.

    *
    **
    ***
    ****
    ***** La série change et passe chez Amazon mais elle garde son identité. Je me réjouis de regarder la prochaine saison.

  • Ne nous libérez pas, on s'en charge. Une histoire des féminismes de 1789 à nos jours par Bibia Pavard, Florence Rochefort et Michelle Zancarini-Fournel

    Titre : Ne nous libérez pas, on s'en charge. Une histoire des féminismes de 1789 à nos jours
    Autrices : Bibia Pavard, Florence Rochefort et Michelle Zancarini-Fournel
    Éditeur : La Découverte 2020
    Pages : 510

    Il existe plusieurs synthèses d'histoire des féminismes. Deux des autrices du présent ouvrage en ont écrit, ce sont deux livres que je possède et que je recommande chaudement. Ces trois chercheuses ont décidé de relier leurs connaissances afin d'écrire une synthèse historique des féminismes en France. L'attente, de ma part, fut intense. Lorsque j'ai acheté ce magnifique ouvrage de près de 500 pages seule une force de volonté importante m'empêcha de me plonger dedans sans pauses ni sommeil. Il faut dire que, outre un texte extrêmement bien écrit, les autrices ont ajouté une bibliographie intéressante mais aussi une iconographie qui est directement reliée au propos. Le livre est construit de manière chronologique en 4 parties.

    La première partie se concentre sur la période 1789-1871 avec 4 chapitres. Les autrices justifient leur choix tout en notant que les féminismes, en tant que mouvement politique, ne sont pas encore nés en 1789. Personnellement, j'aurais apprécié un chapitre entier sur les penseurs et penseuses des droits des femmes de l'époque médiévale. Les autrices se concentrent sur les moments révolutionnaires pour expliciter les tentatives de libéralisation des droits des femmes. Elles notent surtout que ces tentatives sont toujours et presque immédiatement contré par les pouvoirs politiques et les hommes.

    La seconde partie s'intéresse à la période 1871-1944. C'est une période qui est entourée par deux régimes autoritaires avec la création de la Troisième République au centre. C'est aussi la fin du XIXème et donc l'arrivée des thèses marxistes et des luttes syndicales. Bien que des socialistes utopistes aient existé, ils sont moins importants après 1871. L'époque voit deux questions principales. Premièrement, se pose la question de la capacité des femmes à travailler. Faut-il une protection spéciale des femmes ou doit-on leur donner les même droits et devoirs que les hommes ? Une seconde question concerne le droit de vote qui ne sera accepté, en France, qu'en 1944. La période permet aussi d'observer les premiers mouvements antiféministes, on peut mentionner le misogyne Proudhon dont les propos sont difficilement soutenables.

    La troisième partie concerne 1945-1981. Après une perte de vitesse des mouvements féministes, ceux-ci reprennent de l'importance à la suite du livre de Simone de Beauvoir mais aussi après les événements de 68. Les mouvements se rajeunissent fortement tout en théorisant de nombreuses idées. En France, la période permet de poser la question du droit au contrôle de son corps. Dans un pays qui pénalise l'avortement, la contraception et la simple information concernant ces deux thèmes, le militantisme commence par se baser sur des questions purement médicales concernant la contraception. Ce n'est que plus tard que des mouvements féministes décident de s'attaquer à la criminalisation de l'avortement en pratiquant publiquement et en défendant les femmes qui risquent la prison. Marquant l'impossibilité de faire respecter une loi de moins en moins défendable.

    La dernière partie est la plus proche de nous puisqu'elle débute dans les années 80 pour se terminer en mars 2020. Les premiers chapitres démontrent l'intégration des mouvements féministes et des féministes au sein de l'état via des organes officiels mais aussi à l'aide de subventions. Des solutions militantes deviennent des actions professionnelles soutenues par l'appareil d'état et les membres du gouvernement. La période marque aussi les débuts des études sur les femmes, féministes puis de genre à l'université. Mais les autrices marquent aussi le renouveau d'un militantisme qui utilise fortement les outils de communications que sont les réseaux sociaux et internet. Grâce à ces outils, de nouvelles militantes entrent dans les mouvements et revendiquent des idées inclusives, en contradiction avec un féminisme universel. L'inclusion de nombreux combats, contre le racisme, contre l'homophobie, contre la transphobie, est contrée à la fois par des antiféministes et des féministes universalistes. La fin de cette période est marquée par le moment metoo qui aboutit à des condamnations en France même et aux réactions outrées des féministes face aux Césars de 2020, récompensant un homme condamné pour viol ayant fui la justice.

    Ce livre parle des féminismes français. Mais au lieu d'en rester à une histoire classique les autrices mettent en avant les multiples féminismes. En particulier, elles décrivent les féminismes pensés par les personnes racisées de nationalité française et leurs critiques des féminismes des femmes blanches. Les autrices réussissent aussi à montrer la richesse de ces mouvements et leurs combats internes entre différentes tendances. Même en ne s'intéressant qu'à la France, ce livre est riche et permet de bien mieux comprendre un mouvement qui est en train de se renouveler avec l'aide des réseaux sociaux.

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  • L'Europe au XIXème siècle. Des nations au nationalismes (1815-1914) par Jean-Claude Caron et Michel Vernus

    Titre : L'Europe au XIXème siècle. Des nations au nationalismes (1815-1914)
    Auteurs : Jean-Claude Caron et Michel Vernus
    Éditeur : Armand Colin 15 mai 2019
    Pages : 509

    Pour des raisons personnelles, je n'ai jamais vraiment apprécié le XIXème siècle. Je le trouve peu intéressant face à la première partie du XXème qui voit des changements socio-économiques importants. Mais je suis un peu obligé de m'intéresser au XIXème et, après les livres de Hobsbawm, je me suis plongé dans ce manuel. Les auteurs ont écrit 12 chapitres en plus d'une introduction et d'une conclusion. Dès le début, et régulièrement, ils marquent l'importance du XIXème pour comprendre le monde actuel. C'est pourquoi les auteurs utilisent le nationalisme en tant que question globale de ce manuel.

    D'une certaine manière, on pourrait diviser ce livre en deux parties. L'une s'intéresse à la période 1870-1914 et la première à la période 1815-1870. Cette première partie parle, bien entendu, du Congrès de Vienne et de la réalisation d'un ordre européen basé sur l'Ancien Régime et l'équilibre des monarchies face à une France considérée dangereuse. Cependant, ces équilibres sont mis à mal par des tentatives de constructions d'états-nations aussi bien en Allemagne qu'en Italie mais aussi dans les Balkans, malgré les efforts de l'Autriche-Hongrie. Les auteurs mettent aussi en avant l'importance de l'année 1848 même si les révolutions échouèrent.

    Une seconde partie pourrait permettre de comprendre de quelle manière la création idéologique des nationalismes permit de former les nations et de les mettre en concurrence. Chacun des pays d'Europe, qui ne sont pas tous des nations, souhaitent être puissant dans un contexte précis ou un autre, ce qui permet de relancer les colonisations en particulier sur le continent africain. Les auteurs essaient aussi d'y expliquer les raisons de l’introduction des nationalismes. Ceci permet, en effet, de consolider l'union des états et des peuples en créant un autre différent et externe.

    Bien que la lecture soit dense, ce manuel répond à une question précise tout en offrant des informations basiques sur différents pays européens. Toute l'Europe n'est pas décrite mais cela ne nuit pas au propos. Il est tout de même dommage que la question des colonisations et du système raciste qui en découle n'est examiné que dans un unique chapitre. Ce point aurait mérité plus de développement. On apprécie aussi l'ajout de nombreuses cartes qui permettent de mieux comprendre les explications des auteurs.

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  • Superman: Red Son

    Superman Red Son est l'un de mes comics préférés. Il réussit à expliquer qui est Superman tout en créant un magnifique hommage à l'histoire des comics aussi bien par les personnages que par la façon de dessiner les cases. Que DC ait décidé d'en faire une adaptation animée n'est pas étonnant. Mais celle-ci est-elle réussie ? Superman Red Son part sur un prémisse simple. Au lieu du Kansas, la fusée de Superman est tombée en Ukraine. Superman ne connait pas ses pouvoirs jusqu'à ses douze ans. Il reste chez lui avant de déclarer ses capacités à l'état soviétique et de devenir le nouvel homme fort du pays, un moyen de gagner la guerre froide face à un monde capitaliste médusé.

    SPOILERS

    L'adaptation doit, bien entendu, modifier certaines choses parfois en bien parfois non. Ainsi, la relation avec Diana est bien plus intéressante. On passe outre l'inutile romance secrète pour créer une relation d'amitié d'égale à égal, tout en notant qu'une île remplie de femmes n'est probablement pas très hétérosexuelle... J'ai aussi apprécié la relation plus sympathique entre Lois et Lex alors que le comics montrait ce dernier comme un être sans cœur. Il est, d'ailleurs, bien plus sympathique dans ce film. Le faux Superman est aussi remis à jour pour englober la politique actuelle aux États-Unis, ce qui ne le rend pas sympathique du tout.

    J'ai beaucoup moins apprécié les changements subis par Superman. Non seulement il a un accent horrible mais sa caractérisation est très différente. Dans le comics, il refuse d'envahir les pays mais les accepte, sur demande, au sein du monde soviétique. Ce qui ne l'empêche pas de faire des choses discutables envers les opposant-e-s. Dans l'adaptation, il est bien plus guerrier voir meurtrier au nom du bien commun. En fait, le film semble vouloir tout faire pour éviter de créer une sympathie envers l'utopie communiste tout en critiquant un peu l'utopie capitaliste, mais pas trop. L'histoire originale y perd en subtilité.

    *
    **
    *** Trop simplifié
    ****
    *****

    Image : Site officiel

  • The Personal History Of David Copperfield

    The Personal History Of David Copperfield est une adaptation du roman du même nom de Charles Dickens (que je n'ai jamais lu). Davis Copperfield est un jeune enfant qui vit entre deux femmes dans une petite maison de campagne. Il est très proche de Peggotty, la servante de sa mère. Mais l'arrivée d'un nouvel homme du nom de Murdstone, et de sa sœur, brise l'équilibre du ménage. Face à son incapacité à apprendre et à accepter son arrivée Murdstone l'envoie à Londres. Dans cette ville, il travaille pour la fabrique de Murdstone tout en vivant dans l'appartement de la famille Micawber, ruinée. Mais ceci n'est que le début de ses aventures.

    SPOILERS

    Je n'ai jamais lu de Dickens, même si je connais certain classique ne serait-ce que par leurs multiples adaptations. Je ne peux donc pas parler pour le livre ni y comparer l'adaptation. Celle-ci me donne l'impression de mettre en place une forme de cycle. Les personnages, en particulier David, passent de la richesse à la pauvreté puis de nouveau à la richesse. Malgré les problèmes, leur réussite semble normale. D'une certaine manière, ce film donne aussi l'impression qu'il existe un ordre spécifique au monde. Les personnages, qui semblent membres d'une bourgeoisie moyenne voire élevée, ne mettent pas en question leur place dans le monde. Le film explique leur échec non par leur incapacité à travailler ou à être rationnel mais par l'action d'un membre des classes inférieures, pourtant bien plus travailleur et intelligent que les personnes qu'il arnaque. Ainsi, la fin du film donne l'impression d'un retour à un ordre naturel lorsque les biens sont retrouvés alors que Uriah Heep disparait. Cela provient-il du roman original ?

    En dehors de cela, il faut avouer que le casting est magnifique. Les acteurs et actrices sont particulièrement talentueuses dans ce film. Les différents personnages sont à la fois facilement identifiables et bien introduit malgré, parfois, la brièveté de leurs apparitions. Tous les personnages ont des côtés particulièrement flamboyants. Je me dois de nomme Peter Capaldi dont j'avais adoré le Docteur et qui joue ici un homme qui essaie de garder les moyens de vivre. Mais il faut aussi mentionner Tilda Swinton et Hugh Laurie dont les performances sont superbes. Bref, ce film est une explosion de personnages haut en couleur qui voyagent au travers d'une vie à la fois ordinaire et extraordinaire.

    *
    **
    ***
    **** Je ne savais pas trop ce que j'allais voir et j'ai passé un très bon moment
    *****

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  • L'ère des empires 1875-1914 par Eric J. Hobsbawm

    Titre : L'ère des empires 1875-1914
    Auteur : Eric J. Hobsbawm
    Éditeur : Fayard 2010
    Pages : 495

    J'ai enfin terminé le dernier volume de la trilogie de Hobsbawm autours du XIXème siècle. Pour rappel, ce dernier voulait comprendre de quelle manière le XIXème est devenu le siècle de deux révolutions : une révolution économique et sociale et une révolution politique. La première voyait le triomphe du capitalisme et de la bourgeoisie tandis que la seconde permet de justifier et de pousser à une participation de plus en plus importante de la population au sein des états, dont certains deviennent des démocraties. Ce troisième, et dernier, livre contient 13 chapitres sans compter les introductions et conclusions.

    Ce dernier livre pose une question difficile : comment est-on passé d'un monde libéral qui se pense en progrès constant à un monde en guerre en 1914. Pour cela, Hobsbawm tente de nous expliquer le monde de 1875. Bien que le capitalisme soit triomphant, les révolutions n'ont pas eu lieu, des tensions se préparent. Hobsbawm commence pour nous expliquer le fonctionnement de l'économie et définit ce qu'il entend par l'ère des empires. Les pays européens se sont, en effet, taillé des empires dans le monde entier, seules quelques états asiatiques et l'Amérique du Sud sont épargnés.

    Hobsbawm met en avant aussi des changements de nature sociales. D'une part, le prolétariat prend en importance avec la hausse de l'urbanisation et de l'industrialisation. Ce prolétariat inquiète car il pourrait soutenir des idéologies révolutionnaires. La bourgeoisie, en particulier la petite bourgeoisie, est inquiète face aux risques de déclassements. Les symboles prennent de l'importance pour marquer sa place. De plus, Hobsbawm se concentre sur la force de plus en plus importante de la question des nations qui pose problèmes à certains grands empires. Il explicite aussi l'entrée en scène des suffragettes et la tentative de libérer les femmes pour en faire des citoyennes. Mais celles-ci sont poussées à suivre le modèle de la femme au foyer qui peut être moins bien payée, avant le mariage, puis être soutenue par son mari. Au vu du salaire des femmes, qui n'est pensé comme secondaire face au salaire du mari, elles risquent de devenir des concurrentes des hommes ce qui pose la question de leur accès au travail pour les syndicats.

    Hobsbawm s'intéresse aussi aux arts et aux sciences. Les arts se constituent en réaction face au passé pour tenter de créer de nouvelles formes. En particulier, une partie du monde de l'art tente d'atteindre une pureté sans fioritures. En ce qui concerne les sciences, Hobsbawm met en avant une rupture des sciences de la physique tandis que la génétique est utilisée pour justifier l'eugénisme en Europe. Le livre se terminer sur la marche de la société européenne vers une guerre mondiale. Hobsbawm l'explique par des tensions entre états mais aussi par les besoins d'extensions à cause du système capitaliste, la prise de contrôle des ressources est source de tensions.

    Hobsbawm écrit un épilogue qui essaie de faire le bilan de son œuvre et de l'importance du XIXème pour comprendre le XXème siècle. Le livre est traduit en 1987 et Hobsbawm, bien que prenant en compte des risques de guerres mondiales, pense que le XXIème siècle serait probablement meilleur que le XXème. Il ajoute aussi une bibliographie commentée ainsi que des tableaux et des cartes. Malheureusement, cette édition ne fournit pas table de matières...

    Image : Éditeur

  • Star Wars Resistance 1-2

    Kazuda Xiono est un jeune pilote de la flotte de la Nouvelle République. Il est l'héritier d'un sénateur et de l'une des familles les plus riches du système d'Hosnian Prime. Mais, contrairement à son père, il se rend compte du danger du Premier Ordre. Il décide de quitter l'armée de la Nouvelle République et d'entrer au sein de la Résistance, considérée comme un groupement fanatique. Sa mission est simple. Il doit s'infiltrer sur une station de ravitaillement sur la planète Castilon. Il y découvre un monde partagé entre les attaques de pirates et les courses. Mais aussi une station qui se rapproche, petit à petit, du Premier Ordre.

    SPOILERS

    L'idée de cette série était intéressante. Elle nous permettait de suivre un jeune résistant alors qu'il observe le Premier Ordre prendre de l'importance sur une planète précise. Mieux encore, la série se déroule, lors de ses deux saisons, en parallèle de la troisième trilogie. Il y a donc un certain nombre de possibilités de nous montrer les événements à l'aide d'autres points de vue, en particulier des personnes qui essaient seulement de rester en sécurité au sein d'une galaxie de plus en plus dangereuse. De plus, la série promettait des courses et des combats.

    Malheureusement, la série n'est pas très réussie. J'ai beaucoup de mal à m'intéresser aux personnages. Je peux comprendre que le public visé soit jeune, mais tout est trop facile à deviner. Les personnages sont souvent peu intéressants ou simplement grotesques. Jamais je n'ai réussi à avoir une impression de danger face aux ennemis de la série, qui sont trop incapables pour cela. La saison deux est encore pire. En effet, alors que la première saison nous offre un fil rouge précis la seconde saison se contente de faire des épisodes avec un problème spécifique qu'il faut résoudre à chaque fois et, de temps en temps, le Premier Ordre qui arrive et auquel il faut échapper. Donc rien de bien intéressant...

    *
    ** Bof
    ***
    ****
    *****

    Image : IMDB

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  • Beren et Lúthien par J.R.R. Tolkien et Christopher Tolkien

    Titre : Beren et Lúthien
    Auteurs : J.R.R. Tolkien et Christopher Tolkien
    Éditeur : Christian Bourgeois 2017
    Pages : 217

    Ceci est le second grand conte à avoir été édité intégralement par Christopher Tolkien. Il n'y a aucuns textes inédits dans ce livre mais il permet de lire d'une manière cohérente le conte de Beren et Lúthien. Le conte nous narre les aventures de deux personnes dont l'amour est refusé par l'un des elfes les plus âgés du monde. Seul le vol d'un Silmaril doit permettre à leur amour d'exister. Mais une telle quête est certaine d'échouer car les Silmarils se trouvent sur la couronne de Morgoth, le dieu du mal, depuis leur vol au pays des divinités. Pourtant, Beren se lance dans l'aventure sachant sa mort presque certaine.

    SPOILERS

    Les contes de Turin Turambar et de Gondolin peuvent facilement être édité en un texte plus ou moins cohérent car le style n'est pas fortement différent. Bien entendu, Tolkien a largement modifié ses textes et sa manière d'écrire. Mais, en ce qui concerne Beren et Lúthien Tolkien a décidé d'écrire une grande partie du conte sous forme de vers, nommé le Lai de Leithian. La juxtaposition de textes en proses avec une forme qui se base sur un style médiéval est étrange. Cela demande un effort supplémentaire lors de la lecture.

    De plus, tous les récits qui sont publiés dans ce livre ne sont pas terminés. En partie, cela est dû à Tolkien lui-même qui n'a pas terminé tous ses écrits. Mais on peut se demander pour quelle raison Christopher Tolkien a décidé d'inclure de nombreux extraits sortis de leur contexte. Si l'on connait le Quenta Silmarillion se retrouver dans les textes ne pose pas forcément problème. Mais je doute que quelqu'un qui ne connait pas l'œuvre du Quenta Silmarillion puisse facilement comprendre ce que fait Christopher Tolkien, malgré ses tentatives d'expliciter ses choix et de contextualiser un minimum les extraits. L'édition de ce dernier grand conte et donc celle qui me rend le plus sceptique.

    *
    **
    *** Un beau conte mais est-ce réellement une bonne idée de l'éditer ainsi ?
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    Image : Éditeur

  • The Mandalorian

    Disney a été accusé de beaucoup de choses depuis que l'univers star wars a été racheté. Une partie des accusations sont adéquates. Mais Disney a tout de même mis tout le monde d'accord avec sa première série en streaming : The Mandalorian. Celle-ci se déroule un temps indéterminé après la chute de l'Empire à Jaaku. La série débute sur une planète qui semble peu civilisée. On y trouve des chasseurs de primes qui vivent au sein d'une guilde. L'un de ces chasseurs est le Mandalorien. Il semble vivre seul. Il se contente de chasser des criminels et des personnes plus sympathiques sans jamais prendre de pauses. Il est l'un des chasseurs les plus chers mais aussi parmi les meilleurs. Tout change lorsqu'une mission le conduit à travailleur pour ce qui reste de l'Empire.

    SPOILERS

    Cette série est calme et sans démesure. On n'a pas l'impression d'un déluge d'effets spéciaux ni d'une envie d'en mettre plein la vue avec des combats aux chorégraphies improbables. Les combats sont courts et sales. Le but est de gagner et pas de faire joli. Cette ambiance est portée par une musique parfois presque inaudible mais qui accompagne fortement ce qui se déroule à l'écran. Personnellement, j'ai beaucoup aimé le thème du Mandalorian qui me semble être particulièrement réussi. Même l'intrigue n'est pas fortement mise en avant. On suit les tentatives de survivre du Mandalorian et son souhait de protéger quelqu'un.

    Cependant, il ne faut pas penser que ceci nuit aux moments de tentions. Au contraire, il me semble que la série redonne sa gloire à certaines technologies de Star Wars qui semblaient trop faciles à stopper alors qu'elles sont décrites comme des cauchemars ambulants. Trois séquences me resteront en mémoire. Le passé par l'attaque des droïdes contre une planète. Alors que les films et les séries semblent les montrer comme faciles à détruire cette séquence montre l'horreur qu'une population civile peut ressentir. L'attaque du AT-ST est tout aussi réussie et permet de montrer à quel point cette chose est dangereuse ! Enfin, le combat entre le Mandalorian et le Tie Fighter est extrêmement réussi. La saison se termine sur une nouvelle quête mais aussi un cliffhanger que j’espère voir résolu.

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    ***** Selon moi, une très bonne série. On espère que les autres saisons seront tout aussi bonnes et garderont le même rythme avec un nombre restreint d'épisodes

    Image : IMDB

    Site officiel

  • La Révolution Française. 1787-1804 par Michel Biard et Pascal Dupuy

    Titre : La Révolution Française. 1787-1804
    Auteurs : Michel Biard et Pascal Dupuy
    Éditeur : Armand Colin 16 juillet 2020
    Pages : 382

    On écrit beaucoup sur la Révolution Française. Les ouvrages peuvent être très spécialisés ou écrit par des personnes qui souhaitent défendre un point de vue politique. Elle est à la fois la source de certaines de nos idées démocratiques et accusée d'être à l'origine de tout le mal actuel. J'avais lu le manuel de Michel Vovelle mais cet autre manuel est plus récent. Il prend en compte les progrès de l'historiographie depuis la fête du bicentenaire de la Révolution, permettant d'avoir une vue ressourcée sur cette période dense de l'histoire occidentale. Le livre est divisé en 14 chapitres dont la moitié est chronologique et l'autre moitié thématique.

    La "première partie" se déroule sur 6 chapitres. Les auteurs commencent par expliquer l'état de l'opinion avant la Révolution. Ils mettent en cause plusieurs explications de l'arrivée de la Révolution, par exemple les explications purement économiques ou culturelles, mais expliquent qu'il existe un effet révolutionnaire en Europe à la suite de la création des États-Unis. Les autres chapitres se concentrent sur les événements. Loin d'en faire un simple récit les auteurs souhaitent nous montrer les problèmes, les tensions internes et les solutions trouvées sur le moment par une population qui vit le moment révolutionnaire.

    La seconde partie est thématique. Les auteurs examinent des sujets classiques. Ainsi, on retrouver l'examen de la religion sous la période révolutionnaire. Mais aussi l'examen de la culture révolutionnaire (et de ses possibilités de survivre plus ou moins longtemps). J'ai particulièrement apprécié les chapitres concernant la contre-révolution et l'antirévolution, deux thèmes que je connais mal, mais aussi le lien avec le milieu international. Bien que les auteurs restent proches de la surface, ils expliquent clairement comment les autres pays ont suivi et importé la révolution puis réagi face à la conquête française. Je déplore tout de même que ce manuel ne parle pas de l'histoire des femmes, pourtant présentent lors de la Révolution. Pour leur histoire, on se reportera au manuel "les femmes dans la France moderne." Le livre nous offre aussi quelques schémas, un calendrier républicain lié au nôtre et surtout une longue chronologie.

    Image : Éditeur

  • Avatar: The last airbender. Imbalance par Faith Erin Hicks, Bryan Konietzko, Michael Dante DiMartino, Peter Wartman, Ryan Hill, Adele Matera et Peter Wartman

    Titre : Avatar: The last airbender. Imbalance
    Auteur-e-s : Faith Erin Hicks, Bryan Konietzko, Michael Dante DiMartino, Peter Wartman, Ryan Hill, Adele Matera et Peter Wartman
    Éditeur : Dark Horse 17 juin 2020
    Pages : 240

    Ce volume contient Imbalance 1-3. Après un long voyage l'équipe Avatar retourne à l'usine du père de Toph. Mais l'usine n'est plus unique. De nombreuses échoppes et fabriques se sont construites avec une ville qui devient de plus en plus importante. Le nombre élevé de personnes qui essaient d'y vivre crée des problèmes sociaux. Le chômage et la criminalité augmentent alors que l'industrie commence à inventer des machines qui permettent de se passer des maitrises. Ceci crée des tensions entre les personnes capables de maitrises et les autres.

    SPOILERS

    Le volume porte bien son nom : Imbalance. Il y a une perte d'équilibre entre la Terre et la pollution. La ville, en s'étendant, ne permet pas de faire attention aux destructions qui subit la terre. La pollution est très importante mais les solutions sont peu nombreuses. Un autre déséquilibre concerne les relations entre les personnes capables de maitrises et les autres. Alors que ces dernières ont de moins en moins besoin des maitrises pour vivre les différents maitres et maitresses craignent de perdre leur place au sein de la société. L'équipe Avatar se trouve impliquée dans un changement sociologique qu'il est difficile de maitriser et qui commence à supporter des idéologies que nous observons dans la série Korra.

    En effet, ce volume est encore plus lié à la série de Korra que les autres. Non seulement la ville commence à ressembler à celle de Korra. Mais on observe l'arrivée d'Aang sur son île. La création d'une forme de police. Et surtout le besoin de créer un lien entre les maitrises et le reste de la population. Une grande partie des problèmes que connait Korra sont liés aux décisions prises dans ce volume, des décisions qui sont voulues bénéfiques.

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    **** Bien que l'équipe artistique soit nouvelle elle réussit à s'approprier les personnages et les thèmes.
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    Image : Éditeur

  • Star Wars: The clone wars saison 7

    Star Wars: The clone wars a duré 6 saisons. La dernière donnait de nombreux beaux moments mais ne terminait pas réellement l'histoire alors que Disney avait racheté la franchise. Quand soudain, une dernière saison fut annoncée qui termine réellement la série. The Clone Wars se déroule entre le film II et le film III. La série met en scène la guerre entre les Clones, les Jedis et les Séparatistes alors qu'un complot Sith prend forme. La saison 7 se déroule après la saison 6 et reprend donc un certain nombre de conséquences vue auparavant. Elle se déroule en partie durant les événements du film III, que l'on connait.

    SPOILERS

    La saison 7 est divisée en trois arcs scénaristiques pour 12 épisodes. Le premier arc concerne les clones. Une minorité avait appris que l'armée était équipée d'une puce de contrôle. Cet arc permet de garder leur humanité en cassant leur uniformité, ce que la série avait fait auparavant, mais aussi en sauvant l'un des premiers clones que l'on découvre dans la série. Il est, selon moi, important de les humaniser. Ce sont des soldats mais aussi des personnes qui sont manipulées. Pire encore, les clones sont obligés de combattre sans avoir les mêmes droits que les citoyen.ne.s de la République. Au moins, la série leur offre une forme d'individualité.

    Un second arc se concentre sur Ahsoka Tano. Celle-ci avait quitté l'ordre Jedi après avoir été trahie par le Conseil des Jedis. Nous n'en savions pas plus avant de la retrouver dans Rebels on dans les romans. Durant cet arc, elle rencontre deux sœurs qui sont impliquées dans des activités dangereuses sans se rendre compte des problèmes qu'elles risquent. Ici, Ahsoka renoue avec la véritable mission des Jedis. Au lieu de faire la guerre elle protège et aide des personnes qui en ont besoin, sans chercher de récompenses mais parce qu'elle le peut. La critique de la politique des Jedis a eu lieu à quelques reprises dans la série mais ces épisodes permettent surtout de mettre en contraste leur aspect de guerriers face à leur véritable rôle au sein de la République.

    Enfin, le dernier arc se déroule durant le film III. Il marque le retour de Maul face à Ahsoka. Sans en dire trop, les 4 épisodes qui terminent la série permettent de mettre en avant le danger que vit la République, l'aveuglement des Jedis et la confusion de certains clones face à ce qui leur arrive. Les événements des épisodes font références à certains événements du films III, parfois en reprenant des dialogues précis. Cette fin est très spectaculaire avec deux dernières scènes particulièrement émouvantes.

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    ***** Une dernière saison à la hauteur de mes espérances

    Image : IMDB

    Site officiel

  • La chute de Gondolin par J.R.R. Tolkien et Christopher Tolkien

    Titre : La chute de Gondolin
    Auteurs : J.R.R. Tolkien et Christopher Tolkien
    Éditeur : Christian Bourgeois 2019
    Pages : 227

    Il y a longtemps que je n'avais pas relu entièrement les livres de Tolkien que je possède. La nouvelle traduction du Seigneur des Anneaux m'a poussé à me replonger dans un univers qui m'a fortement marqué lorsque je l'ai découvert dans mon adolescence. Ce livre ne contient rien d'inédit. Christopher Tolkien édite ici en seul tenant le troisième grand conte de son père pour le Premier Âge : la chute de Gondolin. Ce conte nous dépeint les aventures de Tuor fils de Huor après la bataille des Larmes Innombrables qui vit la victoire de Morgoth sur les elfes et les humains. Tuor y chercher le dernier royaume libre des elfes, un royaume caché depuis des siècles.

    SPOILERS

    Encore une fois, ce livre ne publie rien qui n'ait déjà été publié dans les History of Middle-Earth (HOME, dont la moitié des tomes n'ont pas été traduits en français). Christopher Tolkien édite ici toutes les versions du conte ce qui permet tout de même de pouvoir les comparer et surtout de lire deux versions avec deux moments que j'apprécie fortement. Dans la première version, ancienne, Tolkien prend le temps de décrire dans le détail les événements de la chute. Il nous offre une vision presque en direct de la bataille, des armures des différentes maisons nobles de Gondolin et de la fuite de elfes suivie de la mort de leur roi. La dernière version s'arrête bien avant, lorsque Tuor observe Gondolin pour la première fois, mais cette fin n'est rien face à la description des nombreuses portes qui protègent Gondolin. Chacune est formée d'un matériel précis avec un groupe d'elfe armé spécifiquement selon cette porte et l'on n'ose imaginer ce que Tolkien aurait fait pour la description de Gondolin et de sa chute.

    Contrairement aux HOMEs, Christopher Tolkien n'alourdit pas le texte de nombreuses citations ou notes de bas de page. Son but est de se concentrer sur le récit de son père. Seules quelques chapitres sont destinés à permettre au lecteur de mieux comprendre comment la mythologie a été construite et dans quel contexte historique se trouve J.R.R. Tolkien. Christopher Tolkien ajoute aussi quelques extraits et résumés du Silmarillion qui permettent de mieux comprendre certaines mentions de la chute de Gondolin. Ce livre est annoncé comme le dernier De Christopher Tolkien. Il est aussi le dernier des trois grands contes du Silmarillion et mon préféré. Le relire de manière simplifiée, même si je connaissais les textes via les HOMEs, m'a beaucoup plu.

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    ***** Difficile pour moi de critique le conte du premier âge que je préfère

    Image : Éditeur

  • Ascender 2. The dead sea par Jeff Lemire et Dustin Nguyen

    Titre : Ascender 2. The dead sea
    Auteurs : Jeff Lemire et Dustin Nguyen
    Éditeur : Image Comics 24 juin 2020
    Pages : 128

    Ce volume 2 contient Ascender 6-10. Il y a 10 ans l'univers tel qu'on le connaissait a changé avec la seconde attaque des machines. En même temps, une rumeur pris forme aux confins de l'univers. Une force militaire formée de monstres prenait le contrôle de plusieurs planètes. Aujourd'hui, une grande partie de l'univers est sous le contrôle de la Mère et de sa magie. Les vampires contrôlent les mondes tandis que la résistance n'est qu’ombre à peine connue par la plupart des gens. Mais une menace pour la magie est arrivée sous la forme d'un petit robot chien et, depuis, Mère lance une chasse à l'homme pour le capturer.

    SPOILERS

    J'avais adoré les dessins de Descender et la diversité des espèces mises en avant. J'aime tout autant les choix artistiques d'Ascender qui restent tout aussi magnifiques que la première série. Je ne me lasse pas d'observer les détails mais aussi les paysages mis en avant. On pourrait uniquement regarder les pages sans se décider à les lire.

    En ce qui concerne l'histoire. Comme le premier volume et la première série, l'intrigue avance à un rythme très serein. Même si on sent l'urgence les auteurs prennent le temps de placer leurs pions, leurs idées et de faire voyager les personnages. De plus, ils nous font rencontrer d'anciennes connaissances que l'on est parfois surpris de revoir. Personnellement, j'ai adoré le retour d'Effie même si celui-ci est tragique. Les auteurs nous donnent aussi un peu plus d'informations sur les suites de la seconde attaque des machines et l'arrivée de la Mère mais aussi, plus important, sur son humble origine.

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    ***** Toujours aussi beau, toujours aussi impatient de lire la suite

    Image : Éditeur