Gondolindrim's Stories - Page 8

  • Dark Phoenix (X-Men)

    Dark Phoenix commence durant les années 90, quelques temps après les événements d'Apocalypse. Les mutant-e-s et les X-Men sont enfin appréciés et aimés du monde entier. Malgré les attaques destructrices du dernier épisode, les individus qui constituent l'équipe de X-Men sont célèbres. La présidence des Etats-Unis a lien direct avec le Professeur Xavier et n'hésite pas à l'utiliser afin de demander de l'aide. Cet équilibre est, malgré tout, instable. Il suffit de peu pour que la guerre entre l'humanité et les mutant-e-s recommence, menant à un retour des combats de rue contre les autorités et entre les groupes de mutant-e-s. Ces conflits latents risquent d'être mis en plein jour lorsque Jean Grey absorbe une énergie alien, devenant la cible d'une ancienne civilisation.

    SPOILER

    Dark Phoenix est, probablement, le dernier film X-Men de la fox. On peut mentionner le prochain New Mutants mais personne ne sait si et quand il va sortir. Ce dernier film, qui termine une trilogie débutée avec First Class, n'est pas mauvais tout en n'étant pas une réussite. Qu'on le dise immédiatement, le film est meilleur qu'Apocalypse. L'intérêt plus important envers la psychologie des personnages plutôt qu'une menace de fin du monde joue probablement sur une intrigue qui devient plus intimiste, portée par la musique d'Hans Zimmer qui préfère les basses au spectaculaire. Mais il me semble que le film ne sait pas dans quelle direction se diriger. J'ai l'impression que l'intrigue a dû être réécrite afin de terminer une histoire au lieu d'en ouvrir une autre. En effet, des pistes existent pour de prochains films. Mais celles-ci sont inutiles vu que Disney a racheté les droits. Bref, le film semble être en équilibre entre l'ouverture de nouvelles intrigues et la nécessité de terminer l'histoire de ses personnages, parfois d'une manière un peu artificielle.

    En effet, un personnage particulier meurt dans ce film : Raven. Sa mort me semble difficile à accepter au vu de ses pouvoirs mais surtout elle ne sert qu'à lancer les intrigues de deux personnages : McCoy et Magneto. Sans la mort de Raven aucun de ces deux personnages n'auraient choisis la direction que le film leur donne. Encore une fois, une femme meurt pour que des hommes voient leurs intrigues se développer. Heureusement, ce qui manque à Raven est offert à Jean Grey. Outre son passé, on en apprend plus sur ses relations avec ses parents et Xavier. Jean, depuis son plus jeune âge, est considérée comme dangereuse. On lui a inculqué la nécessité de contrôler ses émotions afin d'éviter que ses pouvoirs ne se développent trop. Pire encore, Xavier lui ment régulièrement, même si ces mensonges sont créés par amour. Durant ce film, Jean commence à apprendre à accepter ses émotions, le manque de contrôle et donc la possibilité d'user de ses pouvoirs au plus fort de ses capacités.

    En revanche je dois avouer que ce film pose enfin la question de Xavier, et que j'ai fortement apprécié cela. Charles Xavier est un médium. Depuis le début des X-Men on le montre en train de manipuler les gens, de lire leurs pensées, d'empêcher des personnes de bouger pour fuir lors d'actions illégales et d'utiliser des enfants pour se battre dans une guerre. Jamais ces actions ne sont questionnées. Cependant, ce film questionne le fonctionnement de Xavier dès les premières minutes lors des magnifiques scènes de sauvetage d'Endeavour. Au lieu de laisser sa sœur, Raven, prendre les décisions il oblige l'équipe à prendre des risques et à mettre en danger tout le monde. Immédiatement, Raven l'accuse de plus apprécier la célébrité que la sécurité des mutant-e-s et elle se demande si elle ne devrait pas partir remarquant que la majorité des mutant-e-s pris en charge par Xavier dans les X-Men sont mort-e-s. Plus tard, la remise en cause des actes de Xavier est encore plus importante alors que la perte de contrôle de Jean menace. Il avoue avoir manipulé l'esprit de Jean afin de l'empêcher de se souvenirs de certains événements, oubliant la nécessité de comprendre et d'accepter colère et tristesse. Bien que cela soit tardif, Xavier accepte et reconnait ses erreurs. La fin du film permet de voir l'école être tenue, enfin, par une personne qui a réellement à cœur le bien-être des enfants.

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    *** Un film moyen que j'ai tout de même bien apprécié. Je ne me suis pas ennuyé.

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  • Les questions sur le passé sont des questions du présent. Aperçus de l’internement administratif. Volume 2 sous la direction de Joséphine Métraux, Sofia Bischofberger et Luzian Meier

    Titre :  Les questions sur le passé sont des questions du présent. Aperçus de l’internement administratif. Volume 2
    Direction : Joséphine Métraux, Sofia Bischofberger et Luzian Meier
    Éditeur : Alphil 2019
    Pages : 272

    Les travaux de la Commission Indépendante d'Expert-e-s Internement Administratif sont en cours de publication. Le premier volume était destiné à présenter des parcours de vie, parfois reconstitué via les sources parfois reconstitué par des entretiens. Ce second volume, 2b pour préciser la version française, se concentre sur l'explication des travaux de la Commission. Pour cela, les auteur-e-s se concentrent sur plusieurs aspects.

    Premièrement, les auteur-e-s nous présentent quelques sources concernant le sujet de recherche. Ceci permet non seulement de comprendre de quelle manière les sources sont utilisées mais aussi de lire, dans le texte, les propos de l'époque. Plusieurs de ces sources sont d'ailleurs déjà analysée sur le site de la Commission. En fin d'ouvrage, une autrice est mobilisée afin d'analyser les romans qui ont été écrit par des victimes d'internement. L'autrice explicite le fonctionnement de différentes œuvres et leur importance pour comprendre le thème.

    En second lieu, le livre se concentre sur plusieurs thèmes. Ceux-ci sont des questions clés pour comprendre l'internement administratif. Ces chapitres permettent de recevoir les informations principales concernant les travaux de la Commission. Mieux encore, chaque explication renvoie en direction du chapitre et du livre dédiés à son analyse. Ces questions sont ensuite mobilisées pour permettre une réflexion sur leur pertinence pour le temps présent, justifiant le titre du volume. Ces réflexions sont celles des membres de la Commission. Celleux-ci utilisent leur expertise pour permettre de comprendre de quelle manière on pense et on a pensé la pauvreté, la famille, la prison mais aussi la sexualité et donc, en somme, ce qui est normal de ce qui est marginal.

    Ce second tome utilise aussi l'art pour mieux expliciter la signification d'un internement administratif sur une personne. Plusieurs auteur-e-s ont été mobilisé-e-s pour écrire de courts textes autours des thématiques présentées. Ces auteur-e-s utilisent les sources, les récits et les documentaires comme outils pour écrire chacun des textes. Certains sont particulièrement réussis. Ce processus, que je trouve intéressant, permet de donner une substance plus humaine à un processus administratif destructeur face aux individus.

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  • Injustice 2. 5 par Tom Taylor, Xermanico, Daniel Sampere, Bruno Redondo et Juan Albarran

    Titre :  Injustice 2. 5
    Auteurs : Tom Taylor, Xermanico, Daniel Sampere, Bruno Redondo et Juan Albarran
    Éditeur : DC 30 avril 2019
    Pages : 144

    Ce volume 5 contient Injustice 2 numéros 25-30. Le combat entre Batman et Ra's Al Ghul fut dévastateur. Des espèces menacées ont définitivement disparus. Une administration présidentielle fut assassinée. Et Ra's a utilisé une nouvelle arme. Un androïde basé sur une technologie extraterrestre, capable de détruire des villes entières. Le retour des Titans et l'aide de Supergirl, encore cachée, a permis de détruire l'androïde mais on ne peut que se demander ce que son arrivée annonce. Pire encore, une guerre se prépare dans l'espace entre les Green Lanterns et les Red Lanterns. Si les Green Lanterns perdent l'univers entier sera perdu.

    SPOILER

    J'avoue avoir été surpris que l'auteur décide de repartir dans une intrigue spatiale. Ce qui concerne la Terre était intéressant. On observait des héro-ïne-s qui ne sont pas toujours mis en scène. On comprenait l'impact de la dictature de Superman. Et surtout, on observait un monde se reconstruire petit à petit, tout en essayant de faire mieux. Cela tout en lançant des pistes pour les intrigues du second jeu (que je ne possède toujours pas). Bien que s'intéresser aux Green Lanterns soit surprenant cela permet de donner l'occasion à Hal Jordan et Sinestro de discuter et, peut-être, de se racheter pour leurs actes contre la Terre mais aussi l'univers.

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  • L'opération Walkyrie juillet 1944. La chance du diable par Ian Kershaw

    Titre :  L'opération Walkyrie juillet 1944. La chance du diable
    Auteur : Ian Kershaw
    Éditeur : Flammarion 2009
    Pages : 174

    Depuis que j'ai su qu'il avait existé un attentat suivi d'un putsch militaire contre hitler j'ai souhaité mieux comprendre ce qui s'était déroulé et comment cet attentat avait pu avoir lieu. Pour cela, je me suis lancé dans ce petit livre de Ian Kershaw, adapté de sa grande biographie sur hitler. L'éditeur se concentre sur les passages concernant l'opération Walkyrie et laisse de côté le reste du texte de la biographie.

    Il ne reste que 6 petits chapitres qui concernent directement l'attentat. Ian Kershaw y décrit minutieusement la préparation mais aussi le déroulement de l'attentat. Il explicite les essais qui ont déjà eu lieu et la raison de leur échec, la chance. Il démontre aussi que les créateurs de l'attentat sont des personnes aussi bien militaires que civils qui sont en dehors de tout soutiens populaire important. Leur but n'est pas de mettre militairement en danger l’Allemagne, certains vont même jusqu'à refuser toute idée de responsabilité ultérieure, mais souhaitent faire tomber hitler. Kershaw montre pratiquement heure par heure le déroulement de l'attentat et du putsch, en se basant sur les sources produites par les personnes dans le cadre de leur vie privée et de leur profession. Mais rapidement le putsch se heurte à un problème majeur : hitler est vivant.

    La seconde partie du livre se concentre sur la survie de hitler pour expliquer comment le putsch a pu échouer. Outre un retard et un attentisme trop important, les ordres des putschistes furent rapidement inutiles lorsque les unités militaires et des généraux loyaux comprirent la réalité des événements. Il s'ensuivit une répression forte qui n'avait qu'un seul but : détruire toute possibilité de résistance interne à l'armée. Les conspirateurs survivants furent arrêtés, emprisonnés, expulsés de l'armée, jugé au civil devant un juge qui les invective et finalement pendus en habits de prisonniers dans un abattoir. L'auteur montre que hitler veut détruire toutes formes d'honneur chez les conspirateurs et leurs familles souffrirent tout autant de la répression. L'impact dans la société fut peu important, la population est encore en faveurs de hitler. Mais ce dernier attentat permet aussi à la police de noter quelques failles dans le lien entre la population et les nazis. Quelques personnes se risquent à souhaiter la mort de hitler.

    Finalement, ce petit livre permet de connaitre le déroulement des événements ainsi que les conséquences sur hitler. Ce dernier est de plus en plus paranoïaque tandis qu'il semble prématurément vieilli. Malheureusement, le caractère d'extrait de ce livre empêche de vraiment comprendre de quelle manière l'auteur pense son objet. On y entre de manière abrupte et on en sort tout aussi abruptement. Lire la biographie entière serait probablement une expérience plus complète. L'éditeur a au moins la bonne idée d'ajouter un grand nombre de documents qui permettent d'illustrer les événements et les propos de Ian Kershaw.

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  • Faith dreamside par Jody Houser, MJ Kim, Marguerite Sauvage, Francis Portela et Jordie Bellaire

    Titre :  Faith dreamside
    Auteur-e-s : Jody Houser, MJ Kim, Marguerite Sauvage, Francis Portela et Jordie Bellaire
    Éditeur : Valiant 12 mars 2019
    Pages : 112

    Ce volume contient Faith Dreamside 1-4 et Faith's Winter Wonderland Special. Faith Herbert se cache toujours. Elle est suspecte dans un meurtre et préfère éviter d'être trop visible tant que les véritables coupables ne sont pas retrouvés. Mais il est difficile pour elle de ne pas agir quand quelqu'un a besoin d'aide. Après quelques ennuis policiers, Animalia se rapproche d'elle afin de lui demander de l'aide. Elle serait hantée par ses compagnons morts de la Génération Zéro. Mais Faith ne connait rien en fantôme. En revanche elle connait une femme, la Doctoresse Mirage.

    SPOILER

    Cette histoire peut sembler anecdotique. Elle peut sembler un peu simple. D'une certaine manière c'est le cas. Faith tente de réparer un problème rencontré par une personne et, par la même occasion, en apprend un peu plus sur elle-même. Car cette histoire parle de pertes, mais de forcément de pertes dû à la mort. Les pertes sont les rêves et espoirs abandonnés durant son existence. Chacun des personnages de cette minisérie ont perdu un espoir important de leur vie qui leur permettait d'être meilleurs. En ce qui concerne Faith, c'est son rêve d'être une héroïne. Il n'est donc pas étonnant que la minisérie se conclue sur le retour dans les airs de Faith après un combat contre ses propres rêves abandonnés.

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    **** Une série toujours aussi réussie et qui semble poser les bases de plusieurs événements futurs.

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  • Runaways 3. That was yesterday par Rainbow Rowell, Kris Anka, David Lafuente, Takeshi Miyazawa, Matthew Wilson, Jim Campbell et Michael Garland

    Titre :  Runaways 3. That was yesterday
    Auteur-e-s : Rainbow Rowell, Kris Anka, David Lafuente, Takeshi Miyazawa, Matthew Wilson, Jim Campbell et Michael Garland
    Éditeur : Marvel 23 avril 2019
    Pages : 136

    Ce volume 3 contient Runaways (2017) 13-18. Alex Wilder a trahi ses ami-e-s au profit de sa famille. Il est mort. Il fut le meilleur chef des Runaways mais son départ ne fut que peu regretté au vu de sa trahison. Pourtant, Alex Wilder arrive peu avant noël devant la cachette des Runaways. Il amène avec lui un monstre qui, semble-t-il, est un animal lié aux enfants des Giborim. Celleux-ci sont déçu-e-s de ne pas avoir reçu la terre en héritage comme prévu par leurs parents. Quoi de mieux que de retrouver les enfants du groupe Pride afin de les obliger à mener un sacrifice et détruire l’humanité ?

    SPOILERS

    Que penser de ce tome 3 ? Il ne s'y passe pas grand-chose puisque le groupe est enfermé pendant la majeure partie du volume. Ce sont les relations interne au groupe et avec Alex Wilder qui rendent ce nouveau volume intéressant. Outre les quelques blagues, l'arrivée de cet ancien ami crée de grandes tensions qui semblent créer une différence entre les différents ami-e-s, comme le montre la dernière case du volume.

    De plus, la famille Minoru gagne en profondeur. On comprend un peu mieux comment fonctionne leur magie et surtout ce que cela peut coûter. Bien que je comprenne la décision de Nico je ne peux pas croire que cela n'aura pas de graves conséquences plus tard. Bref, ce nouveau volume est à la fois très bien écrit et semble éviter de créer trop d'événements. L'autrice serait-elle en train de préparer quelque chose ?

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    **** Une série toujours aussi réussie et qui semble poser les bases de plusieurs événements futurs.

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  • Ms Marvel 10. Time and again par Wilson, Leon et Herring

    Titre :  Ms Marvel 10. Time and again
    Auteur-e-s : Wilson, Leon et Herring
    Éditeur : Marvel 9 avril 2019
    Pages : 168

    Ce volume contient Ms Marvel 31-36. Ms Marvel fut, pendant 10 volumes, l'une de mes attentes mais aussi l'une des séries que j'ai le plus aimé lire. Ce volume 10 est le dernier écrit par G. Willow Wilson. Nous retrouvons Kamala Khan chez elle lors du moment le plus important de sa vie. Elle va enfin pouvoir organiser une soirée pyjama avec ses amies les plus proches. Cette soirée leur permettra de mieux se connaitre, de se rapprocher et de parler de l'utilité des garçons (et de la pizza). Mais encore faudrait-il que Ms Marvel soit tranquille assez longtemps pour s'amuser...

    SPOILERS

    Comme je l'ai dit plus haut, ce volume est le dernier de l'autrice actuelle. La suite aura un nouveau titre et un nouveau scénariste. J'espère sincèrement que la série fonctionnera toujours aussi bien. Vu le peu de numéros restant, ce volume donne plus l'impression de remplir un peu les derniers points souhaités par l'autrice. Ainsi, plusieurs pistes reçoivent une fin alors que certaines idées sont lancées mais sans leur donner trop d'importance.

    Nécessairement, l'autrice décide de rendre à Kamala ses ami-e-s. Plusieurs des numéros de ce volume permettent de relancer ses amitiés sur de nouvelles bases. Outre le premier numéro du volume je pense en particulier au dernier numéro qui joue sur les peurs de chacun-e des personnages. Enfin, l'autrice décide de donner quelques explications sur les pouvoirs de Kamala ainsi qu'une origine. Sans changer fondamentalement ces pouvoirs, ceci permet des idées futures pour d'autres scénaristes. En somme, un dernier volume qui se lit facilement tout en étant parfaitement adapté à son personnage.

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    **** Le dernier volume d’une série que j’ai beaucoup appréciée

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  • The Mighty Thor 5. The death of the mighty Thor par Aaron, Dauterman et Wilson

    Titre :  The Mighty Thor 5. The death of the mighty Thor
    Auteurs : Aaron, Dauterman et Wilson
    Éditeur : Marvel 26 juin 2018
    Pages : 136

    Ce volume 5 contient Mighty Thor (2015) 700-706 et Mighty Thor: at the gates of Valhalla. Jane Foster, Thor, a vaincu tous les ennemis qui lui sont tombé-e-s dessus. Mais lorsqu'elle porte le marteau elle perd contre son cancer. Chaque transformation s'attaque à sa guérison et l'envoie plus près de la mort. Malgré tout, elle a continué à combattre car elle est convaincue que l'univers a besoin d'un Thor. Mais cette fois son combat pourrait bien être le dernier. En effet, une bête que même les divinités craignent s'est levée. Si deux Thors, Odin et tout Asgardia ne sont pas suffisants que peut faire Jane Foster ?

    SPOILER

    Le run global de Jason Aaron s'attaque à ce que signifie la divinité. Dès le début, s'est posé la question des actions des divinités et, en particulier, de Thor. Lorsque ce dernier perdit son droit à porter le marteau ce fut Jane Foster qui devint Thor. Mais là aussi, Jason Aaron fut clair dès le début et annonça que Jane Foster allait mourir. Malgré tout, Le scénariste l'a fortement impliquée dans son grand événement en cours actuellement et Jane est le personnage qui a le plus lutté contre Malekith afin d'éviter cette guerre. On aurait pu craindre un échec de la part de Aaron à écrire cette fin. Mais j'ai l'impression que celle-ci est très maitrisée et permet de donner la place qu'elle mérite à ce personnage. Bien que je ne m’attendisse pas à ce choix exact, celui-ci me permet de me demander ce qui adviendra dans le futur.

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    ***** Un très bon dernier tome pour une Thor meilleure que Thor lui-même.

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  • Jessica Jones: Blind Spot par Kelly Thompson, Mattia de Iulis, Marcia Takara et Rachelle Rosenberg

    Titre :  Jessica Jones : Blind Spot
    Auteur-e-s : Kelly Thompson, Mattia de Iulis, Marcia Takara et Rachelle Rosenberg
    Éditeur : Marvel 13 novembre 2018
    Pages : 192

    Ce volume contient Jessica Jones : Blind Spot 1-6. Il est difficile de prendre en main une série Jessica Jones après que Bendis l'ai quitté. Mais Kelly Thompson est une scénariste dont j'aime beaucoup le travail. Je me suis laissé tenter pour cette suite. L'autrice continue dans la direction de Bendis. Jessica Jones est mariée, avec une fille. Elle vient de gagner contre l'une des personnes les plus diaboliques de l'univers Marvel. Elle se permet donc un petit moment de bonheur. Celui-ci ne dure que quelques instants. En effet, une femme qu'elle a échoué à aider il y a plusieurs années est morte dans son bureau. Bien entendu, la police la considère comme suspecte.

    SPOILERS

    J'ai beaucoup aimé ce comics. Thompson, encore une fois, ne se contente pas de raconter une histoire héroïque. Elle prend le temps de construire une vie autours de ses personnages. Ainsi, alors que Jessica se retrouver impliquée dans une affaire de meurtre elle et son mari, Luke Cage, discutent de la marque de céréale à acheter pour leur fille. D'ailleurs, le dernier numéro concerne l'organisation de l'anniversaire de celle-ci, ce qui implique l'arrivée tonitruante de plusieurs ami-e-s. Sans être trop importante, cette vie de tous les jours permet de créer une profondeur à l'intrigue autours de Jessica Jones.

    L'autrice décide aussi de créer un nouvel ennemi. Celui-ci est un homme, un homme toxique. Il est jaloux des pouvoir de sa petite amie et donc il décide de s'attaquer aux femmes de pouvoir afin de, pour citer le comics, les remettre à leur place. Dans le contexte actuel on ne peut qu'apprécier que des comics prennent soin de parler de ce problème et de la nécessité pour les femmes de lutter ensemble contre ce genre d'hommes. Mieux encore, l'autrice explicite la nécessité pour les hommes de lutter contre leur misogynie. Au lieu de, par un tour de magie, laisser le coupable partir Thompson décide de l'obliger à se confronter à ses idées, ses sentiments et d'accepter la responsabilité de ce qui est arrivé.

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    ***** On pouvait craindre la disparition de Bendis sur cette série. Mais Thompson réussit à la reprendre avec brio et confirme sa place dans mes scénaristes favoris.

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  • Histoire des femmes en occident 1. L'antiquité sous la direction de Pauline Schmitt Pantel

    Titre :  Histoire des femmes en occident 1. L'antiquité
    Direction : Pauline Schmitt Pantel
    Éditeur : Perrin 1990
    Pages : 725

    Après de longues semaines j'ai enfin terminé ce premier tome de l'Histoire des femmes en occident, ce qui implique que j'ai lu trois tomes sur les cinq. Comme les autres tomes, le but de ce livre est de proposer une synthèse des connaissances sur les femmes dans une période précise. L'antiquité était une période très vaste, il a fallu faire un choix difficile. Dans ce livre, les autrices se concentrent sur l'histoire gréco-romain avec un chapitre supplémentaire sur l'impact des femmes dans le christianisme.

    Le livre est divisé en trois parties. La première nous explique le fonctionnement des modèles féminins durant l'antiquité. La partie débute sur une analyse des déesses et de leurs fonctions dans la Grèce. Ce chapitre est suivi sur une analyse des questions de genre chez de grands philosophes. Cela permet de comprendre de quelle manière les femmes sont pensées en Grèce et donc leur place. Un troisième chapitre se concentre sur les femmes dans le droit romain et donc les différents statuts des romaines. Un dernier chapitre analyse les images sur poteries des femmes et leurs significations. L'autrice nous montre que ces images permettent de connaitre plusieurs rituels importants de la vie féminine.

    Une seconde partie se concentre sur les rituels et pratiques féminines. Cette seconde partie est divisée en quatre chapitres liés entre eux. Les deux premiers se concentrent sur l'entrée dans le mariage à Rome et à Athènes. Le chapitre concernant Rome, qui m'a plus intéressé, montre en particulier que les femmes de hautes positions sociales essaient d'éviter de tomber enceinte en permettant à leurs maris d'avoir des concubines. Ceci dans le but d'éviter la mort due à l'accouchement. Pour aider, les matrones, femmes mariées ayant des enfants, sont censées être chastes et éviter la sexualité. Deux autres chapitres se concentrent sur les liens entre les femmes et la religion. En ce qui concerne Athènes, l'autrice se concentre sur les rituels comme moyen de changer de statut au fil des âges. En ce qui concerne Rome, l'autrice démontre que les femmes n'ont qu'une place annexe dans les rituels religieux. Ceux-ci sont d'abord masculins. Mais, dans certains cas, les femmes peuvent organiser un culte ou sont nécessaires pour réussir un culte, par exemple dans le cas du Flamine de Jupiter.

    La troisième partie, après un chapitre sur l'église, est constitué de deux chapitres réfléchissent sur les significations de l'antiquité et de l'histoire des femmes. Le premier met en question l'idée d'un matriarcat ancien, basé sur des preuves douteuses. Le second chapitre examine l'historiographie afin de comprendre si une histoire des femmes est possible et si le genre est un bon outil pour comprendre l'histoire antique. Le livre se clôt sur la présentation d'un texte de la sainte Perpétue.

    Ce premier tome fut d'une lecture difficile. La première partie est particulièrement ardue car très spécialisée. Cependant, cela n'empêche pas ce livre d'être intéressant et j'ai particulièrement apprécié les chapitres parlant de Rome. Je déplore tout de même que ce premier tome se concentre sur deux civilisations très précises. J'aurais aimé en savoir plus sur d'autres sociétés, bien que je ne sois pas capable de dire si cela est possible.

    Image : Éditeur

  • Avengers Endgame

    SPOILERS

    Les Avengers ont perdu. Depuis des années il a existé une menace dans l'univers. Celle-ci est restée dans l'ombre. Elle a patiemment mis en place des personnes et des batailles afin de réussir à accomplir une quête jusqu'ici jamais réussie : réunir les joyaux de l'infini et créer le gant de l'infini devenant une divinité. Les Avengers ont souvent été mêlé aux tentatives de cet être mais ce n'est que lors d'une attaque massive de ce dernier qu'illes ont compris la menace représentée. Malgré tous les plans et la puissance impliquée les Avengers ont perdu. Thanos a tué la moitié de la vie dans l'univers. Pourrait-il exister un espoir ou faut-il accepter ses pertes ?

    Je ne veux pas parler de l'histoire. Je préfère me concentrer sur quelques points qui m'ont sauté aux yeux. En premier lieu, je veux parler de Thor. Dans Infinity War Thor perd absolument tout. Il n'a plus de maison. Il n'a plus de famille et la majorité de son peuple a été assassiné face à Thanos. Pire encore, il échoue à vaincre Thanos et donc venger son peuple et éviter la destruction voulue par Thanos. Dans Endgame, Thor est montré comme gros. Il est fainéant, alcoolique et il est incapable de passer outre son chagrin. Il aurait été facile de montrer en quoi les événements vécus par Thor peuvent mettre à mal une personne, même si elle se considérer comme un héros. Malheureusement, ce n'est pas ce qui fut choisi. Au lieu de l'écrire d'une manière adéquate Thor n'est utilisé que pour permettre de faire des blagues sur les gros. Jamais sa peine et sa dépression ne sont discutées. Il n'est qu'une vaste blague et je déteste ce traitement.

    Un second point important de ce film concerne la relève. Certain-e-s acteurices sont présents depuis des années dans l'univers cinématographique marvel. Depuis quelques films, le MCU semble se diriger vers d'autres personnages plus diversifiés, bien que la réalisation échoue souvent à offrir ce qu'elle promet (Valkyrie et Carol Danvers SONT lesbiennes donc dites-le !). Ce passage de témoin ne peut passer que par la disparition de certains personnages. Si l'on apprécie la manière dont cela est mis en scène pour certains, on aime moins la manière dont est mise en scène la perte d'autres, comme le dit très bien ce blog. Ce passage de témoin est une demi-réussite et je ne peux pas me départir d'une certaine méfiance envers Marvel qui m'a souvent déçu sur ce point.

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    **** Une seconde partie qui prend le temps de se lancer pour se terminer sur de magnifiques scènes.

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    Image : Site officiel

  • Paper Girls 5 par Brian K. Vaughan, Cliff Chiang, Matt Wilson et Jared K. Fletcher

    Titre :  Paper Girls 5
    Auteurs : Brian K. Vaughan, Cliff Chiang, Matt Wilson et Jared K. Fletcher
    Éditeur : Image comics 5 décembre 2018
    Pages : 128

    Ce volume 5 contient Paper Girls 21-25. Nos quatre aventurières sont perdues dans le temps depuis plusieurs jours. Elles commencent tout juste à comprendre la guerre dans laquelle elles sont impliquées de force. Elles apprennent surtout de plus en plus de choses sur leurs futurs alors qu'elles rencontrent leurs doubles. Dans ce volume, elles se retrouvent dans le lointain futur, celui des ancêtres qui ont créé le voyage dans le temps et les règles que cela implique. Mais cette période est particulièrement dangereuse. Seront-elles capables de survivre au futur ?

    SPOILER

    Dès le début, cette série pose la question du destin. Lorsque les 4 jeunes filles apprennent des choses sur leurs futurs elles se demandent toujours s'il ne serait pas possible de la modifier afin d'éviter erreurs et tristesses. Ce thème est particulièrement important ici puisque l'une d'elles pourrait être guérie, et donc ne pas mourir. Plus encore, ce volume met en avant l'une des visions qui avait été mise en scène précédemment. Outre la réponse à la possibilité de changer son destin ce volume commence donc à conclure les différents indices en vue de sa fin.

    En effet, le premier volume était compliqué à comprendre. Nous étions lancés dans une intrigue chaotique sans savoir dans quelle direction l'intrigue se rendait. Cette difficulté était plus importante encore lorsque nous avons rencontré les symptômes de la guerre lors de plusieurs époques. Dans ce cinquième volume, les auteurs commencent enfin à nous permettre de comprendre de quelle manière fonctionne l'intrigue et donc l'ordre dans lequel se déroule les différents événements. On ne peut qu'admirer la capacité des auteurs à mettre en places des scènes qui ne seront expliquées que bien plus tard et ce sans se contredire.

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    **** Un avant-dernier volume pour une série que j'apprécie beaucoup. Je me réjouis de lire la fin de l'histoire.

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    Image : Éditeur

  • Histoire des femmes en occident 2. Le Moyen Âge sous la direction de Christiane Klapisch-Zuber, Georges Duby et Michelle Perrot

    Titre :  Histoire des femmes en occident 2. Le Moyen Âge

    Direction : Christiane Klapisch-Zuber, Georges Duby et Michelle Perrot

    Éditeur : Perrin 2002

    Pages : 692

    Lorsqu'on s'intéresse à l'histoire des femmes voire aux études genre en histoire on a forcément entendu parler d projet d'Histoire des femmes en occident. Dans les années 90, Michelle Perrot et Georges Duby, deux historien-ne-s important-e-s en France, ont pris la direction d'une gigantesque œuvre en 5 tomes réunissant les contributions de nombreuses personnes afin d'offrir les informations les plus contemporaines sur les connaissances que l'on a des femmes en occident dans l'histoire. Ces 5 livres suivent la chronologie scolaire classique et ce second tome s'intéresse à la période médiévale. Une période dont je ne connais pas grand-chose en ce qui concerne ce thème.

    Le livre est divisé en 4 grandes parties constitués d'un nombre variables de chapitres. La première partie s'intéresse aux discours masculins sur les femmes. Les autrices y examinent un grand nombre de thème. On commence avec le regard clérical, pour passer sur le fonctionnement du corps, suivre sur les types de femmes, le mariage et terminer sur la mode féminine. Ces nombreux chapitres permettent de mieux comprendre de quelle manière était pensée la place des femmes lors de la période médiévale. On observe que celles-ci sont divisées selon leur état marital : célibataire, mariées et vierges. Ce dernier état étant le plus favorisé par les clercs tandis que le mariage doit rester le plus chaste possible. J'ai surtout apprécié le chapitre sur la mode qui permet non seulement de mieux connaitre les habits portés par les femmes mais surtout les normes strictes derrière l'habillement.

    La seconde partie permet de replacer les femmes dans les stratégies matrimoniales. Celle-ci comment par une longue étude des droits romains et barbares au début du Moyen Âge. L'autrice y explicite les tensions entre plusieurs normes tandis que l'Église ne possède pas encore les moyens d'intervenir de façon importante dans les couples. Un second chapitre s'intéresse à l'époque féodal. Au travers de plusieurs textes, l'autrice y examine la manière dont les femmes peuvent user du mariage à leur avantage, ou le subir. Un texte de Duby suit sur l'amour courtois. Celui-ci y est pensé non comme une forme de romantisme mais un jeu de séduction, dont les mots sont très guerriers, qui permet à un jeune chevalier célibataire de tenter de se rapprocher de femmes qui lui sont interdites dans le cadre de la société féodale, créant une forme de danger. Enfin, un dernier chapitre examine la place des femmes dans la société médiévale aussi bien dans le mariage et l'enfantement, dans la religion qu'en tant que travailleuse.

    La troisième partie permet de communiquer des informations tirées de l'archéologie et de l'analyse des images que la période nous a communiqué. Le premier chapitre, archéologique, permet de retrouver des gestes et outils mais aussi des lieux de vies. Tandis que le second chapitre, que j'ai beaucoup apprécié, examine la manière dont sont pensées les femmes grâce à une large iconographie. Le propos est très riche et les exemples nombreux. Cependant, il est dommage que cette édition ne publie les images qu'en petit format et en noir et blanc.

    Enfin, la dernière partie examine la manière dont les femmes ont pu user de l'écrit pour communique leurs vies. C'est, selon moi, le chapitre le plus ardu de ce livre. L'autrice utilise de nombreuses références aussi bien latines que d'écrivaines, et j'ai eu du mal à bien comprendre ce qu'elle tentait d'expliquer. Il suit une publication de propos rapportés à un inquisiteur lors de la lutte contre les cathares. Dans les deux cas, on comprend que les femmes étaient capables, à l'époque, de communiquer et de suivre leurs propres idées malgré, parfois, le danger que cela implique.

    Après ma lecture du tome 5 j'ai donc enfin lu le second tome de cette gigantesque Histoire des femmes en occident. Bien que certains chapitres et introductions soient ardus à lire je suis heureux de m'être lancé dans ce livre. Même si celui-ci a plus de 20 ans, on apprend toujours beaucoup de choses sur l'histoire des femmes. Il faut mentionner aussi la gigantesque bibliographie qui a été mise à jour pour la décennie 1990-2000.

    Image : Éditeur

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  • Shazam

    1974, un enfant est envoyé dans un endroit étrange. Là, un vieil homme lui annonce qu'il est à la recherche d'un champion afin de protéger le monde des sept péchés. Mis à l'épreuve, cet enfant prouve son incapacité à résister aux tentations des péchés il est donc expulsé et juste après sa famille est impliquée dans un accident de la route. Des années plus tard, Billy Batson a fugué d'une des nombreuses familles qui l'ont accueilli. Malgré tout, il est accepté par une nouvelle famille dont les parents ont connu les placements et dont tous les enfants sont adoptés. Tentant de partir à nouveau il est envoyé chez le même sorcier qui décide de lui offrir son pouvoir et de le nommer champion. Bien qu'il possède à présent de grands pouvoirs Billy n'a que 14 ans. Il ne sait pas quoi faire de toute cette force ni qu'elle est son rôle réel. Il devra apprendre rapidement car les péchés ont choisi leur propre champion et celui-ci se prépare à le combattre.

    SPOILERS

    Au vu du fonctionnement du vilain du film et du héros, Shazam, il semble clair que la question principale concerne la famille. Le vilain provient d'une famille sans mère dans laquelle il n'a jamais été apprécié. Il est moqué pour son incapacité à devenir un homme et tous les malheurs connus lui sont reprochés. On apprend qu'il est même banni des réunions de l'entreprise familiale. Le héros, Billy, est l'enfant d'une fille-mère qui l'a perdu, on apprend plus tard qu'il a été abandonné, mais qui arrive dans un milieu familial aimant qu'il regarde avec suspicion au vu de son passé. Alors que le vilain rejette tous liens familiaux Billy, lui, apprend à accepter l'amour qui lui est offert et donc à partager son pouvoir afin de réussir à gagner : devenant un peu plus homme.

    Ce passage du statut d'orphelin à celui de membre d'une famille marque aussi le passage de l'irresponsabilité enfantine à la responsabilité adulte masculine. En effet, lorsque Billy se considère comme seul il utilise ses pouvoirs comme moyens d'amuser la population, de recevoir de l'argent et de tenter d'entrer dans des lieux normalement interdit (par exemple acheter de la bière ou entrer dans un club de striptease). Dès qu'il accepte sa famille il devient, même si cela est peu montré vu que l'on atteint la fin du film, bien plus responsable et commence enfin à aider les gens au lieu de réagir à ce que ses actes ont provoqué. On pourrait d'ailleurs critiquer la vision de la masculinité, en tout cas corporel, que le film met en avant. En effet, Billy partage son pouvoir avec ses frères et sœurs. Ses sœurs possèdent un corps féminin adulte normé. Mais cet aspect est bien plus fort avec les garçons de la famille. Sans pouvoirs, nous avons un jeune geek à lunette, un enfant gros qui essaie de se faire des muscles et un jeune enfant handicapé. Dès que Billy transfère ses pouvoirs tous ces attributs sont supprimés pour atteindre une norme corporelle masculine parfaite. Le jeune geek n'a plus besoin de lunettes. Celui-ci qui veut avoir des muscles est soudainement musclé et mince. Et Freddy, normalement handicapé, devient valide dans une scène qui permet de montrer sa canne tomber et le personnage être capable de voler. Je ne crois pas que ceci soit entièrement conscient, mais le film défend l'idée qu'un homme a des muscles, est mince et valide.

    *

    **

    *** Un film sympathique mais un peu long.

    ****

    *****

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    dc,shazam

  • L'europe en enfer 1914-1949 par Ian Kershaw

    Titre :  L’Europe en enfer 1914-1949
    Auteur : Ian Kershaw
    Éditeur : Seuil 2016
    Pages : 640

    On ne présente plus Ian Kershaw, connu pour ses travaux sur le nazisme et hitler. Dans son dernier livre, récemment traduit en français, l'auteur décide de s'attaquer à un sujet énorme. En deux livres, il compte faire l'histoire de l'Europe durant le XXème siècle. Ce premier tome se concentre sur les années 1914 à 1949 soit les deux guerres mondiales ainsi que l'entre-deux guerres. La période est dense, remplie de modifications sociales importantes. L'historiographie est tout aussi importante et Kershaw ne prétend pas faire une nouvelle recherche. Il se repose sur une importante bibliographie qu'il présente en fin d'ouvrage. Naturellement, il est illusoire de prétendre résumer un tel livre. Il vaut mieux présenter son fonctionnement.

    Le livre est divisé en 10 chapitres qui, mis à part le 9, sont chronologiques. Dans ces chapitres l'auteur essaie de nous montrer le fonctionnement d'une époque extrêmement dense. Il débute naturellement sur la course à la Première guerre mondiale qui a mené à des changements importants en Europe, particulièrement à l'est. Il continue ensuite sur plusieurs chapitres qui se concentrent sur l'entre-deux guerres. Ceux-ci permettent, certes, de montrer un certain optimisme malgré les problèmes économiques mais aussi une marche vers la mise en cause des démocraties, aussi bien par le fascisme que par le communisme, et les tensions ethniques basées sur l'idée d'état-nation. Ces chapitres permettent donc d'avoir une compréhension globale de la course à la guerre. Après une large explication, Kershaw nous parle enfin des événements de la Deuxième guerre mondiale puis examine ses conséquences en Europe afin de terminer son tableau en 1949, alors que la Guerre Froide et la division du monde et du continent européen sont définitifs.

    Bien entendu, même 600 pages ne sont pas suffisantes pour parler de tous les événements et de tous les pays. Ian Kershaw explique en introduction ce qu'il doit aux nombreuses recherches historiques sur l'Europe. Il est nécessaire, pour son travail, de synthétiser la plupart des sujets touchés. Cependant, ce livre permet tout de même d'avoir une vision globale de 50 ans d'histoire européenne. Mieux encore, l'auteur nous présente les événements d'Europe de l'est, une histoire que je connais que peu. Sans encore connaitre le prochain tome, il me semble que nous aurons là un futur classique qui permettra aux personnes qui le souhaitent de connaitre 100 ans d'histoire européenne par la lecture de seulement deux livres dont les bibliographies vont probablement permettre d'aller plus loin sur la plupart des sujets.

    Image : Éditeur

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  • The 100 saison 5

    TW : Cannibalisme

    Lors de la saison 4 le monde est mort une second fois. Alors que les centrales nucléaires du monde entier augmentent régulièrement le taux de radiation ambiant, une vague de mort s'abat sur le monde et menace d'atteindre les quelques poches de survies humaines. Durant les derniers jours, l'humanité s'est battue afin de ne pas mourir et 3 groupes se sont séparés : un petit groupe a réussi à atteindre l'espace afin d'attendre que la Terre soit habitable à nouveau, Clarke vit sur le sol seule et 1500 personnes ont atteint un bunker afin d'y survivre pendant de longues années sans pouvoir sortir. Mais personne ne savait qu'un transport de prisonnier se rend lentement en direction de la Terre. L'équipage ne sait rien des événements qui ont mené à la fin du monde et illes ne savent pas comment fonctionne la société. Il n'en faut pas beaucoup plus pour créer une nouvelle guerre centrée sur l'unique point vert de la Terre. Le contrôler implique la survie. Le perdre équivaut à la mort.

    SPOILERS

    Pendant plusieurs saisons le but de la série est de montrer un groupe de personnes globalement positives trouver le moyen de survivre dans un environnement dangereux. Que ce soit sur Terre ou dans l'espace seule la survie compte et permet de justifier des actes difficiles. Cependant, en particulier lors de la saison 2, il est clair que les personnes que l'on observe ne sont pas des monstres mais que leurs actions sont dictées par la nécessité. Dès la saison 3, la série pose la question de la légitimité de la survive de manière bien plus intense vu que l'un des personnages commet un génocide puis use des même tactiques que ceux qu'elle combat dans la saison 2. Cette saison 5 continue sur cette lancée. On se demande s'il existe réellement une personne qui mérite son humanité vue que tout le monde a accompli des actes très discutables qui peuvent potentiellement mettre en danger la survive de l'humanité.

    Ce qui me mène à ce qui se déroule à la fin de cette saison. Toutes les saisons précédentes, malgré les problèmes, permettent d'imaginer un avenir meilleur qui, au minimum, permet une survie. Dans tous les cas cet avenir est détruit par des problèmes humains et la guerre. Mais ce point ne met pas l'humanité en danger. Dans cette saison, les scénaristes décident de créer une guerre de fin du monde. Personne ne peut en revenir indemne et les actes peuvent empêcher la survive de l'humanité. Malgré les luttes de tout le monde, la Terre ne se remet pas des actes de l'humanité et seule la fuite permet la survie. Ce qui mènera à la prochaine saison que j'espère intéressante.

    *
    **
    *** Une saison un peu artificielle, un nouvel ennemi tombe littéralement du ciel, qui rend la plupart des personnages peu sympathiques. Ça se regarde si on aime la série mais je me demande quand elle se terminera.
    ****
    *****

    Image : IMDB

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  • L'opinion allemande sous le nazisme de Ian Kershaw

    Titre :  L'opinion allemande sous le nazisme
    Auteur : Ian Kershaw
    Éditeur : CNRS 1995
    Pages : 591

    Ian Kershaw est l'un des historiens les plus connus ayant travaillé sur le nazisme. Pourtant, je ne l'ai que peu lu. Je ne connaissais de lui que son essai "Qu'est-ce que le nazisme." Étant dans l'obligation de m'intéresser plus avant à la période 1918-1939 j'ai décidé de lire plus attentivement les écrits de Kershaw sur le sujet. Ce livre n'est pas son premier mais alors que ses productions s'intéressaient jusque-là à hitler il essaie, dans cette recherche, de comprendre de quelle manière les allemand-e-s réagissent face à la prise de pouvoir nazie. Loin des deux mythes de la résistance totale ou de l'acceptation totale Kershaw essaie de nous expliquer de quelle manière la population peut refuser certains actes tout en soutenant le régime de manière globale. C'est la raison pour laquelle il préfère utiliser le mot de dissension, comme il l'explique en préface et en introduction.

    Le livre est divisé en deux parties qui examinent les mêmes sujets : paysannerie, classe ouvrière, bourgeoisie, les églises et les réactions face aux persécutions subies par les juifs et les juives. La première partie s'intéresse aux années 1933-1939 et la seconde aux années 1939-1945. L'auteur essaie de nous expliquer de quelle manière ces différentes parties de la société réagissent et sont traitées par le pouvoir nazi. En ce qui concerne la paysannerie, le problème principal concerne la mainmise importante du gouvernement dans leurs affaires. Ce sera encore plus le cas en pleine guerre alors que la main-d’œuvre est de plus en plus rare. La paysannerie doit fournir des denrées à un certain prix tout en ayant l'obligation de refuser les liens avec les commerçants de religion juive, ce qui crée des problèmes économiques. La classe ouvrière, elle, est infiltrée par les organes du parti afin de mettre à mal la force du communisme et des syndicats au sein des usines. Pour cela, le régime crée des organisations chargées de rendre la vie ouvrière plus facile mais aussi d'offrir des loisirs contrôlés. En ce qui concerne la bourgeoisie, l'auteur s'intéresse beaucoup aux fonctionnaires et en particulier aux enseignants. Bien que ceux-ci soient souvent résolument en accord avec le régime, cela n'empêche pas des critiques importantes de la part d'élites du parti. Dans les trois cas, la population pouvait être en faveurs du régime mais l'auteur nous explique que celle-ci rentre rapidement dans une forme d'apathie politique afin de simplement vivre au jours le jours.

    Ian Kershaw essaie aussi de comprendre les réactions des églises. Dans le cadre du régime nazi, la chrétienté devrait être oubliée au profit d'autres formes de croyances. Cela a conduit à des attaques contre la place des églises au sein de la société, par exemple dans le cadre scolaire ou sur la place des crucifix dans les écoles. Si Kershaw nous parle des églises c'est parce que ces organisations ont été capables de créer des mouvements de résistance contre les décisions du régime. Ces résistances portent principalement sur leur place dans la société, mais aussi sur la mise en place de l'euthanasie des catégories considérées inutiles de la population. Cependant, Kershaw démontre que ces résistances se forment dans un cadre légal et ne permettent pas de créer une mise en cause majeur du régime. Les prêtres ont tendance à déclamer leur loyauté envers hitler tout en saluant la guerre contre l'URSS. Enfin, l'auteur s'attaque au difficile sujet des réactions de la population face aux spoliations et au génocide. Kershaw ne pense pas que le génocide était inconnu, des rumeurs ont existé, mais il essaie de prendre en compte la géographie. Ainsi, les allemands de l'est ont probablement plus de connaissances des crimes du régime que ceux de l'ouest. Il apparait que les tueries de masses ne soient pas vues favorablement, cependant l'antisémitisme est une opinion admise et les actes du régime contre les juifs sont largement soutenus. Ainsi, même si la population ne soutient pas les actes de violences, extrêmes, cela n'implique pas un accord avec d'autres décisions comme les spoliations, les ghettos ou la déportation en dehors du pays. Loin de dédouaner la population allemande, Kershaw tente ici de montrer la complexité de ses opinions.

    Bien entendu, je n'entends pas présenter toute la richesse de ce livre dans ces quelques lignes. Une partie importante de la réflexion et des exemples utilisés par Ian Kershaw ne s'y retrouvent pas. Je ne peux qu'inviter à lire un ouvrage bien documenté, dont les réflexions permettent de comprendre les complexités des opinions publics sans cacher les crimes ni le racisme de la population sous le régime nazi. J'ai particulièrement apprécié l'usage du concept de dissension qui permet de mettre en avant aussi bien les résistances que les accords avec le nazisme pour les mêmes groupes sociaux.

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  • Injustice 2. 4 par Tom Taylor, Bruno Redondo, Daniel Sampere, Mike S. Miller et Xermanico

    Titre : Injustice 2. 4
    Auteurs : Tom Taylor, Bruno Redondo, Daniel Sampere, Mike S. Miller et Xermanico
    Éditeur : DC 11 décembre 2018
    Pages : 160

    Ce volume 4 contient Injustice 2 18-24. Il y a peu de temps, Bruce Wayne et Rha's Al'Guhl ont combattu pour d'une part sauver des enfants et ensuite éviter que les plans de Rha's ne puissent être mis en branle. Malheureusement, ce fut un échec et l'entier du gouvernement des États-Unis est mort. Pire encore, une première frappe civile a détruit une ville entière. Bruce Wayne, questionné par ce qui reste du gouvernement et du parlement, comprend qu'il ne peut pas continuer ainsi. Il est temps d'augmenter la taille de ce qui reste de la Ligue des Justiciers en sauvant les Titans.

    SPOILER

    Les tomes précédents se concentraient sur les personnages annexes de l'univers DC afin de les mettre en avant et remplacer un grand nombre de morts. Les combats, bien qu'existants, étaient moins importants que la construction d'un univers et des problèmes que celui-ci connait. Ce tome se concentre sur deux intrigues, une liée aux Titans et la seconde aux attaques de Rha's. Dans les deux cas, les scénaristes ont pris le parti de lancer des combats spectaculaires avec des enjeux importants puisque les personnes qui meurent sont nombreuses, parfois immédiatement après leur introduction. Même si la construction de l'univers est moindre, la vitesse de l'action permet de ne pas s'ennuyer tout en récoltant quelques indices qui mènent au second jeu.

    *
    **
    ***
    **** Peu bavard, mais spectaculaire. Si vous aimez l'univers des séries Injustice vous allez aimer ce quatrième tome.
    *****

    Image : Éditeur

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  • Captain Marvel

    Les années 90, sur une planète éloignée une femme, Vers, est entrainée afin de faire partie de l'élite de sa nation. Un groupe de personnes spécialisées dans le combat et l'exfiltration. Leur travail est dangereux et implique des responsabilités et des pouvoirs importants. Leur raison d'être est de vaincre face à une espèce capable de changer son apparence à volonté afin d'infiltrer des planètes pour les envahir après. Lors d'une mission Vers est kidnappée. Ses souvenirs sont analysés. Et elle se retrouve sur une planète éloignée dont les habitant-e-s n'ont aucune idée des guerres qui se déroulent dans la galaxie. Vers va devoir agir vite si elle compte sauver une planète entière face à une race dont le seul but de l'existence semble être la guerre.

    SPOILERS

    Ce film n'est pas parfait. Certaines scènes ne sont pas tout à fait réussies et le rythme est parfois un peu étrange. Ce dernier point est souhaité par la réalisation puisque Carol Danvers est sujette à des flash-back lorsqu'elle comprend une partie de son histoire. Ce film concerne moins une intrigue générale que l'histoire de Carol Danvers. On la découvre amnésique et, au fur et à mesure, elle récupère son histoire personnelle et donc son identité. D'une simple soldate elle devient une personne individuelle qui prend ses propres décisions. Ce processus passe aussi par son passage d'apprentie à celui d'héroïne. Dès le début, le film et les personnages, masculins, principaux lui déclarent qu'elle n'est pas assez forte, pas assez entrainée et qu'elle a besoin d'eux. Lors d'une scène précise, elle comprend que ce qu'elle pensait être des échecs n'étaient que des épisodes durant lesquels elle se relève afin de continuer à se battre. À partir de ce point, elle refuse d'essayer de prouver ses capacités pour simplement les utiliser.

    Le film s'intéresse aussi à la guerre. Dès le début, on apprend que Carol Danvers est une soldate impliquée dans une guerre entre deux espèces. L'une de ces espèces est qualifiée de terroriste tandis que l'autre est considérée comme bénéfique. Les Skrulls ayant la capacité de changer de forme peuvent s'infiltrer et agir dès que tout est prêt. Illes sont donc accusé-e-s de nombreux actes de terreurs et seuls les Krees, l'espèce alliée avec Carol Danvers, peuvent lutter afin d'éviter leur propagation. Pendant une bonne partie du film, cette présentation n'est pas modifiée. Cependant, on observe les Krees bombarder des civils pendant que des équipes au sol n'hésitent pas à tuer toutes personnes potentiellement Skrulls. Plus tard, on comprend que cette présentation de la guerre était un mensonge. Les Krees ont détruit la planète des Skrulls et celleux-ci ont dû se cacher avant d'essayer de trouver une nouvelle planète. La lutte entre les deux espèces implique des tactiques de guerre qui peuvent être présentées comme terroristes mais dépendent aussi de l'asymétrie de la situation. Les Krees deviennent une espèce impérialiste qui ne recule devant rien pour imposer ses idées, malgré les coûts en vie.

    *
    **
    ***
    **** Si vous cherchez un divertissement, ce film réussit parfaitement à jouer son rôle. Il permet aussi d'introduire Carol Danvers que nous allons revoir dans un prochain film
    *****

    Image : Site officiel

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  • La République de Weimar 1919-1933 par Horst Möller

    Titre : La République de Weimar 1919-1933
    Auteur : Horst Möller
    Éditeur : Tallandier 2011
    Pages : 367

    La République de Weimar est une période que je ne connais que peu. Bien entendu, je sais que celle-ci tombe après la nomination de hitler au poste de Chancelier. Je sais aussi qu'elle a connu un début mouvementé, révolutionnaire. Mais ces faits n’expliquent pas les raisons de sa chute. Pourquoi un monde politique démocratique perd pied et permet la mise en place d'une dictature qui, dès les premiers jours, réprime et tue les opposants détruisant toute forme de légalité républicaine. Afin de nous permettre de comprendre les raisons derrière la chute de cette République l'auteur met en place 3 grandes parties.

    La première partie se concentre sur les deux présidents que connu Weimar : Ebert et Hindenburg. Dès les premiers mots le problème est posé "Le premier [Ebert] incarne les chances de la République, le second [Hindenburg] son échec." Ebert, selon l'auteur, est une personnalité de gauche qui s'intéresse plus aux problèmes concrets qu'aux idéologies. Son entrée à la présidence lui permet de calmer la Révolution afin de mettre en place une forme démocratique de gouvernement, qui inclut les opposants. Bien que sa personne fût décriée par ses alliés et ses ennemis, l'auteur ne cache pas une son admiration envers un homme qui n'a jamais dévié de son idéal démocratique. Le second président, Hindenburg, incarne l'ancien régime prussien. Ce général a connu la Prusse, la création du Reich et la chute de celui-ci. Bien que son organisation militaire soit responsable, il dénonce les élites de Weimar comme responsables de l'échec allemand, créant par là une théorie du complot qui aura beaucoup de défenseurs.

    La seconde partie s'intéresse au fonctionnement et à la création de la République. L'auteur y explicite la création de la Constitution. Celle-ci devait à la fois abaisser les pouvoirs présidentiels et éviter un parlement trop fort. Cependant, Weimar entre rapidement en crise à cause de problèmes externes et internes. À l'interne, une partie importante de l'état reste anti-démocratique et jamais la République n'eut le temps ou les moyens de remplacer ces personnalités. À l'extérieur, ce sont les dettes et humiliations du traité de Versailles. Bien que tous les partis demandent sa renégociation, ce sont les partis républicains qui sont considérés comme coupables. Les coûts des réparations ont aussi un impact important sur les capacités économique de Weimar, ce qui sera aggravé lors des différentes crises connues par l'Allemagne et le monde. Ce chapitre démontre que, dès sa création, la République était particulièrement fragile. Mais cela n'implique pas une chute future.

    Dans la troisième partie, l'auteur se concentre sur les années 1930-1933. Leur examen permet de comprendre les raisons derrière la chute de Weimar. S'appuyant sur son analyse précèdent, il explique que Weimar perd son caractère démocratique. Souvent mis en minorité par le parlement, le gouvernement et la présidence usent et abusent de la procédure de dissolution du parlement. Cette méthode permet d'agir sans contrôle parlementaire pendant plusieurs mois tout en évitant les remises en cause des décrets présidentiels. De plus, le gouvernement use de plus en plus des procédures d'état d'urgence afin de s'attaquer à des problèmes internes, créant un précédent qui permet de justifier la suspension de droits fondamentaux. Ces diverses procédures, dans un contexte international de plus en plus suspicieux envers la démocratie, ont tendances à affaiblir les partis républicains, incapables de travailler ensemble, et de renforcer les extrêmes aussi bien communistes que nazis qui refusent d'entrer au sein d'un groupe démocratique. Tout est prêt pour que la République chute lorsque hitler est nommé Chancelier.

    Ce livre m'a permis de bien mieux comprendre non seulement les raisons de la fin de la République de Weimar mais aussi le fonctionnement de la dictature. L'auteur nous explique que la dictature s'appuie sur une impression de légalité en utilisant des procédures prévues dès la création de la Constitution. Il faut expliquer que l'auteur s'appuie surtout sur un examen politique et juridique. La Constitution et les changements politiques sont fortement analysés. Bien que Möller s'intéresse aussi aux artistes et aux intellectuels, la population n'est que peu présente dans ce livre.

    Image : Éditeur

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  • Mary Queen of Scotts / Marie Stuart Reine d'Écosse

    XVIème siècle, Mary Stuart, veuve du roi de France, retourne dans sa partie ancestrale. Son demi-frère a régné en son nom depuis le départ de Mary pour la France. L’Écosse, bien qu'indépendante de l'Angleterre, a suivi l'entrée de sa sœur dans la religion protestante. Mary Stuart, elle, est catholique. Son arrivée pose donc de nombreux problèmes. Des problèmes qui s'étendent lorsqu'il devient clair qu'elle souhaite garder sa couronne. Certains conseillers sont forcés de partir bien qu'elle tente de créer une tolérance religieuse pour son peuple. De plus, elle souhaite être reconnue comme l'héritière d'Elizabeth pour le trône d'Angleterre. Une reconnaissance qui créerait des problèmes importants pour un royaume qui refuse un retour au catholicisme. Les deux reines tentent de se parler alors que leurs conseillers intriguent au sein de leurs cours respectives.

    SPOILERS

    La bande annonce m'avait fait penser à un film qui montrait une relation conflictuelle entre deux reines. Mais ce conflit n'est que peu présent. Les deux reines ne se voient, dans le film, qu'une unique fois et s'écrivent bien plus. Ces lettres montrent, selon le film, un souhait de créer une relation de respect et d'amitié mutuel entre deux personnes à la fois proches et différentes. En effet, là ou Elizabeth est montrée comme prudente, elle refuse de se marier par peur des intrigues, et âgée (bien que pas trop...) Mary est dépeinte comme jeune, belle, maternelle et courageuse. Alors qu'Elizabeth refuse d'entendre parler des intrigues contre Mary, cette dernière n'hésite pas à user d'armes et à prendre la tête d'une armée en armure. Là ou Elizabeth semble subir son conseil, Mary manipule tout le monde. Moins qu'une confrontation le film montre deux personnes différentes qui se retrouvent dans des situations équivalentes : être des reines qui gouvernent à des hommes qui usent d'intrigues.

    Justement, cette confrontation qui n'existe que peu est effacée par les actions masculines. Elizabeth annonce, dans le film, qu'elle est forcée à devenir un homme car se marier impliquerait le risque de perdre son pouvoir face à un homme qui souhaiterait devenir un roi. Mary se trouve dans ce problème. Son mariage est un moyen pour elle de sécuriser son statut. Mais rapidement les hommes de sa cour, et son mari, intriguent afin d'abaisser son pouvoir et de donner la couronne à un homme. Malgré toutes ses réussites, elle est forcée à se soumettre à plusieurs groupes d'hommes qui souhaitent le pouvoir. Bien entendu, ces tentatives se basent sur la prétendue immoralité de la reine Mary, accusée de tromper son mari et de se marier après avoir assassiné son premier mari. Ces attaques sur sa prétendue immoralité permettent de justifier sa déposition. Ainsi, le film permet d'illustrer la difficulté pour une femme, reine, de garder son pouvoir face à des hommes qui la considèrent comme naturellement inférieure.

    *
    **
    ***
    **** malgré des raccourcis, des sauts temporels et probablement beaucoup d’erreurs historique j'ai beaucoup apprécié ce film
    *****

    Image : IMDB

    mary queen of scotts,marie stuart reine d'Écosse

  • Le Moyen Âge en Occident par Stéphane Coviaux et Romain Telliez

    Titre : Le Moyen Âge en Occident
    Auteurs : Stéphane Coviaux et Romain Telliez
    Éditeur : Armand Colin 6 février 2019
    Pages : 293

    Encore une fois, je présente ici un manuel destiné aux étudiant-e-s en bachelor qui présente l'histoire globale de l'époque médiévale. Ce livre est divisé en deux grandes parties, chronologiques, mais ce sont les divisions internes à ces parties qui sont les plus intéressantes. En premier lieu, les auteurs s'intéressent à l'histoire globale selon une division classique entre bas et haut moyen-âge, soit les Vème au Xème siècle et XIème au XVème siècle. Les auteurs mettent en avant les changements politiques mais aussi sociaux et religieux. Ces deux parties permettent de réviser facilement les principales informations sur l'époque médiévale. En cas de besoin, on peut se reporter au glossaire. En cas d'intérêt plus large, une bibliographie thématique a été inclue en fin d'ouvrage.

    Rien ne justifierait l'achat de ce manuel, d'autres livres examinent la période de manière plus exhaustive, si l'on ne prenait pas en compte les autres types de chapitres. En effet, les auteurs ajoutent en fin des deux parties des chapitres spécifiques : grands événements, figures de l'époque, textes commentés, cartes commentées, images commentées, chronologie et surtout dissertations corrigées. Ce livre offre donc un grand nombre d'informations sur des sources d'époque mais aussi à l'aide de cartes et d'événements et personnes choisies.

    Ainsi, ce manuel est un outil de travail. Bien que les personnes qui n'étudient pas la période peuvent y trouver un grand nombre d'informations et de sources commentées les auteurs s'intéressent surtout aux étudiant-e-s. À l'aide des différents chapitres, les personnes qui s'intéressent à la période médiévale dans leurs études peuvent trouver les informations de bases, une bibliographie, des exemples sous forme de sources et surtout des dissertations corrigées qui permettent de construire un travail à la fois clair et basé sur des recherches récentes. Bien entendu, ce qui rend ce livre intéressant pour les étudiant-e-s le rend tout aussi intéressant pour les enseignants du secondaire II qui peuvent se baser sur lui pour préparer leurs cours et leurs exercices.

    Image : Éditeur

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  • The Lego Movie 2. The second part

    Le monde des Legos ne s'en ai jamais remis. Il y a 5 ans, après avoir vaincu Lord Business, des aliens se sont rendus dans Lego City et l'ont détruite. Dès qu'une reconstruction était tentée, les aliens de planète Duplo revenaient et détruisaient à nouveau. Les personnes qui ont tenté de sauver leur univers ont disparus. 5 ans plus tard, le monde a changé. Les habitant-e-s de Lego City vivent au sein d'un désert avec les ruines qui ont pu être sauvées. Le monde est brutal, sans espoir ni faiblesses. Seul Batman est capable de protéger leur monde. Mais Emmet, lui, reste positif et essaie de créer un peu de beauté au sein de son monde. Du moins, jusqu'à ce que les aliens reviennent.

    SPOILERS

    Ce second film reprend immédiatement à la fin du premier. Il fonctionne exactement sur le même type d'humour. Au travers de legos, de nombreuses références sont mises en place envers la pop culture (avec l'arrivée de Bruce Willis). Ces références fonctionnement très bien, malgré quelques moments moins réussis. Bien entendu, le film prend en compte l'âge des protagonistes humains puisque le nouveau monde Lego est créé sur une base dystopique qu'un enfant de 10 ans ne va pas connaitre. Les aliens elleux, sont basé-e-s sur les gammes lego friends et les Duplos.

    Le film fonctionne aussi sur une double intrigue. La première, celle qui concerne les legos, implique l'union entre deux mondes différents qui ne se comprennent pas. Cette union se forme au sein d'un mariage que certains personnages essaient d'arrêter. La seconde intrigue se base sur celle-ci pour parler de la vie de famille. L'une des parties est contrôlées par un jeune adolescent. Le second univers par une jeune fille. Les deux ne jouent pas avec les mêmes gammes de legos mais la jeune fille souhaite toutes les relier afin de jouer avec son grand frère. C'est le refus de ce dernier, qui pense avoir des histoires plus intéressantes, qui crée l'intrigue du film. Ainsi, là où le premier défendait l'imagination le second défend l'union des différences.

    *
    **
    ***
    **** Une suite réussie, tout aussi drôle que le premier film
    *****

    Image : IMDB

    Site officiel

    the lego movie

  • Evil Empire 3. Land of the free par Max Bemis et Victor Santos

    Titre : Evil Empire 3. Land of the free
    Auteurs : Max Bemis et Victor Santos
    Éditeur : Boom 6 septembre 2016
    Pages : 122

    CW : inceste, meurtres, viols, tortures

    Depuis peu de temps, les USA sont entrés sous un nouveau régime nommé l'Empire du mal. Pire encore, un coup terroriste a permis de faire tomber les régimes du reste du monde afin d'unir le globe sous cette nouvelle forme de politique. Depuis, le monde n'est que chaos et destruction. Mais il existe encore des personnes capables de résister et qui souhaitent s'attaquer aux visages de ce nouveau monde. Auront-illes le temps de le faire avant que la dernière carte du régime ne soit lancée ?

    SPOILERS

    Je le dis immédiatement, ce troisième volume est mauvais. Le premier était intéressant. Le second perdait en intérêt. Ce troisième volume est une horreur. Il commence par faire mal en usant de dessins immondes qui ne cache pas une intrigue tout aussi mal écrite. Au lieu d'une réflexion sur ce qui permet le lien social, les auteurs se contentent de partir en roue libre afin de terminer laborieusement le dernier épisode. Je ne souhaite même pas en dire plus sauf une chose : passez votre chemin.

    *
    ** Aussi mal dessiné que mal écrit
    ***
    ****
    *****

    Image : Amazon

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  • Green Lantern: Earth One 1 par Gabriel Hardman, Corinna Bechiko et Jordan Boyd

    Titre : Green Lantern: Earth One 1
    Auteur-e-s : Gabriel Hardman, Corinna Bechiko et Jordan Boyd
    Éditeur : DC 20 mars 2018
    Pages : 144

    Harold Jordan fut un membre de la NASA. Il est maintenant membre d'une équipe de minage chargée d'explorer les astéroïdes afin de trouver les ressources nécessaires pour les industries terriennes. Il ne veut plus jamais retourner sur Terre et encore moins faire partie d'un groupe. Mais le nouvel astéroïde qu'il doit examiner cache bien plus que du métal. Harold Jordan y trouve un vaisseau. À l'intérieur se trouvent un robot, une lanterne verte et un alien portant un anneau vert. Après un accident, Harold Jordan enfile l'anneau et découvre qu'il peut survivre au vide. Il vient d'entrer au sein d'une civilisation galactique dont il n'avait aucune idée de l'existence.

    SPOILERS

    Ce que j'apprécie dans la gamme Earth One, malgré les retards et les abandons, est la possibilité de suivre une histoire complète sans avoir besoin de connaitre tout ce qu'il y a à connaitre sur un personnage. Cette gamme permet aussi de recréer les origines plus facilement. Les auteur-e-s de ce Green Lantern l'ont bien compris. Bien que l'on puisse déplorer une aventure qui prend encore en compte Hal Jordan au moins il est différent. Au lieu d'une personne arrogante et inutilement courageuse les auteur-e-s en font un pilote qui refuse d'user d'une machine qu'il ne connait pas, considérant que cela est dangereux pour lui et ses collègues.

    De plus, les auteur-e-s laissent de côté une grande partie de la mythologie. Illes préfèrent donner un univers dans lequel les Green Lanterns ont disparu après une guerre contre des robots. À présent, le corps n'est plus qu'une légende avec quelques personnes qui se sont donnés les anneaux par héritage. Ce n'est que petit à petit que l'on en apprend plus sur le fonctionnement de cet univers. Les auteur-e-s ont pris la décision d'inverser la mythologie puisque les Manhunters arrivent après les Green Lanterns, au lieu du contraire. Il est malheureusement dommage que la fin du volume annonce une suite potentielle, vu les nombreux abandons que connait la gamme.

    *
    **
    ***
    **** Un volume que j'ai apprécié, mais qui risque malheureusement de ne pas donner de suite
    *****

    Image : Éditeur

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  • Ralph breaks the internet / Ralph 2.0

    En 2012 un film revenait sur l'époque des salles d'arcades à l'aide de Ralph. Ce dernier est un vilain d'un jeu mais souhaite devenir, un jour, un héros. Sa quête implique de casser son jeu est de se perdre dans la salle d'arcade. 6 ans après, cette même salle fonctionne toujours aussi bien. Sugar Rush est l'un des jeux les plus populaires, en particulier Vanellope. Cette dernière s'ennuie sans son jeu qu'elle trouve trop prévisible. Une tentative de Ralph de l'aider mène à casser le jeu. Pour le réparer, il est nécessaire de se rendre sur l'internet afin de découvrir une pièce détachée spécifique. Mais le monde de l'internet est plus dangereux que prévu.

    SPOILERS

    Ce film est destiné à des enfants et leurs parents. Logiquement, il essaie de parler aux deux publics et offre plusieurs niveaux de lectures. Internet y est expliqué aux enfants, parfois d'une manière peu subtile. Bien que l'internet soit montré comme une ville impressionnante le film n'oublie pas de mettre en scène les aspects moins reluisants, comme les pop-ups ou les spams mais aussi les commentaires haineux et les virus. En ce qui concerne les parents, le film est rempli de références à la culture populaire mais aussi à des sites bien connus.

    Mais le film m'a aussi surpris par l'un des messages mis en avant : la relation toxique créée par Ralph avec Vanellope. Bien que je me sois attendu à des scènes, très drôles, avec les princesses Disney je ne pensais pas que cela irait beaucoup plus loin. Je m'étais trompé. Vanellope est montrée comme une femme qui rêve de changements. Ralph y est montré comme un homme qui fait tout pour empêcher son amie d'atteindre son rêve, allant jusqu'à le détruire. Il est dominateur, il essaie de l'empêcher de se faire de nouvelles amitiés et il refuse d'être considéré comme responsable des problèmes de Vanellope. Au lieu de montrer Vanellope essayant de rester amie, voire plus, le film lui permet de détruire son amitié avec Ralph tant que ce dernier n'est pas excusé et ne fait pas un effort de changement. Ce n'est qu'après, que les deux personnages peuvent commencer à reconstituer leur amitié. Sans user du mot, il est clair que Ralph y est toxique et que seule la compréhension de ses actes peut lui permettre de réparer sa relation avec Vanellope.

    *
    **
    *** Un film plutôt sympathique (je veux les t-shirts des princesses)
    ****
    *****

    Image : IMDB

    Site officiel

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  • Alita: battle angel

    La Terre, un lieu non-identifié, 500 ans après notre ère. L'humanité avait réussi. Nous avions atteint Mars et la Lune grâce à une technologie qui permet de relier cerveau humain et corps robotique. Les sources d'énergies étaient sans fins permettant de faire voler les villes. Mais une guerre a eu lieu. Plus personne ne connait les raisons de celle-ci mais en peu de temps toutes les villes volantes sont tombées. Il n'en reste qu’une : Zalem. En dessous, autours de la décharge créée par les déchets tombés de Zalem, est formée Iron City. Les cyborgs y sont nombreux et aucune police ne défend la population sauf une élite de chasseurs de primes. Le Docteur Dyson Ido y travaille et un jour il découvre la tête d'Alita, tombée de Zalem. Il lui rend un corps mais elle ne sait rien de son passé. Malgré sa naïveté et son amour pour les gens elle comprend rapidement qu'elle a un talent : le combat.

    SPOILERS

    J'étais très sceptique face à ce film. Je ne connaissais pas l'univers d'origine et je ne savais pas de quelle manière il pourrait être adapté. En tout cas, les images sont belles. Zalem est lointaine sans être écrasante alors qu'Iron City semble être construite par des déchets. Le symbole est transparent : une élite supérieure et des inférieurs qui peuvent espère, un jour, monter dans l'échelle sociale, bien que, comme le dit l'un des personnages, il pourrait être mieux d'être un roi des pauvres qu'un esclave des riches. Malheureusement, ces belles images sont détruites par un film très brouillon. La réalisation veut trop en dire en trop peu de temps et on a à peine le temps de comprendre un aspect de cet univers qu'on nous lance sur l'une des intrigues pour ensuite réexpliquer l'univers. Pour finir, on ne comprend rien : on suit l'intrigue sur la découverte du passé d'Alita, l'intrigue "policière", l'intrigue amoureuse, l'intrigue générale qui pourrait implique un second film, l'intrigue sportive et on nous montre le fonctionnement de ce monde. Il y a trop pour trop peu de temps. Ce qui implique une simplification importante des personnages et des liens entre les intrigues créant le second problème.

    Celui-ci est très simple : les personnages sont peu intelligents et réagissent sans raisons. Dyson Ido dit en savoir peu, mais il en sait beaucoup, mais il en sait peu... En revanche il refuse d'aider Alita mais finalement il accepte de l'aider parce que... je ne sais pas mais il y a une question de paternité alors qu'il n'est pas le père d'Alita mais qu'il lui a donné le nom et le corps de sa fille (un peu morbide...). Son ex-femme, Chiren, est prête à tout pour aller à Zalem mais finalement elle change d'idée en 2 secondes et aide Alita. Alita elle-même est construite comme très naïve mais on peut le comprendre vu qu'elle n'a pas de souvenirs. Hugo, cependant, est le personnage le plus insupportable du film et son histoire d'amour avec Alita m'exaspère. Les événements eux-mêmes se déroulent rapidement, sans liens logiques, simplement parce qu'il faut créer un film avec un peu d'action, certes bien mis en scène, mais peu intéressant. Tout cela se termine sur une scène frustrante au possible qui annonce une suite qui pourrait ne jamais avoir lieu.

    *
    ** Je déconseille fortement
    ***
    ****
    *****

    Image : Site officiel

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  • Happy Death Day 2u / Happy birthdead 2 you

    CW: Suicides

    Il y a quelques années, un film sans prétentions mais sympathique à regarder était sorti. On suivait une jeune étudiante, Tree, au comportement horrible, membre d'une fraternité, qui se faisait tuer le jour de son anniversaire pour se réveiller le même matin et recommencer toute la journée. Après bien des péripéties et un grand nombre de morts elle réussit à devenir un peu meilleure, elle se réconcilie avec son père et avec la mort de sa mère et elle trouve enfin la personne qui tente de la tuer depuis le début de ses aventures. Tree pense être enfin sauvée de cette boucle infernale et de ses morts à répétition. Mais la boucle va recommencer et cette fois le tueur n'est plus la même personne. En revanche, elle risque enfin de comprendre pourquoi cette boucle a eu lieu et comment l'arrêter définitivement.

    SPOILERS

    Le premier film était sympa, sans être particulièrement bon. Le but était d'offrir un moment pour s'amuser et ça fonctionnait. Le second film reprend exactement les mêmes idées. Il y a une boucle, un tueur avec un masque qui en cache un second et de nombreuses morts. La construction du film est rigoureusement identique : ce qui doit être la dernière scène est annulée afin de sauver tout le monde. Même les motivations de l'héroïne sont identiques : reprendre le contrôle de sa vie et accepter la mort de sa mère. L'unique changement notable est l'explication du phénomène, dû à une expérience scientifique.

    Le film n'offre donc aucune surprise, même si le tueur a changé. Cependant, il semble que certaines idées ont été abandonnées en cours de route. Alors que la victime de la boucle n'était pas Tree et que l'identité du tueur permettait de penser à quelque chose de différent le scénario repart rapidement sur Tree et sa boucle sans jamais l'expliquer. Pourquoi ne pas avoir accepté ces changements plus importants ? Je n'en ai aucune idée. De plus, le film se rapproche des comédies d'adolescents et d'universités en ajoutant des scènes ridicules avec un doyen qui semble ne pas connaitre son travail et le retour d'une amie de Tree qui devient encore plus problématique qu'elle ne l'était déjà.

    *
    **
    *** Un film qui n'offre rien de nouveau. Il n'est ni réussit ni raté il se contente de copier le premier
    ****
    *****

    Image : Site officiel

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  • How to train your dragon : The hidden world / Dragons 3 : Le monde caché

    Berk est plus prospère que jamais. Hiccup est le chef incontesté du village et, avec ses ami-e-s, il a fait de Berk un havre de paix entre dragons et humain-e-s. Plus encore, il lutte contre les personnes qui chassent et tuent les dragons, offrant un lieu de vie à ces derniers. Mais Berk n'est plus un petit village méconnu. Il est devenu le centre des dragonniers et le nombre importants de dragons qui s'y trouvent en font une cible. Alors que Hiccup réussit toutes ses attaques, les trappeurs décident de demander l'aide d'une légende : l'homme qui a tué tous les nightfury. Après avoir bien réfléchi, il semble qu'il n'existe qu'une solution : se cacher définitivement avec tous les dragons.

    SPOILERS

    Ce qui rend la saga Dragon si intéressante sont ses relations. Le premier film montrait la nécessité de ne pas suivre les pas de ses parents. Le second expliquait que les enfants peuvent être semblables à leurs parents. Ce dernier film marque le passage à la vie adulte et aux responsabilités. Bien que Hiccup soit chef depuis le second film, ce troisième film permet de montrer ce que sont les responsabilités qu'une personne choisie comme cheffe doit accepter. Ces responsabilités impliquent de créer une forme de stabilité mais aussi de prendre en compte les souhaits des personnes mises sous sa protection. Non seulement Hiccup doit accepter que son paradis des dragons ne soit pas forcément souhaité par tout le monde. Mais il doit aussi permettre aux dragons de posséder leur propre destin.

    Malheureusement, ce discours sur les responsabilités passe par un discours très classique sur le mariage, l'amour et les enfants (que je ne suis pas le seul à avoir remarqué si j'en crois les discussions autour de ce film sur les réseaux sociaux). Celui-ci est double, tout comme Hiccup et Toothless sont deux chefs les deux doivent accepter l'amour et la nécessité d'élever une nouvelle génération. Hiccup est poussé par les hommes de son village d'accepter un mariage avec Astrid afin de devenir un véritable chef. Astrid, elle, est poussée par la mère d'Hiccup à accepter un rôle de confidente et de conseillère capable d'aider Hiccup à être un meilleur chef. Jamais personne ne prend en compte leurs souhaits. Une scène seulement marque leur impression de ne pas être prêt à un mariage. Toothless, lui, découvre l'existence d'une femelle de son espèce. Il est poussé par Hiccup à la charmer. Cette intrigue est explicitée par les personnages qui expliquent que les nightfurys sont monogames, la relation entre les deux dragons est donc proche d'un mariage. Faire des enfants et se marier sont donc montrés comme des nécessités qui permettent d'entrer dans l'âge adulte, un discours classique qui oublie les autres possibilités.

    *
    **
    ***
    **** Un dernier film, réussit, d'une saga que j'aime toujours revoir
    *****

    Image : Site officiel

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  • Le moyen âge en occident par M. Balard, J.-Ph. Genet et M. Rouche

    Titre : Le moyen âge en occident
    Auteurs : M. Balard, J.-Ph. Genet et M. Rouche
    Éditeur : Hachette supérieur 11 janvier 2017
    Pages : 367

    La période médiévale est l'une des plus compliquée à comprendre. Elle est reconstituée par des penseurs de la Renaissance qui souhaitaient se rapprocher de l'Antiquité. Elle a une durée longue de près de 1 000 ans. Et surtout nous sommes victimes d'une vision à la fois négative et romantique de la période. Ce livre, destiné à des étudiant-e-s, permet de mettre à plat les connaissances les plus récentes sur la période médiévale et de mieux comprendre sa complexité. Il est divisé en trois parties selon que les auteurs examinent le haut, le classique ou le bas moyen-âge.

    Le haut moyen-âge dure de 410 à 1050 dans ce livre. C'est une période charnière puisque l'europe occidentale passe du système de l'empire romain au système médiéval. Mais les changements ne sont pas brusques. Ils se mettent en place au cours des siècles par la mixité entre aristocratie romaine et barbare. Les royaumes des peuples qualifiés de barbares prennent une part de plus en plus importante en occident. Alors que les premières arrivées sont souhaitées, comme moyen de défense, cela implique rapidement un changement de mœurs et de droit. En effet, le droit romain a fonctionné avec d'autres types de droit. Les barbares suivent leurs propres codes tout en essayant de se rapprocher du fonctionnement de Rome. C'est aussi une période de consolidation et de création de l’église catholique. Toutes les populations ne sont pas converties ou sont converties à des hérésies. La conversion est fondamentale pour comprendre la réussite des Francs face aux autres royaumes. Cette période voit aussi la création et la destruction d'une nouvelle idée impériale sous la forme de l'Empire carolingien. Basé sur les relations directes entre nobles et empereur, le système est rapidement dévié pour justifier des possessions privées et des luttes contre l'empereur carolingien.

    La fin de l'empire carolingien ouvre la période classique, XIème au XIIIème siècle ici. Le fonctionnement de la période est basé sur la possession de la terre et les liens féodaux. Ceux-ci étaient d'abord un moyen de contrôler les nobles et d'assurer leur loyauté. Mais au lieu de garder la terre les empereurs la donnèrent et perdirent le contrôle de la possession. Pire encore, l'empire fut divisé en plusieurs royaumes avec des rois peu puissants et des nobles attachés à leur indépendance. Les prérogatives royales sont intégrées aux droits des seigneurs qui s’insèrent dans un réseau complexe de féodalité et de serment de loyauté. L'église, elle, tente de pacifier la période tout en acceptant la création d'ordres monacaux chargés de prêcher et d'éduquer la population.

    La troisième période, XIVème-XVème, est à la fois une période de perte et de recréation. D'une part, le monde occidental connait une forte perte économique et humaine à la suite des épidémies de peste. De plus, les luttes contre les hérésies commencent à prendre de l'importance alors que des mouvements s'attaquent au fonctionnement de l'église catholique. Mais c'est aussi le début d'un renouvellement du monde artistique et scientifique. Les auteurs antiques sont utilisés afin de justifier les réformes tandis que le monde de l'art connait de nouveaux mouvements basés sur l’individu qu'est l'artiste. Cette période annonce ce que l'on nomme la renaissance qui pourrait être considéré comme faisant partie de la période médiévale.

    Deux aspects sont, selon ce livre, cruciaux pour comprendre le monde médiéval : l'église et l'état. Ces deux organes peuvent être en lutte mais l'église unifie le monde médiéval occidental autours d'une philosophie et d'une croyance. L’état, quant à lui, se crée selon les tensions entre les organes centraux et les seigneurs. Ces derniers veulent garder leur puissance mais l'importance des rois est de plus en plus importante à la fin de période face aux besoins militaires et financiers. Petit à petit, les seigneurs perdent leurs prérogatives et sont contrôlés par une administration de plus en plus importante. De plus, les auteurs ont ajouté, comme de coutume dans cette collection, une chronologie et de nombreuses cartes.

    Image : Éditeur

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