Livre

  • The interdependency 3. The last Emperox par John Scalzi

    Titre : The interdependency 3. The last Emperox
    Auteur : John Scalzi
    Éditeur : Tor 14 avril 2020
    Pages : 320

    L'empire des Wu va tomber. Le système économique et politique ne peut pas résister à la destruction des couloirs qui organisent les flux commerciaux entre les planètes de l'Empire. Grayland II a donné 6 mois au parlement pour trouver un plan capable de sauver le maximum de personnes. Mais le parlement ne trouve pas de consensus. L'unique planète capable d'abriter la vie est sous le contrôle de traitres. Et plusieurs complots de préparent pour assassiner l'Emperox. Ces complots se basent sur l'idée que l'économie, et donc la richesse des élites, doit être sauvegardée à tous prix et que seules les élites, qui se considèrent comme le cœur de l'Empire, peuvent être sauvées. Ce que personne ne sait c'est que Grayland connait ces complots et a des plans pour les gérer.

    SPOILERS

    J'apprécie quand les séries ont une durée de vie précise. L'auteur avait annoncé trois livres, nous avons trois livres. L'auteur annonçait la fin d'un Empire, nous avons la fin d'un Empire. Pour décrire cette fin, Scalzi continue avec ses personnages hauts en couleurs et surtout examine leur capacité à gérer la fin d'un monde. Il en fait une présentation pessimiste des personnes en position de pouvoir. Seules quelques minorités sont en faveurs de sauver le plus grand nombre, les autres veulent préserver leurs richesses puis leurs vies. Encore une fois, que Scalzi décrive une crise inévitable mais niée avant que les préparations nécessaires ne soient pas acceptées car elles risquent de mettre à mal le fonctionnement politique et économique n'est probablement pas un hasard. D'autres que moi ont fait le lien avec la crise climatique et le manque flagrant de courage politique de nos élites.

    Bien que j'apprécie qu'une série s'arrête après un nombre annoncé de livre, ce type de choix risque de créer des problèmes. En particulier lorsque les différents tomes ne sont pas très volumineux (et j'en remercie Scalzi). On risque de nous donner une fin un peu trop rapide sans que les conséquences ne soient réellement décrites. La fin de ce troisième volume tombe, à mon avis, dans cet écueil. Vers le dernier tiers du livre, les machinations politiques s'arrêtent soudainement. Bien que l'on s'attende à quelque chose de précis, ce n'est que vers les dernières pages que Scalzi nous fait la révélation. Tout ceci m'a semblé très précipité et j'aurais apprécié un peu plus de pages pour le préparer. J'aurais aussi aimé avoir une fin un peu plus longue qui permette de mieux comprendre le nouvel état politique et économique de l'Empire. Mais, au moins, l'histoire se termine ici sans, pour autant, fermer la possibilité d'autres romans dans le même univers si l'auteur le souhaite.

    Image : Éditeur

  • Le Sorcelleur 1. Le dernier voeu par Andrzej Sapkowski

    Titre : Le Sorcelleur 1. Le dernier vœu
    Auteur : Andrzej Sapkowski
    Éditeur : Bragelonne 22 avril 2011
    Pages : 384

    J'ai découvert tardivement cet ouvrage. J'ai commencé par tenter la série, sortie récemment, que je n'ai pas aimé. J'ai continué avec les trois jeux, que j'ai apprécié. Je me demandais comment j'allais réagir face aux livres qui ont porté ces deux adaptations. J'ai commencé, assez naturellement, par le premier tome selon l'édition française (il y a apparemment un tome 0 sorti bien après). Le livre est constitué de plusieurs nouvelles reliées par une méta-nouvelle dont les chapitres, qui s’insèrent entre deux nouvelles, permettent de créer une intrigue générale ainsi qu'une chronologie plus précise. Le roman nous conte les aventures d'un Sorcelleur, un tueur de monstre professionnel, au sein d'un monde de type médiéval. Son nom est Geralt de Riv et malgré ses talents il se demande si son métier est encore adapté au monde actuel.

    SPOILERS

    Le livre commence par une scène de sexe très gênante... Mais je suis passé outre afin d'avoir un avis global sur ce premier tome. Je dois dire avoir apprécié la réécriture des contes. L'auteur les réimagine en se rapprochant de leur écriture originale ce qui crée un contraste agréable avec la réécriture de Disney. On retrouve, par exemple, La belle et la bête, la Belle au bois dormant sans oublier Cendrillon. De plus, l'auteur inscrit tout ceci dans un univers précis, mouvant, qui connait aussi bien les véritables monstres, dangereux, que les contes et légendes. Geralt de Riv navigue dans ses différences entre légendes et réalité tout en faisant attention à ne tuer que ce qui est réellement monstrueux. Il y a donc du potentiel en ce qui concerne l'univers, mais ce premier tome ne va pas très loin de ce point de vue.

    Malheureusement pour moi, je ne pense pas avoir réussi à m'intéresser suffisamment à cet univers pour avoir envie de passer au second tome. Les dialogues m'ont semblé poussifs et parfois inutilement grossiers. Bien que les scènes de combats et d'enquêtes puissent être intéressantes, elles ne sont pas assez réussies pour me donner envie d'en savoir plus. Je ne sais pas si cela provient de moi ou de la traduction mais ce roman me donne l'impression d'être très fainéant. Je pense que de nombreux éléments auraient mérités d'être décrits de manière plus précise. J'ai aussi beaucoup de mal avec les personnages féminins. Les quelques femmes que rencontre Geralt ne sont présentes que pour être observées, touchées ou pour le sexe, ce qui débute dès les premières pages. Rares sont celles qui se mettent même à parler ! De plus, j'avoue avoir du mal à apprécier des scènes durant lesquelles Geralt décrit les formes des femmes qu'il rencontre et dénude. Il est peu probable que je continue cette série de livres.

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    **
    *** Je ne me suis pas assez intéressé à cet univers pour avoir réellement envie de continuer de le lire. J'ai aussi beaucoup de mal avec la manière dont l'auteur écrit les personnages féminins.
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    Image : Éditeur

  • High-Opp par Frank Herbert

    Titre : High-Opp
    Auteur : Frank Herbert
    Éditeur : Robert Laffont 18 septembre 2014
    Pages : 252

    L'humanité a connu plusieurs révoltes depuis notre époque. Des révoltes qui ont mené à une nouvelle forme de civilisation basée sur la puissance des sondages. Les hommes et les femmes dépendent de ces sondages pour monter en grade au sein de la société et atteindre les privilèges des personnes les plus hauts placées. Movius est l'une de ces personnes. Son origine est humble mais ses capacités lui ont permis d'atteindre l'un des niveaux les plus élevés de la société. Mais un jour un sondage détruit son administration. Il se trouve immédiatement au plus bas de la société, ayant perdu tous ses privilèges. Cette perte le pousse à questionner le fonctionnement du gouvernement et à se demander si d'autres ne sont pas, comme lui, en colère.

    SPOILERS

    Je pensais avoir lu tous les romans de Frank Herbert. J'apprécie particulièrement son œuvre, même si on peut la questionner. Ce roman, que je ne connaissais pas, est annoncé comme un livre qui n'avait pas été édité, un inédit. J'étais donc curieux de le lire. Les personnes qui connaissent Frank Herbert ne seront pas surprises pas les personnages ni par l'intrigue. Nous avons l'importance de la psychologie, une réflexion sur la nature du gouvernement et bien entendu une figure prophétique. Mais ce roman ne traite qu'imparfaitement de ces thèmes. Là ou Dune crée une fresque High-Opp reste à la surface sans jamais nous donner envie de connaitre son univers. L'auteur se contente de faire son travail sans jamais réellement mettre en question son intrigue. Celle-ci, d'ailleurs, est trop rapide et l'on a du mal à accepter de voir un simple fonctionnaire devenir un génie politique uniquement parce que... il serait un génie depuis le début qui attendait les bons événements pour se révéler.

    Mais le livre a surtout très mal vieilli, en particulier en ce qui concerne les personnages féminins. Ceux-ci sont au nombre de quatre. Deux ne sont que de passage le temps de protéger ou trahir Movius. Deux autres sont des intérêts romantiques avec une possibilité de le trahir. La première est décrite comme très belle mais qui use de cette beauté pour manipuler les hommes, suivant aveuglement et sans réflexions les ordres qu'elle reçoit. La seconde est décrite comme ordinaire, tentant de manipuler Movius mais n'y arrivant car elle est à la fois moins intelligente que lui et amoureuse de lui. Alors que les hommes sont décrits comme rationnels mais capables de prendre des décisions justes basées sur un instinct les femmes sont décrites comme émotionnelles et incapables de garder leur rationalité face à leurs émotions. Les deux intérêts romantiques perdent face à Movius à cause de leurs émotions, la première parce qu'elle se rend finalement compte de la virilité de Movius. La seconde car elle agit selon ses émotions et non selon les décisions réfléchies de Movius, l'obligeant à se mettre en danger pour la sauver... Bref, l'écriture des personnages féminines et très problématique. L'auteur naturalise des différences de genre sans même y penser.

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    ** Un roman dont les thèmes sont souvent traités par Frank Herbert mais qui a très mal vieilli
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    Image : Éditeur

  • The craft sequence 1. Last first snow par Max Gladstone

    Titre : The Craft sequence 1. Last first Snow
    Auteur : Max Gladstone
    Éditeur : Tor 26 avril 2016
    Pages : 396

    Dresediel Lex est une ville qui a connu les divinités. Celles-ci ont, pendant des siècles, construits et protégés la cité. Mais le monde n'était pas juste et une partie des humain-e-s ont rejoint une révolution sous le nom de guerres divines. Cette révolution a vaincu et Dresediel Lex est maintenant contrôlée par Le Roi en Rouge, un mort vivant. Malgré le changement de pouvoir, les anciens enchantements sont toujours en fonction. Une partie des élites de la ville souhaite les mettre à jour avec l'aide du cabinet d'avocats d'Elayne Kevarian. Mais le peuple de la cité n'est pas forcément d'accord et les tentatives de discussions peuvent rapidement mal tourner.

    SPOILERS

    Max Gladstone est fort. Il ne donne pas d'informations importantes sur le passé de son univers et pourtant celui-ci nous semble vivant. On observe les conséquences des anciennes guerres et les changements qu'une révolution implique pour tout le monde. Mieux encore, il décrit un système de magie à la fois proche de ce dont on a l'habitude et très différent. Certes, il y a des démons, des monstres et des divinités. Mais la magie est avant tout un système de contrat basé sur les âmes en tant que monnaie. Il est donc parfaitement naturel que les meilleurs mages et magiciennes soient aussi des expert-e-s en droit. Ainsi, la magie se prépare au sein de réunions durant lesquelles les aspects légaux sont examinés avec attention.

    Max Gladstone fait aussi attention à ses personnages et à leur manière de réagir. Ces personnages changent au fil du temps et leurs expériences forment leurs réactions aux différents événements. Ce qui permet de créer une intrigue parfaitement logique dont les pièges sont visibles par les personnages qui ne peuvent éviter d'y entrer puisque leur personnalité est trop précisée. D'une certaine manière, Max Gladstone est très déterministe.

    J'avais réellement envie d'apprécier ce roman. Je voulais réellement entrer dans cette série dont j'ai entendu beaucoup de bien. Malgré les réussites de Max Gladstone en tant qu'écrivain, j'ai beaucoup apprécié le fonctionnement de son univers, je n'ai pas réussi à entrer dans le livre. À mon grand regret, cette œuvre n'a pas fonctionné sur moi car je n'ai pas réussi à apprécier les personnages ni leur manière de fonctionner au sein des règles construites par l'auteur. Je ne continuerais donc pas cette série.

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    *** Très bien écrit, très bien construit mais je n'ai pas réussi à m'y intéresser. J'en suis désolé.
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    Image : Site de l'auteur

  • L'Europe et le monde. XVIe-XVIII siècle par François Lebrun

    Titre : L'Europe et le monde. XVIe-XVIII siècle
    Auteur : François Lebrun
    Éditeur : Armand Colin 9 février 2018
    Pages : 352

    Voilà un livre dont la lecture fut laborieuse. Que je n'apprécie pas particulièrement l'époque dites moderne a dû jouer sur ma capacité à terminer ce livre. Il faut aussi ajouter une grande densité des événements, personnages et lieux puisque l'auteur essaie de synthétiser trois siècles extrêmement riches tout en souhaitant parler du monde entier. Un programme aussi ambitieux peut difficilement tenir sur un nombre de pages restreint. Le nombre de chapitres permet de le comprendre, pas moins de 22. Au vu de la densité il est difficile de résumer un tel ouvrage mais je vais m'y essayer.

    Sans user d'une présentation chapitres par chapitres, inutile dans le cas présent, il faut tout de même essayer de mettre en avant une certaine construction. L'auteur, François Lebrun, nous montre tout d'abord une histoire politique riche. Les différents royaumes de l'Europe se constituer les uns par rapports aux autres lors de différentes guerres qui permettent d'amoindrir ou d'augmenter la force de certaines couronnes. L'auteur réussit aussi à nous parler d'états peu connus, en Suisse, comme la Suède, les Provinces-Unies mais aussi la Russie.

    L'auteur essaie aussi de mettre en avant les changements culturels et scientifiques. L'art, le baroque et le classicisme, se voient consacrés des chapitres entiers. Le rationalisme est aussi mis en avant permettant d'introduire les Lumières et d'expliquer comment les scientifiques commencent à être des professionnels soutenus par les états. Mais c'est surtout la religion qui prend une place importante dans ce livre. En effet, les trois siècles examinés sont ceux de nombreuses guerres de religions entre protestants et catholiques. Ces guerres ne permettent plus d'unir l'Europe sous une religion unique ce qui a des conséquences politiques.

    Enfin, l'auteur essaie de faire une histoire mondiale. Bien que les deux points précédents soient réussis, je pense que ce dernier essai est un échec. Certes, l'auteur parler des Indes, des Grandes Découvertes et des Amériques. Mais ce sont surtout les colonies européennes qui sont mises en avant et les actions européennes. L'histoire du continent africain est à peine explicitée dans un unique chapitre avant de disparaitre. L'histoire de l'Inde dépend de l'examen des rivalités coloniales. L'Amérique du Sud et celle du Nord sont dans le même cas alors que les empires ne sont que peu décrits. Je ne connais pas grand-chose à ces histoires, mais l'auteur échoue, à mon avis, largement à les mettre en avant. Il reste centré sur l'Europe et sa main mise sur le monde.

    Image : Éditeur

  • Doctor Who: At Childhood's End par Sophie Aldred

    Titre : Doctor Who : At Childhood's End
    Autrice : Sophie Aldred
    Éditeur : Penguin 6 février 2020
    Pages : 304

    Dorothy McShane est riche, très riche. Son argent lui a permis de créer une fondation de charité qu'elle utilise pour aider le monde. Mais elle s'en sert aussi pour espionner les groupes gouvernementaux chargés d'évaluer et de traiter les menaces aliens (du moins jusqu'à ce qu’UNIT fut détruit). Elle même s'occupe de quelques problèmes aliens tout en évitant d'être trop présente sur les dossiers de ces organisations militaires. Car Dorothy McShane n'est pas une simple humaine. Lors de son adolescence elle fut capturée, exilée sur une autre planète pour finalement être recueillie par le Docteur. Du moins jusqu'à ce qu'elle décide qu'elle ne pouvait plus être un pion sur son échiquier personnel. Donc lorsque des enfants disparaissent elle n'attend pas le retour du Docteur, elle agit immédiatement.

    SPOILERS

    Quelqu'un qui regarde la série sait que Doctor manipule les gens. Que ce soit pour les protéger ou les vaincre Doctor a toujours un moyen de faire en sorte que ses ennemis se battent eux-mêmes. Il a rarement besoin d'agir réellement pour que quelqu'un perde la vie. Ten était particulièrement conscient de cela à la fin de son existence lorsqu'il explique à Wilfred être capable de convaincre une personne de se suicider en usant uniquement de mots. Mais il est rare que les personnes qui suivent Doctor mettent en cause ses actions, car elles sont souvent pour le bien commun. Pourtant, c'est le cas de Dorothy McShane alias Ace. Et ses remises en causes sont exprimées par Yaz. Je crois que c'est la première fois, dans les livres, que la nouvelle équipe exprime des doutes. Je ne suis pas surpris que ce soit Yaz qui soit choisie pour en parler, elle me semble la personne la plus logique étant donné son entrainement au sein des forces de police. Ce livre est donc beaucoup plus critique envers les actions du Doctor que certains autres.

    Le livre met aussi en avant les conséquences d'un voyage avec Doctor. Outre la perte de sa capacité à décider, étant donné que le Doctor décide pour les autres, il y a aussi les risques. Dans ce roman, tous les personnages sont mis en danger à un moment ou à un autre à cause du Doctor. Tous les personnages souffrent des décisions et des demandes du Doctor. Certains personnages, Ace par exemple, sont particulièrement conscient de ceci. Ace ne pardonne toujours pas au Doctor de l'avoir manipulée ce qui a conduit à la mort, de ses mains, de plusieurs personnes. Et elle sait ne pas être en sécurité auprès du Doctor car trop de mensonges et de secrets existent. L'autrice met ceci en valeur jusqu'aux dernières pages, lorsque Dorothy McShane annonce à son amant que la Doctor a "menacé de venir le voir de temps en temps."

    Bien que ce roman ne soit pas aussi bien que je l’espérais. Il réussit son contrat. Il met en place une menace basée à la fois sur le passé de la série tout en étant ancrée dans son fonctionnement actuel. Ainsi, le protagoniste principal use de stratagèmes modernes pour éviter d'être mis en danger par la justice suivant en cela les efforts de Chibnall pour parler des problèmes que l'on pourrait qualifier de sociétaux plutôt que de mettre en avant un vilain classique.

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    *** Intéressant, l'autrice montre son amour de l'univers Doctor Who. Mais pas transcendant
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    Image : Éditeur

  • The founders trilogy 2. Shorefall par Robert Jackson Bennett

    Titre : The founders trilogy 2. Shorefall
    Auteur : Robert Jackson Bennett
    Éditeur : Joe Fletcher Books 20 avril 2020
    Pages : 496

    CW : Tortures, esclavagisme

    Il y a trois ans que Sancia et ses ami-e-s ont fait tomber l'une des Grandes Maisons Marchandes en une seule nuit. Désormais, illes ont construit une nouvelle forme d'entreprise qui offre ses services aux personnes dans le besoin d'une aide technique et de connaissance, ceci en échange de travaux intellectuels. Les Grandes Maisons Marchandes n'ont pas pu réagir car elles sont aux prises avec une révolte d'esclaves dans les plantations. Les événements passés vont cependant redevenir important. Valeria, maintenant libre, annonce à Sancia l'arrivée et la résurrection imminente de Crasedes Magnus, le premier hiérophante. Ce dernier a un plan pour l'humanité et Valeria en possède un différent. La guerre est inévitable.

    SPOILERS

    Dans tous les livres de cet auteur, que j'ai lu, il y a un thème commun : le pouvoir et la volonté de l'utiliser pour soi ou pour rendre le monde meilleur. Le premier tome permettait de créer l'univers de Foundryside en présentant une civilisation utilisant des technologies magiques avancées mais basées sur l'esclavage et dont certaines personnes, faisant partie des élites, tentaient d'user d'une magie basée sur la mort d'autres êtres humains.

    Le second tome montre un contexte un peu différent. Le pouvoir des Grandes Maisons est abaissé par la perte de leurs connaissances, maintenant un peu plus partagées, et une révolte des esclaves. Mais leur pouvoir est encore très grand. Plusieurs personnages souhaitent contrôler ce pouvoir afin de modifier le monde. La plupart que l'on suit directement souhaitent l'utiliser afin d'améliorer le monde. C'est le cas de Sancia et des Dandolos mais c'est aussi le cas de Crasedes Magnus. Loin d'être un simple être maléfique, il a une histoire ancienne. Son enfance et son expérience lui ont permis de penser le pouvoir et l'humanité et d'atteindre une solution : le seul moyen de détruire la possibilité qu'une personne possède du pouvoir est d'empêcher tout le monde d'en posséder ce qui implique la fin de la possibilité de choisir.

    Face à lui nous avons deux types de personnages. La première est Valeria, un outil qui a atteint la sentience et qui souhaite empêcher Crasedes Magnus de réussir son plan. Mais ses actions ne prennent pas en compte le consentement de l'humanité ni les nombreuses morts que cela impliquerait. Nous avons aussi Sancia, Bérénice, Gregor et Orso. De ces quatre personnes deux ont connu l'esclavage, quoique pas de la même manière. Ce groupe tente de créer une révolution d'une part en redistribuant les connaissances et d'autre part en faisant tomber les Grandes Maisons une à une. À la lecture, on pourrait facilement suivre leurs avis. Mais l'auteur a eu l'intelligence de questionner leurs pratiques et leurs potentielles réussites. La redistribution permet-elle réellement la libération ? Les tactiques des quatre n'implique-t-elle pas aussi une prise de contrôle ?

    Avec ce second tome, Robert Jackson Bennett prend le parti de complexifier son univers et de refuser de donner des réponses simples. Il questionne les motivations de toutes les parties présentes et refuse d'entrer dans un simple manichéisme. Tous les personnages prennent des décisions compréhensibles si l'on prend en compte leur passé. Cependant, il me semble tout de même que l'auteur marque l'importance d'une part du choix et d'autre part du partage au lieu du contrôle. Que j'aie bien compris le propos de l'auteur, ou non, j'ai beaucoup apprécié ce second tome et je me réjouis non seulement de lire le troisième tome mais de savoir ce que l'auteur va écrire plus tard.

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    ****
    ***** Un très bon second tome qui démarre immédiatement pour ne pratiquement pas nous laisser souffler

    Image : Éditeur

  • A crash of fate par Zoraida Córdova

    Titre : A crash of fate
    Autrice : Zoraida Córdova
    Éditeur : Disney 6 aout 2019
    Pages : 352

    Baatu est une planète qui fut un jour prospère mais qui n'est maintenant qu'un petit poste entre une partie méconnue de la Galaxie et une partie inexplorée. Mais les habitant-e-s de cette planète l'apprécie malgré l'importance du nombre de criminel-le-s dans la principale ville. Outre celle-ci, Baatu est surtout habitée d'agriculteurs et d'agricultrices. Jules est l'un des enfants de Baatu. Bien qu'il ait toujours souhaité partie explorer la Galaxie il est resté sur place. Il possède l'espoir secret de revoir une amie d'enfance disparue il y a longtemps : Izzy. Après une décennie sans nouvelle, celle-ci revient à Baatu avec quelques ennuis.

    SPOILERS

    Que dire de ce roman ? Il est singulièrement vide. Le roman est en dehors des événements de Star Wars, même si on mentionner la destruction de la Nouvelle République par la Premier Ordre et l'existence de la Résistance. Ce livre se concentre sur deux personnages et leurs aventures durant une journée sur Baatu. Les deux rencontrent tous les personnages et lieux importants de la planète. Outre leur visite, l'intrigue permet de placer les deux personnages ensembles au sein d'une histoire d'amour. Malheureusement je n'ai été ni convaincu ni intéressé. Ce roman a totalement échoué à m'intéresser.

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    **
    *** Je n'ai pas réussi à y trouver un intérêt
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    Image : Éditeur

  • Evaluer des compétences : Guide pratique par François-Marie Gérard, Jean-Marie De Ketele et BIEF

    Titre : Évaluer des compétences : Guide pratique
    Auteur : François-Marie Gérard, Jean-Marie De Ketele et BIEF
    Éditeur : De Boeck 2011
    Pages : 251

    L'évaluation est l'un des centres de la pratique de l'enseignement. C'est aussi une pratique de plus en plus généralisée, aussi bien dans le monde professionnel qu'après une expérience de consommateur. Ces derniers exemples, bien que souhaitant contrôler et améliorer une pratique, sont particulièrement médiocre en termes de pensée de l'évaluation. En effet, cette pratique est compliquée. Il faut suivre des injonctions de nombreuses personnes et institutions tout en essayant de juger de manière exacte la personne évaluée. Il est donc normal que des livres entiers soient consacrés à ce sujet, dans celui-ci que je viens de terminer.

    Ce livre est construit en 4 parties et 15 chapitres nommés séquences, sans prendre en compte l'introduction, la conclusion et une séquence 16 sous forme d'atelier pratique pour vérifier son apprentissage. Ces séquences ne sont pas forcément destinées à être lues à la suite. Il est possible de parcourir le livre selon des intérêts précis, comme le montre un guide de lecture au début de l'ouvrage. Les séquences sont organisées en une situation qu'il faut questionner. À la suite sont proposées des informations théoriques. Enfin, un exercice pratique est suivi d'une proposition de correction. Le but des auteurs est de présenter une méthode, de la justifier théoriquement puis de permettre l'autoformation par des exercices et une réflexion.

    Le but des auteurs est donc de proposer une évaluation des compétences. Celle-ci n'implique pas simplement des connaissances vérifiées par des questions précises auxquelles il faut répondre et dont le nombre d'erreurs et de réponses justes permettent de calculer une note précise. L'évaluation de compétences implique un enseignement de ces compétences, via des situations problèmes, ainsi qu'une évaluation qui dépense de critères précis. Ces critères doivent être évalués selon l'échec, la réussite ou l'excellence. Ainsi, on n'observe pas simplement la capacité à répondre à une question mais la capacité à gérer un problème complexe. Mieux encore, même si l'étudiant-e fait une erreur ce type d'évaluation permet tout de même de noter positivement ce qui est réussi.

    Les auteurs proposent donc un système d'évaluation complexe. Il implique non seulement de préparer son enseignement mais aussi ses évaluations ainsi que les grilles d'évaluation. Malgré ce temps important de préparation, les auteurs souhaitent défendre une méthode qui, selon eux, permet une amélioration importante des élèves. Ils défendent aussi une culture de la réussite, ce qui veut dire d'essayer de faire réussir un maximum d'élèves. Ce livre s'adresse spécifiquement aux profesionnel-le-s de l'enseignement et des personnes extérieures pourraient ne pas s'y retrouver, cependant il permet aussi de mieux comprendre l'inutilité des nombreuses évaluations que l'on subit ou que l'on est invité à faire dans notre société.

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  • Alphabet Squadron par Alexander Freed

    Titre : Alphabet Squadron
    Auteur : Alexander Freed
    Éditeur : Penguin 31 décembre 2019
    Pages : 576

    La Rébellion a vaincu. L'Empire a perdu son Empereur lors de la destruction de l'Etoile Noire. Depuis, l'armée de l'Empire a perdu sa cohésion et fuit en ordre dispersé devant la puissance de ce qui est maintenant la Nouvelle République. Bien que la paix ne soit pas encore signée, tout le monde sait que la Nouvelle République est sur le chemin de la victoire. Ceci à la plus grande surprise de ses membres. La Galaxie change. Les défections dans les rangs impériaux sont de plus en plus nombreuses. En particulier après l'opération Cinder qui ordonne la destruction de mondes entiers. Yrica Quell fait partie de ces impériaux qui ont décidé de partir. Après des mois elle est finalement recrutée pour lutter contre son ancien escadron : Shadow Wing. Car celui-ci a reconstitué une base impériale qui pourrait devenir un danger important pour la Nouvelle République.

    SPOILERS

    Ce pourrait paraitre surprenant, mais assez peu nombreux sont les ouvrages qui traitent de la guerre au sein de l'univers Star Wars. Plus précisément, peu nombreux sont les ouvrages qui en traitent aussi bien en termes de plans militaires que des conséquences sur les soldat-e-s. Ce premier volume d'une future trilogie se concentre fortement sur le fonctionnement des différents vaisseaux qui constituent les flottes de chasseurs et de bombardiers de l'univers Star Wars. À la lecture, on a vraiment l'impression d'avoir en face de soi une machine avec ses capacités et limites. Des machines qui souffrent lors d'un conflit et qui peuvent devenir inopérantes dans certains contextes.

    Nous avons aussi enfin une vision de l'état de différent-e-s soldat-e-s après une longue guerre. Les membres de l'escadron ont toustes subis plus ou moins fortement la puissance de l'Empire. Que ce soit une promesse rituelle, l'envie de devenir une légende dans la mort ou encore la simple vengeance voire même le souhait de la rédemption ces personnages ont des cicatrices. Même Hera Syndulla, que j'ai été très heureux de revoir, n'est pas indemne et subi l'ancienneté de la guerre.

    Malheureusement, ce roman est porté par un grand nombre de personnages peu sympathiques. Ne pas avoir uniquement un type de personnages est une bonne chose mais j'ai, personnellement, eu du mal à m'attacher à un grand nombre d'entre-elleux. J'ai surtout du mal avec Caern Adan dont les apparitions furent laborieuses pour ma lecture. Je trouve le personnage à la fois peu intéressant et brutalement antipathique. Cet aspect a fortement joué sur mon plaisir lors de la lecture de ce roman.

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    *** Un bon roman de guerre avec des personnages que je n'aime pas
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    Image : Éditeur

  • Battlefront II: Inferno Squad par Christie Golden

    Titre : Battlefront II : Inferno Squad
    Autrice : Christie Golden
    Éditeur : Penguin 27 mars 2018
    Pages : 400

    Iden Versio est la fille d'un amiral et d'une propagandiste. Deux personnes parmi les plus loyales envers l'Empire. Elle-même, est extrêmement loyale. Son entrainement et ses capacités sont proches de la perfection. Ses capacités lui ont permis d'être l'une des personnes envoyées sur l'Etoile de la mort, chargées de sa défense au sein d'un escadron de chasseurs Ties. Mais ce que personne au sein de l'Empire ne pouvait imaginer est arrivé. Les rebelles ont gagné, détruit l'arme la plus puissante jamais construite par l'Empire et seules quelques personnes ont survécu à cette bataille. Iden Versio est l'une de ces personnes. Après un peu de temps pour guérir son père décide de la mettre en charge d'un escadron spécial chargés de missions spécifiques qui demandent l'action des meilleurs des meilleurs : L'Escadron Inferno.

    SPOILERS

    L'escadron Inferno est connu par les personnes qui ont joué à Battlefront II version EA. En effet, nous y prenons le contrôle d'Iden Versio pendant et peu après la bataille d'Endor. Ce roman se déroule bien avant puisqu'il se déroule après la destruction de la première Etoile Noire. On observe la constitution de l'escadron et quelques missions avant d'entrer dans le propos principal du livre : la destruction des derniers partisans de Saw Gerrera.

    Aussi bien nous que les personnages passent de l'autre côté. Nous car, cette fois, nous suivons les aventures de membres de l'Empire chargés de le défendre. Les personnages car illes doivent infiltrer les Partisans. Dans les deux cas, on est forcé de penser un peu plus aux personnes qui sont rebelles ou membre de l'Empire. Le livre montre que le combat n'est rendu possible que parce que l'ennemi est déshumanisé, que ce soit à l'aide de mots mais aussi par la distance. Pour tous les membres de l'Escadron, il devient difficile de tuer lorsqu'on apprécie la personne en face.

    Ce roman suit un premier roman portant le titre de Battlefront. Les deux sont très différents. Le premier nous faisait suivre une unité entière de rebelles sur plusieurs fronts. Celui-ci se concentre sur 4 personnages et prend le temps de mettre en place une mission particulière et ses effets sur les personnages. Selon moi, ce second roman est bien mieux réussi que le premier. Je me suis bien plus attaché aux personnages et aux événements. Il me semble aussi plus intéressant en développant le fonctionnement militaire de l'Empire.

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    **** Un second roman Battlefront réussit après la déception que fut le premier.
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    Image : Éditeur

  • Leia, Princess of Alderaan Journey to Star Wars: The Last Jedi par Claudia Gray

    Titre : Leia, Princess of Alderaan Journey to Star Wars : The Last Jedi
    Autrice : Claudia Gray
    Éditeur : Disney 1 septembre 2017
    Pages : 416

    Leia a 16 ans. Elle est la fille adoptive de la famille régnante d'Alderaan. Et cette année elle doit accepter le passage de l'enfance à la vie adulte. Cette année elle doit prendre trois défis qui permettent de prouver non seulement ses capacités physiques mais aussi son intelligence et sa loyauté envers la population d'Alderaan et de la Galaxie. Mais Leia vit son adolescence au sein d'une galaxie contrôlée par l'Empereur Palpatine. Et alors qu'elle tente de réussir ses différents défis elle commence à se rendre compte que certaines choses lui sont cachées et que ses connaissances de leur existence pourraient la mettre en danger, ainsi que le peuple qu'elle doit protéger et servir.

    SPOILER

    Ce roman est l'un de meilleurs du nouvel univers étendu star wars. Il se concentre sur le personnage de Leia lors de sa jeunesse et de son apprentissage de la politique, de son identité et de sa place au sein de l'univers. On observe une Leia fortement impliquée au sein de sa famille et qui souffre de l'éloignement de ses parents. Elle ne veut que leur amour et leur fierté. Bien qu'elle ne recherche pas ses parents de sang, la question est mise en avant lors d'une scène précise sur Naboo. Le roman marque aussi l'importance de l'amitié pour construire son futur et préparer des alliances qui permettront de lutter contre Palpatine. Certains personnages ne semblent pas dignes de confiance mais l'autrice montre qu'il faut tout de même creuser un peu avant d'abandonner une amitié potentielle.

    Le roman parle aussi du devoir. Leia, durant ce roman, suit ce qu'elle considère son devoir : défendre son peuple et sa planète. De nombreuses pages permettent de décrire une famille royale humble qui considère que la loyauté de leurs sujets dépend de la capacité de la royauté à mériter celle-ci. Bien que le devoir soit important, l'autrice marque tout de même que Leia a le droit de connaitre le bonheur et de prendre le temps de prendre soin d'elle-même. Surtout si elle souhaite être capable de lutter à l'avenir. On a donc un propos qui prend en compte l'importance de prendre soin de soi tout en marquant l'importance d'accepter ses devoirs.

    Pour finir, voici un roman qui capture parfaitement Leia. Une jeune femme capable d'amour mais aussi extrêmement intelligente. Aussi forte pour comprendre les rouages de l'administration que pour apprendre le maniement des armes à feu. Mais surtout une Leia qui prend à cœur la nécessité de faire son travail pour le bien de tous et non pour elle-même.

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  • L'Europe des Lumières par Pierre-Yves Beaurepaire

    Titre : L'Europe des Lumières
    Auteur : Pierre-Yves Beaurepaire
    Éditeur : PUF 27 juin 2018
    Pages : 125

    Je dois avouer que la période moderne, les Lumières et les guerres de religions en particulier, ne m'a jamais intéressé. Malheureusement, je suis dans l'obligation de connaitre les bases de la période pour des raisons professionnelles. Sans forcément me lancer dans des recherches universitaires, il est toujours possible de consulter de petits livres synthétiques afin d'intégrer les informations les plus importantes d'un sujet donné.

    L'auteur tente une synthèse de l'Europe des Lumières en 4 chapitres. Le premier chapitre permet de passer outre l'histoire des grands hommes afin de mettre en avant un fonctionnement social et culturel du monde européen. Dans ces pages, l'auteur explicite la construction des académies mais aussi les liens de sociabilités. Ceux-ci impliquent de connaitre des codes précis. La méconnaissance implique l'éjection du milieu, qui devient très difficile d'accès.

    Un second chapitre, que j'ai beaucoup apprécié, se concentre sur la circulation des imprimés. L'auteur y examine les journaux mais aussi les productions plus confidentielles qui tentent de s'extraire de la censure. Les productions écrites essaient de lever le voile du fonctionnement politique du monde, mais doivent rester dans certaines limites pour avoir le droit d'être diffusés publiquement. Les journaux plus clandestins essaient de jouer sur l'exclusivité des informations pour créer l'intérêt et avoir des abonnés. Ces écrits sont lus par les personnes même qui sont à la charge de l'état, et peuvent être des instruments importants de diplomatie.

    Enfin, les troisième et quatrième chapitres tentent de parler de deux sujets antinomiques : l'intégration européenne et les divisions internes. L'auteur met en avant l'existence d'une élite européenne qui essaie de créer une union qui dépasse les frontières, en particulier via les loges maçonniques. Mais la période moderne se trouve aussi dans un contexte de guerres qui créent des divisions importantes au sein du continent. L'auteur pense, d'ailleurs, que la période voit l'apparition d'un début de conscience nationale, ce qui n'implique pas un nationalisme. Malgré les tentatives de paix mondiales et d'union entre les peuples le continent est fortement divisé entre certaines puissances.

    J'ai apprécié que ce petit volume abandonne les grands hommes pour essayer de comprendre une société européenne. On ressort de ce livre avec l'impression de l'importance des circulations d'écrits et d'hommes pour créer un continent uni dans l'idée de Lumières, de progrès et de science. Nous n'y trouvons pas d'événements politiques, en dehors de ceux qui permettent de mieux comprendre certains points. Il peut être nécessaire d'avoir un peu de connaissances sur ce sujet pour certains chapitres.

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  • Approches didactiques de l'interdisciplinarité sous la direction de Barbara Dufour, Gérard Fourez et Alain Maingain

    Titre : Approches didactiques de l'interdisciplinarité
    Direction : Barbara Dufour, Gérard Fourez et Alain Maingain
    Éditeur : DeBoeck août 2013
    Pages : 284

    On entend souvent parler d'interdisciplinarité, de la nécessité de passer outre les disciplines pour donner aux élèves des compétences utiles en tant que membres d'une société mais aussi comme futurs employé-e-s. Mais il est rare que l'on explique exactement ce que l'on entend par ce terme d'interdisciplinarité, laissant les enseignant-e-s trouver des méthodes. Heureusement, il existe des cours mais aussi des livres qui permettent de définir le terme et d'avoir des méthodologies à appliquer. Ce livre prend 16 chapitres et 4 parties pour cela.

    La première partie permet de réellement définir le terme. L'interdisciplinarité n'est pas un simple agrégat de différentes disciplines. Il est nécessaire de poser une problématique à laquelle seul le lien entre différentes expertises permet de répondre. Cela implique de préparer le terrain de recherche et de travail pour les élèves en liant plusieurs enseignant-e-s au sein d'une équipe pédagogique.

    La seconde partie pose la question des méthodes à mettre en place pour créer cette jonction entre différentes disciplines. À l'aide de plusieurs exemples au sein des chapitres, les auteur-e-s essaient de donner une méthode mais aussi une théorie de l'interdisciplinarité. Cette partie est particulièrement intéressant pour mieux comprendre ce que signifie ce type de travail ainsi que ce que l'on peut en tirer.

    La troisième et la quatrième partie s'intéressent en particulier au travail pédagogique. Que ce soit la définition du terme de compétence ou encore la manière d'évaluer le travail demandé aux élèves. Ce dernier est particulièrement intéressant. Il marque la nécessité de communiquer clairement aux élèves les demandes des enseignant-e-s. Les auteur-e-s défendent la nécessité de fournir une grille d'autoévaluation mais aussi une grille d'analyse de la production des élèves. Celles-ci devraient être formées en commun par l'équipe pédagogique afin de réfléchir à toutes les compétences évaluées. Bien entendu, les auteur-e-s parlent aussi de la nécessité de l'évaluation formative durant le travail qui sera évalué.

    Bien que le thème du livre soit spécifique les auteur-e-s offrent des pistes d'actions pédagogiques qui peuvent facilement être remobilisées dans plusieurs projets. Ainsi, les enseignant-e-s et expert-e-s ne seront pas étonné-e-s par ce que disent les auteur-e-s du livre. Cependant, il s'inscrit dans un cadre méthodologique précis et il permet d'intégrer les méthodes nécessaires pour créer un travail interdisciplinaire utile et réussit.

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  • Servant of the empire 2. Rebel in the rank par Jason Fry

    Titre : Servant of the empire 2. Rebel in the rank
    Auteur : Jason Fry
    Éditeur : Disney 3 mars 2015
    Pages : 176

    Zare Leonis a réussi. Il est intégré à l'académie impériale junior de Lothal. Son but est toujours de comprendre pourquoi sa sœur a disparu et, pour cela, il compte sur deux choses. Sa capacité d'enquêter à l'interne et l'aide de sa compagne, Merei, à l'extérieur en tant qu'experte en systèmes informatiques. Mais Leonis ne pensait pas qu'il serait si difficile de détester l'Empire tout en travaillant pour lui. Tandis que Merei doit se lier à des personnages peu recommandables afin de réussir à trouver quelques traces de la sœur de Zare. Pire encore, un nouveau cadet arrive au sein de l'académie et celui-ci n'est pas tout à fait ce qu'il veut montrer.

    SPOILERS

    Ce second tome peut se lire comme une introduction à un épisode de la série animée Star Wars Rebels. Dans celui-ci, Ezra Bridger infiltre l'académie afin de récolter des informations sur un transport d'armes et finit par sauver un cadet qui serait capturé par l'Inquisiteur. Les dernières pages se déroulent lors de cet épisode mais en prenant en compte le point de vue de Zare sur Ezra Bridger.

    En ce qui concerne l'intrigue, elle est un peu plus intéressante que le premier tome. J'avais détesté ce dernier. Ce second tome s'intéresse bien plus au fonctionnement de l'Académie et de l'Empire. On apprend qu'il existe une académie spécifique aux enfants capables d'user de la Force et que les tests mis en place lors de l'apprentissage ne sont pas seulement un moyen d'évaluer les capacités physiques et psychologiques mais aussi l'accès à la force. Malheureusement, ce tome se termine sur un cliffhanger et il faudra attendre la suite pour savoir ce qui va arriver.

    *

    **

    *** Un peu mieux que le premier tome. Mais toujours très basique.

    ****

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    Image : Éditeur

  • Star Wars: Rebel Rising par Beth Revis

    Titre : Star Wars : Rebel Rising
    Autrice : Beth Revis
    Éditeur : Penguin 7 août 2018
    Pages : 410

    Qui est Jyn Erso ? Lors de la sortie du film Rogue One on découvrait une jeune femme dont le père travaille pour un Empire qui a assassiné sa femme. Jyn se trouvait en prison sans que l'on sache pour quelles raisons. Ce roman nous offre l'histoire de son passé depuis que l'Empire lui prend ses parents jusqu'à ce que la Rébellion essaie de la recruter pour retrouver son père. Le passé de Jyn n'est pas des plus simples. En effet, elle fut sauvée puis élevée par Saw Gerrera un homme que même la Rébellion pense trop radicale.

    SPOILERS

    Ce roman ajoute enfin le passé de Jyn Erso et de Saw au sein de l'univers Star Wars. En effet, nous ne savions pas ce qui était arrivée entre les deux personnages dans le film Rogue One alors que Saw est considéré comme l'un des premiers rebelles. Ce roman nous montre un Saw implacable mais aussi de moins en moins capables de faire confiance. Il considère que rien n'est injustifiable dans une guerre et n'hésite pas à assassiner des personnes innocentes en étant payé pour cela si l'Empire en souffre. Mais il est aussi au centre d'un groupe de rebelles qui refuse de rejoindre l'Alliance qu'il considère trop préoccupée par ce qu'il faudrait faire au lieu d'agir concrètement.

    Mais ce roman parle aussi d'espoir. Jyn Erso, durant ses aventures, recherche d'abord à se lier à une figure paternelle avant de comprendre que Saw ne peut pas être cela pour elle. Elle découvre, par hasard, une famille qui lui offrirait une vie normale mais cela ne fonctionne pas. Les aventures de Jyn sont donc d'abord celles d'une femme qui recherche simplement une vie normale en dehors de la lutte entre l'Empire et les Rebelles. Mais aussi une femme qui, petit à petit, perd sa capacité à espérer en des jours meilleurs. Le récit des mois de prisons est particulièrement glaçant dans cette perspective puisque l'on observe Jyn perdre, peu à peu, tout intérêt envers sa vie et la possibilité d'une libération.

    *

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    *** Ce roman est un bon moyen de mieux comprendre Rogue One et les événements qui y ont mené

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    Image : Éditeur

  • The book of dust 2. The secret commonwealth par Philip Pullman

    Titre : The book of dust 2. The secret commonwealth
    Auteur : Philip Pullman
    Éditeur : Penguin 3 octobre 2019
    Pages : 704

    TW : Mention et récit d'abus sexuels

    Plusieurs années ont passé depuis la guerre entre la République et l'Autorité. Depuis, Lyra Belacqua, connue aussi sous le nom de Silvertongue, est devenue une jeune femme studieuse. Elle continue ses études sans trop de problèmes dans une université pour femmes tout en vivant, durant les vacances, à Jordan College. Mais sans qu'elle ne s'en doute, une partie du Magisterium souhaite toujours sa capture et commence à mettre en place différentes méthodes pour supprimer ses protections légales et secrètes. Pratiquement du jour au lendemain, elle doit fuir et se rend compte que l'Europe entière est touchée par les changements de pouvoir au sein du Magisterium et d'étranges problèmes sur les routes de la soie.

    SPOILERS

    Lorsque la première trilogie, la boussole d'or, sortait je l'attendais avec autant d'impatience que les livres Harry Potter. Le dernier tome a toujours un effet particulièrement fort sur moi. J'aimais tous les personnages et les univers tissés autours d'elleux. Bien entendu, ce fut avec une grande attente que je suivis la nouvelle d'une nouvelle trilogie se déroulant avant et après les événements de la boussole d'or. Malheureusement, le premier livre fut une grande déception...

    Comme l'a très bien dit quelqu'un sur goodreads, on se demande de quoi souhaite parler Pullman. Le livre est rempli de références à différents problèmes qui mériteraient tous une attention soutenue. Nous avons des changements géopolitiques qui semblent être manipulés autours d'une recherche scientifique considérée comme dangereuse par l’église. Nous avons un problème de guerre civile et de réfugiés qui tentent de s'enfuir en Europe. Et nous avons le retour d'une forme de défiance d'un gouvernement contre son propre peuple. Gouvernements qui usent de méthodes illégales pour s'attaquer à des personnes qui n'ont pas les opinions acceptables. Mais tous ces thèmes ne sont pas assez traités pour donner l'impression d'un récit qui traite de son sujet.

    De plus, nous avons le problème de la rationalité face à l'irrationalité. Ce thème est au centre de la relation entre Pantalaimon et Lyra puisqu'il les mène à se confronter et à la fuite de Pantalaimon. Là ou Lyra défende la rationalité à tous prix Pantalaimon essaie de défendre l'existence de l'irrationnel et sa nécessité pour la vie. Malheureusement, il est difficile pour moi de croire que ce désaccord puisse mener aux décisions extrêmes de Lyra et Pantalaimon. De plus, la division entre les deux termes du désaccord me semble trop extrême. Il est parfaitement possible de posséder une posture rationnelle tout en acceptant une part d'irrationalité au sein de l'univers.

    Enfin, je déplore le traitement du personnage de Lyra. Maintenant qu'elle est une jeune femme on apprend qu'elle a une vie sexuelle consentante, ce qui n'est pas critiquable, mais l'auteur démontre sa méconnaissance de certains sujets dans plusieurs chapitres. Premièrement, il explique que Lyra apprécie les regards sexualisant des hommes à cause du pouvoir que cela lui donne sur eux. L'auteur ne comprend donc pas leurs effets sur la vie des femmes, compréhension qu'il aurait eue s'il avait décidé de parler à une femme. De plus, l'auteur explique que Malcolm, personnage de ce roman et du premier Book of dust, fut attiré sexuellement par Lyra alors qu'elle avait entre 15 et 16 ans et lui 26 ans. Malcolm était le professeur de Lyra et il est toujours attiré lorsqu'elle est majeure. Ainsi, l'auteur décrit une relation potentielle basée sur une relation de pouvoir d'un homme plus âgé, socialement plus élevé et en position de pouvoir supérieur, sur une femme plus jeune, voire mineure. Pullman semble user de Lyra pour justifier la potentialité d'une telle relation. Enfin, nous avons le chapitre 31... Dans ce chapitre Lyra subit une tentative de viol. Celle-ci est défendue par le fait que Lyra ne s'est pas habillée assez modestement, qu'elle est seule sans hommes. Soit, que les hommes ne sont pas capables de se restreindre. L'acte ne sera jamais officiellement puni, le fait que Lyra se soit battue étant considéré comme suffisant. À la suite de cet événement, elle portera des vêtements considérés modestes. Soyons clair, rien ne va dans ce chapitre ni dans sa résolution. De plus, il est totalement inutile pour la résolution de l'intrigue générale et ne sert qu'à rabaisser une femme décrite comme arrogante et méritant ses malheurs depuis le début du livre.

    Ce second volume est non seulement une déception, car il ne se termine pas, mais l'auteur prouve, encore une fois, sa méconnaissance des situations qu'il met en place. On a l'impression d'un énorme cheni qui ne sert qu'à préparer au dernier volume.

    *

    **

    *** Confus, désordonné, l'auteur semble ne pas savoir ce qu'il souhaite.

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    Image : Éditeur

  • The divine cities 3. City of miracles par Robert Jackson Bennett

    Titre : The divine cities 3. City of miracles
    Auteur : Robert Jackson Bennett
    Éditeur : Penguin 26 janvier 2018
    Pages : 439

    Sigrud se cache depuis près d'une décennie. Lors de cette décennie son amie a perdu son statut de Première Ministre. Elle vit recluse chez elle avec sa fille adoptive. Sigurd ne fait qu'attendre la possibilité de rentrer chez lui après les crimes commis à la suite de la mort de sa fille. Mais même lui peut recevoir des nouvelles générales du monde. Lorsqu'il apprend que son amie a été assassinée il décide de comprendre qui souhaitait la mort d'Ashara Komayd et pour quelles raisons. Son enquête lui permet rapidement de comprendre que son ancienne amie s'était lancée dans une nouvelle guerre, mais contre qui ?

    SPOILERS

    Chacun des livres de cette trilogie se concentre sur un personnage précis. Jusqu'à maintenant, Sigurd n'était que la brute de service capable de tuer et de survivre à volonté. Ce livre lui donne enfin un peu plus de substance en posant une question pourtant logique : comment Sigurd fait-il pour survivre ? L'auteur décide d'y répondre en jouant sur le divin. Mais il n'en fait pas une excuse. Il utilise le divin et les miracles comme des objets, des outils, qui agissent d'une certaine manière et qui peuvent être détournés de leur but. Ainsi, Sigurd est fort grâce à un lien avec le divin mais aussi parce qu'il accepte ce lien et ne remet pas en question ses actes. Tout ce roman est donc un moyen de développer le caractère de Sigurd et de lui donner une fin que j'ai beaucoup aimé.

    Mais ce personnage s'inscrit aussi dans un thème plus vaste qui prend sa source dans le premier tome et se termine ici. Depuis le début de cette trilogie se pose la question du pouvoir, du pouvoir de modifier sa réalité. Ce pouvoir est d'abord tenu par les divinités puis les dirigeants de Saypur mais jamais d'une manière égalitaire. Une entité ou un état tente de tout contrôle. Dès le début, le but d'Ashara est de briser cet état de fait et de donner un peu plus de contrôle à bien plus de personnes. Ce roman permet d'intégrer ceci au sein de ce qui reste des divinités, dont l'une souhaite intégrer le pouvoir de toutes les autres afin de marquer sa domination, mais aussi dans les relations entre Saypur et les autres nations de cet univers. Ashara est décrite, à plusieurs reprises, comme une femme qui a décidé de ne pas user de son pouvoir pour s'attaquer aux personnes, même ses ennemies, mais pour donner la possibilité d'un changement dans le futur, que cela soit bon ou mauvais. Ainsi, même si les changements de la fin du roman sont peu décrits ils entrent parfaitement dans cette idée en créant la possibilité d'un futur plus proche de l'égalité pour le plus grand nombre, en donnant l'occasion au plus grand nombre de modifier leur réalité selon leurs souhaits.

    *

    **

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    ***** Un très bon dernier tome avec l'une des fins les plus réussies que je connaisse.

    Image : Éditeur

  • L'épée de vérité 1. La première leçon du sorcier par Terry Goodkind

    Titre : L'épée de vérité 1. La première leçon du sorcier
    Auteur : Terry Goodkind
    Éditeur : Bragelonne 18 septembre 2015
    Pages : 1025

    CW : Torture, cannibalisme, abus sexuels

    Richard Cypher est un forestier. Son frère est le prochain dirigeant des Terres de l'Ouest. Celles-ci sont l'un des trois royaumes divisés par deux frontières infranchissables. Rares sont les personnes qui tentent de les traverser et leur destin est peu enviable. Mais l'impensable a lieu, une femme suivie par quatre hommes a réussi à traverser. Elle annonce à Richard non seulement un danger futur, la prise de contrôle du monde par un certain Darken Rahl, mais aussi sa recherche d'un ancien sorcier capable de nommer un Sourcier de vérité, un titre qui donne à son détenteur un pouvoir sans mesure. Ce Sourcier aura une mission : empêcher Darken Rahl de prendre le pouvoir absolu.

    SPOILERS

    Je n'avais jamais lu Goodkind jusqu'à maintenant. Ce n'est que parce qu'on m'a offert ce livre que j'ai décidé de me lancer dans cet auteur qui, sans savoir pourquoi, ne m'attire pas franchement. Son univers semble intéressant mais je n'ai pas réellement envie de m'y plonger. En revanche, j'avais vu la série qui est très médiocre tout en sachant comment être drôle à plusieurs reprises. Le livre est, bien entendu, très différent. C'est une bonne chose puisque cela permet de complexifier ce que la série avait (trop ?) simplifié. Ainsi le fonctionnement de la magie et des boites d'Orden est bien plus compliqué que dans la série, même si on souhaiterait en savoir plus. Il faudrait probablement lire les autres tomes pour avoir une compréhension plus forte du système de magie.

    Cependant j'ai eu beaucoup de mal à entrer dans le livre. En particulier, j'ai l'impression que le roman souffre d'une traduction difficile. Je ne sais pas si les termes originaux étaient compliqués à traduire en français mais j'ai souvent eu l'impression d'une forme d'artificialité imposée par la traduction. Peut-être est-ce dû au style de l’auteur ? Il faudrait comparer avec la version originale pour le savoir.

    J'ai aussi eu beaucoup de mal à apprécier les personnages. Celleux-ci sont peu intéressant-e-s et peu intelligent-e-s. Richard, par exemple, ne comprend que très tardivement des faits mis en place dès le début du roman. Pour un être d'exception chargé de découvrir la vérité il est singulièrement aveugle et il me semble que ceci ne dépend pas autant de l'intrigue, même si cet aveuglement est justifié par la première leçon, que du besoin de créer du suspens. Je suis donc un peu sceptique face à l'histoire telle qu'elle est racontée et je ne sais pas si je souhaite en lire davantage.

    *

    **

    *** J'ai craint de ne pas apprécier ce roman. Sans que cela soit le cas je ne pense pas avoir réussi à l'apprécier.

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    Image : Éditeur

  • The divine cities 2. City of blades par Robert Jackson Bennett

    Titre : The divine cities 1. City of blades
    Auteur : Robert Jackson Bennett
    Éditeur : Penguin 26 janvier 2016
    Pages : 496

    Plusieurs années se sont déroulées depuis le premier Tome. Shara est maintenant la Première Ministre de Saypur et elle fait tout ce qu'elle peut pour donner plus de pouvoirs et de richesses au Continent. Mais ses efforts ne sont appréciés ni par ses collègues ni par l'armée. Afin d'aider à la réussite de son programme elle s'est alliée à la nouvelle République créée par son vieil ami, Sigrud. Celle-ci utilise les capacités considérables en ingénierie et en navigation de ses citoyen-ne-s afin de créer un port international vers la cité de Voortyashtan. Cependant, un agent du ministère a disparu près de cette cité. Shara décide d'envoyer une amie, et générale à la retraite, sur place pour enquêter. Il est l'heure pour Mulagesh de terminer ses vacances.

    SPOILERS

    Le second tome reprend les éléments du premier mais sans avoir besoin de construire autant de décors. On retourne donc immédiatement avec un auteur qui considère que les personnes qui lisent connaissent son univers. Ainsi, ce second tome peut être lu sans avoir lu le premier. Mais lire City of stairs aide à comprendre certains éléments précis.

    Vu que l'on reprend au même niveau cela implique d'entrer dans un univers qui voit une nation tomber tandis qu'une autre possède force économique et militaire. Bien que la fin du premier voulût montrer une tentative de mieux partager le monde on comprend rapidement que les choses ne sont pas si simples. De nombreuses scènes de ce second tome montre que les soldats de Saypur, et le commandement, défendent une vision raciste et colonialiste de leur rôle. Les continentaux sont insultés, considérés comme des sauvages qu'il faut civiliser mais aussi une menace qu'il faut anéantir avant qu'elle ne puisse prendre forme. Le commandement de la ville, dans ce tome, n'hésite pas à organiser des expéditions punitives afin d'attaquer toutes les personnes qui pourraient être insurgées, ce qui implique des enfants.

    Ainsi, le grand thème de ce tome est l'armée et son rôle. Il existe deux visions. D'une part la vision de la divinité Voortya et celle du commandement local. L'armée est présente pour détruire les ennemis. La définition est très étendue et toutes personnes qui refusent la domination de Saypur devient rapidement ennemie, créant par-là les prémisses d'une rébellion générale. L'armée et la guerre, dans cette vision, sont vues comme l'occasion d'imposer sa volonté et de combattre glorieusement sur le champ de bataille. Le principal caractère qui défend cette vision souhaite atteindre une forme de gloire par la guerre et une mort pensée comme héroïque.

    Mulagesh défend une seconde vision. Dans celle-ci, être soldat implique de servir le monde et les personnes. Le but n'est pas de continuer une guerre mais d'y mettre un terme afin de donner à d'autres personnes l'occasion de construire au lieu de détruire. Mulagesh pense que le combat est nécessaire, mais uniquement dans certaines circonstances et d'une certaine manière. Elle ne tue pas par envie d'atteindre la gloire mais par nécessité en cherchant un moyen de stopper le combat avant même son début. Dans ce tome, cette vision est liée à la fille de Sigurd, Signes, qui, même si capable de se battre, est avant tout une créatrice qui tente de changer le monde non par la guerre mais en donnant des opportunités économiques à la population. Elle aussi, souhaite élever sa nation et les autres afin de partager une prospérité commune.

    Ce second tome de la trilogie peut même être qualifié de meilleur que le premier. L'auteur dépeint des personnages intéressants, compliqués et faillibles. Certaines des relations entre ces personnages sont particulièrement bien écrites, en particulier le lien difficile entre Sigurd et Signes. De plus, l'auteur n'a plus besoin de construire l'univers de la trilogie ce qui lui laisse l'occasion de se concentrer sur l'intrigue. Si le troisième tome est de la même qualité ce sera une très bonne conclusion à une trilogie que j'ai beaucoup apprécié découvrir.

    *

    **

    ***

    **** L'auteur aurait pu mieux thématiser l'aspect colonial de l'une des nations. Mais il montre un grand talent dans la construction de son univers. Les deux suites sont déjà dans ma PAL.

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    Image : Éditeur

  • The divine cities 1. City of stairs par Robert Jackson Bennett

    Titre : The divine cities 1. City of stairs
    Auteur : Robert Jackson Bennett
    Éditeur : Penguin 9 septembre 2014
    Pages : 464

    Depuis des siècles, le Continent contrôle le monde. Car le Continent n'est pas qu'un simple lieu géographique avec des humain-e-s. C'est le seul endroit du monde à être protégé par des divinités. Celles-ci offrent aux humain-e-s qui les suivent de nombreux miracles, faisant du Continent la plus grande puissance de l'histoire. Mais, il y a près d'un siècle, l'une des colonies, Saypur, s'est soulevée. Avec l'aide d'une nouvelle technologie les armées de paysans de Saypur ont été capable de détruire les divinités, détruisant par la même occasion les cités et la puissance du Continent. Depuis, Saypur est la plus grande puissance du monde. Mais au sein de la cité de Bulikov un complot est en cours, un complot dont le seul indice de l'existence est le meurtre d'un historien.

    SPOILERS

    Robert Jackson Bennett est un auteur que je commence à apprécier de plus en plus. Il fait partie du mouvement qui s'éloigne de la fantasy classique pour entrer dans une fantasy en plein âge industriel. Dans ce livre, les différentes puissances connaissent la poudre, l'électricité et le télégraphe. Saypur est aussi une puissance colonisatrice. Le but du gouvernement de Saypur n'est pas de faire du Continent une puissance égale mais d'utiliser les ressources tout en imposant des lois et une force militaire. Bien entendu, cela implique la mise en place de mouvements opposés, qui pourraient créer une forme de nationalisme. D'une part un mouvement de restauration basé sur le souvenir d'un âge d'or du continent et d'autre part un mouvement de modernisation. Il est dommage que l'auteur ne s'implique pas plus dans ce thème, mais il reste présent.

    Une grande partie du livre repose sur ces deux mouvements en utilisant l'histoire. La personnage principale, Shara, est historienne. Elle connait parfaitement l'histoire et les légendes du monde. Légendes et histoires que les continentaux n'ont pas le droit d'apprendre. Ce sont ces connaissances qui permettent de faire avancer l'intrigue, l'enquête et de comprendre les buts des différents mouvements. À plusieurs reprises, la passion de Shara pour l'histoire est montrée. Un passage, en particulier, l'illustre parfaitement : lorsque Shara découvre un temple que tout le monde pensait perdu et détruit et qu'elle commence à tester les théories des historien-ne-s en déchiffrant les décorations. Personnellement, je ne crois pas avoir de livres de SFF qui explore à tel point la passion de l'histoire et en fait une base importante des événements.

    Un autre thème que j'ai apprécié dans ce roman est celui de la nature du divin. Selon l'auteur, le divin a comme capacité de modifier le monde naturel. La disparition du divin a donc des effets catastrophiques sur le monde qui doit revenir à un fonctionnement qui suit les lois de la physique. Cela a des effets aussi sur le peuple du Continent qui, auparavant, n'avait pas besoin de science ni de médecins. Comme l'écrivait Pratchett, il existe une relation mutuelle entre le divin et les humain-e-s. Les divinités dépendant des humain-e-s pour exister et avoir une histoire tandis que les humain-e-s dépendent du divin pour leur vie et recevoir des règles. C'est en utilisant cette relation que le talent de l'auteur pour construire un univers est le mieux utilisé. En effet, Bennett va aller jusqu'au bout des conséquences que ce type de relation va avoir ce qui lui permet de démontrer les effets sur les divinités mais aussi sur les humain-e-s !

    En bref, Robert Jackson Bennett ne me déçoit pas dans la première trilogie qu'il a écrite. Tout comme j'attends avec impatience la suite de Fondryside, premier tome d'une nouvelle trilogie, je vais me lancer avec un probable bonheur dans les tomes 2 et 3 de la trilogie Divine cities.

    *

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    **** L'auteur aurait pu mieux thématiser l'aspect colonial de l'une des nations. Mais il montre un grand talent dans la construction de son univers. Les deux suites sont déjà dans ma PAL.

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    Image : Éditeur

  • Journey to Star Wars: The Rise of Skywalker. Spark of the Resistance par Justina Ireland

    Titre : Journey to Star Wars: The Rise of Skywalker. Spark of the Resistance
    Autrice : Justina Ireland
    Éditeur : Disney Book 4 octobre 2019
    Pages : 224

    La Rébellion a vu de meilleurs jours. Après la destruction des principales planètes de la Nouvelle République et l'évacuation hâtive de la base de la Résistance et la bataille contre le Premier Ordre les ressources en personnels et en vaisseaux sont maigres. Poe, Rey et Rose sont chargé-e-s de rechercher de quoi ravitailler la Résistance. Mais, lors de cette mission de routine, ills reçoivent un appel de détresse. Une planète éloignée et méconnue est attaquée par les troupes du Premier Ordre. Ce pourrait être un piège. Ou ce pourrait être l'occasion de stopper le Premier Ordre.

    SPOILERS

    Depuis le huitième film on ne sait pas trop ce qui arrive au sein de la Nouvelle République et de la Résistance. Ce petit roman permet d'en savoir un peu plus en utilisant trois personnages populaires des films. On apprend, sans surprises, que la Résistance est en mauvais état mais qu'elle tente tout de même de lutter contre le Premier Ordre. En particulier, le but est d'empêcher l'organisation de créer assez de force militaire pour réellement tenir la Galaxie ceci grâce à une petite flotte. On sait donc que la Résistance est encore capable de réussites militaires sans pour autant avoir autant de puissance qu'auparavant.

    Cependant, ce roman est destiné à des enfants et donc, comme d'habitude, cela implique une simplification de la narration et de l'intrigue. L'antagoniste du roman a tout de la personne détestable sans que cela ne soit réellement creusé. Pourtant, je pense qu'on aurait pu en savoir plus sur lui et les relations au sein du Premier Ordre entre officier-ère-s. L'action du Premier Ordre est aussi sous-entendu. On sait que l'organisation est dangereuse et cruelle mais jamais on ne le montre, on doit croire l'autrice sur parole. Enfin, l'espèce alien créée pour ce roman ressemble furieusement à des Ewoks. Bref, tout ceci manque de profondeur et d'ambition.

    *

    **

    *** J'aurais aimé un roman avec plus de substances afin de me préparer au prochain film. Dommage.

    ****

    *****

    Image : Éditeur

  • Journey to Star Wars: The Rise of Skywalker. Force Collector par Kevin Shinick

    Titre : Journey to Star Wars: The Rise of Skywalker. Force Collector
    Auteur : Kevin Shinick
    Éditeur : Disney Book 19 novembre 2019
    Pages : 384

    Une petite planète, loin de tout. Sur cette planète un jeune homme, Karr, rencontre une jeune femme, Maize. Cette dernière est la fille d'un diplomate du Premier Ordre. Karr est membre d'une famille d'artisans spécialisés dans le textile. Les deux jeunes suivent les cours dans la même école. Maize est une jeune rebelle tandis que Karr subit les moqueries des élèves à cause de ses évanouissements causés par d'importants maux de tête. Mais Karr a un secret, il est sensible à la force. Depuis son plus jeune âge, il essaie de comprendre comment contrôler ses capacités. Maize, elle, ne croit pas en l'existence des Jedis. Après des problèmes scolaires, les deux fuguent et décident de chercher des traces historiques, archivistiques, de l'existence ou de l'inexistence des Jedis. Leur quête leur permettra de connaitre, enfin, la vérité.

    SPOILERS

    Nous connaissons l'histoire des Jedis, de leur chute et de leur retour. Mais dans l'univers de Star Wars une grande partie de la galaxie ne connait pas cette histoire ni la réalité de l'existence des Jedis. Ce roman explicite ceci puisque les Jedis ne sont qu'une vieille légende, rarement prise au sérieux. Lorsque quelqu'un connait leur existence, souvent il sait ce qu'en a dit Palpatine afin de justifier leur destruction. Le roman nous offre la recherche de deux jeunes pour comprendre ce qui est réel, ce qui est un mensonge ou ce qui lie ces êtres à Karr. D'une certaine manière, on peut voir dans ce roman la défense de la nécessité de posséder des archives qui permettent d'éviter de perdre son histoire. Mais aussi une mise en garde face aux dangers des mensonges lorsqu'ils ne sont pas combattus.

    Cependant, malgré la bonne idée de montrer deux personnages qui ne savent presque rien des Jedis et de leur histoire, le roman est peu intéressant. Il est écrit comme une quête d'objets divers qui permettent toujours d'avancer vers un nouvel objet sur une nouvelle planète. Les personnages se rendent sur plusieurs lieux connus, rencontrent des personnages déjà vus mais ne s’insèrent pas réellement dans l'univers Star Wars. Illes semblent être de simples observateurs. D'une certaine manière, l'auteur ne peut pas faire autrement. Le roman semble se dérouler avant le septième film et il est difficile de créer une aventure qui pourrait avoir un impact important, risquant de contredire les films.

    *

    **

    *** ça se lit, mais ça ne reste pas en mémoire.

    ****

    *****

    Image : Éditeur

  • Phasma par Delilah S. Dawson

    Titre : Phasma
    Autrice : Delilah S. Dawson
    Éditeur : Penguin 24 avril 2018
    Pages : 480

    TW : Torture

    Les Stormtroopers sont censés être la force militaire la plus efficace et la plus crainte de la galaxie. L'armée est composée de personnes dont on ne connait ni les visages ni les noms. Leur identité a été effacée au profit d'un simple numéro. Mais il y a quelques Stormtroopers qui ont gagné le droit de recevoir un nom. Deux de ces exceptions sont chargé-e-s d'entrainer l'armée contre les Rebelles. Ce sont Cardinal et Phasma. Alors que le premier se charge des enfants la seconde se charge des adultes tout en étant présentée comme l'exemple de ce qu'un soldat devrait être. Mais quelle est sa véritable histoire ?

    SPOILERS

    Lorsque les nouveaux films star wars sont arrivés un personnage particulier me frappa par son mystère : Phasma. On ne connait pas son histoire. On ne sait pas comment elle est arrivée à ce point de sa vie. On sait uniquement qu'elle est extrêmement forte et semble avoir une posture de commandement sur d'autres personnes. Le style de son armure, personnalisé, frappe aussi puisque les autres soldats suivent le style dépersonnalisé de l'Empire. Ce roman tente de reconstruire son histoire. L'autrice fait de Phasma non pas une simple guerrière mais quelqu'un qui souhaite avant tout survivre, balayant toutes personnes sur son chemin. Le roman la suit de son passage de guerrière d'une tribu sur une planète oubliée à son entrée au sein de l'armée du Premier Ordre.

    Outre cela, on comprend mieux comment le Premier Ordre peut trouver des soldats et des soutiens. L'organisation utilise les oublis et les incapacités de la Nouvelle République pour faire sa propagande, basée sur l'idée d'un ordre fort qui puisse donner à tout le monde les mêmes chances et punir les personnes corrompues. Les soldat-e-s, elleux, sont trouvé-e-s au sein d'orphelinat puis fortement conditionné-e-s à lutter sans poser de questions. Ce sont des informations intéressantes, pour les fans, mais malheureusement le roman ne réussit pas à créer un fort intérêt pour les personnages et les événements décrits.

    *

    **

    *** Pas mauvais, mais il manque une véritable âme à ce roman qui semble surtout suivre une volonté externe

    ****

    *****

    Image : Éditeur

  • Star Wars. The force awakens. Before the awakening par Greg Rucka

    Titre : Star Wars. The force awakens. Before the awakening
    Auteur : Greg Rucka
    Éditeur : Disney 18 décembre 2015
    Pages : 224

    La Galaxie est en danger. Les forces du Premier Ordre n'hésitent plus à frapper dans les territoires de la Nouvelle République, violant l'accord de paix mis en place après la bataille au-dessus de la planète Jakku. Mais la Nouvelle République refuse d'agir car elle ne souhaite pas être la cause d'une nouvelle guerre galactique. Dans ce contexte de plus en plus difficile trois personnes vont se trouver et être mêlées aux événements de la future guerre : Finn, Rey et Poe. Cette anthologie narre leur histoire peu de temps avant le début de Star Wars : The force Awakens.

    SPOILER

    Ce livre est composé de trois histoires écrites par Greg Rucka. Elles préparent à la sortie du septième film en présentant trois personnages centraux : Finn, Poe et Rey. Autant j'apprécie chacun de ces personnages autant je suis navré d'annoncer que ce livre ne leur fait pas honneur. Sur les trois courtes histoires seule une me semble être intéressante. La pire étant celle de Rey qui se concentre sur ces capacités de pilotes et de mécano mais qui oublie d'être intéressante. On suit Rey alors qu'elle cherche des composants afin de pouvoir survivre au sein du désert.

    La première histoire de l'anthologie, celle de Finn que l'on ne connait que par son nom de code, est en contradiction avec le septième film. Alors que The force Awakens présente Finn comme sous-fifre peu intéressante et même en danger face à sa supérieure, Phasma, cette histoire le présente comme un soldat d'exception qui se trouve dans les meilleurs à tous les tests. Une seule chose le rend différent : il n'arrive pas à accepter d'abandonner ses camarades ni à tuer des civils innocents. Même si ces deux caractéristiques sont louables, et dénoncée par l'Empire et le Premier Ordre, je n'ai jamais eu l'impression de lire les aventures de Finn mais celles d'un autre soldat du Premier Ordre.

    Enfin, nous avons l'histoire de Poe. C'est l'unique nouvelle qui me semble pouvoir être sauvée de cette courte anthologie. L'intrigue autours de Poe permet de présenter sa famille, son père et sa mère étant d'anciens membres de la Rébellion, et les événements présents. J'ai particulièrement aimé les informations autours du père de Poe, dont la principale peur est que la guerre soit rendue inutile. Cette aventure permet aussi d'en savoir plus que les actions du Premier Ordre mais aussi ses liens avec la Nouvelle République, dont certains sénateurs sont des traitres. La Résistance y est présentée comme une organisation très secrètes dont les actions sont à peine connues de la population et des militaires de la Nouvelle République.

    Pour finir, ces trois histoires s’insèrent très bien dans les débuts du septième film. La fin de deux d'entre-elles permettent de comprendre comment les personnages du film se sont trouvés dans le contexte des premières scènes. Malheureusement, elles sont très peu intéressantes voire en contradiction avec les films.

    *

    **

    *** Deux histoires médiocres avec une dernière histoire un peu meilleure.

    ****

    *****

    Image : Éditeur

  • Star wars: Bloodline par Claudia Gray

    Titre : Star Wars : Bloodline
    Autrice : Claudia Gray
    Éditeur : Del Rey 31 janvier 2017
    Pages : 432

    La galaxie est en paix. La Nouvelle République est formée de la majorité des mondes de la galaxie. Seules quelques petites planètes et des lieux inexplorés ne sont pas intégrés. Depuis longtemps, l'Empire a disparu et devient un objet d'histoire pour la nouvelle génération qui commence à entrer en politique. Malheureusement, le Sénat de la Nouvelle République est incapable de dépasser les batailles de factions. Deux mouvements s’opposent : les centristes qui souhaitent un pouvoir central fort et les Populistes qui désirent une indépendance forte des mondes de la Nouvelle République. Alors que le Sénat devient incapable d'agir une nouvelle menace monte. Une menace que la Sénatrice Leia Organa identifie et souhaite examiner. Mais elle est obligée d'accepter que le Sénat la contrôle à l'aide d'un jeune politicien qu'elle n'apprécie que peu.

    SPOILERS

    Quand j'ai lu le résumé j'étais un peu sceptique. Après une première trilogie au cinéma qui démontrait les incapacités d'une démocratie à travailler et à contrer une menace tyrannique ce livre semblait suivre exactement la même direction. Là aussi, quelques personnes observent un Sénat incapable de prendre des décisions, bloqués dans des questions administratives et de préséances, alors qu'une partie de ses membres souhaitent réinstaurer un pouvoir central fort. Heureusement, l'autrice est capable de donner de la substance à la manière dont ce Sénat fonctionne. On comprend parfaitement quelles sont les raisons mais aussi les complots derrière chacune des positions. Il est particulièrement intéressant que l'autrice ne place pas un parti au-dessus de l'autre. Au contraire, le parti de Leia Organa se dirige vers l'abandon de la possibilité d'une politique au niveau de la galaxie. Ainsi, ce livre permet de mieux comprendre le statu quo du septième film sans pour autant trop donner d'indices puisque celui-ci sortait après le livre.

    L'un des points majeurs de ce roman est le secret de la famille de Leia. Depuis le sixième film nous savons que Leia et Luke sont les enfants de Darth Vader. Mais nous ne savions pas de quelle manière l'univers allait réagir face à cela. On apprend, dans ce roman, que les deux enfants ont décidé de garder secret leur père. Bien entendu, l'autrice décide de rendre publique ce secret et imagine les conséquences pour la force politique de Leia. Immédiatement, celle-ci est discréditée, perd ses ami-e-s et risque même d'être incapable de travailler au sein de Sénat. Là aussi, derrière cette révélation on observe la mise en place, par l'autrice, d'un statu quo qui permet d'expliquer pourquoi une politicienne décide de devenir une résistante et de créer un groupe paramilitaire que la Nouvelle République ne soutient pas.

    Avec surprise, je termine l'un des meilleurs romans du nouvel univers étendu Star Wars. Bien que j’eusse apprécié le premier ouvrage de l'autrice j'étais sceptique face au résumé de ce livre qui semblait n'annoncer qu'une mise en place du statu quo avec des idées éculées. Pourtant, l'autrice réussit à donner vie et intérêt à un univers politique en danger. Elle réussit aussi à donner de la substance à la politicienne Leia et à son passage de Sénatrice à résistante proche de l'illégalité. Ce roman permet aussi de mieux comprendre l'état financier de la Résistance et son lien avec la Nouvelle République. Bref, ce roman est une étonnante réussite au sein d'autres livres souvent médiocres.

    *

    **

    ***

    **** Une surprise.

    *****

    Image : Éditeur

  • Last Shot par Daniel José Older

    Titre : Last Shot
    Auteur : Daniel José Older
    Éditeur : Penguin 30 octobre 2018
    Pages : 432

    Nous sommes deux ans après la fin de l'Empire lors de la bataille de Jakuu. Depuis, la Galaxie est en paix au sein de la Nouvelle République. Celle-ci construit, petit à petit, un système démocratique accepté dans le cadre de planètes de plus en plus nombreuses. La Nouvelle République, considérant cela comme une nécessité si la paix doit durer, a fortement abaissé son arsenal militaire tandis que d'autres technologies sont développées. Han Solo et Leia vivent ensemble sur la capitale de la Nouvelle République avec leur fils, Ben. Mais Han ne saut absolument pas comment être un père et encore moins un mari. Bien qu'il essaie de toutes ses forces il est assez honnête envers lui-même pour savoir que son attitude d'homme-enfant n'est pas adapté à un rôle de père de famille et de compagnon d'une sénatrice et héroïne de la République. Il a besoin de temps pour réfléchir et comprendre. Justement, Lando Calrissian vient lui proposer une quête.

    SPOILERS

    Il y a une chose qui m'a frappé dans ce roman : la place prise par les habits. L'auteur adore parler des habits et de qu'ils impliquent concernant leur porteur. On commence immédiatement avec une description très précise des choix de Lando qui impliquent une envie de créer un effet particulier. Tandis que Han choisit ses habits pour se sentir confortable non seulement habillé mais surtout dans un rôle précis.

    Une seconde chose est la place des relations matures. Que ce soit Han ou Lando nous avons deux personnages qui ont du mal à créer des relations mutuelles adultes. Les deux sont des bandits qui aiment utiliser leurs charmes afin de gagner un trésor. Même si Han est marié il craint de ne pas être capable d'être un mari et un père adéquat. Lando, en revanche, ne sait pas s'il est même capable d'être quelqu'un de stable, ce qui repousse immédiatement toutes personnes qui souhaiteraient tenter de créer une relation adulte avec lui.

    On apprécie tout Han et Lando, même si Leia est bien plus intéressante. Un livre qui lie les deux au sein d'une aventure qui prend ses racines dans le passé et qui implique de réfléchir à la place des droïdes dans l'univers de star wars devrait me plaire. Malheureusement, je n'ai pas du tout aimé ce roman. L'intrigue semble intéressante mais elle est divisée en trop de petites intrigues secondaires qui ne font sens que largement plus tard et que les personnages ne comprennent que très tardivement. Le méchant principal est une caricature de ce qui aurait pu être un personnage particulièrement malsain. Enfin, on ne peut que pousser de nombreux soupirs face aux difficultés de Han et Lando de comprendre leurs émotions...

    *

    ** Han et Lando sont présents, c'est tout.

    ***

    ****

    *****

    Image : Éditeur

  • The aftermath trilogy 1. Aftermath par Chuck Wendig

    Titre : The aftermath trilogy 1. Aftermath
    Auteur : Chuck Wendig
    Éditeur : Penguin 29 mars 2016
    Pages : 379

    La seconde Étoile Noire est détruite. L'Empereur et Dark Vader sont morts lors de sa destruction ainsi qu'une partie importante de la flotte impériale ce qui inclut officiers et soldats. Il ne reste plus que des lambeaux tandis que les personnes les moins talentueuses doivent remplir le vide laissé par les morts. Alors que l'Empire essaie de se réorganiser et qu'une partie importante de son administration abandonne l'Alliance rebelle, elle, modifie son fonctionnement afin de constituer une Nouvelle République dont les débuts sont imminents. Face au retour de la démocratie l'Empire peut jouer une dernière carte. Mais pour cela il est nécessaire de trouver un moyen de s'unir. L’Amiral Rae Sloane décide de réunir plusieurs personnes afin de constituer un comité chargé de décider du futur de l'Empire. Mais sera-t-elle capable de créer une union alors que la menace de la Nouvelle République se fait pressante ?

    SPOILERS

    J'ai toujours été intrigué par le film 6, Le retour du Jedi, qui semble décrire la fin totale de l'Empire et la victoire des rebelles. Cela est trop simple. Ce livre permet de comprendre comment l'Empire et la Nouvelle République se sont stabilisés après la mort de l'Empereur. Loin d'être terminée, la guerre continue même si l'Empire a perdu une grande partie de sa puissance. La flotte rebelle n'est plus une simple épine dans le pied de l'Empereur mais une puissance grandissante recevant le soutien ouvert de nombreuses planètes. Ces aspects sont mis en avant par des interludes qui se déroulent sur plusieurs planètes. L'auteur y décrit les conséquences de la guerre que ce soit au sein de familles déchirées, près d'Académies impériales dans lesquelles vivent des enfants ou sur des planètes qui essaient de recréer les conditions de la démocratie.

    Ce dernier point est particulièrement mis en avant dans le dernier interlude. L’Empire est décrit, régulièrement, comme un moyen de préserver l'ordre après l'incapacité de la République de s'intéresser aux besoins des planètes les plus lointaines et les plus pauvres. Mais l'Empire se lie à de nombreuses organisations criminelles et organise une répression plutôt qu'un ordre. Plusieurs interludes, dont le dernier, et certains chapitres illustrent ce point. La Nouvelle République n'y pas présentée comme la perfection. La démocratie y est décrite comme un chaos qui implique des erreurs. Mais ces erreurs peuvent être surmontées d'autant plus facilement qu'il existe un droit à la parole et aux revendications, mais aussi un traitement respectueux des ennemis et des opposant-e-s.

    Malheureusement, ces deux thèmes ne sont pas portés par une intrigue intéressante. Celle-ci multiplie les points de vue, ce qui n'est pas forcément négatif, mais on ne comprend pas toujours pourquoi l'auteur s'y intéresse. L'intrigue avance doucement comme si l'auteur essayait de mettre en place quelque chose mais ne savait pas réellement comment s'y prendre. Ainsi, l'idée d'une rencontre pour régler le futur de l'Empire est bonne. Mais son traitement ne permet pas de comprendre ce qui peut arriver. Pour finir, ce livre donne l'impression d'une introduction, d'un moyen de placer des personnages et des pistes d'intrigues.

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    **

    *** De nombreuses bonnes idées mais j'ai eu beaucoup de mal à m'intéresser aux personnages et à l'intrigue. Dommage.

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    Image : Éditeur

  • Discipline en classe et autorité de l'enseignant : Eléments de réflexion et d'action par Bernard Rey

    Titre : Discipline en classe et autorité de l'enseignant : Éléments de réflexion et d'action
    Auteur : Bernard Rey
    Éditeur : De Boeck Education18 juin 2009
    Pages : 151

    L'enseignement est un métier souvent commenté dans les médias ou dans le champ politique, que ce ne soit pas des expert-e-s ou par des personnes directement concernées. Mais lorsqu'on souhaite enseigner il est nécessaire de dépasser ces aspects médiatiques et de s'intéresser à la réalité de la pratique. Ce petit livre s'y essaie. L'auteur explicite le fonctionnement de l'autorité aussi bien d'un point de vue théorique que par la pratique dans les classes.

    La première partie de l'ouvrage est constituée de trois chapitres. Chacun de ces chapitres se concentrent sur un aspect particulier de la tenue d'une classe du point de vue théorique. L'auteur y explicite les relations psychologiques mais aussi sociologiques de l'école au sein de la société et des enfants au sein de l'école. L'enseignant-e y a une place spécifique. Il est censé transférer un savoir mais il doit aussi mettre en place des règles et un milieu adapté au travail et à la compréhension du savoir. Cela implique de travailler aussi bien sur le contexte que sur la classe et enfin sur les élèves. Tout en sachant que certaines données ne peuvent pas être atténuées facilement.

    La seconde partie se pose des questions pratiques. L'auteur y examine les gestes, la manière d'être nécessaire pour créer un climat serein dans lequel les enseignant-e-s puissent mettre en œuvre une autorité légitimée et acceptée par les élèves. L’auteur comment par expliquer que l'autorité n'est pas naturelle mais qu'elle dépend d'un contexte et d'une manière d'être. Ainsi, la façon de parler, l'habillement mais aussi le langage et la posture sont dommageables ou portent une certaine forme d'autorité. Ce qui implique de mettre en place des rituels et des gestes précis qui permettent aux élèves d'accepter cette autorité. De plus, l'auteur prévient que les actes négatifs des élèves ne doivent pas être considérés comme une attaque contre sa personne. Pour les éviter il est nécessaire de tenter de comprendre ce qui a pu mener à un acte négatif et d'agir sur ces causes. Si l'on réfléchit ainsi, les punitions ne sont pas uniquement inutiles mais deviennent dangereuses pour la classe, l'enseignant-e et l’institution scolaire.

    Ce petit ouvrage se lit relativement facilement. Il n'est pas nécessaire de parcourir les chapitres dans l'ordre, ce livre est conçu comme un moyen de travail qui offre des débuts de solutions. Ainsi, les personnes souhaitant comprendre la pratique vont d'abord s'intéresser aux deux derniers chapitres alors que les personnes souhaitant comprendre les raisons qui expliquent la nécessité d'une pratique vont prendre compte les trois premiers chapitres. L'ouvrage est non seulement clair mais il donne de nombreux exemples qui permettent de comprendre le pratique. Il faut aussi saluer l'effort de l'auteur qui termine ses chapitres par de brefs résumés.

    Image : Amazon

  • Heir to the Jedi par Kevin Hearne

    Titre : Heir to the Jedi
    Auteur : Kevin Hearne
    Éditeur : Del Rey 3 mars 2015
    Pages : 304

    Ce livre se déroule peu de temps après la bataille de Yavin. L'étoile noir fut détruite par un jeune fermier qui redécouvre le fonctionnement de la Force, seul. Depuis, Luke Skywalker est un héros de la Résistance. Mais il y a une différence entre la propagande et la réalité. Le héros de Yavin essaie à peine de comprendre de quelle manière il peut user de la Force pour devenir un Jedi. Bien qu'il soit capable de méditer il ne sait pas encore user de son sabre laser, ni en construire un neuf, et il ne connait presque rien sur les doctrines Jedi. Heureusement pour lui, une mission d'extraction lui donnera quelques occasions d'apprendre à être un peu meilleur.

    SPOILERS

    Ce roman part d'une idée intéressante : de quelle manière Luke Skywalker est-il passé de débutant à capable d'user de la Force dans "L'Empire contre-attaque." Mais le roman est loin d'être parfait. Premièrement, il subit une identité un peu étrange. D'une part il est intégré dans ce qui est canon mais il était destiné à faire partie d'une trilogie au sein de l'univers maintenant Légende. Ceci impacte plusieurs éléments à l'intérieur du roman, des éléments qui se basent sur une construction maintenant abandonnée. Mais il est aussi très rigide. On a l'impression que le roman se base uniquement sur un schéma précis : mission, préparation et achats, début de la mission, problèmes durant celle-ci et fin de mission. Cette écriture a un impact négatif sur les personnages et le contexte général qui ne semblent être que des décors pour l'action.

    Cependant, cela n'enlève pas l'intérêt d'observer Luke Skywalker tenter de mieux comprendre ce qu'est un Jedi et son lien avec la Force. Luke n'est pas présenté comme un génie capable de tout apprendre et de réussir tout ce qu'il souhaite. Il est décrit comme jeune et en apprentissage. N'ayant personne pour le guider il se trompe régulièrement et échoue encore plus souvent. Mais il apprend de ses échecs et devient progressivement plus familier avec ses capacités, même si au lieu d'acrobaties il se contente de faire léviter une fourchette.

    *

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    *** Un roman qui part d'une bonne idée mais qui ne réussit pas à me convaincre

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    Image : Éditeur