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  • L'Europe et le monde. XVIe-XVIII siècle par François Lebrun

    Titre : L'Europe et le monde. XVIe-XVIII siècle
    Auteur : François Lebrun
    Éditeur : Armand Colin 9 février 2018
    Pages : 352

    Voilà un livre dont la lecture fut laborieuse. Que je n'apprécie pas particulièrement l'époque dites moderne a dû jouer sur ma capacité à terminer ce livre. Il faut aussi ajouter une grande densité des événements, personnages et lieux puisque l'auteur essaie de synthétiser trois siècles extrêmement riches tout en souhaitant parler du monde entier. Un programme aussi ambitieux peut difficilement tenir sur un nombre de pages restreint. Le nombre de chapitres permet de le comprendre, pas moins de 22. Au vu de la densité il est difficile de résumer un tel ouvrage mais je vais m'y essayer.

    Sans user d'une présentation chapitres par chapitres, inutile dans le cas présent, il faut tout de même essayer de mettre en avant une certaine construction. L'auteur, François Lebrun, nous montre tout d'abord une histoire politique riche. Les différents royaumes de l'Europe se constituer les uns par rapports aux autres lors de différentes guerres qui permettent d'amoindrir ou d'augmenter la force de certaines couronnes. L'auteur réussit aussi à nous parler d'états peu connus, en Suisse, comme la Suède, les Provinces-Unies mais aussi la Russie.

    L'auteur essaie aussi de mettre en avant les changements culturels et scientifiques. L'art, le baroque et le classicisme, se voient consacrés des chapitres entiers. Le rationalisme est aussi mis en avant permettant d'introduire les Lumières et d'expliquer comment les scientifiques commencent à être des professionnels soutenus par les états. Mais c'est surtout la religion qui prend une place importante dans ce livre. En effet, les trois siècles examinés sont ceux de nombreuses guerres de religions entre protestants et catholiques. Ces guerres ne permettent plus d'unir l'Europe sous une religion unique ce qui a des conséquences politiques.

    Enfin, l'auteur essaie de faire une histoire mondiale. Bien que les deux points précédents soient réussis, je pense que ce dernier essai est un échec. Certes, l'auteur parler des Indes, des Grandes Découvertes et des Amériques. Mais ce sont surtout les colonies européennes qui sont mises en avant et les actions européennes. L'histoire du continent africain est à peine explicitée dans un unique chapitre avant de disparaitre. L'histoire de l'Inde dépend de l'examen des rivalités coloniales. L'Amérique du Sud et celle du Nord sont dans le même cas alors que les empires ne sont que peu décrits. Je ne connais pas grand-chose à ces histoires, mais l'auteur échoue, à mon avis, largement à les mettre en avant. Il reste centré sur l'Europe et sa main mise sur le monde.

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  • Institutions romaines. Des origines aux Sévères par Jérôme France et Frédéric Hurlet

    Titre : Institutions romaines. Des origines aux Sévères
    Auteurs : Jérôme France et Frédéric Hurlet
    Éditeur : Armand Colin 25 septembre 2019
    Pages : 320

    Bien que la période antique romaine soit souvent montrée au cinéma, que ce soit par reconstruction historique ou des influences, on connait surtout quelques personnages et quelques moments particuliers. Les guerres civiles, César, Octave et Cléopâtre mais aussi la violence de la politique sont souvent montrées. Mais le fonctionnement des institutions politiques est difficile à appréhender. Il est à la fois très familier et très particulier. On trouve des termes connus, mais on trouve aussi un fonctionnement basé aussi bien sur le respect de la loi que sur le respect des coutumes et des rituels. Le fonctionnement des institutions romaines est particulièrement compliqué à comprendre et à expliquer mais il est nécessaire de les comprendre quand on étudier la période romaine.

    Les deux auteurs de ce manuel se donne la mission de les expliquer en 8 chapitres et une introduction. Cette introduction est particulièrement intéressante puisqu'elle permet aux auteurs d'expliciter l'historiographie autours de l'analyse des institutions, ce qui implique de mentionner l'importance de Mommsen (un auteur que je ne n'ai jamais lu). On comprend mieux comment s'est constitué l'histoire des institutions politiques et les débats historiques autours de ce thème. Les deux auteurs prennent position en revendiquant l'importance d'analyser les institutions, tout en n'oubliant pas les rituels.

    La première moitié du livre se concentre sur le fonctionnement de la République, en commençant par parler de la royauté. Les auteurs nous expliquent que la connaissance de la période royale de Rome est particulièrement difficile. On doit se baser sur des récits littéraires qui ne sont pas forcément en adéquation avec la réalité historique. À mon grand plaisir, les auteurs nous donnent des informations provenant des dernières recherches. Ils montrent que la République s'est constituée sur le long terme sur fond de tensions sociales et non directement après la chute de la royauté. De plus, ils thématisent la question de la crise de la République qui mena à plusieurs guerres civiles après avoir expliqué concrètement le fonctionnement des magistratures.

    La seconde partie se concentre sur le fonctionnement du Principat. Les auteurs n'examinent pas la période du Dominat, après les Sévères. Bien entendu, ils commencent par examiner les choix politiques d'Auguste. Cet examen leur permet de mettre en lumière les phases de construction du Principat qui dépendent en grande partie des circonstances et des besoins d'Auguste. Mais les auteurs explicitent aussi le fonctionnement réel du pouvoir impérial et les domaines sur lesquels le Prince peut agir. On comprend que le Prince fonctionne dans le cadre d'institutions républicaines tout en recevant un pouvoir personnel important. J'ai particulièrement aimé le chapitre qui examine les successions. Les auteurs explicitent comment les Princes peuvent choisir les successeurs mais surtout pour quelles raisons il n'y a pas de règles précises. Le Prince reste choisi par le sénat, l'armée et le peuple avant de provenir d'une famille. Enfin, le dernier chapitre se concentre sur le fonctionnement du Principat au sein du gigantesque espace de l'empire. Ce qui permet au livre de conclure sur l'importance numérique faible de l'administration impériale, rendant son pouvoir moins important.

    Ce manuel implique d'avoir certaines connaissances sur l'histoire de Rome. En effet, les auteurs n'entrent pas dans le détail des faits ou des personnages ce qui peut créer de la confusion. Mais si vous avez une idée précise du déroulement de l'histoire romaine vous trouverez, dans ce livre, des informations passionnantes sur le fonctionnement des institutions romaines. J'ai beaucoup appris tout en n'étant pas totalement vierge de connaissances, malheureusement parfois un peu datée.

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  • Les femmes dans la France moderne. XVIème-XVIIIème siècle par Dominique Godineau

    Titre : Les femmes dans la France moderne. XVIème-XVIIIème siècle
    Autrice : Dominique Godineau
    Éditeur : Armand Colin 19 août 2015
    Pages : 312

    Je l'ai déjà dit, la période moderne n'est de loin pas ma préférée. Elle commence par la fin de la magnifique période médiévale et se termine par mon intérêt le plus important : l'époque contemporaine. Mais que je ne sois pas très intéressé par la période moderne n'implique pas que tout soit inintéressant. Au contraire, l'histoire des femmes et les études de genre montre à quel point la période est passionnante. Ce livre de la collection U se destine à constituer un ouvrage synthétique sur l'histoire des femmes de la période. Un programme ambitieux qui est, je crois, réussi. L'autrice divise son ouvrage en trois grandes parties.

    La première partie débute par un examen du "cadre mental et juridique." Ce chapitre nous permet de comprendre comment les intellectuel-le-s de la période moderne pensent la place des femmes et les femmes. On y trouve l'idée que les femmes sont imparfaites. Mais bien qu'une partie importante des penseurs en déduisent une infériorité légale, qui existe, d'autres pensent les femmes comme égales aux hommes. L'infériorité ne dépendant que de circonstances sociales. Deux autres chapitres permettent de comprendre la place des femmes dans le monde public, par exemple le travail, mais aussi dans la famille. Ces chapitres permettent de mettre en question l'idée que les femmes ne travailleraient pas, au contraire elles ont toujours travaillé.

    Une seconde partie se concentre sur les "domaines interdits." L'autrice commence par parler du pouvoir politique en examinant la place des reines. Alors que celles-ci sont d'abord liées au pouvoir politique, mais inférieures, elles perdent peu à peu de leur pouvoir symbolique ne devant que des campagnes du roi. Ce qui ne les empêche pas de pouvoir prétendre à la régence, suivant en cela une tradition féodale. Le domaine de la religion est aussi un lieu d'interdits. En particulier, les femmes ne devraient pas tenter d'apprendre à lire la Bible et ne devraient pas prêcher. Ces interdits sont mis en question par les réformé-e-s qui voient dans l'éducation biblique des femmes un moyen d'éduquer leur famille. Mais elles restent inférieures aux hommes. Enfin, se pose la question du monde intellectuel. Bien que des femmes aient écrit, elles doivent le faire en suivant un rôle féminin basé sur la modestie et l'infériorité intellectuelle face aux hommes. Elles ne peuvent écrire que par le contrôle des hommes et leur éducation en dépend aussi. Des exceptions existent, mais elles servent surtout à exemplifier la nécessité d'empêcher un accès important à l'éducation et à la culture pour les femmes.

    Une dernière partie se concentre le siècle des Lumières et de la Révolution française. L'autrice montre que l'éducation des femmes n'est plus un réel problème. Bien que celle-ci doit dépendre de leur rôle futur, elle est bien plus acceptée dans la société. Le mariage change de forme aussi. D'un mariage arrangé pour des raisons patrimoniales et de place dans la société on commence à penser le mariage comme dépendant d'un amour commun. Cependant, les plus gros changements ont lieu lors de la Révolution. L'autrice montre l'importance centrale des femmes dans les événements de la Révolution française que ce soit lors des émeutes de la faim ou lors des débats parlementaires. Les femmes s'expriment et poussent les hommes à la révolte armée. Cependant, la période du Directoire implique une reprise de contrôle de la foule et des femmes. Ces dernières ont l'interdiction de se battre, de se réunir en clubs et d'accéder aux tribunes lorsque les députés débattent. De plus, les nouvelles lois reviennent sur certaines avancées comme le droit au divorce et surtout sur la possibilité de demander une recherche en paternité afin de forcer les hommes à payer une pension en faveurs de leurs enfants.

    Ce livre, à la fois court et dense, est une bonne entrée des matières pour l'histoire des femmes dans la période moderne. J'ai personnellement beaucoup apprécié l'examen de la période révolutionnaire. En effet, j'avais connaissance des faits amenés par l'autrice mais sans les avoir réellement étudiés. Ce livre m'a donné l'occasion d'en savoir plus et de pouvoir justifier des propos.

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  • Les Mérovingiens Société, pouvoir, politique - 451-751 par Nicolas Lemas

    Titre : Les Mérovingiens Société, pouvoir, politique - 451-751
    Auteur : Nicolas Lemas
    Éditeur : Armand Colin 18 mai 2016
    Pages : 256

    Les mérovingiens sont une famille, une dynastie, qui prend le pouvoir entre la fin de l'époque romaine en occident et le début de l'époque carolingienne. L'époque mérovingienne est constellée de légendes et d'incompréhension. Ainsi, les derniers rois seraient des rois fainéants incapables de régner. Les reines et certains rois seraient des monstres capables de cruautés jamais vues. Pourtant, on a là une famille qui réussit à unir une partie de l'ancien empire occidental autour d'elle. Ce livre permet de mieux comprendre la période et le fonctionnement de l'époque.

    Pour cela, l'auteur écrit 7 chapitres qui s'intéressent aussi bien à des questions dynastiques que des questions religieuses. Ces chapitres sont suivis de quatre annexes qui permettent l'analyse de sources historiques précises selon les connaissances scientifiques actuelles.

    Les différents chapitres tentent de démontrer l'importance d'une période souvent oubliée entre la fin de l'Empire romain d'occident et la renaissance carolingienne. L'auteur se concentre en particulier les changements de société importants qui ont lieu à l'époque. Ainsi, le commerce et le monde se modifient. Le centre du pouvoir prend place au nord de la Gaule tandis que le sud devient potentiellement dangereux. Les pièces en or se raréfient au profit de l'argent, montrant par là une perte du grand commerce.

    Mais l'auteur montre aussi de quelle manière fonctionne cette famille. Elle possède le pouvoir par assentiment des grands mais aussi par la force divine. Seule cette famille peut unir le monde franc et les nombreuses luttes se forment toujours entre membres de la même famille. Il faut aussi prendre en compte le fait que tous les enfants mâles d'un roi pouvaient devenir rois aussi. Il était donc facile de créer des luttes de pouvoir interne qui pouvaient se baser sur des luttes externes plus importants, des aristocrates tentant de défendre leur propre pouvoir. Ce contexte rend difficile la prise de pouvoir par les Pippinides qui doivent justifier de leur devenir de roi.

    Ce court manuel est donc particulièrement intéressant pour les personnes qui souhaitent mieux comprendre une période charnière entre deux grandes civilisations. Une époque qui a sa propre grandeur mais qui marque le passage de la romanité à la civilisation médiévale selon les propos de l'auteur. Je salue aussi l'intérêt des annexes. Mais il est dommage que l'éditeur ait laissé passer de nombreuses coquilles au sein du texte.

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  • L'europe barbare. 476-714 par Sylvie Joye

    Titre : L’Europe barbare. 476-714
    Autrice : Sylvie Joye
    Éditeur : Arman Colin 2019
    Pages : 251

    La fin de l'Empire Romain d'Occident et la création des Royaumes barbares est une époque peu comprise. Elle est souvent utilisée pour des raisons politiques qui n'ont que peu à voir avec le fonctionnement réel de cette époque. C'est un contexte de changements basés sur des causes lentes. Des changements qui permettent à de nouveaux royaumes de se constituer tout en restant impliqué dans le cadre de la romanité, qui reste un idéal important. 251 pages ne sont guère suffisantes pour nous montrer toute la richesse de la période mais permettent de créer une bonne entrée en matière.

    Le livre est divisé en 10 chapitres. Les deux premiers permettent de situer le contexte. L'autrice examine d'abord la période tardive de l'antiquité. Elle montre que les changements subis par l'Empire romain, en particulier la création d'une nouvelle capitale et sa division en deux Empires. Elle se concentre en particulier sur l'occident qui subit plusieurs invasions et problèmes économiques. Ce qui force à se reposer sur des peuples dits barbares. Ces derniers sont définis dans le second chapitre. Le terme provient des grecs et marque le fait de ne pas utiliser certaines langues. L'autrice veut surtout éviter les idées peu historiques sur la fin de l'Empire Romain d’occident : sa destruction par les invasions.

    L'autrice essaie de présenter plusieurs royaumes barbares. Elle nous parle des Wisigoths, des Lombards mais aussi des Burgondes. Ces chapitres permettent de montrer ce qui constitue ces peuples et quelles furent leurs divisions et leur manière de gouverner. Mais l'autrice s'intéresse aussi à l'Irlande et au territoire de la Grande-Bretagne actuelle, qui connait des divisions compliquées tout en étant en dehors de la zone romaine. Je ne connais que peu ce dernier point et je trouve dommage qu'elle ne se soit pas un peu plus concentrée sur cette région.

    Bien entendu, elle donne une grande place aux Francs. Elle explique de quelle manière les Francs ont pu gagner en pouvoir et comment les rois francs ont pu contrôler une partie importante de l'Europe occidental. En particulier, la défense des Papes fut un bon moyen de créer une légitimité. Mais les Mérovingiens furent aussi soumis à des luttes intestines contestant les divisions du royaume. Ces luttes ont affaibli la dynastie qui a dû se reposer sur de grandes familles. Petit à petit, les rois ont perdu de leur pouvoir au profit d'une autre famille : les Pippinides.

    Ce manuel s'intéresse aussi aux questions plus sociales. L'autrice examine les rapports sociaux. Elle nous présente, en particulier, le fonctionnement de la justice. J'ai aussi beaucoup apprécié son examen de la religion. Car les royaumes barbares sont rarement catholiques mais ariens. Cependant, cela n'implique pas forcément une attaque contre les catholiques. L'autrice termine son manuel sur un examen plus historiographique et méthodologique. Elle ajoute aussi une chronologie et un lexique, bien utile.

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  • L'europe carolingienne 714-888 par Geneviève Bührer-Thierry

    Titre : L’Europe carolingienne 714-888
    Autrice : Geneviève Bührer-Thierry
    Éditeur : Armand Colin 2019 (2001)
    Pages : 224

    L'époque médiévale me semble être souvent incomprise. Soit on la pense comme un âge d'or de chevalerie et de galanterie soit on l'imagine comme une époque sombre durant laquelle l'humanité a perdu une grande partie de ses connaissances. Ce n'est ni l'un ni l'autre, mais une période spécifique avec ses réussites et ses problèmes. Ce livre s'intéresse à la période carolingienne. Durant celle-ci, une famille a tenté de recréer l'empire romain autours de l'Église et d'un nouvel empereur. Malgré les réussites, cet empire tombera par suite de l'incapacité de défendre l'Europe contre les ennemis internes et externes, en particulier les Vikings.

    On peut diviser ce manuel en trois parties. La première partie, les chapitres 1-6, sont un moyen, pour l'autrice, de nous expliquer de quelle manière l'Empire a été constitué. Elle suit les différents membres de la famille de manière chronologique en explicitant les tensions et problèmes qu'ont connu les membres de la famille. La première tension étant la légitimité des carolingiens, qui se basa sur l’Église. D'autres tentions concernant les liens entre les différents enfants et la couronne impériale. Celle-ci mène à des divisions entre royaumes plus petits qui sont, théoriquement, soumis à l'Empereur. Mais les nombreuses révoltes montrent que cette union est remise en cause.

    Une seconde partie contient les chapitres 7 à 11. L'autrice y parle des aspects sociaux et culturels de l'Empire. Bien entendu, cela implique de parler de la religion. Tout un chapitre y est consacré et montre de quelle manière celle-ci permet de justifier non seulement l'Empereur mais aussi l'union de l'Empire. Bien entendu, l’Église possède un intérêt à un gouvernement qui uni toute l'Europe. D'autres chapitres concernent l'économie, qui subit les attaques Vikings, mais aussi la culture. En particulier, l'apparition de la lettre caroline. Ces chapitres permettent de démontrer l'impact de l'Empire sur le territoire et la culture. Loin d'une ère sombre on y découvre une ère extrêmement active et littéraire.

    Enfin, une dernière partie est constituée par les annexes. L'autrice a inclus un index mais aussi une chronologie. On découvre aussi une bibliographie, des arbres généalogiques et un glossaire des termes utilisés et importants. De plus, l'autrice a publié des traductions de textes de l'époque qu'elle analyse. Cela permet de comprendre comment traiter un texte, comment le situer dans un contexte mais aussi de suivre un plan précis lors des examens donnés aux étudiant·e·s en histoire médiévale.

    Ainsi, ce livre est parfait comme moyen d'entrer dans une période spécifique et comme moyen de révision. Mais il sera aussi intéressant pour les personnes qui souhaitent simplement en savoir un peu plus sur une période passionnante.

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  • Le monde romain par Martin Colas

    Titre : Le monde romain
    Auteur : Martin Colas
    Éditeur : Armand Colin 12 juin 2019
    Pages : 276

    Ce n'est pas le premier ouvrage de synthèse que je lis sur l'histoire de la Rome antique. Ce n'est pas non plus mon premier ouvrage de la collection Cursus. Pour les personnes qui ne le savent pas, cette collection offre des synthèses sur de nombreux sujets. Celles-ci sont plutôt destinées aux étudiants universitaires mais les personnes intéressées peuvent parfaitement les lire. Ce livre s'intéresse à l'histoire romaine de sa fondation à la chute de l'Empire romain d'occident. Pour synthétiser cette longue histoire Martin Colas met en place quatre chapitres.

    Le premier chapitre examine les origines les plus anciennes de la ville. C'est une histoire que je ne connais que peu. L'auteur commence par examiner les récits des origines, connus principalement par des textes largement antérieurs aux événements. Il a aussi la bonne idée d'offrir une interprétation qui permet de mieux comprendre ce qui peut être réel dans la légende. Ensuite, il examine l'histoire royale de Rome, en particulier sous les étrusques dont les influences sont importantes sur le fonctionnement de la ville. Enfin, il replace la cité au sein d'un réseau de villes et de civilisations méditerranéennes, étrusques et grecques en particulier.

    Un second chapitre examine l'histoire romain de la République à la fin de l'Empire romain d'occident. C'est une longue histoire et ce livre doit forcément choisir les événements les plus importants. L'auteur nous permet de mieux comprendre le fonctionnement de la vie politique romaine. En particulier, il met en avant la création longue de la République qui ne peut pas être considérée comme une démocratie. Les différents organes ne sont ni divisés selon nos trois pouvoirs ni un moyen de rendre les citoyens égaux. Il explicite aussi les problèmes connus par la République lorsque les Imperator prennent une importance grandissante. Des problèmes qui mèneront à de nombreuses guerres civiles jusqu'à la prise de pouvoir d'Auguste. Le fonctionnement du pouvoir de ce dernier, ainsi que la suite du Principat, sont expliqués. L'auteur nous permet de comprendre de quelle manière Auguste prend le pouvoir tout en évitant d'être qualifié de roi. Enfin, le chapitre se terminer sur les changements du bas-empire.

    Un troisième chapitre s'intéresse à l'armée romain et à l'extension de son territoire. Là aussi la réussite de Rome n'est pas considérée comme inévitable. L'auteur considère que cette expansion dépend de choix précis lors d'événements ponctuels. Ces choix ont permis, progressivement, de prendre le contrôle du Latium, de l'Italie puis de devenir une puissance méditerranéenne. Mais Rome aurait pu perdre face à Carthage dont la puissance sur mer était importante. Les réussites militaires ont permis de recevoir des richesses mais aussi de changer l'idée de conquête. De défenses celles-ci deviennent des moyens d'enrichir certaines personnes précises et donc de gagner en pouvoir. Martin Colas nous explique aussi de quelle manière l'Empire est géré, dans le cadre des provinces.

    Le dernier chapitre s'intéresse à la civilisation romaine. Sous ce terme Martin Colas nous présente la société, l'économie et la religion. Ce sont de vastes sujets qu'il arrive à bien synthétiser tout en fournissant des références si l'on souhaite aller plus loin. La description de la société permet de comprendre la hiérarchie très importante en son sein ainsi que l'idéal du citoyen : l'agriculteur soldat. L'économie est plus difficile à examiner. Les statistiques n'existent pas et de nombreuses connaissances sont des extrapolations. Martin Colas prend beaucoup de temps à expliciter la place de la religion au sein de la société romaine. Celle-ci est fondamentalement liée au politique et tout le monde doit suivre certains rituels. Le père, en particulier, est chargé du culte familial. L'auteur s'attache aussi à la religion juive et à la religion chrétienne. Cette dernière devient rapidement sujet à des vexations car elle est accusée de mettre à mal le fonctionnement de la vie civique. Ce n'est que lorsque les empereurs se christianisent qu'elle est mieux acceptée au sein des élites.

    Ce livre est une bonne synthèse de la société romaine. L'auteur ajoute une courte bibliographie thématique qui permet d'avoir connaissance de recherches précises. Personnellement, j'ai beaucoup apprécié le glossaire qui permet de vérifier ses connaissances de certains termes importants pour comprendre cette époque. J'ai aussi apprécié les encadrés que je trouve très clairs. Ils permettent d'illustrer des points difficiles à comprendre, par exemples les fonctionnements des différentes magistratures.

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  • Le Moyen Âge en Occident par Stéphane Coviaux et Romain Telliez

    Titre : Le Moyen Âge en Occident
    Auteurs : Stéphane Coviaux et Romain Telliez
    Éditeur : Armand Colin 6 février 2019
    Pages : 293

    Encore une fois, je présente ici un manuel destiné aux étudiant-e-s en bachelor qui présente l'histoire globale de l'époque médiévale. Ce livre est divisé en deux grandes parties, chronologiques, mais ce sont les divisions internes à ces parties qui sont les plus intéressantes. En premier lieu, les auteurs s'intéressent à l'histoire globale selon une division classique entre bas et haut moyen-âge, soit les Vème au Xème siècle et XIème au XVème siècle. Les auteurs mettent en avant les changements politiques mais aussi sociaux et religieux. Ces deux parties permettent de réviser facilement les principales informations sur l'époque médiévale. En cas de besoin, on peut se reporter au glossaire. En cas d'intérêt plus large, une bibliographie thématique a été inclue en fin d'ouvrage.

    Rien ne justifierait l'achat de ce manuel, d'autres livres examinent la période de manière plus exhaustive, si l'on ne prenait pas en compte les autres types de chapitres. En effet, les auteurs ajoutent en fin des deux parties des chapitres spécifiques : grands événements, figures de l'époque, textes commentés, cartes commentées, images commentées, chronologie et surtout dissertations corrigées. Ce livre offre donc un grand nombre d'informations sur des sources d'époque mais aussi à l'aide de cartes et d'événements et personnes choisies.

    Ainsi, ce manuel est un outil de travail. Bien que les personnes qui n'étudient pas la période peuvent y trouver un grand nombre d'informations et de sources commentées les auteurs s'intéressent surtout aux étudiant-e-s. À l'aide des différents chapitres, les personnes qui s'intéressent à la période médiévale dans leurs études peuvent trouver les informations de bases, une bibliographie, des exemples sous forme de sources et surtout des dissertations corrigées qui permettent de construire un travail à la fois clair et basé sur des recherches récentes. Bien entendu, ce qui rend ce livre intéressant pour les étudiant-e-s le rend tout aussi intéressant pour les enseignants du secondaire II qui peuvent se baser sur lui pour préparer leurs cours et leurs exercices.

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  • La république romaine et son empire. De 509 à 31 av. J.-C. par Michel Humm

    Titre : La république romaine et son empire. De 509 à 31 av. J.-C.
    Auteur : Michel Humm
    Éditeur : Armand Colin 7 mars 2018
    Pages : 320

    La République et l'Empire romain font partie des histoires qui me fascinent le plus. J'ai toujours envie de comprendre de quelle manière une petite cité du Latium a pu devenir une puissance européenne et faire tomber à la fois ses voisines, la civilisation hellénistique, et Carthage. Heureusement, il existe de nombreux ouvrages qui étudient des aspects spécifiques de cette histoire. Pour les personnes qui souhaitent une synthèse, il existe des manuels plus ou moins complets et faciles à lire. Ce livre fait partie d'une collection destinée à fournir les informations les plus récentes pour comprendre la civilisation de la République romaine. Pour cela, l'auteur divise son livre en trois grandes parties.

    La première partie permet à Michel Humm de nous expliquer le fonctionnement de la République. Bien que celui-ci dépende du contexte, révoltes et guerres, l'auteur préfère d'abord nous donner les informations les plus importantes afin de mieux nous expliquer les changements. Selon l'auteur, la République romaine fonctionne sur la tradition. Les magistratures ne sont pas détruites mais peuvent être rénovées pour fonctionnent dans un cadre historique particulier. Dans cette grande partie, nous pouvons donc comprendre le fonctionnement légal et religieux des magistratures romaines mais aussi l'importance du passé, que l'auteur dépouille de sa mythologie. Mieux encore, cette partie permet de décrire l'espace de la cité et son fonctionnement dans le temps.

    La seconde partie s'intéresse aux événements. L'auteur y montre de quelle manière Rome réussit à prendre le contrôle du Latium, de l'Italie puis du monde méditerranéen. Loin de considérer que l'Empire était inévitable, l'auteur explique que Rome est d'abord une partie d'une alliance locale regroupant des cités-états de même puissance. Ce n'est que plus tard, en particulier après l'expulsion des rois étrusques, que cette alliance fut dominée par Rome. L'extension fut donc d'abord lente et se concentra sur l'Italie, sans toucher aux cités grecques du sud. Ce n'est que lorsque la relation entre Rome et ces cités se posa que les guerres contre Carthage eurent lieu. Les deux premières furent particulièrement dangereuses pour Rome mais elles permirent à la Cité d'entrer dans des relations internationales et de contrôle des territoires extérieurs à l'Italie. À la suite de ces guerres contre Carthage, Rome s'est aussi intéressée à la Grèce qui entra, petit à petit, sous con contrôle aux dépens des royaumes hellénistiques. Cette expansion fut rapide mais elle fut aussi stoppée et l'Empire de la République et géographiquement proche de l'Empire du Principat.

    Enfin, la troisième partie se concentre sur les conséquences de l'expansion romaine. En effet, celle-ci implique richesses mais aussi des problèmes de gestion. Les institutions de la Cité et ses magistrats n'étaient pas prêts à gouverner un territoire si vaste. Bien que des institutions furent développées pour permettre un gouvernement décentralisé, de nombreux problèmes ne furent pas résolus. En particulier, les inégalités entre les citoyens romains et les latins et italiens furent la cause d'une révolte importante qui déboucha sur une extension large de la citoyenneté. Pire encore, l'idée de servir une République perdit de l'importance en faveurs de la puissance de quelques hommes possédant puissances militaires, politiques et religieuses. Bien que Sylla ait souhaité user des magistratures pour rénover la Cité dans une direction stable, son travail permit de justifier des pouvoirs exceptionnels de Pompée, César puis Octave le futur Prince Auguste.

    Les manuels sont rarement faciles à lire. L'exercice implique de synthétiser de nombreux éléments, ce qui peut impliquer un nombre trop important d'informations en peu de pages mais aussi de passer à côté de points qui intéressent plus que d'autres. Heureusement, ce livre réussit à être intéressant à lire tout en donnant les informations nécessaires pour comprendre la République romaine. L'auteur ajoute aussi un certain nombre d'images qui permettent d'illustrer son propos mais aussi de mieux comprendre le contexte géographique. Je conseille donc sa lecture aux personnes qui souhaitent mieux comprendre l'histoire de la République puis d'user de la bibliographie pour étendre les connaissances de thèmes plus spécifiques.

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  • La noblesse en Occident (Ve-XVe siècle) par Martin Aurell

    Titre : La noblesse en Occident (Ve-XVe siècle)
    Auteur : Martin Aurell
    Éditeur : Armand Colin 2002
    Pages : 193

    L'histoire médiévale, et la noblesse, sont souvent compris d'une manière stéréotypée. Soit l'on pense à une époque sombre qui oublie la science et le droit au profit des luttes religieuses et guerrières. Soit l'on imagine cette époque comme le milieu de l'amour courtois mais aussi de la chevalerie valeureuse et noble. Heureusement, il existe un grand nombre d'ouvrages de synthèse écrits par des expert-e-s. Ce livre est un manuel de synthèse qui résume de nombreuses années de recherches en histoire. Il est constitué de 4 parties chronologiques qui marquent autant d'étapes dans le fonctionnement de la noblesse.

    L'ouvrage débute tout simplement en examinant la relation entre les peuples barbares et les aristocrates romains. Ces derniers se sont éloignés de leurs devoirs civiques et urbains à cause des coûts que cela implique pour leurs familles. En effet, l'élection et les devoirs civiques sont payant. Parallèlement, les peuples barbares sont inclus à l'espace romain afin de protéger l'Empire aux frontières. La perte de puissance de l'Empereur d'occident, les demandes des chefs barbares et la retraite des nobles romains dans leurs villas font tomber l'état romain central. Mais le lien entre barbares et romains, au niveau local, permet de constituer des petits royaumes qui profitent du savoir-faire juridique et administratif romain.

    La création de l'Empire carolingien permet le retour à une forme d'état central capable d'imposer idéologie et paix sur un vaste territoire. Pour fonctionner, l'Empereur se repose sur des seigneurs locaux qui sont envoyés sur des territoires à gérer, en échange de terres permettant une certaine richesse. Le but est de lier à l'Empereur les seigneurs locaux, qui eux-mêmes se lient à d'autres seigneurs plus modestes. Malheureusement, cela implique aussi une tendance à l'autonomie, favorisée par des liens forts entre seigneurs dont le roi ne devient que l'un des membres. A la chute de l'Empire, le monde occidental est rempli de seigneuries plus ou moins puissantes reliées dans un réseau de vassalité. L'effet est à la fois une prise de contrôle de la justice au niveau local mais aussi des guerres privées, que l'église tente de supprimer par la création de la Paix de dieu et la croisade.

    Le lien de vassalité, la guerre mais aussi la recréation, longue, d'un état avec le roi au centre permet de mettre en avant la création à la fois d'une classe mais aussi d'une idéologie. La noblesse implique de ne pas travailler la terre mais d'user ses revenus afin de financer des activités guerrières. Petit à petit, la noblesse devient une classe de professionnels de la guerre à l'armement aussi impressionnant que couteux. Ce milieu se pense de plus en plus comme particulier avec des devoirs et des droits qui dépendent de leur place dans la société. La fin de l'époque médiévale est aussi une période de révolte et de perte de statuts. Être noble est cher et le contexte difficile : l'économie est en berne, la peste revient régulièrement et le monde occidental est souvent en guerre. Les familles nobles peuvent facilement disparaitre et sont obligées d'accepter un rôle différent au sein de l'appareil d'état. Rejoignant des roturiers spécialisés et de plus en plus anoblis.

    L'auteur n'est pas partisan des explications par les catastrophes au court terme. Il préfère expliquer les changements sociaux par le long terme. Ni la noblesse ni l'Empire romain ne se sont effondrés soudainement, ils ont disparus ou mutés selon le contexte. Ce livre met tout de même en avant un point précis : la relation entre la noblesse et l'état. Celle-ci est fortement antagoniste. La classe noble s'est constituée contre l'état en faveurs de leurs droits personnels, souvent illégaux. L'état, et les rois, tentent de reprendre le contrôle de la justice et de la fiscalité face à une noblesse non seulement puissante mais qui possède aussi des lieux fortifiés, permettant des révoltes. Bien entendu, l'auteur s'intéresse aussi aux modes de vies et en particulier au fonctionnement de la famille. En effet, on ne peut pas comprendre la création de la noblesse sans prendre en compte l'idéologie qui entoure le fonctionnement de la famille. Jusqu'à la fin de l'époque médiévale, la noblesse dépend de ses ancêtres dont une partie est souvent mythique. Ce livre nous offre donc une base pour comprendre un peu mieux le fonctionnement de l'époque médiévale et de sa noblesse.

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  • La religion des romains par John Scheid

    Titre : La religion des romains
    Auteur : John Scheid
    Éditeur : Armand Colin 2017
    Pages : 223

    Bien que l'histoire de la civilisation romaine me fascine (comme beaucoup de civilisations anciennes) je ne connais pratiquement rien sur le fonctionnement de la religion chez les romain-e-s m'étant concentré sur les événements et le système politique, déjà bien compliqué à nos yeux. L'auteur propose donc une synthèse des connaissances sur le système religieux des romain-e-s afin de comprendre son fonctionnement mais aussi de mettre en cause certaines idées préconçues. Le manuel, destiné aux étudiant-e-s en bachelor d'histoire ancienne, est divisé en 5 parties.

    La première et la dernière partie sont autant de moyens de mettre en question certaines idées et de résumer ce que l'on connait de ces religions. L'auteur met fortement en cause l'idée que le polythéisme romain serait une forme d'étape en direction d'un monothéisme chrétien. Il récuse aussi l'idée que les religions romaines seraient devenues de moins en moins suivies au fil du temps, laissant la place à la chrétienté. Selon lui, la question n'est pas de progression mais d'un besoin, la chrétienté devient importante car les traditions ne répondent plus aux besoins. Enfin, il récuse l'idée que les religions dites orientales seraient différentes et plus récentes que les traditions originelles, sur lesquelles nous n'avons pas d'informations précises.

    La seconde partie inclut deux chapitres, l'un sur le temps et l'autre l'espace. L'auteur y explique de quelle manière les romain-e-s divisaient le temps selon les besoins civils, religieux et politiques. Bien que certains calendriers nous soient parvenus. Il faut bien comprendre que la religion est d'abord une affaire privée et que seules les fêtes les plus importantes nous sont parvenues. L'espace aussi est divisé selon qu'il appartient ou non à une divinité. Il existe des lieux que l'on consacre légalement à une divinité tandis que d'autres sont naturellement divins et, parfois, protégés.

    La troisième partie est consacrée au service religieux et particulièrement le sacrifice et les pratiques de divinations. Le sacrifice est régulièrement montré comme un acte sanglant dans les productions télévisuelles et cinématographiques. On oublie que celui-ci obéit à un rituel précis. La personne qui sacrifie doit accomplir des gestes précis, dire des paroles exactes et enfin appliquer le sacrifice. Ces actes peuvent être particulièrement compliqués et le sacrifice peut être refusée. De plus, la bête sacrifiée doit toujours accepter son sort. En ce qui concerne les divinations, il existe plusieurs méthodes dont l'usage dépend des circonstances : examen de certaines parties internes du corps, observation des oiseaux, signes mais aussi les livres sibyllins. Chacun de ces actes doit être interprété mais aussi accompli avant une décision officielle. Il s'agit moins de connaitre le futur que d'être certain de l'accord d'une divinité.

    La quatrième partie est constituée de 3 chapitres qui examinent les acteurs et actrices. L'auteur commence par présenter les prêtrises, divisée entre les collèges majeurs dont les prêtres peuvent aussi être magistrats et les sodalités. Il n'existe ni livres ni corps de métier précis mais des rôles. En effet, l'acte religieux doit être accompli par tous les citoyens romains que ce soit en public ou en privé. La religion privée est tout aussi importante que la publique et chaque famille a ses propres divinités que le père de famille doit respecter. Durant l'Empire, les empereurs et certaines personnes de la famille purent aussi être divinisés et être mis au-dessus des simples humains. L'important est de donner à toutes les divinités ce qui leur est dues et les romain-e-s peuvent même prendre en compte des divinités encore inconnues.

    Ce manuel est un bon moyen de comprendre un peu mieux le fonctionnement de la religion des romain-e-s. Synthétique il est aussi très complet. L'auteur examine la validité scientifique de certaines idées tout en expliquant ce que l'on connait du fonctionnement de la religion dans la civilisation romaine. Ce manuel contient aussi une bibliographie thématique, une chronologie et un glossaire particulièrement utile pour comprendre certains termes qui nous sont peu compréhensibles.

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  • L'Empire romain d'Auguste à Domitien par Claude Briand-Ponsart et Frédéric Hurlet

    Titre : L'Empire romain d'Auguste à Domitien
    Auteurs : Claude Briand-Ponsart et Frédéric Hurlet
    Éditeur : Armand Colin 18 mai 2016
    Pages : 287

    Nous avons beaucoup d'histoire de l'Antiquité romaine, certaines prennent en compte seulement la République, d'autres l'Empire, certaines tentent de comprendre la fin de l'Empire romain d'occident. Le nombre de travaux est bien trop important pour tout connaitre. Heureusement, il existe quelques manuels synthétiques qui permettent d'en savoir plus soit sur l'histoire de Rome dans sa globalité soit sur certains aspects particuliers. Ce manuel s'attache à faire la synthèse du premier siècle du Principat, forme de gouvernement institué par Auguste. Ainsi, on nous présente non seulement la création de l'Empire mais aussi sa continuité et le passage à une nouvelle dynastie, sous les flaviens.

    Ce livre est constitué de 7 chapitres. Les trois premiers sont les plus chronologiques puisqu'ils s'intéressent à la mise en place du Principat, aux héritiers d'Auguste et enfin aux Flaviens après l'année des 4 Empereurs. Ces chapitres permettent d'une part de mieux comprendre de quelle manière la mise en place d'un régime "monarchique" est justifiée dans le cadre d'une société qui déteste la royauté mais aussi comment Auguste réussit à mettre en place une dynastie, malgré ses problèmes familiaux. Dans un second temps, les auteurs nous expliquent de quelle manière le pouvoir impérial est consolidé sous différents empereurs, malgré quelques noms peu appréciés. À ce sujet, les auteurs tentent de casser certaines idées reçues, provenant des écrits en faveurs des sénateurs. Enfin, les auteurs expliquent de quelle manière les Flaviens réussissent à justifier leur prise de pouvoir, en se basant sur l'idée d'une restauration augustéenne.

    Les 4 autres chapitres se concentrent sur des questions de société. Durant deux chapitres, les auteurs nous expliquent le fonctionnement administratif de l'Empire. En premier lieu ils s'intéressent aux provinces et à leur gestion aussi bien civile que militaire. Dans un second temps, ils expliquent de quelle manière les villes fonctionnement, en débutant par un examen de Rome puis par les différents types de cités existantes sous l'Empire. Les deux derniers chapitres se concentrent sur l'économie et la religion. On y apprend que l'économie se base avant tout sur la possession de la terre, dans un but d'autosubsistance, avec des différences sociales importantes entre les grands possesseurs et les petits domaines. En ce qui concerne la religion, les auteurs nous parlent de la restauration mise en place par Auguste mais aussi de la création d'un culte impérial. De plus, ils explicitent l'existence de cultes orientaux, dont l'entrée ne fut pas toujours facile. Bien entendu, les auteurs s'intéressent à la religion juive dont les membres sont mis de côté par la société romaine et dont les populations se révoltent lors de l'époque examinée. La chrétienté est moins examinée tout simplement parce qu'elle débute à peine au premier siècle.

    Ce manuel est donc un bon moyen de mieux connaitre le premier siècle de l'Empire et la création du Principat par Auguste. Les auteurs synthétisent de nombreux aspects et permettent aussi bien d'en savoir plus sur les événements politiques que sur le fonctionnement socio-économique de l'Empire. Il faut noter de nombreuses annexes. Les premières sont des sources publiées et commentées, permettant un usage lors des études. Les auteurs ajoutent aussi des cartes, une chronologie et surtout un glossaire. La bibliographie est organisée thématiquement, permettant de chercher des livres parlant des sujets qui intéressent le plus les personnes intéressées.

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  • Histoire romaine par Jean-Pierre Martin, Alain Chauvot et Mireille Cébeillac-Gervasoni

    Titre : Histoire romaine
    Auteur-e-s : Jean-Pierre Martin, Alain Chauvot et Mireille Cébeillac-Gervasoni
    Éditeur : Armand Colin juin 2016
    Pages : 479

    L'histoire de Rome, aussi bien la République que l'Empire, continue de m'intéresser avec ce nouveau manuel écrit par trois auteur-e-s, spécialisé-e-s dans des périodes particulières. Leur but, comme pour tous les manuels, est de proposer une synthèse à la fois complète, en prenant en compte les dernières découvertes et débats historiographiques, et utiles aux étudiant-e-s. Afin de mieux atteindre leur souhait le livre est divisé en trois parties, suivant en cela une division classique de l'histoire romain, chacune prise en charge par l'un-e des auteur-e-s.

    La première partie se charge de dépeindre l'origine de Rome, depuis les étrusques, puis la période républicaine avant de mettre en avant la fin de celle-ci. L'auteure est chargée d'expliquer aussi bien les problèmes posés par l'étude historique de la fondation de la ville de Rome que son extension rapide et impressionnante d'abord dans le Latium, puis en Italie et enfin autours de la méditerranée. Cette partie décrit aussi le fonctionnement de la République, avec ses magistratures et sa religion. Plus important encore, l'auteure y explique de quelle manière, et pourquoi, les institutions républicaines ont débouché sur une crise qui a permis la prise de contrôle par des hommes forts puis la mise en place du principat augustéen.

    Une seconde partie s'occupe du haut-empire jusqu'en 284. Afin de nous permettre de comprendre cette période l'auteur s'occupe d'expliquer de quelle manière l'Empire est constitué, idéologiquement et légalement parlant. Pour cela, il met aussi en scène les successeurs d'Auguste et la manière dont ils sont arrivés au pouvoir. Ce qui permet de mettre en avant la nécessité d'une dynastie qui se justifie par le lien avec une famille choisie par les divinités. C'est aussi une période qui connait son lot de crises, d'usurpations, et de changements culturels. L'auteur nous montre de quelle manière les Empereurs ont tenté de défendre Rome contre les périls aussi bien externes qu'internes à l'aide de réformes.

    La dernière partie s'occupe de l'antiquité tardive jusqu'au VIème siècle. Ce dernier auteur a la dure mission de nous expliquer non seulement les changements culturels et politiques importants de l'époque, par exemple avec l’avènement de la chrétienté, mais aussi de différencier, tout en n'oubliant pas les similarités, la partie occidentale et la partie orientale de l'Empire, coupé et dirigé chacun par un Empereur. L'auteur y met en question un certain nombre d'idées reçues. Par exemple, il récuse le passage de l'esclavage à la féodalité. Il s'attaque aussi à l'idée des invasion barbares, qu'il peint comme une entrée pacifique permettant un apport de soldats mais aussi de ressources économiques.

    Ce gros manuel permet de mieux comprendre l'histoire longue de l'Empire romain dans sa complexité mais aussi ses changements au fil des siècles. Les auteur-e-s semblent s'appuyer, pour ce que j'en connais, sur une littérature récente. Chaque partie s'accompagne d'une large bibliographique thématique qui permet aux personnes intéressées d'entrer plus avant dans un point ou un autre, nécessairement survolé dans le cadre d'un manuel. Au final, ce livre est un bon outil de travail qui permet de se retrouver dans l'histoire de l'Empire romain. La personne qui le lit pourra mieux comprendre aussi bien le cadre strictement chronologique des évènements que les changements sociaux et culturels que connait l'espace romain.

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  • La Révolution française 1789-1799 par Michel Vovelle

    Titre : La Révolution française 1789-1799
    Auteur : Michel Vovelle
    Éditeur : Armand Colin 2015
    Pages : 220

    La Révolution française est l'un de ces grands moments de l'histoire que nous sommes censés connaitre. On en parle un peu partout et, selon le pays, c'est une référence majeure. Pourtant, la Révolution n'est qu'un évènement court qui s'est terminé par un coup d'état et un Empire. Alors pourquoi s'y intéresser ? Parce que la Révolution française a pensé des textes qui se trouvent au centre de la pensée démocratique occidentale. Il est donc nécessaire de les replacer dans le contexte de production afin de mieux comprendre ce qui se cache derrière mais aussi de passer outre.

    L'auteur est un spécialiste qui, ici, écrit un manuel destiné principalement à un public étudiant. Ainsi, le but principal est le synthétisme d'un évènement et non son analyse complète ou l'entrée dans une école précise. L'auteur, Michel Vovelle, tente donc de construire son livre selon plusieurs points d'analyses qui devraient permettre de mieux comprendre la décennie 1789-1799 mais aussi de donner un minimum de connaissances sur le sujet, ce qui implique 6 chapitres. Le dernier étant un retour sur l'historiographie pour cette troisième édition.

    Le premier chapitre est le plus évènementiel. L'auteur y décrit chronologiquement ce qui se déroule pendant la Révolution ce qui permet de construire les autres chapitres à la suite. Ce chapitre permet aussi de mieux comprendre les causes non seulement de la Révolution mais aussi de la fin du régime du Directoire. Il est suivi d'un chapitre qui examine les constructions institutionnelles et le fonctionnement du système politique. Les informations sont nombreuses sur des sujets qui, parfois, n'ont pas été mis en applications. Ces deux chapitres sont suivis de trois chapitres plus "humains". En effet, l'auteur y examine des sujets aussi divers que l'armée, la culture ou la violence. Ces trois chapitres sont ceux qui donnent le plus de substances au livre mais ce sont aussi ceux qui s'intéressent le plus à des thèmes précis. On voit ici la nécessité de parler d'un sujet vaste tout en mettant en avant des idées précises, examinées par des historien-ne-s.

    En conclusion, ce livre réussit parfaitement à atteindre son but. Il donne une chronologie des évènements, examine le fonctionnement de l’État et s'intéresse aux aspects plus culturels tout en s'ouvrant aux conséquences pour le reste du monde, aussi bien en ce qui concerne les colonies que l'Europe. Mieux encore, l'auteur joint de nombreux extraits de sources qui permettent d'illuminer certains points précis du propos. Une grande partie de ces sources sont déjà connues mais les avoir à disposition n'est jamais inutile. Enfin, le grand nombre de sujets étudiés permet de choisir ceux que l'on souhaiterait mieux connaitre, en suivant la bibliographie que l'auteur met en place.

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